La Vache
Sourate 2 · 286 versets · Revelation medinoise
Verset 1
('Alif-Lâm-Mîm). Plusieurs interprétations ont été dites au sujet de ces lettres qu'on rencontre au début de certaines sourates du Coran. On a dit: - Dieu seul connaît leur sens car ceci dépend de Sa science, selon Al-Qourtoubi. - Al-Zamakhchari dit qu'ils sont les noms des sourates. - Ils font partie des attributs de Dieu car chaque lettre représente un nom tel que Alif Allah; Lam Subtil etc... On se contente de ces quelques interprétations en retenant une chose c'est que ces lettres bien qu'elles sont de l'alphabet arabe et qu'on les prononce souvent, Dieu a voulu en faire un sujet de défi contre les impies et polythéistes. À savoir que ces lettres peuvent être une seule comme «Sad» ou deux allant jusqu'à cinq.
Verset 2
(Le Livre): qui est certainement le Coran. Ceux qui ont dit qu'il s'agit de la Torah ou de l'Évangile ont commis une erreur et sont allés trop loin dans leur supposition. Il n'y a aucun doute qu'il a été révélé de Dieu à Son Prophète et ce verset concerne les croyants qui craignent Dieu, comme on trouve le même sens dans d'autres versets tels: (Dis: «Il est Direction et guérison pour les croyants) [Coran XLI, 44] et (Nous faisons descendre, avec le Coran, ce qui est guérison et miséricorde pour les croyants) [Coran XVII, 82]. Ceux qui craignent Dieu sont les hommes qui ont cru en se soumettant à Dieu, observé les prescriptions de Dieu, se sont abstenus de Ses interdictions et se sont acquittés de leurs obligations. La Bonne Direction est la foi -ou une partie d'elle- qui demeure dans le cœur et nul ne peut déceler sauf Dieu qui connaît le tréfonds des cœurs, et c'est Dieu seul qui dépose cette foi dans les cœurs et qui guide, comme on trouve cela dans plusieurs versets. On cite à titre d'exemple: - (Tu ne diriges pas celui que tu aimes) [Coran XXVIII, 56]. - (Il ne t'incombe pas de diriger les incrédules) [Coran II, 272]. - (Il n'y a pas de guide pour celui que Dieu égare) [Coran VII, 186]. Cette direction consiste à montrer la vérité pour y arriver d'après ces quelques versets: - (Tu diriges les hommes dans la voie droite) [Coran XLII, 52]. - (Un guide est donné à chaque peuple) [Coran XIII, 7]. - (Quant aux Thamoud, nous les avons dirigés, mais ils ont préféré l'aveuglement à la Direction) [Coran XLI, 17]. Omar demanda Oubay Ben Ka'b au sujet de la crainte, il lui répondit: «N'as-tu jamais emprunté un chemin épineux?» - Certes oui, dit Omar. -Comment as-tu pu l'affranchir, répliqua Oubay. Et Omar de répondre: «J'ai retroussé le pan de mes vêtements essayant de ne plus en être piqué. -Voilà la crainte, s'écria Oubay. Abou Oumama -que Dieu l'agrée- a rapporté que l'Envoyé de Dieu
Verset 3
La foi en littérature signifie la croyance sincère qui peut être traduite en actes et paroles. Elle peut diminuer comme elle peut augmenter, et plusieurs hadiths prophétiques ont été relatés à ce sujet. Quant au surnaturel, il y a eu une diversité de dires à ce propos. Selon les uns: il s'agit de croire en Dieu, en Ses anges, en Ses Livres, en ses Prophètes, au Paradis, à la rencontre de Dieu, et à la vie future après la mort, d'après Abou Al-'Alia. Quant à Ibn Abbas et Ibn Mass'oud, ils ont dit que c'est l'invisible, bref tout ce que les hommes ne peuvent le voir tel le Paradis ou l'Enfer et tout ce qui a été mentionné dans le Coran. De plusieurs hadiths rapportés par plusieurs concernant le même sujet, on peut se contenter d'en citer un qui peut résumer tout. Saleh ben Joubayr a raconté: «Abou Joum'a Al-Ansari, un des compagnons de l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- qui faisait des prières à Jérusalem, vint nous trouver pour nous tenir compagnie. Voulant nous quitter, nous sortîmes pour l'accompagner jusqu'à la porte, il nous dit: «Vous avez droit à un hadith qui vous apporte une récompense que j'ai entendu de la bouche de l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- Quel est ce hadith, demandâmes nous. Il répliqua: «Étant en compagnie de l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- et Mou'adh Ben Jabal l'un des dix auxquels on a annoncé le Paradis se trouvait parmi nous, nous posâmes cette question à l'Envoyé de Dieu: «Y aura-t-il des hommes qui seront mieux récompensés que nous? Nous avons cru en toi et t'avons suivi». Il répondit: «Qu'est-ce qui vous empêche de faire cela alors qu'un Messager qui reçoit la révélation du ciel se trouve parmi vous? Certainement il y aura des hommes qui viendront après vous, à qui on donnera un Livre écrit (le Coran), qui y croiront et mettront ses prescriptions en exécution. Ceux-là seront plus récompensés que vous». «Qui prient avec rectitude» un terme qui, d'après Ibn Abbas, signifie l'accomplissement à la perfection des inclinaisons, prosternations, recueillement et l'observance de la prière. Quant à Qatada, il a dit: «Il s'agit de faire les ablutions et les prières à leurs heures fixes en perfectionnant les inclinaisons et les prosternations» À savoir que la prière, en littérature, signifie l'invocation. «Qui remettent en circulation les biens que nous leur avons procurés». Ibn Abbas a dit qu'il s'agit de la zakat, tandis que d'autres des compagnons de l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- ont déclaré que c'est la dépense pour la famille avant que la zakat n'ait été imposée. Quant à Qatada, il a dit: «Dieu ordonne au fils d'Adam de dépenser de ce qu'il possède des biens que Dieu lui a accordés qui ne sont que des dépôts divers que l'homme ne tardera pas à les laisser». Par rapport à Ibn Jarir, elles sont la zakat et les différentes sortes des dépenses. Ibn Kathir, de sa part, a précisé: «Dans un grand nombre de versets (qui sont 85) Dieu a joint la dépense en aumônes ou la zakat à la prière. Si la prière constitue un droit qui incombe à chaque personne de s'acquitter envers Dieu, ainsi que Sa louange, sa glorification, son invocation, et la confiance en lui, la dépense est l'acte de charité présenté aux mortels pour en profiter, et les plus méritants sont les membres de la famille, les proches, puis les étrangers. Donc toutes ces dépenses, s'agit-il d'une aumône ou d'une zakat, rentrent dans ce verset.
Verset 4
Ibn Abbas a dit qu'il s'agit de ceux qui croient en ce qui a été révélé au Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- et aux autres Prophètes avant lui, sans faire une distinction entre eux ni nier les autres révélations comme Livres célestes. Ils croient à la vie future: c'est à dire à la résurrection, la vie après la mort, le Paradis, l'Enfer, le compte et la Balance. Ces gens-là, d'après Ibn Jarir, sont de trois catégories: 1- Tous les croyants parmi les Arabes et les gens du Livre. 2- Les croyants parmi les gens d'Écriture. 3- Les croyants parmi les Arabes d'abord puis les gens du Livre en se référant à ce verset: (Il y a parmi les gens du Livre, des hommes qui croient en Dieu, à ce qui vous a été révélé, et à ce qui leur a été révélé) [Coran III, 199», et à ce verset: (Ceux auxquels nous avions donné le Livre avant lui, croient en celui-ci- Ils disent, quand on le leur dit: «Nous croyons en lui; il est la Vérité émanant de notre Seigneur ; nous étions déjà soumis avant sa venue) [Coran XXVIII, 52-53]. Abou Moussa Al-Ach'ari a rapporté que l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit: «Trois hommes reçoivent deux fois leurs récompenses: un homme des gens du Livre qui a cru en son Prophète et en moi, un esclave qui s'acquitte d'abord de son droit envers Dieu puis envers son maître; et un homme qui donne une bonne éducation à son esclave (femelle) puis il l'affranchit et l'épouse» (Rapporté par Boukhâri et Mouslim). Il paraît que l'opinion de Moujahed est la plus correcte. Il a dit: «Quatre versets dans la sourate de la vache, montrent les qualités des croyants, deux qui concernent les incrédules et treize relatifs aux hypocrites.» Ces quatre versets se rapportent à tout croyant parmi les arabes, les non-arabes, les gens du Livre, les humains et les génies. Aucune qualité ne pourra être séparée des autres, mais plutôt chacune est inhérente aux autres: la croyance à l'invisible implique la croyance à ce qui a été révélé au Messager et aux autres Prophètes et à la vie future. Dieu a ordonné les croyants d'avoir la foi en leur disant: - (O vous qui croyez! Croyez en Dieu et en Son Prophète, au Livre qu'Il a révélé à Son Prophète et au Livre qu'Il a révélé auparavant) [Coran IV, 136]. - (Dites: «Nous croyons à ce qui est descendu vers nous et à ce qui est descendu vers vous. Notre Dieu qui est votre Dieu est unique) [Coran XXIX, 46]. - (Le Prophète a cru à ce qui est descendu sur lui de la part de son Seigneur. Lui et les croyants, tous ont cru en Dieu, en Ses anges, en Ses Livres et en Ses Prophètes. Nous ne faisons pas de différence entre ses Prophètes) [Coran II, 285].
Verset 5
Les hommes qui croient au Mystère, qui dépensent de ce que Dieu leur a accordé, qui croient à ce qui a été révélé au Prophète et à la vie de l'au-delà, sont ceux qui suivent la voie indiquée par leur Seigneur et qui seront heureux dans la vie présente et dans la vie future.
Verset 6
Les incrédules sont ceux qui dissimulent la vérité et la voilent. Que tu les avertisses ou que tu ne les avertisses pas, c'est égal pour eux, car ils ne croiront point à ce que tu leur apportes de la vérité. Dieu dit à leur sujet: (Ceux contre qui s'est réalisée la Parole de Dieu ne croiront sûrement pas même si tous les signes leur parviennent- tant qu'ils ne verront pas le châtiment douloureux) [Coran X, 96-97]. Dieu leur a inscrit la misère et nul ne pourra les rendre heureux, car celui que Dieu égare, ne trouvera aucun guide en dehors de Lui. Que ton âme ne se répande pas en regrets sur eux, tu n'as qu'à leur communiquer le message, quiconque y répond, aura la chance de se sauver, mais quant à celui qui s'en détourne, ne t'inquiète pas à son sujet car: (Seule t'incombe la communication du message prophétique, le compte final nous appartient) [Coran XIII, 40]. Au sujet de ce verset, Ibn Abbas a dit: «L'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- était avide à ce que tous les hommes le suivent et répondent à son appel, mais Dieu lui fit connaître que seul croirait celui qui avait déjà reçu le bonheur de la part de Dieu au premier rappel, et ne serait égaré que celui qui en avait déjà reçu le malheur.
Verset 7
À cause de leur incrédulité, Dieu a placé un voile épais sur leurs yeux afin de ne plus observer le chemin droit, scellé leurs cœurs et leurs oreilles de sorte qu'ils ne comprennent pas et n'entendent rien. Leurs péchés sont tellement nombreux au point où ils les entourent de toutes parts. Pour cela l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- disait souvent: «Ô Toi qui fais tourner les cœurs, affermis nos cœurs sur Ta religion». Quant à ceux qui ont dit -comme Ibn Jarir- que Dieu a scellé les cœurs des impies et leurs oreilles pour ne plus entendre l'appel à la vérité, car ils se montraient orgueilleux et se détournaient toujours de la voie droite, leurs dires sont réfutés car un tel agissement ne sied pas à Dieu à Lui la puissance et la gloire. Il paraît qu'ils n'ont pas bien conçu le sens du verset précité et les versets suivants: - (Lorsqu'ils dévièrent, Dieu fit dévier leurs cœurs) [Coran LXI, 5]. - (Parce qu'ils n'ont pas cru la première fois, nous détournerons leurs cœurs et leurs yeux) [Coran VI, 110]. D'autres versets aussi montrent que Dieu avait scellé leurs cœurs les empêchant ainsi de trouver le chemin droit pour punition de leur persévérance dans l'erreur et leur détournement de la vérité. Ibn Jarir a dit: «Je trouve que le cas de ces impies est pareil à ce que l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit: «Lorsque le croyant commet un péché, une tache noire se colle à son cœur. S'il se repent et cherche le pardon et la satisfaction de Dieu, cette tache disparaît. Mais s'il persiste dans ce péché, la tache s'accroît de sorte qu'elle couvre tout le cœur. Telle est la rouille que Dieu a citée dans ce verset: (Non! Ce qu'ils s'acquièrent, plutôt rouille leurs cœurs) [Coran LXXXIII, 14]. (Rapporté par Tirmidzi Nassaï et Ibn Maja d'après Abou Houraïra). Donc lorsque les péchés se multiplient ils finiront par sceller le cœur, voilà ce que Dieu a voulu dire dans ce verset, de sorte que la foi ne trouvera plus un accès au cœur et l'incrédulité n'en trouvera aucune issue.
Verset 8
Après avoir décrit les croyants dans les quatre premiers versets de cette sourate, et les impies dans deux, Dieu présente maintenant les hypocrites qui manifestent la foi mais ils couvent la mécréance. Puisque leur cas rend les hommes perplexes à leur sujet, Il leur fait connaître leurs différentes qualités dans plusieurs versets et même dans une sourate entière. (Coran LXIII). L'hypocrisie en fait est la manifestation du bien et la dissimulation du mal. Elle peut être «dogmatique» dont son auteur sera précipité dans l'Enfer pour l'éternité, ou «pratique» ce qui constitue un péché capital, car les actes de l'hypocrite contredisent ses paroles, ainsi ce qu'il couve diffère de ce qu'il montre. On trouve les qualités des hypocrites dans les sourates révélées à Médine étant donné que l'hypocrisie n'existait pas à la Mecque. À cette fin, Dieu met en garde les hommes contre ces gens-là afin de ne plus être trompés, sinon il y aura une grande corruption sur la terre. Dieu a dit: «Certains hommes disent: «Nous croyons en Dieu et au jour dernier» mais ils ne croient pas», ceci ressemble à ce que Dieu a dit aussi d'eux: (Quand les hypocrites viennent à toi, ils disent: «Nous attestons que tu es le Prophète de Dieu») [Coran LXIII, 1], c'est à dire ils ne témoignent pas de cela que lorsqu'ils viennent à toi pour une certaine affaire et non plus en tant que croyants. Dieu conteste leur attestation en disant: (Dieu atteste que les hypocrites sont menteurs) en leur croyance car (Ils ne sont plus de véritables croyants). Ils croient que, par leur agissement, ils trompent Dieu et les croyants, mais en fait ils ne trompent qu'eux-mêmes et ils n'en ont pas conscience. Dieu a dit d'eux dans un autre verset: (Les hypocrites cherchent à tromper Dieu, mais c'est Lui qui les trompe) [Coran IV, 142].
Verset 9
Ils croient que, par leur agissement, ils trompent Dieu et les croyants, mais en fait ils ne trompent qu'eux-mêmes et ils n'en ont pas conscience. Dieu a dit d'eux dans un autre verset: (Les hypocrites cherchent à tromper Dieu, mais c'est Lui qui les trompe) [Coran IV, 142].
Verset 10
La maladie du cœur peut être le doute comme l'ont interprété certains exégètes, ou l'hypocrisie d'après Ibn Abbas. Quant à Abdul Rahman Ben Aslam, il a dit qu'il s'agit d'une maladie spirituelle qui attaque la foi dont le doute en constitue un facteur principal. Dieu a aggravé cette maladie en la transformant en souillure, et il s'est référé à ces versets: (Elle (la sourate) augmente la foi de ceux qui croient et ils se réjouissent. Elle ajoute une souillure à la souillure de ceux dont les cœurs sont malades) [Coran IX, 124-125] c'est à dire un mal et un égarement, étant de l'invisible et étant des menteurs qui forgent souvent des mensonges, ils méritent sans doute le châtiment douloureux. Le Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- avait été ordonné de ne plus tuer les hypocrites sachant qu'il connaissait bien leurs chefs, et ceci était pour une sagesse, car il a été rapporté dans les Sahihs, qu'il a dit à Omar -que Dieu l'agrée-: «Je répugne à ce que les Arabes disent que Mohammad tue ses compagnons». D'autre part il craignait que les autres Arabes refusent de se convertir à l'Islam ignorant les causes du meurtre des premiers, étant donné qu'on connaissait que les polythéistes seuls méritaient la mort. Al-Chafé'i a dit: «Ce qui a empêché l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- de tuer les hypocrites c'est parce qu'ils manifestaient leur islamisme alors qu'il savait qu'ils étaient des menteurs, et leur manifestation de l'islam annulait toute cause de leur condamnation. D'après un hadith authentifié, l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit: «J'ai été ordonné de combattre les gens jusqu'à ce qu'ils témoignent qu'il n'y a d'autre divinité que Dieu. S'ils font cela, ils préservent leurs biens et leurs personnes à moins qu'ils ne commettent une transgression à la loi et c'est Dieu à Lui la puissance et la gloire qui règlera leur compte» (Rapporté par Boukhâri et Mouslim). On peut interpréter ce hadith de la façon suivante: quiconque prononce cette attestation, l'Islam le sauvera de la mort. S'il la prononce ayant la foi sincère, il trouvera sa récompense dans la vie future. Mais si cela est autrement, il sera inutile de lui appliquer la loi dans la vie présente, car dans la vie future. (Les hypocrites crieront aux croyants: «N'étions-nous pas avec vous?» Ceux-ci répondront: «Oui, mais vous vous êtes séduits vous-mêmes, vous avez tergiversé et intrigué, vos désirs vous ont aveuglés, jusqu'au moment où l'Ordre de Dieu est venu) [Coran LVII, 14]. Ces hypocrites seront rassemblés avec les croyants au jour de la résurrection, mais une fois jugés, ils seront séparés d'eux et (Un obstacle s'interposera entre eux et ce qu'ils convoitaient) [Coran XXIV, 54]
Verset 11
D'après les exégètes, il s'agit des hypocrites qui font le mal sur la terre qui est la corruption et la désobéissance à Dieu, car quiconque désobéit à Dieu peut commettre tout genre de corruption. Cette corruption peut comporter, d'après Ibn Jarir, les actions suivantes: - La désobéissance à Dieu. - Commettre tout ce que Dieu interdit. - La négligence des devoirs et obligations. - Le doute dans leur religion. - Démentir les croyants et désavouer leurs œuvres pies. - Aider les renégats à mentir sur Dieu en reniant ses Livres et Ses Messages s'ils y trouvent un moyen quelconque. Ils croient que, faisant toutes ces actions, ils réforment les hommes, c'est à dire chercher à établir la concorde entre les croyants et les impies. Or ce qu'ils commettent n'est que la corruption et ils n'en ont pas conscience.
Verset 12
Dieu réfute ces hypocrites en confirmant qu'ils sont véritablement les corrupteurs, mais ils ne s'en rendent pas compte.
Verset 13
Si Dieu les appelle à croire, comme les autres, en Dieu, en ses anges, en Ses Livres, en Ses Prophètes, à la résurrection, au Paradis et à l'Enfer; à Lui obéir et à se soumettre à Ses ordres et à s'abstenir de Ses interdictions, ils répondent: «Vous voulez que nous croyions comme les compagnons du Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- et suivre leur chemin?» Les faibles d'esprit sont les personnes insensées qui sont incapables de distinguer entre ce qu'il pourra leur être utile ou ce qu'il pourra leur nuire. Pour cela, Dieu a donné l'attribut «insensés» aux femmes et aux jeunes que l'on trouve dans ce verset: (Ne confiez pas aux insensés les biens que Dieu vous a donnés pour vous permettre de subsister) [Coran IV, 5]. Mais Dieu considère que ces hypocrites-là sont eux-mêmes les faibles d'esprit, car ils ne savent pas qu'ils sont des ignorants et dans un égarement manifeste.
Verset 14
Lorsque ces hypocrites rencontrent les croyants, ils déclarent leur croyance par adulation afin de s'allier à eux et pour partager avec eux quelques profits. Mais lorsqu'ils se retrouvent avec leurs maîtres parmi les chefs des juifs, les polythéistes et les autres hypocrites, ils leur avouent: «Nous sommes avec vous». Ibn Jarir a dit: «Ces tentateurs peuvent être des humains, comme nous l'avons montré auparavant, ou des génies en s'appuyant sur ce verset: (Nous avons suscité, à chaque Prophète, un ennemi: des hommes démoniaques et des djinns qui se suggèrent les uns aux autres le clinquant des paroles trompeuses) [Coran VI, 112]. Ils croient que, par ce faire, ils raillent les compagnons de l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue-.
Verset 15
mais, en vérité, Dieu les fait persister dans leur révolte en les laissant jouir des biens qu'au jour de la résurrection, d'après Ibn Abbas, Dieu se vengera d'eux comme le montre ce verset: (Pensent-ils qu'en leur accordant des biens et des enfants, nous stimulons leur zèle pour le bien? Au contraire, ils n'en ont pas conscience) [Coran XXIII, 55-56]. Ibn Jarir avait une opinion semblable à celle d'Ibn Abbas, en disant que Dieu a fait connaître au Prophète leur cas au jour de la résurrection: (Le Jour où les hommes et les femmes hypocrites diront aux croyants: «Attendez-nous afin que nous prenions de votre lumière») [Coran LVII, 13] et: (Que ceux qui sont incrédules ne pensent pas que le délai que nous leur accordons soit un bien pour eux. Le délai que nous leur accordons augmentera leur péché. Un châtiment ignominieux leur est réservé) [Coran III, 178]. Donc ces hypocrites se trouveront à la fin acculés à cause de leur plaisanterie, cherchant une issue mais en vain, auront les cœurs scellés, les oreilles frappées de surdité et leurs yeux de cécité, Dieu se moquera d'eux et les laissera marcher à l'aveuglette.
Verset 16
D'après Ibn Mas'oud et autres compagnons, ces hypocrites ont préféré l'incrédulité à la foi, l'égarement à la voie droite, et leur négoce est sans aucun profit. Qatada, quant à lui, a dit que leur situation est comparable à celle de Thamoud que l'on trouve dans ce verset: (Quant aux Thamoud, nous les avons dirigés, mais ils ont préféré l'aveuglement à la Direction) [Coran XLI, 17] et Qatada d'ajouter: «Ils ont laissé la voie droite en choisissant l'égarement, préféré l'isolement à la communauté, la crainte à la sécurité et l'innovation à la sunna».
Verset 17
Dieu ne manque pas à proposer les exemples aux hommes afin qu'ils réfléchissent. Il a dit: «Ces exemples-là, nous les frappons pour les gens: ne les comprennent, cependant, que ceux qui savent» [Coran XXIX, 43]. Dans le verset précité, Dieu compare ceux qui ont trouvé la voie droite contre l'égarement et qui sont devenus aveugles, à un homme qui a allumé du feu qui donna une clarté de sorte qu'il a pu observer tout ce qui l'entoure. Une fois le feu éteint, il se trouve dans une obscurité totale sans cependant pouvoir en sortir, d'autant plus, il est devenu sourd, muet et aveugle. Donc il ne pourra plus revenir à son état originel. Ainsi est le cas de ces hypocrites qui ont préféré l'erreur à la vérité, l'aberration à la raison, car ils étaient croyants mais ne tardèrent pas à redevenir mécréants. L'exemple d'un seul homme, comme on l'a dit, est pareil à un peuple tout entier tel que le montre ce verset: «Ceux qui étaient chargés de la Torah, et qui ensuite, ne l'ont pas acceptée, ressemblent à l'âne chargé de livres» [Coran LXII, 5] afin de donner à l'expression une forme plus éloquente.
Verset 18
Dieu a retiré la lumière à ces hypocrites en les laissant dans les ténèbres, perplexes, sans rien distinguer à cause de leur doute, leur incrédulité et leur hypocrisie. Ils sont devenus sourds et n'entendent rien de ce qui leur est utile, muets ne pouvant proférer aucune parole bénéfique et aveugles sans rien distinguer ni concevoir. Dieu a dit: (Ce ne sont pas leurs yeux qui sont aveugles, mais ce sont leurs cœurs qui sont aveugles dans leurs poitrines) [Coran XXII, 46].
Verset 19
On peut encore les comparer à ces gens qui, au moment où les nuées éclatent en pluie, tonnerre et éclairs, se mettent les doigts dans les oreilles, terrorisés par le fracas de la foudre et la menace de la mort, cependant que Dieu encercle de tous côtés les infidèles.
Verset 20
Peu s'en faut que l'éclair ne leur ravisse la vue. À la moindre lueur, ils avancent, mais dès que le ciel s'obscurcit, ils s'arrêtent. Si Dieu veut, Il leur enlève l'ouïe et la vue, car Il est tout-Puissant. Un autre exemple que propose Dieu aux hommes pour leur montrer le cas des hypocrites qui tantôt doutent de la vérité, tantôt elle leur paraît nette. Leurs cœurs, dans leur doute et leur tergiversation, ressemblent à un nuage à pluie dans le ciel qui apporte les ténèbres qui sont le doute, l'incrédulité et l'hypocrisie, et qui apporte aussi le tonnerre qui effraie et bouleverse les cœurs en produisant un grand fracas et causant une grande frayeur, car les hypocrites, comme Dieu les a décrits: (Pensent que tout cri est dirigé contre eux) [Coran LXIII, 4] et aussi: (Ils jurent par Dieu qu'ils sont des vôtres, alors qu'ils n'en sont pas; mais ce sont des gens qui ont peur s'ils trouvaient un asile, des cavernes ou des souterrains, ils s'y précipiteraient en toute hâte) [Coran IX, 56-57]. Ce nuage produit aussi des éclairs qui luisent dans leurs cœurs à cause de leur hypocrisie au lieu de la lumière de la foi. Et pour se préserver de la mort, ils mettent leurs doigts dans leurs oreilles, mais Dieu cerne les incrédules de tous les côtés, par Sa puissance et Sa volonté, en les tenant à Sa merci. Ibn Abbas a dit: «Sous l'effet de la lueur intense de la vérité, et à cause de la faiblesse de la perspicacité et la foi de ces hypocrites «Peu s'en faut que l'éclair ne leur ôte la vue». «Lorsque l'éclair brille, ils marchent à sa clarté». Ibn Abbas a interprété cela en disant: «Ils connaissent la vérité mais ils la dissimulent, et quand ils reviennent à leur égarement, ils se lèvent perplexes ne sachant quoi faire. Ainsi sera leur situation au jour de la résurrection où chacun des serviteurs recevra une lumière autant que sa foi. Il y aura ceux qui auront une lumière qui leur éclairera la route à une distance d'un parasange, ou plus ou moins que ça. D'autres cette lumière éclairera devant eux pour un court laps de temps mais elle s'éteindra aussitôt. Il y aura aussi ceux qui marcheront sur le pont (le sirat) pour une courte distance puis ils s'arrêteront. Enfin il y aura ceux qui n'auront aucune lumière, ils sont les hypocrites que Dieu les a désignés dans ce verset: (Le jour où les hypocrites mâles et femelles diront aux croyants: «Attendez! que nous empruntions de votre lumière». On répondra: «Arrière! retournez, puis cherchez de la lumière) [Coran LVII, 13]. Quant aux croyants, Dieu a dit à leur sujet: (Le jour où tu verras les croyants et les croyantes entourés de lumière. «Voici une bonne nouvelle pour vous aujourd'hui: des jardins où coulent les ruisseaux) [Coran LVII, 12] et aussi: (Le jour où Dieu ne couvrira de honte ni le Prophète, ni ceux qui auront cru en lui. Leur lumière courra devant eux et à leur droite. Ils diront: «Notre Seigneur, parachève pour nous notre lumière; pardonne-nous. Oui, Tu es puissant sur toute chose») [Coran LXVI, 8]. Ibn Jarir a dit que Dieu enfin met en garde les hypocrites contre Son châtiment et sa puissance et qu'Il les cerne de tous les côtés, en disant: «Si Dieu le voulait, Il les priverait de l'ouïe et de la vue. Dieu est puissant sur toute chose». Dans les versets sus-mentionnés, Dieu a frappé deux exemples pour montrer les qualités, le cas et l'état des hypocrites, comme Il en parlera aussi dans la sourate du «Repentir» que nous allons la commenter plus loin.
Verset 21
Dieu, dans ce verset, témoigne de Son unicité, qu'Il est celui qui accorde Ses grâces à ses serviteurs commençant d'abord par leur création du néant, en répandant sur eux Ses bienfaits apparents et cachés, en comblant leur besoin, en faisant de la terre pour eux comme un lit de repos et du firmament un édifice, comme Il a dit dans un autre verset: (Nous avons fait, du firmament, une voûte protégée, mais ils se détournent de nos signes) [Coran XXI, 32].
Verset 22
Des nuages, Il fait descendre de l'eau -la pluie- pour s'en servir, grâce à laquelle Il fait germer des plantes diaprées pour les hommes et pour leurs troupeaux. Bref, Il est le Créateur, le Dispensateur à qui appartient tout ce qu'il se trouve sur la terre. Il mérite donc d'être adoré seul sans rien lui associer comme Il dit: (N'attribuez pas à Dieu des rivaux alors que vous savez). Il a été cité dans les deux Sahihs qu'Ibn Mass'oud demanda à l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue-: «O Envoyé de Dieu! Quel est le plus grand péché au regard de Dieu?» Il répondit: «De Lui reconnaître un égal car c'est Lui qui t'a créé».(1) Ainsi le hadith rapporté par Mou'adh: «Le droit de Dieu sur Ses serviteurs consiste à L'adorer sans rien lui associer». Ibn Abbas a rapporté qu'un homme dit au Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue-: «Ce que Dieu veut et ce que tu veux» Il lui répondit: «Fais-tu de moi un égal à Dieu? Dis ce que Dieu seul veut». (Rapporté par Nassaï et Ibn Maja)(2) Tous ces hadiths ont un seul but qui consiste à observer l'unicité de Dieu en actes et paroles. L'appel à l'adoration de Dieu seul est adressé tant aux croyants qu'aux polythéistes et hypocrites, sans lui reconnaître un rival, car c'est Lui qui a créé les hommes et qu'on le trouve dans tous les Livres révélés.
Verset 23
Après avoir témoigné de Son unicité, Dieu voulut confirmer la prophétie de Son serviteur. Il dit aux mécréants: Si vous êtes dans le doute au sujet de ce que nous avons révélé à Mouhammad -qu'Allah le bénisse et le salue- apportez un Livre semblable si vous en avez, ou bien produisez une seule sourate de ce qu'il contient, et à cette fin appelez vos assistants. Ibn Abbas a dit qu'il faut entendre par assistants -ou vos témoins suivant une autre interprétation- leurs divinités ou autres. On trouve cela dans d'autres versets dont on cite à titre d'exemples ceux-ci: (Dis: «Apportez donc de la part de Dieu un Livre qui, mieux que ces deux-là, dirige les hommes. Je le suivrai si vous êtes sincères») [Coran XXVIII]. (Dis: «Si les hommes et les djinns s'unissaient pour produire quelque chose de semblable à ce Coran, ils ne produiraient rien qui lui ressemble, même s'ils s'aidaient mutuellement») [Coran XVII, 88]. (Diront-ils: «Il a forgé cela?» Dis: «Apportez donc dix sourates forgées par vous et semblables à ceci. Invoquez alors qui vous pourrez, en dehors de Dieu, si vous êtes véridiques») [Coran XI, 13]. A savoir que tous ces versets ont été révélés à La Mecque. Et à Médine, Dieu leur lança le même défi, et savait bien qu'ils sont incapables de le faire. En effet, ils étaient impuissants à produire une seule sourate.
Verset 24
Ce Coran demeurera pour l'éternité un Livre révélé inimitable car il renferme les Paroles de Dieu qui a tout créé. Comment donc peut-on assimiler les paroles divines à celles de ceux qui ont été créés? Quiconque médite sur le Coran, constate sans aucun doute son inimitabilité, s'agit-il de paroles ou de sens. Dieu a dit à ce sujet: (Voici un Livre dont les versets ont été confirmés puis expliqués de la part d'un Sage parfaitement informé) [Coran XI, 1]. En effet, les versets sont renforcés puis détaillés. D'autre part, le Coran raconte des événements passés tels comme ils ont été produits. Par ailleurs, il renferme des prescriptions et des interdictions comme Dieu a dit: (La Parole de ton Seigneur s'est accomplie en toute vérité et justice) [Coran VI, 165]. C'est à dire on y trouve la véracité dans la narration des récits et une justice dans les sentences. Il ne contient donc que la vérité, la sincérité, la justice et la bonne direction. Le style du Coran se caractérise par l'éloquence soit qu'on est un Arabe qui connaît parfaitement la langue, soit qu'on est au courant de toutes les règles grammaticales.
Verset 25
Annonce à ceux qui ont la foi et qui pratiquent les bonnes œuvres, qu'ils auront pour demeure des jardins arrosés d'eau vive. Chaque fois qu'ils seront gratifiés d'un des fruits de ces jardins ils s'écrieront: «C'est bien là ce qui nous avait été annoncé autrefois, car tous ces fruits sont plus savoureux les uns que les autres». Là, ils auront pour compagnes des femmes exemptes de toute impureté. Là, leur bonheur n'aura pas de fin. Après avoir montré le cas des impies et le châtiment qui les attend, Dieu passe directement au cas de Ses élus parmi les croyants qui ont cru en Lui et en Son Messager, en accomplissant les œuvres pies comme témoignage de leur foi. On appelle cette transition en langage Coranique «Mathani», c'est à dire on joint deux choses contradictoires telles que l'incrédulité et la foi, et vice versa; ou bien le sort des damnés et celui des bienheureux, comme nous allons le montrer plus loin. Les bienheureux du Paradis auront des femmes pures de toute souillure, s'agit-il des menstrues, de l'urine, des selles, de la morve et de crachat etc. Ils y demeureront immortels jouissant de différentes délices qui leur assureront le bonheur éternel.
Verset 26
Dieu n'éprouve aucune honte à prendre n'importe quel objet comme exemple, depuis l'insecte plus infime jusqu'à l'être le plus considérable de la création. Les croyants découvrent dans ces exemples une vérité de leur Seigneur. Quant aux infidèles, au contraire, ils se demandent: «Que veut bien dire Dieu par de tels exemples?» Par de tels exemples, nombreux sont ceux qu'Il égare et nombreux sont ceux qu'Il guide. En vérité, Il n'égare que les pervers. As-Souddy a dit: «Quand Dieu a frappé deux exemples qui représentent les hypocrites, d'abord: un homme qui a allumé un feu, puis un nuage du ciel apportant des ténèbres, les hypocrites s'écrièrent: «Dieu est plus Haut et plus Majestueux de proposer aux hommes de tels exemples» Dieu fit descendre ce verset. Quant à Qatada, il a dit qu'il s'agit de l'araignée et du moucheron que Dieu avait donnés comme exemples, et les polythéistes de se demander: «Pour quel but propose-t-on de tels exemples?». Ce qu'il faut en retenir, c'est que Dieu n'a jamais honte de la vérité, Il peut frapper n'importe quel exemple, s'agit-il d'un moucheron ou de quelque chose de plus relevé.
Verset 27
Les incrédules, qui rompent le pacte qu'ils avaient fermement conclu avec Dieu, qui dénouent ce que Dieu a ordonné de joindre, et engendrent le désordre sur terre, ceux-là-mêmes qui perdent leur âme. Le verset désigne, et c'est Dieu qui est le plus informé, l'incrédule pervers, celui que Dieu le décrit comme suit: (Ceux qui violent le pacte de Dieu après avoir accepté Son alliance; ceux qui tranchent les liens que Dieu a ordonné de maintenir; ceux qui corrompent la terre: voilà les perdants). Leur agissement est diamétralement opposé à celui des croyants. Quant au terme «Pacte», il y a plusieurs opinions à son sujet: c'est la recommandation divine adressée à tous les hommes pour observer Ses ordres, s'abstenir de Ses interdictions et accomplir tous les devoirs qui lui sont prescrits. D'après Ibn Jarir et Mouqatel Ben Hayyan: il s'agit de l'engagement pris des incrédules et hypocrites parmi les gens du Livre, la Tora surtout, de croire en Mouhammad -qu'Allah le bénisse et le salue- et de le suivre. Quant aux liens dont les hommes ont été ordonnés de les maintenir, et selon les opinions de la majorité des ulémas, il s'agit des liens de parenté.
Verset 28
Dieu s'étonne de l'attitude des impies qu'ils renient Son existence et son pouvoir, adorent d'autres divinités en dehors de lui, du moment qu'Il est le seul créateur qui a donné la vie aux hommes alors qu'ils n'existaient pas? Il a confirmé ce fait par le verset suivant: (Ont-ils été créés de rien ou sont-ils leurs propres créateurs? * Ont-ils créé les cieux et la terre? Non, ils ne sont pas convaincus) [Coran LII, 25-26]. Ibn Abbas a dit: «Les hommes étaient comme des morts dans les reins de leurs pères jusqu'à ce que Dieu leur a donné la vie, puis il les fera mourir, une mort inéluctable, ensuite Il leur redonnera la vie lors de la résurrection. Ceci est pareil à ce qui a été dit dans ce verset: (Notre Seigneur , Tu nous a fait mourir deux fois et deux fois Tu nous a fait revivre) [Coran XL, 11]. Suivant une autre version, Ibn Abbas a dit: «Vous étiez du sable avant votre création, en voilà une première mort. Puis il vous a créés en donnant la vie, en voilà une première vie. Il vous fera mourir pour retourner aux tombes, en voilà une deuxième mort. Enfin il vous redonnera la vie au jour de la résurrection, en voilà une deuxième vie».
Verset 29
Une autre preuve de la création des hommes et ce qu'ils voient de leurs propres yeux, tout ce qu'il a créé pour eux: ce qu'il y a sur la terre. Il s'est ensuite tourné vers le ciel qu'il a organisé en sept cieux, car il connaît toute chose. Les exégètes ont interprété cela de la façon suivante: «Dieu d'abord a créé la terre puis les sept cieux, car quand on a l'intention de construire une demeure, on commence par établir les assises, puis on construit les autres étages. Quant aux dires de Dieu: (Est-il plus difficile de vous créer que de construire le firmament? * Dieu en a élevé la voûte; Il l'a établi harmonieusement; * Il a assombri sa nuit et Il lui a donné sa clarté * Il a ensuite étendu la terre) [Coran LXXIX, 27-30], il faut entendre par cela que Dieu raconte un fait et non plus une succession des étapes de création. Moujahed a commenté cela en disant: «Dieu d'abord a créé la terre, puis une fumée en surgit, en voilà la confirmation de ce fait qu'on trouve dans ce verset: (Il s'est ensuite tourné vers le ciel qui était une fumée) [Coran XLI, 11].
Verset 30
Dieu fait rappeler aux hommes Sa grande faveur en les mentionnant au ciel devant les anges avant leur création. Il ordonna à Son Prophète: «O Mouhammad! raconte aux hommes lorsque Dieu a dit aux anges qu'Il a voulu désigner un lieutenant sur la terre, et des générations qui succéderont à d'autres générations comme Il a dit: (C'est Lui qui a fait de vous ses lieutenants sur la terre) [Coran VII, 165] et: (Lui qui a fait de vous ses lieutenants sur la terre) [Coran XXVII, 62]. Quant aux dires de Dieu: (Si nous l'avions voulu, nous aurions fait, d'une partie d'entre vous, des anges et ils vous remplaceraient sur la terre) [Coran XLIII, 60], il ne s'agit pas comme certains ulémas ont prétendu qu'il s'agit d'Adam -que Dieu le salue- Car si c'était ainsi, les anges n'auraient pas demandé: (Vas-tu mettre sur terre quelqu'un qui y apportera le désordre et y fera couler le sang). Ils voulaient dire que, parmi cette race humaine, il y aura ceux qui feront cela. Il paraît qu'ils l'ont deviné comme s'ils étaient au courant de la nature humaine ou qu'ils avaient une science qui leur était propre. La réponse des anges n'était pas en tant qu'objection ni une jalousie des fils d'Adam comme le pensent certains commentateurs. Mais elle était une sorte d'interrogation et un désir de connaître la sagesse qui se trouve dans cette création.
Verset 31
Dieu apprit à Adam le nom de tous les êtres. Puis présentant ces derniers aux anges, il leur dit: «Indiquez-moi les noms de tous ces êtres, si vous vous croyez plus méritants qu'Adam.
Verset 32
«Loué soit ton nom», répondirent-ils, «Nous ne savons que ce que Tu as bien voulu nous apprendre. Toi seul détiens la science et la sagesse».
Verset 33
Dieu dit alors à Adam: «Indique-leur les noms de tous les êtres». Après qu'il l'eût fait, Dieu ajouta: Dieu a sans doute honoré Adam plus que les anges en lui attribuant particulièrement la connaissance de tous les noms des êtres en dehors des anges. Ceci eut lieu après leur prosternation devant Adam, car Il a devancé ce fait à l'ignorance des anges par la sagesse qui émanait de la création des humains, quand ils lui demandaient à ce sujet. Il leur répondit alors: «Je sais ce que vous ne savez pas». Ce n'était que pour montrer l'honneur qu'Il a réservé à Adam en lui apprenant les noms. Ibn Abbas a dit à ce propos: «Dieu a appris les noms de toutes les créatures, s'agit-il de l'homme, des bêtes, des cieux, de la terre, des plaines, des mers, des montures et autres: Mais ce qui est vrai, c'est que Dieu a appris aussi à Adam les noms de toutes ces créatures ainsi que leurs qualités, leurs actions etc... Al-Bukhari a rapporté d'après Anas que l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit: «Une fois les croyants seront réunis au jour de la résurrection, ils diront: «Si nous demandons à quelqu'un pour intercéder en notre faveur auprès de notre Seigneur?» Ils iront trouver Adam et lui diront: «Toi, tu es le père des humains. Dieu t'a créé de Ses mains, a fait agenouiller ses anges devant toi et t'a appris les noms de tous les êtres. Intercède en notre faveur auprès de ton Seigneur afin qu'Il nous délivre de cette situation» (Rapporté par Bukhari, Muslim, Nassat et Ibn Maja). Ce hadith montre sans doute que Dieu a appris à Adam les noms de toutes les créatures et les créations. Les anges, se trouvant devant ce défi, déclarèrent: «Seigneur, gloire à Toi. Nous ne savons rien en dehors de ce que Tu nous as enseigné». Car Dieu les mettait au courant de tout ce qu'Il a créé, mais ils constatèrent maintenant qu'ils étaient incapables de connaître ce que Dieu a appris à Adam. En demandant à Adam de faire connaître aux anges les noms des êtres, Dieu voulut montrer qu'Adam est plus méritant qu'eux. Puis Il dit aux anges: «Ne vous ai-je pas avertis que je connais l'invisible des cieux et de la terre?» Une chose qui a été aussi confirmée par ce verset: (Si tu fais entendre ta parole à haute voix, Lui, certes, connaît parfaitement ce qui est secret et ce qui est le mieux caché) [Coran XX, 7]. Quant à la dernière partie du verset: (Je sais ce que vous divulguez et ce que vous cachez), la plus correcte parmi les interprétations est celle offerte par Ibn Abbas qui a dit: «Dieu a fait connaître à Ses anges qu'il connaît parfaitement ce qu'ils montraient et ce qu'ils tenaient secret. Ce qu'ils cachaient étaient l'attitude d'Iblis vis-à-vis de la création d'Adam et ce qu'il couvait de l'orgueil et de la vanité (comme nous allons le voir plus loin). Ce qu'ils divulguaient était leurs dires: comment Dieu va créer quelqu'un qui répandra le désordre sur la terre et fera couler le sang.
Verset 34
C'était un grand honneur que Dieu a accordé à Adam quand Il demanda à ses anges de se prosterner devant lui. Plusieurs hadiths ont été rapportés à ce propos. On en cite à titre d'exemple le hadith suivant dans lequel Moïse -que Dieu le salue- demande à Dieu «Seigneur, fais-moi voir Adam qui, par sa faute, nous a fait sortir avec lui du Paradis». Une fois Moïse se trouvant en face d'Adam, il lui dit: «C'est toi Adam que Dieu a créé de ses mains, lui a insufflé de Son Esprit et fait agenouiller Ses anges devant toi?». Lorsque Dieu demanda aux anges de se prosterner devant Adam, Iblis se trouvait parmi eux bien qu'il a été créé d'une nature différente de la leur, mais il se considérait comme étant l'un d'eux et pratiquait leurs œuvres. Ibn Abbas dit à ce propos: «Avant de commettre son péché et d'entrer en rébellion, Iblis qui s'appelait «Azazil» habitait la terre. Il était le plus assidu des anges à l'adoration de Dieu et avait un savoir plus vaste que le leur. Tout cela le porta à s'enfler d'orgueil. Il faisait partie d'une race qu'on appelle les djinns». Ibn Jarir a rapporté d'après Al-Hassan: «Iblis n'a jamais été un ange mais de la race des djinns comme Adam était de la race humaine». Il a dit aussi, d'après Chahr Ben Hawchab qu'Iblis était l'un des djinns que les anges avaient chassé, mais certains parmi ces anges l'avaient pris et ramené au ciel». Quant à Sa'd Ben Mass'oud, il a rapporté une chose pareille à l'histoire sus-mentionnée, en disant: «Les anges combattaient les djinns. Ils capturèrent Iblis qui était encore petit et le ramenèrent au ciel avec eux et il pratiquait la même adoration que la leur. Mais quand ils furent ordonnés de se prosterner, il refusa, voilà le sens du verset: (À l'exception d'Iblis qui était au nombre des Djinns et qui se révolta contre l'ordre de son Seigneur) [Coran XVIII, 50]. Qatada a interprété ces paroles de Dieu: (Lorsque nous demandâmes aux anges de se prosterner devant Adam) en disant: «La soumission était aux ordres de Dieu et la prosternation devant Adam par laquelle Dieu a honoré Adam». D'autres ont dit: «C'était une prosternation de salut, de paix et d'honneur, comme on trouve cela dans ce verset qui raconte l'histoire de Joseph: (Il fit monter son père et sa mère sur le trône et ses frères tombèrent prosternés) [Coran XII, 100]. Ce genre de salut et de respect était connu parmi les générations passées, mais l'Islam l'a interdit. À ce propos, Mu'adh a raconté: «Étant au pays de Cham, je vis les hommes se prosterner devant leurs prêtres et leurs savants. Je dis à l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue-: «Tu as plus de droit qu'on se prosterne devant toi». Il me répondit: «Si j'avais le droit d'ordonner à quelqu'un de se prosterner devant un autre, j'aurais demandé à la femme de se prosterner devant son mari en vertu de ses droits sur elle». Ce qu'il faut en retenir, ajoute l'auteur de cet ouvrage, consiste à considérer que cette prosternation devant Adam était un honneur, une haute considération, un respect et un salut pour Adam, et d'autre part une soumission aux ordres de Dieu. Quant au refus d'Iblis de se prosterner, dit Qatada, c'était à cause de sa jalousie en constatant ce grand honneur que Dieu avait octroyé à Adam, en disant: «J'ai été créé de feu et lui d'argile» Cet orgueil était donc l'un des premiers péchés capitaux. À ce propos il a été rapporté dans le Sahih que l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit: «N'entrera jamais au Paradis quiconque dans le cœur duquel il y a le poids d'un grain de moutarde d'orgueil». Au cours de cette interprétation on a parlé d'un sujet important, il s'agit des miracles. Les ulémas ont dit: Tout homme qui n'est pas un Prophète et à qui Dieu a donné le pouvoir de faire des miracles et des choses qui ne sont pas habituelles, il n'est pas nécessaire de le considérer en tant qu'un «Wali» en contredisant les opinions des sophistes et des Rafida. Tels miracles peuvent être exercés par un pervers ou un impie comme il a été rapporté dans un hadith concernant Ibn Sayyad à qui l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- avait annoncé le châtiment de la fumée. Ibn Sayyad faisait des miracles et barrait les routes quand il s'irritait jusqu'à ce qu'Abdullah Ben Omar le tua. C'est à son sujet que Dieu a dit: (Guette donc le jour où le ciel apportera une fumée bien visible) [Coran XLIV, 10]. Ainsi le cas de l'Antéchrist qui réalisera, vers la fin du monde, des miracles grandioses: il ordonnera au ciel de pleuvoir et il s'exécutera, à la terre de faire pousser les plantations, aux trésors de la terre de le suivre et ils le suivront comme les abeilles, et enfin à un jeune homme de reprendre la vie après l'avoir tué etc. Al-Laith Ben Sa'd disait: Si vous voyez l'homme marcher sur l'eau ou s'envoler, ne soyez pas tentés par ce phénomène, plutôt étudiez son cas d'après le Livre de Dieu et la sunna.
Verset 35
Un autre aspect d'honneur accordé à Adam quand Dieu lui dit de demeurer au Jardin (Le Paradis) lui et son épouse pour s'y déplacer où il veut et manger de ses fruits à discrétion. Plusieurs opinions ont été dites au sujet de ce Paradis: était-il dans le ciel ou sur la terre, bien que la première l'avait emporté. Quant aux deux sectes «Al-Mu'tazila» et «Al-Qadaria», ils ont dit que c'était sur la terre, sujet dont nous allons traiter en détail en interprétant la sourate «Al-A'raf» [Coran VII]. Nous y parlerons aussi de la création d'Eve avant le demeure dans le Paradis, bien qu'on dit que cette création eut lieu après. D'après les dires d'Ibn Abbas et certains des compagnons: «On chassa Iblis du Paradis et on le donna à Adam comme demeure où il circula seul sans une compagne. Il s'endormit et à son réveil, il trouva une femme assise auprès de sa tête que Dieu avait créée d'un des côtes d'Adam. Il lui demanda: «Qui es-tu?». - Une femme, répondit-elle. Il répliqua: «Pourquoi es-tu créée?» Et Eve de riposter: «Afin que tu te reposes auprès de moi. Les anges dirent alors à Adam pour savoir l'étendue de sa science: «Comment s'appelle-t-elle?» -Eve, répondit-il. - Pourquoi lui donnes-tu ce nom, répliquèrent les anges. Et Adam de rétorquer: «Parce qu'elle a été créée d'une substance vivante. Quant à l'arbre que Dieu les avait interdit d'approcher, plusieurs opinions ont été données à ce sujet: - C'est la vigne, d'après Ibn Abbas. - Les juifs prétendent que c'est le froment. - Ibn Jarir raconte: «Un homme de Bani Tamim m'a rapporté qu'Ibn Abbas envoya une lettre à Abu Al-Jild lui demandant au sujet de l'arbre interdit au Paradis et l'autre auprès duquel Adam s'était repenti. Abu Al-Jild lui répondit: «L'arbre interdit était l'épi de froment, et l'autre l'olivier.» - Abu Malik a dit: c'est le palmier. - Mujahid, enfin, présume que c'est le figuier. Et Abu Ja'far Ibn Jarir de conclure: Dieu a Lui la puissance et la gloire avait désigné à Adam et à son épouse un des arbres du Paradis sans l'identifier. Dieu n'avait pas précisé cet arbre dans son livre, de notre côté on ne trouve non plus ce qu'il était d'après la Sunna. Que ce soit la vigne, le froment ou autre, c'est une chose qui n'augmente pas la science des savants et ne cause aucun tort à celui qui l'ignore. Et c'est Dieu qui est le plus savant.
Verset 36
Satan fit trébucher Adam et Eve en les faisant manger des fruits de l'arbre interdit causant ainsi leur perte et leur expulsion du Paradis où ils vivaient à l'aise. Ils furent chassés, et Dieu leur dit: «Descendez sur la terre où vous serez ennemis les uns des autres, vous y trouverez un séjour et de jouissance éphémère». Quant à l'histoire d'Iblis avec le serpent, elle a été inventée par les Israélites et nous allons en parler plus loin en interprétant la sourate Al-A'raf. Si le Paradis où Adam habitait était au ciel selon l'avis de la majorité des ulémas, comment Iblis a pu y entrer du moment où il en fut chassé? Plusieurs réponses à signaler: - Il a été interdit d'y entrer en tant qu'honoré, mais pour voler ou y être humilié, cela constitue une probabilité. - D'après la Tora, il est entré dans la bouche du serpent pour y accéder. - Enfin selon d'autres ulémas: il était sur la terre alors qu'Adam et Eve étaient au Paradis. Il a réussi à leur inspirer ses mauvaises suggestions de l'endroit où il se trouvait. À ce propos on cite qu'Al-Qurtubi a rapporté plusieurs hadith concernant le meurtre des serpents.
Verset 37
On a dit qu'on peut trouver cette formule de prière dans le verset suivant: (Ils dirent: «Notre Seigneur, nous nous sommes lésés nous-mêmes. Si tu ne nous pardonnes pas, et si Tu ne nous fais pas miséricorde, nous serons au nombre des perdants) [Coran VII, 23]. Abu Al-'Aliya a dit: «Après avoir commis le péché, Adam dit au Seigneur: «Quel sera mon sort si je me repentis et amende mon comportement?» Et Dieu de lui répondre: «Je te ferai entrer de nouveau au Paradis.» Quant à Mujahid, il a dit: «Les paroles qu'Adam avait accueillies du Seigneur étaient les suivantes: «Il n'y a de Dieu que Toi. Gloire à Toi. Louange à Toi. Qui je me suis fait tort à moi-même. Pardonne-moi, car Tu es le meilleur de ceux qui pardonnent. Mon Dieu, il n'y a de Dieu que Toi, gloire à Toi. Louange à Toi. Je me suis fait tort à moi-même, fais-moi miséricorde car Tu es le plus miséricordieux des miséricordieux. Il n'y a de Dieu que Toi. Gloire et louange à Toi. Je me suis fait tort à moi-même. Pardonne-nous. Tu es celui qui revient sans cesse vers le pécheur repentant, Tu es le Miséricordieux». Dans le Coran, on trouve plusieurs versets qui montrent que Dieu accepte le repentir et absout les péchés.
Verset 38
Le Tout-Puissant rappelle Ses ordres aux fils d'Israël et l'alliance qu'avait faite avec eux qu'ils ont violée de propos délibéré et s'en sont détrônées. Il leur a ordonné de n'adorer que Lui sans Lui reconnaître des égaux, comme Il l'a ordonné à toutes ses créatures qu'il a créées pour le même but, comme Il l'a confirmé dans ce verset: (Nous avons envoyé un Prophète à chaque communauté: «Adorez Dieu et fuyez les Taghout) [Coran XVI, 36]. Tel est le droit suprême que les hommes doivent à leur Seigneur, puis de garder la piété filiale, un autre droit qui fut joint au premier, comme Il l'a confirmé dans plusieurs versets et nous citons ces deux à titres d'exemple: (Ton Seigneur a décrété que vous n'adorez que Lui. Il a prescrit la bonté à l'égard de vos père et mère) [Coran XVII, 23] et: (Sois reconnaissant envers Moi et envers tes parents. Le retour se fera vers Moi) [Coran XXXI,14]. Il a été rapporté dans les deux Sahih, qu'Ibn Mas'ud a dit: «J'ai demandé à l'Envoyé de Dieu: «Quelle est la meilleure œuvre?» Il me répondit: «La prière à son heure fixée» - Et puis, redemandai-je. - De garder la piété filiale. - Ensuite?- Le combat dans la voie de Dieu». Un homme demande au Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue-: «Envers qui dois-je être bon? - Il lui répondit: «Envers ta mère. - Et puis? redemanda-t-il - Ta mère. - Et puis? - Ta mère- Et puis?- Envers ton père et ensuite tes proches». Dieu a ordonné également d'être bon envers les orphelins qui ont perdu un de leurs parents ou les deux ensemble, et les pauvres qui ne trouvent pas de quoi subsister, et d'user des bonnes paroles envers les gens. Ces bonnes paroles, comme a dit Al-Hassan Al-Basri, consistent à ordonner de faire le bien, à déconseiller le répréhensible, à pardonner aux autres et à être clément envers eux. Abu Dharr -que Dieu l'agrée- a rapporté que le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit: «Ne dédaignez aucun acte de bien, et si vous ne trouvez pas, recevez vos frères avec un visage radieux» (Rapporté par Ahmed, Muslim et Tirmidhi). Dieu ordonne donc aux hommes d'être bons envers les autres en actes et paroles, de s'acquitter des prières prescrites et de verser la Zakat sur leurs biens.
Verset 39
L'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit: «Ceux qui mériteront l'Enfer, ils n'y mourront ni vivront. Ce sont des gens que le Feu les touchera et les fera mourir à cause de leurs péchés. Une fois qu'ils seront calcinés, on m'accordera la permission d'intercéder en leur faveur» (Rapporté par Muslim). Certains ont dit que la descente a été faite sur deux étapes: la première du Paradis au ciel inférieur, et la seconde du ciel à la terre.
Verset 40
Dieu ordonne aux Bani Israël d'embrasser l'Islam, et de suivre Muhammad -qu'Allah le bénisse et le salue-, en leur rappelant leur père et Prophète Jacob (Israël) qui se conformait à la vérité et de l'imiter. Ibn Abbas a dit que Israël signifie le serviteur de Dieu, et il a rapporté ce hadith: «Un groupe de Juifs vinrent trouver le Messager de Dieu, il leur demanda: «Savez-vous que Jacob est Israël?» Oui, répondirent-ils -Et lui de répliquer: «Mon Dieu, sois témoin!». Les bienfaits que Dieu avait accordés aux fils d'Israël étaient nombreux, on en cite à titre d'exemple d'après Mujahid: les sources d'eau qui jaillissaient du rocher, la descente de la manne et les cailles et leur sauvegarde de l'asservissement de Pharaon. Quant à Abu Al-'Aliya, il a dit que Dieu a suscité parmi eux les Prophètes et Messagers, et leur a révélé des Livres. L'auteur de cet ouvrage a trouvé dans ce verset l'ensemble de ces bienfaits quand Moïse a dit à son peuple: (O mon peuple! rappelez-vous la bienfait de Dieu sur vous lorsqu'Il a désigné parmi vous des Prophètes! Et Il a fait de vous des rois. Et Il vous a donné ce qu'Il n'avait donné à nul de par les mondes) [Coran V, 20] c'est à dire à leur époque. En interprétant ce verset: (Tenez vos engagements vis-à-vis de Moi si vous voulez que Je tienne les miens) Ibn Abbas a dit: «Tenez vos engagements en croyant en Muhammad -qu'Allah le bénisse et le salue- et en son message, en ôtant les liens et les carcans qui pesaient sur vos cous qui n'étaient autres que les péchés que vous avez perpétrés». Mais Al-Hassan Al-Basri a dit qu'on trouve ces engagements dans cet verset: (Dieu a contracté une alliance avec les fils d'Israël et nous avons suscité douze chefs parmi eux. Dieu a dit: «Moi, en vérité, Je suis avec vous: Si vous vous acquittez de la prière, si vous faites l'aumône, si vous croyez en Mes Prophètes et si vous les assistez, si vous faites à Dieu un beau prêt. J'effacerai alors vos mauvaises actions et Je vous introduirai dans des Jardins où coulent les ruisseaux» [Coran V, 12]. D'autres exégètes ont dit: «Il s'agit de l'engagement mentionné dans la Tora que Dieu allait susciter parmi les fils d'Israël un Prophète -qui n'est autre que Muhammad- que tout le monde croira en lui et en son Message. Quiconque l'aura suivi, entrera au Paradis et aura une double récompense». Dieu a dit: (Et surtout redoutez-Moi). Ibn Abbas a commenté cela en disant: «Rappelez-vous des châtiments que J'ai infligés à vos ancêtres, en les transformant en singes par exemple» Dieu les exhortait et les menaçait en même temps afin de reconnaître la vérité, de croire le Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue-, de tirer des leçons du Coran, de mettre ses prescriptions en pratique et de tenir pour vrai tout ce qu'il a apporté. Et c'est Dieu qui dirige qui Il veut vers le chemin droit. Et croyez ce que J'ai révélé, confirmant ce que vous avez déjà reçu de la Tora et de l'Evangile, car vous y trouverez la mention de Muhammad -qu'Allah le bénisse et le salue-. Quant à ces dires de Dieu: (Ne soyez pas les premiers à le renier) et d'après les interprétations presque analogues des ulémas, il s'agit du Coran et aussi de la prophétie de Muhammad. Un ordre divin qui a été adressé aux juifs de Médine, bien que d'autres parmi les impies de Quraych avaient mécru. Il faut entendre par «les premiers» les premiers juifs de Médine, car cet ordre a été adressé, en général, à toute la communauté juive. (N'échangez pas mes enseignements contre un vil espoir monnayable) Ce verset signifie qu'il ne faut pas troquer les signes de Dieu contre un vil prix, c'est à dire ce bas monde et ce qu'il contient comme jouissance éphémère. D'autres ont dit: «Dieu s'est adressé aux juifs en leur ordonnant de ne plus préférer leur suprématie à leur devoir en s'abstenant de répandre leur science parmi les autres, mais plutôt ils doivent divulguer les enseignements sans les dissimuler en les troquant à un vil prix, car ce bas monde n'est qu'un séjour temporaire». À ce propos, Abu Hurayra -que Dieu l'agrée- a rapporté que le Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit: «Quiconque apprend une science dans le but d'acquérir les biens de ce bas monde sans y rechercher la satisfaction de Dieu, ne sentira jamais l'odeur du Paradis au jour de la résurrection» (Rapporté par Abu Dawud). Au sujet de l'enseignement de la science, on a dit que celui qui est apte à le faire, ne doit pas prendre un salaire et il peut recevoir du trésor publique ce dont il a besoin pour sa subsistance, si ce n'est pas le cas, il peut alors prendre un salaire. Telle était l'opinion de la majorité des ulémas en se référant à l'histoire de l'homme qui a exorcisé un autre piqué par une scorpion, en récitant des versets coraniques. Car le Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- ayant eu vent de cet événement a dit: «Le salaire le plus justifié est celui que vous prenez pour le Livre de Dieu» (Rapporté par Bukhari). Dieu enfin les exhorte à le craindre en se soumettant à ses ordres, en ambitionnant sa miséricorde, en s'abstenant de ses interdictions et en redoutant Son châtiment.
Verset 41
Ibn Abbas a dit qu'Israël signifie le serviteur de Dieu, et il a rapporté ce hadith: «Un groupe de Juifs vinrent trouver le Messager de Dieu, il leur demanda: «Savez-vous que Jacob est Israël?» Oui, répondirent-ils - Et lui de répliquer: «Mon Dieu, sois témoin!». Les bienfaits que Dieu avait accordés aux fils d'Israël étaient nombreux, on en cite à titre d'exemple d'après Moujahed: les sources d'eau qui jaillissaient du rocher, la descente de la manne et les cailles et leur sauvegarde de l'asservissement de Pharaon. Quant à Abou-Al-'Alia, il a dit que Dieu a suscité parmi eux les Prophètes et Messagers, et leur a révélé des Livres. L'auteur de cet ouvrage a trouvé dans ce verset l'ensemble de ces bienfaits quand Moïse a dit à son peuple: (O mon peuple! rappelez-vous le bienfait de Dieu sur vous lorsqu'Il a désigné parmi vous des Prophètes! Et Il a fait de vous des rois. Et Il vous a donné ce qu'Il n'avait donné à nul de par les mondes) [Coran V, 20] c'est à dire à leur époque. En interprétant ce verset: (Tenez vos engagements vis-à-vis de Moi si vous voulez que Je tienne les miens) Ibn Abbas a dit: «Tenez vos engagements en croyant en Mouhammad -qu'Allah le bénisse et le salue- et en son message, en ôtant les liens et les carcans qui pesaient sur vos cous qui n'étaient autres que les péchés que vous avez perpétrés». Mais Al-Hassan Al-Basri a dit qu'on trouve ces engagements dans ce verset: (Dieu a contracté une alliance avec les fils d'Israël et nous avons suscité douze chefs parmi eux. Dieu a dit: «Moi, en vérité, Je suis avec vous: Si vous vous acquittez de la prière, si vous faites l'aumône, si vous croyez en Mes Prophètes et si vous les assistez, si vous faites à Dieu un beau prêt. J'effacerai alors vos mauvaises actions et Je vous introduirai dans des Jardins où coulent les ruisseaux» [Coran V, 12]. D'autres exégètes ont dit: «Il s'agit de l'engagement mentionné dans la Tora que Dieu allait susciter parmi les fils d'Israël un Prophète - qui n'est autre que Mouhammad - que tout le monde croira en lui et en son Message. Quiconque l'aura suivi, entrera au Paradis et aura une double récompense». Dieu a dit: (Et surtout redoutez-Moi). Ibn Abbas a commenté cela en disant: «Rappelez-vous des châtiments que J'ai infligés à vos ancêtres, en les transformant en singes par exemple» Dieu les exhortait et les menaçait en même temps afin de reconnaître la vérité, de croire le Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue-, de tirer des leçons du Coran, de mettre ses prescriptions en pratique et de tenir pour vrai tout ce qu'il a apporté. Et c'est Dieu qui dirige qui Il veut vers le chemin droit. Et croyez à ce que J'ai révélé, confirmant ce que vous avez déjà reçu de la Tora et de l'Evangile, car vous y trouverez la mention de Mouhammad -qu'Allah le bénisse et le salue-. Quant à ces paroles de Dieu: (Ne soyez pas les premiers à le renier) et d'après les interprétations presque analogues des oulémas, il s'agit du Coran et aussi de la prophétie de Mouhammad. Un ordre divin qui a été adressé aux juifs de Médine, bien que d'autres parmi les impies de Qoraïch avaient mécru. Il faut entendre par «les premiers» les premiers juifs de Médine, car cet ordre a été adressé, en général, à toute la communauté juive. (N'échangez pas mes enseignements contre un vil espoir monnayable) Ce verset signifie qu'il ne faut pas troquer les signes de Dieu contre un vil prix, c'est à dire ce bas monde et ce qu'il contient comme jouissance éphémère. D'autres ont dit: «Dieu s'est adressé aux juifs en leur ordonnant de ne plus préférer leur suprématie à leur devoir en s'abstenant de répandre leur science parmi les autres, mais plutôt ils doivent divulguer les enseignements sans les dissimuler en les troquant à un vil prix, car ce bas monde n'est qu'un séjour temporaire». A ce propos, Abou Houraira -que Dieu l'agrée- a rapporté que le Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit: «Quiconque apprend une science dans le but d'acquérir les biens de ce bas monde sans y rechercher la satisfaction de Dieu, ne sentira jamais l'odeur du Paradis au jour de la résurrection» (Rapporté par Abou Daoud). Au sujet de l'enseignement de la science, on a dit que celui qui est apte à le faire, ne doit pas prendre un salaire et il peut recevoir du trésor public ce dont il a besoin pour sa subsistance, si ce n'est pas le cas, il peut alors prendre un salaire. Telle était l'opinion de la majorité des oulémas en se référant à l'histoire de l'homme qui a exorcisé un autre piqué par un scorpion, en récitant des versets coraniques. Car le Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- ayant eu vent de cet événement a dit: «Le salaire le plus justifié est celui que vous prenez pour le Livre de Dieu» (Rapporté par Boukhari). Dieu enfin les exhorte à le craindre en se soumettant à ses ordres, en ambitionnant sa miséricorde, en s'abstenant de ses interdictions et en redoutant Son châtiment.
Verset 42
Le premier renferme un ordre double imposé aux Juifs: l'interdiction de dissimuler la vérité en la revêtant du mensonge, et l'interdiction de cacher la vérité alors qu'ils la connaissent bien. Les interprétations faites par Ibn Abbas et Abou Al-'Alia se trouvent dans le commentaire du verset, quant à Qatada, il a dit: «Ne dissimulez pas l'islam en le revêtant du judaïsme et du christianisme alors que vous savez que l'islam est la religion de Dieu, quant aux autres, elles ne sont que des innovations qui ne sont plus instituées par Dieu». Car juifs et chrétiens savent bien la venue du Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- qui est mentionnée dans leurs Livres (non altérés), étant donné que par la dissimulation de cette religion, ils égareraient beaucoup d'hommes et les guideraient vers l'Enfer. En plus d'après Mouqatel, ils ont été ordonnés de faire la prière avec le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- et de lui verser la zakat de leurs biens, bref, de se convertir tous.
Verset 43
D'après Mouqatel, ils ont été ordonnés de faire la prière avec le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- et de lui verser la zakat de leurs biens, bref, de se convertir tous.
Verset 44
Une question accompagnée d'une réprimande: «Ô gens du Livre! Comment commandez-vous aux autres les actes de piété et de charité et vous oubliez vous-mêmes de les faire et pourtant vous lisez le Livre et vous savez bien quelle sera la mauvaise fin de ceux qui s'abstiendront? Ne savez-vous pas ce que vous faites de vous-mêmes? N'est-il pas temps de vous éveiller de votre inattention?» Telle est l'explication qu'a donnée Qatada à ce verset, et il a ajouté: «Les fils d'Israël recommandaient aux hommes de faire les œuvres pies mais ils ne les pratiquaient pas». Quant à Ibn Abbas, il a dit: «Ils interdisaient aux hommes l'incrédulité en se basant sur ce qui se trouve mentionné dans la Tora -le Pentateuque- relatif à la prophétie et à l'engagement pris vis-à-vis du Seigneur de croire en Mouhammad et en Son Message». Abdul Rahman Ben Aslam a dit: «Quand un homme allait demander une chose aux juifs dont il n'en avait pas le droit ou bien sans leur faire un pot de vin, ils lui recommandaient de ne réclamer que ce qui lui était dû. Dieu, par ce verset les réprimande à cause de leur agissement, attirant leur attention sur l'erreur qu'ils commettaient en recommandant aux autres de faire les actes de charité alors qu'eux ne les faisaient pas. Dieu les blâme pour leur négligence de faire le bien en le recommandant aux autres, car le devoir exige de pratiquer ces œuvres pies sans se contenter de les commander aux hommes, tout comme Chou'aib disait à son peuple: (Je ne cherche pas à vous contredire lorsque je vous défends quelque chose; je veux seulement vous réformer autant que je le puis) [Coran XI, 88]. Il incombe donc à tout savant d'ordonner aux autres de faire les actes de charité même s'il ne les fait pas lui-même, et d'interdire ce qui est blâmable même s'il le fait. Sa'id Ben Joubair a dit à ce propos: «Si l'homme n'ordonnait pas le bien et n'interdisait pas le répréhensible afin que l'un et l'autre ne se produise pas, nul n'aurait ordonné un acte de bien ou défendu un acte répréhensible». Dans ces conditions, il est blâmable de négliger les prescriptions et de commettre les péchés en pratiquant cela sciemment car ils ne sont pas égaux ceux qui savent et les ignorants. Le Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit à ce propos: «Un savant qui recommande aux autres les actes de charité et ne les pratique pas, est pareil à un cierge qui fournit la lumière et brûle lui-même» (Rapporté par Tabarani). Il a dit aussi: «La nuit où je fis le voyage nocturne, je passai par des gens à qui on coupait les lèvres à l'aide de ciseaux en feu, je demandai: «Qui sont ces gens-là?» On me répondit: «Ils sont les sermonneurs de ta communauté qui, dans le bas monde, commandaient aux hommes la charité en s'oubliant eux-mêmes alors qu'ils récitaient le Coran ne comprennent-ils pas?» (Rapporté par Ahmed d'après Anas). Le Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit également: «Au jour de la résurrection, on amènera l'homme, on le précipitera dans le Feu, ses entrailles sortiront de son ventre et il tournera comme l'âne à la meule. Les réprouvés de l'Enfer se réuniront autour de lui et lui diront: «Qu'as-tu donc? N'ordonnais-tu pas de faire le bien et d'éviter le répréhensible?» «C'était oui, répondra-t-il, j'ordonnais aux gens de faire le bien et je ne le faisais pas, et je leur interdisais le répréhensible et je le faisais moi-même» (Rapporté par Boukhari, Mouslim et Ahmed). Il a été rapporté dans les traditions qu'on pardonne à l'ignorant soixante-dix fois et au savant une seule fois, car Dieu a dit à ce propos: (Dis «Est-ce qu'ils sont égaux, ceux qui savent et ceux qui ne savent pas?». Rien d'autre: se rappellent les doués d'intelligence) [Coran XXXIX, 9]. On a rapporté que le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit: «Des élus du Paradis, voyant certains des damnés du Feu, leur demanderont: «Pourquoi êtes-vous précipités dans l'Enfer?» Par Dieu nous ne sommes au Paradis que grâce à ce que nous avons appris de vous». Ils leur répondront: «Nous enseignions ce dont nous ne faisions pas» (Rapporté par Ibn Assakir)». Un homme vint trouver Ibn Abbas et lui dit: «Je veux ordonner aux hommes de faire le bien et de défendre le répréhensible» - Il lui demanda: «L'as-tu fait?» - Non, répliqua l'homme. Ibn Abbas rétorqua: «Va-t-y si tu arrives à ne plus être démasqué par trois versets du Livre de Dieu?» - Lesquels, demanda-t-il. Et Ibn Abbas de dire: «Dieu a dit: (Commanderez-vous aux hommes la charité alors que, vous-mêmes, vous l'oubliez?) L'as-tu mis en exécution?» - Non, répondit l'homme. Ibn Abbas reprit: «Dieu a dit aussi: (Pourquoi dites-vous ce que vous ne faites pas?). Dire ce que vous ne faites pas est grandement haïssable auprès de Dieu) [Coran LXI, 2-3] - L'as-tu mis en pratique?» - Non, dit l'homme. Et Ibn Abbas de terminer: «Le troisième est la parole du serviteur vertueux, le Prophète Chou'aib à son peuple: (Je ne veux pas aller faire le contraire de ce que je vous interdis, je ne veux que la réforme autant que je le puis) [Coran XI, 88]. As-tu suivi ce verset?» - Non, dit l'homme - Commence alors par toi-même, conclut Ibn Abbas.
Verset 45
A ceux qui aspirent à l'obtention des biens de ce bas monde et de l'au-delà, Dieu ordonne de chercher secours dans l'endurance et la prière. En interprétant ce verset, Mouqatel a dit: «Pour acquérir les biens de la vie future, demandez l'aide de la patience à s'acquitter de la prière et des autres obligations dont le jeûne en fait partie. C'est pourquoi, d'après Al-Qourtoubi, on donne au mois de Ramadan le nom: «Le mois de la patience», ainsi selon ce hadith prophétique: «Le jeûne constitue la moitié de l'endurance». On a dit aussi qu'il s'agit de s'abstenir à commettre les péchés en observant les prescriptions dont la prière est la plus considérée. Omar Ben Al-Khattab -que Dieu l'agrée- a dit: «La patience est de deux sortes: La première est l'endurance des malheurs, et la deuxième, qui est la meilleure, l'abstention de commettre tout ce que Dieu a interdit». A savoir que la prière passe à être la meilleure preuve de l'endurance selon ce verset: (Acquitte-toi de la prière, car la prière éloigne l'homme de la turpitude et des actions blâmables) [Coran XXIX, 45]. C'est pourquoi l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- recourait à la prière quand une certaine affaire importante le tracassait. Ali Ben Abi Taleb a raconté à cet égard: «La veille de la bataille de Badr, tous les hommes dormaient à l'exception de l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- qui priait et invoquait Dieu jusqu'au matin». On a rapporté également: Étant en voyage, on informa Ibn Abbas de la mort de son frère. Il dit: «Nous sommes à Dieu et c'est à Lui que nous retournons». Puis il se rangea sur le côté de la route et descendit de sa monture et fit une prière de deux rak'ats où il allongea la prosternation. Il se leva ensuite pour enfourcher sa monture en récitant: «Cherchez aide dans la patience et dans la prière. Sans doute la prière est une lourde obligation, mais pas pour les humbles». En d'autre part, on a interprété la patience comme étant l'endurance elle-même, en se basant sur ce verset: (Mais cela n'est offert qu'à ceux qui sont patients; cela n'est offert qu'à celui qui possède déjà un don incommensurable) [Coran XLI, 35]. Quant au terme: «Une lourde obligation mais pas pour les humbles», on peut rassembler les opinions des interprétateurs en disant qu'il s'agit de vrais croyants, des humbles, de ceux qui redoutent les menaces de Dieu et Son châtiment et de ceux qui se soumettent exclusivement aux ordres de Dieu.
Verset 46
Ce verset complète le verset précédent et il s'agit sans doute de ceux qui s'acquittent de la prière, croient au jour où ils seront rassemblés et présentés devant le Seigneur, confient toutes leurs affaires à Dieu en se soumettant à Sa volonté qui les jugera équitablement. Étant sûrs du rassemblement, du jugement et de la rétribution, ils ont trouvé facile l'accomplissement de leur devoir et l'abstention des interdictions. Il a été rapporté dans le Sahih: «Au jour de la résurrection, Dieu dira à l'homme: «Ne t'ai-Je pas donné une femme? Ne t'ai-je pas honoré? N'ai-je pas mis à ton service les chevaux, les chameaux en te donnant le pouvoir?» - Il répondra: «Certes oui» Dieu poursuivra: «Croyais-tu à Ma rencontre?» - Non, répliquera l'homme. - Aujourd'hui, rétorquera Dieu, je t'oublie comme tu m'as oublié».
Verset 47
Dieu fait rappeler aux fils d'Israël les bienfaits qu'Il leur a accordés ainsi qu'à leurs ancêtres, en leur envoyant les messagers parmi eux et en faisant descendre sur eux les livres comme aux autres peuples de leurs époques en les préférant à ces derniers selon ce verset: (Nous les avons choisis, sciemment, parmi les peuples de l'univers) [Coran XLIV,32] ainsi que ce verset: «Il vous a accordé ce qu'Il n'avait donné à nul autre parmi les mondes» [Coran V, 20]. En commentant cette partie du verset: «en vous donnant le pas sur tous les autres peuples», Abou Al-'Alia a dit: «Il s'agit des autres peuples qui vivaient à leur époque, car à chaque époque il y a un peuple qui est préféré à un autre comme Il a dit en parlant des musulmans: «Vous formez la meilleure communauté suscitée parmi les hommes» [Coran III, 110]. Le Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit à cet égard en s'adressant aux fidèles: «Vous complétez la soixante-dixième communauté parmi les autres dont vous êtes la meilleure et la plus noble auprès de Dieu» (Rapporté par les auteurs des sunans). On a dit également que les fils d'Israël étaient préférés aux autres de leurs époques à cause du grand nombre des Prophètes qui leur étaient envoyés, à savoir qu'Abraham le Confident de Dieu prévalait sur leurs Prophètes avant eux, et Mouhammad était le meilleur après eux voire de toutes les créatures car il est le maître des fils d'Adam dans le bas monde et dans l'autre.
Verset 48
En leur rappelant Ses bienfaits, Dieu menace les fils d'Israël de Son châtiment au jour de la résurrection où nulle âme ne suffira en quoi que ce soit à une autre, comme Il a dit: «Ce jour-là chaque homme suffira à ce qui le concerne» [Coran LXXX, 37] et: «Redoutez un jour où un père ne pourra pas satisfaire pour son fils, ni un enfant satisfaire pour son père» [Coran XXXI, 33]. Telle sera la situation critique du jour du compte final où nul ne pourra intercéder en faveur d'un autre, surtout les incrédules où (La médiation des intercesseurs leur sera inutile) [Coran LXXIV, 48]. Ce jour-là l'on ne recevra de chaque âme aucune compensation comme Dieu l'a dit dans ces versets: - Si les incrédules possédaient tout ce qui se trouve sur la terre, et même le double et s'ils l'offraient en rançon pour éviter le châtiment du jour de la résurrection, on ne l'accepterait pas de leur part) [Coran V, 36]. - (Quelle que soit la compensation qu'ils offriraient, elle ne serait pas acceptée) [Coran VI, 70]. - (Aujourd'hui, on n'acceptera point de rançon, ni de vous, ni des incrédules) [Coran LVII, 15]. Dieu fait connaître à Son Prophète que si les juifs ne croient pas en lui et ne le suivent pas, ils viendront le jour du rassemblement tels quels, incrédules et insoumis, où aucune parenté ne leur sera utile, aucune intercession ne leur servira à rien et nulle rançon de leur part ne sera acceptée. En ce jour-là (Il n'y aura plus ni rachat, ni amitié). En conséquence de l'obstination et de la mécréance des fils d'Israël, nul ne leur portera secours et nul ne pourra les délivrer du châtiment du Feu. Chacun sera jugé selon ses propres œuvres, tout individu sera l'otage de ce qu'il s'est acquis, donc il lui sera inutile tout secours, tout rachat et toute intercession, son sort sera tel que Dieu le montre dans ce verset: (Ce jour-là, nul ne châtiera comme Dieu châtie, et nul ne chargera personne de chaînes comme Il le fait) [Coran LXXXIX, 24-25]. Au jour du compte final, la décision dépendra de Dieu le Tout-Puissant et l'Équitable où aucune intercession ne sera acceptée, Il châtiera l'individu pour chaque péché qu'il avait commis, quant à la bonne action, Il lui en décuplera la récompense.
Verset 49
Dieu rappelle aux fils d'Israël de se souvenir des faveurs divines: Il les a délivrés des gens de Pharaon qui leur infligeaient les pires châtiments, en les sauvant avec Moïse -que Dieu le salue- Ces tourments leur étaient appliqués à cause d'un mauvais rêve qu'a fait Pharaon et qui l'a effrayé. Il a vu un feu qui sortit de Jérusalem, pénétra toutes les maisons de Coptes pour les brûler et épargna celles des fils d'Israël. Demandant l'interprétation de ce rêve, on lui dit que la disparition de son royaume sera réalisée par les mains d'un des fils d'Israël. Par la suite, il ordonna de tuer tous leurs nouveaux-nés et de laisser vivre leurs filles. Il assujettit les mâles parmi les fils d'Israël aux durs travaux. Nous allons parler de tout cela en détail dans l'interprétation de la sourate «Du récit» [Coran XXVIII]. Pharaon était un nom donné à tous les rois de l'Égypte. Quant à celui qui vivait du temps de Moïse -que Dieu le salue- il s'appelait Al-Walîd Ben Mess'ab Ben Al-Rayân, un des descendants des puissants «Al-'Amâliq». Son surnom était Abou Mourra dont l'origine était persane.
Verset 50
En ce jour-là, Dieu avait fendu la mer de sorte que chaque partie paraissait comme une grande montagne, Moïse y traversa accompagné des fils d'Israël. Quant à Pharaon et son armée, ils furent engloutis sous les yeux de ces derniers afin que cet événement leur soit une consolation et un aspect de l'humiliation de leurs ennemis. On a dit que ce jour était celui de «'Achoura'» comme il a été rapporté dans ce hadith d'après Ibn Abbas: «Arrivé à Médine, l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- trouva les juifs jeûner ce jour. Il leur demanda à son sujet, et ils lui répondirent: «C'est un jour sacré où Dieu nous a sauvés de notre ennemi. Et comme Moïse le jeûnait, nous faisons de même». Et le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- de répliquer: «J'en ai plus de droit que Moïse pour le jeûner». Il le jeûna et ordonna aux fidèles de le jeûner également.
Verset 51
Une autre faveur de Dieu, était le pardon qu'Il leur a accordé après avoir adoré le veau pendant l'absence de Moïse qui est allé à la rencontre de son Seigneur au mont de Sinaï, où Dieu lui donna le Livre et la loi, c'est à dire les commandements. Nous allons parler de cela dans l'interprétation de la sourate "Al-A'raf".
Verset 52
Une autre faveur de Dieu, était le pardon qu'Il leur a accordé après avoir adoré le veau pendant l'absence de Moïse qui est allé à la rencontre de son Seigneur au mont de Sinaï, où Dieu lui donna le Livre et la loi, c'est à dire les commandements.
Verset 53
Moïse dit à son peuple: "Vous vous êtes nui à vous-mêmes en prenant le veau pour idole. Revenez à votre Créateur en commençant par vous mortifier. Il vous saura gré d'une telle attitude" Effectivement Allah leur pardonna. Lui si plein de mansuétude et de miséricorde.
Verset 54
Moïse dit à son peuple: "Vous vous êtes nui à vous-mêmes en prenant le veau pour idole. Revenez à votre Créateur en commençant par vous mortifier. Il vous saura gré d'une telle attitude" Effectivement Allah leur pardonna. Lui si plein de mansuétude et de miséricorde. On peut présenter cet événement, en résumé, d'après les exégètes tels Ibn Abbas, Al-Souddy et autres, comme suit: "En retournant vers son peuple et constatant que certains parmi eux ont adoré le veau, Moïse exécuta l'ordre divin en ordonnant aux fils d'Israël de se mortifier. Ayant séparé ceux qui avaient adoré le veau de ceux qui étaient restés fidèles, il donna l'ordre à ces derniers de tuer les premiers. Ils prirent les poignards alors qu'une intense obscurité enveloppait tout le monde, et chacun tua l'autre. Une fois cette obscurité dissipée, on compta soixante-dix mille victimes. Moïse et Aaron invoquèrent Dieu afin qu'Il épargne ceux qui restaient en vie. Sinon, tous les fils d'Israël seraient exterminés. Alors Dieu leur ordonna de rendre les armes et Il revint vers tous les hommes tant à ceux qui avaient tué qu'aux victimes qui étaient considérées en tant que martyrs. Voilà comment Dieu a accordé son repentir aux fils d'Israël, car Il est miséricordieux."
Verset 55
Lorsque vous dites: "O Moïse, nous ne croirons à ta mission que le jour où nous verrons Allah face à face". Vous vîtes la foudre fondre sur vous et vous terrasser. Al-Rabi' Ben Anas a dit que cette demande était faite par les soixante-dix hommes que Moïse a choisis pour l'accompagner au rendez-vous. Ayant entendu la conversation menée entre Moïse et son Seigneur, ils s'écrièrent: "Nous ne te croirons que si nous voyons Dieu face à face" Mais ils entendirent à la suite une voix qui les foudroya et ils moururent. Moïse pleura et implora Dieu par ces mots: "Mon Dieu, comment pourrai-je retourner à mon peuple alors que Tu as fait périr les élites? Si Tu l'avais voulu, Tu les aurais déjà fait périr et moi avec eux. Nous feras-Tu périr pour les mauvaises actions commises par ceux des nôtres qui sont insensés?" Dieu révéla alors à Moïse que ces soixante-dix hommes étaient parmi ceux qui avaient adoré le veau. Puis Dieu les ressuscita, ils se levèrent en regardant les uns les autres s'étonnant comment ils furent ramenés à la vie.
Verset 56
Nous vous ressuscitâmes après votre mort pour nous attirer votre reconnaissance. Dieu s'adressa aux fils d'Israël: "Souvenez-vous aussi de Ma faveur quand Je vous ai redonné la vie après votre mort causée par la foudre, mais vous avez demandé une chose que nul autre que vous n'a demandée, de me voir clairement". Une fois ces commandements donnés, le nuage s'écarta et Moïse revint aux hommes qui s'écrièrent: "Nous ne te croirons que si nous voyons Dieu face à face". Une foudre s'abattit sur eux et les fit périr; et Moïse ne cessa d'invoquer Dieu jusqu'à ce qu'ils furent ramenés à la vie.
Verset 57
Dieu rappela aux fils d'Israël Son pardon lors de l'événement susmentionné, puis une fois se trouvant au désert de Sinaï, Il leur envoya un nuage qui les ombragea contre la chaleur torride. Pour les gratifier aussi de ses faveurs, Il fit descendre vers eux la manne. À ce propos, Ibn Abbas a dit que cette manne descendit sur les arbres, et les fils d'Israël vinrent de bon matin pour en prendre et manger à discrétion. Quant à Al-Souddy, il a raconté: "Les fils d'Israël demandèrent à Moïse: 'De quoi peut-on subsister alors que nous sommes dans ce désert? Où est la nourriture?' Dieu fit descendre la manne sur les arbres du gingembre d'où ils purent la cueillir". Qatada, de sa part, a dit que la manne descendait vers eux comme des flocons de neige, elle était plus blanche que la neige et plus douce que le miel, et c'était entre l'apparition de l'aube et le lever du Soleil. Chacun d'eux en prenait pour toute la journée. Quant à la caille, elle est une sorte de grive. Et selon Qatada, le vent sud-ouest amenait les cailles vers les fils d'Israël, et chacun d'eux en prenait pour son besoin quotidien, mais s'il en prenait en plus, et une fois la caille égorgée et laissée pour le lendemain, elle pourrissait.
Verset 58
Dieu les blâma pour avoir refusé de combattre en pénétrant dans la Terre Sainte. Car quand ils quittèrent l'Égypte en compagnie de Moïse, ils furent ordonnés de pénétrer dans la Terre sainte qui constituait un héritage de leur ancêtre Israël (Jacob), et de livrer bataille aux peuples puissants (Al-Amaliq) qui l'habitaient. Mais ils refusèrent de combattre, s'affaiblirent et regrettèrent leur sortie de l'Égypte. Dieu alors les jeta dans le désert comme punition, comme nous allons en parler en interprétant la sourate: "La Table servie" [Coran V]. Certains ont dit qu'il s'agit du temple sacré à Jérusalem, d'autres ont dit que c'était plutôt Jéricho (Ariha). Il s'avère que la première est la plus correcte, car après l'écoulement de leur période d'errance dans le désert (40 ans), ils la quittèrent en compagnie de Youcha' Ben Noun -que Dieu le salue-. Quand ils conquirent la ville, ils furent ordonnés d'entrer par sa porte en se prosternant en guise de reconnaissance envers Dieu qui les a comblés de Ses faveurs en leur accordant la victoire, en les rendant leur propre pays et en les sauvant de leur égarement et leur errance dans le désert. Au lieu d'y pénétrer, et d'après Abdullah Ben Massoud, en se prosternant, ils entrèrent la tête haute et immobile en désobéissant aux ordres divins.
Verset 59
Mais ceux qui étaient injustes changèrent en une autre la parole qui leur était dite: "On ordonna aux fils d'Israël d'entrer par la porte en se prosternant et demandant la rémission de leurs péchés. Ils y pénétrèrent en se traînant sur leurs derrières en disant: 'Une graine dans un cheveu'". Un tel agissement, comme disaient les ulémas, était un acte abominable de leur insoumission en actes et paroles: au lieu de se prosterner, ils entrèrent en se traînant sur leurs derrières. Et au lieu de demander la rémission de leurs péchés, ils y pénétrèrent en disant: "Une graine dans un cheveu".
Verset 60
Dieu rappelle toujours aux juifs Ses faveurs, et cette fois quand Il exauça Moïse qui Lui demanda de l'eau pour désaltérer son peuple dans le désert, après qu'Il leur ait accordé la manne et les cailles comme nourriture. Ibn Abbas dit à ce sujet: "Les fils d'Israël avaient toujours un petit rocher en forme carrée. Dieu ordonna à Moïse de frapper ce rocher avec son bâton et douze sources jaillirent, trois de chaque côté, en désignant à chaque tribu parmi les douze, d'où elle devait puiser de l'eau pour boire." On a dit aussi que c'était la pierre sur laquelle Moïse posait ses habits quand il se lavait. Gabriel lui dit que cette pierre possède un certain pouvoir et serait un des miracles de Moïse qui la mit dans sa musette.
Verset 61
Les fils d'Israël, ne pouvant se contenter d'une seule sorte de nourriture, et pourtant ils vivaient dans l'aisance, demandèrent à Moïse d'invoquer Dieu afin qu'Il fasse pousser de la terre de légumes et condiments différents en échange de la manne et des cailles. Certains des ulémas ont interprété le mot arabe « قثاء » comme étant le froment ou tout autre genre de grains qui sert à fabriquer le pain, au lieu de l'ail « ثوم ». Il leur répondit en les réprimandant et les blâmant: «Échangez-vous ce qui est bon contre ce qui est vil? Descendez en ville et vous y trouverez ce que vous demandez» Leur demande était sans doute un manque de reconnaissance. Ils furent frappés par l'humiliation et la pauvreté, et s'acquirent une colère de Dieu, à cause de leur insoumission et leur reniement de la vérité. En plus, ils mécrurent aux signes de Dieu et tuèrent injustement ses Prophètes. Abdullah Ben Mas'oud a dit à cet égard que les fils d'Israël tuaient trois cents Prophètes, puis ils se livraient à la vente de leurs légumes à la fin de la journée. Il a rapporté aussi que le Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit: «Ceux qui subiront le châtiment le plus douloureux au jour de la résurrection: un homme qui tue un Prophète ou tué par un Prophète, un homme qui appelle les gens à un égarement et un homme qui défigure sa victime» (Rapporté par Ahmad). Ils méritèrent donc ces punitions parce qu'ils désobéissaient aux ordres de Dieu en commettant les interdictions, et parce qu'ils étaient transgresseurs en dépassant tout ce que leur était permis.
Verset 62
Après avoir montré la fin des insoumis, ceux qui commettent les interdictions en transgressant les ordres, Dieu fait connaître aux hommes que la belle récompense est réservée à ceux, parmi les générations précédentes, qui étaient soumis, ainsi qu'à ceux qui suivent le Prophète illettré, jusqu'au jour de la résurrection. Ceux-là sont les amis de Dieu qui n'éprouveront plus aucune crainte et ne seront pas affligés. Salman a dit: «Je demandai au Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- au sujet des gens qui pratiquaient d'autres religions en lui racontant comment étaient leurs prières et leurs adorations. C'est à cette occasion que fut révélé ce verset: (Certes, les juifs, les chrétiens, les sabéens, c'est-à-dire ceux qui croient en Allah et au jour dernier...). Al-Souddy a dit: «Ce verset a été révélé au sujet des compagnons de Salman Al-Farissi qui s'entretenait avec le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue-. Il lui racontait que ces gens-là priaient, jeûnaient, croyaient au Prophète, et témoignaient qu'il serait envoyé en tant que Prophète. Il lui répondit: «O Salman! Ceux-là seront les habitants de l'Enfer» Salman éprouva alors une certaine peine à leur sujet, Dieu à ce moment fit descendre ce verset, en affirmant que les juifs qui s'attachaient à la Torah et à la sunna de Moïse -que Dieu le salue- jusqu'à la venue de Jésus, seraient considérés en tant que croyants. Après la venue de Jésus -que Dieu le salue- ceux qui suivaient toujours la Torah et la sunna de Moïse sans laisser ni l'une ni l'autre et ne croyaient pas en Jésus, ils seraient des perdants. Ainsi ceux qui suivaient Jésus, s'attachaient à l'Évangile et pratiquaient les lois de Jésus, seraient considérés en tant que croyants avant la venue de Muhammad -qu'Allah le bénisse et le salue-. Mais ceux qui persévéraient dans leur ancien culte sans le laisser pour suivre Muhammad, ceux-là seraient aussi des perdants. Ibn Abbas a approuvé les dires précités en ajoutant que Dieu, en confirmation, a révélé: {Le culte de celui qui recherche une religion en dehors de l'Islam n'est pas accepté. Cet homme sera, dans la vie future, au nombre de ceux qui ont tout perdu} [Coran III, 85]. Après que Dieu ait envoyé Muhammad -qu'Allah le bénisse et le salue- à tous les hommes sans distinction, il était donc du devoir de chacun d'eux de croire en lui et en son message et de laisser toute autre religion même s'il se conformait aux prescriptions de son propre Livre, car l'Islam abroge toutes les autres religions. Quant aux Sabéens, plusieurs opinions ont été dites à leur sujet: D'après Mujahid: ils sont les Mages, les juifs et les chrétiens qui ne suivaient aucune religion. Abou Al-'Alia et Ad-Dahak ont dit qu'ils sont une partie des gens du Livre qui lisaient les psaumes. D'après Abou Ja'far Al-Razi: ils sont des gens qui adoraient les anges, lisaient les psaumes et faisaient la prière en s'orientant vers la Qibla. D'après Wahab Ben Munabbah: ce sont des gens qui croyaient en Dieu, n'avaient pas une religion à suivre et ne commettaient aucun acte d'incrédulité. D'après Abdul Rahman Ben Zayd: ils sont des gens qui suivaient une certaine religion, vivaient au Mossoul, témoignaient qu'il n'y a d'autre divinité que Dieu, n'avaient ni Livre ni Prophète et se contentaient du témoignage de l'unicité de Dieu, c'est pourquoi les polythéistes disaient au Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- et à ses compagnons: «Ces Sabéens nous ressemblent». D'après d'autres, ils étaient des gens monothéistes qui croyaient aux astres et les adoraient, considérant que ces astres créés par Dieu devaient être leur qibla dans leur prière. L'opinion la plus correcte consiste à dire qu'ils étaient des gens qui ne suivaient aucune religion, n'avaient pas un Livre ni un Prophète et étaient dirigés par leur innéité.
Verset 63
Dieu fait rappeler aux fils d'Israël les pactes et engagements pris de leur part vis-à-vis de Lui, de croire en Lui seul comme Dieu Unique sans rien Lui associer et de suivre Ses Messagers. S'étant engagés, Dieu éleva le mont au-dessus de leurs têtes pour maintenir et respecter leurs engagements avec fermeté, comme Dieu le montre dans ce verset: (Nous avons projeté le mont au-dessus d'eux, comme s'il avait été une ombre. Ils pensèrent qu'il allait tomber sur eux: «Prenez avec force ce que nous vous avons donné, rappelez-vous son contenu. Peut-être craindrez-vous Dieu») [Coran VII, 171]. Al-Souddy a commenté cela en disant: «Quand les fils d'Israël refusèrent de se prosterner, Dieu ordonna au mont de tomber sur eux. Ils le regardèrent avec crainte en les couvrant, et ils ne tardèrent pas à se prosterner» Ils posèrent un côté de leur visage sur le sol, et de l'autre, ils continuèrent à regarder le mont qui faillit tomber. Dieu alors leur fit miséricorde et ordonna au mont de s'écarter. Ils dirent ensuite: «Nulle prosternation faite pour Dieu n'est meilleure que celle accomplie en reconnaissance envers lui en nous épargnant de son châtiment» C'est pourquoi les juifs se prosternent toujours de cette façon. Dieu leur ordonna ensuite de prendre avec force le Livre qu'Il leur a donné, c'est-à-dire la Torah, en se conformant à ses prescriptions.
Verset 64
Mais ils ne tardèrent pas à s'en détourner en violant clairement le pacte conclu avec Dieu qui leur rappela que, sans Sa grâce et Sa clémence, ils auraient été au nombre des perdants.
Verset 65
Dieu fait rappeler aux juifs l'histoire de ceux qui ont transgressé les ordres divins le jour du sabbat où ils devaient se consacrer au culte sans faire aucun travail pour acquérir quoi que ce soit; cette histoire qu'ils connaissaient déjà, lorsque Dieu transforma les insoumis en singes abjects. Parmi entre autres versions, on se contente de raconter le récit rapporté par Al-Souddy, qui a dit en interprétant le verset précité: «Dieu avait interdit aux juifs de travailler le Sabbat. Les habitants de: «Aylia», une cité établie au bord de la mer, usèrent des ruses pour capter les poissons qui y affluèrent en abondance. Dieu a dit: {Et interroge-les au sujet de la ville qui donne sur la mer, lorsqu'on y transgressait le sabbat, que leurs poissons venaient à eux faisant surface, au jour de leur sabbat, et ne venaient pas à eux le jour où ce n'était pas sabbat} [Coran VII,163]. Lorsque l'un d'entre eux désirait les poissons, il creusait un fossé et un canal qui le liait à la mer. Il plaçait les filets de pêche le jour de sabbat et ouvrait le canal, les poissons suivaient ce canal et, arrivant au fossé où l'eau ne leur était pas suffisante pour vivre et voulant retourner à la mer, ils étaient pris par les filets. Le dimanche matin, l'homme les prenait. Chacun de ces juifs racontait aux autres ce qu'il avait fait pour l'imiter quand ils désiraient pêcher. Les docteurs les réprimandaient, mais ils leur répondaient: «Nous avons pêché le dimanche et non pas le sabbat». Et les docteurs de répliquer: «Mais vous avez tout préparé et ouvert les canaux le sabbat?». Ils se persévéraient dans leurs ruses, et certains parmi eux disaient à leur sujet: (Pourquoi exhortez-vous un peuple que Dieu va détruire, ou punir d'un terrible châtiment) [Coran VII, 164]. D'autres ajoutèrent: (C'est pour avoir une excuse devant leur Seigneur, et parce qu'il se peut qu'ils craignent Dieu). Sur ces entrefaites, les soumis d'entre eux, refusèrent de vivre dans la même cité avec les insoumis. Ils divisèrent la ville en deux parties en construisant un mur qui les sépare et chacune des deux parties avait sa propre porte. Un jour, les soumis ouvrirent leur porte et celle des insoumis demeura fermée. Étonnés par ce fait, ils escaladèrent le mur et trouvèrent les autres transformés en singes. Ils leur ouvrirent la porte pour les laisser partir là où ils voulurent. Ceci explique les dires de Dieu: (Quand ils se montrèrent insolents dans leur désobéissance, nous leur dîmes: «Soyez changés en singes abjects») [Coran VII, 166].
Verset 66
Dieu a fait de ces habitants qui ont subi un châtiment ignominieux et avilissant, un exemple pour leurs contemporains et leur postérité, comme Il a dit dans un autre verset quand Il a châtié d'autres cités: (Nous avons anéanti les cités qui se trouvaient autour de vous. Nous leur avions cependant adressé nos signes. Peut-être seraient-ils revenus) [Coran XLVI, 27]. Ce châtiment a été cité en montrant ses causes afin que les hommes réfléchissent, craignent Dieu et en prennent une leçon et une exhortation. Qu'ils redoutent donc ce qu'il pourrait leur arriver s'ils désobéissent à Dieu. À ce propos, Abou Houraira a rapporté que le Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit: «Ne commettez pas les péchés qu'ont commis les fils d'Israël en usant de différentes ruses pour rendre licite ce que Dieu a interdit» (Rapporté par l'imam Abou Abdallah Ben Battâ)
Verset 67
Pour mieux comprendre le verset, il nous incombe de parler de cette circonstance qu'on trouve dans le récit suivant: Oubaïda As-Salmani a raconté: «Un homme des fils d'Israël était largement aisé. Étant stérile et sans postérité, son neveu devait l'hériter. Pour dépêcher la succession, il le tua et mit son cadavre la nuit devant la porte d'un certain juif. Le lendemain matin, il accusa cet homme du meurtre et chaque clan porta les armes et furent sur le point de s'entretuer. Les hommes sensés et avisés leur dirent: «Pourquoi vous livrez-vous à la bataille alors que le Messager de Dieu se trouve parmi vous?» Ils se rendirent chez Moïse et lui firent part du crime. Il leur répondit: (Allah vous ordonne d'immoler une vache). Ils lui répliquèrent: (Nous tournes-tu en dérision?) Il rétorqua: (Qu'Allah me garde d'être du nombre des insensés). S'ils n'avaient pas objecté, n'importe quelle vache aurait fait l'affaire. Mais ils insistèrent dans leur demande de sa description, qu'à la fin ils trouvèrent la vache désignée chez un homme qui ne possédait pas d'autre. Il leur dit: «Je ne vous la vends que contre le poids de sa peau en or» Ce fut fait, ils immolèrent la vache et frappèrent la victime par l'un de ses membres. Le mort, étant ressuscité, ils lui demandèrent: «Qui t'a tué?» - Celui-là, répondit-il, en désignant son neveu, puis il retomba mort. Le coupable ne reçut rien de la succession, et dès lors, nul assassin n'aura aucun droit à l'héritage». Quant à Al-Souddy, il a raconté l'histoire d'une façon presque différente. Il a dit: «Un homme parmi les fils d'Israël était très aisé et n'avait qu'une fille. Son neveu-le fils de son frère qui était très besogneux, vint la demander en mariage, mais l'oncle refusa. Le neveu se mit en colère et décida de tuer son oncle, de se marier avec sa fille et de s'emparer de sa composition légale (la diya). Des commerçants d'autres tribus des fils d'Israël arrivèrent à la ville portant une variété de marchandises. Le jeune homme vint trouver son oncle et lui dit: «Oncle, viens avec moi chez ces commerçants et achète-moi de leur marchandise peut-être pourrais-je en faire un certain bénéfice. Car en te voyant avec moi, ils ne me refuseraient rien». L'oncle partit la nuit avec son neveu chez les commerçants, et en route, il le tua et revint chez les siens. Au matin, le neveu se rendit à la maison de son oncle le chercher comme si rien ne s'était passé la veille. Ne le trouvant pas, il se dirigea vers les commerçants et les vit entourer le cadavre de son oncle. Il les accusa de son meurtre et revendiqua son prix du sang. Il se mit à pleurer, jeta le sable sur sa tête en se lamentant: «Ô oncle». En portant son procès devant Moïse, celui-ci lui donna droit au prix du sang. Les commerçants s'écrièrent: «Ô Messager de Dieu! Invoque Dieu afin qu'Il vous désigne le coupable, quant à nous, son prix de sang est une chose insignifiante pour nous, mais nous aurons honte d'être accusés plus tard d'un tel crime». Voilà le sens de ce verset dans lequel Dieu a dit: (Rappelez-vous qu'après avoir tué un homme, vous vous êtes rejeté ce crime les uns sur les autres; mais Dieu a mis au grand jour ce que vous cachiez). Moïse leur dit: «Dieu vous ordonne d'immoler une vache». Ils s'exclamèrent: «Nous te demandons au sujet du mort et du coupable, tu nous réponds par: «Immolez une vache», te moques-tu de nous?» Il répliqua: «Que Dieu me préserve d'être au nombre des ignorants». Ibn Abbas a commenté cela en disant: «Si les fils d'Israël avaient présenté une certaine vache, elle aurait été acceptée. Mais comme ils insistèrent de savoir sa description en hésitant, Dieu leur souligna une vache dont sa description ne les laissa pas trouver facilement. En la trouvant, ils proposèrent à son propriétaire de la leur donner contre son poids en or, mais il refusa. Après un long marchandage, ils lui payèrent dix fois son poids en or. Ils l'égorgèrent et frappèrent la victime d'un de ses membres. Le mort fut ressuscité et avoua que son neveu l'a tué pour s'emparer de sa richesse et épouser sa fille. Ils prirent le coupable et l'exécutèrent. N.B: ces histoires ont été rapportées d'après les livres des fils d'Israël et on ne peut ni l'admettre telles quelles ni les rejeter.
Verset 68
Ils dirent: «Demande à ton Seigneur d'indiquer de quelle vache il s'agit». Il répondit: «Allah précise que c'est une vache ni vieille ni jeune mais d'un âge moyen, faites ce qu'on vous ordonne».
Verset 69
Ils dirent: «Intercède auprès de ton Seigneur pour qu'Il nous indique sa couleur». Il répondit: «Allah vous fait connaître qu'elle est d'un jaune foncé, agréable à l'œil».
Verset 70
Ils dirent: «Intercède auprès de ton Seigneur pour qu'Il nous permette de l'identifier, car à nos yeux les vaches se confondent, et s'il plaît à Allah nous nous soumettrons. Allah vous fait connaître que ce n'est pas une vache assujettie aux labours ou à arroser la noria, mais une vache indemne d'infirmité et dont la robe est unie. Enfin tu nous as apporté la vérité. Ils égorgèrent la vache et peu s'en fallut qu'ils s'abstiennent. Les fils d'Israël posèrent trop de questions à Moïse, et Dieu, de sa part leur rendit la tâche de plus en plus difficile pour trouver la vache indiquée. Et ce n'était que pour les punir pour leur opiniâtreté. Donc cette vache devait être ni vieille, ni jeune, mais d'âge moyen d'une couleur jaune tirée au blanc, qui n'aura pas été avilie par le labour de la terre ou pour l'arrosage des champs et enfin sans marque ni défaut et agréable à l'œil. Et malgré tout ils avaient failli s'en abstenir. Abou Houraira a rapporté que l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit: «Si les fils d'Israël n'avaient pas dit: «Si Dieu le veut nous serons bien dirigés», ils n'auraient rien reçu mais ils ont dit s'il plaît à Dieu» (Rapporté par Ibn Hatim). Ils avouèrent enfin que Moïse leur avait apporté la vérité et immolèrent la vache alors qu'ils hésitaient toujours de le faire. Et Ibn Jarir de commenter leur agissement a dit: «Ils n'avaient pas l'intention de le faire de peur du scandale et de l'apparition de la vérité en identifiant le coupable qui était le sujet de leur conflit. D'autres ont ajouté à cela qu'il s'agissait aussi de son prix très élevé.
Verset 71
Il dit : «Il précise que c'est une vache qui ne soit ni avilie par les travaux, ni assujettie aux labours de la terre, ni à l'arrosage des champs, mais indemne de défauts et sans taches». Ils dirent alors : «Maintenant tu nous apportes la vérité». Ils égorgèrent la vache après avoir failli s'abstenir. Les fils d'Israël posèrent trop de questions à Moïse, et Dieu, de sa part leur rendit la tâche de plus en plus difficile pour trouver la vache indiquée. Et ce n'était que pour les punir pour leur opiniâtreté. Donc cette vache devait être ni vieille, ni jeune, mais d'âge moyen d'une couleur jaune tirée au blanc, qui n'aura pas été avilie par le labour de la terre ou pour l'arrosage des champs et enfin sans marque ni défaut et agréable à l'œil. Et malgré tout ils avaient failli s'en abstenir. Dans un hadith il est rapporté : «Si les fils d'Israël n'avaient pas dit tant de questions, n'importe quelle vache aurait fait l'affaire, mais ils se sont rendus la chose difficile et Dieu la leur a rendue difficile».
Verset 72
Rappelez-vous aussi le meurtre que vous aviez perpétré et où chacun de vous cherchait à se disculper. Mais Allah démasqua ce que vous avez dissimulé. Dieu demande aux fils d'Israël de se souvenir du meurtre de l'un d'eux (un ancien crime mentionné dans la Bible à ce qu'il paraît) où chacun d'eux avait rejeté ce crime à l'autre pour étouffer l'affaire, mais Dieu sortit ce qu'ils dissimulaient.
Verset 73
Nous vous convînmes à frapper la victime avec un membre de la vache. C'est ainsi qu'Allah ressuscite les morts et c'est ainsi qu'Il donne des signes de Sa puissance. Peut-être finirez-vous par comprendre. Quant au membre de la vache avec lequel ils frappèrent le mort, il n'a pas été clairement indiqué et qui n'apporte d'ailleurs aucun intérêt. On peut en déduire le miracle qui a eu lieu pour constater le pouvoir du créateur à ressusciter les morts en leur montrant ce signe. À savoir aussi, comme les exégètes ont conclu, que Dieu, dans cette sourate, mentionne comment il donne la vie après la mort dans la vie présente dans cinq endroits. Dieu montra également dans plusieurs versets du Coran, comment il revivifie la terre après sa mort et ressuscite les morts une fois en poussière.
Verset 74
Puis vos cœurs se sont endurcis après cela ; ils sont devenus comme des pierres ou plus durs encore. Il y a des pierres d'où jaillissent les ruisseaux, d'autres qui se fendent pour qu'en sorte l'eau, d'autres encore qui s'effondrent par crainte d'Allah. Et Allah n'est point inattentif à ce que vous faites. Dieu blâme et réprimande les fils d'Israël pour avoir toujours les cœurs endurcis après qu'ils aient vu de ses signes et la résurrection des morts. Il compare leurs cœurs durs à des roches solides. Avec le temps, à cause de leur opiniâtreté et malgré les exhortations et ce qu'ils ont vu comme signes et miracles, les cœurs des fils d'Israël devinrent de plus en plus durs qu'aucun moyen ne s'avéra possible pour les ramollir. Le Seigneur montre qu'ils sont devenus aussi durs que les rochers. Parmi ces roches, il en est d'où jaillissent les ruisseaux, il en est qui se fendent et l'eau en sort, il en est encore qui s'écroulent du haut des montagnes par crainte de Dieu en Le glorifiant.
Verset 75
Espérez-vous encore qu'ils embrassent votre religion ? alors qu'un groupe d'entre eux, après avoir entendu et compris la parole d'Allah, la falsifièrent sciemment. Dieu s'adresse aux musulmans fidèles en leur disant : «O vous qui croyez, attendez-vous à ce que ces gens-là deviennent soumis, ce groupe des hommes égarés malgré ce que leurs pères avaient vu des signes et miracles évidents et avaient les cœurs durs. Il y avait d'entre eux des hommes qui ont altéré sciemment les Paroles de Dieu après les avoir entendues. Et malgré tout cela ils les contredisaient sachant bien qu'ils commettaient des erreurs.
Verset 76
Et quand ils rencontrent ceux qui ont cru, ils disent : «Nous croyons» ; et quand ils se trouvent seuls entre eux, ils disent : «Allez-vous confier aux musulmans ce qu'Allah vous a révélé pour qu'ils s'en servent comme argument contre vous devant votre Seigneur ? Êtes-vous donc dépourvus de raison ?» Quant au deuxième verset, Ibn Abbas l'a interprété comme suit : «Lorsque les juifs rencontrèrent les musulmans, ils leurs disaient : «Nous croyons bien comme vous que Muhammad est un Prophète mais il est envoyé pour vous. Se trouvant seuls, ils blâmèrent les uns les autres en s'interdisant de parler aux arabes au sujet de la prophétie de Muhammad, en se rappelant que Dieu avait pris leur engagement de croire en lui, car il a été déjà mentionné dans votre Livre.»
Verset 77
Ne savent-ils pas qu'en vérité Allah connaît ce qu'ils cachent et ce qu'ils divulguent ? L'interrogative est affirmative, c'est-à-dire qu'Allah sait ce qu'ils cachent et ce qu'ils révèlent dans cette affaire et toutes les autres affaires, afin qu'ils cessent de faire ces choses. Ils oublièrent que Dieu connaît ce qu'ils cachent et ce qu'ils divulguent.
Verset 78
Et il y en a parmi eux qui sont illettrés : ils ne savent rien du Livre hormis des prétentions et ils ne font que des conjectures. Parmi les gens du Livre, il y avait des illettrés qui ne savaient ni lire ni écrire, comme l'était notre Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- dont Dieu a parlé de lui dans ce verset. Mujahid a dit : «Certains juifs ne connaissaient rien de leur Livre, et pourtant ils forgèrent des mensonges et inventèrent des choses qu'on ne trouve pas dans ce Livre, faisant ainsi des conjectures qui n'avaient aucun fondement, c'était plutôt des désirs qu'ils formulaient».
Verset 79
Malheur, donc, à ceux qui de leurs propres mains composent un livre puis le présentent comme venant d'Allah pour en tirer un vil profit ! Malheur à eux, donc, à cause de ce que leurs mains ont écrit, et malheur à eux à cause de ce qu'ils en profitent ! Il y avait parmi eux qui appelaient les hommes à un égarement en forgeant des mensonges sur Dieu et dévorant injustement les biens de ceux qui les croyaient. Al-Suddy a dit : «Certains juifs écrivaient des choses étrangères au Livre de Dieu pour les vendre à vil prix aux arabes prétendant qu'elles ont été révélées par Dieu. Enfin Dieu menace les gens du Livre qui ont altéré Ses Paroles pour tirer un certain profit, en forgeant des mensonges et inventant des choses non fondées.
Verset 80
Et ils ont dit : «Le Feu ne nous touchera que pour quelques jours comptés !» Dis : «Auriez-vous pris un engagement avec Allah - car Allah ne manque jamais à Son engagement - ? ou bien dites-vous sur Allah ce que vous ne savez pas ?» Dieu critique les dires des juifs qui prétendent que le feu ne les touchera que durant un temps limité. Il leur répondit : «Auriez-vous avec Dieu pris un engagement ? Si c'est ainsi, Dieu certainement ne manquera pas à Sa promesse. Mais en fait ce n'est pas le cas car vous dites en dépit de Dieu ce que vous ne savez pas. Ibn Abbas dit à ce propos : «Les juifs disaient : la durée de ce bas monde est limitée à 7000 ans, et le feu, si nous y serons précipités, ne nous touchera que sept jours à raison d'un jour par mille ans. Ikrimah, de sa part, a commenté cela en disant : «Les juifs, entrèrent en discussion avec le Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- et dirent : «Nous n'entrerons à l'Enfer que pour quarante nuits, puis une autre communauté-ils voulaient dire la communauté musulmane-nous y succédera.»
Verset 81
Le résultat ne serait pas comme ils le pensaient. Car ceux qui ont commis les péchés, que leurs fautes les entourent de toutes parts qui viendront au jour de la résurrection démunis de toutes bonnes actions et ne trouveront que des mauvaises actions passées à leur actif, ceux-là seront les damnés du feu éternel.
Verset 82
Par contre ceux qui ont fait le bien en croyant en Dieu, en Son Message, accompli les bonnes actions conformément à la Loi, ceux-là seront les élus et bienheureux du paradis. Tout cela est pareil aux dires de Dieu: (Cela ne dépend ni de vos souhaits, ni des souhaits des gens du Livre. Quiconque fait le mal sera rétribué en conséquence. Il ne trouvera, en dehors de Dieu, ni protecteur, ni défenseur. Tous les croyants, hommes et femmes, qui font le bien: voilà ceux qui entreront au Paradis. Ils ne seront pas lésés d'une pellicule des dattes) [Coran IV, 123-124]. Le mal cité dans le verset, signifie, d'après Ibn Abbas, le polythéisme, mais d'après Al-Hassan, il est tout péché capital. À cet égard, Abdullah Ben Massoud a rapporté que le Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit: «Évitez même les fautes vénielles car, une fois commise à l'excès, elles ne tarderont par à faire perdre leur auteur». Le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- donna aux fidèles l'exemple d'un groupe d'hommes qui ont campé dans une terre déserte. Les uns apportent de petites branches, d'autres de brins de paille, qu'à la fin ils ont fait un grand tas de bois et y mis le feu qui a dévoré tout ce qu'ils ont amassé». Tandis que ceux qui font le bien, croient et accomplissent des œuvres pies, seront rétribués par le Paradis comme séjour éternel.
Verset 83
Rappelle-toi, quand Nous prîmes l'engagement des enfants d'Israël de n'adorer qu'Allah, de bien traiter père et mère, les proches, les orphelins et les pauvres, de parler aux gens avec bonté, d'accomplir la prière et d'acquitter la zakat. Mais, à l'exception d'un petit nombre, vous vous détournâtes et vous continuez à vous dérober.
Verset 84
Nous obtînmes d'eux également l'engagement qu'ils ne s'entretueraient pas, qu'ils ne se banniraient plus réciproquement. Cet engagement, vous le prîtes sous forme d'aveu et vous le scellâtes par votre propre témoignage.
Verset 85
Quelqu'ainsi engagés, vous vous entretuez, vous vous bannissez réciproquement, employant pour cela l'injustice et l'oppression. Mais, ô contradiction, quand vos coreligionnaires tombent en captivité, vous les rachetez, alors qu'il était interdit de les expulser de chez eux. Croirez-vous donc seulement à une partie du Livre et rejetterez-vous le reste? Ceux qui agissent de la sorte ne méritent pas autre chose que l'ignominie dans ce monde et le plus impitoyable des châtiments dans l'autre. Et Allah n'est pas inattentif à ce qu'ils font. Du temps de l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue-, les juifs qui habitaient Médine souffraient de leurs guerres avec les Aws et Al-Khazraj, deux tribus des Ansars -Les Médinois- qui adoraient les idoles dans la Jahiliah -l'ère préislamique-. À Médine il y avait trois tribus juives: Banou Qainouga', Banou An-Nadir les partisans des Khazraj, et Banou Qouraidha ceux des Aws. Quand une guerre éclatait, chaque tribu s'alliait à ses partisans de sorte que chaque juif tuait un de ses adversaires et même un autre juif d'autre tribu, ce qui leur était interdit selon leur religion et d'après leur Livre. Chacun expulsait un autre de sa demeure et la pillait. Une fois la guerre cessée, ils rachetaient les prisonniers capturés par les autres en se conformant à la Torah. C'est pourquoi Dieu les blâma d'avoir suivi une partie de leur loi et contredit une autre.
Verset 86
À ces gens qui échangent la vie de ce monde contre la vie future, aucun adoucissement à leurs peines ne sera accordé et aucun secours ne sera porté. Ils ne visaient par là que les biens éphémères de ce bas monde. Par ailleurs, ils dissimulaient une partie de ce qui se trouve dans la Torah, par exemple en reniant la venue de Muhammad -qu'Allah le bénisse et le salue- sa prophétie et son message, à savoir que les prophètes avaient annoncé tout cela à leurs peuples. C'est pourquoi Dieu a dit: (Ils ne méritent pas autre chose que l'ignominie dans ce monde et le plus impitoyable des châtiments dans l'autre) en les punissant pour avoir troqué la vie future contre la vie de ce monde, et au jour de la résurrection, le châtiment ne leur sera pas allégé et ils ne seront pas secourus.
Verset 87
Nous avons donné le Livre à Moïse, nous avons envoyé des Prophètes après lui, nous avons permis à Jésus, fils de Marie, de prouver sa mission et nous l'avons affermi par l'esprit de sainteté. Jusques à quand accueillerez-vous avec morgue les Prophètes qui vous apporteront des vérités contraires à vos prétentions? vous avez traité les uns d'imposteur, vous avez tué les autres. Dieu le Très Haut et béni décrit les fils d'Israël comme étant des gens injustes, opiniâtres et rebelles contre leurs Prophètes, car ils ne suivaient que leurs propres passions. Il a révélé la Torah à Moïse, mais ils ne tardèrent pas à la falsifier et l'altérer, à désobéir à ses enseignements en les interprétant à leur guise. Puis Dieu envoya, après Moïse, d'autres prophètes et Messagers qui avaient pour mission d'appliquer les lois de la Torah comme Dieu le montre dans ce verset: (Nous avons, en vérité, révélé la Torah où se trouvent une Direction et une Lumière. D'après elle, et pour ceux qui pratiquaient le Judaïsme, les Prophètes qui s'étaient soumis à Dieu, les maîtres et les docteurs rendaient la justice, conformément au Livre de Dieu dont la garde leur était confiée et dont ils étaient les témoins) [Coran V, 44]. Le dernier Prophète envoyé aux fils d'Israël fut Jésus, fils de Marie, qui a été chargé d'amender quelques lois de la Torah, et qui a été fortifié par l'Esprit de sainteté, et Dieu lui a accordé des signes et miracles évidents et clairs. Ibn Abbas a dit que ces miracles furent: ramener un mort à la vie; de créer, de terre, une forme d'oiseau qu'en soufflant en elle devient un oiseau avec la permission de Dieu; guérir les malades tels que le muet et le lépreux avec la permission de Dieu; raconter les événements à venir et dont l'ange Gabriel, l'Esprit de sainteté, l'avait instruit tous les jours. Tous ces miracles ne faisaient qu'accroître l'obstination et la jalousie des Juifs pour avoir contrarié une partie de leur Torah en leur disant: (Me voici, confirmant ce qui existait avant moi de la Torah et déclarant licite pour vous, une partie de ce qui vous était interdit) [Coran III, 50]. Les Juifs traitèrent les Prophètes et Messagers brutalement et inconvenablement en accusant certains de menteurs et tuant une partie pour leur avoir ordonné de faire des choses qui ne convenaient pas à leurs passions, ou bien ils les obligeaient à se conformer strictement aux enseignements de la Torah qu'ils ont altérée.
Verset 88
Ils disent: «Nos cœurs sont inaccessibles» Erreur. Allah les a maudits à cause de leur incrédulité. Oh! qu'ils sont irréductibles, que leur foi est faible. En appelant les Juifs à la foi, ils répondaient: «Nos cœurs sont incirconcis», en d'autres termes comme voilés ou scellés, pour dire ainsi qu'ils ne comprenaient rien du message prétendant être des ignorants dans le but de le renier, comme le confirme ce verset: (Nos cœurs sont enveloppés d'un voile épais qui nous cache ce vers quoi tu nous appelles) [Coran XLI, 5], c'est qu'Ibn Jarir a adopté en se référant aussi à ce hadith rapporté par Hudhaifa: «Les cœurs sont au nombre de quatre» et il a cité: et un cœur enveloppé et maudit: tel est le cœur de l'incrédule. (Leur foi est faible) signifie que le nombre des croyants parmi eux était faible, car leur foi en Moïse et en ce qu'il a apporté ne leur suffira pas tant qu'ils n'ont pas cru en Muhammad et son message.
Verset 89
Quand les juifs menaient une guerre contre les polythéistes, ils leurs disaient qu'ils les combattraient avec un Prophète qui sera envoyé à la fin du temps apportant un Livre. Lorsque ce Livre -qui est le Coran- venant de Dieu fut révélé à Muhammad -qu'Allah le bénisse et le salue- et confirmant ce que les juifs avaient reçu comme Écritures, et ce qu'ils connaissaient déjà, ils n'y crurent pas. Ibn Abbas a raconté: «Les juifs imploraient la victoire sur les Aws et les Khazraj grâce à l'avènement imminent de l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- Quand il fut envoyé, étant un des Arabes, ils le mécrurent et renièrent ce qu'ils disaient auparavant. Muadh Ben Jabal leur dit alors: Ô juifs! craignez Dieu et convertissez-vous. Nous étions polythéistes avant le Message et vous imploriez le secours et la victoire grâce à la venue de Muhammad -qu'Allah le bénisse et le salue- et vous nous racontiez qu'il serait envoyé bientôt en nous donnant ses descriptions. Salam ben Mishkam -un des Banou An-Nadir- lui répondit: «Il ne nous a rien apporté de neuf que nous connaissions et il n'est plus le Prophète dont nous vous en parlions». Dieu fit alors cette révélation: (Quand ils reçurent de la part d'Allah un Livre corroborant leurs propres Écritures.) Ce Livre était le Coran qui confirmait les Livres précédents. Que la malédiction de Dieu tombe sur les juifs, les incrédules.
Verset 90
En interprétant ce verset, Al-Souddy a dit: «Il est tellement vil ce contre quoi ils ont troqué leurs âmes, en se contentant de ce qu'ils avaient reçu en mécréant en Muhammad -qu'Allah le bénisse et le salue- au lieu de croire en lui, en son Message et de lui porter secours. Tout cela était dû à leur jalousie, leur injustice et leur animosité». (Ils ont encouru colère sur colère). Et de commenter cela Abou Al-Aliya a dit: «Ils ont attiré la colère de Dieu quand ils mécrurent en Jésus et à l'Évangile, et une autre fois quand ils mécrurent en Muhammad -qu'Allah le bénisse et le salue- et au Coran». Selon d'autres exégètes, la première colère était à cause de l'adoration du veau. (Un châtiment ignominieux attend les infidèles) à cause de leur incrédulité, leur jalousie et leur orgueil. Dieu a confirmé ce châtiment par ce verset aussi: (Ceux qui, par orgueil, refusent de M'adorer, entreront bientôt, humiliés, dans la Géhenne) [Coran XL, 60]. Le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit: «Au jour de la résurrection, les orgueilleux seront rassemblés comme de la poussière sous forme humaine couverts par l'opprobre et l'humiliation. Ils entreront dans une prison à la Géhenne, appelée «Boulous», où un grand feu les enveloppera de toute part, et on leur donnera à boire la sueur des damnés de l'Enfer» (Rapporté par Ahmed).
Verset 91
Ceci fut adressé à tous les gens du Livre aussi bien aux chrétiens qu'aux juifs, mais ils ripostèrent: Nous croyons à ce qui nous a été révélé comme Livre: l'Évangile et la Tora, alors qu'ils firent semblant d'ignorer que le Coran a été révélé comme vérité confirmant ce qu'ils avaient reçu.
Verset 92
Le Tout-Puissant ne tarda pas à leur demander: «Si vous êtes de vrais croyants, pourquoi donc tuez-vous les Prophètes qui vous ont été envoyés en vous apportant ce que la Tora contient, de vous ordonner de juger d'après ses lois sans les altérer et vous les faites sciemment? Vous ne les avez tués que par injustice, obstination et orgueil. Vous ne faites que suivre vos propres passions». Ibn Jarir a commenté cela en disant: «Dieu ordonne à Mouhammad de dire aux juifs: «Ô fils d'Israël! Croyez en ce que Dieu m'a révélé». Mais vous répondez: «Nous croyons en ce qui nous a été révélé» Demande-leur: «Pourquoi donc, si vous êtes des croyants, vous avez tué les Prophètes et il vous a été interdit de les tuer, plutôt vous avez été ordonnés de les croire, les suivre et leur obéir. Moïse vous a apporté les signes clairs et les preuves évidentes, qu'il est le Messager de Dieu, et il n'y a d'autre Dieu que lui. Ces signes étaient: le déluge, les sauterelles, les vermines, les grenouilles, le sang, le bâton, la main, la séparation des ondes de la mer, le nuage qui vous a ombragés, la manne, les cailles et le rocher. Tout cela vous en avez été témoins, mais vous avez, malgré tout, adoré le veau, une fois que Moïse est allé au mont Sinaï pour recevoir les Paroles de Dieu».
Verset 93
Lorsque nous avons reçu votre soumission et que nous avons dressé au-dessus de vos têtes le Sinaï, nous vous avons dit: «Acceptez avec conviction les lois que nous vous avons données et écoutez-les». Ils répondirent: «Nous les avons écoutées et nous avons refusé de nous y soumettre». Leurs cœurs étaient pleins de l'amour du veau, les incrédules! Dis-leur: Quelles détestables prescriptions comporte votre foi, si tant est que vous en avez une! Dieu - à Lui la puissance et la gloire- dénombre leurs fautes, leur dérogation à l'alliance et leur détournement des enseignements jusqu'à ce qu'il ait élevé le Mont au-dessus d'eux. Alors ils l'acceptèrent puis la contredirent en disant: «Nous avons écouté et nous avons désobéi» (voir verset n: 63). On a rapporté que le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit: «L'amour d'une chose assourdit et aveugle». Quant à Ali Ben Abi Taleb -que Dieu l'agrée-, il a dit: «Moïse lima le veau -qui était fait en or- jusqu'à ce qu'il fut devenu une poudre, en le mettant au bord du ruisseau. Tout homme qui avait adoré et buvait de cette eau, avait le visage jaunin. Puis Dieu les blâma et ordonna à Son Prophète de leur dire: «Comme est mauvais ce qu'ordonne votre foi si vous êtes croyants». Car, comment peut-on les considérer en tant que croyants du moment qu'ils ont mécru aux Signes de Dieu, désobéi à leurs Prophètes, et enfin leur mécréance en Mouhammad -qu'Allah le bénisse et le salue- qui est le pire des péchés?»
Verset 94
Dis-leur: «Si vous êtes sûrs d'être appelés au Paradis éternel auprès d'Allah, à l'exclusion des autres hommes, souhaitez une mort immédiate. Vous montrerez ainsi que vous êtes de bonne foi».
Verset 95
Non, ils ne formeront jamais un semblable souhait, sachant tout le mal qu'ils ont perpétré de leurs mains. Et Allah connaît les coupables.
Verset 96
Tu les découvriras plus attachés à la vie que tous les autres peuples, que les idolâtres mêmes. Au point qu'il n'en est aucun parmi eux qui ne désire vivre mille ans. Mais une pareille longévité ne saurait malgré tout les soustraire au châtiment, car Allah voit leurs actions. Dieu le Très Haut ordonne à Son Prophète Mouhammad -qu'Allah le bénisse et le salue- de leur dire: «Si la dernière demeure auprès de Dieu vous est réservée à l'exclusion des autres gens, souhaitez donc la mort si vous êtes véridiques», c'est-à-dire appelez la mort aux menteurs, mais ils refusèrent car: «ils ne la souhaitaient jamais à cause des œuvres qu'ils ont accomplies. Allah connaît les prévaricateurs». À savoir que, s'ils avaient souhaité la mort, nul juif n'aurait survécu.
Verset 97
Abou Ja'far Al-Tabari a dit: «Les hommes versés ont affirmé que ce verset fut révélé en réponse aux dires des juifs prétendant que Gabriel est leur ennemi et Michel leur ami. Puis ces ulémas ont eu des opinions contradictoires concernant les causes de cette révélation. Les uns disent: c'était à l'occasion de la polémique entre eux et le messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- au sujet de sa prophétie. À ce égard Ibn Abbas a raconté: «Les juifs vinrent trouver l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- et lui dirent: «Ô Abou Al-Qassem! Nous allons te demander à propos de cinq choses, si tu nous donnes les réponses exactes, nous te croirons et te suivrons.» Il prit leur engagement comme l'avait fait Jacob avec ses fils quand il leur répondit: (Dieu est garant de ce que nous disons). Il leur répondit: «Posez vos questions». Dieu fait savoir à Son Prophète que Gabriel est un de Ses anges, quiconque le prend comme adversaire c'est comme il se montre hostile envers tous les anges, tout comme celui qui croit au Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- doit croire en tous les Prophètes. Gabriel ne descend pas de sa propre volonté pour communiquer la révélation mais il est chargé de la part de son Seigneur.
Verset 98
Il ne faut donc jamais se déclarer l'ennemi d'un des anges car chacun d'eux a une mission selon la volonté de Dieu: Gabriel est considéré comme un ambassadeur de Dieu qui l'envoie à Ses Prophètes et Messagers, Michel chargé de la pluie et de la plantation et Israfil chargé de souffler dans la trompette au jour de la résurrection.
Verset 99
Le certain, c'est que nous te révélons des versets lumineux, que seuls mettent en doute les rebelles. Le Seigneur s'adresse à Son Messager en lui disant: «Ô Mouhammad, nous avons fait descendre sur toi des signes probants et des versets clairs qui affirment ta prophétie». Ces versets sont le contenu du Livre de Dieu où on trouve ce que les savants juifs distinguaient comme science, les nouvelles des ancêtres des fils d'Israël et la venue de Mouhammad -qu'Allah le bénisse et le salue- que seuls leurs savants et leurs docteurs connaissaient, mais ils n'ont pas tardé à les falsifier et à les altérer, en changeant les lois contenues dans la Tora. Dieu fait connaître tout cela à Son Prophète Mouhammad -qu'Allah le bénisse et le salue- et c'était des premiers signes qu'il devait les divulguer pour être fidèle en répandant son message sans les dissimuler par jalousie ou par injustice comme les juifs avaient agi. Ibn Abbas a raconté que Ibn Souria Al-Qatwini a dit à l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue-: «Ô Mouhammad! Tu ne nous as pas apporté que des choses que nous connaissions déjà et Dieu ne t'a pas révélé des versets parfaitement clairs pour le suivre». Dieu à cette occasion fait descendre sur Son Prophète le verset précité.
Verset 100
Jusques à quand s'en trouvera-t-il parmi eux pour violer le pacte conclu avec Allah? Il est vrai que la plupart d'entre eux sont des mécréants. Quant à Malek Ibn Al-Sayf, il a dit: «Lorsque Dieu envoya Son Messager -qu'Allah le bénisse et le salue- pour rappeler aux juifs ce qu'il a pris d'eux comme engagements et alliances et ce qu'il leur a révélé dans leur Livre à son sujet, ils répondirent: «Par Dieu! Aucun engagement n'a été pris vis-à-vis de Dieu et rien ne nous a été confié à propos de la prophétie de Mouhammad». Dieu fait alors cette révélation: (Jusques à quand s'en trouvera-t-il parmi eux pour violer le pacte conclu avec Allah). Comme les juifs ne crurent pas en Mouhammad qui fut envoyé vers tous les hommes, et renièrent son message du moment que son avènement et sa description sont mentionnés déjà dans la Tora, pour qu'ils le suivent, lui portent secours et l'appuient, Dieu les réprimande et les méprise, en confirmant ce fait dans ce verset: (Ceux qui suivent l'Envoyé: le Prophète qui ne sait ni lire ni écrire, que ces gens-là trouvent mentionné chez eux dans la Tora et l'Évangile) [Coran VII, 157].
Verset 101
Lorsque l'Envoyé d'Allah vint parmi eux pour affermir les Saintes Écritures, de nombreux docteurs tournèrent le dos au Livre d'Allah, comme auraient fait des ignorants. Dieu le Très Haut ordonne à Son Prophète Muhammad -qu'Allah le bénisse et le salue- de leur dire: «Si la dernière demeure auprès de Dieu vous est réservée à l'exclusion des autres gens, souhaitez donc la mort si vous êtes véridiques», c'est-à-dire appelez la mort aux menteurs, mais ils refusèrent car: «ils ne la souhaitaient jamais à cause des œuvres qu'ils ont accomplies. Allah connaît les prévaricateurs» [Coran LXII, 7]. À savoir que, s'ils avaient souhaité la mort, nul juif n'aurait survécu. Ibn Jarir a dit: «On m'a fait savoir que le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit: «Si les juifs avaient souhaité la mort, nul d'entre eux n'aurait survécu, ils seraient tous morts et auraient vu leurs places à l'Enfer. Et si ceux qui voulaient faire des exécrations réciproques avec l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- étaient sortis, ils seraient retournés chez eux pour ne trouver ni familles ni biens». On trouve dans le Coran un autre verset qui ressemble à celui-ci et qui est le suivant: (Dis: «Ô vous qui pratiquez le Judaïsme, si vous prétendez être les seuls amis de Dieu, souhaitez donc la mort, si vous êtes véridiques. Mais ils ne la souhaitent jamais à cause des œuvres qu'ils ont accomplies. Dieu connaît les injustes) [Coran LXII, 6-7]. Que Dieu maudisse ces gens-là quand ils prétendiraient être les amis de Dieu et ses préférés et dirent: (Personne n'entrera au Paradis s'il n'est juif ou chrétien) [Coran II, 111]. Quand ils furent conviés à faire des exécrations et appeler la malédiction de Dieu sur les menteurs de deux communautés juives et musulmanes, ils s'abstinrent de le faire, chacun d'eux devina qu'ils étaient des prévaricateurs. Car s'ils étaient sûrs de leur présomption, ils auraient dû le faire. Ainsi c'était l'attitude des chrétiens de Najran quand ils étaient conviés à une chose pareille et le Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- leur dit: (Venez! Appelons nos fils et vos fils, nos femmes et vos femmes, nous-mêmes et vous-mêmes, nous ferons alors une exécration réciproque en appelant une malédiction de Dieu sur les menteurs) [Coran III, 61]. Mais il y en a parmi eux des gens qui les conseillèrent de ne plus le faire, ils préférèrent alors de se soumettre et de payer la capitation avec humiliation. Le sens du verset précité est le suivant: «Ô juifs! Si vous prétendez être les amis de Dieu à l'exclusion de tous les gens, les fils de Dieu et ses préférés, les élus du Paradis et les autres les réprouvés de l'Enfer, faites donc cette formule imprécatoire pour appeler la malédiction de Dieu sur les menteurs. Et sachez que cette formule imprécatoire exterminera sans aucun doute le menteur. Quand ils constatèrent le défi sérieux du Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- et leur mensonge, ils s'abstinrent, car ils dissimulaient la vérité que Muhammad -qu'Allah le bénisse et le salue- était le messager de Dieu cité dans leur Livre. C'est pourquoi Dieu montre leur cas et qu'ils étaient les hommes les plus avides à vivre, car ils connaissaient déjà leur retour néfaste vers Dieu et leur fin misérable à cause de leur obstination et leur incrédulité. Le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit à ce sujet: «Ce bas monde est la prison du croyant et le paradis de l'incrédule». Chacun d'entre eux souhaitait vivre mille ans, mais cela ne lui éviterait plus le châtiment. Et Dieu voit parfaitement ce qu'ils font.
Verset 102
Ils préférèrent suivre les divulgations faites par les démons sous le règne de Salomon. Ce n'est pas Salomon le coupable, mais les démons qui propagèrent la sorcellerie parmi les hommes et l'art divinatoire révélé aux deux anges Harout et Marout à Bable. Ils ne transmettaient jamais leur secret à quelqu'un sans lui dire: «Nous sommes la tentation. Garde-toi de perdre la foi». Les juifs apprenaient d'eux le moyen de désunir l'homme d'avec sa femme. Mais ils ne pouvaient nuire à qui que ce soit sans la permission d'Allah. D'autre part, une telle science les incitait beaucoup plus à ce qui était nuisible qu'à ce qui était utile. Sans compter qu'ils savaient que les adeptes d'une telle science ne pouvaient atteindre aucune indulgence dans la vie future. À quel vil moyen ils en sont venus pour racheter leurs âmes! Ah! s'ils avaient été plus conscients. Les gens du Livre, au lieu de croire en Muhammad, rejetèrent derrière leur dos le Livre de Dieu qui leur a été révélé comme s'ils ne savaient rien de ce que leur livre contenait. Ils ne firent qu'apprendre la sorcellerie et voulurent nuire au Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- en l'ensorcelant à l'aide d'un peigne et une touffe de cheveux comme nous allons en parler plus loin. Al-Souddy a dit: «Lorsque Muhammad -qu'Allah le bénisse et le salue- fut envoyé par Dieu et venu vers les juifs, ils s'opposèrent à lui en se basant sur leur Livre. Mais comme le Coran confirme la Tora, ils rejetèrent la Tora et adoptèrent le livre d'Assaf et la magie de Harout et Marout, ce qui ne concordait guère avec le Coran. De sa part, Ibn Abbas a raconté: «Assaf était le scribe de Salomon et connaissait déjà le nom sublime de Dieu. Il écrivait tout selon l'ordre de Salomon et le cachait sous le siège de ce dernier. À la mort de Salomon, les démons sortirent ces écritures et ajoutèrent dans les interlignes de la magie et de l'incrédulité, disant que Salomon suivait ces enseignements. Les savants ne réagirent pas, mais les ignorants parmi la gent du peuple, insultèrent Salomon et le traitèrent comme impie; et ils ne cessèrent d'agir ainsi jusqu'à ce que Dieu fit à Son Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- cette révélation: (Ils préfèrent suivre les divulgations faites par les démons sous le règne de Salomon. Ce n'est pas Salomon le coupable, mais les démons...).
Verset 103
S'ils avaient cru et s'ils avaient craint Allah! Ils auraient obtenu une récompense d'Allah, ce qui eût mieux valu pour eux. Ah, s'ils avaient réfléchi! Dieu fait connaître à Son Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- l'innocence de Salomon de tout ce que les juifs lui attribuaient: (Salomon n'était pas incrédule mais les démons étaient incrédules). Comme Muhammad -qu'Allah le bénisse et le salue- fit communiquer cette réalité qui lui fut révélée, en affirmant que Salomon le fils de David était un Envoyé de Dieu, les juifs qui se trouvaient à Médine s'écrièrent: «Les paroles de Muhammad ne sont-elles pas étonnantes? Il prétend que le fils de David était un Prophète. Non par Dieu, il n'était qu'un magicien». Suivant une autre version, on a rapporté que lorsque Salomon mourut, Iblis harangua les hommes et leur dit: «Ô gens! Salomon n'était jamais un Prophète mais un magicien, allez chercher les objets de sa magie dans sa demeure et parmi ses effets». Puis il leur indiqua la place où ces choses furent enterrées. Les gens disaient après: «Salomon était un magicien et voilà les objets de sa magie par lesquels il nous dominait et nous asservissait». Mais les fidèles leur répondirent: «Salomon était un Prophète croyant». Lorsque Dieu envoya Muhammad -qu'Allah le bénisse et le salue- qui mentionna David et Salomon parmi les Prophètes, les juifs s'exclamèrent: «Regardez Muhammad, il confond l'erreur avec la vérité. Il prétend que Salomon était un Prophète, jamais! il n'était qu'un magicien qui montait un tapis volant». Une fois que les juifs furent détournés du Livre de Dieu qui leur fut révélé, ils contredirent les paroles du Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue-, approuvèrent ce que les démons leurs racontaient touchant le règne de Salomon, et imputèrent la magie à Salomon comme d'autres peuples l'avaient imputée à leurs Prophètes.
Verset 104
Ô vous qui croyez! Ne posez pas de questions sur des choses qui vous nuiraient, si elles vous étaient montrées. Si vous posez des questions à leur sujet au moment où le Coran est révélé, elles vous seront expliquées) [Coran V, 101]. Dieu interdit à Ses serviteurs croyants d'imiter les impies en actes et paroles, car les juifs prenaient soin aux mots qui comportent un euphémisme. Quand ils voulaient dire par exemple: «Favorise-nous» ils disaient: «Regardez-nous» pour changer le sens du mot, comme Dieu le montre dans ce verset: (Il en est parmi les Judaïsés qui détournent le mot de ses sens, et disent: «Nous avions entendu, mais nous avons désobéi» ou: «Écoute sans personne qui te fasse entendre» ou: «Favorise-nous» tordant la langue et attaquant la religion) [Coran IV, 46]. D'autre part, quand les juifs voulaient saluer, ils disaient: « أسام » qui signifie «Que la mort soit sur vous» au lieu de dire « السلام » qui signifie «Que la paix soit sur vous». C'est pourquoi il nous a été ordonné de leur répondre le salut en disant: «Et sur vous». Le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- de sa part, a interdit aux fidèles d'imiter les impies en actes et paroles pour ne plus être des leurs, ou bien de porter des habits comme les leurs ou d'adorer Dieu à leur manière, bref tout ce que notre Loi ne nous permet pas de le faire. Al-Souddy a raconté: «Un juif de la tribu Qainouqa, appelé Rifa'a ben Zaïd disait au Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- quand il le rencontrait: «Ô Muhammad! Prête-moi ton attention et entends sans que personne ne fasse entendre». Les fidèles étaient donc tenus de ne plus imiter ni les gens du Livre ni les incrédules car ceux-là ne souhaitaient aucun bien aux musulmans comme Dieu le montre dans ce verset: (Les gens du Livre et les païens déplorent que le Seigneur vous fasse profiter d'une faveur quelconque, en leur faisant connaître l'animosité qu'ils couvaient, et pour rompre toute sympathie avec eux).
Verset 105
Toute révélation abrogée ou devenue caduque sera remplacée par une autre, meilleure ou semblable. Ne sais-tu pas qu'Allah est Tout-Puissant? Les gens du Livre et les païens déplorent que le Seigneur vous fasse profiter d'une faveur quelconque. Ceux qui se sont détournés de Dieu parmi les gens du Livre ne souhaitent aucun bien aux croyants. Ils envient les musulmans des bienfaits que Dieu leur accorde et voudraient les voir retourner à l'incrédulité après avoir cru. Cette animosité qu'ils couvaient s'est manifestée clairement. Dieu ordonne aux croyants de pardonner et de patienter jusqu'à ce que vienne l'ordre divin, car Allah est capable de toute chose.
Verset 106
Ne sais-tu pas qu'Allah est le Maître des cieux et de la terre et que vous n'avez pas d'autre soutien ni d'autre défenseur que Lui? Ibn Jarir, en interprétant ce verset, a dit: «On ne doit pas se référer à un autre verset en changeant la loi du premier pour changer ou remplacer, transformant ainsi l'illicite en licite, l'interdit en permis et vice versa». Ibn Abbas, en commentant cela, a dit: «Dieu n'abroge ou ne change la loi d'un verset sans que le deuxième verset ne soit plus profitable et plus commode». Dieu, par la suite, fait connaître aux hommes, qu'Il est le Maître des cieux et de la terre, dispose de tout ce qu'Il a créé comme Il veut: Il fait d'un homme heureux et d'un autre malheureux, Il permet et interdit, humilie et honore, et juge sans que personne ne s'oppose à Son jugement. L'obéissance à Dieu, toute l'obéissance, consiste à se soumettre à Lui, suivre Ses Messagers et déclarer véridiques tout ce qu'ils nous ont apporté. Il ne faut donc jamais imiter les juifs en altérant ou changeant la révélation. Dans ce verset, et d'après Ibn Jarir, Dieu dit à Son Prophète: «Ô Muhammad! Ne sais-tu pas que la Royauté des cieux et de la terre M'appartient? Que je juge comme bon me semble? Que je change ou J'abroge ce que Je veux? Que je permette et interdise ce que Je veux?». Si ces paroles divines ont été adressées à Son Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue-, c'est pour démentir les juifs qui disaient que Dieu n'a pas abrogé les lois de la Tora, en reniant ainsi la prophétie de Jésus et de Muhammad et ce qu'ils ont apporté pour amender les lois contenues dans la Tora. Les créatures sont donc tenues de suivre ce que rapportent les Prophètes et messagers en se soumettant à leurs ordres.
Verset 107
L'auteur de cet ouvrage a dit: «L'incrédulité et l'opiniâtreté ont porté les juifs à ne plus croire à l'abrogation ou au changement des lois divines et admettre que Dieu est puissant sur toute chose. En confirmation de tout cela on peut énumérer à titre d'exemple les faits suivants: - La tolérance à Adam de donner en mariage les sœurs aux frères (qui n'étaient pas des jumeaux) puis cela fut abrogé. - La tolérance à Noé, après sa sortie de l'arche, de manger la viande de tous les animaux, et plus tard, la chair de certains d'eux fut interdite. - Le mariage d'avec deux sœurs était permis à Jacob (Israël) et ses fils, qui fut abrogé par la Tora révélée à Moïse. - L'ordre donné à Abraham d'immoler son fils puis l'interdiction de le faire en le substituant par un mouton. Et en nous référant à tout cela, nous pouvons contredire certains ulémas qui prétendaient que rien n'a été abrogé ou changé dans le Coran comme: la durée de viduité qui était fixée à un an puis fut changée en quatre mois et dix jours; le changement de la Qibla de Jérusalem à la Ka'ba, l'abrogation de faire une aumône avant de s'entretenir en tête à tête avec le Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- et autre.
Verset 108
Observez-vous demander à votre Prophète ce qu'on demandait autrefois à Moïse? Dieu interdit aux fidèles de poser trop de questions sur des choses avant leur avènement. À ce propos, Al-Moughira Ben Chou'ba a rapporté que le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- a interdit les commérages, le gaspillage des biens et l'excès des questions. Et dans le Sahih de Mouslim, il a été rapporté que le Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit aux fidèles: «Laissez-moi tranquille tant que je vous laisse tranquilles, car ce qui a entraîné la perte de ceux qui vous ont précédés, ce fut leur excès de questions et leurs divergences envers leurs Prophètes: Évitez ce que je vous ai interdit». Ceci a eu lieu quand il leur avait enjoint d'accomplir le pèlerinage. Un homme se leva et demanda: «Ô Envoyé de Dieu! Doit-on l'accomplir chaque année?» Il garda le silence mais, après la troisième fois, il lui répondit: «Non! car si je répondais par l'affirmative, il vous serait imposé, et s'il vous était imposé, vous ne seriez être capables de le faire». Wahb Ben Zaïd a interprété cela en disant: «Les hommes ont demandé: «Ô Muhammad! Nous ne te croyons que si tu peux nous faire descendre du ciel un autre Livre que celui-là que nous puissions le lire, ou bien de jaillir pour nous une source de la terre»». Dieu lui fit alors cette révélation. Moujahed a rapporté: «Les Quraïchites demandèrent au Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- de leur transformer le mont As-Safa en une masse d'or. Il leur répondit: il sera ainsi si vous voulez, mais son cas sera comme celui de la table servie que demandèrent les fils d'Israël. Les Quraïchites retournèrent sans insister». On peut commenter ce fait en disant que celui qui demande au Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- rien que pour le harceler comme le firent les fils d'Israël qui demandèrent à Jésus de faire descendre sur eux une table servie, celui-là sera déçu et méprisé. Enfin quiconque échange la foi contre l'incroyance, c'est comme il s'écarte de la bonne direction, il aura par contre l'Enfer comme le confirme ce verset: (N'as-tu pas vu ceux qui échangent les bienfaits de Dieu contre l'incrédulité et qui établissent leur peuple dans la demeure de perdition; dans la Géhenne où ils brûleront? Quel détestable lieu de séjour) [Coran XIV, 28-29].
Verset 109
Beaucoup de gens du Livre, mus par l'envie, souhaiteraient de vous faire perdre la foi après que vous l'avez eue, après que la vérité s'est manifestée à eux-mêmes. Excusez-les et pardonnez-leur jusqu'à ce qu'Allah fasse connaître Sa volonté car Il est Tout-Puissant. Dieu le Très Haut met en garde Ses serviteurs croyants d'emprunter le chemin des incrédules parmi les gens du Livre. Il leur fait connaître leur inimitié cachée et apparente ainsi que leur jalousie qu'ils couvent. D'autre part, Il enjoint aux fidèles de pardonner ou d'endurer jusqu'à ce que l'ordre divin survienne apportant le secours et la victoire. D'autant plus, Il leur ordonne de s'acquitter de la prière et de verser la zakat en les exhortant à accomplir les œuvres pies. Ibn Abbas a dit: «Houyay Ben Akhtab et Abou Yasser Ben Akhtab étaient les ennemis jurés des musulmans et les plus envieux. Ils repoussaient vivement les gens à embrasser l'Islam autant qu'ils pouvaient. Comme on a rapporté aussi que Ka'b Ben Ashraf, le poète juif, lançait de polémiques contre le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue-. C'est au sujet de ceux-là que ce verset fut révélé. (Beaucoup de gens du Livre, mus par l'envie, souhaiteraient de vous faire perdre la foi après que vous l'avez eue). Ils le faisaient sciemment poussés par la jalousie après que la vérité ait été manifestée à eux. Dieu les critique et les réprimande à cause de leur agissement surtout que ces gens-là trouvent le Prophète mentionné chez eux dans la Tora et l'Évangile. Cette partie du verset: (Excusez-les et pardonnez-leur jusqu'à ce que Dieu fasse connaître Sa volonté) a été, d'après Ibn Abbas Abou Al-'Aliya et d'autres, abrogé par le verset du combat: (Tuez les polythéistes, partout où vous les trouverez) [Coran IX, 5].
Verset 110
Que votre prière soit toujours fervente! Faites l'aumône. Et tout le bien dont vous aurez fait l'avance sur terre, vous le retrouverez auprès d'Allah. Allah voit vos actions. Dieu exhorte les fidèles à être assidus à la prière, à verser la zakat à faire l'aumône qui leur sont bénéfiques au jour de la résurrection, et afin que Dieu leur accorde la victoire. Dieu connaît parfaitement ce que font les hommes; et ils seront rétribués dans l'au-delà selon leurs œuvres, et retrouveront auprès de Dieu le bien qu'ils auront acquis à l'avance pour eux-mêmes. Ils disent: «N'entreront au Paradis que les juifs ou les chrétiens». Évidemment, c'est ce qu'ils souhaitent. Réponds-leur: «Présentez vos preuves, si vos croyances ont quelque fondement.» Bien au contraire. C'est celui qui se sera donné entièrement à Allah, qui aura pratiqué le bien, c'est celui-là que son Seigneur récompensera, celui-là auquel Il évitera toute crainte et toute peine. Les juifs disent: «La religion des chrétiens repose sur rien». Les chrétiens disent: «La religion des juifs repose sur rien». Et pourtant les uns et les autres lisent les Écritures. Ce sont là de propos comme en ont tenu avant eux les ignorants. Ces controverses seront tranchées par Allah au jour du Jugement dernier.
Verset 111
Ils disent: «N'entreront au Paradis que les juifs ou les chrétiens». Évidemment, c'est ce qu'ils souhaitent. Réponds-leur: «Présentez vos preuves, si vos croyances ont quelque fondement.»
Verset 112
Bien au contraire. C'est celui qui se sera donné entièrement à Allah, qui aura pratiqué le bien, c'est celui-là que son Seigneur récompensera, celui-là auquel Il évitera toute crainte et toute peine.
Verset 113
Les juifs disent: «La religion des chrétiens repose sur rien». Les chrétiens disent: «La religion des juifs repose sur rien». Et pourtant les uns et les autres lisent les Écritures. Ce sont là des propos comme en ont tenu avant eux les ignorants. Ces controverses seront tranchées par Allah au jour du Jugement dernier.
Verset 114
Y a-t-il factieux plus vils que ceux qui empêchent le nom d'Allah de retentir dans ses temples, ceux qui conspirent à les détruire. Alors qu'en bonnes règles ils ne devraient y entrer qu'en tremblant. L'opprobre sera leur lot dans ce monde et un châtiment cruel les attend dans l'autre. Deux opinions ont été dites au sujet de ceux qui s'opposent à l'invocation de Dieu dans les temples et s'acharnent à les détruire: 1 - Il s'agit des chrétiens qui jetaient les ordures dans le temple de Jérusalem pour empêcher les gens d'y célébrer l'office. Qatada a dit: «Ils sont bien les chrétiens qui sont les ennemis de Dieu dont leur haine contre les juifs les portait à aider Bukhtanassar le mage à détruire le temple de Jérusalem». Quant à Al-Souddy, il a dit: «Ils étaient les Romains qui avaient secouru Bakhtanassar à détruire le temple de Jérusalem et d'y jeter les cadavres pour se venger des fils d'Israël qui avaient tué Yahia Ben Zakaria.» 2 - D'après Ibn Jarir: «Ce sont les polythéistes qui, le jour de Hudaybiya, avaient empêché le Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- d'entrer à la Mecque. Il devait immoler les offrandes à Dhi-Tuwa et conclure une trêve avec eux, en leur disant: «Nul n'a empêché un autre d'accéder à cette Maison. Même il y avait certains qui y rencontraient le meurtrier de leurs pères, ou leurs frères sans le repousser d'y entrer». Ils lui répondirent: «Ceux qui ont tué nos pères le jour de Badr n'ont pas le droit d'y accéder tant que nous vivons». D'après Ibn Abbas, ce verset a été révélé quand les Qoraïchites avaient empêché le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- de prier près de la Ka'ba à l'intérieur de la Mosquée Sacrée. Mais Ibn Jarir a dit: «les Qoraïchites ne s'essayaient pas à la ruine de la Ka'ba, mais les Romains, quant à eux, s'acharnaient à détruire le Temple de Jérusalem». Et l'auteur de cet ouvrage de conclure: «Après avoir critiqué et réprimandé les juifs et les chrétiens, Dieu vilipende les polythéistes qui avaient expulsé le Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- et ses compagnons de La Mecque et empêché de prier dans la Maison sacrée. Quant aux dires qu'ils n'ont pas conspiré à la destruction de la Ka'ba, quel agissement plus vil que ce qu'ils avaient fait? Après l'expulsion du Messager de Dieu et ses compagnons, ils remplissaient la Ka'ba de leurs idoles et de pierres dressées en reconnaissant des rivaux à Dieu qui a dit: {Pourquoi Dieu ne les punirait-Il pas? Ils écartent les croyants de la Mosquée Sacrée} [Coran VIII, 34]. Dieu a dit à leur égard: {Tels sont les incrédules qui vous ont écartés de la Mosquée sacrée et qui ont empêché les oblations de parvenir au lieu de leur sacrifice} [Coran XLVIII, 25]. Il ne s'agit pas de la décoration de la mosquée et de la parer, mais de la fréquenter pour célébrer l'office, invoquer le nom de Dieu et la débarrasser de toute souillure telles que les idoles qui se trouvaient à l'intérieur. Dieu dans la suite du verset montre l'attitude de ces polythéistes en disant (Alors qu'ils ne devraient y pénétrer qu'en tremblant), qui signifie qu'il ne convient jamais de permettre à ces gens-là d'y pénétrer que grâce à une trêve et un tribut qu'ils devraient payer. De toutes les interprétations faites au sujet de ce verset, on peut conclure ce qui suit: «C'est une bonne nouvelle aux musulmans de la part de Dieu qu'ils domineraient la Mosquée sacrée et toutes les autres mosquées, que les polythéistes seraient humiliés de sorte, qu'aucun d'eux n'y entrerait qu'en tremblant, ayant peur d'être puni ou tué s'il ne se convertissait pas. Dieu avait réalisé Sa promesse et ordonné à Son Prophète qu'aucune autre religion que l'Islam n'existerait dans la péninsule Arabe et d'en expulser les juifs et les chrétiens, dans le but d'honorer la Mosquée sacrée et de purifier tout le territoire. Voilà le vrai opprobre infligé aux incrédules dans le bas monde, et qu'ils subiront dans l'autre un châtiment douloureux.
Verset 115
Ayant quitté La Mecque et le Temple Sacré, Dieu voulut consoler Son Prophète et ses compagnons. Avant son émigration à Médine, le Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- faisait la prière en s'orientant vers Jérusalem ayant toujours la Ka'ba devant lui. À Médine, il se dirigeait vers Jérusalem pendant seize ou dix-sept mois, puis Dieu lui ordonna de se diriger vers la Ka'ba. C'est pourquoi Dieu dit: «Quel que soit le côté vers lequel vous vous tournez, la face de Dieu est là». Ibn Abbas a dit: «C'était le premier verset du Coran qui fut abrogé. Après son émigration à Médine, Dieu ordonna à Son Prophète de s'orienter dans la prière vers Jérusalem, ce qui causait la joie des juifs. Il continua à faire la prière de la sorte pendant dix mois et quelques. Mais comme il préférait la Qibla d'Ibrahim à d'autres côtés invoquant le Seigneur et tournant sa face vers le ciel, Dieu lui fit cette révélation: (Nous te voyions le visage tourné vers le ciel... jusqu'à... tourne ton visage donc vers la Mosquée Sacrée). Entendant cela, les juifs se livrèrent à des hypothèses en se disant: (Qui donc les a détournés de la Qibla vers laquelle ils s'orientaient?) Dieu alors fit descendre ce verset: (Dis: À Allah appartiennent le levant et le couchant). Ils ont dit que Dieu a révélé ce verset avant de désigner la Ka'ba comme Qibla. Car avant cela Dieu fit connaître à Son Prophète et à ses compagnons qu'ils pouvaient s'orienter vers n'importe quel côté car où qu'ils se dirigeaient la face de Dieu serait là, parce qu'il est partout comme Il le confirme dans ce verset: (... qu'ils soient moins ou plus nombreux, Il est avec eux) [Coran LVIII, 7]. Mais tout cela a été abrogé après la désignation de la Ka'ba comme la Qibla définitive. On a dit aussi que le verset précité a été révélé afin que tout homme puisse se diriger vers n'importe quel côté quand il s'agit d'une prière surérogatoire, comme faisait Ibn Omar quand il priait en montant sur une bête. On a dit également que le verset fut révélé au sujet des gens qui voulaient prier sans pouvoir déterminer le côté de la Qibla. Amer Ben Abou Rabi'a a rapporté que son père a raconté: «Étant en compagnie du Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- dans une expédition, nous campâmes dans un certain endroit. Et comme la nuit était tellement obscure, chacun de nous prenait quelques pierres et faisait un certain oratoire pour pouvoir prier. Le lendemain matin, nous constatâmes que notre orientation était différente de la Ka'ba. Faisant part de cela à l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue-, Dieu lui fit descendre ce verset. Ibn Abbas, de sa part, a rapporté un récit pareil au précédent. Quant à Ibn Jarir, il dit: «Il se peut que cela concerne l'invocation de Dieu et non pas la prière. Moujahed a appuyé ces dires et dit: «Quand ce verset: (Votre Seigneur dit: «Invoquez-moi et Je vous exaucerai») [Coran XL, 60], les fidèles se demandèrent: «Comment devrons-nous nous diriger?», le verset précité fut révélé. Dieu enfin fait connaître à Ses serviteurs que Ses bienfaits sont incommensurables et qu'Il sait tout ce que font les hommes.
Verset 116
Dieu, par ce verset, dément les juifs, les chrétiens et les polythéistes qui disaient qu'il s'est donné des filles parmi les anges, ou bien qu'il s'est donné un fils. Gloire à Lui! Ce qui se trouve dans les cieux et sur la terre lui appartient: Il est leur créateur, dispensateur, qui les dirige comme Il veut; ils ne sont que Ses serviteurs qui Lui sont soumis. Comment peut-il prendre l'un d'eux comme enfant? À savoir qu'un enfant ne puisse naître qu'à la suite de deux êtres identiques, alors que Lui, n'a pas un pareil ou un associé dans Son Royaume, et n'a jamais eu une compagne, comme Il le confirme dans ce verset: (Créateur des cieux et de la terre, comment aurait-il un enfant, alors qu'il n'a pas de compagne, qu'il a créé toute chose et qu'il connaît tout?) [Coran VI, 101]. Ibn Abbas a rapporté que le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit: «Dieu le Très Haut a dit: «Le fils d'Adam m'a accusé de mensonge sans avoir le droit de le faire. Il m'a injurié sans avoir le droit de le faire. Il m'a accusé de mensonge en disant: «Dieu ne me fera renaître comme Il m'a créé», or la première création n'était pas plus facile pour Moi que son recommencement. Quant à son injure, elle consiste à dire: «Dieu s'est donné un enfant», or je suis l'unique, l'impénétrable, Je n'engendre pas, et je ne suis pas engendré, et nul ne m'est égal» (Rapporté par Bukhari). Il a été rapporté dans les deux Sahih que le Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit: «Nul être n'est plus patient que Dieu en entendant ce qui Le nuit soit en Lui associant un autre, soit en Lui attribuant un fils, et malgré cela, Il châtie et accorde les biens». (Aux pieds de qui tout s'humilie) On peut conclure de différents dires des ulémas que cela signifie la soumission et l'obéissance à Dieu qui constituent un ordre légal et déterminé, car Dieu a dit: (Ceux qui sont dans les cieux et ceux qui sont sur la terre se prosternent devant Allah, ainsi que leurs ombres, de gré ou de force le matin et le soir) [Coran XIII, 15]. Et Ibn Jarir de dire en interprétant ce verset: «Gloire à Dieu! Comment pourrait-il se donner un fils alors qu'il est le Maître des cieux et de la terre, toutes les créatures témoignent de son unicité, se soumettent à sa volonté car Il est leur créateur et façonneur en les tirant du néant et les créant sans qu'il y ait un modèle à imiter.
Verset 117
D'autre part, c'est un avertissement à ceux qui prétendent que Jésus est le fils de Dieu, en leur disant que celui qui a créé les cieux et la terre, a créé Jésus aussi sans père par Sa volonté.
Verset 118
Ibn Abbas a rapporté que ce verset fut révélé au sujet de Rafe' ben Harmala quand il a dit à l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue-: « Ô Muhammad; si tu es vraiment un messager de Dieu, dis-Lui afin qu'Il nous parle et que nous puissions entendre Ses paroles. Quant aux autres exégètes, ils ont dit qu'il s'agit des juifs, chrétiens et polythéistes qui avaient provoqué le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- en lui demandant tant de miracles, qu'on trouve quelques-uns dans ces versets: - Ils disent lorsqu'un signe leur parvient: «Nous ne croirons pas, tant que nous ne recevrons pas un don semblable à celui qui a été accordé aux Prophètes de Dieu} [Coran VI, 124]. - Ceux qui n'espèrent pas notre rencontre disent: «Si seulement on avait fait descendre sur nous les anges, ou bien, si nous voyions notre Seigneur »} [Coran XXV, 21]. Dieu ordonna à son Prophète de leur répondre: (Gloire à mon Seigneur ! Que suis-je sinon un mortel, un Prophète} [Coran XVII, 93]. Cela montre sans aucun doute l'injustice, l'obstination et l'impertinence des incrédules comme était l'agissement des gens du Livre envers leurs Prophètes. Ils insistaient à voir les signes de Dieu pour croire bien que plusieurs signes leur aient été envoyés. Mais comment pouvait se comporter celui que Dieu avait scellé son cœur, son ouïe et sa vue? Ceux-là Dieu les avait désignés dans ce verset: (Ceux contre qui s'est réalisée la parole de Dieu ne croiront sûrement pas, même si tous les Signes leur parvenaient, tant qu'ils ne verront pas le châtiment douloureux} [Coran X, 96].
Verset 119
Ibn Abbas a dit que le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- annonçait la bonne nouvelle aux croyants qu'ils auront le Paradis, et avertissait les incrédules qu'ils subiront le châtiment de l'Enfer. 'Ata Ben Yassar a dit: «J'ai demandé à Abdullah Ben 'Amr Ben Al-'As: «Parle-moi de la qualité du Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- telle qu'elle a été mentionnée dans la Torah?» Il m'a répondu: «Par Dieu, elle a été mentionnée dans la Torah telle que l'on trouve dans le Coran: «Ô Prophète! Nous t'avons envoyé comme témoin, comme annonciateur de bonnes nouvelles, comme avertisseur, pour servir de refuge aux illettrés. Tu es Mon serviteur et Mon Messager. Je t'ai appelé: Celui qui met sa confiance en Dieu, qui n'est ni méchant ni grossier, qui ne vocifère pas sur les marchés, qui ne repousse pas le mal par le mal, mais qui est indulgent et pardonne aux autres. Dieu ne recueillera pas son âme tant qu'il n'aura pas remis grâce à lui la religion dans la voie droite, de sorte que tous les hommes diront: «Il n'y a d'autre divinité que Dieu» Grâce à lui, Dieu ouvrira les yeux aveugles, les oreilles sourdes et les cœurs fermés».
Verset 120
Tu ne seras agréé par les juifs et les chrétiens que lorsque tu suivras leurs préceptes. Dis-leur: Il n'y a qu'une règle, celle qui vient d'Allah. Si tu t'abandonnais à leurs aspirations, après ce que tu as appris, tu te trouverais seul devant Allah sans appui, ni protection. En interprétant ces versets, Ibn Jarir a dit: «Dieu fait connaître à Son Messager que les juifs et les chrétiens ne seront pas contents de toi tant que tu ne cesses pas de prêcher la religion qui est l'Islam et tant que tu ne suivras pas les leurs. Réponds-leur: «La voie de Dieu est vraiment la Bonne Direction». Par ailleurs, on trouve dans ce verset une menace et un avertissement aux fidèles s'ils suivront les enseignements des juifs et des chrétiens après ce qui leur est parvenu de la Science. Ceci est pareil à ce verset par lequel Dieu ordonne à Son Prophète de leur répondre: (À vous votre religion, à moi ma religion} [Coran CIX, 6]. Partant de cette décision, musulmans et incrédules n'hériteront pas les uns des autres.
Verset 121
Ceux à qui nous avons donné le Livre et qui le récitent avec la foi qu'il convient, ce sont ceux-là les vrais adeptes du Livre. Ceux qui refusent d'y croire seront perdus. En interprétant ces versets, Ibn Jarir a dit: «Dieu fait connaître à Son Messager que les juifs et les chrétiens ne seront pas contents de toi tant que tu ne cesses pas de prêcher la religion qui est l'Islam et tant que tu ne suivras pas les leurs. Réponds-leur: «La voie de Dieu est vraiment la Bonne Direction». Par ailleurs, on trouve dans ce verset une menace et un avertissement aux fidèles s'ils suivront les enseignements des juifs et des chrétiens après ce qui leur est parvenu de la Science. Ceci est pareil à ce verset par lequel Dieu ordonne à Son Prophète de leur répondre: (À vous votre religion, à moi ma religion) [Coran CIX, 6]. Partant de cette décision, musulmans et incrédules n'hériteront pas les uns des autres. «Ceux à qui nous avons donné le Livre et qui le récitent avec la foi», Ibn Jarir et Qatada ont dit qu'il s'agit des juifs et des chrétiens, mais Ibn Mass'oud, Al-Hassan Al-Basri, Soufian Al-Thawri et d'autres avaient un avis contraire et disaient qu'ils sont les musulmans. Ibn Mass'oud, et c'était presque l'interprétation des autres, a dit: Par celui qui tient mon âme en sa main, réciter le Livre - le Coran - comme il se doit, signifie: se conformer tant à son licite qu'à son illicite, c'est-à-dire pratiquer ce qui est permis et s'abstenir de ses interdictions, le réciter tel qu'il a été révélé sans altérer ni falsifier ses mots et sans l'interpréter à sa guise». Quant à Omar Ben Al-Khattab, il a dit: «Ceux qui, lorsqu'ils rencontrent, en le récitant, un verset qui renferme une miséricorde, ils demandent à Dieu de la leur accorder, ou un verset qui désigne un châtiment ils implorent Dieu de le leur épargner. Un hadith a été rapporté et donne le même sens. (Ce sont ceux-là les vrais adeptes du Livre) signifie: ceux parmi les gens d'Écritures révélées à leurs Prophètes, qui se conformaient au contenu de leur propre Livre, devraient croire en toi ô Mouhammad comme Dieu le confirme dans ce verset: (S'ils avaient observé la Tora et l'Évangile et ce qui leur a été révélé par le Seigneur, ils auraient certainement joui des biens du ciel et de ceux de la terre) [Coran V, 66] et ce verset: (Dis: «O gens du Livre! Vous ne vous appuyez sur rien, tant que vous n'observez pas la Tora et l'Évangile et ce qui vous a été révélé par votre Seigneur») [Coran V, 68]. Cela signifie si les gens du Livre avaient établi la Tora et l'Évangile comme il se doit, étaient des véritables croyants, déclarant véridique ce que leurs Livres contenaient comme l'annonce de la venue de Mouhammad, ses qualités et sa description, l'ordre de le suivre et de lui porter secours, tout cela pourrait leur guider vers la vérité en acquérant les biens de ce bas monde et ceux de l'au-delà. C'est pourquoi Dieu dit à la fin: (Ceux qui refusent d'y croire seront perdus). Le Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit à cet égard dans un hadith rapporté par Abou Houraira: «Par celui qui tient mon âme en Sa main! Un homme de cette communauté qu'il soit juif ou chrétien n'entend parler de moi, et mourra sans croire en ce par quoi j'ai été envoyé, sans qu'il ne soit pas un damné de l'Enfer» (Rapporté par Mouslim).
Verset 122
Un verset pareil a été cité auparavant (voir n°: 40) par lequel Dieu ordonne aux fils d'Israël de se rappeler des faveurs et bienfaits qu'Il leur a accordés. Il leur ordonne aussi de croire à Son Prophète Mouhammad -qu'Allah le bénisse et le salue-, à ne plus jalouser leurs cousins les Arabes auxquels Il leur a envoyé Son Messager ainsi qu'à tout le monde et qui est le dernier des Prophètes, et que cette jalousie ne les porte pas à renier son message et de le traiter comme menteur etc...
Verset 123
Après qu'Allah eût envoyé des commandements à Abraham comme épreuve et qu'il les eût exécutés, Allah lui dit: «Je te nomme l'imam de mes peuples». «Étends cette faveur à mes descendants» répondit Abraham. Soit, reprit le Seigneur, mais J'excluerai ceux de tes descendants qui seront injustes.
Verset 124
Dieu fait montre de la haute considération qu'Il a accordée à Abraham -que Dieu le salue- en faisant de lui un dirigeant pour les hommes, lorsqu'Il l'éprouva par de certaines paroles qui comportèrent des ordres et des interdictions. Il charge Son Prophète de mentionner ceci aux polythéistes et aux gens des deux Livres qui prétendront suivre la religion d'Abraham mais en fait ils ne la suivaient pas. Quant à Abraham il les exécuta telles qu'il les avait reçues. C'est pourquoi Dieu a dit de lui: (... Et celles d'Abraham qui fut très fidèle) [Coran LIII, 37] et: (Abraham représente vraiment tout un peuple: docile envers Dieu, c'était un vrai croyant; il ne fut pas au nombre des polythéistes * Reconnaissant envers Dieu pour ses bienfaits, Dieu l'a choisi et l'a dirigé sur une voie droite) [Coran XVI, 120-121] et aussi: (Abraham n'était ni juif ni chrétien mais il était un vrai croyant soumis à Dieu, il n'était pas au nombre des polythéistes * Les hommes les plus proches d'Abraham sont vraiment ceux qui l'ont suivi, ainsi que ce Prophète et ceux qui ont cru) [Coran III, 67-68]. Le Seigneur éprouva Abraham par certains ordres qu'il les eut accomplis, et pour le récompenser, il fit de lui un guide pour les hommes. Quels étaient ces ordres ou commandements? Plusieurs commentaires ont été dits à ce sujet: - D'après Ibn Abbas: ce sont des actes rituels: la pureté des cinq parties dans la tête et cinq dans les autres membres. Dans la tête: se couper les moustaches, se rincer la bouche, aspirer de l'eau par les narines, se frotter les dents et se peigner. Dans le corps: rogner les ongles, se raser le pubis, s'épiler les aisselles, se circoncire et se nettoyer avec de l'eau après avoir uriné ou fait une déjection». Il a été rapporté dans les deux Sahihs d'après Abou Houraira que l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit: «Cinq actes font partie de la Fitra (l'islamisme): la circoncision, le rasage du pubis, la coupure des moustaches, l'épilage des aisselles et rogner les ongles».
Verset 125
Puis nous recommandâmes à Abraham et Ismaël de tenir propre Ma demeure en l'honneur de ceux qui en feront le tour, qui y accompliront une retraite et qui viendront prier. Quelle a été cette recommandation à Abraham et Ismaël? Al-Hassan Al-Basri a dit: «C'était la purification de la Maison de toute souillure» en leur inspirant de la faire-Il s'agit des idoles, de rapports charnels, de paroles ou de serments mensongers et de toute impureté. Quant à Moujahed, Qatada et 'Ata, ils ont dit que c'était la proclamation qu'il n'y a d'autre divinité que Dieu sans rien lui associer. Ceux qui font le tour et ceux qui font la retraite, selon l'avis de Sa'îd ben Joubayr, sont respectivement les personnes qui y arrivent d'autres pays et les demeurants.
Verset 126
Abraham supplia le Seigneur de rendre ce lieu inviolable et prospère mais uniquement pour ceux qui croiraient en lui et au jour dernier. Allah répondit: «À celui qui ne croira pas J'accorderai quelques faveurs passagères puis Je l'acculerai au supplice du feu. Quelle triste destinée que la leur. En commentant ce verset, Ibn Jarir a rapporté d'après Jaber Ben Abdullah que l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit: «Sur la demande d'Abraham, Dieu a rendu la Maison sacrée et un lieu de sécurité; sur ma demande, Dieu a rendu Médine et l'espace compris entre ses deux extrémités couvertes de pierres volcaniques, un territoire sacré, on n'y tue pas le gibier ni coupe ses arbres».(Rapporté par Nassai et Mouslim). En interprétant ce verset, Ibn Abbas a dit: «Abraham permettait aux croyants seuls de prendre cette enceinte comme refuge, en dehors des autres gens. Dieu fit alors révéler ceci: «J'accorde Mes bienfaits tant aux croyants qu'aux incrédules. Est-ce possible que Je crée des hommes sans pourvoir à leur besoin? Mais je contraindrai les incrédules ensuite au châtiment du Feu». Puis Ibn Abbas récita ce verset: (Nous accordons largement à tous, à ceux-ci et à ceux-là, les dons de ton Seigneur ne sont refusés à personne) [Coran XVII, 20].
Verset 127
Pendant qu'Abraham et Ismaël élevaient les assises de la Ka'ba, ils disaient: «Seigneur, agrée cette œuvre de nous, Toi qui entends et sais tout. Alors Abraham éleva les assises de la Maison, Ismaël lui apporta les pierres et le père construisit. Lorsque le bâtiment eut atteint une certaine hauteur, Ismaël lui apportait toujours les pierres. Tous les deux, au cours de leur travail, invoquaient Dieu par ces mots: (Notre Seigneur, accepte cela de notre part: Tu es celui qui entend et qui sait tout).
Verset 128
«Seigneur, fais de nous des gens résignés à Ta volonté et fais de notre postérité un peuple soumis à Tes lois. Montre-nous les rites du pèlerinage et pardonne-nous. Car Tu es miséricordieux et clément. Abraham et Ismaël supplièrent leur Seigneur par ces mots: (Seigneur, fais de nous des gens résignés à Ta volonté et fais de notre postérité un peuple soumis à Tes lois), c'est-à-dire des croyants qui Te seront soumis, T'adoreront sans rien T'associer. Cette invocation faite par Abraham et Ismaël concerne, en vérité, tous les croyants fidèles comme le montre ce verset: (Ceux qui disent: «Notre Seigneur, accorde-nous la joie des yeux en nos épouses, en notre descendance; fais de nous de modèles pour ceux qui craignent Dieu) [Coran XXV, 74]. «Montre-nous les rites du pèlerinage», cette partie du verset a été interprétée par Ibn Abbas comme suit: «Après qu'on eût montré à Abraham les rites du pèlerinage, et voulant faire le parcours entre As-Safa et Al-Marwa, le démon se prépara pour lui barrer le chemin mais Abraham l'eut devancé, puis Gabriel l'emmena à Mina et lui dit: «C'est ici que les gens devront faire halte». Ensuite, comme Abraham se dirigea vers la jamarat de «Al-'Aqaba» pour jeter les cailloux, le démon voulut l'interdire, il lui jeta sept cailloux et le démon s'enfuit. Arrivé à la Jamarat «La moyenne» emmené toujours par Gabriel, le démon essaya aussi de l'empêcher, mais Abraham lui jeta sept cailloux, et ce fut de même à la fin auprès de la Jamarat «La plus éloignée» et Abraham lapida le démon de sept cailloux. Gabriel enfin montra à Abraham le Moment sacré d'Arafat.
Verset 129
Abraham implora Dieu afin qu'Il envoie aux habitants de l'enceinte sacrée un messager de sa postérité, cette imploration concorda avec ce que Dieu avait prédestiné. Mouhammad fut envoyé vers tous les hommes sans distinction et même vers les génies. Abou Oumama a dit: «J'ai demandé à l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue-: «Comment la venue a-t-elle été annoncée?» Il me répondit: «C'était l'invocation d'Abraham, la bonne annonce de Jésus, et ma mère, lors de sa conception, a vu une lumière qui sortait d'elle pour éclairer les palais du Châm» (Rapporté par Ahmed). Ce hadith signifie qu'Abraham -que Dieu le salue- était le premier qui parla de lui, sa mention ne cessa d'être répandue parmi les hommes jusqu'à ce que Jésus, le fils de Marie, le dernier Prophète envoyé aux fils d'Israël, se leva parmi ces derniers en sermonneur et leur dit: (Je suis, en vérité, le Prophète de Dieu envoyé vers vous pour confirmer ce qui, de la Tora, existait avant moi, pour vous annoncer la bonne nouvelle d'un Prophète qui viendra après moi et dont le nom sera «Ahmad» [Coran LXI, 6]. Ce Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- enseignera le Coran et la Sunna aux hommes et les purifiera, c'est-à-dire, comme a dit Ibn Abbas, la soumission à Dieu et la sincérité du culte.
Verset 130
Et qui peut se désintéresser de la religion d'Abraham sinon celui qui n'a pas le sentiment de la dignité. Nous l'avons élu dans ce monde et il siégera dans l'autre parmi les justes. Dieu le Béni et le Très Haut répond aux polythéistes et réfute tout ce qu'ils lui avaient attribué comme associés ou des fils, une religion qui contredit totalement celle d'Abraham l'imam de monothéistes et des hommes pieux, qui a voué au Seigneur un culte pur en dénigrant et reniant ce que les impies ont adoré en dehors de Lui. Ceux qui éprouvent de l'aversion pour la religion d'Abraham ne sont que des insensés qui se sont détournés de la voie droite pour suivre le chemin de l'égarement. Y a-t-il une injustice plus grave que celle-là en préférant l'égarement et l'aberration à la bonne direction? Le polythéisme ne constitue-t-il pas une grande injustice? Y a-t-il autres que les insensés qui agissent de la sorte? Abou Al-Alya et Qatada ont dit: «Ce verset a été révélé au sujet des juifs qui ont introduit à leur religion des innovations qui lui sont étrangères rien que pour contredire la religion d'Abraham et se détourner de la voie droite. Dieu désavoue leur agissement et répond à ces juifs et aux chrétiens qu'Abraham, était plutôt un croyant et soumis ce qui est confirmé dans ce verset: (Abraham n'était ni juif ni chrétien, mais il était un vrai croyant soumis à Dieu au nombre des polythéistes * Les hommes les plus proches d'Abraham sont vraiment ceux qui l'ont suivi, ainsi que ce Prophète et ceux qui ont cru. Dieu est le Maître des croyants) [Coran III, 67-68].
Verset 131
Lorsque son Seigneur dit à Abraham: «Soumets-toi» il répondit: «Je me soumets au Maître de l'univers».
Verset 132
Abraham recommanda à ses enfants de se soumettre et Jacob en fit autant en ces termes: «O mes enfants, Allah vous a choisi une religion. Ne mourez pas que vous soyez soumis». Abraham recommanda à ses enfants de se soumettre à Dieu et ne mourront que soumis. On a dit que cette recommandation fut faite quand Abraham fut sur l'article de la mort, et Isaac eut un enfant - Jacob - du vivant d'Abraham et de Sarah, car à cette époque Dieu annonça la bonne nouvelle: (Nous lui annonçâmes la bonne nouvelle d'Isaac, et de Jacob après Isaac) [Coran XI, 71] ceci a été confirmé aussi dans d'autres versets. Alors Jacob (surnommé plus tard Israël) naquit du vivant d'Abraham, et c'est lui qui avait bâti le Temple de Jérusalem. Une recommandation fut faite d'Abraham à ses enfants: (O mes enfants, Allah vous a choisi une religion. Ne mourez pas que vous n'y soyez soumis), une expression qui signifie: persévérez dans votre soumission à Dieu, ne faites que de bonnes œuvres pour être toujours reconnaissants envers Dieu qui vous a accordé Ses bienfaits. Car en général l'homme ne meurt qu'en pratiquant les œuvres qu'il faisait de son vivant, et sera ressuscité dans les mêmes conditions.
Verset 133
Étiez-vous présents aux derniers moments de Jacob lorsqu'il interpella ainsi ses enfants: «Qu'adorerez-vous après moi?» Ils répondirent: «Nous adorerons ton Seigneur. Le Seigneur de tes pères: Abraham, Ismaël et Isaac, le Dieu unique, et nous nous soumettrons à Lui». Les polythéistes parmi les Arabes de la postérité d'Ismaël et les incrédules parmi les Juifs prétendaient que, lorsque la mort se présenta à Jacob, il recommanda à ses enfants de n'adorer que Dieu seul sans Lui reconnaître des égaux ou associés, et ils répondront qu'ils adoreront le Seigneur d'Abraham, Ismaël et Isaac, alors qu'Ismaël était son oncle paternel, comme si cette recommandation ne les concernait pas. Mais les Arabes donnent le nom «Père» à l'oncle parfois et même au grand-père. L'Islam, qui est la soumission était la religion de tous les Prophètes sans exception malgré la diversité de leurs lois ou leurs préceptes, car Dieu a confirmé cette vérité dans plusieurs versets dont on cite celui-ci à titre d'exemple. (Nous n'avons envoyé aucun Prophète avant toi sans lui révéler: «Il n'y a de Dieu que Moi; adorez-moi») [Coran XXI, 25].
Verset 134
Cette génération a disparu, emportant avec elle le mérite de ses actions. Vous-mêmes ne recueillerez que le mérite de vos actions, et il ne vous sera pas demandé compte de ce qu'auront fait vos ancêtres. Enfin Dieu avertit les impies en leur disant: «Si vous remontez votre généalogie aux Prophètes et aux hommes vertueux, en prétendant que vous faites partie de leur postérité, cela ne vous servira à rien tant que vous n'êtes pas de vrais croyants et tant que vous ne faites pas de bonnes œuvres, car chacun œuvre pour lui-même et nul ne sera interrogé sur les actes d'un autre. C'est pourquoi il a été rapporté que le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit: «Quiconque dont ses œuvres pies sont très minimes, sa généalogie ne lui servira à rien» (Rapporté par Muslim).
Verset 135
Ibn Abbas a rapporté: «Abdullah Ben Sorya a dit à l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue-: «La bonne direction n'est autre que ce que nous pratiquons, suis-nous ô Muhammad et tu seras bien dirigé». Comme les chrétiens ont tenu aussi les mêmes propos, Dieu fit alors cette révélation: (Devenez juifs ou chrétiens et vous serez dans la bonne voie) Mais le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- fut ordonné de leur répondre: (Non. Nous suivons le culte d'Abraham le modèle même de la droiture). Abou Qilaba a interprété la droiture en disant: il s'agit de croire en tout ce que les Prophètes ont apporté, du premier au dernier.
Verset 136
Dieu le Très Haut a dirigé Ses serviteurs croyants vers la foi en leur ordonnant de croire en ce qui a été révélé à Muhammad -qu'Allah le bénisse et le salue- en détail et aux autres Prophètes en gros, sans avoir de préférence pour aucun d'entre eux, ou être parmi ceux: (qui veulent établir une distinction entre Dieu et Ses Prophètes en disant: «Nous croyons en certains d'entre eux, nous ne croyons pas en certains d'autres»; ceux qui veulent suivre une voie intermédiaire * ceux-là sont vraiment incrédules) [Coran IV, 150-151]. Abou Houraira a dit: «Les gens du Livre lisaient la Torah en langue hébraïque et la traduisaient en arabe aux musulmans. L'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- dit aux fidèles: «Ne croyez pas les gens du Livre, ne les démentez pas, mais dites plutôt: Nous croyons en Dieu et ce qu'Il a révélé») (Rapporté par Boukhari).
Verset 137
Dieu fait connaître à Son Prophète que si ces incrédules parmi les gens du Livre croient à ce que vous croyez, c'est à dire en tous les Livres et les Prophètes sans faire aucune distinction entre eux, ils sont bien dirigés. Mais s'ils se détournent de la vérité pour suivre l'erreur, ils se trouvent alors dans un schisme. Dieu vous suffit vis-à-vis d'eux, il est celui qui entend et sait tout.
Verset 138
Ibn Abbas a dit: «La couleur de Dieu- ou l'onction- n'est autre que la religion de Dieu. Le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit: «Les fils d'Israël ont demandé à Moïse: Ton Seigneur, faut-il le teindre?» Il leur répondit: «Craignez Dieu». Le Seigneur lui fit alors cette révélation. Dieu montre à Son Prophète le moyen de réfuter les dires des polythéistes qui discutaient avec lui à Son sujet, de le considérer comme Dieu unique, envers qui nous devons être sincères en Lui rendant un culte pur, n'adorer que Lui en obtempérant à Ses ordres et prescriptions et s'interdisant à tout ce qu'Il a prohibé. Il est notre Seigneur et le vôtre, Il n'a pas d'associé et dispose de ce qu'Il a créé. À chacun appartiennent ses actions, et nous désavouons ce que vous adorez et ce qu'adoraient vos pères, comme Dieu le montre dans un autre verset: (Dis-leur, quand ils te traitent de menteur: «À moi mes actes, à vous les vôtres, vous désavouez ce que je fais, et je ne suis pas responsable de ce que vous faites) [Coran X, 41].
Verset 139
Dieu montre à Son Prophète le moyen de réfuter les dires des polythéistes qui discutaient avec lui à Son sujet, de le considérer comme Dieu unique, envers qui nous devons être sincères en Lui rendant un culte pur, n'adorer que Lui en obtempérant à Ses ordres et prescriptions et s'interdisant à tout ce qu'Il a prohibé. Il est notre Seigneur et le vôtre, Il n'a pas d'associé et dispose de ce qu'Il a créé. À chacun appartiennent ses actions, et nous désavouons ce que vous adorez et ce qu'adoraient vos pères, comme Dieu le montre dans un autre verset: (Dis-leur, quand ils te traitent de menteur: «À moi mes actes, à vous les vôtres, vous désavouez ce que je fais, et je ne suis pas responsable de ce que vous faites) [Coran X, 41].
Verset 140
Puis Dieu réfute les présomptions de ceux qui disaient qu'Abraham et les autres Prophètes suivaient leurs propres religions le judaïsme ou le christianisme, et comment le savaient-ils alors que Dieu seul est le plus renseigné? Non, Abraham n'était ni juif ni chrétien, mais il était un vrai croyant soumis à Dieu; il n'était pas au nombre des polythéistes. «Et quel est plus coupable que celui qui dissimule les témoignages qu'il a reçus d'Allah» Cette partie du verset a été interprétée par Al-Hassan Al-Basri de la façon suivante: «Ils lisaient dans le Livre qui leur fut révélé que la religion de Dieu est l'Islam, que Muhammad est l'Envoyé de Dieu, et qu'Abraham, Ismaël, Isaac, Jacob et les autres prophètes parmi les tribus désavouaient le judaïsme et le christianisme. Ils témoignèrent cela à Dieu et s'y consentirent, mais ils avaient dissimulé ce témoignage, en semblant ignorer que: (Dieu n'est pas inattentif à ce qu'ils faisaient) c'est une grande menace que Dieu lance à l'encontre de ces gens-là, car Sa science embrasse tout et Il les châtiera pour leur reniement.
Verset 141
Cette communauté qui a passé possède ce qu'elle a acquis, et vous avez ce que vous avez acquis, et vous ne serez point interrogés sur ce qu'ils faisaient. Un verset similaire a déjà été mentionné ci-dessus. A chaque communauté ses œuvres qu'elle aura acquises. Dieu les avertit en leur disant que leur adhésion au dogme de leurs Prophètes ne leur suffit pas tant qu'ils ne suivent pas les enseignements et les mettent en exécution et tant qu'ils ne suivront pas les autres Prophètes et messagers qui leur furent envoyés en tant que porteurs de la bonne nouvelle et avertisseurs. Quiconque mécroit en un seul Prophète n'est comme il a mécru en tous les autres surtout au dernier des Prophètes, le Messager qui a été envoyé vers tous les hommes et les génies.
Verset 142
Des insensés interrogeront: Pourquoi ont-ils abandonné la direction à laquelle ils étaient habitués jusqu'alors? Réponds-leur: L'Orient et l'Occident sont à Allah. Il indique à qui Il veut la bonne direction. Le mot «insensés» cité dans ce verset vise les docteurs juifs d'après Al-Zajjaj, ou bien les hypocrites d'après Moujahed, ou selon Al-Souddy tous les deux. Al-Bara' a rapporté: «L'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- faisait ses prières durant seize ou dix-sept mois en se dirigeant vers le Temple de Jérusalem. Il lui plaisait beaucoup d'avoir la Maison sacrée entre lui et le Temple. Après le changement de la Qibla, la première prière qu'il avait faite, était celle de l'asr, en commun avec d'autres fidèles. La prière achevée, un homme de ces derniers passa par d'autres qui priaient en position d'inclinaison, il leur dit: «Je jure par Dieu que je viens de faire la prière en nous dirigeant vers la Mecque», les hommes changèrent alors leur qibla et se dirigèrent vers la Ka'ba». Lorsque cela eut lieu, les hypocrites, les tergiversés et les incrédules parmi les juifs éprouvèrent un certain suspect, un égarement de la voie droite et une incertitude. Ils dirent: «Qui les a détournés de l'orientation à laquelle auparavant ils se tenaient?» Dieu fit alors descendre cette révélation: «L'Orient et l'Occident sont à Dieu» Tout revient à Dieu et quel que soit le côté vers lequel on se tourne, la face de Dieu est là. L'essentiel c'est de se soumettre à Lui même si on dirige la face plusieurs fois vers différents côtés, car nous ne sommes que Ses serviteurs et Il nous dirige comme Il veut, et ce fut enfin la Ka'ba qui nous a été choisie comme Qibla, la plus honorable orientation.
Verset 143
Nous avons fait de vous une nation centrale pour que vous serviez de témoins à tous les peuples. Votre témoin, à vous, sera le Prophète. Nous n'avons institué la Qibla initiale que pour distinguer ceux qui obéiraient au Prophète de ceux qui l'abandonneraient. Ce fut là une dure épreuve, sauf pour ceux à qui Allah donna la foi. Ce n'est pas Allah qui vous fera perdre le bénéfice de votre foi, car Allah est plein de mansuétude et de clémence pour les hommes. Cela signifie que Dieu nous a ordonnés de prendre la Qibla d'Abraham de préférence à toutes les autres pour que nous soyons la meilleure de toutes les communautés et des témoins contre les autres au jour de la résurrection, car ceux-là devraient être reconnaissants envers nous. Dieu a fait de nous une communauté de juste milieu comme étant la meilleure, nous a donné les lois les plus parfaites, les voies les plus droites et les plus claires. Nous n'avons maintenu la Qibla initiale que pour distinguer ceux qui obéiraient au Prophète de ceux qui l'abandonneraient. Ce fut là une dure épreuve, sauf pour ceux à qui Allah donna la foi. Dieu veut dire: «O Mouhammad! Nous avions d'abord établi pour toi le Temple de Jérusalem comme orientation, puis nous t'en avons détourné pour t'orienter vers la Ka'ba, pour distinguer ceux qui te suivent de ceux qui retournent sur leurs pas en te désobéissant et apostasiant. Ce faire est sans doute une épreuve qui pèsera sur les cœurs mais pas pour ceux que Dieu dirige, croient en lui, déclarent véridique tout ce que tu leur apportes et que Dieu est libre de faire ce qu'il lui plaît.»
Verset 144
Nous t'avons vu, ô Prophète, interroger le ciel du regard. Nous t'avons désigné une direction qui t'agrée. Tourne ton visage du côté de l'Oratoire Sacré. Où que vous soyez, tournez votre visage de ce côté. Les gens d'Écritures savent parfaitement que cette vérité vient du Seigneur. Et Allah n'est pas inattentif à ce que vous faites. Nous avons déjà assez parlé du changement de la Qibla et c'est une des faveurs que Dieu a accordées à son Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- qui désirait toujours prier en s'orientant vers la Ka'ba. Ce qui a été affirmé, c'est que la prière faite par le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- après ce changement fut celle de l'asr. Donc où que soit le fidèle, il doit tourner son visage vers la Ka'ba pour accomplir la prière prescrite. Quant aux prières surérogatoires pendant le voyage, ou durant le combat, ou bien même si on ignore la direction de la Ka'ba et sans la bien préciser, on peut les faire vers n'importe quel côté mais il vaut mieux s'efforcer de connaître la direction de la Qibla, et Dieu n'impose pas à l'homme une charge qu'il ne peut pas supporter. Dieu enfin fait connaître à son Prophète que tant aux juifs qu'à ceux qui ont désavoué l'orientation vers la Ka'ba, savaient bien que tôt ou tard, le Seigneur allait l'orienter vers elle comme il est cité dans leurs Écritures en l'y décrivant, et ce que Dieu l'avait réservé comme honneur, haute considération et une parfaite religion.
Verset 145
Donc, ô Mouhammad, si tu apportais aux juifs incrédules quelques signes et preuves évidentes, ils n'en croiraient jamais et n'adopteraient non plus ta Qibla, car Dieu a dit d'eux: «Ceux contre qui s'est réalisée la parole de Dieu ne croiront sûrement pas» même si tous les signes leur parvenaient, tant qu'ils ne verront pas le châtiment douloureux. Comme ils tiennent à leur opinion et à leurs passions, le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- doit aussi, de sa part, tenir à ce que Dieu lui a révélé et à quoi il doit se soumettre en cherchant la satisfaction de Dieu. Il ne devra pas donc en aucun cas les suivre et se soumettre à leurs passions, comme Dieu lui ordonne: Si, après avoir reçu la vérité, tu te laissais entraîner par eux, tu te rangerais au nombre des coupables.
Verset 146
Dieu informe Son Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- que les gens du Livre connaissent bien la véracité de ce qu'il a apporté comme l'un d'entre eux connaît son propre enfant. On a rapporté qu'Ibn Omar demanda à Abdullah Ben Salam: «Connais-tu Mouhammad comme tu connais ton propre enfant?» - Certes oui et mieux encore, répondit-il, la description du «Fidèle» avait été parvenue du ciel avant même son message. Quant à mon enfant, je ne sais rien de ce que sa mère a fait.
Verset 147
Mais les juifs à l'accoutumée, dissimulaient tout ce qui est mentionné dans leur livre au sujet du Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- et Dieu par contre, affirme que ce qu'il a apporté est la vérité, et on ne doit jamais en douter.
Verset 148
Chacun a sa direction préférée. Mais qu'importe, le principal est de rivaliser pour le bien. Où que vous soyez, Allah vous ramènera à Lui, car Il est tout-Puissant. Ibn Abbas a interprété ce verset en disant: «À chaque nation une Qibla vers laquelle les hommes s'orientent et qui l'agrée, et Dieu a dirigé Son Messager vers la Qibla dont les croyants ont agréé.» Quant à Al-Hassan, il a dit: «Dieu a ordonné à chaque nation de s'orienter vers la Ka'ba.» Ce verset est pareil à un autre où Dieu dit: «Nous avons donné, à chacun d'entre eux, une règle et une loi. Si Dieu l'avait voulu, Il aurait fait de vous une seule communauté: Mais Il a voulu vous éprouver par le don qu'Il vous a fait. Cherchez à vous surpasser les uns les autres dans les bonnes actions, votre retour, à tous, se fera vers Dieu.» À la fin, Dieu ressemblera tous les hommes car Il est capable de toute chose.
Verset 149
De quelque lieu que tu sortes, tourne ton visage du côté de l'Oratoire sacré. C'est là une prescription de ton Seigneur. Et Allah n'est point inattentif à ce que vous faites. L'ordre de s'orienter vers la Maison Sacrée dans la prière, fut donné pour la troisième fois. Pour quelle raison? On a dit que c'était la première chose qui fut abrogée des enseignements, selon l'opinion d'Ibn Abbas et d'autres. D'autres ont dit: Ceci dépend des lieux où se trouve celui qui prie: Le premier est celui qui voit la Ka'ba, le deuxième qui se trouve à La Mecque sans la voir, et le troisième qui réside en d'autres pays et régions, d'après Al-Fakhr Al-Razi. Quant à Al-Qourtoubi, il a dit: «Le premier concerne le résidant à la Mecque, le second en d'autres pays et le troisième qui voyage.»
Verset 150
De quelque lieu que tu sortes, tourne ton visage du côté de l'Oratoire sacré. Où que vous vous trouviez, tournez vos visages de ce même côté, si vous ne voulez pas donner prise à vos adversaires contre vous. Quant aux incrédules, ne les craignez pas, mais craignez-Moi, afin que vous obteniez Mon indulgence plénière et que vous vous trouviez toujours dans la bonne voie. «Si vous ne voulez pas donner prise à vos adversaires contre vous», Abou Al-Alya a interprété cela en disant: «Afin que les juifs ne disent: Mouhammad fut ordonné de s'orienter vers la Ka'ba, cet homme-là a tant désiré la maison de ses pères et la religion de ses concitoyens», et ils prétendaient: Sûrement à la fin Mouhammad reviendra à notre religion et à notre Qibla. D'autre part, les polythéistes de Qoraïch disaient: «Cet homme prétend suivre la religion d'Abraham, et si son orientation vers le Temple de Jérusalem faisait partie de cette religion, pourquoi donc il l'a quittée?» La réponse est la suivante: «Dieu lui avait ordonné d'abord de tourner son visage vers Jérusalem comme étant un ordre émanant de la sagesse de Dieu, et il Lui a obéi. Puis Il lui ordonna de se diriger vers la Qibla d'Abraham qui est la Ka'ba et il obtempéra à l'ordre divin.» Enfin Dieu recommande au Prophète de le craindre seul en dehors des autres créatures afin de lui parachever Ses bienfaits qui complètent les lois de sa religion, peut-être les musulmans seront les biens dirigés alors que les autres demeureront dans les ténèbres de l'égarement.
Verset 151
Dieu fait rappeler à ses serviteurs croyants, ses multiples bienfaits en leur envoyant d'abord son Messager Mouhammad -qu'Allah le bénisse et le salue- qui leur récite Ses versets, leur communique Ses Signes clairs, leur purifie de toute perversité, les débarrasse des actions qui remontent au temps de l'ignorance (Jahilia), les fait sortir des ténèbres vers la lumière, leur enseigne le Coran et la sagesse c'est à dire la Sunna et leur apprend ce qu'ils ne savaient pas. Ceux qui récitaient le Coran étaient dédaignés de la part des polythéistes insensés, mais grâce au mérite de ce Livre et sa bénédiction, ces récitateurs ne tarderont pas à devenir des hommes justes et vertueux, des savants-ulémas, des sincères et véridiques. Dieu a dit: (Dieu a accordé une grâce aux croyants lorsqu'il leur a envoyé un Prophète pris parmi eux qui leur récite Ses versets, qui les purifie) [Coran III, 164]. Quant à ceux qui ont méconnu les bienfaits de Dieu, Dieu les a méprisés et dit: (N'as-tu pas vu ceux qui échangent les bienfaits de Dieu contre l'incrédulité et qui établissent leur peuple dans la demeure de la perdition) [Coran XIV, 28]. Ibn Abbas a dit: «Les bienfaits cités dans le verset signifient Mouhammad -qu'Allah le bénisse et le salue- et son message».
Verset 152
C'est pourquoi Dieu recommande à Ses serviteurs croyants d'avouer ces bienfaits et d'être reconnaissants envers Lui sans les renier. Zaïd Ben Aslam a dit: «Moïse demanda à Dieu: «Seigneur, comment je dois Te remercier?» Il lui répondit: «Mentionne-Moi sans M'oublier et ainsi tu seras reconnaissant. Mais si tu M'oublies, tu auras renié Mes bienfaits». À savoir que plusieurs commentateurs ont interprété ce mot de la même façon et certains ont ajouté qu'il faut obéir et se soumettre à Dieu et Le craindre. Anas a rapporté que l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit en attribuant ces propos au Seigneur: «Dieu à Lui la puissance et la gloire a dit: «Ô fils d'Adam! Si tu Me mentionnes en toi-même, Je te mentionnerai en Moi-même, si tu Me mentionnes en public, Je te mentionnerai dans un public bien meilleur encore (les anges). Si tu t'approches de Moi d'un empan, Je M'approcherai de toi d'une coudée, si tu t'approches de Moi d'une coudée, je M'approcherai de toi d'une brassée. Si tu viens à Moi au pas, J'irai à toi à pas pressé»» (Rapporté par Boukhari et Ahmed). Par ailleurs, Dieu promet à quiconque le remercie et le loue, de lui accorder un surcroît de biens. Il dit: (Quand votre Seigneur proclama: «Si vous êtes reconnaissants, Je multiplierai pour vous mes bienfaits; mais si vous êtes ingrats, Mon châtiment sera terrible) [Coran XIV, 7]. On a rapporté aussi que l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit: «Quiconque reçoit un bienfait de Dieu, qu'il le proclame car Dieu aime voir les traces de Son bienfait sur Son serviteur» (Rapporté par Ahmed).
Verset 153
Ayant montré l'obligation d'être reconnaissant envers Lui, Dieu indique le mérite de la patience, la voie droite et la demande de l'aide de la patience et de la prière. Tout croyant, devra être reconnaissant pour un bienfait qu'il a reçu, ou endurant quand une affliction le frappe. Le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit: «Je m'étonne du cas du croyant car sa destinée ne lui apportera que du bien, et nul autre que le croyant ne lui adviendra une chose pareille. En effet, lorsqu'un bonheur l'atteint, il remercie Dieu et ceci est un bien pour lui, et lorsqu'un malheur le frappe, il se montre constant et cela est un bien pour lui» (Rapporté par Al-Baihaqi). Dans un hadith authentifié, on a rapporté que lorsqu'une certaine affaire tourmentait le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- il recourait à la prière. À savoir qu'il y a deux sortes de patience: - La première consiste à s'abstenir de commettre tout ce que Dieu a interdit. - La deuxième est l'accomplissement de tous les devoirs prescrits et les pratiques surérogatoires qui nous rapprochent de Dieu, et celle-ci est la plus récompensée. On a dit aussi qu'il y a une troisième sorte qui est le fait d'endurer les malheurs et les afflictions et le repentir. Zain Al-'Abidine a dit: «Lorsque Dieu rassemblera les premiers et les derniers, un crieur criera: «Où sont les endurants: qu'ils entrent au Paradis sans aucun compte à rendre». Alors un groupe d'hommes qui seront au devant s'avanceront et les anges les recevront et leur diront: «Où allez-vous aux fils d'Adam?» -Au Paradis, répondront-ils. Les anges demanderont: «Avant le compte final??» -Oui, répliqueront-ils. -Qui êtes vous? -Nous sommes les constants et endurants. -Quelle a été votre endurance? -Nous avons enduré en accomplissant tout ce que Dieu a prescrit, en s'abstenant de tout ce qu'il a interdit jusqu'à notre mort. -Vous êtes bien comme vous dites. Entrez au Paradis. Combien est excellente la récompense de ceux qui ont bien agi» Tout cela est confirmé par ce verset: (Ceux qui sont constants recevront leur incommensurable récompense) [Coran XXXIX, 10].
Verset 154
«Ne dites pas que ceux qui ont péri au service d'Allah sont morts. Non, ils sont vivants». Dieu, dans ce verset, fait connaître que les martyrs sont vivants dans un «isthme» où ils jouissent de tous les biens, comme il a été cité dans le Sahih de Mouslim que l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit: «Les âmes des martyrs sont dans les gésiers d'oiseaux verts qui voltigent au Paradis là où ils veulent et viennent la nuit s'abriter dans des lanternes accrochées au-dessous du Trône. Dieu les regarde et leur demande: «Que désirez-vous?». Ils lui répondent: «Seigneur ! Qu'est-ce qu'on peut désirer encore alors que Tu nous a donné ce que Tu n'as donné à aucune de Tes créatures?». Dieu leur repose la même question, et voyant qu'ils seront interrogés plus tard, ils lui disent: «Nous voulons que Tu nous envoies au bas monde pour combattre dans Ta voie et être tués une deuxième fois», et ceci en vertu de ce qu'ils ont constaté comme elle est incommensurable la récompense réservée aux martyrs- Le Seigneur -que Sa Majesté soit exaltée- leur dit: «Ma décision a été déjà prise: Nul n'y retournera» (Rapporté par Mouslim).
Verset 155
Il n'est que trop vrai que nous vous exposerons de temps à autre à la peur et à la faim, que nous vous éprouverons dans vos biens, dans vos affections et dans vos récoltes. Annonce de bonnes nouvelles à ceux qui sont résignés. Dieu informe ses serviteurs qu'Il les éprouve tantôt par le bonheur, tantôt par le malheur de la peur ou de la faim, comme Il le montre dans ce verset: (Dieu a fait alors goûter à ses habitants la violence de la faim et de la peur) [Coran XVI, 112]. Car tant à l'effrayé qu'à l'affamé, les traces de la peur et de la faim apparaissent sur eux. Il s'agit dans ce verset d'un peu de crainte, de faim, des pertes légères de biens, d'âmes telle la mort de proches, amis et bien-aimés, de récoltes. Puis il annonce la bonne nouvelle à ceux qui sont patients.
Verset 156
À ceux qui, lorsqu'un malheur les frappe, disent: «Nous appartenons à Allah et c'est à lui que nous retournerons». Quels sont ces patients? Ils sont ceux que Dieu a fait leur éloge en disant: «Ceux qui disent, lorsqu'un malheur les atteint: «Nous sommes à Dieu et nous retournons à Lui», pour se consoler sachant que bonheur et malheur viennent de Dieu qui dispose de tout ce qu'il a créé et qu'il ne rendra jamais vaines les actions des hommes fut-ce le poids d'un atome. C'est pourquoi Il leur assure qu'ils auront Sa miséricorde et Ses bénédictions, et qu'ils seront les biens dirigés. Plusieurs hadiths prophétiques ont été rapportés à ce propos, dont on cite celui-ci à titre d'exemple: «Oum Salama a raconté: «Un jour, Abou Salama en revenant de chez l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- me dit: «J'ai entendu aujourd'hui de propos de la bouche du Prophète qui m'ont tellement réjoui. Il a dit: «Pas un musulman qui serait atteint d'un malheur et qu'il ne dise: «Nous sommes à Dieu et nous retournons à Lui. Mon Dieu accorde-moi la récompense de mon malheur et donne-moi en échange quelque chose de meilleur», sans que Dieu ne l'exauce». «Lorsque Abou Salama mourut, je répétai ces mêmes propos, mais revenant à moi-même, je me suis dit: «Qui sera meilleur qu'Abou Salama?» Après l'écoulement de ma période de viduité, l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- demanda l'autorisation d'entrer chez moi, alors que je tannais une peau. Je me lavai les mains et je lui permis d'entrer. Je lui donnai un coussin en cuir fourré de fibres végétales pour s'asseoir. Après un court discours, il me demanda en mariage et je lui répondis: «Ô Envoyé de Dieu! J'ai des qualités qui, peut-être, te laissent revenir sur ta proposition. Je suis une femme très jalouse et je crains que Dieu me châtie pour elle si je commettais des choses qui ne te plairaient pas, d'autant plus, je suis une femme qui a atteint un certain âge et a des enfants». «Il me répondit: «Pour ce qui est de la jalousie, Dieu t'en débarrassera, quant à l'âge, j'en ai le même. Tes enfants seront les miens». «Je lui répliquai: «Je me suis soumise au désir de l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue-». Le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- se maria avec Oum Salama qui disait souvent: «Dieu m'a donné un époux qui est meilleur qu'Abou Salama». Le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit: «Tout musulman - ou musulmane- atteint d'une certaine affliction, la mentionne en disant: «Nous sommes à Dieu et nous retournons à Lui» tant qu'elle persiste, Dieu lui donne en échange une récompense à partir du jour où il en fut atteint» (Rapporté par Ahmed et Ibn Maja). Abou Sinan a raconté: «Après l'enterrement de mon fils, je demeurai un certain moment auprès de la tombe. Abou Talha Al-Khawlani me prit par la main pour m'éloigner de la tombe et dit: «Veux-tu que je t'annonce une bonne nouvelle?» -Certes oui, répondis-je. Il répliqua: «L'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit: «Dieu demande à l'ange de la mort: «As-tu recueilli l'âme du fils de Mon serviteur? As-tu recueilli la joie de ses yeux et le fruit de son cœur?» -Oui, répondit l'ange. -Qu'a dit Mon serviteur, répliqua Dieu. -Il T'a loué et dit: «Nous sommes à Dieu et nous retournons à Lui» -Et Dieu de dire: «Bâtissez pour Mon serviteur une demeure au Paradis et appelez-la: «La demeure de louanges» (Rapporté par Ahmed et Tirmidzi).
Verset 157
Ce sont là ceux qu'Allah couvre de ses bénédictions et de Sa clémence et qui sont dans la bonne voie.
Verset 158
'Ourwa demanda à 'Aicha -que Dieu l'agrée-: «Que penses-tu de ces paroles de Dieu: «Safa et Marwa dépendent du domaine d'Allah. Celui qui fait le pèlerinage officiel de La Mecque ou qui s'y rend en visite peut sans inconvénient aller et venir entre ces deux collines» Par Dieu!, à mon avis, on ne pèche pas si on ne fait pas ce parcours». Elle répondit: «C'est bien mal ce que tu dis là ô le fils de ma sœur. Si cela était comme tu viens de l'interpréter, ce verset aurait été: «On n'aura pas péché si on ne fait pas ce parcours». En effet, cela fut révélé au sujet des Médinois -Al-Ansar- avant de se convertir qui faisaient la talbiya en faveur de l'idole «Manate» et qui l'adoraient auprès du «Al-Mouchallah». Ceux qui agissaient ainsi, éprouvaient une certaine crainte de faire le parcours entre As-Safa et Al-Marwa. Ils demandèrent à l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- à ce sujet: «O Envoyé de Dieu! À l'époque anté-islamique, nous éprouvions une certaine crainte de faire le parcours entre ces deux collines». Dieu à Lui la puissance et la gloire fit révéler ce verset: «Safa et Marwa dépendent du domaine...» Et Aicha de continuer: «Puis l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- ordonna aux hommes de faire ce parcours et nul n'a le droit de s'abstenir». Quant à Anas, il a dit: «Nous pensions que cela fait partie des coutumes pratiquées au temps de l'ignorance. Après la venue de l'islam, nous nous abstenions, mais Dieu à Lui la puissance et la gloire fit cette révélation: «Safa et Marwa dépendent...». Ach-Cha'bi a dit: «Isaf -une idole- était sur As-Safa et l'autre Naëla sur Al-Marwa, et les hommes faisaient le parcours entre elles. Plus tard, après leur conversion, ils crurent commettre un péché s'ils font ce parcours jusqu'à ce que Dieu ait révélé ce verset». Il a été rapporté dans le Sahih de Mouslim: «Après les tournées processionnelles autour de la Ka'ba, l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- se tint près de la Pierre Noire, puis sortit de la porte «As-Safa» en disant: «Je commence par ce que Dieu a commencé» en récitant: «Safa et Marwa dépendent du domaine de Dieu...». Habiba Bint Abi Tajrat a raconté: «J'ai vu l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- faire le parcours entre As-Safa et Al-Marwa, les hommes au devant et lui derrière eux, il faisait ce parcours si vite que son izar volait en laissant apparaître ses genoux, en disant: «Hommes! faites ce parcours car c'est Dieu qui l'a prescrit». La question qui se pose. Le parcours entre As-Safa et Al-Marwa, constitue-t-il un rite essentiel du Pèlerinage?». Al-Chafi'i, Malek et Ahmad (suivant une version) l'ont jugé ainsi. D'autres (et suivant une autre version d'Ahmed) ont dit qu'il est une obligation et non pas un acte essentiel. Celui qui ne fait pas ce parcours soit de propos délibéré, soit par oubli, doit présenter une offrande. On a dit aussi qu'il est recommandé en tirant argument des paroles de Dieu: «Celui qui fera une œuvre pie». Mais l'opinion la plus correcte est la première car l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a fait le parcours entre ces deux collines en disant aux fidèles: «Apprenez de moi les rites de votre pèlerinage». Dieu montre que ce parcours compte parmi ses choses sacrées qu'il a établies à Abraham pendant le pèlerinage. On a raconté auparavant l'histoire de Hajar (Agar) quand elle a fait ce parcours entre les deux collines sept fois en recherchant de l'eau pour son nourrisson. Elle n'a cessé de le faire jusqu'à ce que Dieu ait envoyé l'ange pour creuser la terre et faire jaillir une source d'eau, et ainsi elle a pu en donner à son enfant et recevoir la tribu Jorhoum et vivre en société. Il convient donc à quiconque accomplit le pèlerinage et fait ce parcours de manifester son besoin insistant de Dieu afin de le diriger, de pourvoir à son besoin, de lui pardonner ses péchés et de lui accorder Sa protection. Quant à l'œuvre pie citée dans le verset, certains ont dit qu'il s'agit d'augmenter les fois du parcours en plus que sept, d'autres ont dit que cela concerne toute autre œuvre et pratiques cultuelles bénévoles et surérogatoires, car Dieu accorde une grande récompense pour l'œuvre pie minime qu'elle soit.
Verset 159
Ceux qui dissimulent aux autres les signes et la direction que nous avons révélés dans le Livre, Allah les maudira, ainsi que tous ceux qui peuvent maudire. C'est une grande menace lancée contre ceux qui cachent ce que les Envoyés ont apporté comme Signes manifestes et bonne direction aux hommes après que Dieu les ait montrés à Ses serviteurs dans les Livres révélés. Ce verset fut descendu au sujet des gens du Livre qui ont dissimulé aux hommes la venue de Mouhammad -qu'Allah le bénisse et le salue-. Il a été rapporté dans un hadith prophétique: «Celui qui, interrogé sur une chose, la dissimule, Dieu lui mettra une bride de feu au jour de la résurrection». Abou Houraira -que Dieu l'agrée-, a déclaré: «Si ce verset n'était pas révélé, je n'aurais raconté aucun hadith d'après le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue». Ce verset est le suivant: (Ceux qui dissimulent... etc...). Il a été rapporté dans un hadith: «Même les poissons dans la mer implorent le pardon à tout savant (qui ne cache pas sa science)» Le verset précité affirme que celui qui dissimule une science encourra la malédiction de Dieu, des anges et de ceux qui maudissent.
Verset 160
Ceux qui se repentiront, se rachèteront et divulgueront la vérité, Je leur pardonnerai, car J'aime pardonner et Je suis clément. Mais Dieu a fait exception de ceux qui se repentent et divulguent aux hommes ce qu'ils ont caché. On déduit du verset que celui qui appelle à une incrédulité ou une innovation incompatible avec la religion et se repent, Dieu acceptera son repentir. Mais ceux qui persévèrent dans leur incrédulité jusqu'à la fin de leur vie et meurent incrédules, sur ceux-là tombe la malédiction de Dieu, des anges et de tous les hommes jusqu'au jour de la résurrection, leur châtiment ne sera plus allégé. À propos de la malédiction des incrédules en général, aucune controverse n'a eu lieu, mais une certaine divergence existe entre les opinions concernant un incrédule désigné en particulier. Certains ont toléré sa malédiction, d'autres ont interdit cela sous prétexte qu'on ignore quelle sera son œuvre à la fin de sa vie. On a raconté qu'un ivrogne fut emmené devant le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- pour lui appliquer la peine prescrite. Un homme le maudit, mais l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- lui dit: «Non, ne le maudis pas, peut-être il aime Dieu et Son Envoyé». Omar Ben Al-Khattab et certains imams des suivants maudissaient souvent les incrédules dans leur «qounoût» en s'appuyant sur le verset précité.
Verset 161
Quant aux incrédules, qui mourront incrédules, ils encouront la malédiction d'Allah, des anges et de tous les hommes. C'est une grande menace lancée contre ceux qui cachent ce que les Envoyés ont apporté comme Signes manifestes et bonne direction aux hommes après que Dieu les ait montrés à Ses serviteurs dans les Livres révélés. Ce verset fut descendu au sujet des gens du Livre qui ont dissimulé aux hommes la venue de Mouhammad -qu'Allah le bénisse et le salue-. Il a été rapporté dans un hadith prophétique: Celui qui, interrogé sur une chose, la dissimule, Dieu lui mettra une bride en feu au jour de la résurrection». Abou Houraira -que Dieu l'agrée-, a déclaré: «Si ce verset n'était pas révélé, je n'aurais raconté aucun hadith d'après le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue». Ce verset est le suivant: (Ceux qui dissimulent... etc...). Il a été rapporté dans un hadith: «Même les poissons dans la mer implorent le pardon à tout savant (qui ne cache pas sa science)»
Verset 162
Le verset précité affirme que celui qui dissimule une science encourra la malédiction de Dieu, des anges et de ceux qui maudissent, mais Dieu a fait exception de ceux qui se repentissent et divulguent aux hommes ce qu'ils ont caché. On déduit du verset que celui qui appelle à une incrédulité ou une innovation incompatible avec la religion et se repent, Dieu acceptera son repentir. Mais ceux qui persévèrent dans leur incrédulité jusqu'à la fin de leur vie et meurent incrédules, sur ceux-là tombe la malédiction de Dieu, des anges et de tous les hommes jusqu'au jour de la résurrection, leur châtiment ne sera plus allégé.
Verset 163
Dieu témoigne de Son unicité, il n'a pas d'associé ni égal, il est l'Unique, l'Impénétrable, celui qui fait miséricorde, le Miséricordieux. Le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit: «Le nom Sublime de Dieu se trouve dans deux ces deux versets: - Votre Dieu est un Dieu Unique. Il n'y a pas d'autre Dieu que Lui, le clément et qui manifeste Sa clémence. - Alif. Lam-Mim. Il n'y a d'autre Dieu que Lui, l'animateur de l'univers) [Coran III, 1-2].
Verset 164
Puis Dieu donne la preuve de Son unicité dans le verset suivant: Certes, la création des cieux et de la terre, la suite des jours et des nuits, les vaisseaux qui sillonnent la mer avec leurs cargaisons, les chutes d'eau qu'Allah ménage pour vivifier les terres mortes, les animaux dont Il a peuplé la terre, les variations du vent, les évolutions calculées des nuages entre le ciel et la terre, ne sont-ce pas là autant d'indications pour ceux qui réfléchissent? Parmi les Signes de Dieu, la création des cieux et de la terre: le ciel avec sa hauteur, son immensité, cette voûte où des astres se meuvent et d'autres constants, la terre avec ses montagnes, ses mers, ses plaines fertiles et ses déserts, où poussent les plantations et où se trouve tout ce qui est utile à l'homme; la succession de la nuit et du jour de sorte que chacun succède à l'autre avec une synchronisation parfaite, et (Le soleil ne peut rattraper la lune, ni la nuit devancer le jour. Chacun d'eux vogue dans son orbite); tantôt la nuit s'allonge, tantôt le jour suivant les saisons, et c'est Dieu qui (fait pénétrer la nuit dans le jour et fait pénétrer le jour dans la nuit). Contemplons aussi les navires qui voguent sur les mers portant ce qui est utile aux hommes en se déplaçant d'un port à un autre échangeant les marchandises diverses et les vivres; puis l'eau que Dieu fait descendre du ciel pour rendre la vie à la terre après sa mort et dont Il fait sortir des grains que les hommes en mangent. Il a propagé sur la terre toutes sortes d'animaux, de différentes couleurs, des grandeurs variantes, et utilité diversifiée en octroyant à chacun d'eux son moyen de subsistance comme Il le montre dans ce verset: (Il n'y a pas de bête sur la terre dont la subsistance n'incombe à Dieu qui connaît son gîte et son repaire: tout est consigné dans le Livre explicite) [Coran XI, 6]. N'y a-t-il pas encore dans la variation des vents un des Signes de Dieu? Ces vents qui apportent parfois la miséricorde et le bien amenant les nuages chargés de pluie, et parfois sont violents et font disperser ces nuages, ces vents qui soufflent de tout côté. Remarquons aussi les nuages, ne sont-ils pas assujettis à une fonction entre le ciel et la terre? Dieu les envoie là où Il veut et tout dépend de Sa volonté. Tout cela ne constitue-t-il pas des Signes pour des hommes qui sont doués d'intelligence? 'Ata a rapporté: «Lorsque ce verset fut révélé au Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- à Médine: (Votre Dieu est un Dieu unique), les polythéistes de Qoraïch à La Mecque s'exclamèrent: «Comment un seul Dieu puisse suffire aux gens?», mais Dieu ne tarda pas à faire descendre l'autre: (Certes, la création des cieux et de la terre... etc) pour affirmer qu'Il est le Dieu Unique, le seul créateur et Il est puissant sur toute chose.
Verset 165
Il y a des hommes pour qui Allah a des égaux qu'ils aiment autant que Lui. Mais pour ceux qui ont la foi, l'amour d'Allah prime tout. Ah! Si tu pouvais apercevoir les incrédules le jour où ils verront les instruments de leur supplice, le jour où ils seront certains que toute la force est à Allah, et qu'Allah est terrible dans la répression. Dieu montre le cas des polythéistes dans le bas monde et dans l'au-delà, qui prennent des associés et des égaux à Lui, qui les aiment et les adorent, alors qu'il est le Dieu Unique qui n'a ni associé ni rival. Abdullah Ben Mass'oud a rapporté: «J'ai demandé: «O Envoyé de Dieu! Quel est le péché le plus grave?» Il me répondit: «C'est de reconnaître un égal à Dieu alors que c'est Lui qui t'a créé» (Rapporté par Boukhari et Mouslim). Puis Dieu avertit les polythéistes et les injustes de le redouter car Il est terrible dans son châtiment. Si ceux-là voyaient ce châtiment qui leur est réservé, ils constateraient que la puissance entière appartient à Lui, que le jugement revient à Lui seul et que toutes les choses sont sous Son Pouvoir. Il confirme Son châtiment aussi dans ce verset (Ce jour-là, nul ne châtiera comme Dieu châtie, et nul ne chargera personne de chaînes comme Il le fait) [Coran LXXXIX, 25-26].
Verset 166
Ce jour-là, à la vue du châtiment, les chefs désavoueront ceux qui les ont suivis et trouveront tous leurs moyens. En d'autres termes, si ces polythéistes et incrédules pouvaient concevoir leur sort néfaste dans l'autre monde, le supplice implacable qui les attend, ils auraient mis fin à leur égarement. Il leur montre également ce qui leur arrivera: les suivants renieront leurs chefs et ceux-là désavoueront ceux qui les auront suivi: Les anges déclareront: (Nous les désavouons devant Toi, ce n'est pas nous qu'ils adoraient mais plutôt les djinns auxquels la plupart d'entre eux croyaient) [Coran XXXIV, 41]. Quant aux djinns, ils les désavoueront également comme Dieu le montre dans ce verset: (Ceux qui seront des ennemis pour les hommes lorsque ceux-ci seront rassemblés: Ceux qui méconnaîtront leur adoration) [Coran XLVI, 6] et aussi ce verset: (Bien au contraire! Ces divinités renieront l'adoration qu'ils leur rendaient et elles deviendront leurs adversaires) [Coran XIX, 82].
Verset 167
Les suivants s'écrieront: Ah, si nous pouvions revenir à notre vie d'antan, nous renierions nos chefs comme ils nous renient maintenant. C'est ainsi qu'Allah leur fera apparaître les conséquences de leurs actes, aggravant ainsi leur désespoir. Mais ils ne pourront pas sortir du feu. En apercevant le châtiment terrible au jour du jugement, ils s'écrieront: Ah! s'il nous était possible de revenir à la terre, de nouveau au bas monde, pour désavouer ceux qui nous ont égarés comme ils viennent en ce jour-là de nous désavouer». Mais hélas! Dieu connaît bien qu'ils sont des menteurs et s'ils étaient ramenés sur la terre, ils reviendraient à ce qui leur était interdit. Ainsi Dieu leur montrera leurs œuvres, sujet de leurs regrets, qui seront vaines et comme Il le montre dans ces versets: (Nous avons considéré les œuvres qu'ils ont accomplies, nous n'avons trouvé que de la poussière disséminée) [Coran XXV, 23] ou (semblables à de la cendre sur laquelle le vent s'acharne un jour d'ouragan) [Coran XIV, 18] ou bien encore (semblables à un mirage dans une plaine. Celui qui est altéré croit voir de l'eau) [Coran XXIV, 39]
Verset 168
Étant le Dieu Unique qui dispose de tout ce qui a créé comme Il veut, Il est en même temps le Dispensateur par excellence qui pourvoit aux besoins de Ses créatures en leur tolérant de se nourrir de tout ce qui est licite et bon qui ne nuit ni au corps ni à la raison, et en leur interdisant de suivre les traces du démon qui ne fait qu'égarer ceux qui le suivent. 'Iyad Ben Hammad a rapporté que l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit: «Dieu le Très Haut a dit: «Tout bien que j'ai accordé à mes serviteurs est bon et licite. J'ai créé tous Mes serviteurs soumis et musulmans fervents, mais comme le démons les ont détournés de la voie droite, Je leur ai rendu illicite ce qui était licite»( Rapporté par Mouslim). Ibn Abbas a raconté: «En récitant ce verset: (O hommes, nourrissez-vous de ce qui est licite et bon) devant le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- Sa'd Ben Abi Waqas se leva et dit: «O Envoyé de Dieu! Invoque-moi Dieu afin qu'il exauce toutes mes prières» Il lui répondit: «O Sa'd! Ne te nourris que de ce qui est licite et Dieu exauce les prières. Par celui qui tient mon âme en Sa main, il arrive qu'un homme mange une seule bouchée illicite, et pour cela Dieu n'accepte de lui aucune pratique cultuelle pendant quarante jours. Toute nourriture qui provient d'une source illicite et de l'usure, vaut mieux que le feu la dévore» (Rapporté par Ibn Mardaweih). «Satan est votre ennemi irréductible», Dieu met les hommes en garde contre Satan qu'il faut absolument lui désobéir, et Dieu précise ceci dans ces deux versets (tirés d'entre autres): (Le démon est un ennemi pour vous, considérez-le donc comme un ennemi) [Coran XXXV, 6] et: (Le prendrez-vous, lui et sa descendance, comme maîtres en dehors de Moi, alors qu'ils sont vos ennemis? Quel mauvais échange ce serait pour les injustes) [Coran XVIII, 50]. Toute désobéissance à Dieu est considérée en tant qu'une trace du démon. On a rapporté à ce propos, d'après Masrouq, qu'on a présenté à Abdallah Ben Mass'oud une mamelle de brebis et du sel, il en mangea avec des hommes qui se trouvaient avec lui. Un homme parmi eux se mit à l'écart. Ibn Mass'oud leur dit: «Donnez à manger à votre compagnon», mais celui-ci refusa. Il lui demanda: «Jeûnes-tu?» - Non, répondit l'autre. -Pourquoi refuses-tu d'en manger? Et l'homme de répliquer: «J'ai fait un serment de ne plus manger une mamelle». Ibn Mass'oud lui dit alors: «Mange et expie ton serment, car ton agissement est une trace du démon».
Verset 169
Le démon sans doute ordonne le mal et les turpitudes dont la débauche constitue la plus grave de ces actes abominables, mais forger de mensonges sur Dieu est pire encore surtout si on n'a aucune connaissance des choses.
Verset 170
Lorsqu'on leur dit: «Suivez ce qu'Allah a révélé», ils répondent: «Non, nous suivons les traditions laissées par nos pères». Les suivraient-ils même si leurs pères manquaient d'entendement et erraient sans direction. Lorsqu'on dit aux polythéistes et incrédules, conformez-vous à ce que Dieu a révélé à Son Prophète, et débarrassez-vous de l'égarement et de l'ignorance, ils répondent: «Non, nous suivons la coutume de nos pères», qui adorent les idoles. Dieu leur dit alors en les blâmant: «Même si vos pères ne comprenaient rien et ne trouvaient pas la voie droite!» Ibn Abbas a dit que ce verset fut révélé au sujet de certains juifs que le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- avait appelé à l'Islam mais ils refusèrent.
Verset 171
Lorsqu'on dit aux polythéistes et incrédules, conformez-vous à ce que Dieu a révélé à Son Prophète, et débarrassez-vous de l'égarement et de l'ignorance, ils répondent: «Non, nous suivons la coutume de nos pères», qui adorent les idoles. Dieu leur dit alors en les blâmant: «Même si vos pères ne comprenaient rien et ne trouvaient pas la voie droite!» Ibn Abbas a dit que ce verset fut révélé au sujet de certains juifs que le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- avait appelés à l'Islam mais ils refusèrent. Dieu ensuite compare les impies et ceux qui ne croient pas à la vie future, étant dans l'égarement et l'ignorance, à des animaux dans un pré qui ne comprennent de ce qu'on leur dit. Lorsque leur pâtre crie pour les guider, ils n'entendent que sa voix sans en rien comprendre. Et Ibn Abbas de commenter cela en disant: C'est bien l'exemple des idolâtres qui invoquent leurs dieux, mais ceux-là n'entendent rien, ne voient rien et ne conçoivent rien». Ces gens-là font la sourde oreille pour ne pas entendre la vérité, des muets qui ne la déclarent pas et aveugles sans pouvoir suivre la bonne direction. Dieu a dit à leur sujet dans un autre verset: (Ceux qui traitent nos signes de mensonges sont sourds, muets et plongés dans les ténèbres. Dieu égare qui Il veut, Il place qui Il veut sur un chemin droit) [Coran VI, 39].
Verset 172
Dieu ordonne à Ses serviteurs de ne manger que du bon de ce qu'Il leur a accordé, d'être reconnaissants envers Lui et de savoir que le fait de ne manger que du licite est un moyen d'exaucement, comme il a été rapporté dans un hadith d'après Mouslim: «Dieu le Très Haut est bon et n'accepte que ce qui est bon. Il a ordonné aux croyants ce qu'Il a ordonné à Ses Messagers. Il a dit: (Ô vous les Prophètes! Mangez d'excellentes nourritures, faites le bien. Je sais parfaitement ce que vous faites ) [Coran XXIII, 51] et Il a dit aussi: (Mangez des excellentes nourritures que nous vous avons accordées) [Coran XX, 81]. Puis il parle de l'homme qui fait de longs voyages, à la tête ébouriffée et poussiéreuse, tend les mains vers le ciel en s'écriant: «Ô Seigneur! Ô Seigneur!» alors que sa nourriture est illicite, sa boisson illicite, son vêtement illicite, n'a vécu que de ce qui est illicite. Comment donc pourra-t-il être exaucé?» (Rapporté par Ahmed, Mouslim et Tirmidzi).
Verset 173
Après que Dieu ait montré aux hommes la nourriture bonne et licite, Il leur rappelle que seule la bête morte malgré elle dans certaines conditions leur est illicite que ce soit à la suite d'un coup, ou d'une chute, ou d'un coup de corne ou dévorée par un fauve (dont nous allons en parler plus loin). Les gibiers de la mer sont exceptés de cette interdiction selon ce verset: (Le gibier de la mer et la nourriture qui s'y trouve vous sont permis) [Coran V, 96], et d'après ce hadith: «L'eau de la mer est purificatrice et ses gibiers morts sont licites» (Rapporté par Malek). Puis Dieu tolère aux hommes de se nourrir de la bête crevée quand ils n'en trouvent pas d'autres. Ce cas est la nécessité qui est conditionnée par la soumission à Dieu, en d'autres termes, il ne faut être ni rebelle, ni transgresseur, mais on doit observer cette tolérance avec foi et piété sans en abuser.
Verset 174
Il s'agit des juifs qui cachent aux hommes la venue de Mouhammad -qu'Allah le bénisse et le salue- alors que leur Livre en parle clairement, et ceci dans le but de ne plus perdre leur supériorité à cette époque, et d'autre part les cadeaux et l'argent qu'ils recevaient des arabes contre les louanges qu'ils manifestaient à leurs ancêtres. S'ils déclaraient aux hommes l'avènement du Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue-, ils risquaient que les gens ne se détournassent d'eux en les laissant et qu'ils se passent d'eux perdant ainsi leur profit. Au lieu de suivre la voie droite, ils troquaient leur vie contre un vil prix, et pour cela ils seraient déçus et perdus dans la vie d'ici-bas et dans l'au-delà. Ils ont encouru colère contre colère, et le Seigneur les a méprisés dans plusieurs endroits du Coran, et Il a montré qu'ils avaleront le feu dans leurs entrailles au jour de la résurrection contre leur dissimulation de cette vérité.
Verset 175
Car ils ont caché ce que Dieu a révélé du Livre et l'ont troqué à vil prix, et le chemin droit contre l'erreur. Dieu s'étonne de leur agissement comment ils pourront supporter le châtiment du Feu en persévérant dans leurs péchés et leur insoumission?
Verset 176
Il a révélé à Son Messager Mouhammad -qu'Allah le bénisse et le salue- comme aux autres Messagers, des Livres pour maintenir la vérité et abolir l'erreur. Mais ceux-là les ont tournés en dérision. Ce Prophète qui est le dernier ne fait que leur interdire le répréhensible, ordonner le bien et les appeler à la voie droite, et eux ne font que le traiter de menteur, cacher ce que Dieu a révélé à son sujet, en se trouvant dans un schisme qui les éloigne de la foi.
Verset 177
Ce verset renferme tant de règles importantes, des éléments de base et une croyance droite. Lorsque Dieu a ordonné aux fidèles d'abord de tourner leur face, dans la prière, vers le Temple de Jérusalem, puis vers la Ka'ba, ce changement de la Qibla a causé une certaine peine aux gens d'Écriture et certains musulmans. Mais Dieu ne tarda pas à montrer la sagesse qui émane de ce changement, en déclarant que son but est la soumission à Lui, l'exécution de Ses ordres, se diriger vers le côté qu'Il veut et suivre ses lois. Telle est la vraie piété et la foi sincère. La piété ne consiste pas donc à tourner la face soit vers l'Orient, soit vers l'Occident s'il n'y en a ni obéissance ni observance des ordres divins, mais elle est de celui qui croit en Dieu et au Jour Dernier. La charité aussi est de donner, pour l'amour de Dieu, de ses biens: à ses proches, aux orphelins, aux pauvres, au voyageur, aux mendiants, au rachat des captifs et à l'affranchissement des esclaves. La piété consiste aussi à s'acquitter de la prière, à faire l'aumône, tenir ses engagements, supporter l'adversité et le malheur avec patience. Ceux-là ont la foi sincère en joignant l'acte à la parole et craignant Dieu.
Verset 178
Dieu impose aux hommes l'équité en appliquant le talion, sans transgresser les lois divines comme les juifs agissaient. Donc dans un crime volontaire on doit appliquer le talion sans imiter ceux qui transgressent les lois de Dieu injustement et avec incrédulité. Ibn Abbas a dit: «Ce verset consiste à l'application du talion: les libres, hommes et femmes, pour les libres, et les esclaves pour les esclaves, hommes et femmes.» Quant à cette partie du verset: «Celui envers qui son frère se sera montré indulgent ne sera poursuivi que modérément. Mais il devra s'acquitter avec empressement»: Moujahed a dit: «Il s'agit d'accepter la dyia pour un crime intentionnel». Dieu n'a imposé la dyia que pour alléger la tâche des hommes, qui est en même temps une miséricorde de Sa part. Dieu met en garde les hommes, les menaçant d'un châtiment douloureux s'ils transgressent Sa loi.
Verset 179
Dieu leur dit enfin que, dans le talion, il y aura une vie pour eux. Car son application épargne la vie et met fin à la tuerie. En d'autres termes, celui qui pense à commettre un meurtre, saura qu'il sera tué et cette sanction l'empêchera de tuer.
Verset 180
Ce verset ordonne à qui la mort se présente de faire un testament en faveur de ses parents et ses proches. Mais ceci fut abrogé par le verset qui organise la succession et devint une prescription imposée par Dieu et dont les gens devraient l'appliquer, sans privilégier l'un des héritiers d'après ce hadith: «Dieu a donné à chacun son dû, aucun legs ne doit être fait en faveur d'un réservataire» (Rapporté par les auteurs des sunan). Ibn Abbas a dit: «Ce verset, concernant le testament, a été abrogé par celui-ci qu'on trouve dans la sourate «Les femmes»». Par la suite le testament en faveur des parents et des proches qui ont droit à l'héritage a été annulé voire interdit d'après le hadith cité auparavant. Quant aux proches parents qui n'ont droit à aucune part de la succession, il est recommandé de leur en donner du tiers que tout homme a le droit d'en faire un legs. «Dans la mesure d'usage» signifie: faire un legs aux proches sans que cela ne cause du tort aux réservataires.
Verset 181
Celui qui dénature les dispositions qu'il a entendues du testateur commet un péché. Allah sait tout et entend tout. Ce verset signifie que le péché ne sera imputé qu'à celui qui a entendu le testament puis l'altère soit en y ajoutant quelques choses de chez lui, soit en omettant une partie, ainsi s'il le dissimule.
Verset 182
Si le testament contient des irrégularités ou contrevient à la loi successorale, il est permis de faire accepter un compromis par les parties intéressées. Allah est indulgent et clément. Ibn Abbas a dit que l'irrégularité comporte toute erreur comme par exemple en ajoutant un aux héritiers d'une façon quelconque, ou le testament en faveur de sa petite-fille (la fille de la fille), soit que cette erreur est commise involontairement, soit qu'elle provient d'une compassion envers un des proches sans perspicacité, soit que cela est fait de propos délibéré. Le tuteur dans ce cas est tenu de réformer le testament et le modifier de sorte que cela soit compatible avec la loi évitant ainsi toute injustice. Cette modification n'est pas considérée comme une altération mais un rétablissement de la concorde entre les héritiers selon la loi sans léser personne. L'altération dans le testament est un des grands péchés d'après ce hadith rapporté par Abou Houraira dans lequel le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit: «Il arrive que l'homme fait des actes de bien pendant soixante-dix ans, mais, à la fin de sa vie, il fait un testament qui contredit la loi, alors cette mauvaise action sera sa dernière et entrera à l'Enfer. Par contre, il arrive que l'homme ne fait que du mal durant soixante-dix ans mais fait un testament conforme à la loi et entrera au Paradis» (Rapporté par Abdal Rezzaq). Et Abou Houraira d'ajouter: «Lisez si vous voulez: «Telles sont les lois de Dieu, ne les transgressez pas».
Verset 183
Croyants, le jeûne vous est prescrit comme il a été prescrit aux peuples qui vous ont précédés. Peut-être vous perfectionnerez-vous. Dieu ordonne aux hommes de jeûner en s'abstenant de manger, de boire et d'avoir de rapports avec les femmes, n'ayant pour intention que de plaire à Dieu. Car le jeûne est une purification de l'âme de tout mauvais caractère ou comportement inconvenable. Il l'a prescrit aux musulmans comme Il l'a prescrit aux générations passées en les prenant comme exemple. Que les musulmans s'empressent de s'acquitter de cette obligation d'une façon plus parfaite que les autres en profitant ainsi des intérêts du jeûne qui purifie l'âme et le corps, et repousse les mauvaises suggestions du démon, selon ce hadith cité dans les deux Sahihs où l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit: «O jeunes hommes! Que celui d'entre vous qui peut assurer le mariage qu'il se marie... Celui qui n'est pas capable, qu'il jeûne car le jeûne lui sera une protection».
Verset 184
La durée du jeûne est déterminée. Celui qui, par suite d'une maladie, ou d'un déplacement, aura manqué des jours de jeûne, devra les remplacer. Ceux qui auront rompu le jeûne par fatigue se rachèteront par des distributions de nourriture aux pauvres. Être large dans ces distributions, c'est encore plus méritoire. Jeûnez, c'est votre intérêt, si vous êtes des hommes avertis. Puis Dieu montre que le jeûne doit se faire durant des jours comptés afin qu'il ne soit une prescription trop excessive. Au début de l'ère islamique, les hommes jeûnaient trois jours de chaque mois, puis il fut abrogé par le verset qui impose le jeûne au mois de Ramadan comme nous allons le montrer plus loin. Il a été dit que le jeûne a été prescrit du temps de Noé durant trois jours de chaque mois. Al-Hassan Al-Basri a dit: «Le jeûne a été prescrit durant un mois entier à toutes les générations qui nous ont précédés» Et Abdullah Ben Omar qui a soutenu cette opinion, d'ajouter: «L'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit: «Le jeûne du mois de Ramadan a été prescrit à tous les peuples qui nous ont précédés (Rapporté par Ibn Abi Hatem). Les malades et les voyageurs sont exempts, momentanément, du jeûne, ils peuvent rompre le jeûne durant des jours comptés selon leur cas à condition qu'ils jeûneront un nombre de jours égal, et ceci est par compassion envers eux car le jeûne leur cause une fatigue. Quant au résident qui supporte le jeûne avec fatigue a le choix: ou jeûner, ou rompre le jeûne en nourrissant un pauvre contre chaque jour, et s'il nourrit plusieurs, ce sera un bien pour lui. Mais le jeûne est meilleur pour lui.
Verset 185
Le mois du Ramadan est celui au cours duquel le Coran a été révélé aux hommes comme guide de conscience, comme règle morale et comme critérium du bien et du mal. Quiconque verra ce mois apparaître devra commencer le jeûne. Celui qui, par suite d'une maladie ou d'un déplacement, aura manqué des jours de jeûne, devra les remplacer. Allah cherche à vous faciliter l'accomplissement de la règle, Il ne cherche pas à vous la rendre difficile. Accomplissez toute la durée du jeûne. Louez Allah de vous avoir indiqué la bonne voie et peut-être finirez-vous par Lui être reconnaissants. Dieu montre le mérite du mois de Ramadan parmi les autres mois de l'année lunaire, et qu'Il l'a élu pour faire descendre le Noble Coran, ainsi que tous les autres Livres célestes. L'imam Ahmed a rapporté d'après Wathila Ben Al-Asqa' que l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit: «Les Feuillets furent révélés à Abraham la première nuit du Ramadan, la Torah la sixième nuit, l'Évangile à la treizième et le Coran à la vingt-quatrième. Les Feuillets, la Torah, les Psaumes et l'Évangile furent descendus sur chaque Prophète en une seule fois». Quant au Coran, il fut descendu à la «Demeure de la Puissance» au ciel le plus inférieur, durant la nuit du Destin au mois de Ramadan comme Dieu a dit: «Oui, nous l'avons fait descendre durant la Nuit du Destin» [Coran XCII, II] et: «Nous l'avons fait descendre durant une nuit bénie» [Coran XLIV, 3]. Puis il fut révélé à l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- comme versets séparés selon les circonstances. «Comme guide de conscience, comme règle de morale et comme critérium du bien et du mal»: cette partie du verset montre sans doute le grand mérite du Coran que Dieu a révélé comme une bonne direction pour les hommes, parmi ceux qui ont cru en lui, l'ont déclaré véridique et l'ont suivi, renfermant des preuves et des signes clairs et manifestes pour ceux qui les avaient compris et médité sur leur sens.
Verset 186
On a rapporté qu'un bédouin demanda: «O Envoyé de Dieu! Dieu est-Il tout près de nous pour entretenir avec Lui en tête à tête, ou loin de nous pour L'appeler?». Ce verset fut révélé à cette occasion. D'après une autre version, les compagnons demandèrent à l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue-: «Où se trouve notre Seigneur?». Suivant la version d'Ata: «Après la révélation de ce verset: «Votre Seigneur a dit: «Invoquez-Moi et Je vous exaucerai» [Coran XL, 60], les gens dirent: «Oh si jamais nous connaissions l'heure où nous devons invoquer!». Enfin suivant la version d'Abou Moussa Al-Ach'ari: «Nous étions en expédition avec l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue-. Chaque fois que nous nous trouvions sur une place élevée où nous montions, ou descendions dans une vallée, nous exaltions la grandeur de Dieu à haute voix». L'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- s'approcha de nous et dit: «Hommes! Ayez pitié de vous-mêmes car celui que vous invoquez n'est ni sourd ni absent, mais Il est celui qui entend et voit tout. Même Il est plus près de l'un d'entre vous que le cou de sa monture. O Abdullah ben Qais (Abou Moussa), ne t'apprendrai-je une parole qui fait partie des trésors du Paradis? Elle est: «Il n'y a ni force ni puissance qu'en Dieu» (Rapporté par Boukhari, Mouslim et Ahmed).
Verset 187
Il vous est permis de vous isoler avec vos femmes, la nuit du jeûne. Elles sont votre vêtement et vous êtes le leur. Allah sait que vous vous isoliez clandestinement avant cette autorisation. Il vous absout et vous pardonne. Désormais, usez de vos femmes librement et tenez-vous à ce qui vous a été prescrit par Allah sur ce point. Mangez et buvez jusqu'au moment où vous pourrez distinguer un fil blanc d'un fil noir à la lumière de l'aurore. Ensuite, observez le jeûne jusqu'à la nuit. Évitez tout contact avec vos femmes quand vous êtes en période de retraite spirituelle. Telles sont les limites d'Allah. N'en approchez pas. C'est ainsi qu'Allah montre les signes aux hommes. Peut-être se perfectionneront-ils? En commentant ce verset, Abou Houraira a raconté que, avant cette révélation, les musulmans s'interdisaient de manger, de boire et d'avoir de rapports charnels avec leurs femmes après l'accomplissement de la prière du soir-Icha'- «Omar Ben Al-Khattab avait une fois commercé avec sa femme après cette prière. On a rapporté que la cause de la révélation de ce verset fut à l'occasion suivante: «Qaïs Ben Sirma AL-Ansari, étant en état de jeûne, rentra chez lui à l'heure de la rupture du jeûne et demanda à sa femme: «As-tu quelque chose à manger?» - Non, répondit-elle, mais je vais aller le demander pour toi. Comme il travaillait toute la journée, il fut gagné par le sommeil. Sa femme, en retournant et le trouvant ainsi, s'écria: «Quelle mauvaise chance (je n'ai rien trouvé de quoi manger)». Vers le milieu du jour suivant il s'évanouit. En rapportant ce fait au Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- il reçut la révélation de ce verset: «Il vous est permis de vous isoler avec vos femmes la nuit du jeûne...» juste à la fin du verset. Les fidèles éprouvèrent alors une grande joie.
Verset 188
D'après Ibn Abbas, il s'agit d'un débiteur qui doit une somme d'argent à un autre sans que ce dernier soit en possession d'un document qui confirme cette dette alors que le premier renie ce droit sciemment. Il a été rapporté dans les deux Sahihs, d'après Oum Salama que l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit: «Je ne suis qu'un être humain. Je reçois l'un des adversaires qui pourra être plus éloquent en exposant ses arguments qu'un autre, croyant qu'il a raison, je prononce une sentence en sa faveur. En fait je procure une place à l'Enfer à qui je donne raison contre un autre musulman, qu'il la prenne ou qu'il la laisse de côté» (Rapporté par Boukhari et Mouslim). Le verset et le hadith précités montrent que le verdict prononcé par le juge ne change en rien la nature de la plainte, en d'autres termes, il ne rend pas le licite illicite et réciproquement, mais il est quand même une sentence qui doit être exécutée. Si elle correspond à la vérité des choses elle sera ainsi mais si elle est autrement le juge aura accompli sa tâche et le coupable se verra chargé d'une injustice qu'il devra supporter ses conséquences.
Verset 189
Ils t'interrogent sur les phases de la lune. Dis-leur: «Cela constitue une mesure pour les hommes et la fixation du pèlerinage. Il n'est pas décent d'entrer chez les gens par la porte de derrière. Mais la décence commande de craindre Allah et de s'introduire dans les maisons par les portes d'entrée. Craignez Allah si vous aspirez devenir meilleurs. Les hommes avaient interrogé l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- au sujet des nouvelles lunes afin qu'ils sachent tout sur les pratiques religieuses, les périodes de viduité de leurs femmes et les jours fixés pour le pèlerinage et le jeûne, Dieu fit alors cette révélation. Bien que certains ulémas n'aient rapporté des raisons plus ou moins différentes de celle-là, mais le but demeure le même. Quant à la deuxième partie du verset, Al-Hassan Al-Basri l'a commentée comme suit: «Il y avait parmi ceux qui vivaient encore dans l'ignorance (Jahilia) des hommes qui comptaient entamer un certain voyage, ils sortaient par la porte d'entrée habituelle. Comme ils changeaient d'avis après leur sortie une fois ayant quitté leur demeure, et voulant rentrer chez eux, ils y pénétraient par les portes de derrière croyant que cela constituait un acte de piété. C'est pour les diriger et leur montrer le chemin véritable de la piété que Dieu fit descendre ce verset, en leur rappelant que la piété consiste à craindre Dieu en s'abstenant de ses interdictions et observant Ses ordres. Peut-être seront-ils à la fin parmi les heureux.
Verset 190
Combattez dans la voie d'Allah contre ceux qui vous combattent. Mais respectez les lois du combat car Allah ne veut pas qu'on les transgresse. C'est le premier verset concernant le combat qui fut révélé à Médine, car l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- combattait ceux qui lui déclaraient la guerre et cessait toute hostilité contre ceux qui voulaient la paix, jusqu'à ce que la sourate «Le repentir» ou «L'immunité» (sourate 9 du Coran) fut révélée. Tel était le commentaire d'Ibn Aslam qui a ajouté que le verset précité a été abrogé par celui-ci: «Tuez les polythéistes partout où vous les trouverez» [Coran IX, 5]. Mais ses dires constituent une question discutable car les paroles de Dieu: «Ceux qui vous combattent» sont une excitation à lutter contre les ennemis de l'Islam et les musulmans pour répondre à leur agression. Pour cela Dieu ordonne aux fidèles d'être toujours prêts au combat avec détermination et à chasser les polythéistes d'où ils avaient chassé les musulmans. «Mais respectez les lois du combat car Allah ne veut pas qu'on les transgresse»: Dieu montre aux fidèles qui luttent pour Sa cause comment ils devront agir sans être agresseurs. Ceci s'explique de la façon suivante: Il ne faut jamais commettre ce que Dieu a prohibé comme: la défiguration, la fraude, le meurtre des femmes, enfants et vieillards, les ermites, de brûler les arbres, de tuer les animaux si ce n'est pour une nécessité. Il a été cité dans le Sahih de Mouslim que Bouraïda a rapporté que l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit en s'adressant aux fidèles: «Combattez dans la voie de Dieu, ne fraudez pas, ne trahissez pas, ne défigurez pas vos victimes, ne tuez ni enfants ni ermites». Et d'après Ibn Omar, l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue-, ayant vu une femme tuée dans une expédition, désavoua cet acte et interdit aux hommes de tuer les femmes et les enfants.
Verset 191
Tuez-les où que vous les trouviez. Boutez-les de là où ils vous ont boutés. L'insécurité est pire que la mort. Ne les combattez pas dans l'Oratoire sacré à moins qu'ils ne vous y attaquent. S'ils vous y attaquent, tuez-les. C'est le sort qui est réservé aux infidèles. C'est le premier verset concernant le combat qui fut révélé à Médine, car l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- combattait ceux qui lui déclaraient la guerre et cessait toute hostilité contre ceux qui voulaient la paix, jusqu'à ce que la sourate «Le repentir» ou «L'immunité» (sourate 9 du Coran) fut révélée. Tel était le commentaire d'Ibn Aslam qui a ajouté que le verset précité a été abrogé par celui-ci: «Tuez les polythéistes partout où vous les trouverez» [Coran IX, 5]. Mais ses dires constituent une question discutable car les paroles de Dieu: «Ceux qui vous combattent» sont une excitation à lutter contre les ennemis de l'Islam et les musulmans pour répondre à leur agression. Pour cela Dieu ordonne aux fidèles d'être toujours prêts au combat avec détermination et à chasser les polythéistes d'où ils avaient chassé les musulmans.
Verset 192
S'ils cessent le combat, pardonnez-leur. C'est dire: s'ils s'arrêtent sans faire aucune hostilité, reviennent à Dieu et embrassent l'Islam, Dieu leur pardonne leurs péchés même s'ils avaient tué les fidèles dans l'Enceinte sacrée, car le pardon de Dieu est tellement ample de sorte qu'aucun péché ne reste sans être absous.
Verset 193
Combattez-les jusqu'à ce que tout danger soit écarté et que la religion d'Allah soit bien assise. S'ils cessent le combat, abstenez-vous de toutes représailles si ce n'est contre les méchants. Puis Dieu ordonne de combattre les incrédules jusqu'à ce qu'il n'y ait plus de sédition -c'est à dire du polythéisme- et que le culte de Dieu soit établi. Cela signifie que l'Islam devra dominer, étant la religion de Dieu. À cet égard, Abou Moussa Al-Ach'ari a rapporté qu'on demanda au Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- au sujet de l'homme qui combat pour montrer son courage, d'un autre pour se défendre et d'un troisième par hypocrisie. Lequel est dans le chemin de Dieu?» Il répondit: «Celui qui combat pour que la parole de Dieu soit la plus élevée, il est dans le chemin de Dieu». Si les impies quittent leur polythéisme et cessent de combattre les croyants, alors cessez de combattre et celui qui agit autrement, sera un agresseur et injuste, tel est le commentaire de Moujahed.
Verset 194
Le mois sacré pour le mois sacré ; les choses sacrées tombent sous la loi du talion. Si quelqu'un vous cause un préjudice, causez-lui le pareil. Ibn Abbas a raconté: «En l'an 6 de l'Hégire, l'Envoyé de Dieu voulut accomplir la visite pieuse, mais les polythéistes l'empêchèrent d'arriver à la Maison de Dieu ainsi que ceux qui se trouvaient avec lui parmi les musulmans. Cela eut lieu au mois de Dhoul-Qi'da. Ils s'accordèrent à le laisser faire cette visite l'année suivante. En effet, il l'accomplit avec les musulmans. Dieu fit cette révélation à cette occasion. Jaber Ben Abdullah a raconté: «Durant le mois sacré, l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- ne faisait aucune expédition à moins qu'on ne l'attaque. Il cessait tout combat jusqu'à l'écoulement de ce mois. «Si quelqu'un vous cause un préjudice, causez-lui le pareil» Dieu ordonne d'être équitable même envers les polythéistes. Ce verset est pareil aux dires de Dieu: «Si vous châtiez, châtiez comme vous l'avez été» [Coran XVI, 126] et: «La punition d'un mal est un mal identique» [Coran XLII, 40]
Verset 195
Et dépensez dans le sentier d'Allah. Et ne vous jetez pas par vos propres mains dans la destruction. Et faites le bien. Car Allah aime les bienfaisants. Houdhayfa a dit que ce verset fut révélé au sujet de la dépense dans la voie de Dieu. Quant à Aslam Abou 'Imran, il a raconté: «Voulant conquérir Constantinople alors que 'Ouqba Ben Amer était le gouverneur de l'Égypte et Yazid ben Foudala Ibn 'Oubayd celui de Châm, une grande rangée des Romains nous affronta et nous nous mîmes en rang contre eux. Un des musulmans sortit de notre rang, attaqua l'ennemi et revint pour regagner sa place. Les fidèles s'écrièrent: «Gloire à Dieu! Cet homme-là s'est exposé de ses propres mains à la destruction». Mais Abou Ayoub objecta et dit: «Hommes! Vous interprétez mal ce verset qui fut révélé à notre sujet, nous les Ansars, car après que Dieu ait rendu Sa religion bien établie et les musulmans devenus nombreux, nous nous dîmes: «Si nous dépensions nos biens dans la voie de Dieu!» Dieu alors fit cette révélation. Ibn Abbas l'a interprété de la façon suivante: «Il ne s'agit pas du combat dans la voie de Dieu, mais de la dépense pour la cause de Dieu sinon on sera perdu».
Verset 196
Et accomplissez pour Allah le pèlerinage et la Umra. Si vous en êtes empêchés, alors faites une offrande qui vous soit facile. Après avoir montré les règles du jeûne et lui avoir joint le combat dans Sa voie, Dieu parle dans ce verset des rites du pèlerinage et de la visite pieuse - 'Oumra -. Il s'avère qu'il s'agit de leur accomplissement une fois qu'on a commencé à le faire, car Ses dires: «Si vous en êtes empêchés» l'indiquent clairement. Pour cela les ulémas s'accordent pour considérer comme une obligation l'intention et le commencement. Cette partie du verset, selon les dires des ulémas, a été révélée en l'an 6 de l'Hégire qui fut nommé l'an de «Alhoudaybya», quand les polythéistes avaient empêché l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- et ses compagnons d'arriver à la Maison Sacrée. Dieu toléra aux fidèles de sacrifier les offrandes qu'ils avaient amenées et qui étaient au nombre de 70, de se raser la tête et de se désacraliser.
Verset 197
Le pèlerinage a lieu dans des mois connus. Si l'on se décide à l'accomplir, alors point de rapport sexuel, point de perversité, point de dispute pendant le pèlerinage. Les opinions ont été controversées en commentant ce verset: les uns ont dit que le plus méritoire consiste à se mettre en état de sacralisation en des mois déterminés. Mais pour Malek, Abou Hanifa et Ahmed, on peut le faire à n'importe quel mois de l'année en se basant sur ce verset: «Ils t'interrogent au sujet des nouvelles lunes. Dis: «Ce sont, pour les hommes, des indications qui leur permettent de fixer les époques du pèlerinage». Al-Boukhari a rapporté d'après Ibn 'Omar qu'il a dit: «Ils sont Chawal, Dhoul Qi'da et les dix premiers jours de Dhoul Hijja». Quiconque se décide de faire soit le pèlerinage, soit la visite pieuse, accomplissant ainsi une obligation prescrite, devra s'abstenir de toute cohabitation avec sa femme et de ses actes préliminaires tels que l'attouchement, le baiser et les propos attirants. Il devra aussi s'interdire de tout libertinage, de paroles indécentes et de perversité, bref de tous les actes blâmables et injustes.
Verset 198
Ce ne sera pas un péché pour vous que de chercher des faveurs de votre Seigneur. Puis, quand vous déferlez depuis Arafat, invoquez Allah, près d'al-Mash'ar al-Haram. Al-Boukhari a rapporté que Ibn Abbas a dit: «Okaz, Mijanna et Zoul-Mijaz étaient des marchés périodiques pendant l'ère préislamique, et les gens croyaient qu'ils commettaient des péchés en y faisant du négoce. Dieu fit cette révélation leur montrant que durant la saison du pèlerinage ceci est permis une fois les rites terminés. La station sur le mont 'Arafa est une condition obligatoire du pèlerinage sinon il ne sera plus valable. Ce qui affirme cela est ce hadith rapporté par Abdul Rahman ben Ya'mor Al-Dayil qui a entendu l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- dire à trois reprises: «Le pèlerinage c'est Arafa. Quiconque parvient à faire cette station la veille du jour de sacrifice avant l'aube, l'aura accompli.
Verset 199
Ensuite déferlez par où déferle la foule. Et demandez pardon à Allah. Car Allah est Pardonneur et Miséricordieux. Al-Boukhari rapporte d'après 'Aicha -que Dieu l'agrée- qu'elle a dit: «Les Qoraïchites et toutes les tribus qui professaient la même religion, faisaient une station à Mouzdalifa et on les appelait: «Les Houms» tandis que les autres tribus Arabes faisaient leur station à 'Arafa. Avec l'avènement de l'Islam, Dieu ordonna à Son Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- de monter sur le mont 'Arafa, d'y faire une station puis de dévaler. Voilà le sens des paroles divines: «Par où tout le monde s'écoule». Il s'agit bien du dévalemment de Mouzdalifa à Mina pour le jet de cailloux sur les Jamarates. «Implorez le pardon d'Allah» est un ordre divin adressé à Ses serviteurs à chaque fois qu'ils s'acquittent d'un devoir religieux.
Verset 200
Une fois vos rites accomplis, invoquez Allah comme vous invoquiez vos ancêtres, ou plus ardemment encore. Il y a parmi les gens qui disent: «Seigneur! Accorde-nous [le bien] dans la vie d'ici-bas» - mais ils n'ont point de part dans l'au-delà. Dieu exhorte les gens, une fois les rites du pèlerinage achevés, à se souvenir de Lui et à Le mentionner comme ils se souviennent de leurs ancêtres. En commentant cette dernière phrase, 'Ata a dit: «À la façon d'un petit garçon qui appelle toujours ses père et mère ainsi appelez toujours Dieu et invoquez-Le». Ibn Abbas avait une autre interprétation, il a dit: «À l'époque préislamique, les hommes chantaient les fastes de leurs pères. Après l'accomplissement des rites de leur pèlerinage, ils ne faisaient que mentionner leurs ancêtres et faire leur éloge. Dieu fit révéler à Son Messager -qu'Allah le bénisse et le salue- de se souvenir de Dieu en accomplissant les rites comme on se souvient de ses ancêtres ou d'un souvenir encore plus vif». L'invocation après le souvenir ne doit pas être restreinte à des choses qu'on désire obtenir dans ce bas monde mais elle doit le dépasser pour la vie de l'au-delà.
Verset 201
Parmi eux, il y en a qui disent : « Seigneur ! Accorde-nous du bien ici-bas, et du bien dans l'au-delà ; et protège-nous du châtiment du Feu ! ». Ibn Abbas a raconté à ce sujet : « Des nomades faisaient la station et disaient : « Notre Dieu, fais que cette année soit une année de pluie, de fertilité, de bonne progéniture », sans que la vie future ne leur intéresse. Dieu fit alors descendre ce verset. Il montre aux hommes comment ils doivent L'implorer en Lui demandant de leur accorder des biens en ce bas monde et d'autres dans la vie future. Ainsi cette invocation inclut tous les biens de la vie présente comme : une vaste demeure confortable, une bonne épouse, des richesses, une science utile, des œuvres bonnes et d'autres. Elle repousse en même temps les calamités et les malheurs. Quant aux biens dans la vie future, la meilleure sans doute sera l'entrée au Paradis ainsi que tout ce qui pourra l'assurer comme la sécurité au jour de la grande frayeur, le compte facile, la préservation du châtiment du feu etc... Tout cela ne pourra être acquis et espéré qu'en s'interdisant des choses illicites et prohibées, en laissant toute chose douteuse et défendue. Al-Qassem Abou Abdul Rahman a dit : « Quiconque jouit d'un cœur reconnaissant, une langue qui ne cesse de mentionner Dieu et un corps endurant, aura acquis les biens dans ce bas monde et dans la vie future ». Anas Ben Malek a rapporté que le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- invoquait souvent Dieu par ces paroles : « Notre Seigneur, accorde-nous des biens en ce monde, et des biens dans la vie future, préserve-nous du châtiment du Feu ».
Verset 202
Ceux-là auront une part de récompense pour ce qu'ils auront accompli. Allah est prompt dans Ses comptes. Dieu montrera à ces croyants la récompense de leurs bonnes œuvres comme le pèlerinage et les invocations qu'ils auront accomplies, et Il est prompt dans Ses comptes avec Ses serviteurs.
Verset 203
Et invoquez Allah pendant un nombre de jours déterminés. Puis, quiconque se hâte en deux jours, il n'y a pas de péché sur lui. Et quiconque retarde, il n'y a pas de péché sur lui, s'il est pieux. Et craignez Allah. Et sachez que c'est vers Lui que vous serez rassemblés. Les jours fixés d'après Ibn Abbas sont ceux appelés les jours de « Tachriq » (les jours de la fête du sacrifice), et les jours connus sont la première décade du mois (Dhoul-Hijja). Quant à 'Ikrima, il a dit que cette glorification consiste à répéter les takbirs après chaque prière prescrite durant les jours de Tachriq, en se référant à ce hadith : « Les jours de Tachriq sont consacrés à boire, manger et glorifier Dieu ». Abou Houraira a rapporté que l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- envoya Abdullah ben Houdzafa à Mina pour annoncer aux hommes : « Ne jeûnez pas en ces jours-là car ils sont consacrés à manger, boire et glorifier Dieu ». Ainsi 'Aïcha - que Dieu l'agrée - a rapporté un hadith dans le même sens. Ibn Abbas a dit que les jours fixés sont les quatre jours du Tachriq, c'est à dire les jours du Sacrifice et 3 jours après. « Celui qui se hâte en deux jours ne commet pas un péché. Pas plus que celui qui lui consacre plus que le délai » c'est à dire trois jours après celui du sacrifice. Mais ce qui est suivi consiste à faire les takbirs à partir de la prière de l'aube le jour de 'Arafa jusqu'à celle de l'asr située au dernier jour de Tachriq. Après que Dieu ait mentionné la dispersion des hommes, une fois tous les rites accomplis, en retournant chez eux dans tous les coins du monde, Dieu leur dit : « Rappelez-vous qu'il vous rassemblera un jour devant Lui » comme Il l'a confirmé dans un autre verset : « C'est Lui qui vous a disséminés sur la terre, et c'est vers lui que vous serez rassemblés ».
Verset 204
Il y a des hommes qui te séduisent par les propos qu'ils tiennent en ce bas monde. Ils prennent Allah à témoin du tréfonds de leur cœur alors que leur mauvaise foi est insigne. As-souddi a dit que ces versets furent révélés au sujet de Al-Akhnas Ben Chourayq Al-Thaqafi qui est venu chez l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue- pour déclarer sa conversion alors que le contenu de son cœur était autrement. Mais Ibn Abbas, quant à lui, a dit qu'il s'agissait de quelques uns des hypocrites qui médisaient Khoubaib et ses compagnons qui furent tués à Al-Raji'. D'autres ont déclaré que ce verset concerne tous les hypocrites ainsi que les croyants, ce qui est d'ailleurs le plus logique. « Ils prennent Allah à témoin du tréfonds de leur cœur » cette phrase signifie que ces gens-là manifestent aux autres leur islamisme au moment où ils gardent dans leur cœur l'incrédulité et l'hypocrisie c'est comme ils défient Dieu, on trouve ce même sens dans un autre verset : « Ils voudraient se cacher des hommes, mais ils ne cherchent pas à se cacher de Dieu ». Pour affirmer aux hommes leur foi, ils prennent Dieu à témoin et que le contenu de leur cœur ne diffère en rien de ce qu'ils prononcent. « alors que leur mauvaise foi est insigne » en d'autres termes cela signifie qu'ils sont de querelleurs acharnés qui mentent, font un faux témoignage, médisent etc... Leurs qualités on les trouve dans le Sahih où l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit : « Trois choses caractérisent l'hypocrite : il ment quand il parle, trahit son engagement et quand il plaide, il est de mauvaise foi ».
Verset 205
A peine t'ont-ils quitté qu'ils mettent la terre au pillage, y sèment le désordre, sans respect, pour les biens ni pour les personnes. Or Allah n'aime pas le désordre. Cet hypocrite se comporte sur la terre d'une façon qui dénonce sa mauvaise foi. Dès qu'il te donne le dos, il ne déploie ses efforts que pour corrompre ce qui est sur la terre, et détruire les récoltes et le bétail, c'est à dire tout ce qu'il pourrait assurer aux hommes leur subsistance. D'autres, comme Moujahed, ont commenté cela en disant que de tels hypocrites quand ils persévèrent dans leur corruption et désobéissent, Dieu retient la pluie et cela causera la perte de récolte et du bétail, car Il n'aime pas la corruption.
Verset 206
Si on leur dit : « Craignez Allah », leur susceptibilité s'exaspère. L'enfer aura raison d'eux. Oh l'affreux séjour ! Comment sera la réaction de ces hypocrites si « On leur dit : « Craignez Allah ? ». La puissance du péché les saisit, en manifestant leur colère pour les avoir exhortés et réprimandés, emportés par leur sentiment fougueux qui traduit leur penchant vers le péché. Dieu les a décrits dans un autre verset en disant : « Lorsque nos Versets leur sont lus comme autant de preuves évidentes, tu discernes la réprobation sur les visages des incrédules. Peu s'en faut qu'ils ne se précipitent sur ceux qui leur lisent nos versets. Dis : « Vous annoncerai-je quelque chose de pire que cela ? Le Feu promis aux incrédules ! Quelle détestable fin ! » Telle est donc leur fin inéluctable pour prix de leurs péchés.
Verset 207
Il en est d'autres qui rachètent leurs âmes en vue d'être agréés par Allah. Allah est plein d'indulgence pour ses serviteurs. Une fois que Dieu ait montré l'agissement et la fin des hypocrites, Il montre le cas des croyants qui est tout à fait à l'opposé. Ibn Abbas et une partie des exégètes ont dit que ce verset fut révélé au sujet de Souhaïb Al-Roumi qui, après sa conversion à La Mecque et voulant émigrer à Médine, fut empêché par les polythéistes qui revendiquèrent tous ses biens pour le laisser sortir de leur ville, il les leur céda et fit son émigration en obtempérant aux ordres de Dieu et de Son Prophète. Omar Ben Al-khattab et une foule des croyants l'accueillirent aux extrémités de Médine en lui annonçant : « Le négoce a emporté son profit ». Il leur répondit : « Puisse Dieu aussi ne pas perdre la récompense de votre négoce ». Souhaïb a dit : « Voulant quitter La Mecque pour émigrer à Médine et rejoindre l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue-, les polythéistes m'ont dit : « O Souhaïb ! Le jour où tu es venu à La Mecque tu ne possédais rien, comment pourrons-nous te laisser la quitter avec les richesses ? Par Dieu nous t'empêcherons de le faire » Je leur réponds : « Que pensez-vous si je vous cède tous mes biens, me laisserez-vous partir ? » - Certes oui, me répondirent-ils. Alors je leur ai cédé tout ce que je possédais et ils m'ont laissé quitter La Mecque. Arrivé à Médine le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- m'accueillit en s'écriant : « Souhaïb a gagné ! Souhaïb a gagné ! ». D'autres commentateurs ont dit que ce verset fut révélé au sujet de tous ceux qui combattent dans la voie de Dieu en se référant à ce verset : « Dieu a acheté aux croyants leurs personnes et leurs biens pour leur donner le Paradis en échange. Ils combattent dans le chemin de Dieu : Ils tuent et ils sont tués ».
Verset 208
Ô les croyants ! Entrez en plein dans l'Islam, et ne suivez point les pas du Diable. Car il est vraiment pour vous, un ennemi déclaré. Dieu ordonne à Ses serviteurs croyants qui ont cru en Son Messager de s'attacher à l'anse de l'Islam et ses lois, en suivant ses prescriptions et s'abstenant de ses interdictions autant qu'ils le puissent. Ibn Abbas a traduit le mot « Paix » par « L'Islam », et les autres de dire qu'il s'agit de l'obéissance et la soumission à Dieu. A qui cet ordre fut lancé ? Les uns ont dit qu'il est adressé aux fidèles, d'autres ont répondu qu'il concerne tous les hommes. Mais il s'avère que la première opinion est la plus correcte. Et Ibn Abbas d'ajouter : « Les croyants parmi les gens d'Ecriture sont les concernés, car ayant gardé leur foi en Dieu, ils s'attachèrent fortement aux lois révélées dans leur Pentateuque. Donc cet ordre fut adressé à leur intention les conviant à embrasser l'Islam et suivre ses lois en se suffisant tout simplement de croire au Pentateuque comme étant un Livre révélé ». « Ne marchez pas sur les traces de Satan » un ordre qui signifie l'accomplissement des devoirs prescrits et le détournement du démon et de ce qu'il suggère car : « Il vous ordonne le mal et les turpitudes ; il vous ordonne de dire sur Dieu ce que vous ne savez pas » et : « il n'appelle ses partisans que pour en faire les hôtes du Brasier » Le démon est certes l'ennemi déclaré.
Verset 209
Si vous bronchez après que les preuves vous sont venues, alors sachez qu'Allah est Puissant et Sage. Si les hommes ont trébuché après que les preuves évidentes leur sont parvenues, en se détournant de la Vérité, qu'ils sachent que Dieu se vengera d'eux car Il est puissant dans Son châtiment et en même temps juste dans Ses jugements et décisions.
Verset 210
Est-ce qu'ils attendent seulement qu'Allah leur vienne à l'ombre des nuées de même que les Anges et que leur sort soit réglé ? Et c'est à Allah que tout est ramené. C'est une menace lancée à l'encontre des hommes qui ont mécru en Mouhammed -qu'Allah le bénisse et le salue- et qui, paraît-il, attendent que Dieu vienne à eux avec les anges dans l'ombre des nuées, c'est à dire au jour de la résurrection pour les juger d'après leurs actions. C'est pourquoi Dieu termine le verset en disant que le destin est fixé et toute chose revient à Lui. On trouve dans le Coran un autre verset qui donne le même sens : « Qu'attendent-ils ? Sinon les anges viennent à eux, ou que ton Seigneur vienne, ou qu'un signe de ton Seigneur vienne ? » Abou Houraira a rapporté un long hadith dont les auteurs des Sunans ont cité dans leurs ouvrages où on trouve ce qui suit : « Étant rassemblés pour être jugés et dans une situation très délicate, les hommes penseront se rendre aux Prophètes successivement pour intercéder en leur faveur auprès de Dieu. Chacun d'eux refusera la mission en créant des excuses, qu'à la fin ils iront trouver Mouhammad - qu'Allah le bénisse et le salue- qui leur répondra : « Certes je suis votre intercesseur ». Il ira pour se prosterner devant le Trône et intercéder auprès du Seigneur qui répondra à sa demande. Le ciel se fendra, Dieu viendra dans l'ombre des nuages avec les anges, les porteurs du Trône et les chérubins en descendant du ciel le plus élevé vers le ciel le plus inférieur.
Verset 211
Dieu fait connaître le cas des fils d'Israël qui ont vécu les miracles multiples avec Moïse, de preuves évidentes qui confirment son message tels que: sa main, son bâton, le fait d'entrouvrir la mer, le jaillissement de l'eau en frappant le rocher, la descente de la manne et des cailles et d'autres miracles qui démontrent l'existence du Créateur qui a appuyé le message de Son Prophète Moïse par ces preuves éclatantes. Mais malgré tout cela ils se sont détournés, ou ont échangé les bienfaits de Dieu contre l'incrédulité. Tel aussi était le cas des polythéistes de la Mecque: «Ne les as-tu pas vus, ceux qui échangent pour l'incroyance le bienfait de Dieu, et font en sorte que leur peuple s'installe dans la demeure de perdition dans la Géhenne, où ils tomberont? -Et quel mauvais gîte» [Coran XIV, 28-29].
Verset 212
Puis Dieu fait connaître l'embellissement de la vie de ce bas monde aux incrédules qui en sont satisfaits et y ont trouvé la tranquillité, ils ont amoncellé leurs richesses n'en donnant aucune part à ceux qui en ont droit parmi les pauvres et les nécessiteux, ont tourné en dérision ceux qui ont cru, se sont détournés de cliquants de la vie présente et ont dépensé ce qu'ils ont pu acquérir rien que pour satisfaire à Dieu. Ceux-là seront les plus considérés et mieux récompensés au jour du rassemblement. Ils seront au-dessus des autres dans leurs demeures de la stabilité au jour de la résurrection et occuperont les degrés les plus élevés. Quant aux premiers, ils seront au fond de l'abîme. C'est pourquoi Dieu a dit: «Dieu accorde Ses bienfaits à qui Il veut sans compter» c'est à dire Il octroie de largesses à qui Il veut parmi Ses serviteurs tant à la vie présente qu'à la vie de l'au-delà.
Verset 213
A l'origine, les hommes ne formaient qu'une seule nation. Allah envoya les prophètes pour leur annoncer la bonne nouvelle et les avertir. En même temps qu'eux, Il fit descendre le Livre dont les règles permettent d'arbitrer les différends des hommes. Or ceux qui entrèrent en désaccord furent justement ceux qui reçurent le Livre, après que des preuves éclatantes leur eussent été fournies, et cela par esprit de rivalité. Allah expliqua à qui avaient la foi ce qui les divisait. Car Allah met qui Il veut dans le droit chemin. Comment les exégètes ont commenté ce verset: Ibn Abbas a dit: Dix siècles s'écoulèrent entre Adam et Noé où les hommes se conformaient aux lois divines. Mais, plus tard, comme des différends surgirent entre eux, Dieu envoya les prophètes comme annonciateurs et avertisseurs. Qatada a dit: Les hommes formaient une seule communauté et étaient dans le droit chemin, mais à cause de leurs différends, Dieu leur envoya les Prophètes dont Noé fut le premier. Al-'Oufi a rapporté ces propos d'Ibn Abbas: Les hommes étaient tous des incrédules, Dieu leur envoya les Prophètes comme avertisseurs et annonciateurs. La plus correcte parmi ces opinions est la première d'après Ibn Abbas. Les hommes suivaient la religion d'Adam et restaient ainsi jusqu'à ce qu'ils eussent commencé à adorer les idoles, Dieu leur envoya alors Noé -que Dieu le salue- qui était le premier Messager aux habitants de la terre.
Verset 214
Espérez-vous entrer au Paradis sans passer par les épreuves qu'ont subies vos prédécesseurs? la privation et les maladies ne les épargnèrent pas. Et ils furent ébranlés au point que le Prophète et ses compagnons s'écrièrent: «Quand donc viendra le secours d'Allah?» Courage, le secours d'Allah est proche. Dieu fait connaître aux fidèles qu'ils n'entreront au Paradis avant d'être éprouvés comme l'ont été ceux qui ont vécu avant eux. Ces différentes épreuves comprennent entre autres: les maladies, les malheurs, les calamités et la gêne. Ils ont été éprouvés et violemment ébranlés en combattant et affrontant l'ennemi. A cet égard Khabbab Ben Al-Arat a rapporté: «Nous demandâmes: «O Envoyé de Dieu, pourquoi n'implores-tu pas Dieu afin de nous secourir et L'invoques-tu en notre faveur?» Il nous répondit: «Dans les époques antérieures on prenait l'homme (qu'on voulait torturer), le plaçait dans un fossé qu'on avait creusé dans la terre, mettait la scie sur sa tête et le sciait en deux. On le peignait aussi avec des peignes en fer pour lacérer sa chair, et malgré cela, il ne reniait plus sa foi. Par Dieu, Dieu assurera l'expansion de l'Islam au point qu'un cavalier de Sana'a à Hadramaout ne craigne que Dieu et le loup pour son troupeau. Mais vous autres, vous êtes impatients» (Rapporté par Boukhari).
Verset 215
Mouqatel a commenté ce verset en disant qu'il s'agit bien des aumônes bénévoles. Les fidèles demandent-ils peut être au Prophète: «Pour qui devront-ils dépenser?» Il leur montre dans ce verset les personnes qui auront plus de droit qui sont les parents, les proches, les orphelins, les pauvres et les voyageurs. Toute dépense que fait Dieu la connaît et en rétribuera l'auteur car il ne lésera personne.
Verset 216
Selon ce verset le Jihad -le combat dans la voie de Dieu- est devenu une obligation pour tout fidèle afin de repousser l'agression de ceux qui veulent combattre l'Islam. Tout homme qui y avait déjà pris part ou non devra le faire en portant aide, secours et même de répondre à l'appel quand il sera appelé. D'après un hadith authentifié le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit: «Quiconque meurt sans avoir combattu dans la voie de Dieu, ou sans avoir l'intention de le faire, mourra comme au temps de l'ignorance (c'est à dire sans avoir la foi)». Il a dit aussi: «Après la conquête il n'y aura plus d'émigration mais un combat dans la voie de Dieu et une intention d'y participer. Quand on vous dira: «Élancez-vous», répondez à l'appel». Sans doute les hommes ont en général une aversion pour le combat car on s'expose à être tué ou blessé en supportant les peines du voyage et l'affrontement de l'ennemi. Mais Dieu devine ce que les hommes pensent en leur disant: «... Il vous arrive de détester ce qui vous convient» étant donné qu'après le combat, il en résulte: la victoire sur l'ennemi, l'acquisition du butin, des captifs et d'autres, et la conquête des pays ennemis.
Verset 217
Ils t'interrogent sur le mois sacré, je veux dire sur la guerre au cours d'un pareil mois. Dis-leur: «La guerre dans ce mois est un sacrilège. Mais éloigner les gens de la voie d'Allah, renier Allah, détourner les fidèles de l'oratoire sacré et en chasser les habitants, quel sacrilège encore plus grave au regard d'Allah». L'insécurité est plus pénible que la guerre. Les infidèles ne cesseront de vous combattre tant qu'ils ne vous auront pas contraint à renier votre religion. Bien entendu, s'ils le peuvent. Mais ceux d'entre vous qui renieront leur religion et mourront en état d'infidélité perdront le fruit de leurs œuvres dans ce monde et dans l'autre. Et ils seront voués au châtiment du feu éternel. Joundob Ben Abdullah a raconté que l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- envoya un groupe de fidèles dans une mission commandé par Abou 'Oubaïda Ben Al-Jarrah, comme ce dernier pleura par affection pour l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- et voulant rester près de lui, il le retint et envoya à sa place Abdullah Ben Jahch, lui écrivit une lettre en lui ordonnant de ne la lire qu'après son arrivée à une place désignée. Il lui dit: «Surtout ne contrains aucun de tes compagnons s'il voudrait se retirer».
Verset 218
Ceux qui ont la foi, qui ont émigré et qui ont lutté dans la voie d'Allah, ceux-là peuvent espérer sa miséricorde. Allah est indulgent et clément. Ibn Ishaq de continuer le récit: «Lorsqu'Abdullah et ses compagnons furent soulagés après la révélation de ce verset, ils ambitionnèrent la récompense et dirent au Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue-: «O Envoyé de Dieu! Espérerons-nous prendre part à une prochaine expédition pour acquérir la récompense des combattants?» Dieu alors fit descendre ce verset: «Ceux qui ont la foi, qui ont émigré et qui ont lutté dans la voie d'Allah, ceux-là peuvent espérer Sa miséricorde. Allah est indulgent et clément».
Verset 219
Ils t'interrogent sur le vin et le jeu. Dis-leur: L'un et l'autre comportent des dangers et des agréments, mais les dangers l'emportent sur les agréments. Ils t'interrogent aussi sur ce qu'ils peuvent donner. Dis-leur: «Ce qui les laissera sans regret: «Tels sont les enseignements d'Allah. Sans doute est-il bon que vous les méditiez. L'imam Ahmed rapporte d'après Abou Maissara que 'Omar après la révélation des versets concernant l'interdiction du vin, a dit: «Mon Dieu, fais-nous descendre un ordre qui soit catégorique au sujet du vin». Ce verset précité fut aussitôt révélé» Une fois qu'on eut récité ce verset, il réitéra sa demande à Dieu. Le danger du vin, en d'autres termes le péché de le consommer, porte sur la religion comme on l'a montré plus haut concernant la prière et autres pratiques et comportements. Quant à ses agréments, ils ne sont que d'intérêts mondains car le vin est bon parfois pour le corps, facilite la digestion, débarrasse le corps de certains déchets, aiguise certains esprits et provoque l'enivrement, ajoutons à cela le profit qu'apporte son commerce. De même ce que l'homme gagne du jeu de hasard, pourrait le dépenser pour lui-même et pour sa famille. Mais comparant leurs intérêts, tant au vin qu'au jeu du hasard, à leur réaction, on constate sans aucun doute leur désavantage qui influence sur l'esprit et la religion. C'est pourquoi Dieu le montre d'une façon claire quand Il a dit: «Les dangers l'emportent sur les agréments». Dieu explique à Ses serviteurs Ses versets afin qu'ils méditent et s'y conforment, tant à la vie présente qu'à la vie de l'au-delà.
Verset 220
Non seulement vous enseignements qui intéressent ce monde mais encore les autres? Ils t'interrogent sur les orphelins. Dis-leur: «Gérez au mieux leurs intérêts. S'il vous arrive de devenir leurs associés, traitez-les en frères. Allah discerne le mauvais administrateur du bon. S'Il voulait, Allah pourrait vous imposer des obligations plus lourdes encore. Car Il est tout-Puissant et juste. Au sujet du verset concernant les orphelins, Ibn Abbas a raconté: «Après la révélation de ce verset: «Ne touchez à la fortune de l'orphelin, jusqu'à ce qu'il ait atteint sa majorité, que pour le meilleur usage» [Coran VI, 152] et de ce verset: «Ceux qui dévorent injustement les biens des orphelins avaient du feu dans leurs entrailles: Ils tombèrent bientôt dans le Brasier» [Coran IV, 10], ceux qui géraient les biens des orphelins commencèrent à isoler leurs nourritures et leurs boissons de ceux des orphelins. Chacun d'eux gardait pour l'orphelin ce qui restait et ne mangeait pas pour ne lui donner plus tard ou de le jeter s'il était pourri. Comme cet agir pesa fort aux fidèles, ils en firent part à l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- Dieu alors lui révéla: «Ils t'interrogent sur les orphelins. Dis-leur: «Gérez au mieux leurs intérêts. S'il vous arrive de devenir des associés, traitez-les en frères». Les fidèles revinrent sur la façon dont ils traitaient les orphelins et mélangèrent leurs nourritures aux leurs.
Verset 221
C'est une interdiction claire imposée par Dieu à Lui la puissance et la gloire aux hommes d'épouser les idolâtres parmi les païens et même les gens d'Écriture. Quant à ces dernières, Il les a spécifiées dans un autre verset en disant: «... et avec les femmes de bonne condition faisant partie du peuple auquel le livre a été donné avant vous» [Coran V, 5]. Ibn Abbas a dit en commentant ce verset: «N'épousez pas les femmes idolâtres tant qu'elles n'ont pas acquis la foi»: «Dieu a fait exception des femmes des gens de Livre. Mais ce qui est plus correct consiste à limiter cette interdiction aux polythéistes parmi les idolâtres et on ne trouve pas dans ce verset aucune allusion aux femmes de gens du Livre ni de près ni de loin. Quant à 'Omar, il a répugné qu'un musulman se marie d'avec une femme du Livre afin que les fidèles ne se détournent des femmes musulmanes, ou pour d'autres raisons. On a rapporté d'après Chaqîq que Houdhaïfa avait épousé une juive. 'Omar lui écrivit: «Répudie-la». Houdhaïfa lui répondit: «Prétends-tu qu'elle m'est illicite pour la répudier?» Et 'Omar de répliquer: «Je ne le prétends pas, mais je crains que vous laissiez à part les femmes croyantes». Ibn 'Omar qui a répugné le mariage d'avec les femmes des gens d'Écriture, en commentant le verset précité, a dit: «Comment peut-on épouser une femme qui déclare que Jésus est son Seigneur, y a-t-il un polythéisme plus flagrant que celui-là?» As-Souddyy raconte la circonstance de la révélation de cette partie du verset: «Une esclave qui a la foi est préférable à une idolâtre, même si celle-ci est plus plaisante» et dit: «Abdullah ben Rawaha avait une esclave noire. Un jour, il s'irrita contre elle et la gifla. Effrayé, il alla chez l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- et lui raconta cet événement. En lui demandant au sujet de ses pratiques, Abdullah répondit au Prophète: «Elle jeûne, prie, fait ses ablutions à la perfection et témoigne qu'il n'y a de divinité que Dieu et que tu es l'Envoyé de Dieu». Il lui répliqua: «O Abdullah, c'est une véritable croyante». Abdullah de rétorquer: «Par celui qui t'a envoyé apportant la vérité, je l'affranchirai et l'épouserai». Exécutant sa promesse, ils se reprochèrent son faire en disant: «Il a épousé son esclave». Ils préféraient épouser les femmes polythéistes et donner leurs filles en mariage afin de garder la lignée. Dieu alors fit descendre ce verset. Il a été dit dans les deux Sahihs d'après Abou Houraira que le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit: «On épouse la femme pour ces quatre qualités: Sa fortune, Sa lignée, sa beauté ou sa foi. Épouse donc celle qui a la foi, que tes mains soient appauvries». (Rapporté par Boukhari et Mouslim). Et dans un autre hadith il a dit: «La meilleure n'est que des jouissances éphémères, or la meilleure de ces jouissances est la femme pieuse et vertueuse». (Rapporté par Boukhari et Mouslim). Par contre, et toujours selon l'enseignement contenu dans le verset déjà cité, il ne faut jamais donner en mariage les filles croyantes aux polythéistes avant qu'ils ne croient car: «elles ne sont plus licites pour eux, ils ne sont plus licites pour elles» [Coran LX, 10], un esclave qui a la foi est toujours préférable. Dieu enfin montre les raisons pour lesquelles on doit observer ses enseignements et dit: «Car les idolâtres poussent à l'enfer alors qu'Allah attire au ciel et au pardon». Les idolâtres ne cherchent que les plaisirs du siècle préférant le bas monde à l'au-delà tandis que Dieu appelle au Paradis avec Sa permission. Ainsi Dieu explique Ses signes aux hommes qu'ils réfléchissent.
Verset 222
Ils t'interrogent sur les menstrues. Réponds-leur: Elles sont un danger de maladie pour l'homme. Éloignez-vous de vos femmes pendant cette période et n'en approchez que lorsqu'elles sont devenues pures. Une fois en état de pureté, disposez-vous d'elles suivant les prescriptions d'Allah. Allah aime les gens soumis. Il aime les gens qui recherchent la pureté. Anas a rapporté que les juifs, une fois qu'une femme était à ses menstrues, ne se mettaient pas à table avec elle et se séparaient d'elle. Les fidèles interrogèrent l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- sur ce sujet et il lui fut révélé le verset sus-mentionné. Il leur ajouta: «Disposez-vous de vos femmes comme bon vous semble mais évitez l'acte charnel». Les juifs, entendant ces propos, s'écrièrent: «Qu'a-t-il cet homme qui nous contrarie dans tout notre comportement?» Oussayd Ben Houdayr et 'Abbad Ben Bichr vinrent transmettre les paroles des juifs à l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- et lui dirent: «O Envoyé de Dieu, les juifs disent que nous ne devrons plus nous approcher de nos femmes!» Son visage fut contrarié au point où ils regrettèrent de lui poser une pareille question. Ils sortirent de chez lui. Ayant reçu un don de lait, il envoya chercher Oussayd et 'Abbad et leur en offrit, et ils constatèrent par ce geste qu'il ne les en voulait pas. En se référant aux paroles du Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue-, les ulémas ont déduit qu'un homme peut avoir des attouchements avec sa femme qui est à ses menstrues sans accomplir l'acte sexuel. Masrouq a rapporté: «J'ai demandé à Aïcha: «Quelles parties du corps d'une femme qui est à ses menstrues l'homme peut en disposer?» Elle répondit: «Tout son corps mais l'acte sexuel est interdit». Suivant une variante, elle lui répondit: «Il peut disposer de la partie supérieure de son corps». On peut donc conclure que l'homme peut, durant la menstruation de sa femme, se mettre à table avec elle et partager le lit conjugal sans aucune contestation. Pour confirmer cela on cite ce hadith rapporté par 'Aïcha: «Durant mes menstruations, l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- me demandait de lui laver la tête, mettait sa tête contre ma poitrine et récitait le Coran». Selon un autre hadith elle a raconté: «me trouvant à mes menstrues, je prenais la viande d'un os et le lui donnais, il en prenait même de l'endroit où j'ai déjà mangé. Ainsi, je buvais et lui passais le verre et il en buvait en posant ses lèvres sur le même endroit du verre où j'ai bu». Mou'adh a rapporté qu'il a posé la même question à l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- et il lui répondit: «Tu peux disposer de la partie supérieure, mais vaut mieux t'abstenir» Toutes les opinions se concordent sur le fait de l'interdiction de l'accomplissement de l'acte sexuel avec une femme pendant sa menstruation, mais au cas où l'on fait, on sera tenu d'implorer le pardon de Dieu et de revenir à Lui. Dans ce cas, doit-on expier cette faute?
Verset 223
Vos femmes sont comme un champ pour vous. Allez à votre champ comme bon vous semble. Constituez-vous un capital de bonnes œuvres. Craignez Allah et rappelez-vous que vous devez comparaître devant Lui. Bonne nouvelle pour les croyants. «Vos femmes sont comme un champ pour vous» Ibn Abbas a commenté cela en disant qu'il s'agit uniquement de l'utérus étant considéré comme un champ où naît l'enfant, et de la façon que désire l'homme dans différentes positions à condition que ce soit dans un même endroit qui est la partie vaginale. D'après Jaber, les juifs disaient que si l'homme se met derrière sa femme pour accomplir l'acte sexuel, l'enfant naît louche. C'est à ce sujet que ce verset fut révélé. D'après l'imam Ahmed, Abdullah Ben Sabet a raconté: «J'entrai chez Hafsa la fille d'Abdul Rahman ben Abou Bakr et lui dis: «Je veux te poser une question mais j'ai honte». Elle lui répondit: «N'aie pas honte ô fils de mon frère» Il lui demanda: «Il s'agit d'assouvir ses désirs en se tenant derrière la femme». Elle répliqua: «Oum Salama m'a raconté que les Ansars aimaient tellement les femmes. Les juifs disaient que si l'homme fait l'acte sexuel en se tenant derrière sa femme, l'enfant naît louche. Après leur émigration à Médine, des Mouhadjirines épousèrent des femmes médinoises (Ansariennes). L'un d'eux, voulant commercer avec sa femme en se tenant derrière elle, elle refusa et lui dit: «je ne te le permets avant d'interroger l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue-» Cette femme vint chez l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue-, ne trouvant que son épouse Oum Salama, elle la mit au courant. Oum Salama la pria de rester attendant l'arrivée de l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue-. A son arrivée, comme cette Ansarienne eut honte de lui poser une pareille question, elle sortit. Oum Salama demanda le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- à ce sujet, il lui chargea de demander la femme, et il lui dit ce verset en ajoutant: «A condition que ce soit fait dans l'endroit désigné». Dans le même sens, Ibn Abbas raconte que 'Omar ben Al-Khattab vint trouver l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- en s'écriant: «Je suis perdu». En lui demandant la cause, il lui répondit: «J'ai eu la veille un rapport avec ma femme en me tenant derrière elle». L'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- garda le silence. C'est alors que Dieu lui fit cette révélation: «Vos femmes sont comme un champ pour vous. Allez à votre champ comme bon vous semble» Et il ajouta: «Que ce soit de devant ou de derrière, évite la partie postérieure et n'aie aucun rapport pendant la menstruation». Plusieurs hadiths ont été rapportés à ce propos et dans le même sens. L'essentiel est de savoir que l'homme peut disposer du corps de sa femme pour accomplir l'acte sexuel à condition d'éviter la partie anale. L'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue-, entre autres hadiths, a dit: «Ayez de la pudeur. Dieu n'a pas honte de montrer la vérité. N'ayez plus de rapports avec vos femmes par la partie anale». Bref, on peut conclure que les rapports conjugaux doivent être faits dans la partie vaginale et jamais dans la partie anale, tel un grain qu'on sème dans un champ de labour. Dieu enfin exhorte les gens en leur disant: «Constituez-vous un capital de bonnes œuvres» et ceci en se conformant à ses ordres et en s'abstenant des interdictions. Car les hommes doivent craindre Dieu et savoir qu'ils Le rencontreront pour leur demander compte. Aux croyants et soumis, on annonce qu'ils obtiendront la plus belle récompense.
Verset 224
N'usez pas du nom d'Allah dans vos serments pour vous dispenser d'être vertueux, de faire le bien et d'aider à établir la concorde parmi les hommes. Allah sait et entend tout. Cela signifie qu'il ne faut pas faire de Dieu l'objet de serments surtout quand il s'agit de la charité ou du maintien du lien de parenté. Dieu le montre aussi d'une façon plus claire dans un autre verset: «Ceux qui, parmi vous, jouissent de sa faveur et de l'aisance ne négligeront pas de donner à leurs proches, aux pauvres et à ceux qui émigrent dans le chemin de Dieu» [Coran XXIV, 22]. Quiconque fait un tel serment et y persévère, aura péché et par la suite devra l'expier, comme l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit: «Par Dieu, l'un d'entre vous commettra un péché au regard de Dieu s'il persiste dans un serment concernant sa femme à moins qu'il ne l'expie selon la prescription de Dieu». Ibn Abbas, quant à lui, a commenté ce verset en disant: «Ne fais jamais un serment de ne plus faire le bien, mais expie ton serment et fais le bien». Entre autres hadiths concernant le serment, on cite celui-ci dans lequel l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- aurait dit à Abdul Rahman Ben Samoura: «Ô Abdul Rahman! Ne convoite pas le commandement, car si on te le confie, tu seras secouru, mais si tu le demandes tu devras supporter seul sa responsabilité. Si après avoir fait un serment tu vois qu'il y a mieux à faire, expie ton serment et fais ce qu'il y a mieux à faire» (Rapporté par Mouslim).
Verset 225
Allah ne vous demandera pas compte des serments qui vous auront échappé par inadvertance, mais de ceux que vous aurez fait en toute conscience. Car Allah est indulgent et clément. Quant au serment fait à la légère, Dieu ne punira pas son auteur et n'impose aucune expiation pour l'avoir fait par inadvertance comme il est de coutume chez un grand nombre de gens. A cet égard Abou Houraira a rapporté que l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit: «Celui qui jure par Al-Lat et Al-Ouzza, qu'il dise après: «Il n'y a d'autre divinité que Dieu». Ceci a été adressé à des hommes qui avaient récemment embrassé l'Islam dont leurs langues étaient accoutumées à proférer de tels serments. Ils furent ordonnés ensuite de témoigner de l'unicité de Dieu sans qu'il y ait une expiation quelconque. Par contre, Dieu punira pour ce que le cœur aura accompli. Donc tout serment fait inconsciemment ne sera plus puni, et Aïcha - que Dieu l'agrée - de l'expliciter en disant: «Il en est des gens qui, discutant une affaire quelconque disent: «Non par Dieu. Oui par Dieu» des termes qui n'émanent pas du cœur. Ce genre de serments n'est plus soumis à une expiation, ainsi le serment fait en plaisantant». On peut donc conclure que tout serment fait à la légère n'expose son auteur ni à une punition ni à une expiation, mais de le faire consciemment et de propos délibéré, son expiation sera d'obligation. Abou Daoud rapporte d'après Said Ben Al-Moussaiab que deux frères Médinois disputèrent un héritage. L'un d'eux dit à l'autre: «Quand est-ce qu'on va partager cette succession?» Et l'autre de répondre: «Si tu me demandes cela encore une fois je jure d'en faire une aumône à la Ka'ba». 'Omar, mis au courant de cette discussion dit au deuxième: «La Ka'ba n'a plus besoin de tes biens. Expie ton serment et renoue avec ton frère, car j'ai entendu l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- dire: «Ni serment ni vœu sont valables quand ils comportent une insoumission à Dieu. Ceci aussi s'applique quand il s'agit d'une rupture du lien de parenté ou d'une chose que tu ne possèdes pas».
Verset 226
Ce genre de serment qu'on appelle en Arabe «Ila'» consiste en ce qu'un homme jure de ne plus approcher de sa femme durant une période quelconque qui pourra être plus de quatre mois ou moins: Si c'était inférieur à quatre mois, il devrait attendre l'écoulement de cette période pour reprendre les relations conjugales. Quant à la femme, elle serait tenue de ne plus demander à son mari de revenir sur son serment durant. A cet égard, il a été cité dans les deux Sahihs, d'après Aïcha -que Dieu l'agrée- que l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- avait juré de ne plus avoir de rapports avec ses femmes pendant un mois. Après l'écoulement de vingt neuf jours (la durée normale d'un mois lunaire), il reprit ses relations conjugales en disant: «Le mois est formé de 29 jours». Qu'adviendra-t-il après l'écoulement des quatre mois? La femme aura le droit de demander à son mari de reprendre ses relations conjugales, sinon il devra la répudier. Dans ce cas, s'il refuse, le gouverneur l'oblige au divorce afin de préserver les droits de la femme. On signale que cet arrangement ne concerne pas les captives de guerre d'après l'unanimité des ulémas. Donc une fois cette période écoulée, le mari pourra reprendre l'acte charnel avec sa femme et Dieu lui pardonnera son faire ayant nui à sa femme par cette abstention, et il n'y aura plus une expiation.
Verset 227
«Si les époux conviennent de la répudiation»: Ce verset montre que la répudiation ne sera plus d'obligation pour les deux conjoints selon l'opinion des ulémas contemporains. Quant aux autres, ils ont jugé que cela est considéré comme une première répudiation avec reprise sans une nouvelle dot, mais cela n'était pas l'avis de 'Ali, Ibn Mass'oud et Abou Hanîfa qui ont stipulé que la reprise de la femme est conditionnée par une nouvelle dot. Ceux qui ont soutenu l'opinion que cette abstention est une répudiation par une seule fois exigent de la femme d'observer la période de viduité. Quant à Ibn Abbas et Chafé'î, ils ont dit que la femme qui a eu trois menstruations ne sera pas tenue de compléter sa période de viduité. Mais l'opinion qui a été adoptée plus tard implique de prendre en considération: la période de quatre mois ou les trois menstruations après quoi il n'y aura plus un divorce. A cet égard, on a rapporté que 'Abdullah Ben Omar a dit: «Celui qui jure de ne plus approcher sa femme ne sera pas tenu de la répudier après l'écoulement de quatre mois. Il pourra reprendre ses relations conjugales sinon il divorcera». L'imam Malek a rapporté dans son «Mouatta'» l'histoire suivante: «Faisant sa tournée nocturne comme d'habitude, 'Omar Ben Al-Khattab entendit une femme réciter un court poème dans lequel elle se plaignait de l'absence de son mari et exprimait son désir de le rencontrer. Il demanda à sa fille Hafsa: «Quelle est la durée maximale qu'une femme puisse demeurer loin de son mari?» Elle lui répondit: «Peut être quatre mois ou même six» Et alors 'Omar de s'écrier: «Je ne laisserai jamais un homme qui fait partie d'une troupe de s'absenter de sa femme plus que cette période».
Verset 228
Les femmes répudiées doivent effectuer une retraite d'une durée de trois périodes menstruelles. Il leur est interdit de dissimuler les germes de maternité qu'Allah a déposés dans leur sein, si elles croient en Allah et à la vie future. Leurs maris ont plus de droit que les autres à les reprendre quand elles sont dans cet état, si réellement ils sont revenus à de meilleurs sentiments. Les femmes ont autant de droits que de devoirs dans le mariage suivant une juste mesure. Les maris ont la priorité sur les femmes. Allah est puissant et juste. C'est un ordre adressé de Dieu -qu'Il soit exalté et glorifié- aux femmes répudiées qui ont normalement leurs menstruations, qu'elles doivent attendre trois périodes avant de se remarier. Les quatre chefs des écoles de la loi islamique se sont accordés sur le fait qu'une esclave répudiée devra attendre une période de deux menstruations, comme toutes les règles qui leur sont appliquées, c'est à dire la moitié de celles d'une femme libre de condition. Mais comme une menstruation ne peut être divisée en deux parties, la période d'attente était fixée à deux menstruations. Mais des ulémas parmi les ancêtres avaient jugé que la période ne devait être différente tant à la femme libre qu'à l'esclave. On a rapporté à ce propos que Asma bent Yazid Ben As-Sakan L'Ansarienne a raconté: «J'ai été répudiée du temps de l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- alors qu'aucune loi n'a été encore révélée à notre sujet, mais Dieu fit cette révélation aussitôt après ma répudiation». Les opinions furent controversées au sujet de trois menstruations: - La première opinion, d'après Malek, Chafé'i et Ahmed, considère qu'une fois la femme se trouvant dans le début de sa troisième menstruation, aura accompli la période prescrite. - La deuxième opinion soutenue par les autres comme Abou Hanifa, Al-Thawri et Al-'Aouza'i, stipule la pureté de la troisième période menstruelle en se référant à un hadith suivant lequel l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- aurait dit à Fatima Bent Abou Houbaïch: «Laisse la prière durant la période menstruelle». Donc cette opinion diffère de la première en exigeant la pureté de la troisième période». La femme répudiée ne doit pas cacher ce que Dieu a créé dans ses entrailles si toutefois elle croit en Dieu et au Jour Dernier. Elle est la seule donc à avouer si elle est enceinte ou non et il n'est pas facile à aucune autre personne de le confirmer ou non lors de la répudiation, hormis la femme. «Leurs maris ont plus de droit que les autres à les reprendre quand elles sont dans cet état, si réellement ils sont revenus à de meilleurs sentiments». Cela signifie que si les maris des femmes répudiées désirent la réconciliation tant qu'elles sont dans leur période de viduité, ils ont le droit de les reprendre durant ce temps. Et ceci est permis quand il s'agit d'un divorce qui n'est pas soumis à une nouvelle dot, en d'autres termes si la femme est répudiée par plusieurs fois se trouvant dans cet état en appliquant la règle qui émane de ce verset. Mais nous allons voir plus loin que le droit de reprendre la femme dépendra du nombre de répudiations qui sont soumises ou non à une nouvelle dot.
Verset 229
La répudiation a lieu en deux fois. En cas de reprise, traitez votre femme avec égards. Ou bien si vous l'abandonnez, faites-le avec correction. Il vous est interdit de reprendre à vos femmes quoique ce soit de ce que vous leur avez donné, à moins que tous deux ne craigniez d'outrepasser les lois d'Allah en vivant ensemble. Si vous avez tous deux de pareilles craintes, la femme pourra racheter sa liberté, sans que ce soit pour vous un péché. Telles sont les limites d'Allah, ne les dépassez pas. Car ceux qui transgressent les limites d'Allah est injuste. Au début de l'ère islamique, le mari avait toujours le droit de reprendre sa femme qu'il avait répudiée même par cent fois tant qu'elle était dans sa période d'attente. Comme cela pouvait être au désavantage de la femme, le verset précité fut révélé pour restreindre le nombre de fois à trois en permettant au mari de reprendre sa femme répudiée par deux fois sans lui désigner une nouvelle dot, mais à la troisième cette dot devient d'obligation. Hicham ben 'Ourwa a rapporté d'après son père qu'un homme a dit à sa femme: «Je ne te répudie pas et je ne te laisse pas vivre avec moi sous un même toit». Elle lui demanda: «Comment cela?» Il répondit: «Je te répudie et une fois que tu seras à fin de la période d'attente, je te reprendrai». La femme alla chez l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- pour lui faire part de propos de son mari, Dieu -à Lui la puissance et la gloire- fit descendre ce verset: «la répudiation a lieu deux fois». 'Aïcha, de sa part, a rapporté des propos pareils qui montrent comment était le comportement des maris vis-à-vis de leurs femmes répudiées avant la révélation du verset qui a réglé la répudiation. «En cas de reprise, traitez votre femme avec égards. Ou bien si vous l'abandonnez, faites-le avec correction». Cela signifie que lorsque le mari répudie sa femme par une ou deux fois, il aura le choix tant qu'elle passe sa période d'attente, il pourra: ou bien la reprendre d'une manière convenable n'ayant pour but que la réconciliation et le bon traitement, ou de la laisser purger sa période qu'après il n'aura le droit de se remarier d'avec elle qu'en lui fixant une nouvelle dot. Dans ce cas il ne devra plus la léser dans ses droits ni lui causer aucun préjudice.
Verset 230
Si, après cela, le mari répudie sa femme, il ne pourra la reprendre qu'autant qu'elle aura épousé un autre homme que lui. Si cet homme la répudie à son tour, ce ne sera un péché pour aucun des deux (anciens époux) de reprendre la vie commune, à condition toutefois qu'ils espèrent pouvoir respecter les lois d'Allah. Telles sont les lois qu'Allah décrète à l'usage des gens qui pensent. Cela signifie que si l'homme répudie sa femme pour la troisième fois, elle ne sera plus licite pour lui tant qu'elle n'aura pas été remariée avec à un autre époux d'après un mariage authentique. Si ce nouvel époux la cohabite sans un contrat de mariage, étant une captive de guerre, elle ne pourra plus remarier son ex-époux, ainsi si le deuxième mariage n'a pas été consommé. D'après Ibn Omar, on a demandé le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- au sujet de l'homme qui s'est marié d'avec une femme et la répudie avant la consommation du mariage, un autre homme l'épouse puis la répudie avant de consommer le mariage, cette femme sera-t-elle licite au premier mari?» Il répondit: «Non à moins que le deuxième mari n'ait de rapport charnel avec elle. (litt. avant d'avoir goûté au petit miel)» Plusieurs autres hadiths ont été rapportés qui donnent le même sens. L'Imam Ahmed a rapporté d'après Aïcha l'histoire suivante: «La femme de Rifa'a Al-Qouradhi entra chez le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- alors que mon père Abou Bakr et moi nous trouvions auprès de lui. Elle lui dit: «Rifa'a m'a répudiée définitivement et j'ai épousé Abdul Rahman ben AL-Zoubaïr, mais ce dernier a un membre viril pareil un morceau de tissu», et elle prit le pan de son vêtement voulant montrer qu'il est incapable de consommer le mariage. A ce moment, Khaled Ben Sa'id Ben Al-'As qui se trouvait à la porte demandant l'autorisation d'entrer, s'écria: «O Abou Bakr, pourquoi ne défends-tu pas cette femme de proférer de tels propos devant l'Envoyé de Dieu?» Celui-ci sourit et répondit à la femme: «Il me semble que tu penses retourner à Rifa'a. Non, tu ne pourras plus le faire avant que Abdul Rahman n'ait eu des rapports avec toi». Un deuxième mari signifie un homme qui veut conclure un mariage authentique avec la femme répudiée désirant vivre avec elle comme à la suite d'un mariage normal. Dieu enfin fait connaître aux hommes qui si le deuxième époux répudie la femme après la consommation du mariage, et qu'ensuite elle et le premier mari se réconcilient, aucune faute ne leur sera imputée à condition qu'ils croient observer ainsi les lois de Dieu, c'est à dire tenir une bonne compagnie l'un à l'autre. Telles sont les lois de Dieu qu'il a montrées et rendues claires à ceux qui les comprennent.
Verset 231
Dieu à Lui la puissance et la gloire ordonne à l'homme qui a répudié sa femme et ayant le droit de la reprendre, d'être bienveillant à son égard lorsqu'elle sera sur le point de terminer sa période d'attente, et qu'il n'en reste que le temps suffisant pour la reprendre. Il doit la reprendre d'une façon convenable en présence des témoins, et de la bien traiter, ou bien il lui donne la liberté en la relâchant chez lui jusqu'à l'écoulement de la période d'attente, qu'ensuite il la congédie sans inimitié ni dispute ni insulte. Dieu a ordonné: «Ne la retenez pas arbitrairement dans le but de lui nuire». Ibn Abbas a commenté au dit: «L'homme qui avait répudié sa femme, la reprenait vers la fin de sa période d'attente afin qu'il ne la laisse pas se remarier d'avec un autre, puis il la répudiait une deuxième fois et agissait comme la première fois dans le but d'allonger la période d'attente autant qu'il pouvait rien que pour la nuire. Dieu interdit un tel comportement et menace l'homme qui agit ainsi et qui, par ce faire, se ferait du tort à lui-même. Dieu rappelle ensuite à ses serviteurs de reconnaître Ses bienfaits, à commencer par l'envoi de Son Prophète en leur apportant les preuves, la bonne direction et la sagesse par lesquelles Il les exhorte. Il leur met en garde de transgresser ses lois car rien de Lui sera caché et sûrement Il les rétribuera selon leurs œuvres.
Verset 232
Dieu rappelle ensuite à ses serviteurs de reconnaître Ses bienfaits, à commencer par l'envoi de Son Prophète en leur apportant les preuves, la bonne direction et la sagesse par lesquelles Il les exhorte. Il leur met en garde de transgresser ses lois car rien de Lui sera caché et sûrement Il les rétribuera selon leurs œuvres. Ibn Abbas a dit que ce verset fut révélé au sujet de l'homme qui répudie sa femme par une ou deux fois puis, sa période d'attente terminée, veut la reprendre et l'épouser. La femme consent mais ses tuteurs l'empêchent; Dieu interdit à ces tuteurs de l'empêcher. Cette question a suscité une controverse entre les ulémas. et qui est la suivante: Une femme a-t-elle le droit de se marier sans la présence et le consentement de son tuteur? Ce sujet a été bien détaillé dans les livres concernant le mariage, le lecteur est prié d'y revenir. D'autre part, on a rapporté que ce verset a été révélé au sujet de Ma'qel Ben Yasser Al-Mouzani et de sa sœur. At-Tirmidhi raconte que du temps de l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue-, Ma'qel ben Yasser avait donné sa sœur en mariage à un musulman. A la suite d'une mésentente et après avoir passé un certain temps ensemble, il l'a répudiée. Puis il n'a songé à la reprendre qu'après l'écoulement de sa période d'attente. Comme ils éprouvaient, tous les deux, le sentiment de revenir l'un à l'autre, son mari s'est présenté avec d'autres hommes la demandant en mariage. Ma'qel s'opposa au mari et lui dit: «O stupide, fils de stupide! Je t'ai honoré et te l'ai donnée en mariage mais tu n'a pas tardé à la répudier. Par Dieu je ne te la redonne plus en mariage, n'y pense donc jamais». Dieu devina ce qu'il existait dans les cœurs de ces deux conjoints et fit descendre ce verset: «Lorsque les femmes que vous avez répudiées... jusqu'à... et vous ne le savez pas». «Ce conseil, s'adresse à ceux d'entre vous qui croient en Allah et au jugement dernier» Ceci comporte une interdiction aux tuteurs d'empêcher les femmes de retourner chez leurs ex-maris si ceux-ci se sont mis d'accord conformément à l'usage. Voilà ce à quoi est exhorté celui qui est tenu de suivre, celui qui croit en Dieu et au Jour Dernier, qui croit aux lois divines en s'y conformant, qui redoute la menace de Dieu et Son châtiment dans la vie future. Ce sera donc plus pur et plus net aux tuteurs de rendre les femmes à leurs ex-maris sans être pris ou influencés par un sentiment quelconque, car Dieu connaît mieux que les hommes leurs intérêts.
Verset 233
C'est un conseil adressé de Dieu aux mères répudiées d'allaiter leurs enfants pendant deux ans complets, le délai maximal, après quoi, l'allaitement n'aura aucun effet, et ceci dépend de la volonté de ceux qui veulent le rendre complet. D'après l'unanimité des ulémas, l'allaitement d'un enfant dont l'âge est inférieur à deux ans, pose une interdiction (comme le lien de parenté concernant par exemple le mariage ou autre), mais ce ne sera plus le cas si l'enfant a un âge supérieur. L'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit: «L'allaitement qui crée une interdiction est celui pris des seins comme nourriture avant le sevrage» (Rapporté par Tirmidzi) sous-entendant avant l'accomplissement de deux ans entiers. Car dans un autre hadith, concernant son fils Ibrahim qui mourut à l'âge d'un an et de dix mois, il a dit: «Mon fils est mort alors qu'il se nourrissait encore des seins, il aura une nourrice au Paradis». Malek a rapporté dans le «Mouwatta'a d'après Ibn Abbas, que le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit: «Ne pose une interdiction que l'allaitement d'un enfant dont l'âge est inférieur à deux ans». Dans un autre hadith rapporté par Jaber, l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit: «Aucun allaitement n'est valable (c.à.d qui crée une interdiction) après un sevrage ou une maturité» Ceci a été dit en confirmation des paroles divines qu'on trouve dans ce deux versets: «... et il a été sevré au bout de deux ans» [Coran XXXI, 14]. - «Depuis le moment où elle l'a conçu, jusqu'à l'époque de son sevrage, trente mois se sont écoulés» [Coran XLVI, 15]. Le dire: «L'allaitement ne crée pas une interdiction après deux ans» a été rapporté d'après Ali, Ibn Mass'oud, Ibn Abbas, Chafé'i et Ahmed. Quant à Abou Hanifa, il a fixé la période à deux ans et six mois. D'autre part il a été rapporté d'après Omar et Ali qu'ils ont dit: «Aucun allaitement n'a un effet après sevrage». Il est très probable qu'ils ont déterminé cet âge à deux ans, comme il a été l'avis des autres théologiens, que l'enfant soit sevré ou non, ou bien il est probable aussi qu'ils ont limité la durée de l'allaitement à deux ans comme était l'avis de Malek. Il a été cité dans les deux Sahihs que 'Aicha -que Dieu l'agrée- avait jugé que l'allaitement d'un jeune impose également une interdiction. En effet elle permettait à quelques hommes d'entrer chez elle et leur donnait de son lait tirant argument du faire du Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- à l'égard de Salam l'esclave affranchi d'Abou Houdhayfa. Il avait ordonné à la femme de ce dernier de donner de son lait à Salem, et par ce faire, Salem avait le droit d'entrer chez elle. Quant aux autres épouses du Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue-, elles avaient refusé d'agir ainsi prétendant que cela était une affaire personnelle. Il a été cité dans les Sahihs d'après Aicha, que l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit: «Assurez-vous que ce soient vos frères! Car il n'y a allaitement que s'il y a un apaisement de la faim!». «Le père de l'enfant est tenu de pourvoir à la nourriture et à l'habillement de la mère d'une manière convenable». C'est à dire qu'il incombe au père d'assurer à sa femme répudiée la nourriture et les vêtements conformément à l'usage dans le pays sans prodigalité ni avarice mais plutôt selon sa capacité, comme Dieu le montre dans ce verset: «Que celui qui se trouve dans l'aisance paye selon ses moyens. Que celui qui ne possède que le strict nécessaire paye en proportion de ce que Dieu lui a accordé. Dieu n'impose quelque chose à une âme, qu'en proportion de ce qu'il lui a accordé. Dieu fera succéder l'aisance à la gêne» [Coran LXV, 7]. Al-Dahhak a dit: si le mari répudie sa femme qui lui a donné un enfant, le père est tenu d'assurer à la mère tous les frais d'entretien: la nourriture et l'habillement conformément à l'usage. «Il ne faut pas que l'enfant soit une source d'ennuis pour la mère ou pour le père» On entend par cela que la mère n'a pas le droit de refuser d'entretenir son enfant pour accabler son père de cette tâche, de même et une fois qu'elle l'a mis au monde de ne plus l'allaiter afin de le séparer du sein sans quoi il ne pourra plus vivre. Mais lorsqu'elle se sera acquittée de ses devoirs maternels, elle pourra, si elle le veut, rendre l'enfant au père si par ce faire elle ne lui causera aucun ennui. De même elle n'a pas le droit plus tard de garder l'enfant rien que pour causer une nuisance au père. Ainsi sera le cas du père s'il lui enlève l'enfant pour subir un dommage à la mère. «L'obligation alimentaire vis-à-vis de l'enfant passe aux héritiers du père» c'est à dire que les héritiers du père ne doivent pas à leur tour nuire à l'enfant qui est de leurs. Pour une raison ou d'autre, il incombe à ces héritiers d'assurer la nourriture et l'habillement à la mère tout comme le père et s'acquitter de leurs obligations envers elle, qui est l'opinion de Moujahed, Al-Dahhak et une grande partie des ulémas. On peut en déduire, comme ont fait les adeptes des Hanafites et des Hanbalites, que la dépense pour les proches parents est une obligation. Il est très probable que cette opinion découle du hadith rapporté par Samoura qu'il le remonte au Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue-: «Tout homme est tenu de s'acquitter de ses obligations envers son proche s'il dépend de lui». «Si les deux époux sont d'accord pour sevrer l'enfant, après s'être consultés, cela est permis». On comprend par ceci que si les père et mère de l'enfant, d'un commun accord, veulent le sevrer avant deux ans pour son intérêt, aucune faute ne leur sera reprochée. On peut en déduire que la décision d'une seule partie concernant cette affaire n'est pas suffisante, et il n'est plus permis à l'un d'eux de le décider sans le consentement de l'autre, pour sauvegarder l'intérêt de l'enfant, et cela est sans doute une compassion divine envers les serviteurs. C'est une exhortation et une miséricorde venue de Dieu pour montrer aux gens le moyen d'assurer la subsistance et le salut de l'enfant. Dieu a dit à cet égard: «Si elles allaitent l'enfant né de vous, versez-leur une pension. Mettez-vous d'accord sur une base équitable; mais, si vous rencontrez des difficultés-prenez une nourrice pour l'enfant» [Coran LXV, 6]. Si pour une certaine raison la mère ne peut allaiter et entretenir l'enfant, et d'un commun accord, le père a le droit de le confier à une nourrice et il sera tenu de payer à la mère ce dont elle avait droit pour la période où l'enfant était à sa charge. Voilà le sens des mots de Dieu: «Si vous désirez mettre vos enfants en nourrice, cela est permis sous réserve toutefois de payer à la mère ce dont vous êtes convenu avec elle». Dieu exhorte enfin les gens à Le craindre car Il voit parfaitement ce qu'ils font.
Verset 234
La majorité des ulémas ont déclaré que le premier verset est abrogé par le verset n: 234 «A la mort de leurs maris, les femmes sont tenues d'accomplir une retraite de quatre mois et dix jours». Al-Boukhari rapporte: Ibn Al-Zoubaïr a raconté: «Je dis à Othman Ben 'Affan: «Puisque ce verset a été abrogé par celui qui le précède pourquoi le gardes-tu dans le Coran, il vaut mieux le négliger?» Il me répondit: «Ô fils de mon frère! Je ne change rien du Coran et je ne n'intervertis jamais l'ordre des versets» On peut en déduire que 'Othman n'avait aucun droit (ni à un autre) d'altérer on changer les versets du Coran, ni invertir leur ordre, plutôt il n'a fait que transcrire ce Livre Saint tel qu'il a été révélé et complété. A propos de ce verset, Ibn Abbas raconte: «Lorsque l'homme mourait sa femme restait dans le domicile conjugal pendant une année où on dépensait pour elle des biens laissés par le mari. Puis Dieu fit descendre le verset qui fixe la période de viduité à quatre mois et dix jours, à moins qu'elle ne soit enceinte, et dans ce cas cette période expire avec l'accouchement. Ensuite sa part de la succession fut fixée exemptant ainsi les héritiers des dépenses d'entretien pour elle et annulant le testament, selon ce verset: «Si vous n'avez pas d'enfants, le quart de ce que vous avez laissé reviendra à vos épouses. Si vous avez un enfant, le huitième de ce que vous avez laissé leur appartient) [Coran IV, 12]. Ibn Abbas a dit: «Ce verset n'implique pas la femme de passer sa période de viduité chez elle mais il lui donne la liberté de la passer là où elle veut. Tel est le sens des paroles divines. Quant à 'Ata', il a dit: «A la mort de l'époux, la femme peut passer sa période de viduité chez elle et demeure au domicile conjugal en vertu du testament, et elle a le droit de le quitter comme Dieu le montre dans ce verset: «Si elles quittent ce domicile de leur propre gré, vous n'encourrez aucune responsabilité». Et 'Ata' d'ajouter: «Le verset de la succession n'impose pas à la femme de passer cette période chez elle en lui donnant la liberté de la passer là où elle veut et sa demeure dans le domicile conjugal n'est pas d'obligation. On peut conclure de ce qui précède que la période d'attente qui a été fixée à un an- comme le prétendent certains ulémas- fut réduite à quatre mois et dix jours ou après l'accouchement si elle est enceinte. Rester un an chez elle, était une recommandation. Après la période d'attente ou l'accouchement rien n'empêche la femme de quitter le domicile conjugal sans qu'il y aura de reproche quant à la façon dont elle disposera d'elle-même. Quant à la demeure dans le domicile conjugal pendant la période d'attente fixée à quatre mois et dix jours, quoique certains parmi les ulémas avaient une opinion différente, elle a été confirmée par ce hadith rapporté par Malek dans le Mouwatta': «Devenue veuve, Al-Fouraf'a Bent Malek ben Sinan, la sœur de Abou Sa'id Al-Khoudri, vint chez l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- et lui raconta que son mari était sorti à la recherche de quelques esclaves marrons. Les atteignant à Al-Kadoum, ils le tuèrent. Elle lui demanda de retourner chez les siens, car son mari ne lui avait laissé ni domicile ni dépenses d'entretien. Elle dit: «Après avoir obtenu l'autorisation de l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- et à peine je l'eus quitté, il m'interpella en me demandant encore une fois de lui raconter mon histoire, qu'ensuite il me dit: «Reste chez toi jusqu'à l'expiration de ta période de viduité» Je demeurai dans le domicile conjugal quatre mois et dix jours. Lorsque 'Othman Ben 'Affan fut investi comme calife, il me manda pour lui faire part de mon histoire et du jugement de l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- qu'il prit comme précédent afin de l'appliquer». Après la révélation de ce verset: «Mais adoucissez leur déception par un présent dont l'importance variera suivant que vous serez riche ou pauvre» un homme s'écria: «Je peux donc faire ce bien si je veux comme je peux m'abstenir» Alors Dieu fit descendre ce verset: «Un petit péché est dû aux femmes répudiées à titre de dédommagement». Comme on l'a montré auparavant, les ulémas ont recommandé d'offrir un tel présent à la femme répudiée qu'une dot lui fût fixée ou non, ou que le mariage fût consommé ou non. Tel est le sens du verset n° 236 déjà commenté. Dieu termine ces versets en rappelant aux hommes qu'il leur a montré les règles à suivre se rapportant à la répudiation, au licite et à l'illicite, en demandant à Ses serviteurs de les observer.
Verset 235
Vous n'encourrez aucun blâme si vous faites allusion à une demande en mariage à ces femmes ou si vous gardez cette intention dans vos cœurs. Dieu sait que vous penserez à elles. Mais ne leur promettez rien en secret; bornez-vous à des paroles convenables. Ne concluez pas non plus le mariage avant l'expiration de la période prescrite. Sachez que Dieu connaît ce qui se trouve dans vos cœurs. Prenez donc garde à Lui. Sachez aussi que Dieu est indulgent et plein de mansuétude. Il s'agit des veuves et des propos qu'on peut tenir avec elles concernant une demande en mariage durant leur période de viduité. Les ulémas ont jugé qu'il est permis à l'homme de faire allusion à une veuve en lui disant par exemple: «Je souhaite me marier et j'aimerais que Dieu me facilite d'épouser une femme vertueuse» ou en lui disant: «Tu me plais et j'espère me marier avec toi une fois ta période expirée» ou toute autre expression du même genre qui ne constitue pas un engagement ferme mais plutôt une allusion. Quant aux femmes répudiées, l'homme n'a pas le droit de leur faire de telles allusions durant leur période d'attente. Il n'y a aucun blâme non plus si l'homme garde dans son cœur l'intention d'épouser une veuve sans le lui exprimer. Dieu connaît cette intention et sait qu'ils y penseront, c'est pourquoi Il leur a accordé cette permission. «Mais ne leur promettez rien en secret» - c'est-à-dire ne leur faites pas de promesses fermes de mariage durant la période de viduité, et ne concluez pas non plus le contrat de mariage avant l'expiration de cette période. Il faut attendre que la période prescrite soit accomplie. Dieu nous met en garde car Il connaît ce qui se trouve dans nos cœurs. Il est indulgent et plein de mansuétude envers Ses serviteurs.
Verset 236
Dieu béni soit-Il a rendu libre la répudiation de la femme avec qui on a conclu un contrat de mariage mais qu'on n'a pas consommé. Ibn Abbas a dit à cet égard: Il est toléré à l'homme de répudier la femme qu'il a épousée, en lui donnant un présent si un certain tuteur l'a représenté en concluant le contrat du mariage, bien que cela lui cause une contrition. C'est pourquoi, et afin de la réconforter, Dieu a ordonné de lui faire un don nécessaire selon la capacité de l'homme qui dépend de son état: aisé ou pauvre. Ce don peut être un domestique, de l'argent ou d'habillements selon les moyens de l'homme. On a rapporté que Al-Hassan Ben Ali n'est séparé de sa femme en lui donnant dix mille dirhams. Elle déclara: «Tel est un don modeste d'un amant qui me répudie». Abou Hanîfa a dit que lorsque les deux conjoints disputent la valeur de ce don, l'homme doit donner à la femme la moitié de la dot qu'on fixe à une autre qui jouit des mêmes conditions. Selon Châfê'i, ce don n'a pas une valeur fixe mais il a déclaré que trente dirhams seraient une somme convenable. Mais la question qui a suscité une controverse est la suivante: «Ce don est-il d'obligation pour chaque femme répudiée ou bien il est réservé à qui on n'a pas fixé une dot et avec qui on n'a pas consommé le mariage? - La première réponse: Consiste à conférer ce don à toute femme répudiée en se conformant à ce verset: «Un petit pécule est dû aux femmes répudiées à titre de dédommagement. C'est une obligation morale pour ceux qui craignent Dieu», ainsi qu'à ce verset: «Venez; je vous procurerai quelques avantages puis je vous donnerai un généreux congé» [Coran XXXIII, 28]. A savoir que ces femmes-là on leur avait fixé une dot et on les avait touchées. Telle est l'opinion de Sa'îd Ibn Joubaîr et l'un des dires de Châfê'i. La deuxième réponse: C'est une obligation qui ne concerne que la femme répudiée qui n'a pas consommé le mariage même si on leur avait fixé une dot, d'après les dires de Dieu: «O vous qui croyez, quand vous épousez des croyantes et que vous les répudiez ensuite sans les avoir touchées, vous n'avez pas à leur imposer une période d'attente. Donnez-leur quelque bien et renvoyez-les décemment» [Coran XXXIII, 49]. Sa'îd Ben Al-Moussaiab a dit que ce verset a abrogé celui qui est mentionné dans la sourate de la vache (n: 236). Quant à Boukharî, il a rapporté d'après Sahl Ben Sa'd et Abou Oussayd que l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- avait épousé Oumayma Bent Chourahbil. La nuit de noces, voulant approcher d'elle, elle manifesta son mépris. Il la congédia en chargeant Abou Oussayd de lui donner son trousseau et deux vêtements. La troisième réponse: Ce don est de droit de la femme répudiée à qui on n'a pas fixé une dot et avec qui on n'a pas consommé le mariage. Mais si on a eu des rapports avec elle, une dot lui sera d'obligation équivalente à celle d'une autre femme de mêmes conditions, et si elle n'a pas été représentée par un tuteur. Au cas où on lui a fixé une dot mais on l'a répudiée avant de l'avoir touchée, la moitié de cette dot lui sera d'obligation, mais si le mariage a été consommé elle aura droit à tout ce qu'il lui reviendra. Ce verset, selon cette opinion, n'a rapport qu'à la femme à qui on n'a pas fixé une dot et on ne l'a pas touchée. Tels sont les dires d'Ibn Omar et Moujahed. Mais parmi les ulémas, il y avait ceux qui ont recommandé à faire un pareil don à toute femme répudiée représentée par un tuteur avec qui on n'a pas consommé le mariage, car ceci n'est pas désapprouvé et le verset n: 49 de la sourate «Les Factions» [Coran XXXIII] cité auparavant donne libre choix à l'homme. C'est pourquoi Dieu a dit: «Mais adoucissez leur déception par un présent, dont l'importance variera suivant que vous serez riche ou pauvre et: «Un petit pécule est dû aux femmes répudiées à titre de dédommagement...» A savoir que certains parmi les ulémas approuvent cette recommandation.
Verset 237
«Si vous répudiez une femme avant la consommation du mariage mais après avoir fixé sa dot, la moitié de celle-ci lui est acquise, à moins qu'elle ne vous en fasse remise, elle ou celui qui l'a représentée au mariage. En pareille occasion, il est méritoire de se montrer large de part et d'autre. Ne négligez pas d'être généreux entre vous. Dieu voit ce que vous faites» (237). Ce verset concerne spécialement ce qui est dû à la femme répudiée sans que le mariage soit consommé, car s'il y avait d'autres obligations, le verset l'aurait montrées clairement, surtout qu'il a rapport avec le verset précédent. Dans ce cas la moitié de la dot est incontestablement due d'après l'unanimité des ulémas, mais trois des chefs des écoles de la loi islamique ainsi que les califes rachidiens (les biens dirigés) avaient jugé que toute la dot devait être versée à la femme répudiée avant la consommation du mariage. Mais Ibn Abbas avait un jugement différent quand on lui a demandé son opinion au sujet d'une pareille femme, en affirmant qu'elle a droit à la moitié de la dot en se conformant à la lettre au verset sus-mentionné. Tout cela dépend de la volonté de la femme répudiée qui peut laisser tout. Quant à: «Celui qui l'a représentée au mariage», son interprétation porte à équivoque: - Les uns disent qu'il s'agit du mari. Chourain a rapporté: «Ali m'a demandé au sujet de celui qui l'a représentée au mariage, je lui réponds: «C'est le tuteur» - Non s'écria-t-il, il est bien le mari. Telle était aussi l'opinion de Chafé'i, Abou Hanifa et Ibn Jarir, en précisant que le mari détient le contrat du mariage, il pourra le maintenir et le rompre car un tuteur ne saurait se désister des droits de sa pupille. - Les autres répondent que cet homme-là est le père de la femme, ou son frère ou une autre personne qui la représente, comme ont jugé Al-Hassan, 'Ata, Taous, Malek et Chafé'i auparavant, sous prétexte que ce tuteur c'est bien lui qui a donné la femme au mariage et par la suite a le droit de disposer de ce droit en dehors de ce qu'elle possède. Ikrima a déclaré: Dieu a ordonné et toléré un tel désistement et toute femme a le droit d'agir dans ce sens. «En pareille occasion, il est méritoire de se montrer large de part et d'autre. Ne négligez pas d'être généreux entre vous». C'est une exhortation adressée aux hommes et femmes et quiconque parmi eux se montre généreux sera celui qui craint Dieu le plus. Ali Ben Abi Taleb a rapporté que l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit: «Il arrivera un jour difficile où le croyant retiendra fermement dans ses mains ce qu'il possédera sans prodiguer aucune générosité, malgré que Dieu a dit: «ne négligez pas d'être généreux entre vous» «Des hommes de mauvaise foi ne tarderont pas à acheter d'un homme nécessiteux tout ce qu'il leur proposera». (Rapporté par Ahmed, Abou Daoud et Tirmidzy). L'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a interdit la vente en cas de nécessité et la vente aléatoire en s'adressant aux hommes: «Si tu possèdes un superflu de richesses, donne-le à ton frère et n'ajoute pas une autre gêne à la sienne. Le musulman est le frère du musulman: il ne doit ni lui causer de chagrin ni le priver» Dieu connaît parfaitement ce que vous faites, rien ne lui est caché et il rétribuera à chacun la récompense qu'il méritera pour prix de ses œuvres»
Verset 238
Dieu ordonne aux hommes de s'acquitter des prières à leurs moments déterminés. A cet égard, il a été cité dans les deux Sahihs, que Ibn Mass'oud a demandé à l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue»: «Quelle est l'œuvre la plus méritoire?» - La prière à son heure fixée, répondit-il. -Et après? -Le combat dans la voie de Dieu -Et après?. La piété filiale» (Rapporté par Boukhari et Mouslim). Quelle est cette prière intermédiaire? Plusieurs opinions ont été dites à son sujet: - Elle est celle de l'aube: Malek la confirme en se référant au hadith rapporté par Ibn Abbas qu'il a fait la prière de l'aube dans la mosquée de Bassrah et a fait l'invocation du Qounoute avant l'inclinaison en disant: «Telle est la prière intermédiaire que Dieu a mentionnée dans son Livre». Chaféi a soutenu cette opinion tirant argument du même verset: «Contribuez à la gloire de Dieu, pleins de ferveur», or la glorification avec ferveur ne signifie autre que l'invocation du Qounoute qu'on fait à la prière de l'aube». - Elle est celle qu'on ne doit pas l'écouter et elle est située entre deux autres fermées de quatre rak'ats, sous-entendant la prière du coucher du soleil. - Elle est celle du midi, car Zaid ben Thabet a raconté: «L'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- priait celle du midi au moment de la canicule, et c'était la prière la plus difficile -vu son moment- pour ses compagnons. Dieu fit cette révélation à son sujet. - Elle est celle de l'asr, la dernière opinion soutenue par la majorité des ulémas. L'Imam Ahmed a rapporté dans son «Mousnad» que l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue-, le jour de la bataille des Factions (Al-Ahzab) devant retarder la prière de l'asr, a dit: «Ils nous ont empêché de nous acquitter de la prière intermédiaire. Que Dieu remplisse du feu leurs cœurs et leurs demeures». Puis il s'en est acquitté entre le coucher du soleil et le soire (Rapporté par Ahmed, Boukhari et Mouslim, Abou Daoud et Tirmidzi). Pour montrer son importance et l'obligation de l'observer, il a dit dans un hadîth authentifié: «Quiconque néglige la prière de l'asr, c'est comme il a perdu famille et biens». On peut conclure que, malgré les différentes opinions et hadîths la prière intermédiaire est celle de l'asr. Puis Dieu demande aux hommes de Le prier avec piété, ferveur et recueillement, en se tenant debout devant Lui. Toute parole qui n'a pas une relation avec la prière est futilité. Ibn Mass'oud avait salué le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- alors qu'il priait il ne lui répondit pas le salut, et en terminant, il lui dit: «Dans la prière il y a de quoi à en s'adonner». Dans le Sahih de Mouslim on trouve ce hadîth: «D'aucuns propos ordinaires ne sont admissibles dans la prière, mais sont permises la glorification, la mention et la proclamation de la grandeur de Dieu» Et Zaïd ben Arqam a rapporté: «Du temps du Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- le fidèle tenait de propos avec un autre concernant la prière, jusqu'à ce que ce verset fût révélé, et depuis nous observions le recueillement». «En période de trouble, il vous est permis de prier en marchant ou à cheval. Quand vous êtes en sécurité, priez comme Dieu vous l'a enseigné quand vous ne le saviez pas encore». Il ne s'agit donc pas seulement d'observer le temps de la prière, mais son accomplissement à la perfection comme Dieu nous l'a enseigné, est strictement essentiel sans y penser à autre chose. Mais il a fait allusion dans ce verset aux moments du combat, de la mêlée et du danger, car dans ce cas on peut prier en marchant où à dos de montures qu'on s'oriente vers la Qibla ou non. On a demandé à Ibn Omar, comme Malek le rapporte, comment est la prière en cas de danger, il répondit: «Si la situation est si grave et dangereuse, les hommes peuvent prier debout ou montés sans qu'ils soient dirigés vers la Qibla». C'est une tolérance de Dieu, comme le rapporte Nâfé d'après Ibn Omar. Et l'imam Ahmed de dire: «On peut même écourter la prière et la réduire à une seule rak'at en cas de la mêlée». En confirmation de cela, Mouslim a rapporté d'après Ibn Abbas qu'il a dit: «Dieu par la bouche de votre Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- a imposé la prière de quatre rak'ats quand on est résident, deux en cas de voyage et une seule en cas de danger». Telle était aussi l'opinion d'Ibn Jarir et Al-Boukhari. A ce propos Al-Ouzaï a dit: «Lors de la conquête d'une ville et que les hommes se trouvent incapables de faire la prière comme elle est prescrite, ils peuvent l'accomplir en se contentant des gestes ou ils peuvent la retarder jusqu'à ce que le combat prenne fin. Alors ils peuvent s'en acquitter en la réduisant à deux rak'ats si l'état de sécurité le permet, sinon une seule rak'at qui comporte deux prosternations, ou bien encore ils la retardent car des takbîrs dans ce cas ne sont plus suffisants». Anas Ben malek raconte: «J'ai assisté à l'état de siège de la forteresse Toustor. A la clarté de l'aube, les hommes ne purent pas faire la prière car le combat faisait rage. Nous dûmes l'accomplir alors qu'il faisait jour avec Abou Moussa et Dieu nous accorda la victoire». Et Anas d'ajouter: «Cette prière m'a été plus chère que le bas monde et ce qu'il contient». Quant à la prière de la crainte - ou en cas de danger- Dieu nous montre comment on doit l'accomplir, et nous en parlerons en commentant la sourate des Femmes. Une fois en sécurité, la prière doit être faite comme Dieu nous l'a enseigné, c'est à dire en accomplissant ses inclinaisons, prosternations et recueillement. Enfin, comme Dieu nous a tout montré, nous devons Lui être reconnaissants.
Verset 239
«En période de trouble, il vous est permis de prier en marchant ou à cheval. Quand vous êtes en sécurité, priez comme Dieu vous l'a enseigné quand vous ne le saviez pas encore». Il ne s'agit donc pas seulement d'observer le temps de la prière, mais son accomplissement à la perfection comme Dieu nous l'a enseigné, est strictement essentiel sans y penser à autre chose. Mais il a fait allusion dans ce verset aux moments du combat, de la mêlée et du danger, car dans ce cas on peut prier en marchant où à dos de montures qu'on s'oriente vers la Qibla ou non. On a demandé à Ibn Omar, comme Malek le rapporte, comment est la prière en cas de danger, il répondit: «Si la situation est si grave et dangereuse, les hommes peuvent prier debout ou montés sans qu'ils soient dirigés vers la Qibla». C'est une tolérance de Dieu, comme le rapporte Nâfé d'après Ibn Omar. Et l'imam Ahmed de dire: «On peut même écourter la prière et la réduire à une seule rak'at en cas de la mêlée». En confirmation de cela, Mouslim a rapporté d'après Ibn Abbas qu'il a dit: «Dieu par la bouche de votre Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- a imposé la prière de quatre rak'ats quand on est résident, deux en cas de voyage et une seule en cas de danger». Telle était aussi l'opinion d'Ibn Jarir et Al-Boukhari. A ce propos Al-Ouzaï a dit: «Lors de la conquête d'une ville et que les hommes se trouvent incapables de faire la prière comme elle est prescrite, ils peuvent l'accomplir en se contentant des gestes ou ils peuvent la retarder jusqu'à ce que le combat prenne fin. Alors ils peuvent s'en acquitter en la réduisant à deux rak'ats si l'état de sécurité le permet, sinon une seule rak'at qui comporte deux prosternations, ou bien encore ils la retardent car des takbîrs dans ce cas ne sont plus suffisants». Anas Ben malek raconte: «J'ai assisté à l'état de siège de la forteresse Toustor. A la clarté de l'aube, les hommes ne purent pas faire la prière car le combat faisait rage. Nous dûmes l'accomplir alors qu'il faisait jour avec Abou Moussa et Dieu nous accorda la victoire». Et Anas d'ajouter: «Cette prière m'a été plus chère que le bas monde et ce qu'il contient». Quant à la prière de la crainte - ou en cas de danger- Dieu nous montre comment on doit l'accomplir, et nous en parlerons en commentant la sourate des Femmes. Une fois en sécurité, la prière doit être faite comme Dieu nous l'a enseigné, c'est à dire en accomplissant ses inclinaisons, prosternations et recueillement. Enfin, comme Dieu nous a tout montré, nous devons Lui être reconnaissants.
Verset 240
Il est recommandé à ceux qui ont des femmes de les autoriser par testament, avant de mourir, à demeurer et à être entretenues au domicile conjugal pendant un an. Si elles quittent ce domicile de leur propre gré, vous n'encourrez aucune responsabilité pour la façon dont elles se conduiront par la suite, à condition qu'elles restent honnêtes. Dieu est puissant et juste. (240). Un petit pécule est dû aux femmes répudiées à titre de dédommagement. C'est une obligation morale pour ceux qui craignent Dieu (241). Ainsi Dieu commente sa doctrine. Peut-être le comprendrez-vous. (242). La majorité des ulémas ont déclaré que ce verset est abrogé par le verset qui fixe la période de viduité à quatre mois et dix jours. Al-Boukhari rapporte: Ibn Al-Zoubaïr a raconté: «Je dis à Othman Ben 'Affan: «Puisque ce verset a été abrogé par celui qui le précède pourquoi le gardes-tu dans le Coran, il vaut mieux le négliger?» Il me répondit: «Ô fils de mon frère! Je ne change rien du Coran et je ne n'intervertis jamais l'ordre des versets». On peut en déduire que 'Othman n'avait aucun droit (ni à un autre) d'altérer ou changer les versets du Coran, ni invertir leur ordre, plutôt il n'a fait que transcrire ce Livre Saint tel qu'il a été révélé et complété. A propos de ce verset, Ibn Abbas raconte: «Lorsque l'homme mourait sa femme restait dans le domicile conjugal pendant une année où on dépensait pour elle des biens laissés par le mari. Puis Dieu fit descendre le verset qui fixe la période de viduité à quatre mois et dix jours, à moins qu'elle ne soit enceinte, et dans ce cas cette période expire avec l'accouchement. Ensuite sa part de la succession fut fixée exemptant ainsi les héritiers des dépenses d'entretien pour elle et annulant le testament». Selon l'opinion d'al-Chāfi'ī que Dieu lui fasse miséricorde, l'habitation lui reste.
Verset 241
Un petit pécule est dû aux femmes répudiées à titre de dédommagement. C'est une obligation morale pour ceux qui craignent Dieu. Dieu a rendu libre la répudiation de la femme avec qui on a conclu un contrat de mariage mais qu'on n'a pas consommé. Ibn Abbas a dit à cet égard: Il est toléré à l'homme de répudier la femme qu'il a épousée, en lui donnant un présent si un certain tuteur l'a représenté en concluant le contrat du mariage, bien que cela lui cause une contrition. C'est pourquoi, et afin de la réconforter, Dieu a ordonné de lui faire un don nécessaire selon la capacité de l'homme qui dépend de son état: aisé ou pauvre. Ce don peut être un domestique, de l'argent ou d'habillements selon les moyens de l'homme. On a rapporté qu'Al-Hassan Ben Ali ne s'est séparé de sa femme qu'en lui donnant dix mille dirhams. Elle déclara: «Tel est un don modeste d'un amant qui me répudie». Il a répété la phrase afin d'inclure la femme qui a été touchée sexuellement puisque le verset précédent traite d'une question différente.
Verset 242
Ainsi Dieu commente sa doctrine. Peut-être le comprendrez-vous. Ainsi de la même manière qu'Il vous a expliqué ce qui a été mentionné, Dieu vous explicite Ses signes afin que vous puissiez comprendre et réfléchir.
Verset 243
Ne te souviens-tu pas de ces gens qui par milliers quittèrent leur demeure de peur de la mort? Allah leur dit: «Mourez». Puis Il les rappela à la vie, car Allah est plein d'indulgence pour les hommes. Hélas! la plupart d'entre eux sont ingrats. Les opinions se controversent au sujet de ceux qui sont sortis par milliers craignant de mourir par la peste, certains ont limité leur nombre à 4000, d'autres à 8000 et d'autres encore à plus de trente mille. Ces gens-là ont dit: «Nous irons à tel pays où la peste n'existe pas». Arrivés à un certain endroit, Dieu les fit mourir. Un des Prophètes passa près d'eux et implora Dieu de les faire revivre. Il y a là certes une preuve de la résurrection des morts au Jour Dernier. On trouve aussi dans cette histoire une leçon morale que nulle prévention ne puisse empêcher le destin de se produire, et qu'il n'y a nul refuge en dehors de Dieu qu'auprès de Lui. Le but de mentionner l'histoire de ces gens est d'encourager les croyants à combattre dans la voie de Dieu, c'est pourquoi la déclaration suivante y est ajoutée.
Verset 244
Combattez dans la voie d'Allah et rappelez-vous qu'Allah entend et sait tout. Combattez donc dans la voie de Dieu afin d'élever Sa religion et sachez que Dieu entend vos paroles et connaît vos affaires, et Il vous rétribuera en conséquence.
Verset 245
Quiconque prête à Allah de bonne grâce, Allah le lui rend au centuple. Car c'est Allah qui dispense l'abondance ou la disette. C'est à Lui que vous retournerez. Dieu par ce verset exhorte les hommes à dépenser dans Sa voie en dépensant ses biens pour l'amour de Dieu Tout-Puissant et Majestueux par pureté de cœur, et Il multipliera cette dépense. Abdullah Ben Mass'oud a rapporté: «Quand ce verset fut révélé, Abou Ad-Dahdah Al-Ansari s'écria: «Ô Envoyé de Dieu, Dieu à Lui la puissance et la gloire veut qu'on Lui prête!» - Oui, Abou Ad-Dahdah, répondit-il. Abou Ad-Dahdah répliqua: «Donne-moi la main ô Envoyé de Dieu». Après qu'il l'ait prise, il dit: «Je fais à mon Dieu un prêt de mon jardin». Dieu resserre la subsistance à qui Il veut afin de l'éprouver et l'élargit en abondance pour qui Il veut afin de le tester; et c'est vers Lui que vous retournerez dans l'au-delà.
Verset 246
Te souviens-tu de ces notables israélites qui allèrent trouver un de leurs Prophètes, après la mort de Moïse, et lui dirent: «Désigne-nous un chef à la suite duquel nous combattrons dans la voie d'Allah». Il leur répondit: «Êtes-vous sûrs que, si l'ordre de combattre vous est donné, vous combattrez?» Ils répliquèrent: «Pourquoi hésiterions-nous de combattre dans la voie d'Allah, nous qui avons été contraints de quitter nos foyers et d'abandonner nos enfants?» Lorsque l'ordre de combattre leur fut donné, seuls quelques-uns le suivirent. Allah connaît les traîtres. Wahb Ben Mounabbeh et d'autres ont raconté: «Après le départ de Moïse -que Dieu le salue-, les fils d'Israël se maintenaient sur la voie droite une certaine période, puis ils commencèrent à commettre la turpitude et les péchés et adorèrent les statues. Ils persistèrent dans leur égarement jusqu'à ce qu'à la fin leurs ennemis s'emparèrent de l'arche dans la guerre. Il ne resta de la tribu Lévi qu'une femme enceinte et honnête qui perdit son mari. La femme ne cessa d'implorer Dieu afin de lui accorder un garçon. Dieu exauça sa prière et elle mit au monde un garçon qu'elle appela Samuel. Le Prophète leur demanda alors à son Seigneur d'envoyer un roi et Dieu répondit en envoyant Saül.
Verset 247
Lorsque les fils d'Israël demandèrent à leur Prophète de leur désigner un roi, leur Prophète leur dit: «En vérité Dieu a élevé Saül pour vous comme roi». Ils dirent: «Comment peut-il avoir l'autorité sur nous alors que nous avons plus de droit que lui à la royauté puisqu'il n'est pas de la tribu de la monarchie et il n'a même pas l'avantage de la richesse?» Le Prophète leur répliqua: «Allah l'a préféré à tout autre» et lui a donné une supériorité physique et intellectuelle. Il est mieux considéré, loin d'être plus endurant dans la guerre. Dieu certes donne la royauté à qui Il veut par Sa sagesse, Sa compassion et Sa science, et il n'y a pas d'objection possible; et Dieu est Embrassant dans Sa générosité, Connaissant de ceux qui le méritent.
Verset 248
Et leur Prophète leur dit après qu'ils eurent demandé un signe de sa royauté: «Le signe de sa royauté est qu'il vous viendra l'Arche, un coffre contenant les images des Prophètes, que Dieu a envoyée. Ce reliquaire contiendra une quiétude, c'est-à-dire un respect et une haute considération, ou suivant une autre interprétation: une miséricorde. Ce reliquaire contiendra des souvenirs de la famille de Moïse et d'Aaron. Ces souvenirs d'après Ibn Abbas sont le bâton de Moïse et les débris des Tables. Et sera porté par des anges». Ibn Abbas a dit: «Les anges vinrent apportant le reliquaire entre ciel et terre et le déposèrent devant Talout alors que les hommes assistaient à ce spectacle». Une fois le reliquaire déposé dans la demeure de Talout, les hommes crurent à la Prophétie de Samuel et obéirent à Talout. Ils reconnurent alors sa royauté et se hâtèrent de s'enrôler dans la lutte sainte et il choisit soixante-dix mille de leurs jeunes hommes.
Verset 249
Et quand Saül se mit en marche avec les armées depuis la Maison Sainte, au moment où Saül se mit en marche avec ses hommes, il leur dit: «Allah va se servir d'une rivière pour vous éprouver. Celui qui boira de son eau ne sera plus des miens. Celui qui s'en abstiendra sera des miens. On ne tiendra pas compte de ceux qui en puiseront quelques gouttes dans le creux de leurs mains». Ils en burent, tous, à l'exception de quelques-uns. Lorsque Saül et ces derniers eurent franchi la rivière, ils s'écrièrent: «Nous ne sommes plus en force pour attaquer Goliath et ses troupes». Mais ceux d'entre eux qui étaient certains qu'ils rencontreraient Dieu à la résurrection - et ce sont ceux qui l'avaient traversée - dirent: «Combien de fois n'a-t-on pas vu une petite troupe disperser une grande avec la permission d'Allah?» Car Allah est avec les persévérants.
Verset 250
Lorsqu'ils se trouvèrent face à face avec Goliath et ses troupes, ils s'écrièrent: «Seigneur arme-nous de patience, affermis nos pas et donne-nous la victoire sur ce peuple infidèle». Ainsi quand ils sortirent contre Goliath et ses troupes les faisant face en colonnes militaires, ils dirent: «Notre Seigneur, verse en nous la patience et affermis nos pieds en fortifiant nos cœurs pour cette lutte et accorde-nous la victoire sur le peuple incroyant».
Verset 251
Ils les mirent en déroute par la grâce d'Allah. David tua Goliath. Allah lui donna le pouvoir et la sagesse et lui enseigna ce qu'il crut bon. Si Allah ne dressait pas les peuples les uns contre les autres, la terre retournerait au chaos. Mais Allah est plein de bonté envers les hommes.
Verset 252
Ce sont là des vérités qu'Allah te révèle parce que tu es du nombre des Prophètes. La petite troupe des hommes fidèles qui étaient avec Talout, en marchant contre Goliath et son armée très nombreuse, implorèrent Dieu: «Notre Seigneur, verse en nous la patience de chez Toi, affermis nos pas en affrontant l'ennemi pour ne jamais fuir et accorde-nous la victoire sur le peuple incrédule». Ils les mirent en fuite avec la permission de Dieu et David tua Goliath. Talout (Saül) avait promis à David s'il tue Goliath, de le marier avec sa fille, lui donner une partie de ses richesses et le laisser participer au pouvoir. Plus tard, la royauté fut confiée à David et Dieu lui accorda aussi la prophétie. Ce à quoi Dieu fait allusion en disant: «Dieu accorda la royauté à David dont Talout tenait en main, et la prophétie après Samuel. Il lui enseigna aussi la sagesse et la science ce qu'Il voulut. Puis Dieu dit: «Si Allah ne dressait pas les peuples les uns contre les autres, la terre retournerait au chaos», justement comme Il avait repoussé le peuple de Goliath par la troupe des fils d'Israël. S'Il n'avait pas accordé la victoire à David contre Goliath, les fils d'Israël auraient été anéantis. Dieu aussi montre cette vérité dans ce verset: «Si Dieu n'avait pas repoussé certains hommes par d'autres, des ermitages auraient été démolis, ainsi que des synagogues, des oratoires et des mosquées où le nom de Dieu est souvent invoqué» [Coran XXII, 40]. Ibn Omar a rapporté que l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit: «Grâce au musulman vertueux, Dieu repousse les malheurs de cent familles de ses voisins». Puis Ibn Omar récita: «Si Allah ne dressait pas les peuples...» Oubayda Ibn As-Samit a rapporté que l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit: «Les hommes pieux et nobles parmi ma communauté sont au nombre de trente grâce auxquels Dieu vous accordera les biens, la pluie et la victoire» (Rapporté par Ibn Mardawaih). Dieu certes est celui qui dispense Ses grâces et faveurs aux hommes. Il a le pouvoir sur eux et les juge selon Sa sagesse. Il a raconté à Son Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- de tels événements qui avaient eu lieu dans le temps afin que les gens d'Écriture sachent que cela est conforme à ce qui a été cité dans leur Livre bien que leurs docteurs ne l'ignoraient pas, et pour confirmer la prophétie de Son Envoyé.
Verset 253
Nous avons établi une hiérarchie entre les Prophètes. Il en est à qui Allah a parlé. D'autres ont été élevés à une situation très haute par Allah. Nous avons confié à Jésus, fils de Marie, le don de faire des miracles, et nous l'avons affermi par l'esprit de sainteté. Si Allah avait voulu, les peuples qui sont venus après eux et après les miracles ne se seraient pas entretués. Mais ils se divisèrent, les uns crurent, les autres non. Oui, si Allah l'avait voulu, ils ne se seraient pas entretués. Mais Allah fait ce qu'Il veut. (253). Dieu a élevé certains Prophètes au-dessus des autres, il s'agit bien de Moïse et de Mohammed -que Dieu les salue- ainsi Adam auparavant comme le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- l'a constaté et raconté dans son hadith relatif au voyage nocturne et l'ascension, où il a vu les Prophètes dans différents cieux car Dieu a élevé plusieurs d'entre eux à des degrés supérieurs. Il a été rapporté dans les deux Sahih que l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit: «ne me préférez pas aux autres Prophètes car, au jour de la résurrection, les hommes seront foudroyés, je serai le premier à reprendre mes sens. À ce moment je trouverai Moïse saisissant un des coins du Trône, j'ignore s'il aura repris ses sens avant moi ou il serait gratifié à cause du foudroyement qu'avait subi auprès du mont Sinaï. Donc ne me donnez aucune supériorité sur les autres Prophètes» (Rapporté par Boukhâri et Mouslim). On peut se demander comment peut-on arranger entre ce hadith et le verset précité? Plusieurs opinions ont été données à ce sujet: 1 - Le hadith a été dit avant la révélation du verset, et cela est à discuter. 2 - Ce hadith prouve la modestie du Prophète. 3 - Ceci constitue une interdiction de la préférence d'un Prophète à un autre au cas où il y a une dispute entre deux hommes de communautés différentes. 4 - Cette préférence ne doit pas être suscitée par un sentiment tribal ou confessionnel. 5 - Il a de droit de Dieu seul de préférer les uns aux autres et les hommes sont tenus de se soumettre et d'y croire. Puis Dieu fait connaître aux fils d'Israël qu'Il leur a envoyé Jésus fils de Marie en le soutenant par des preuves évidentes et le fortifiant par Gabriel pour confirmer son message. Certains parmi eux ont cru et d'autres restèrent infidèles et les uns et les autres n'étaient pas d'accord et s'entretuaient. Si Dieu l'avait voulu ils ne se seraient pas entretués, mais tout cela dépendait de la prédestination et de la décision de Dieu qui fait ce qu'Il veut.
Verset 254
O croyants, donnez sur ce que nous avons octroyé, avant que ne vienne le jour où il n'y aura plus ni transaction, ni amitié, ni intercession et où les infidèles feront figure de coupables. (254). Dieu ordonne aux hommes de dépenser dans sa voie une partie de biens de ce qu'il leur a accordé, afin que ce soit pour eux en tant que récompense réservée auprès de Lui, et qu'ils se hâtent avant la venue d'un jour, c'est à dire le jour de la rétribution, où ni marchandage, ni amitié, ni intercession, ni rachat ne subsisteront, ni même une généalogie comme Dieu le montre dans ce verset: «Quand on soufflera dans la trompette, ce jour-là, il ne sera plus question, pour eux, de généalogie et ils ne s'interrogeront plus» [Coran XXIII, 101]. En ce jour-là, les incrédules seront les injustes car ils rencontreront le Seigneur en tant qu'infidèles et Lui ne lésera personne. Atâ Ibn Dînâr a commenté cela en disant: «Louange à Dieu qui a dit que les incrédules seront injustes et Il n'a pas dit que les injustes seront incrédules».
Verset 255
Pour montrer l'importance et le grand mérite de ce verset appelé «Le verset du Trône», on se contente de rapporter ces quelques hadiths: - Oubay Ibn Ka'b a dit que le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- lui a demandé: «Quel est le meilleur verset qui se trouve dans le Livre de Dieu» Il lui répondit: «Dieu et Son Envoyé sont les plus savants». Comme il réitéra cette question sans avoir aucune réponse, Il lui répliqua: «Il est le verset du Trône». Puis il ajouta: «Que l'acquisition de la science te soit facile ô Abou Al-Moundhir. Par celui qui tient mon âme en Sa main, ce verset a une langue et deux lèvres pour célébrer la gloire de Dieu auprès du Trône». (Rapporté par Ahmad). - Anas rapporte que l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- demanda à un de ses compagnons: «Ô untel, es-tu marié?» - Non, lui répondit-il, car je ne possède rien qui puisse assurer le ménage. Il lui redemanda: «Ne connais-tu pas par cœur la sourate: Dis: "L'Allah est Un". - Certes oui. - Voilà une sourate qui équivaut -en mérite- au quart du Coran. Ne connais-tu pas la sourate "Les incrédules"? - Certes oui. - En voilà une autre qui a le même mérite. Ne connais-tu pas la sourate "Le tremblement de terre". - Certes oui. - En voilà aussi le quart du Coran. Ne connais-tu pas la sourate "Le secours"?) [Coran CX]. - Certes oui.. - En voilà encore le quart du Coran. Ne connais-tu pas le verset du Trône?". - Certes oui. - Il équivaut encore au quart du Coran. (Rapporté par Ahmed). Que renferme le verset du Trône? Des choses très importantes dont nous allons montrer: - «Allah, il n'y a de Dieu que Lui» Il est le Dieu unique et le Maître de toutes les créatures. - «Le Vivant, celui qui pourvoit à tout» Le vivant qui ne mourra jamais alors que toutes les créatures périssent. Il pourvoit à leurs besoins et elles ont toujours besoin de Lui. - «Lui qui échappe à l'assoupissement et au sommeil» Il est toujours éveillé sans être sujet à une distraction ou à une inattention, plutôt Il observe de près toutes les œuvres de Ses créatures, rien ne Lui est caché, Il est celui qui voit et entend tout. - «Lui le Maître des cieux et de la terre» Tous les hommes sont Ses serviteurs, vivant dans son royaume et soumis à Son pouvoir. - «Qui donc peut intercéder auprès de Lui sans Sa permission?» Ce verset est pareil à ces deux autres: «Que d'anges dans les cieux dont l'intercession sera inutile sinon après que Dieu l'aura permise pour qui Il voudra et avec Son agrément» [Coran LIII, 26]. - «Il connaît le passé et l'avenir» qui est une autre preuve de la Grandeur de Dieu dont Sa science embrasse tout, et Il connaît parfaitement ce qui se trouve devant les hommes et derrière eux. - «Et les hommes n'appréhendent de Sa science que ce qu'Il veut bien» Les hommes n'embrassent de la science de Dieu que ce qu'Il veut leur communiquer. - «Son Trône déborde le ciel et la terre» On a commenté cela en disant qu'il s'agit de Son repose-pieds. - «Il est le Très-Haut et le Tout-Puissant» qui sont pareils à ses dires: «Il est le Grand, le Très-Haut» [Coran XIII, 9].
Verset 256
Dieu exhorte les hommes à ne plus contraindre les autres à embrasser l'Islam qui est devenu clair et évident à tout le monde, qui n'a besoin des autres pour y adhérer sauf ceux que Dieu veut bien les diriger, leur ouvre les poitrines, et illumine leur intérieur. Quant à ceux à qui Dieu a scellé sur leur ouïe et leur vue, rien ne leur servira de se convertir sous la contrainte. On a dit que ce verset fut révélé au sujet de quelques Médinois bien que cette règle s'étend à tout. Ibn Jarir a rapporté d'après Ibn Abbas qu'il a dit: «La femme qui souffrait de la stérilité faisait un vœu que, si elle devenait enceinte et mettait au monde un garçon, elle ferait de lui un juif. Après l'expulsion de Bani An-Nadir de Médine, il y avait parmi eux quelques Médinois qui disaient: "Pourquoi laissons-nous nos enfants embrasser l'Islam" Dieu fit alors cette révélation: "Plus de contrainte dans la religion". Ibn Abbas a dit aussi: "Ce verset fut révélé au sujet d'un Médinois de Bani Salem Ibn 'Aouf appelé Al-Houssayni qui avait deux fils chrétiens alors que lui avait embrassé l'Islam. Il dit au Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue-: "Ai-je le droit de les contraindre pour se convertir parce qu'ils insistent à demeurer chrétiens" Dieu alors fit descendre ce verset. "Celui qui rejette l'erreur et qui croit en Allah est semblable à celui qui est accroché à une anse solide indétachable" Ceci signifie que celui qui cesse de reconnaître des égaux à Dieu, adore Dieu seul sans rien lui associer et atteste qu'il n'y a d'autre divinité que Dieu, saisira bien l'anse solide et sans fêlure. Il sera mis sur la voie droite et suivra la bonne direction. Omar - que Dieu l'agrée- a dit: "Le Jibt signifie la magie, Le Taghout (cité dans le verset sous le nom erreur) est le démon. La générosité de l'homme est sa religion, sa lignée est son caractère qu'il soit Persan ou Nabatéen. Cette anse solide et sans fêlure est certes la foi ferme qui ne pourra être ébranlée tout comme un anneau solide qu'on ne peut pas le briser. D'autres ont dit qu'elle signifie l'Islam, et pour d'autres encore c'est la profession de foi.
Verset 257
Dieu fait connaître aux hommes qu'il dirige dans les chemins du Salut ceux qui cherchent à Lui plaire. Il fait sortir Ses serviteurs croyants des ténèbres de l'incrédulité, de doute et de soupçon vers la lumière de la vérité claire, facile et éclatante. Quant aux incrédules, ils ont pour patron le Taghout -le démon- qui leur embellit le chemin de l'égarement et de l'ignorance, les déviant ainsi du chemin droit vers l'impiété et ils seront voués à l'enfer pour l'éternité. On peut se demander pourquoi le mot "ténèbres" est au pluriel tandis que le mot "lumière" est au singulier? La réponse est que l'incrédulité comporte plusieurs branches, tandis que la lumière signifie la Vérité indivisible. Dieu le montre également dans ces versets: "Il est en toute droiture, Mon chemin, suivez-le donc. Ne suivez pas les chemins qui vous éloigneraient du chemin de Dieu. Voilà ce qu'Il vous ordonne. Peut-être le craindrez-vous" [Coran VI, 153] et: "... et qui a établi les ténèbres et la lumière" [Coran VI, 1].
Verset 258
Nemrod Ibn Kan'an le roi de Babel (Babylone) était ce personnage qui discutait avec Abraham au sujet de son Seigneur. Moujahed a dit: "Il y avait quatre personnages dont leur règne s'étendait de l'orient vers l'occident: deux croyants qui sont Souleiman le fils de David et Dzoul-Qarnaïn, et deux impies qui sont Nemrod et Bakhtanassar. Dans ce verset, Dieu s'adresse à Son Prophète: "O Mohammed, n'as-tu pas vu (par ton for intérieur) celui qui discutait avec Abraham au sujet de l'existence de Dieu". Car ce roi-là avait renié l'existence d'un autre dieu que lui, tout comme Pharaon qui a dit aux chefs du peuple: "Je ne vous connais pas d'autre dieu que moi-même" [Coran XXVIII, 38]. La tyrannie de ce roi et la longue durée de sa royauté qu'on a évaluée à quatre cents ans, l'avaient porté à cette incrédulité. Il avait demandé à Abraham la preuve de l'existence de ce Dieu à qui il appelait. Abraham lui répondit: "Mon Seigneur est celui qui fait vivre et qui fait mourir" C'est à dire qu'Il est le créateur de tout l'univers, de toutes ces choses qu'on observe. Il peut les anéantir comme Il peut les laisser exister. Nemrod lui répliqua: "Moi aussi je fais vivre et je fais mourir". Qatada a commenté la réponse du roi en disant: "On m'amène deux coupables condamnés à mort, je tue l'un et laisse l'autre vivre en lui accordant mon amnistie. Ceci est, d'après lui, le sens de la vie et de la mort. Mais en fait, il n'a donné cette réponse que par obstination et incrédulité. Abraham le défia une deuxième fois en lui disant que Dieu fait venir le soleil de l'Orient, si tu es vraiment capable de tout, comme tu le prétends, fais-le donc venir de l'Occident". Sentant sa perplexité, Nemrod garda le silence et fut confondu. Dieu dit qu'Il ne dirige pas les gens injustes et incrédules en les privant de toute évidence car leur argument est sans valeur auprès de Lui, ils encourront sa colère et subiront le châtiment le plus douloureux.
Verset 259
Te souviens-tu de cet homme qui, passant près d'une ville en ruines, interrogea: "Comment Allah pourra-t-il faire revivre cette ville morte?" Allah le fit mourir, pendant cent ans, puis le rappela à la vie. Il lui demanda alors: "Combien de temps as-tu dormi?" Il répondit: "Un jour ou peut-être moins" Nous, reprit Allah, tu as dormi pendant cent ans. Jette un coup d'œil sur ta nourriture et ta boisson. Elles ne sont pas gâtées. Et maintenant regarde ton âne. Ton cas servira d'exemple aux hommes. Vois ses os, comment nous les assemblons, et ensuite comment nous les recouvrons de chair" À ce spectacle, cet homme s'écria: "Je reconnais qu'Allah est tout-Puissant" (259). Les opinions sont controversées au sujet de cet homme: Ali Ibn Abi Talib a dit qu'il est Ouzaïr, soutenu par Ibn Jarir d'après Ibn Abbas et Qatada, et qui est, à ce qu'il paraît, la plus correcte. Un autre a dit qu'il s'agit d'Ézéchiel Ibn Bouar. Quant à Moujahed, il a déclaré qu'il était un homme de Bani Israël. La ville morte est Jérusalem que Bakhtanassar avait détruite et où aucune âme ne vivait quand cet homme passa près d'elle. Il se tint sur ses ruines, pensa, se demandant comment Dieu pourra faire revivre cette ville vide et effondrée? Dieu le fit mourir cent ans. Après soixante-dix ans de sa mort, la ville fut reconstruite, peuplée de nouveau par ses habitants et les fils d'Israël y revinrent. Dieu le ressuscita en lui rendant la vue afin qu'il regarde comment Dieu le ramène à la vie. Une fois totalement ressuscité, Dieu, par l'intermédiaire d'un ange, lui demanda: "Combien de temps es-tu resté là? Il répondit: "J'y suis resté un jour, ou une partie du jour" Car Dieu le fit mourir le matin et le ramena à la vie à la fin de la journée. Comme il remarqua que le soleil était toujours brillant, il crut qu'une partie du jour seulement s'était écoulée. On lui répondit: "Tu y es resté cent ans. Regarde ta nourriture et ta boisson, elles ne sont pas gâtées" On rapporte qu'il avait du raisin, des figues et du jus dont ni le goût ni l'odeur n'avaient été altérés ou leur quantité diminuée. Puis on lui dit: "Regarde ton âne" qui était devenu ossements et "observe comment on réunira les os puis on les revêtira de chair" dans le but de faire de cet homme un Signe pour les hommes. As-Souddy raconte: "Les os de l'âne étaient éparpillés et cet homme contemplait leur blancheur. Puis Dieu envoya un vent qui rassembla les ossements pour être reconstitués, chaque os à sa place qu'à la fin ils formèrent le squelette complet debout sur les quatre pattes. Ce squelette fut revêtu de chair, de nerfs et d'une peau. Dieu enfin envoya un ange qui lui insuffla l'âme par ses narines. L'âme brilla avec la permission de Dieu, et l'homme était témoin de ce spectacle. Il s'écria: "Je sais que Dieu est puissant sur toute chose".
Verset 260
Lorsque Abraham dit à Allah: "Seigneur, montre-moi comment tu ressuscites les morts" Celui-ci répondit: "As-tu quelque doute sur ce point?". "Loin de là, reprit Abraham, mais mon cœur a besoin d'être raffermi". Allah lui dit alors: "Prends quatre oiseaux, dépèce-les, et éparpille-en les membres sur chaque colline. Puis appelle-les. Ils s'empresseront de venir à toi. Souviens-toi qu'Allah est tout-puissant et juste" (260). Une des raisons pour laquelle Abraham demandait à son Seigneur une chose pareille, était à l'origine de sa réponse à Nemrod: "Mon Allah est celui qui donne la vie et la mort" ainsi il voulait passer de "la science certaine à la vue de la certitude". Il demanda alors à Dieu: "Seigneur, montre-moi comment tu ressuscites les morts?" Dieu lui répondit: "As-tu quelque doute sur ce point?" Et Abraham de répliquer sans hésitation: "Loin de là, mais mon cœur a besoin d'être raffermi" Ce doute n'était nullement une incertitude comme croient quelques-uns. Dieu ordonna à Abraham: "Prends quatre oiseaux, dépèce-les et éparpille-en les membres sur chaque colline". Quels étaient ces quatre oiseaux? Bien que leur genre n'a aucune importance à le spécifier, sinon le Coran l'aurait montré clairement, mais quand même les ulémas n'en étaient pas d'accord à leur sujet: Ibn Abbas a dit qu'ils étaient: une oie, un autruchon, un coq et un paon. Moujahed a dit qu'ils étaient: un pigeon, un coq, un paon et un corbeau. On raconte qu'Abraham, après les avoir égorgés, épilés et mélangé leurs différentes parties, les plaça sur quatre collines. Puis Dieu lui dit: "Appelle-les". Abraham s'exécuta. Il voyait les plumes, le sang, la chair et tous les membres des oiseaux s'envoler de part et d'autre pour reconstituer chaque oiseau à part et ils vinrent à Abraham à pieds. Dieu est sans doute le puissant, capable sur toute chose et sage dans Ses décisions, actes, paroles et prédestination.
Verset 261
C'est un exemple que donne Dieu aux hommes pour leur montrer la multiplicité des récompenses en dépensant dans Sa voie pour obtenir Son agrément. Chaque bonne action sera décuplée et même elle pourra atteindre sept cent multiples. Ces dépenses, selon les dires des ulémas, sont faites pour équiper l'armée, assurer les montures pour le combat et, d'après Ibn Abbas, pour le pèlerinage. Dieu a donné la parabole d'un grain qui produit sept épis, et chaque épi contient cent grains. Les bonnes actions sont pareilles à ce grain semé dans une terre bonne et fertile. 'Ayadd ben Ghoufayf a rapporté: «Nous rendîmes visite à Abou 'Oubayda qui souffrait de son flanc et sa femme se trouvait à son chevet. On lui demanda: «Comment Abou Oubayda a passé la nuit?» Elle répondit: «Par Dieu, il l'a passée espérant la récompense de Dieu». Abou 'Oubayda l'interrompit et dit: «Jamais de cela». Tandis qu'il regardait le mur, il se tourna vers les gens et poursuivit: «Vous n'allez pas demander pourquoi?» Ils répondirent: «Ce que tu viens de dire ne nous a pas plu pour te demander la raison?» Il répliqua: «J'ai entendu l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- dire: «Quiconque dépense en aumône le superflu de ses richesses, le verra atteindre sept cent multiples. Quiconque dépense pour lui-même et pour sa famille, ou visite un malade, ou écarte du chemin des hommes ce qui leur nuit, sa bonne action sera décuplée. Le jeûne est une protection à moins qu'on le rompe (sans excuse). Tout homme que Dieu éprouve par une maladie quelconque, elle lui sera une rémission de ses péchés» (Rapporté par Ahmed). Abdullah Ben Mass'oud a rapporté que l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit: en attribuant ces paroles au Seigneur: «Toute bonne action commise par le fils d'Adam, Je la décuplerai et même Je la rendrai à sept cent multiples à l'exception du jeûne qui m'appartient, et c'est Moi qui en attribue la récompense. Le jeûneur a deux joies: quand il rompt le jeûne, il se réjouit et une autre fois au jour de la résurrection. Le relent de la bouche du jeûneur est plus parfumé auprès de Moi que le musc» (Rapporté par Ahmed). Dieu, certes, décuple la récompense de bonnes actions à condition que son auteur les fasse avec sincérité et dévouement, car Dieu est incommensurable, accorde largement ses bienfaits aussi bien au croyant qu'à l'infidèle.
Verset 262
Dieu le Très-Haut et Béni loue ceux qui dépensent dans Sa voie, puis font l'aumône sans les suivre de reproches ou de torts, ni en actes ni en paroles. Ceux-là, Dieu les récompensera et ne les laissera éprouver ni une crainte ni une affliction. Ils ne regretteront plus leurs actes et ce qu'ils ont laissé derrière eux des clinquants de la vie terrestre car ils auront en compensation dans l'au-delà quelque chose de meilleure.
Verset 263
Une parole convenable, une invocation en faveur d'un autre musulman, un pardon à celui qui lui nuit, sont meilleurs que des aumônes faites suivies de tort. Dieu se suffit à Lui-même, n'a besoin d'aucune de ses créatures, car Il est plein de mansuétude, pardonne et absout les péchés. Plusieurs hadiths ont été rapportés à ce sujet. On cite à titre d'exemple ces quelques-uns: - D'après Mouslim, Abou Dzarr a rapporté que l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue- a dit: «Il y a trois hommes que Dieu ne leur parlera pas au jour de la résurrection, ne les regardera pas et ne les purifiera pas: Celui qui donne en suivant ses dons de propos désobligeants; celui qui traîne son vêtement-îzar par ostentation et celui qui profite de serments mensongers pour écouler sa marchandise». Abou Ad-Darda' a rapporté que le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit: «N'entrera au Paradis ni un désobéissant aux père et mère, ni un homme qui fait une aumône en la suivant de reproche, ni un buveur de vin invétéré ni un homme qui ne croit pas au destin» (Rapporté par Ibn Mardaweih, Ahmed et Ibn Maja).
Verset 264
Dieu ordonne aux hommes: «Croyants, ne gâtez pas vos aumônes par des propos ou des gestes désobligeants» en leur faisant connaître que toute aumône faite de la sorte sera nulle, car de tels propos ou gestes anéantissent la récompense de l'aumône. Tel est aussi le cas de celui qui dépense par ostentation et pour être vu des hommes sans qu'il cherche par son aumône la satisfaction du Seigneur, plutôt il vise les éloges des hommes ou de le traiter et le considérer en tant que personne qui jouit de meilleures qualités, ou bien qu'ils disent de lui un généreux. C'est pourquoi Dieu dit qu'un tel homme ne croit ni en Dieu ni au jour dernier. Puis Dieu ressemble ce tartufe à un rocher lisse recouvert de terre qui subit une pluie torrentielle et le laisse dénudé sans aucune trace de sable. Ainsi sont les aumônes des tartufes qui deviennent nulles, car ils ne peuvent rien retirer du bon de ce qu'ils ont fait.
Verset 265
Telle est, par contre, la parabole des croyants qui dépensent en aumône avec le désir de plaire à Dieu et pour affermir leurs âmes, sûrs que Dieu les récompensera, tout comme le jeûneur, selon un hadith prophétique, qui jeûne avec foi et dans l'espoir d'être récompensé. Ces croyants-là ressemblent à un jardin planté sur une colline: si une forte pluie l'atteint, il donnera le double de fruits, par rapport aux autres jardins. Si cette pluie ne l'atteint pas, une rosée lui suffit pour donner une récolte. Ainsi l'œuvre du croyant ne sera plus vaine car Dieu l'acceptera et l'accroîtra auprès de Lui. Dieu voit parfaitement ce que les hommes font.
Verset 266
On a rapporté qu'Omar Ben Al-Khattab dit un jour à ses compagnons: «Que pensez-vous de ce verset: «Qui d'entre-vous affligé d'années et d'enfants en bas âge, voudrait avoir un jardin...» à quel sujet il a été révélé? Ils lui répondirent: «Dieu est le plus savant». Irrité, Omar leur répliqua: «Dites plutôt: Nous savons ou bien: Nous ne savons pas» Ibn Abbas lui dit: «O prince des croyants, je crois savoir quelque chose de cela. Omar s'écria: «dis-la ô fils de mon frère et ne te mésestime pas» Ibn Abbas dit: «C'est un exemple pour un certain acte» -. Quel acte, reprit Omar? -Il est question d'un homme riche qui œuvre en obéissant à Dieu, puis Dieu lui envoie un démon qui le fait pratiquer la désobéissance en sorte que toutes ses œuvres deviennent vaines». Ce hadith qui a été rapporté par Al-Boukhari donne une explication concrète de ce verset. On peut en conclure que l'homme commence à faire de bonnes œuvres en se soumettant aux ordres de Dieu, ensuite sa bonne conduite se transforme en une mauvaise et il pratique des actes répréhensibles et l'homme, par la suite, perdra les fruits de ses œuvres pies. Ainsi il recherchera dans ses œuvres précédentes ce qui améliorera ses œuvres récentes mais n'en trouvera rien alors qu'il en est besoin étant à la fin de sa vie. C'est pourquoi Dieu a dit: «Voici que la vieillesse l'a atteint, ses enfants sont chétifs, un vent de feu a atteint le jardin et l'a brûlé» Comment donc sera son cas? Ibn Abbas a commenté cela et dit: «Cet homme devenu vieux, ses enfants ne pourraient plus l'aider, comment serait-il capable de planter à nouveau son jardin anéanti? Ainsi le cas de l'incrédule qui comparaîtra devant le Seigneur au jour du compte final sans avoir dans son actif aucune bonne action pour effacer ce qu'il avait fait dans le monde comme péchés? Ses enfants en ce jour-là ne lui seront d'aucun secours. A cet égard, l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue-invoquait souvent Dieu par ces paroles: «Mon Dieu, fais que Tu m'accordes amplement de Tes bienfaits quand je serai à la fin de ma vie». Voilà comment Dieu donne de tels exemples et montre Ses signes aux hommes afin qu'ils réfléchissent.
Verset 267
Dieu ordonne à Ses serviteurs croyants de dépenser en aumônes les meilleurs de leurs biens provenant soit du commerce, soit de l'or et de l'argent, soit de la récolte, selon les différentes interprétations des ulémas. Quant à Ibn Abbas, il l'a précisé en disant qu'il faut dépenser des biens acquis licitement parmi les meilleurs et les plus appréciés, en s'abstenant de dépenser ce qui est de mauvaise qualité ou acquis d'une voie illicite car Dieu est bon et n'accepte que le bon, ou le licite. Il leur met en garde contre la dépense de ce qui est vil pour le donner en aumône, le faisant en fermant les yeux à cause de sa qualité médiocre. En d'autres termes, si on donnait aux hommes de cela, ils l'auraient refusé. Qu'ils sachent donc que Dieu se suffit de l'univers, et qu'ils ne donnent que ce que Dieu accepte. A ce propos, Abdullah Ben Mass'oud a rapporté que l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit: «Dieu a réparti entre vous les caractères comme Il a réparti les biens. Dieu donne des biens de ce monde à qui Il aime comme à qui Il n'aime pas, mais Il ne donne la foi qu'à celui qui aime. Par celui qui tient mon âme dans sa main, un serviteur n'est un vrai musulman si son cœur et sa langue ne le seront pas. Nul n'est croyant s'il n'épargne son voisin de ses méfaits» On lui demanda: «Quels sont ces méfaits?» Il répondit: «Son injustice et sa tricherie. Tout homme qui dépense en aumône de ses biens acquis d'une façon illicite, Dieu ne bénira pas ses biens et n'acceptera plus ses aumônes et ce qu'il laisse, de ces biens, après sa mort, ne lui sera qu'un moyen pour être précipité dans le feu. Dieu n'efface pas le mal par le mal, mais plutôt le mal par le bien, ainsi le mauvais n'efface pas le mauvais» (Rapporté par Ahmed). En commentant cette partie du verset: «O croyants, parmi ce que vous possédez et les récoltes...» Al-Bara' ben 'Azeb a dit: «Ce verset fut révélé au sujet des médinois (Ansars) qui, au moment de la récolte de dattes, apportaient les dattes de mauvaise qualité et accrochaient les régimes entre deux colonnes dans la mosquée de l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue-. Les pauvres parmi les Mouhajirines (les Mecquois émigrés) venaient en prendre. L'un des médinois mettait aussi et mélangeait les dattes de bonne et de mauvaise qualités croyant que ceci était toléré. Dieu alors fit descendre ce verset». Un autre hadith a été raconté aussi dans le même sens mais au lieu des pauvres émigrés, il s'agissait des gens de Souffa, des pauvres qui habitaient tout près de la mosquée. Et Al-Bara' ben 'Azeb d'ajouter: «Si on présentait à l'un de vous de ce qu'il avait donné, il l'aurait pris en fermant ses yeux et par honte». L'imam Ahmed a rapporté que 'Aïcha -que Dieu l'agrée- a dit: «On présenta à l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- un «Dabb» (un genre de varan qu'on mangeait autrefois), il n'en a pas mangé, et n'a interdit personne d'en manger. On lui demanda: «O Envoyé de Dieu! Pouvons-nous le donner aux pauvres?» Il leur répliqua: «Ne leur donnez pas ce que vous-mêmes ne mangez pas». «Sachez qu'Allah est comblé de richesses et de gloire» Dieu ordonne de dépenser en aumône ce qui est licite et bon. Lui, n'en a plus besoin, mais Il veut traiter par ce faire le riche et le pauvre sur un même pied d'égalité, tout comme Il le montre dans ce verset concernant les bêtes sacrifiées: «Ni leur chair, ni leur sang n'atteindront jamais Dieu; mais votre crainte révérencielle l'atteindra» [Coran XXII, 27]. Dieu se suffit à Lui-même et n'a besoin d'aucune de ses créatures et elles ont toujours besoin de Lui. Il est le meilleur Dispensateur, donne largement sans craindre la pauvreté et tout ce qu'il se trouve chez Lui est inépuisable. Que celui qui dépense en aumône le bon et le licite, sache que Dieu est aussi plus généreux et le lui rendra au centuple.
Verset 268
Abdullah Ben Massoud a commenté ce verset et dit: «Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit: «Tant au démon qu'à l'ange, tous deux se rendent chez le fils d'Adam: le démon l'incite à faire le mal et l'éloigne de la vérité, mais l'ange l'exhorte à faire le bien et croire à la vérité. Que celui qui sera éprouvé, loue Dieu pour la belle exhortation et demande refuge auprès de Lui contre le démon «Puis il récita ce verset» (Rapporté par Ibn Abi Hatem, Tirmidzi, Nassaï et Ibn Hibban). Cela signifie que le démon menace l'homme de la pauvreté en le portant à retenir ce qu'il possède sans en rien dépenser pour plaire à Dieu. En plus, il lui ordonne de commettre les péchés, la turpitude et déroger aux lois divines. Mais Dieu, quant à Lui, promet une absolution de péchés, et une grâce.
Verset 269
Ibn Abbas l'a commenté et dit qu'il s'agit de la compréhension du Coran et de ce qu'il contient comme versets abrogeants et abrogés, des versets clairs et d'autres figuratifs, du licite et de l'illicite etc... Pour d'autres, la sagesse signifie: la science et l'instruction dans la religion, ou la crainte de Dieu, ou la sunna, ou la raison... Quant à Malek, il a dit: «La sagesse est l'instruction dans la religion de Dieu et autre chose que Dieu dépose dans les cœurs par Sa clémence et Sa grâce. Tu trouves un homme qui se comporte d'une façon très sage quand il médite ce bas monde, un autre qui se soucie peu du bas monde mais connaît bien tout ce qui est relatif à sa religion, et Dieu accorde ce don à l'un et à l'autre, ou Il en prive quelqu'un et en donne à un autre. La sagesse donc consiste à être versé dans la science religieuse». Cependant la sagesse est autre chose que la prophétie car la sagesse embrasse tout dont la prophétie est le paroxysme. Quant au message, il est propre à certains. Mais ceux qui suivent les Prophètes obtiendront sans doute une part du Bien, comme le montre ce hadith: «Quiconque retient le Coran par cœur, sera muni d'un don de prophétie mais il ne recevra aucune révélation». L'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit cet égard: «On n'a droit d'envier que deux personnes: un homme à qui Dieu a accordé des biens et qui ne manque pas de les dépenser pour la cause de la vérité, et un homme à qui Dieu a donné de la sagesse, il l'applique et l'enseigne aux autres» (Rapporté par Boukhari, Mouslim, et Nassaï). Ceux qui sont doués d'intelligence sont les seuls à s'en souvenir.
Verset 270
Dieu connaît parfaitement les dépenses que font les hommes en aumône, comme œuvre de charité ou un vœu et se porte garant de leur attribuer la plus belle récompense en les poussant à en faire rien que pour lui plaire et avec foi en Sa promesse. Quant à ceux qui n'y croient pas et Lui désobéissent, ils ne blâment qu'eux-mêmes et le jour de la résurrection ils ne trouveront aucun défenseur.
Verset 271
«Faire la charité en public est une bonne action» en faisant les aumônes d'une façon apparente devant tout le monde «Mais la faire discrètement et à ceux qui la méritent, c'est encore plus méritoire» Il y a là une exhortation à faire les aumônes en cachette, car cela sera plus loin de l'ostentation et de l'hypocrisie à moins que ce ne soit un acte par lequel on donne l'exemple aux autres en les poussant ainsi à dépenser. À ce propos l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit: «Celui qui récite le Coran à haute voix est pareil à celui qui fait l'aumône en public. Celui qui récite le Coran à voix basse est pareil à celui qui fait l'aumône discrètement». Dans un autre hadith, il a dit: «Il en est sept que Dieu protégera de Son ombre le jour où il n'y aura d'autre ombre que la Sienne: le prince (gouverneur) équitable; l'homme jeune ayant grandi dans l'adoration de son Seigneur, l'homme dont le cœur est attaché aux mosquées; deux hommes qui se sont aimés en Dieu se réunissant à cause de Lui et se séparant à cause de Lui, un homme qu'une femme possédant fortune et beauté a convié à forniquer avec elle et qui a refusé en disant: «Je crains Dieu»; un homme qui a dissimulé l'aumône qu'il a faite de sorte que sa main gauche ne saura pas ce qu'avait dépensé sa main droite et un homme dont les yeux fondent en larmes quand il pense à Dieu dans la solitude» (Rapporté par Boukhari et Mouslim). Dans un autre hadith, l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit: «L'aumône faite discrètement éteint la colère de Dieu». Ces aumônes, surtout celles faites en cachette, effacent les péchés et élèvent leurs auteurs de degrés, et rien ne sera caché au Seigneur l'omniscient.
Verset 272
Tu n'as pas pour mission, ô Prophète, de convertir les hommes, c'est à Allah que cette mission incombe. Tout le bien que vous faites tournera à votre profit, puisque vous ne donnez qu'en vue de plaire à Allah. Tout le bien que vous distribuez vous sera rendu au centuple et vous ne serez point lésés. Ibn Abbas a dit: «Les hommes répugnaient à être dominés par leur lignée, ce verset leur révéla alors leur tolérance à le faire. Il a commenté aussi ce verset d'une autre façon et dit: «Le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- ne distribuait les biens des aumônes qu'aux musulmans, mais lorsque ce verset fut révélé: «Tu n'as pas pour mission de convertir les hommes..», il ordonna de donner à tout demandeur. Quant aux dires de Dieu: «Tout le bien que vous faites tournera à votre profit» sont pareils à ceux-là: «Quiconque fait le bien le fait pour soi» et on en trouve plusieurs autres qui donnent le même sens». «...Puisque vous ne donnez qu'en vue de plaire à Dieu» Al-Hassan Al-Basri l'a commenté et dit: «Toute dépense en aumône faite par le croyant sera à son profit, et quand il dépense, il ne le fait que poussé par le désir de la face de Dieu».
Verset 273
«Donnez aux gens qui, uniquement consacrés à la cause d'Allah, n'ont pas appris à gagner leur vie» Il s'agit évidemment des Mecquois qui ont émigré à Médine, laissant derrière eux biens et familles, démunis de toute source de subsistance, qui ont suivi l'Envoyé de Dieu et exécuté ses ordres. «Celui qui l'ignore, les croit riches à cause de leur dignité» Celui qui n'est pas au courant de leur attitude et de leur sacrifice, les prend pour des riches en regardant leur aspect et entendant leurs paroles. Un hadith dans ce sens a été rapporté par Abou Houraira: «L'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit: «L'indigent n'est pas celui qui sollicite les gens à lui donner se contentant d'une bouchée ou de deux (de nourriture) ou une datte ou deux, mais il est celui qui ne trouve de quoi lui suffire, personne ne se souvient de lui et il ne demande pas aux gens de lui donner» (Rapporté par Boukhari et Mouslim). De tels hommes, on les reconnaît à leur aspect qui n'est pas caché à un homme perspicace et doué d'intelligence. Ces gens-là «n'obsèdent pas les gens de leurs demandes» c'est-à-dire ils ne demandent pas l'aumône avec importunité et n'insistent pas chargeant ainsi les autres de ce qu'ils ne peuvent pas supporter. Dieu certes connaît parfaitement ce que les hommes dépensent en aumônes et les rétribuera de la belle récompense au jour de la résurrection.
Verset 274
«Ceux qui distribuent leurs biens, de nuit et de jour, publiquement ou en secret, trouveront leur récompense près du Seigneur. Toute crainte et tout chagrin leur seront épargnés» Dieu par ce verset fait l'éloge de ceux qui dépensent dans Sa voie rien que pour Lui plaire, à tout moment, en toute circonstance, en secret et en public, y compris les dépenses faites pour la famille. Il a été cité dans les deux Sahihs que Sa'd ben Abi Waqas tomba malade l'an de la conquête de La Mecque -ou suivant une variante lors du pèlerinage de l'adieu- l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- vint lui rendre visite et lui dit: «Tu ne fais aucune dépense ne visant que la satisfaction de Dieu sans que tu ne sois élevé d'un degré et d'une considération auprès de Lui même la bouchée que tu mets dans la bouche de ta femme». (Rapporté par Boukhari et Mouslim) Le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit aussi: «Toute dépense faite par le musulman pour sa famille, avec l'intention de recevoir la récompense, lui sera comptée comme une aumône». Ibn Joubaïr rapporte d'après son père qu'Ali avait quatre dirhams, il a dépensé un dirham de nuit, un autre de jour, un troisième discrètement et un quatrième en public, ce verset fut alors révélé. Ceux qui font de telles dépenses trouveront leur récompense auprès de Dieu au jour de la résurrection et n'éprouveront plus alors aucune crainte et ne seront plus affligés.
Verset 275
Ceux qui pratiquent l'usure se lèveront au jour de la résurrection comme un convulsionnaire possédé par le démon. Et cela parce qu'ils assimilent l'usure à une vente. Or Allah a permis la vente mais Il a interdit l'usure. Celui qui averti par Allah, cessera cette pratique, n'aura pas à rendre compte du passé et son sort relèvera désormais d'Allah. Celui qui récidivera, celui-là sera voué au feu éternel. Après que Dieu ait mentionné ceux qui dépensent en aumône, qui s'acquittent de la zakat de leurs richesses, qui se distinguent par leurs œuvres de charité à tout moment et en tout lieu, Il attaque ceux qui dévorent injustement et par les moyens illicites les biens des autres. Il montre leur cas dès leur résurrection de leur tombe jusqu'à leur comparution devant Lui pour le compte final: ils se dresseront comme celui que le démon a violemment frappé». À ce propos l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit: «La nuit où je fis le voyage nocturne et l'ascension, je passai par des gens dont leurs ventres ressemblaient à des maisons pleines de vipères. Je demandai Gabriel: «Qui sont ces gens-là?» Il me répondit: «Ils sont ceux qui vivaient de l'usure». «Et parce qu'ils assimilent l'usure à la vente. Or Allah a permis la vente mais Il a interdit l'usure». Ceux qui pratiquaient l'usure s'opposaient à la loi divine disant que la vente est semblable à l'usure par syllogisme. «Celui qui avertit par Allah, cessera cette pratique, et aura gagné ce qui est passé» Car avant cette révélation, il n'y avait plus une loi qui interdisait l'usure mais maintenant elle est en vigueur. «Celui qui récidivera» c'est-à-dire qui retournera à la pratique de l'usure après avoir pris connaissance de son interdiction, méritera la sanction qu'on trouve à la fin du verset: «Celui-là sera voué au feu éternel».
Verset 276
Dieu anéantira tous les profits provenant de l'usure, ou il ôtera toute bénédiction des biens de l'usurier et en plus, Il le châtiera au jour de la résurrection. Au sujet de tout ce qui est acquis d'une façon illicite, Dieu a dit: «Ce qui est mauvais n'est pas semblable à ce qui est excellent, même si l'abondance du mal te surprend» et: «... Il entasse les mauvais les uns sur les autres, puis qu'Il les amoncelle tous ensemble et qu'Il les mette dans la géhenne». Dieu a dit de même: «L'intérêt usuraire que vous versez pour accroître les biens d'autrui ne les accroît pas auprès de Dieu», voilà un verset de plus qui confirme la nullité de l'usure. Quant à la croissance de l'aumône -auprès de Dieu- le Prophète la confirme par ce hadith rapporté par Abou Houraira: «Quiconque fait l'aumône fut-ce de l'équivalent d'une datte acquise licitement, à savoir que Dieu n'accepte que ce qui est bon et licite, Dieu la prend de sa main droite et l'accroîtra comme l'un d'entre vous qui élève un poulain, de sorte qu'elle deviendra de la grandeur d'une montagne». «Dieu a de l'aversion pour les incrédules et les pécheurs» Certes, Dieu n'aime pas les incrédules et les pécheurs soit à cause de leurs actes, soit à cause de leurs propos.
Verset 277
Puis Il montre le cas des soumis qui font la prière et l'aumône, qu'ils n'éprouveront aucune crainte auprès de Lui au jour du jugement dernier et ne seront plus affligés. Ceux qui croient et accomplissent les bonnes œuvres, établissent la prière et s'acquittent de l'aumône légale, recevront leur récompense auprès de leur Seigneur. Ils n'éprouveront aucune crainte et ne seront point affligés.
Verset 278
Croyants, craignez Dieu et annulez toutes vos conventions usuraires en cours, si vous êtes des croyants sincères. Dieu ordonne à Ses serviteurs croyants de Le craindre en les exhortant à ne plus commettre ce qui le courrouce contre eux et les éloigne de Sa satisfaction. Ils doivent donc observer Ses ordres laissant tout profit provenant de l'usure et se contentant de récupérer leurs capitaux après cet avertissement. Il a été rapporté que ce verset fut révélé au sujet de Bani 'Amr Ben 'Oumayr de la tribu Thaqîf et de Bani Al-Moughira de la tribu Makhzoum qui pratiquaient l'usure du temps de la Jahilia. Après leur conversion, les thaqîfites demandèrent aux Makhzoumites de leur payer l'intérêt de leurs dettes. Ces derniers, après consultation, refusèrent et leur répondirent: «Nous ne les payerons plus du temps de l'Islam une fois convertis» 'Itab ben Oussayd écrivit à l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- à ce sujet en portant plainte auprès de lui. Il lui répondit par ce verset récemment révélé. Les Thaqîfites s'écrièrent alors: «Nous revenons à Dieu et laissons l'usure à jamais».
Verset 279
Si vous persistez, vous êtes en état de rébellion contre Dieu et Son Prophète. Si vous vous soumettez, ne réclamez que votre capital. La règle est que vous ne devez ni léser ni être lésés. Que ceux qui pratiquent l'usure et y persistent, attendent une guerre de la part de Dieu et de Son Envoyé, on leur dira au jour de la résurrection, d'après Ibn Abbas, prenez vos armes c'est-à-dire attendez-vous à une hostilité de la part du Seigneur et de Son Envoyé où rien ne vous servira». Et Ibn Abbas d'ajouter, en récitant et commentant le verset précité: Celui qui persiste sans jamais laisser l'usure, il sera de droit, dans le bas monde, à l'imam des musulmans, c'est-à-dire le gouverneur, de l'avertir et de cesser toute convention usuraire et de revenir à Dieu, sinon il pourra l'exécuter. «Si vous vous soumettez, ne réclamez que votre capital» On entend par cela que tout ce que les usuriers avaient pris des intérêts, ne seraient plus interrogés à leur sujet, à condition qu'ils s'abstiennent désormais de toute pareille pratique et qu'ils ne réclament de leurs débiteurs que leurs capitaux sans aucun surplus et par ce fait ils ne seront plus lésés.
Verset 280
Si votre débiteur est dans la gêne, attendez qu'il redevienne de meilleure fortune. Vous montrer généreux sera plus méritoire pour vous, si vous comprenez votre intérêt. Du temps de l'ignorance, il arrivait qu'un débiteur se trouvait dans la gêne sans pouvoir s'acquitter de sa dette. Le créancier venait le sommer: ou tu payes ou tu demeureras en plus. Dieu, dans les versets sus-mentionnés, exhorte les hommes à se montrer magnanimes envers de tels débiteurs, en disant: «si votre débiteur est dans la gêne, attendez qu'il revienne à meilleure fortune. Vous montrer généreux sera plus méritoire pour vous, si vous comprenez votre intérêt». Dieu ne s'arrête pas là il recommande même aux gens de faire remise et de faire l'aumône en abandonnant leurs droits. Plusieurs hadiths ont été rapportés à ce propos: Ass'ad Ben Zarara a rapporté que l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit: «Que celui qui voudra que Dieu le protège de son ombre le jour où il n'y aura d'autre ombre que La sienne, accorde des facilités à son débiteur ou qu'il lui fasse remise». Houdzaifa ben Al-Yaman a rapporté que l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit: «Un homme comparut devant Dieu le jour de la résurrection, on lui demanda: «Quelles étaient tes œuvres dans le bas monde?» Il répondit: «Seigneur, Tu m'avais accordé un surplus de richesses et je faisais des transactions avec les autres. Comme la clémence et la magnanimité étaient de mon tempérament, je facilitais à l'homme aisé et donnais un délai à celui qui se trouvait dans la gêne» Le Seigneur répondit: «Nous avons plus le droit que toi d'accorder des facilités, entrez au Paradis». Dans un hadith il est dit: «Quiconque accorde un répit à celui qui est en difficulté ou renonce à sa dette, Dieu le placera sous Son ombre un jour où il n'y aura d'autre ombre que celle de Dieu» tel que rapporté par Mouslim.
Verset 281
Craignez le jour où vous comparaîtrez devant Dieu, où toute âme sera rétribuée selon ses œuvres, où plus personne ne sera lésé. (281). Dieu ordonne à Ses serviteurs croyants de Le craindre en les exhortant à ne plus commettre ce qui le courrouce contre eux et les éloigne de Sa satisfaction. Ils doivent donc observer Ses ordres laissant tout profit provenant de l'usure et se contentant de récupérer leurs capitaux après cet avertissement. Il a été rapporté que ce verset fut révélé au sujet de Bani 'Amr Ben 'Oumayr de la tribu Thaqîf et de Bani Al-Moughira de la tribu Makhzoum qui pratiquaient l'usure du temps de la Jahilia. Après leur conversion, les thaqîfites demandèrent aux Makhzoumites de leur payer l'intérêt de leurs dettes. Ces derniers, après consultation, refusèrent et leur répondirent: «Nous ne les payerons plus du temps de l'Islam une fois convertis» 'Itab ben Oussayd écrivit à l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- à ce sujet en portant plainte auprès de lui. Il lui répondit par ce verset récemment révélé: «Croyants, craignez Dieu et annulez toutes vos conventions usuraires en cours...» jusqu'à la fin. Les Thaqîfites s'écrièrent alors: «Nous revenons à Dieu et laissons l'usure à jamais». Dieu enfin rappelle aux hommes que la vie mondaine n'est qu'une jouissance éphémère et tout ce que contient le bas monde sera anéanti, seul le retour à Dieu assure à l'individu la récompense dans la vie future, l'homme rendra compte de toutes ses œuvres et recevra le prix et ne sera plus lésé. Sa'îd Ben Joubaïr a dit: «Ce verset: «Craignez le jour où vous comparaîtrez devant Dieu, où toute âme sera rétribuée selon ses œuvres où plus personne ne sera lésé» fut le dernier verset révélé du Coran, le Prophète vécut neuf nuits après sa révélation et mourut le lundi, le 2 du mois Rabi' premier. Tel était aussi le commentaire d'Ibn Abbas et d'Ibn Jouraij.
Verset 282
Croyants, lorsque vous contractez un prêt à terme, consignez-le par écrit. Qu'un écrivain en transcrive les conditions avec fidélité. Aucun écrivain ne saurait se refuser à prêter son ministère. Qu'il écrive suivant les formes que Dieu lui a enseignées. C'est au débiteur qu'il appartient de dire à quoi il s'oblige. Qu'il craigne Dieu alors et qu'il ne cherche pas à diminuer le montant de son obligation. Si le débiteur est incapable de s'obliger, soit qu'il soit faible ou mineur, ou s'il ne peut pas s'exprimer, c'est à son représentant à stipuler honnêtement pour lui. Procurez-vous le témoignage de deux témoins d'entre vous. Si vous ne trouvez pas deux hommes, mandez un homme et deux femmes parmi les personnes agréées à témoigner, de façon que si l'une d'elles oublie un détail, l'autre le lui rappelle. Les témoins ne sont pas admis à refuser leur témoignage quand ils en sont requis. N'omettez pas de passer par écrit l'acte de prêt, quel qu'en soit le montant et de spécifier le terme. C'est le moyen le plus juste aux yeux de Dieu, celui qui confère le plus d'autorité au témoignage et le plus susceptible d'écarter les doutes: À moins qu'il ne s'agisse d'une opération courante et à vue, auquel cas vous pouvez vous dispenser de la faire constater par écrit. Faites constater par témoins vos transactions. Ne causez aucun préjudice soit à l'écrivain, soit au témoin. Et si vous transgressez ces prescriptions, vous commettez un péché. Craignez Dieu, c'est Lui qui vous instruit, car Il est omniscient. (282). C'est le verset le plus long du Coran, par lequel Dieu enseigne les hommes les principes des formalités concernant le prêt et les dettes, pour protéger l'intérêt du créditeur, affirmer la dette et être un argument quant aux témoins, que ce prêt soit une marchandise à livrer plus tard ou une somme d'argent payable après une période déterminée ou autre. «Qu'un écrivain en transcrive les conditions avec fidélité» c'est à dire honnêtement et justement sans se mettre du côté de l'une des deux parties et sans rien ajouter ni rien manquer. «C'est au débiteur qu'il appartient de dire à quoi il s'oblige» c'est à dire il incombe au débiteur de dicter ce qu'il devra s'en acquitter plus tard sans en rien manquer pour ne plus léser le créancier, en craignant le Seigneur. «Procurez-vous le témoignage de deux témoins d'entre vous» est un ordre de demander le témoignage pour confirmer cette dette en plus de sa transcription.
Verset 283
Si vous êtes en voyage et que vous ne trouviez pas d'écrivain, exigez la remise d'un gage. Mais si vous êtes mutuellement en confiance, que celui à qui on a confié quelque chose le restitue. Qu'il craigne Dieu, son Seigneur. Il s'agit toujours de la dette et les formalités qu'on doit suivre, mais cette fois il est question du voyage si l'on ne trouve pas d'écrivain ou, d'après Ibn Abbas, ce qu'il est nécessaire pour la transcrire tels que le papier, la plume ou l'encre... Dans ce cas un gage pourra tenir lieu d'un écrit mais à condition que ce gage soit disponible et présent. Certains sont allés plus loin en disant que le gage n'est permis que dans le voyage. Il a été cité dans les deux Sahihs que le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- mourut alors que son bouclier se trouvait en gage chez un juif qui lui avait prêté trente wisqs (une certaine mesure) d'orge pour la nourriture de sa famille. Une autre exhortation venait de Dieu qui, selon Abou Sa'id Al-Khoudri, abroge en principe le verset précédent se rapportant à la dette. Plutôt il constitue un ordre de restituer le dépôt: «Mais si vous êtes mutuellement en confiance, que celui à qui on a confié quelque chose la restitue» et que ce dernier devrait toujours craindre Dieu. «Ne refusez pas votre témoignage» c'est dire il ne faut ni le dissimuler, ni le frauder ni le changer. Ibn Abbas et d'autres ont jugé que le faux témoignage est l'un des grands péchés, comme Dieu le confirme aussi dans un autre verset: «O vous qui croyez, pratiquez avec constance la justice en témoignage de fidélité envers Dieu, et même à votre propre détriment ou au détriment de vos père et mère et de vos proches, qu'il s'agisse d'un riche ou d'un pauvre, car Dieu a la priorité sur eux deux. Ne suivez pas les passions au détriment de l'équité; mais si vous lornoyez ou si vous vous détournez, sachez que Dieu est bien informé de ce que vous faites» [Coran IV, 135].
Verset 284
Certes tout ce qui est dans les cieux et ce qui est sur la terre appartient à Dieu qui connaît les choses apparentes comme Il pénètre dans les tréfonds des cœurs. Rien ne Lui est caché, une réalité qu'on trouve dans un bon nombre des versets. En plus de cette ample connaissance, Il est le Juge Suprême et les hommes seront tenus de rendre compte de leurs œuvres devant Lui. A propos de ce verset et de ceux qui s'ensuivent, Abou Houraïra a rapporté: «Quand fut révélé à l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- ce verset: «C'est à Allah qu'appartient tout ce qui est dans les cieux et sur la terre, Il vous demandera compte de toutes vos actions, que vous les dissimuliez ou que vous les étaliez», les compagnons de l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- éprouvèrent certain émoi et allèrent le trouver. Ils s'agenouillèrent et dirent: «O Envoyé de Dieu, nous avons été chargés de ce que nous ne pouvons supporter: La prière, le combat dans le chemin de Dieu, le jeûne, l'aumône et enfin ce verset qui vient de t'être révélé.» l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- leur répondit: «Vous voulez dire par là comme disaient les gens des deux Livres (La Torah et l'Evangile): «Nous avons entendu mais nous avons désobéi?» Dites plutôt: «Nous avons entendu et nous avons obéi. Ton pardon Seigneur, vers Toi est le retour». Lorsqu'ils relurent ce verset qui leur devint familier et se soumirent à ses sentences, Dieu révéla à la suite: «Le Prophète et les fidèles croient à ce que leur Seigneur a révélé...» Ce qu'on peut conclure, d'ailleurs ce qui est de la tradition de Dieu, qu'à toute âme reviendra le bien qu'elle aura accompli et elle sera punie du mal qu'elle aura fait.
Verset 285
Le Prophète et les fidèles croient à ce que leur Seigneur a révélé. Ils croient à Dieu, à Ses anges, à Ses Livres et à Ses Prophètes. Ils ne font aucune distinction entre les Prophètes de Dieu. Ils disent: Nous avons entendu et nous avons cru. Seigneur, nous implorons Ton pardon car c'est à Toi que nous ferons retour. (285). Le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- a cru à ce qui est descendu sur lui de la part de son Seigneur. Lui et les fidèles, tous ont cru en un Dieu unique, impénétrable, aucun Seigneur n'existe en dehors de Lui, le seul adoré, comme ils ont cru aussi en Ses anges, en Ses Prophètes et Envoyés et en Ses Livres qu'Il leur a révélés. Ces croyants ne font pas de différences entre ces Prophètes, mais ils croient en leurs messages et missions car ils sont véridiques, soumis à Dieu, chargés de montrer la voie droite aux hommes. La loi de chacun d'eux abroge celle de son prédécesseur, mais celle de Mohammad -qu'Allah le bénisse et le salue-, étant la dernière, abroge toutes les lois précédentes jusqu'au jour de la résurrection.
Verset 286
Allah n'impose à aucune âme une charge supérieure à ses forces. Elle sera récompensée du bien qu'elle aura fait, punie du mal. Seigneur, pardonne-nous nos négligences et nos erreurs. Seigneur, ne nous soumets pas aux terribles épreuves dont Tu accablas nos prédécesseurs. Seigneur, ne nous impose pas d'obligations qui excèdent nos forces. Pardonne-nous, absous nos péchés et reçois-nous dans le sein de Ta miséricorde. Tu es notre Maître. Accorde-nous la victoire sur les peuples infidèles (286). Nous allons citer ci-après quelques hadiths qui montrent le mérite de ces deux versets. Dieu, certes, n'impose à chaque personne que ce qu'elle peut porter, et cela est une clémence de Dieu, une compassion envers Ses serviteurs et une grâce. Il ne demandera compte aux hommes que de ce qu'ils pouvaient repousser et s'abstenir de le faire dans le bas monde. Tout le bien que l'homme aura accompli lui reviendra, ainsi le mal qu'il aura fait. Mais Dieu ne laisse pas Ses serviteurs perplexes sans leur indiquer le chemin du salut. Il les exhorte à implorer Son pardon et Sa mansuétude pour absoudre les péchés commis par erreur. Parmi les invocations recommandées: - «Notre Seigneur, ne nous charge pas d'un fardeau semblable à celui dont Tu chargeas les générations précédentes» même si on peut les porter avec difficulté, mais, en vérité, la religion de l'Islam n'a apporté que les pratiques faciles. - «Notre Seigneur, ne nous charge pas de ce que nous ne pouvons porter» qui signifie les obligations, les calamités et les épreuves qui puissent nous accabler. Enfin étant des mortels sujets à toute sorte de tentation et de sédition, on ne saurait faire une œuvre meilleure que de demander le pardon et l'absolution des péchés. Dieu est notre Maître dont nous implorons le secours pour nous accorder la victoire sur les peuples incrédules.