آل عمران

La Famille d'Imran

Sourate 3 · 200 versets · Revelation medinoise

Verset 1

Alif Lam Mim. Allah connaît mieux le sens de ces lettres.

Verset 2

Nous avons déjà montré que le nom Sublime de Dieu se trouve dans ce verset: «Il n'y a d'autre Dieu qu'Allah, le Vivant, l'animateur de l'Univers» en commentant le verset du Trône (voir n° 255 de la sourate de la vache).

Verset 3

«Il t'a révélé le Livre, somme des vérités» il s'agit du Coran révélé à Muhammad -qu'Allah le bénisse et le salue- en toute vérité et sans aucun doute. Il l'a révélé avec Sa Science, les anges en témoignent. Dieu suffit comme témoin. Ce livre déclare véridique ce qui était avant lui et révélé aux autres Prophètes et Messagers en corroborant les enseignements, les événements déjà racontés et confirment l'avènement de Muhammad -qu'Allah le bénisse et le salue- et la révélation du Coran qui abroge par sa teneur et sa véracité tous les autres Livres. Dieu a fait descendre la Torah -ou le Pentateuque- sur Moïse Ben Imran et l'Évangile sur Jésus fils de Marie -que Dieu salue tous les deux.

Verset 4

Ces livres constituaient auparavant une direction pour les hommes. Il les suivit par le Coran qui est une distinction entre la bonne voie et l'égarement, et entre l'erreur et la vérité. Car le Coran contient les arguments, les signes clairs et les preuves évidentes. Ceux qui ne croient pas aux signes de Dieu, un châtiment douloureux leur est destiné pour prix de leur reniement et de leur incrédulité. Dieu est puissant et se venge de ceux qui traitent Ses signes de mensonges et s'opposent à Ses Prophètes et Messagers.

Verset 5

Dieu, certes, connaît le visible et l'invisible et rien ne Lui est caché dans les cieux et sur la terre.

Verset 6

«C'est Lui qui vous façonne à Sa guise dans le sein de vos mères» c'est à dire Il accorde la beauté comme Il accorde la laideur, crée le mâle et la femelle, le bienheureux et le malheureux. «Il n'y a d'autre Allah que Lui, le puissant, le sage» une attestation de Son unicité, Il n'a pas d'associés, le puissant sur toute chose dont nul ne peut disputer Sa puissance, le sage dont Sa science embrasse tout. On trouve dans ce verset une allusion même une déclaration que Jésus le fils de Marie n'est qu'un serviteur créé comme les autres. Comment donc pourra-t-il être un Dieu comme prétendent les chrétiens alors que c'est Dieu qui l'a façonné comme Il l'a voulu dans le sein de sa mère où il a subi des transformations successives comme toutes les autres créatures?

Verset 7

C'est Lui qui t'a révélé le Livre. Il se compose de versets fondamentaux, qui sont la base du Livre, et d'autres qui constituent des développements. Les malveillants ne s'en tiennent qu'à ces derniers versets dont les ressemblances prêtent à confusion pour créer le désordre et satisfaire leur goût de discussion. Et les rapports qu'il y a entre ces deux sortes de versets, Allah seul les connaît ainsi que les vrais savants. Ces derniers diront: Nous y croyons, tout vient de notre Seigneur. Seuls les gens sensés tirent parti des enseignements.

Verset 8

«Seigneur, ne détourne pas nos cœurs de la voie droite après que Tu nous l'as montrée» qui signifient: Ne dévie pas nos cœurs de la bonne direction après nous avoir dirigés, ne fais pas que nous penchions vers l'erreur à la façon de ceux qui s'attachent à ce qui prête au doute, plutôt affermis-nous sur la voie droite, et «Étends sur nous Ta miséricorde» par laquelle Tu affermis nos cœurs, Tu établis la concorde entre nous et Tu augmentes notre foi, car Tu es le Dispensateur par excellence.

Verset 9

«Seigneur, Tu rassembleras les gens au jour inéluctable» c'est à dire que les fidèles disent dans leur invocation: Seigneur, Tu réuniras les hommes le jour de la résurrection, Tu trancheras leurs différends, Tu rétribueras chacun selon ses œuvres qu'il a accomplies dans le bas monde. Dieu ne manque jamais à Sa promesse.

Verset 10

Ces versets montrent le sort des incrédules au jour de la résurrection et qu'ils seront l'aliment du Feu. Ce que les infidèles avaient amassé comme richesses dans le bas monde et la postérité qu'ils avaient engendrée ne les mettront aucunement à l'abri vis-à-vis de Dieu, ne les sauveront plus du châtiment du Feu et ils subiront des supplices très douloureux.

Verset 11

L'exemple de ces incrédules est Pharaon et sa cour qui ont traité les signes de Dieu de mensonges et se sont opposés aux Messagers de Dieu. Dieu certes est terrible dans Ses châtiments.

Verset 12

Dieu ordonne à Son Prophète : O Mouhammad, dis aux incrédules : Vous serez vaincus, dans le bas monde, et au jour de la résurrection, vous serez rassemblés dans la Géhenne. Quel détestable lit de repos.

Verset 13

Mouhammad Ben Ishaq raconte : «Après sa victoire à Badr sur les polythéistes Qoraïchites, l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- revint à Médine, rassembla les juifs dans le marché de Bani Qaïnouga'. Il leur dit : «O peuple juif ! Embrassez l'Islam avant que Dieu ne vous inflige de la défaite qu'ont subie les Qoraïchites» Ils lui répondirent : «O Mouhammad ! Que cette bataille où tu as eu le pas sur cette troupe de Qoraïchites ne te trouble pas. Ils n'étaient que des gens inexpérimentés dans les combats. Par Dieu, si tu nous déclares la guerre, tu sauras que nous sommes les vrais guerriers à qui tu n'as pas fait encore face» Dieu à cette occasion fit cette révélation : «Dis aux infidèles : «Vous serez défaits puis précipités en foule dans l'enfer» jusqu'à «c'est une leçon pour ceux qui méditent» (Rapporté par Ibn Ishaq). C'est pourquoi Dieu avertit les juifs qu'un signe leur a été donné prouvant qu'il fortifie Sa religion, donne la victoire à Son Prophète sur ses ennemis, afin que Sa Parole soit la plus élevée. Ce signe se manifesta lorsque deux troupes se rencontrèrent pour se battre : les uns combattaient pour la cause de Dieu, et les autres étaient les incrédules parmi les Qoraïchites, et ce combat avait lieu à Badr. «Cette dernière paraissait à vos yeux deux fois plus nombreuse que l'autre» Ce verset était un sujet de controverse entre les ulémas : - Les uns ont dit : Les polythéistes voyaient de leurs propres yeux, les musulmans, le jour de Badr, en nombre deux fois supérieur au leur. En d'autres termes, Dieu faisait montrer le nombre de croyants comme étant deux fois supérieur à celui des incrédules afin d'accorder la victoire aux musulmans. Mais en fait, les polythéistes avaient envoyé Omar Ben Sa'd pour guetter les musulmans et évaluer leur nombre avant le combat. Il leur dit qu'ils étaient trois cents et quelques hommes. En réalité ils étaient 313 hommes mais, lors du combat, Dieu leur avait envoyé un renfort de mille anges. - Les autres ont dit : «les musulmans, de leurs propres yeux, voyaient les polythéistes en nombre deux fois supérieur au leur, et pourtant Dieu leur a accordé la victoire, bien que certains ont rapporté que le nombre des incrédules variait entre neuf cent et mille, ce qui constituait le triple. Une question se pose : Quel est le point commun entre les deux opinions sus-mentionnées, et ce verset où Dieu avait raconté l'histoire de la bataille de Badr et dit : «Lorsque vous rencontriez vos ennemis, Allah les fit apparaître à vos yeux moins nombreux qu'ils n'étaient, de même s'Il vous fit apparaître à leurs yeux moins nombreux. Allah exécuta ainsi l'ordre qu'Il avait décrété» [Coran VIII, 44] ? On trouve la réponse dans les dires suivants : - Ibn Mass'oud rapporte : Le jour de Badr, nous regardâmes les polythéistes, pour la première fois, et constatâmes que leur nombre était le double du nôtre. Nous les regardâmes, pour la deuxième fois, nous trouvâmes que leur nombre était équivalent au nôtre. Tel est le sens du verset. - Ibn Mass'oud rapporte également : «Leur nombre était tellement inférieur au nôtre quand nous les regardâmes, au point que j'ai dit à un fidèle qui se trouvait à mes côtés : Penses-tu que leur nombre dépasse-t-il les 70 ?» Il me répondit : «Je crois qu'ils sont au nombre de 100». Mais en captivant un des leurs et lui demandant de leur nombre, il nous dit qu'ils étaient 1000 hommes. Ainsi quand les musulmans regardaient les polythéistes, ils les trouvèrent deux fois plus qu'eux afin qu'ils se confient à Dieu et demandent Son secours. Par contre quand les polythéistes regardaient les musulmans, ils les trouvèrent deux fois plus qu'eux pour être pris de panique. Mais quand les deux armées s'affrontèrent et le combat fit rage, Dieu fit diminuer chaque armée aux yeux de l'autre afin que chacune d'elles fonde sur l'autre, et Dieu exécuta ainsi l'ordre qu'Il avait décrété pour distinguer entre la vérité et l'erreur, et afin que Sa Parole soit la plus élevée. Il a voulu rendre les croyants très puissants et humilier les incrédules comme Il a dit : «Dieu vous a cependant secourus à Badr, alors que vous étiez humiliés» [Coran III, 123]. Il termina ces versets par : «Allah donne la victoire à qui Il veut. C'est une leçon pour ceux qui méditent» qui signifie un enseignement pour ceux qui sont doués de clairvoyance afin qu'ils constatent que Dieu réalise toujours Ses décisions en accordant le secours aux fidèles dans le bas monde et dans l'au-delà.

Verset 14

Les hommes sont attirés par tout ce qui a de l'attrait, les femmes, les enfants, les amoncellements d'or et d'argent, les chevaux de prix, les troupeaux, les champs de culture... éphémères jouissances dans ce bas monde. Mais le plus beau séjour est auprès d'Allah. Dieu montre dans ces versets que les hommes dans la vie présente sont attirés par ses clinquants et ses jouissances en citant les femmes et les enfants. Il a commencé par les femmes car leur séduction est pire que les autres jouissances. Une réalité qui est confirmée aussi par ces paroles du Prophète : «je ne laisse après moi une sédition plus funeste à l'homme que les femmes». Mais si on cherche la femme pour garder la chasteté et fonder un foyer dans le but d'avoir une postérité, ceci constitue un acte recommandé voire obligatoire. Plusieurs hadiths ont été rapportés à cet égard dans lesquelles l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- avait déclaré que la meilleure des nations est celle où le nombre des femmes dépasse celui des hommes. Il a dit : - On m'a fait aimer les femmes et le parfum. Mais la prière est la joie de mes yeux. - Ces bas monde n'est que jouissances éphémères, or la meilleure jouissance est la femme vertueuse qui, si tu la regardes, te plaît. Si tu lui ordonnes, elle obéit. Si tu t'absentes d'elle, elle garde sa chasteté et tes biens. (Rapporté par Nassaï et Mouslim). L'amour des enfants peut être pour la parure dans le bas monde et l'orgueil, et aussi pour la progéniture et la multiplication de la communauté de Mouhammad -qu'Allah le bénisse et le salue- où il y aura des hommes qui n'adoreront que Dieu seul sans rien Lui associer. Il incitait au mariage pour réaliser ce but quand il a dit : «Mariez les femmes affectueuses et fécondes car je m'enorgueillirai de votre multitude sur les autres nations le jour de la résurrection». Quant à l'amour des richesses, tantôt il vise l'orgueil, l'ostentation et l'arrogance sur les pauvres, ce qui est mépris ; et tantôt pour dépenser en aumône afin de se rapprocher de Dieu, ou pour les proches parents, les actes de charité, ce qui est loué et recommandé. L'amour des chevaux est de trois sortes : - Pour les consacrer au combat dans la voie de Dieu et les mettre au service de ces guerriers quand ils en auront besoin. - Pour être une charge à leurs propriétaires. - Pour être une portière à celui qui les possède pour en profiter et ne néglige pas ses devoirs envers Dieu en versant la zakate à leur sujet jet ou pour la copulation. (Nous en parlerons plus loin en commentant la sourate du Butin). Entre autres biens convoités figurent les troupeaux du bétail, les terres cultivées. Souwaid ben Houbaira a rapporté que l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit : «Les meilleurs biens que puisse avoir un homme : une jument poulinière et une palmeraie fécondée». Tout cela constitue pour l'homme une jouissance éphémère dans la vie présente, mais le meilleur retour sera auprès de Dieu. On a rapporté qu'après la révélation de ce verset, Omar Ben Al-Khattab s'écria : «Seigneur, serait-ce après nous avoir embelli ce bas monde ?» L'autre verset fut aussitôt descendu : «Dis-leur : «Désirez-vous connaître quelque chose préférable à toutes ces jouissances ?»

Verset 15

Dis-leur : «Désirez-vous connaître quelque chose de préférable à toutes ces jouissances ?». Ceux qui craignent Allah trouveront auprès de leur Seigneur des jardins arrosés d'eau vive, où ils demeureront éternellement, des épouses sans impureté, et les grâces d'Allah. Allah observe Ses serviteurs. Dieu ordonne à Mouhammad de dire aux hommes que ceux qui Le craignent trouveront pour toujours auprès de Lui des jardins où coulent les ruisseaux de différentes boissons : du miel, du lait, du vin non enivrant et d'eau pure fraîche, ce qu'un œil n'a vu, oreille n'a entendu et esprit humain n'a imaginé. Ils y demeureront éternellement sans désirer aucun changement. Ils y trouveront également des épouses toujours pures sans subir ni menstruations ni lochies qu'ont les femmes dans ce bas monde. Et la meilleure de toutes ces jouissances sera sans doute la satisfaction de Dieu, une grâce qui dépassera toutes les autres. Dieu, en observant les hommes œuvrer, rétribuera à chacun la récompense qu'il méritera selon ses actions.

Verset 16

Ceux qui craignent Allah sont ceux qui disent : «O Seigneur, nous croyons, pardonne-nous nos péchés et préserve-nous du châtiment du feu».

Verset 17

Ce sont ceux aussi qui sont sincères, patients, dociles, charitables et implorent le pardon d'Allah au lever de l'aurore. Dieu promet à Ses serviteurs croyants la plus belle récompense, ceux qui croient en Lui, en Ses Livres et en Ses Prophètes. Ils implorent Son pardon et l'absolution de leurs péchés, et qui sont : - Patients : en s'acquittant de leurs obligations et s'abstenant des choses interdites et répréhensibles. - Sincères : dont leur foi les porte à accomplir leurs devoirs avec zèle et assiduité. - Dociles : pieux et soumis à Dieu. - Qui dépensent de ce que Dieu leur a accordé : en aumône, pour les proches parents les pauvres et les nécessiteux. - Qui implorent, dès l'aube, le pardon de Dieu. Ceci montre sans doute le mérite de l'imploration du pardon à ce moment-là. A ce propos, il a été rapporté que, lorsque Jacob -que Dieu le salue- avait dit à ses enfants : «Je vais, pour vous, demander le pardon de mon Seigneur» [Coran XII, 98] il avait retardé cette imploration jusqu'au lever de l'aurore. Et dans un hadith authentifié, le Prophète -que Dieu le bénisse et le salue- a dit : «Notre Seigneur descend chaque nuit dans le ciel le plus proche, lorsqu'il ne reste qu'un tiers de la nuit et dit : «Qui M'invoque, que Je puisse exaucer sa prière ? Qui Me demande quelque chose, que Je puisse la lui donner ? Qui implore Mon pardon, que Je le lui accorde ?» (Rapporté par Boukhari et Mouslim) 'Aicha -que Dieu l'agrée- a dit : «L'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- faisait la prière impaire (witr) au début de la nuit, à son milieu, ou à sa fin et même juste avant le lever de l'aube». Abdullah Ben Omar priait souvent la nuit et demandait à son domestique : «O Nafe' ! L'aube s'est-il levé ?» Si la réponse était affirmative, il multipliait ses invocations jusqu'au matin. Ibrahim Ben Hateb a rapporté d'après son père qu'il a entendu un homme dans un endroit de la mosquée dire : «O Seigneur ! Tu m'as ordonné et je T'ai obéi. Puisque c'est le lever de l'aurore, pardonne-moi». Il constata que cet homme n'était qu'Ibn Mass'oud -que Dieu l'agrée-

Verset 18

Allah proclame et avec Lui les anges et les hommes de science, qu'il n'y a d'autre Allah que Lui et qu'Il règne par la justice. Il n'y a d'autre Allah que Lui, le puissant et le juste. Dieu est le plus sincère et le plus véridique des témoins quand Il atteste et déclare qu'il n'y a d'autre Dieu que Lui, l'Unique, le créateur, et que tous les hommes sont Ses serviteurs qui ont toujours besoin de Lui, mais Lui, se suffit des autres. Puis Il joint le témoignage des anges et des hommes versés et savants au Sien, ce qui montre le mérite de ces hommes. Il maintient la justice, Il ne lèse personne et réprime l'injustice voire l'interdit, Il est le puissant et le sage. Al-Zoubair Ben AL-'Awam a rapporté qu'il a entendu l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue-, alors qu'il se trouvait à 'Arafa, réciter ce verset et dire à la fin : «Et moi aussi je témoigne ô mon Seigneur». Ghaleb Al-Qattan raconte : «Je vins à Koufa pour faire le commerce et j'habitai tout près de Al-A'mach. Une nuit, voulant quitter ma demeure, je le vis faire sa prière nocturne et l'entendis réciter ce verset : «Allah proclame et avec Lui les anges.» Il dit à la fin : «Et moi aussi je témoigne avec Dieu en lui confiant ce témoignage afin qu'il me soit un dépôt auprès de Lui» Puis il répéta à plusieurs reprises : «la religion d'Allah est l'Islam» Je me suis dit : «Il y a là un certain secret que j'aime savoir». Au matin, voulant lui faire mes adieux, je lui dis : «O Abou Mouhammad, je t'ai entendu répéter ce verset !» Il s'écria : «N'as-tu pas idée de son mérite ?» Je lui répondis : «Ça fait un mois que j'habite près de toi et tu ne m'en as jamais parlé» Il répliqua : «Par Dieu, je ne te le dirai pas avant l'écoulement d'un an». Je passai ainsi un an qu'à sa fin il me dit : «L'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit : «Au jour de la résurrection, on amènera quiconque aura témoigné cela, et Dieu dira : «Mon serviteur que voici s'est engagé vis-à-vis de Moi dans le bas monde, et il est de mon devoir de respecter mon engagement vis-à-vis de lui. Faites entrer mon serviteur au Paradis» (Rapporté par Tabarani).

Verset 19

La religion d'Allah est l'Islam. Les gens du Livre ne se sont divisés entre eux qu'après avoir reçu la vérité, poussés par la jalousie. Celui qui repousse les enseignements d'Allah, Allah est prompt à régler son cas. On entend par là que, l'Islam qui signifie la soumission à Dieu, aucune autre religion ne sera acceptée auprès de Lui. Cette religion qui consiste à suivre les Messagers et ce qu'ils ont apporté, mais comme Mouhammad -qu'Allah le bénisse et le salue- fut leur dernier ainsi que son message qui abrogea tous les précédents, quiconque ne suivra pas l'Islam, la religion qu'il aura suivie, ne serait plus acceptée, comme Dieu le confirme dans un autre verset : «Le culte de celui qui recherche une religion en dehors de l'Islam n'est pas acceptée. Cet homme sera, dans la vie future, au nombre de ceux qui ont tout perdu» [Coran III, 85]. Quant à ceux auxquels le Livre a été donné, une fois reçu la science, les uns se sont opposés aux autres par jalousie, haine et inimitié, et se sont divisés entre eux. Que ceux qui mécroient sachent que Dieu est prompt dans ses comptes.

Verset 20

A ceux qui contrediront, dis leur : «Moi, je me suis soumis à Allah ainsi que ceux qui me suivent. Demande à ceux qui ont reçu le Livre et aux illettrés : «Vous soumettez-vous ?» S'ils se soumettent, ils seront dans la bonne voie. S'ils s'insurgent, rappelle-toi que ton rôle se borne à les avertir. Allah observe Ses serviteurs. Dieu dit à Son Prophète, si ces gens-là argumentent contre toi au sujet de l'unicité, réponds leur : «Moi, je me suis soumis à Allah ainsi ceux qui me suivent» ne reconnaissant qu'un seul Seigneur à qui nous vouons un culte pur. Dans le même sens Dieu dit dans un autre verset : «Dis : «Nous suivons le chemin, j'en appelle à Dieu, moi, et ceux qui me suivent» [Coran XII, 108]. Puis Il lui ordonne d'appeler les hommes à se soumettre à Lui et d'embrasser l'Islam, surtout ceux auxquels le Livre a été donné et les illettrés parmi les polythéistes, s'ils sont soumis, ils sont bien dirigés, mais s'ils se détournent, ta mission s'arrête là et Dieu règlera leur compte et les jugera car Il observe parfaitement ce qu'ils font, ils seront interrogés. Le dernier verset sus-mentionné et d'autres qui lui sont pareils qu'on rencontre dans le Coran, montrent que le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- a été envoyé vers tous les hommes, et cela est confirmé par ce verset : «Dis : «O vous les hommes, je suis, en vérité, envoyé vers vous tous» [Coran VII, 158]. Dans un hadith authentifié, l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit : «Par celui qui tient mon âme en Sa main, tout homme qui entend parler de mon message, qu'il soit de cette nation ou un chrétien ou un juif, n'y croit pas et meurt, il sera l'un des damnés de l'Enfer». (Rapporté par Mouslim). Il a dit également : «J'ai été envoyé vers le rouge et le noir» (une expression qui signifie tous les hommes). Il a dit aussi : «Tout Prophète, avant moi, était envoyé vers son peuple. Quant à moi, je suis envoyé vers tout le monde» (Rapporté par Boukhari et Mouslim). Anas Ben Malek raconte qu'un jeune homme juif était au service du Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue-, tomba malade et le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- alla le visiter alors que son père se trouvait chez lui. Il lui dit : «Ô untel ! Dis : il n'y a d'autre divinité que Dieu» Le jeune homme regarda son père mais celui-ci garda le silence. Comme le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- réitéra sa demande, il regarda à nouveau son père qui lui dit : «Obéis à Abou-l-Qassem». Le jeune homme dit alors : «Je témoigne qu'il n'y a d'autre divinité que Dieu, et je témoigne que tu es l'Envoyé de Dieu» Le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- sortit en disant : «Louange à Dieu qui l'a sauvé du feu grâce à moi» (Rapporté par Boukhari et Mouslim).

Verset 21

Dieu réprimande les gens du Livre qui ont commis tant de péchés en transgressant les lois de Dieu, niant les signes de Dieu que leurs Prophètes leur ont transmis en les traitant de mensonges, en se montrant rebelles aux enseignements de Dieu, en choisissant autre que le chemin droit tracé par leurs Prophètes, et en tuant une partie d'eux rien que parce qu'ils les appelaient à Dieu, à suivre la Vérité et leur ordonnaient la justice.

Verset 22

Abou Oubaïda ben Al-Jarrah -que Dieu l'agrée- rapporte: «Je demandai à l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue-: «Qui, parmi les hommes, subira le châtiment le plus douloureux au jour de la résurrection?» Il me répondit: «Un homme qui a tué un Prophète ou un autre qui ordonnait le bien et déconseillait le répréhensible». Puis il récita ce verset: «À ceux qui nient les enseignements d'Allah mettent à mort ignominieusement les Prophètes et ceux qui prêchent le bien, annonce un châtiment douloureux». Ensuite il me dit: «O Abou Oubaïda! Les fils d'Israël ont tué 43 Prophètes au début de la journée dans une même heure, et 170 hommes parmi eux ont tué aussi à la fin de la journée ceux qui leur ordonnaient le bien et déconseillaient le répréhensible. Ils sont ceux que Dieu les mentionne dans ce verset». (Rapporté par Ibn Abi Hatim et Ibn Jarir). Quant à Abdullah Ben Mass'oud, il a rapporté qu'ils ont tué 300 Prophètes. Ces gens-là ne trouveront aucun défenseur au jour de la résurrection et leurs actions sont vaines en ce monde et dans l'au-delà.

Verset 23

Ne vois-tu pas ces gens à qui une partie du Livre est parvenue et qui, lorsqu'on les convie à faire arbitrer leurs différends par le Livre, s'y refusent avec dédain?

Verset 24

Et cela parce qu'ils croient qu'ils ne subiront la peine du feu que peu de jours. C'est leur fausse compréhension de la religion qui les jette ainsi dans l'erreur.

Verset 25

Qu'est-ce qu'il adviendra d'eux le jour inéluctable où nous les réunirons, le jour où toute âme sera rétribuée selon ses œuvres et où personne ne sera lésé. Dieu désavoue le comportement des juifs et des chrétiens qui s'attachent fortement à leurs Livres présumés: La Torah et l'Évangile, en les appelant à la soumission à Lui, à prendre le Coran comme un juge et à suivre Mouhammad -qu'Allah le bénisse et le salue-. Ils s'en détournèrent avec dédain et s'éloignèrent poussés par leur obstination et leur insoumission. Ils prétendront que le feu ne les touchera que durant un temps limité, disant: «Nous subirons le châtiment du feu un seul jour pour chaque mille ans de la vie présente», ce qui fera en tout et pour tout sept jours (présumant que la durée de ce bas monde est de 7000 ans). Et ceci parce qu'ils se sont laissés égarer dans leur religion par tout ce qu'ils ont inventé. Dieu les a laissés leurrer par leur fausse religion ce à quoi nul pouvoir n'a été concédé. Dieu les menace en disant: «Qu'est-ce qu'il adviendra d'eux le jour inéluctable où nous les réunirons». Comment sera leur sort après avoir nié les enseignements de Dieu, traité leurs Prophètes d'imposteurs en les tuant avec ceux qui prêchaient le bien et déconseillaient le répréhensible?» Certes Dieu les interrogera sur tout ce qu'ils auront accompli dans le bas monde et chacun d'eux recevra la rétribution de ses actions.

Verset 26

Dieu ordonne à Son Prophète Mouhammad -qu'Allah le bénisse et le salue- de Le louer, de Le glorifier, de Lui être reconnaissant, de se fier à Lui, et de déclarer: «O Souverain du Royaume!» à qui appartient tout ce qu'il se trouve dans les cieux et sur la terre. Il est le Donateur par excellence, comme Il peut refuser à qui Il veut. Il y a dans ce verset une exhortation à reconnaître les faveurs et les grâces de Dieu, surtout quand Il a confié le Message à Mouhammad -qu'Allah le bénisse et le salue- et la prophétie à un Qoraïchite arabe après l'avoir enlevée aux fils d'Israël. Il l'a envoyé vers les hommes et les génies en lui accordant des qualités qui ont dépassé celles conférées à d'autres Prophètes auparavant. Il lui a ordonné de professer l'Islam qui fut répandu dans les quatre coins du monde. Dieu dispose de Ses créatures à Sa guise. Il honore qui Il veut et abaisse qui Il veut. Nul n'a le droit de critiquer les décisions de Dieu vers qui tout fera retour. À ceux qui ont objecté en disant: «Si seulement on avait fait descendre ce Coran sur un personnage important de l'une de ces deux cités!» Dieu répondit: «Sont-ils les dispensateurs de la miséricorde de ton Seigneur?» [Coran XLIII, 31-32]. C'est à Lui qu'appartient la Sagesse persuasive et Il accorde la prophétie à qui Il veut, en le confirmant dans ce verset: «Dieu sait où placer Son message» [Coran VI, 124] en préférant les uns aux autres.

Verset 27

Dieu fait pénétrer la nuit dans le jour et le jour dans la nuit, en allongeant l'un et raccourcissant l'autre, ou bien en leur donnant une durée égale, qui sont des phénomènes qu'on remarque dans les quatre saisons durant l'année. «... qui tire la vie de la mort et la mort de la vie» qui signifie: Il fend le grain pour faire pousser les plantations, comme Il fait produire des grains de ces dernières, ainsi un dattier d'un noyau et un noyau d'un dattier, comme Il peut faire un croyant d'un impie et vice versa, et créer une poule d'un œuf et un œuf d'une poule. Il accorde largement les richesses à qui Il veut sans compter et donne à d'autres en mesurant ses dons, tout dépend de Sa volonté et de Sa sagesse. Ibn Abbas rapporte que le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit: «Le nom Sublime de Dieu se trouve dans ce verset», et il récita: «Dis: O mon Allah, Toi le Maître souverain...» jusqu'à la fin du verset.

Verset 28

Dieu à Lui la puissance et la gloire défend à Ses serviteurs croyants de prendre les impies pour alliés et de leur manifester leur amitié en dehors des fidèles, tout en menaçant de désavouer quiconque aura outrepassé Ses ordres et Il n'aurait rien à attendre de Dieu. C'est un ordre qui a été aussi confirmé par ce verset: «O croyants, ne vous alliez pas à mes ennemis et aux vôtres. Vous leur offrez votre amitié... jusqu'à Ceux d'entre vous qui s'allient à mes ennemis prennent une mauvaise voie» [Coran LX, 1]. Il a dit également: «O vous qui croyez, ne prenez pas les incrédules pour amis, de préférence aux croyants Voudriez-vous donner à Allah une raison certaine de vous châtier?» [Coran IV, 144] et: «O vous croyez, ne prenez pas pour amis les juifs et les chrétiens, ils sont amis les uns des autres. Celui qui, parmi vous, les prend pour amis, est des leurs» [Coran V, 51]. «À moins que ce ne soit pour parer à un danger» Il y en a donc exception quand ces gens-là constituent un danger pour les croyants, il est donc permis d'éviter leur mal en leur manifestant l'amitié en apparence. Al-Boukhari rapporte à ce propos que Abou Ad-Darda' a dit: «Parfois nous sourions à des gens, mais au fond, nos cœurs les maudissent». Cette appréhension, comme a dit Ibn Abbas, ne doit pas être traduite en actes plutôt elle ne s'exprime qu'en paroles ce que Dieu le confirme par ce verset: «... non pas celui qui subit une contrainte et dont le cœur reste paisible dans la foi» [Coran XVI, 106]. Dieu enfin met les hommes en garde contre Lui-même, c'est-à-dire contre Son courroux, Sa vengeance et Son châtiment que subira quiconque enfreint Ses enseignements, car le retour final sera vers Lui.

Verset 29

Le poids d'un atome n'échappe au Seigneur, ni dans les cieux, ni sur la terre, Il connaît ce que les hommes font en apparence et ce que recèlent leurs cœurs, Il connaît le visible et l'invisible, Sa science embrasse tout à tout moment et en tout lieu. Il est puissant sur toute chose et réalise ce qu'Il veut. Les hommes doivent donc L'appréhender afin de ne commettre ce qui suscite Son courroux. S'Il accorde un certain délai au pécheur, Il est capable de le saisir quand Il voudra comme peut le faire un puissant, un omnipotent.

Verset 30

C'est pourquoi Il a dit ensuite: «Un jour viendra où toute âme sera en présence du bien qu'elle aura fait..» Il s'agit du jour de la résurrection où l'homme sera informé de tout ce qu'il aura fait: il sera réjoui du bien qu'il aura fait, et regrettera tout mal qu'il aura commis en éprouvant une grande détresse, souhaitant ainsi qu'un long intervalle le sépare de ce jour.

Verset 31

Quiconque présume aimer Dieu sans suivre le chemin tracé par Mohammed -qu'Allah le bénisse et le salue-, est menteur. Voilà ce qu'on peut déduire de ce verset, car il est tenu tout d'abord de se convertir et croire à tout ce que le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- a apporté. Ceci est confirmé par ce hadith prophétique: «Celui qui introduit dans notre tradition ce qui lui est étranger, verra rejeter (ses innovations)» (Rapporté par Boukhari). Dieu dit par la langue de Son Prophète: «Si vous aimez Allah, suivez-moi, Il vous aimera», donc ce qui est recherché est cet amour mutuel de part et d'autre qui est une conséquence normale. Un sage a dit à cet égard: «Ce qui importe le plus c'est d'être aimé et ne plus se contenter d'aimer». Aicha -que Dieu l'agrée- a rapporté que l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit: «La religion est-elle autre que l'amour en vue de Dieu et la haine en vue de Dieu? Dieu a dit: «Si vous aimez Dieu, suivez-moi» (Rapporté par Ibn Abi Hatem). Quelle sera la récompense qui suit ces enseignements, sinon l'absolution de ses péchés et l'obtention de la miséricorde de Dieu?

Verset 32

La soumission et l'obéissance à Dieu puis à Son Messager sont donc les conditions requises pour obtenir la grâce divine. Quant aux incrédules et rebelles, ils ne seront jamais aimés de Dieu car ils se sont détournés de Ses enseignements. Nul ne pourrait donc prétendre aimer Dieu s'il ne suit pas Son Messager qui, si les autres Prophètes et Messagers vivaient à son époque, l'auraient suivi.

Verset 33

Dieu a choisi, de préférence aux mondes: - Adam en le créant de sa main, lui insufflant de Son esprit, demandant aux anges de se prosterner devant lui, lui enseignant les noms de toutes les créatures, lui donnant le paradis comme demeure, enfin le faisant descendre sur la terre comme Sa sagesse l'exigeait. - Noé en faisant de lui le premier Messager vers les habitants de la terre, lorsque ceux-ci commençaient à adorer les idoles et les statues, à Lui associer d'autres divinités qui n'avaient aucun pouvoir. Comme Noé avait passé une longue durée avec son peuple les appelant à un Dieu unique, jour et nuit, en public et en secret, et son appel ne faisait que les éloigner, il invoqua alors Dieu pour qu'il se venge d'eux. Ils furent tous noyés sauf ceux qui avaient suivi Noé et monté sur l'arche avec lui. - La descendance d'Abraham dont le maître des hommes et le dernier Prophète Mouhammad -qu'Allah le bénisse et le salue- était l'un d'eux.

Verset 34

- La descendance de 'Imran: Cet Imran était le père de Marie la mère de Jésus -que Dieu le salue-. Donc Jésus était de la descendance d'Abraham comme nous allons en parler en interprétant la sourate «Les troupeaux».

Verset 35

La femme d'Imran dit un jour: «Seigneur, je voue à ton culte l'enfant que je porte dans mon sein. Agrée-le, car Tu entends et sais tout. (35). Lorsqu'elle l'eût mis au monde, elle s'écria: Seigneur, j'ai donné le jour à une fille. Et Allah savait ce qu'elle avait enfanté. Il y a de différence entre un garçon et une fille. Je l'ai appelée Marie. Je la mets sous ta sauvegarde, elle et sa postérité pour que Tu les défendes contre les maléfices de Satan le maudit. (36).

Verset 36

La femme de 'Imran la mère de Marie -que Dieu la salue- s'appelait: Hanna Bent Faqoud. Mouhammad Ben Ishaq rapporte: «Elle était une femme stérile. Un jour, elle vit un oiseau becquer son petit et eut tellement envie d'avoir un enfant. Elle implora le Seigneur qui l'exauça. La nuit elle eut du rapport avec son époux et tomba enceinte. Constatant sa grossesse, elle fit un vœu de consacrer cet enfant au service du temple. Elle s'adressa au Seigneur: «Je voue à ton culte l'enfant que je porte dans mon sein. Agrée-le car Tu entends et sais tout» Elle ne savait pas encore ce qu'elle portait: un garçon ou une fille. Lorsqu'elle le mit au monde et sut qu'elle était une fille, elle s'écria: «J'ai mis au monde une fille». Dieu savait ce qu'elle avait enfanté. Je l'ai appelée Marie. Mais un garçon n'est pas semblable à une fille dans sa robustesse et sa capacité pour servir le temple. De ce fait on peut conclure qu'il est toléré de donner un nom à l'enfant le jour de sa naissance, car une telle règle qui était suivie auparavant, pourrait encore être appliquée chez nous, une chose qui a été confirmée d'après un hadith authentifié dans lequel l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit: «Cette nuit j'ai eu un garçon et je lui ai donné le nom de mon ancêtre Ibrahim». (Rapporté par Boukhari et Mouslim). Al-Boukhari a cité dans son Sahih qu'un homme informa l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- de la naissance d'un garçon et lui demanda quel nom devait-il lui donner? Il lui répondit: «Donne-lui le nom Abdul-Rahman». Samoura Ben Jondob rapporte que l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit: «A la naissance de l'enfant et au septième jour, on doit présenter une aqiqa (une bête à sacrifier), en donnant un nom à l'enfant et en lui rasant la tête» (Rapporté par Ahmed et les auteurs des sunan). La mère de Marie pria le Seigneur: «Je la mets sous Ta sauvegarde, elle et sa postérité, pour que Tu la défendes contre les maléfices de Satan le maudit». Elle mit donc sa fille ainsi que sa postérité, qui ne serait autre que Jésus -que Dieu le salue- sous la protection de Dieu, et Dieu l'exauça. A ce propos, Abou Houraira a rapporté que l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit: «Aucun enfant n'a été mis au monde sans avoir été au moment de sa naissance, touché par le démon, il sort en vagissant à cause de cet attouchement, à l'exception de Marie et de son fils» Et Abou Houraïra d'ajouter: «Récitez si vous voulez: «Je la mets sous Ta sauvegarde, elle et sa postérité, pour que Tu la défendes contre les maléfices de Satan le maudit».

Verset 37

Allah réserva un charmant accueil à cette enfant, lui assura une croissance magnifique et en confia la garde à Zacharie. Toutes les fois que Zacharie allait la voir au Temple, il trouvait des aliments auprès d'elle. Il lui dit un jour: «Marie, d'où te viennent ces aliments?» Elle répondit: «Cela me vient d'Allah, car Allah distribue ses biens à qui Il veut sans compter» (37). Dieu accueillit la petite fille, étant un vœu de sa mère, en lui réservant une belle réception, la fit croître d'une belle croissance en lui accordant un joli visage et une belle forme, et Il la réunit avec les hommes vertueux dans le but d'apprendre le culte et les actes du bien. Étant une orpheline, comme raconte Ibn Ishaq, on confia sa garde à Zacharie. D'autres ont dit qu'à cette époque, les fils d'Israël avaient subi une année de disette et Zacharie la prit à sa charge. Que ce soit l'une ou l'autre des deux raisons, Zacharie s'occupa d'elle par la grâce du Seigneur, afin d'apprendre et de s'instruire. Certains ont prétendu que Zacharie était le mari de sa tante maternelle, comme Ibn Ishaq et Ibn Jarir, mais l'opinion correcte est qu'il était l'époux de sa sœur, et ceci a été confirmé par un hadith cité dans les deux Sahihs (qu'on trouve dans le récit d'un voyage nocturne et de l'ascension)... «car je trouvai les deux cousins maternels Yahia (Jean) et Jésus...» Ce qu'on doit retenir des deux opinions consiste à savoir que Marie était sous la garde de la femme de Zacharie, car selon un hadith prophétique: «La tante tient lieu d'une mère». Ce que Zacharie avait vu de son cas exceptionnel l'étonna. Car: «Toutes les fois que Zacharie allait la voir au temple, il trouvait des aliments auprès d'elle» Moujahed, Ikrima et As-Souddy ont dit qu'il trouvait chez elle les fruits de l'été pendant la saison d'hiver, et les fruits d'hiver pendant la saison d'été, bien que Moujahed avait ajouté qu'il s'agit de la science. Mais la première opinion est la plus correcte étant donné que Dieu honore Ses élus par Ses grâces. Elle lui répondait toujours que ces aliments lui venaient de Dieu.

Verset 38

À cette occasion, Zacharie adressa à son Seigneur la prière suivante: «Seigneur, donne-moi une belle postérité. Tu entends mes prières»

Verset 39

Des anges l'interpellèrent pendant qu'il priait, debout, dans le sanctuaire: «Allah t'annonce la naissance de Jean. Il croira à la parole d'Allah, sera noble, saura dompter ses passions et sera un Prophète d'entre les justes»

Verset 40

Il dit: «Ô Seigneur, comment puis-je être le père d'un garçon, moi qui accablent les ans et dont la femme est stérile?». Les anges lui répondirent: «C'est ainsi. Allah fait ce qu'Il veut.»

Verset 41

Zacharie dit: « Seigneur, donne-moi un signe ». Le Seigneur répondit: « Le signe que je t'envoie est que tu ne pourras parler aux hommes pendant trois jours que par gestes. Répète sans lassitude le nom de ton Seigneur et prie-le, matin et soir ». Zacharie demanda d'avoir un signe par lequel il s'assurera de la naissance d'un garçon, et l'ange de lui transmettre: « ... Tu ne pourras parler aux hommes pendant trois jours que par des gestes ». Puis il lui ordonna d'invoquer le Seigneur souvent et sans lassitude, en le glorifiant au crépuscule et à l'aube.

Verset 42

Dieu fait connaître à Son Prophète ce que les anges avaient dit à Marie - que Dieu la salue - en lui rapportant que Dieu l'a choisie de préférence à cause de son adoration, sa piété, sa chasteté et sa pureté. Il l'a élue encore une fois après une autre pour sa haute considération, à toutes les femmes de l'univers. L'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - a dit: « La meilleure des femmes est Marie la fille de 'Imran, et la meilleure d'entre elles est également Khadija Bent Khouaylid ». D'après Al-Boukhari, l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - a dit: « Beaucoup d'hommes ont atteint le degré de la perfection. Quant aux femmes, deux seules d'entre elles ont atteint ce degré: Asia la femme de Pharaon et Marie la fille de 'Imran. La supériorité de 'Aicha sur les autres femmes est pareille à la supériorité du « Tharid » sur les autres mets ».

Verset 43

Puis Dieu ordonna à Marie par l'intermédiaire des anges d'être plus fervente dans ses adorations, de multiplier ses inclinaisons et ses prosternations, d'être assidue à ses pratiques cultuelles et de ne cesser d'invoquer Dieu, car elle occupera un rang élevé dans les deux mondes. Elle a été sujet à un des miracles de Dieu en la faisant engendrer un enfant sans être touchée par un homme. Et Marie s'exécuta en obtempérant aux ordres de son Seigneur.

Verset 44

Dieu, en mentionnant le récit de Marie dans ces versets, et dans d'autres, a voulu faire connaître à Son Prophète une partie des événements concernant le mystère et ce qu'il en ignorait en lui disant qu'il n'était pas parmi eux lorsqu'ils se disputaient au sujet de Marie, maintenant il est devenu comme un témoin. 'Ikrima rapporte: « Marie porta sa fille dans sa layette et se rendit chez les Bani Al-Kahen Ben Haroun (Aaron) le frère de Moïse - que Dieu les salue - alors qu'ils étaient chargés du Temple, à l'instar de la garde de la Ka'ba, et leur dit: « Voilà l'enfant que j'ai consacrée à Dieu, occupez-vous d'elle car je ne la reprendrai pas et une fille n'entre pas au Temple ». Ils s'écrièrent: « C'est la fille de notre imam 'Imran, qui est chargé de l'Eucharistie ! » à savoir que 'Imran dirigeait leur prière. Zacharie leur dit: « Confiez-la à moi car ma femme est sa tante maternelle » - Non, lui répondirent-ils, nous ne le ferons pas de notre propre gré ». Alors ils firent un tirage au sort et jetèrent leurs roseaux avec quoi ils transcrivaient la Torah. Zacharie l'emporta sur eux et prit Marie à sa charge. 'Ikrima, As-Souddy et Qatada ont ajouté: « Ils sont allés à la rivière de Jourdain et ils se sont convenus d'y jeter leurs roseaux, le propriétaire du roseau qui résisterait au courant d'eau, aurait la garde de Marie. Ce fut fait, le roseau de Zacharie résista même il fendit l'eau en allant contre le sens du courant. Zacharie était, malgré tout, leur maître, leur imam et leur Prophète - que Dieu le salue ».

Verset 45

C'est une annonce que portent les anges à Marie qu'elle engendrera un enfant d'une grande importance, la bonne nouvelle d'un verbe émanant du Seigneur qui dit à une chose « Sois » et elle est. Son nom est: le Messie, Jésus, fils de Marie, et sera connu sous ce nom de tous les hommes. Dieu l'a attribué à sa mère car il est né sans père comme naissent tous les gens. Il est illustre en ce monde, jouit d'une grande considération auprès de Dieu en lui inspirant Ses enseignements, en lui révélant le Livre et en lui accordant d'autres faveurs. Dans l'autre monde, il intercèdera en faveur des hommes que Dieu voudra gratifier, comme sera le cas d'autres Prophètes qui étaient doués d'une ferme résolution.

Verset 46

Dès le berceau, il parlera aux hommes en les appelant à l'adoration d'un Dieu unique qui n'a pas d'associés, et ce sera un miracle, vu son bas âge, et aussi il leur parlera comme un vieillard dans sa jeunesse grâce à l'inspiration de Dieu. Il sera parmi les justes par ses actes et paroles. Abou Houraira a rapporté que le Prophète - qu'Allah le bénisse et le salue - a dit: « Trois nourrissons ont parlé dès le berceau. Jésus, un autre du temps de Jouraij et un troisième ».

Verset 47

Entendant la bonne nouvelle transmise par les anges, Marie s'exclama en soi-même: « Ô Seigneur, comment pourrais-je avoir un fils, moi qui n'ai jamais eu de contact avec les hommes ? » Elle s'étonna comment aurait-elle un enfant ? Nul homme ne l'a touchée, elle n'avait pas l'intention de se marier et en plus elle n'était pas une femme de mauvaise conduite. L'ange ne tarda pas à lui répondre: « C'est ainsi, Allah crée comme Il veut ». Rien ne pourra rendre Dieu impuissant ; Il affirme dans ce verset qu'il fera naître un garçon. Quand Il décide une chose, Il exécute sans aucun retard, une chose qui est plus que confirmée dans ce verset: « Notre ordre est une seule parole, il est prompt comme un clin d'œil » [Coran LIV, 50].

Verset 48

Allah lui enseignera le Livre, la sagesse, le Pentateuque et l'Évangile. Pour confirmer la bonne nouvelle de la naissance de Jésus - que Dieu le salue - les anges informent Marie que Dieu lui enseignera le Livre - c'est-à-dire l'écriture - la sagesse, le Pentateuque qui a été révélé à Moïse et l'Évangile qui lui sera révélé.

Verset 49

Il sera envoyé auprès des fils d'Israël. Il leur dira: « Je viens à vous avec des signes de votre Maître. Je façonne avec l'argile des corps d'oiseaux. Je souffle sur eux et ils s'envolent avec l'autorisation d'Allah. Je guéris les aveugles de naissance et les lépreux. Je ressuscite les morts avec l'autorisation d'Allah. Je devine ce que vous mangez et ce que vous célez dans vos maisons. Ce sont là autant de signes si vous êtes croyants. » Dieu l'appuiera aussi par des signes et des miracles en l'envoyant en tant que Messager aux fils d'Israël: il crée d'argile comme une forme d'oiseau, souffle en lui et il s'envole ; il guérit l'aveugle de naissance et le lépreux, il ressuscite les morts. Tout cela avec la permission de Dieu. Les ulémas et exégètes ont commenté ces faits en disant: Dieu a envoyé les Prophètes avec des signes et miracles qui convenaient avec ce qui était répandu à leur époque. Du temps de Moïse, il y avait la magie, Dieu l'a envoyé avec des miracles qui ont rendu impuissants tous les sorciers et les ont obligés à se soumettre et même à croire en Dieu. Du temps de Jésus, la médecine et la physique étaient à leur apogée. Il leur a apporté des miracles qui les ont rendus stupéfaits malgré leur degré très élevé de la science: comment pouvaient-ils par exemple donner une âme à une chose morte ? ou rendre la vue à un aveugle de naissance ? ou guérir un lépreux ? ou rappeler à la vie un mort qui ne sera ressuscité qu'au jour du Jugement ? Quant à Mouhammad - qu'Allah le bénisse et le salue -, Dieu l'a envoyé vers un peuple à une époque où la poésie et l'éloquence étaient de leur nature innée et avaient atteint le summum. Il leur a présenté de la part du Seigneur à Lui la puissance et la gloire, le Coran qui, si les hommes et les Djinns s'unissaient pour produire quelque chose de semblable, ils ne produiraient rien qui lui ressemble, ou dix de ses sourates, et même s'ils s'aidaient mutuellement. Jésus dit aussi aux fils d'Israël qu'il était capable de les informer de ce qu'ils mangent et cachent dans leurs demeures, avec l'inspiration de Dieu sans doute, pour leur montrer la véracité de son message, pour leur rendre licite une partie de ce qui leur était interdit et pour confirmer ce qui existait avant lui de la Torah. On peut en conclure que Jésus par ce fait avait abrogé une partie du Pentateuque. Mais certains docteurs ont objecté disant qu'il n'a rien abrogé mais il n'a fait que trancher leurs différences. Enfin il les a conviés à croire aux signes qu'il leur a rapportés de la part du Seigneur, de se soumettre à lui et de lui obéir car eux et lui, ne sont que des serviteurs de Dieu qui sont appelés à suivre le chemin droit qu'il leur a tracé.

Verset 50

Je vous confirme ce que le Pentateuque vous a révélé avant moi. Je lève une partie des défenses qui vous ont été faites jusqu'ici. Je vous ai apporté des signes de votre Seigneur. Craignez Allah et obéissez-moi. Allah est votre Maître et le mien. Adorez-Le. C'est là la voie droite. Jésus dit aussi aux fils d'Israël qu'il était capable de les informer de ce qu'ils mangent et cachent dans leurs demeures, avec l'inspiration de Dieu sans doute, pour leur montrer la véracité de son message, pour leur rendre licite une partie de ce qui leur était interdit et pour confirmer ce qui existait avant lui de la Torah. Enfin il les a conviés à croire aux signes qu'il leur a rapportés de la part du Seigneur, de se soumettre à lui et de lui obéir car eux et lui, ne sont que des serviteurs de Dieu qui sont appelés à suivre le chemin droit qu'il leur a tracé.

Verset 51

Allah est votre Maître et le mien. Adorez-Le. C'est là la voie droite. Pour confirmer la bonne nouvelle de la naissance de Jésus -que Dieu le salue- les anges informent Marie que Dieu lui enseignera le Livre- c'est à dire l'écriture- la sagesse, le Pentateuque qui a été révélé à Moïse et l'Évangile qui lui sera révélé. Dieu l'appuiera aussi par des signes et de miracles en l'envoyant en tant que Messager aux fils d'Israël: il crée d'argile comme une forme d'oiseau, souffle en lui et il s'envole; il guérit l'aveugle de naissance et le lépreux, il ressuscite les morts. Tout cela avec la permission de Dieu.

Verset 52

Lorsque Jésus s'aperçut de leur infidélité, il dit: «Quels sont ceux qui me suivent dans la voie d'Allah?». «Nous, répondirent les apôtres. Nous croyons en Allah et témoignons que nous sommes soumis». Constatant l'incrédulité des Juifs et leur obstination, Jésus s'écria: «Quels sont ceux qui me suivent dans la voie d'Allah?» c'est à dire qui sont mes auxiliaires et qui m'appuient dans la voie de Dieu, tout comme le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- qui demanda aux hommes pendant la saison du pèlerinage: «Qui me donne asile et me protège afin de faire parvenir les paroles de Dieu aux gens car les Qoraïchites m'ont empêché de le faire». Les Médinois (Ansars) répondirent à son appel, l'abritèrent, le secoururent et il émigra vers Médine pour y être en sécurité parmi ses partisans. Ainsi Jésus a trouvé une foule parmi les fils d'Israël qui l'ont soutenu, cru en lui et suivi la lumière qu'il leur a apportée. C'est pourquoi Dieu a dit: «Nous, répondirent les apôtres, nous croyons en Allah et témoignons que nous sommes soumis» Il a été dit que ces apôtres étaient des blanchisseurs ou des pêcheurs, mais ce qui est le plus correct, ils étaient des partisans et souteneurs comme le montre ce hadith cité dans le Sahih: «Le jour de la bataille des coalisés, l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- convoqua les gens: seul Al-Zoubaïr se présenta. Les convoquant une deuxième fois et seul Al-Zoubaïr se présenta. Il dit alors: «Chaque Prophète a un apôtre, et mon apôtre est Al-Zoubaïr»(Rapporté par Boukhâri et Mouslim).

Verset 53

«Seigneur, ajoutèrent-ils, nous croyons à ce que Tu as révélé. Nous suivons Ton Prophète. Inscris-nous parmi ceux qui témoigneront au jour du jugement dernier». «Inscris-nous parmi ceux qui témoignent au jour du jugement dernier» Ibn Abbas a commenté cela en disant: «Parmi la communauté de Mouhammad -qu'Allah le bénisse et le salue-.

Verset 54

Les Juifs complotèrent contre Jésus. Allah complota contre eux. Et Allah est plus fort que ceux qui complotent. Quant au comportement des fils d'Israël, Dieu raconte que lorsqu'ils voulurent attaquer Jésus -que Dieu le salue- le torturer et le crucifier, ils méditèrent de lui auprès d'un des rois à cette époque, disant qu'il y a là un homme qui égare les hommes et les incite à lui être rebelles. Il corrompt les gens, sépare entre le père et son fils et sème la discorde. En plus, il est un bâtard. Le roi, emporté par sa colère, envoya des soldats pour le torturer et le crucifier. En entourant la maison où Jésus était avec ses disciples, ces soldats crurent de l'avoir capturé. Mais Dieu l'éleva vers Lui à travers une lucarne de la maison, jeta sa ressemblance à un autre homme parmi ceux qui se trouvaient avec lui. Comme il faisait nuit, les soldats prirent cet homme, l'humilièrent, mirent sur sa tête une couronne d'épines et le crucifièrent. Voilà comment Dieu a comploté contre eux en sauvegardant Son Prophète et les laissant comme aveugles dans les ténèbres de leur égarement. Il jette dans leurs cœurs la dureté et l'obstination contre la vérité, les laissant ainsi humiliés jusqu'au jour du rassemblement.

Verset 55

Allah dit alors à Jésus: «C'est moi qui mettrai fin à ta mission et te rappellerai à Moi. Je t'arracherai aux infidèles. J'élèverai tes partisans au-dessus des infidèles jusqu'au jour du jugement dernier. À la fin, vous retournerez tous à Moi et je vous départagerai alors sur ce qui vous divise» Il y a eu une divergence dans les opinions en commentant les termes: «C'est moi que mettrai fin à ta mission et te rappellerai à Moi». - D'après Qatada: Je vais t'élever à moi et te faire mourir. - D'après Ibn Abbas: Je vais te faire périr et t'élever. - D'après Wahb Ben Mounabbeh: Dieu a fait mourir Jésus trois heures au début de la journée quand Il l'a élevé vers Lui. - D'après Matar Al-Warraq et Ibn Jarir: Sa mort en ce bas monde n'a pas été une mort réelle mais il s'agit de son ascension au ciel. Mais la majorité ont jugé que ce n'était pas une mort effective mais plutôt un genre de sommeil en se basant sur les sens de ces deux versets: - C'est Lui qui vous rappelle durant la nuit [Coran VI, 60]. - Dieu accueille les âmes au moment de leur mort; Il reçoit aussi celles qui dorment, sans être mortes [Coran XXXIX, 42].

Verset 56

J'infligerai aux infidèles un châtiment sévère dans ce monde et dans l'autre. Et ils ne recevront aucun secours. Ainsi Dieu a fait subir un châtiment implacable à ceux parmi les Juifs qui ont mécru en Jésus et ceux qui ont dépassé la mesure dans leur croyance en le prenant pour un Dieu ou un fils de Dieu. Ils étaient sujets à un grand massacre, à la captivité, à la privation de leurs richesses et leur éloignement du pouvoir, et dans l'autre monde, ils subiront un supplice plus atroce encore.

Verset 57

À ceux qui croient et font le bien, Allah réserve une splendide récompense, car Allah n'aime pas les pervers. Cette opinion est encore confirmée en nous référant à ce hadith prophétique: «Au moment de son réveil, le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- disait: «Louange à Dieu qui nous a rendu la vie après nous avoir pris». Dieu dit ensuite: «Je t'arracherai aux infidèles. J'élèverai tes partisans au-dessus des infidèles jusqu'au jour du jugement dernier». En effet après que Dieu ait élevé Jésus vers Lui, ses compagnons se divisèrent en plusieurs sectes.

Verset 58

Tels sont les signes que nous faisons se succéder à ton intention et tels sont les sages enseignements. «Tels sont les signes que nous faisons se succéder à ton intention et tels sont les sages enseignements» Dieu a raconté à Son Prophète l'histoire de Jésus dès sa naissance et sa vie parmi les hommes, en lui communiquant tout cela par révélation et de ce qui est inscrit dans la Tablette Gardée qu'il ne faut pas mettre en doute. Dieu a aussi montré le cas de Jésus dans la sourate «Marie» où Il dit: «Celui-ci est Jésus, fils de Marie. Parole de Vérité dont ils doutent encore. Il ne convient pas que Dieu se donne un fils; mais gloire à Lui. Lorsqu'Il a décrété une chose, Il lui dit: «Sois» et elle est [Coran XIX, 3-35].

Verset 59

Pour Dieu, l'origine de Jésus est la même que celle d'Adam. Il l'a créé de l'argile, puis Il lui a dit: «Sois» et il a été. Dieu, exalté soit-Il, montre Son pouvoir dans la création, comme Il a créé Adam de terre, sans père ni mère, Il a aussi créé Jésus d'une mère sans père. Donc la création de Jésus lui était plus facile. Si vraiment on avait le droit de considérer Jésus comme étant le fils de Dieu, on aurait plus de droit de considérer Adam comme tel, mais cette présomption est fausse, erronée et rejetée totalement. Dieu, exalté soit-Il, a voulu montrer Son pouvoir en créant Adam sans père ni mère, Ève également, Jésus d'une femelle sans mâle et tous les hommes des mâles et des femelles. Il a dit de Jésus: «Nous ferons de lui un signe pour les hommes» [Coran XIX, 21] et a dit dans cette sourate:

Verset 60

La vérité vient de ton Seigneur. Évite d'être parmi les sceptiques. «La vérité vient de ton Seigneur. Évite d'être parmi les sceptiques» qui signifie que c'est la vérité qu'il faut admettre sans en détourner et après cette vérité il n'y a que l'erreur. Dieu ordonne ensuite à Son Prophète que, après cette vérité éclatante, si quelqu'un te contredit après ce que tu as reçu en fait de science, réponds-lui: «Venez! Appelons nos fils et vos fils, nos femmes et vos femmes, nous-mêmes et vous mêmes, nous ferons alors une exécration réciproque en appelant une malédiction de Dieu sur les menteurs».

Verset 61

À ceux qui te contrediront au sujet de Jésus, maintenant que tu es informé, propose leur ceci: «Réunissons nos enfants et les vôtres, nos femmes et les vôtres, joignons-nous à eux, puis adjurons Dieu de maudire ceux d'entre nous qui sont de mauvaise foi». Dieu, exalté soit-Il, montre Son pouvoir dans la création, comme Il a créé Adam de terre, sans père ni mère, Il a aussi créé Jésus d'une mère sans père. Donc la création de Jésus lui était plus facile. Si vraiment on avait le droit de considérer Jésus comme étant le fils de Dieu, on aurait plus de droit de considérer Adam comme tel, mais cette présomption est fausse, erronée et rejetée totalement. Dieu, exalté soit-Il, a voulu montrer Son pouvoir en créant Adam sans père ni mère, Ève également, Jésus d'une femelle sans mâle et tous les hommes des mâles et des femelles. Il a dit de Jésus: «Nous ferons de lui un signe pour les hommes» [Coran XIX, 21] et a dit dans cette sourate: «La vérité vient de ton Seigneur. Évite d'être parmi les sceptiques» qui signifie que c'est la vérité qu'il faut admettre sans en détourner et après cette vérité il n'y a que l'erreur. Dieu ordonne ensuite à Son Prophète que, après cette vérité éclatante, si quelqu'un te contredit après ce que tu as reçu en fait de science, réponds-lui: «Venez! Appelons nos fils et vos fils, nos femmes et vos femmes, nous-mêmes et vous-mêmes, nous ferons alors une exécration réciproque en appelant une malédiction de Dieu sur les menteurs».

Verset 62

C'est là l'histoire authentique. Il n'y a de Dieu qu'Allah. Et Lui seul est tout-puissant et sage.

Verset 63

S'ils persistent à douter, certes Allah découvre les méchants.

Verset 64

Cette demande est adressée à tous les gens du Livre juifs, chrétiens et tous ceux qui se trouvent dans une situation pareille. Cette formule unique est équitable envers tout le monde qui consiste à adorer Dieu sans rien Lui associer, c'est-à-dire: s'abstenir d'adorer les idoles, les statues, le Taghoût, le feu et autre. D'ailleurs ce qui était le message de tous les prophètes à leurs peuples car Dieu a dit à ce propos: «Nous n'avons envoyé aucun Prophète avant toi sans lui révéler: «Il n'y a de Dieu que Moi, adorez-Moi»» [Coran XXI, 25], comme Il a dit aussi: «Oui, nous avons envoyé un Prophète à chaque communauté: «Adorez Dieu! Fuyez les Taghoût»» [Coran XVI, 36]. Puis Dieu ordonne à Son Prophète de dire à ces gens-là: que nul parmi nous ne se donne de Seigneur en dehors de Dieu. S'ils se détournent, dites-leur: «Attestez que nous sommes vraiment soumis».

Verset 65

Ô gens d'Écriture, pourquoi discutez-vous au sujet d'Abraham, puisque le Pentateuque et l'Évangile n'ont été révélés qu'après lui. Êtes-vous dépourvus de jugement? Dieu béni soit-Il le Très-Haut, blâme les juifs et les chrétiens d'avoir discuté au sujet d'Abraham -que Dieu le salue- prétendant qu'il était des leurs. À ce propos, Ibn Abbas raconte que les chrétiens de Najran et des docteurs juifs furent réunis chez l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- et se disputèrent au sujet d'Abraham. Les juifs prétendirent: «Abraham n'était qu'un juif», et les chrétiens de leur réponse qu'il était un chrétien. Dieu à ce moment fit cette révélation: «Ô gens de l'Écriture, pourquoi discutez-vous au sujet d'Abraham...» qui signifie: Ô juifs comment prétendez-vous qu'Abraham était un juif alors que le Pentateuque ne fut révélé de la part de Dieu qu'à Moïse? Et vous chrétiens sur quoi vous vous êtes basés pour dire qu'il était chrétien et que le christianisme n'a fait son apparition que bien longtemps après lui? Dieu les réprimande en leur disant: «Êtes-vous dépourvus de jugement?»

Verset 66

Passe encore que vous discutiez sur des choses que vous reconnaissez. Mais pourquoi discutez sur ce que vous ne savez pas. Dieu sait et vous ne savez pas. Il les blâme aussi d'avoir discuté sur des choses dont ils n'avaient aucune connaissance. S'ils avaient discuté en se référant à ce qu'ils avaient comme Écriture concernant leurs propres religions qui leur étaient révélées jusqu'à l'avènement de Mouhammad -qu'Allah le bénisse et le salue-, cela leur aurait été plus bénéfique, mais ils discutaient sur des choses qu'ils ignoraient. Il leur ordonne de remettre tout cela à Lui qui connaît les choses apparentes et cachées en leur disant: «Dieu sait et vous ne savez pas».

Verset 67

Abraham n'était ni juif, ni chrétien, mais il était droit et soumis. Ce n'était pas un idolâtre. Puis Dieu leur affirme qu'Abraham n'était ni juif, ni chrétien mais un vrai croyant soumis à Dieu et jamais un polythéiste. Ce verset est, dans son sens, pareil à l'autre qui est cité dans la sourate «La vache»: «Ils ont dit: «Soyez juifs, ou soyez chrétiens, vous serez bien dirigés».

Verset 68

Les vrais adeptes d'Abraham sont: ceux qui l'ont suivi et qui me suivront, moi et mes fidèles. Dieu est le patron des croyants. Il leur montre ensuite que les plus proches d'Abraham sont vraiment ceux qui l'ont suivi, ainsi que Mouhammad et ceux qui ont eu la foi. Car Dieu est le Maître des croyants. Donc ceux qui prétendent suivre la religion d'Abraham, doivent suivre également Mouhammad -qu'Allah le bénisse et le salue- et ceux qui l'ont suivi parmi les Ansars, Mouhajirins et leurs pareils. Abdullah Ben Mass'oud a rapporté que l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit: «Chaque Prophète avait un patron parmi les autres Prophètes. Quant au mien, il est mon père, le confident de Dieu, Abraham -que Dieu le salue-». Puis il récita: «Les vrais adeptes d'Abraham sont ceux qui l'ont suivi et qui me suivent» Et Dieu termine ces versets disant qu'il est le Maître de ceux qui ont cru en Ses Prophètes.

Verset 69

Une partie des gens d'Écriture cherchent à vous égarer. Ils n'égarent qu'eux-mêmes sans s'en rendre compte. Dieu montre dans ces versets la jalousie des juifs et leur intention d'égarer les croyants poussés par leur haine, du moment que leur agissement ne leur rapporte que les conséquences néfastes sans s'en apercevoir.

Verset 70

Ô gens d'Écriture, pourquoi reniez-vous les révélations de Dieu alors que vous en êtes les témoins? Dieu désavoue leur acte en leur disant: «Ô gens d'Écriture, pourquoi rejetez-vous les révélations de Dieu, alors que vous en êtes les témoins?». Dieu blâme et réprimande encore les gens du Livre pour avoir dissimulé la vérité sous le mensonge, surtout ce qui se rapporte au Message du Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- qui est mentionné dans leurs Livres.

Verset 71

O gens d'Écriture, pourquoi mêlez-vous le mensonge à la vérité? Pourquoi dissimulez-vous sciemment la vérité?

Verset 72

Une partie des gens d'Écriture dit: «Croyez à ce qui a été révélé aux croyants quand le jour pointe et, le soir, reniez-le. Peut-être les détournerons-nous de leur religion? Ne vous fiez qu'à vos coreligionnaires». Dis-leur: La vraie direction vient de Dieu. Comme Il vous a donné, Il peut donner à d'autres. S'ils vous récusent auprès de Dieu, réponds-leur: «La grâce est entre les mains de Dieu qui en dispose comme il Lui plaît» Dieu est incommensurable et omniscient».

Verset 73

Il manifeste Sa clémence à qui Il veut, car Il dispose d'une grâce infinie». Dieu montre dans ces versets la jalousie des juifs et leur intention d'égarer les croyants poussés par leur haine, du moment que leur agissement ne leur rapporte que les conséquences néfastes sans s'en apercevoir. Dieu désavoue leur acte en leur disant: «O gens d'Écritures, pourquoi rejetez-vous les révélations de Dieu, alors que vous en êtes les témoins?». Dieu blâme et réprimande encore les gens du Livre pour avoir dissimulé la vérité sous le mensonge, surtout ce qui se rapporte au Message du Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- qui est mentionné dans leurs Livres. Une partie d'eux dit: «Au début du jour, croyez à ce qui a été révélé aux croyants, à son déclin, retournez infidèles». C'était une machination de leur part pour embrouiller les faibles parmi les hommes. Ils leur proposèrent de manifester leur foi au début du jour en accomplissant la prière de l'aube avec les musulmans, et à sa fin ils pourraient revenir à leur propre religion dans le but que les gens disent: Certes il y a des défauts dans cette religion et ils la dénigrent. Plusieurs commentaires ont été dits à ce sujet et qui donnent tous le même sens. Dieu met en garde les fidèles contre les incrédules: «Ne vous fiez qu'à vos coreligionnaires» qui signifie ne divulguez rien de votre religion ni de vos secrets et propres affaires qu'à ceux qui suivent votre religion car, une fois cela montré aux musulmans, ils pourraient le prendre comme argument contre vous. Mais Dieu est certes celui qui guide les hommes dans la voie droite. Il dirige les fidèles vers ce qui perfectionne leur foi, ce qui a été en effet révélé à son serviteur et Messager -qu'Allah le bénisse et le salue- comme signes évidents et arguments tranchants, même si, ô peuple juif, vous dissimulez tout ce qui se trouve dans le Pentateuque à son sujet». La grâce est dans la main de Dieu. Il la donne à qui Il veut. Car Il est celui qui donne et qui refuse, Il accorde la foi, la science et toutes les autres faveurs à qui Il veut, comme Il égare qui Il veut en le rendant sourd et aveugle, et en mettant un sceau sur son cœur et un voile sur ses yeux. Dieu est présent partout et Il sait tout.

Verset 74

Il manifeste Sa clémence à qui Il veut, car Il dispose d'une grâce infinie.

Verset 75

Parmi les gens d'Écriture, il en est qui, quand bien même on leur confierait un talent, le rendraient; il en est d'autres qui, si on leur confiait seulement un dinar, ne le rendraient qu'harcelés et contraints. Et cela parce qu'ils pensent: «Nous n'avons aucun égard à avoir envers les ignorants». Ils profèrent ainsi sciemment un mensonge à Dieu. Dieu fait connaître aux fidèles que parmi les juifs, il en est ceux qui sont perfides et les met en garde contre eux en leur donnant cet exemple: «quand bien même on leur confierait un talent (d'or ou d'argent), le rendraient, il en est d'autres qui, si on leur confiait seulement un dinar, ne le rendraient qu'harcelés et contraints» c'est à dire en usant de tous les moyens de contrainte et d'insistance pour pouvoir récupérer ce droit. Car ils pensent: «Nous n'avons aucun égard à avoir envers les ignorants», c'est à dire ils présument que les infidèles, qui sont pour eux les arabes, n'ont plus le droit de récupérer leurs biens qu'ils sont pas les leurs pour ainsi renier les droits des autres prétendant aussi que Dieu leur a rendus licites. Ils ne font que proférer des mensonges contre Dieu, alors qu'ils le savent.

Verset 76

Abou Sa'sa'a Ibn Yazid a raconté qu'un homme demanda à Ibn Abbas: «Dans nos expéditions, il arrive que nous gagnons les biens des gens qui vivent dans les pays des musulmans et sous leur protection, même le butin pourrait être une poule ou un mouton» Ibn Abbas de lui répliquer: «Que pensez-vous alors de ce butin?» Et l'homme de rétorquer: «On ne trouve aucun mal à s'en emparer». Ibn Abbas dit alors: «C'est bien ce que les gens du Livre disaient: «Nous n'avons aucun égard à avoir envers les ignorants», mais sachez que s'ils payent le tribut, vous n'aurez aucun droit à leurs biens à moins qu'ils ne vous les donnent de bon gré». Sa'id Ibn Joubair a rapporté: «Lorsque les gens du Livre ont dit que les ignorants -ou les infidèles-, n'ont aucun moyen de nous contraindre, le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- s'écria: «Ces ennemis de Dieu ont menti. Rien de ce qui était du temps de la Jahiliya sans qu'il ne soit sous mes pieds à l'exception du dépôt qui doit être restitué à son propriétaire qu'il soit pieux ou pervers. (Rapporté par Ibn Abi Hatem)». Dieu dit ensuite que celui qui remplit ses engagements et qui craint Dieu, parmi les gens d'Écriture, qu'il sache que Dieu aime les soumis qui obtempèrent à Ses ordres et suivent le dernier des Prophètes.

Verset 77

Ceux qui vendent à vil prix leurs pactes avec Dieu et leurs serments, ceux-là seront déconsidérés dans l'autre monde. Allah ne leur adressera pas la parole, détournera Ses yeux d'eux et leur refusera Son pardon. Un châtiment douloureux les attend. Ceux qui avaient conclu un pacte avec Dieu parmi ceux qui ont suivi Muhammad -qu'Allah le bénisse et le salue- et avaient dissimulé ses qualités et son avènement au monde, et qui vendaient leurs serments d'innocents à un vil prix en échangeant la vie future contre des biens éphémères de ce monde, ceux-là n'auront aucune part dans la vie de l'au-delà, Dieu ne leur parlera pas, ne les regardera pas au jour de la résurrection, c'est dire il ne leur accordera aucune clémence et ne les purifiera pas de leurs péchés et de leurs souillures. Ils seront précipités dans l'Enfer. Plusieurs hadiths ont été rapportés à ce propos dont nous allons citer quelques-uns: - Abou Dharr a rapporté que l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit: «Il y a trois hommes que Dieu ne leur adressera pas la parole au jour de la résurrection, ne les regardera pas, ne les purifiera pas et ils subiront un châtiment terrible» Je lui demandai: «Quels sont ces hommes, ô Envoyé de Dieu? Ils sont sans doute perdants et humiliés» L'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- me répondit à trois reprises: «Celui qui laisse traîner ses vêtements par ostentation, qui fait écouler sa marchandise par des serments mensongers et qui joint à son aumône de propos désobligeants» (Rapporté par Ahmed, Mouslim et les auteurs des sunans). - 'Ady Ibn 'Omayra Al-Kindi raconte: «Un conflit surgit entre un homme de la tribu kinda appelé Imrou'l Qays Ibn Amir et un homme de Hadramout au sujet d'un morceau de terrain. Ils portèrent plainte auprès de l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- qui demanda à l'homme de Hadramout de présenter une évidence et à Imrou'l Qays de faire un serment. Le premier s'écria alors: «Tu lui as demandé de jurer ô Envoyé de Dieu? Par le Seigneur de la Ka'ba j'ai perdu mon terrain!» Le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- répliqua: «Celui qui fait un faux serment pour s'emparer injustement d'un bien d'un autre rencontrera Dieu à Lui la puissance et à la gloire, irrité contre lui». Puis il récita: «Ceux qui vendent à vil prix leurs pactes avec Allah et leurs serments...» Imrou'l Qays lui demanda alors: «Quelle sera la récompense de celui qui ne fait pas un tel serment, ô Envoyé de Dieu?» - Le Paradis, lui répondit-il. Il répliqua: «Je te prends à témoin que je lui cède ce terrain» (Rapporté par Ahmed et Nassaï). - Mou'adh Ibn Anas rapporte d'après son père que l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit: «Dieu a des serviteurs à qui il ne parlera pas au jour de la résurrection, ne les purifiera pas et ne les regardera pas.» On lui demanda: «Qui sont-ils ô Envoyé de Dieu?» Il répondit: «Celui qui désavoue ses père et mère et se détourne d'eux; celui qui désavoue son propre fils, et un homme qui méconnaît les bienfaits que d'autres lui ont accordés et les désavoue» (Rapporté par Ahmed). - Abdullah Ibn Abi Awfa raconte qu'un homme, voulant écouler une marchandise et la vendre à un autre, jura par Dieu - en mentant- qu'on lui a donné un prix supérieur. Dieu alors fit cette révélation: «Ceux qui vendent à vil prix...». - Abou Houraira a rapporté que l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit: «Il y a trois hommes que Dieu ne les regardera pas au jour de la résurrection, ne les purifiera pas, et ils subiront un châtiment douloureux: un homme, ayant un superflu d'eau, l'interdit à un voyageur; un homme qui prête un serment de fidélité à un imam (gouverneur) ne le faisant que dans le but d'obtenir des biens de ce monde, qui, lorsqu'il les lui donne, sera satisfait, et quand il les lui refuse, sera courroucé contre lui; et un homme qui présente sa marchandise (devant un acheteur) après la prière de l'Asr, jure (en mentant) qu'on lui a donné un tel prix, l'acheteur le croit» Puis il récita ce verset: «Ceux qui vendent à vil prix...». (Rapporté par Ibn Hatem et Boukhari).

Verset 78

Certains d'entre eux dénaturent les paroles du Livre en le lisant pour donner le change sur ce qu'il contient. Mais ce qu'ils lisent n'est pas dans le Livre. Ils disent: «Ceci vient de Dieu». Or, ceci ne vient pas de Dieu. Ils prêtent sciemment à Dieu des mensonges. Dieu dans ce verset dénonce une partie des juifs qui altèrent le Livre, en roulant leurs langues, en changeant quelque prescription dans le but de détourner les hommes ignorants leur inspirant que cela fait partie du Livre, mais en fait, il lui est étranger. Ils profèrent des mensonges contre Dieu alors qu'ils savent. Ils prétendent que cela vient de Dieu, mais cela ne vient pas de Dieu.

Verset 79

Il n'est pas admissible qu'un homme à qui Dieu a donné le Livre, la Sagesse et le don de prophétie, dise à ses semblables: «Adorez-moi à l'exclusion d'Allah». Il devra leur dire au contraire: «Soyez les serviteurs d'Allah, vous qui connaissez le Livre et qui l'enseignez». Ibn Abbas a raconté: «Lorsque les docteurs parmi les juifs et les chrétiens de Najran furent réunis chez l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue-, il les appela à embrasser l'Islam, Abou Rafi' Al-Qouradhi lui répondit: «Muhammad! Veux-tu que nous t'adorions comme les chrétiens adorent Jésus fils de Marie?» Un chrétien de Najran appelé Al-Ra'is (le chef) dit aussi: «C'est bien là à quoi tu nous appelles ô Muhammad?» L'Envoyé de Dieu répondit: «Que Dieu me protège de n'adorer que Lui, ou d'ordonner d'adorer un autre que Lui. Ce n'est pas dans ce but qu'Il m'a envoyé ou m'a ordonné». Dieu fit cette révélation à cette occasion: «Il n'est pas admissible qu'un homme à qui Dieu a donné...» qui signifie qu'il n'appartient pas à un mortel auquel Dieu a donné le Livre, la sagesse et la prophétie de dire ensuite aux gens: «Adorez-moi en dehors de Dieu» c'est à dire avec Dieu. Si cela ne convient pas à un Messager ou à un Prophète, à plus forte raison ne conviendra jamais à un autre. Al-Hassan Al-Basri a raconté à cet égard que certains juifs adoraient leurs docteurs et leurs moines comme Dieu le montre dans ce verset: «Ils ont pris leurs docteurs et leurs moines ainsi que le Messie, fils de Marie, comme Seigneurs, au lieu de Dieu» [Coran IX, 31]. Dans le Mousnad, Il a été cité que 'Ady Ibn Hatem avait dit: «Ô Envoyé de Dieu! Ils ne les ont pas adorés?» - Certes si, répondit-il, ils leur ont rendu licite ce qui est interdit et leur ont interdit ce qui est licite. Ils les ont suivis, voilà ce que signifie leur adoration». À savoir que les ignorants parmi les docteurs, les moines et les chefs de l'égarement rentrent dans cette catégorie et sont sujets à la réprimande et au blâme, à l'inverse des Messagers et leur disciples parmi les oulémas qui enseignent la religion. Les Messagers - que Dieu les bénisse et les salue- sont les ambassadeurs de Dieu auprès des hommes en tant que porteurs de messages et chargés de missions. Ils ont été tous fidèles et ont transmis les messages et prodigué de bons conseils aux hommes les appelant à la vérité. «Soyez les serviteurs de Dieu, vous qui connaissez le Livre et qui l'enseignez» Ibn Abbas a commenté ce verset de la façon suivante. «Le Messager disait aux hommes: «Soyez des sages, docteurs et cléments» De sa part Al-Dahhak a dit que celui qui apprend le Coran doit être un jurisconsulte en matière religieuse.

Verset 80

Il n'est non moins admissible qu'il leur prescrive de prendre les anges et les Prophètes pour des divinités. Va-t-il vous inciter à redevenir infidèles après avoir été soumis? Dieu dit ensuite: conviendrait-il à un Prophète d'agir autrement après que les hommes aient été soumis? Si c'est le cas, il n'aurait appelé qu'à l'incrédulité. Car les Prophètes ont été tous ordonnés d'appeler à la foi et à l'adoration de Dieu seul sans rien Lui associer. C'est ce que confirme ce verset: «nous n'avons envoyé aucun Prophète avant toi sans lui révéler: «Il n'y a de Dieu que moi, adorez-moi» [Coran XXI, 25] et aussi ce verset: «Interroge ceux de nos prophètes que nous avons envoyés avant toi. Avons-nous établi, à côté du Miséricordieux, une divinité qu'ils devraient adorer?» [Coran XLIII, 45]. Au sujet des anges, Il a dit: «Nous attribuons la Géhenne à quiconque d'entre eux dirait: «je suis un dieu en dehors de Lui». C'est ainsi que nous rétribuons les injustes» [Coran XXI, 29]

Verset 81

Dieu reçut des Prophètes l'engagement suivant sous la foi du Livre et de la sagesse qui leur avaient été révélés: «Si un nouveau Prophète apparaît et vous confirme ce que vous savez déjà, faites-lui confiance et prêtez-lui votre entier concours». «Acquiescez-vous à cela, insista-t-Il? En assumez-vous la responsabilité?» Ils répondirent: «Nous y acquiesçons». Il conclut: «Prenez-en témoignage et moi aussi j'en témoigne»

Verset 82

Ils sont perdus, ceux qui, après un engagement aussi solennel, ne se soumettent pas. Dieu raconte qu'il a reçu un pacte de chaque Prophète, depuis Adam jusqu'à Jésus -que Dieu les salue- en leur accordant quelque chose du Livre ou de la sagesse, que chacun d'eux devait croire à celui qui viendra après lui et le secourir sans que pour autant son Livre ou sa sagesse ne l'empêchent de le faire. Il les a défiés: «Êtes-vous résolus et acceptez-vous mon alliance à cette condition?», et eux de répondre: «Nous y consentons.» Après cet engagement les uns furent les témoins contre les autres et Dieu aussi a témoigné avec eux. Quant à celui qui se détourne ensuite il ne sera qu'un pervers.

Verset 83

Êtes-vous attirés par une autre religion que celle de votre Allah, Lui à qui est soumis de gré ou de force tout l'univers et à qui tout retourne? Dieu désavoue tous ceux qui désirent une autre religion que la Sienne par laquelle Il a révélé les Livres et envoyé les Prophètes, qui consiste à n'adorer que Lui sans Lui reconnaître un égal. C'est à Lui qui se sont soumis ceux qui sont dans les cieux et sur la terre de gré ou de force comme Il l'affirme dans ce verset: «Ceux qui sont dans les cieux et ceux qui sont sur la terre se prosternent devant Dieu».

Verset 84

Nous croyons en Allah, à ce qu'Il nous a révélé, à ce qui a été révélé à Abraham, Ismaël, Isaac, Jacob et sa postérité. Nous croyons à ce que Moïse, Jésus et les Prophètes ont reçu de leur Seigneur. Nous ne faisons aucune différence entre eux et nous nous soumettons à Allah. Puis ordonne aux hommes de dire: «Nous croyons en Dieu, ce qui nous a été révélé -c.à.d, Le Coran- à ce qui a été révélé à Abraham, Ismaël, Isaac, Jacob et aux «Asbat» qui constituent les différentes phratries des tribus juives, ce qui a été donné à Moïse- le Pentateuque- à Jésus - l'Évangile - aux Prophètes de la part de leur Seigneur. Nous n'avons pas de différence pour l'un d'entre eux, nous sommes soumis à Dieu».

Verset 85

Dieu termine ces versets disant que le culte de celui qui recherche une religion en dehors de l'Islam, qui signifie la soumission totale à Dieu, n'est pas acceptée. Certes cet homme-là sera au nombre de ceux qui ont perdu toutes leurs œuvres dans le bas monde. Le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit à cet égard: «Celui qui introduit dans notre religion des choses qui lui sont étrangères, elles seront rejetées. (Rapporté par Boukhâri)».

Verset 86

Comment concevoir qu'Allah ramène dans la bonne voie ceux qui l'ont renié après l'avoir été, qui ont reconnu l'authenticité du Prophète et ont reçu tant de preuves de sa mission? Allah ne dirige pas dans la bonne voie les pervers. Ibn Abbas a rapporté qu'un homme des Ansars qui s'était converti, a apostasié puis, regrettant son faire, chargea ses concitoyens de demander à l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- si son repentir serait accepté. «... et ont reçu tant de preuves de sa mission» c'est à dire après avoir été témoins de la véracité du Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- et des preuves irréfutables qui leur sont parvenues. Comment ces gens-là pourraient être dirigés à nouveau après leur apostasie et leur retour aux ténèbres du polythéisme?

Verset 87

Ceux-là, leur récompense sera la malédiction d'Allah, des anges et de tous les hommes. Puis Il montre leur cas et qu'ils auront la malédiction de Dieu, des anges et de tous les hommes.

Verset 88

C'est pour l'éternité qu'ils seront maudits et leur châtiment n'aura ni adoucissement ni répit. Ils demeureront dans l'Enfer immortels et leur châtiment ne sera pas allégé même pas pour une heure.

Verset 89

Échapperont à ce sort ceux qui se rachèteront par leur repentir et de bonnes œuvres, car Allah est miséricordieux et clément. Mais ceux qui s'étaient repentis et faisaient des bonnes œuvres, échapperont à ce sort car Dieu est celui qui pardonne, Il est miséricordieux.

Verset 90

Dieu menace ceux qui auront été incrédules après avoir cru, et croissent en incrédulité jusqu'à leur mort, et fait connaître que leur repentir ne sera pas accepté, comme Il le montre dans ce verset: «Mais il n'y a pas de pardon pour ceux qui font le mal jusqu'au moment où la mort se présentant à l'un d'entre eux, il dit: «Oui, je me repens maintenant»». Ceux-là sont les égarés qui se sont détournés de la voie droite. Ibn Abbas a raconté que ce verset fut révélé au sujet des gens qui s'étaient convertis puis avaient apostasié une fois après l'autre et à maintes reprises.

Verset 91

Ces infidèles qui meurent dans leur incrédulité, leur repentir ne sera pas accepté car ils n'étaient que des égarés, s'ils donnaient tout l'or de la terre croyant que cela leur serait un rachat, cela ne leur servirait à rien. À cet égard on rapporte que 'Abdullah Ibn Jad'an était un homme qui hébergeait les hôtes, payait les rançons des captifs et donnait à manger aux pauvres. On demanda à l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- si ces bonnes œuvres lui seraient utiles? - Non, répondit-il car il n'a jamais dit un jour: «Seigneur pardonne mes péchés au jour du jugement dernier» ainsi s'il avait donné tout l'or de la terre pour se racheter, cela ne serait accepté, comme Dieu l'affirme dans ce verset: «... où nulle compensation ne sera admise, où nulle intercession ne sera utile» [Coran II, 123] et: «... avant que vienne le jour où il n'y aura plus ni rachat, ni amitié» [Coran XIV, 31]. Anas Ibn Malik a rapporté que le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit: «Au jour de la résurrection on dira au damné du Feu: «Que penses-tu si tu possédais tout ce que la terre contient, le dépenserais-tu pour te racheter?» - Certes oui, répondra-t-il. Dieu lui dira alors: «Je t'ai demandé une chose qui est plus simple que cela alors que tu te trouvais dans les reins d'Adam, de ne rien M'associer, mais tu n'as voulu que reconnaître un égal à Moi» (Rapporté par Boukhari et Mouslim). Anas a rapporté que le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit: «On amènera un bienheureux du Paradis et on lui demandera: «O fils d'Adam! Comment tu as trouvé ta demeure?». - Il n'y a pas de plus belle ô Seigneur, répondra-t-il. On lui dira: «Demande et souhaite» Il répliquera: «Je ne demande ni souhaite que d'être rendu au bas monde pour être tué dix fois pour ta cause ô Seigneur». Cela à cause de ce qu'il verra comme mérites d'être martyrisé dans la voie de Dieu. Par contre, on amènera un des réprouvés de l'Enfer et on lui demandera: «Comment as-tu trouvé ta demeure?» - La pire, ô Seigneur, répondra-t-il. On lui dira alors: «Si tu possédais tout l'or de la terre, le dépenserais-tu pour te racheter? - Certes oui, ô Seigneur, répliquera-t-il. On lui dira: «Tu mens. je t'ai demandé une chose plus simple que cela mais tu ne l'as pas faite» et on le rendra à l'Enfer» (Rapporté par Ahmed). C'est pourquoi Dieu a dit «Un châtiment douloureux leur est réservé et ils ne peuvent compter sur aucune aide».

Verset 92

On a dit que cette piété n'est autre que le Paradis. Anas Ibn Malik raconte: «Abou Talha était des Ansars qui jouissait de la plus grande propriété des palmiers. Parmi ces palmeraies qu'il préférait le plus, était celle de «Baïroha» qui se trouvait en face de la mosquée. L'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- avait l'habitude de venir boire de son eau douce. Quand ce verset du Coran: «On ne peut acquérir la piété qu'en donnant sur ses biens les plus chers» fut révélé, Abou Talha se leva et dit à l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue-: «O Envoyé de Dieu! Dieu t'a révélé ce verset, et comme cette propriété de Baïroha m'est la plus chère, j'en fais aumône à Dieu, espérant que cela me vaudra un bien, et qu'il me réservera en revanche de Ses faveurs. Emploie-la donc, ô Envoyé de Dieu comme Dieu t'indiquera». L'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- s'exclama: «Comme c'est merveilleux! C'est un bien fructueux, j'ai bien entendu ce que tu viens de dire, mais je vois qu'il est préférable de la donner à tes proches» Abou Talha répliqua: «Puis-je le faire?» Ainsi Abou Talha la partagea entre ses proches et ses cousins» (Rapporté par Boukhari et Mouslim). Il a été cité dans les deux Sahihs que 'Omar a dit: «O Envoyé de Dieu, je n'ai jamais possédé dans ma vie des biens meilleurs que mon terrain qui se trouve à Khaibar. Que m'ordonnes-tu d'en faire?» Il lui répondit: «Garde les arbres pour toi et donne leur fruit en aumônes.

Verset 93

Certains juifs vinrent auprès du Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- et lui dirent: «Parle-nous au sujet des choses que seul un Prophète puisse en donner la réponse» Il leur répondit: «Demandez-moi ce que vous voulez mais donnez-moi un engagement comme celui que Jacob avait pris de ses fils, dont vous respectez et qui consiste à me suivre si je vous donne les réponses exactes.» - Soit, dirent-ils, en voici les quatre questions: Quel aliment Israël (Jacob) s'était interdit? Quelles différences y a-t-il entre les spermes de l'homme et ceux de la femme, et pourquoi une fois il y aura un garçon et une autre fois une fille? Informe-nous au sujet de ce Prophète illettré et qui est son patron parmi les anges?

Verset 94

En lui donnant leur engagement de le suivre, il leur répondit: «Je vous adjure par celui qui a révélé la Torah à Moïse, ne savez-vous pas qu'Israël tomba grièvement malade, et comme sa maladie dura longtemps, il fit un vœu si Dieu le guérit, il s'interdirait des aliments qu'il préférait, à savoir qu'ils étaient la viande de chameaux et leur lait? - Certes oui, répondirent-ils. Il répliqua: «Mon Dieu soit témoin», puis il dit: «Je vous adjure par celui qu'il n'y a d'autre Dieu que Lui, qui a révélé la Torah à Moïse, savez-vous que le sperme de l'homme est épais et blanc, tandis que celui de la femme est jaune et fin, lequel de ces deux spermes domine, donnera la ressemblance à l'enfant: si celui de l'homme domine, un garçon naîtra avec la permission de Dieu, et si celui de la femme domine, il y aura une fille avec la permission de Dieu. - C'est vrai, répondirent-ils. Le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- de poursuivre: «Mon Dieu sois témoin contre eux», puis il poursuivit: «Je vous adjure par celui qui a révélé la Torah à Moïse, savez-vous que les yeux de ce Prophète analphabète dorment tandis que son cœur ne dort pas! - Seigneur, certes oui, dirent-ils. - Dieu sois témoin, répliqua-t-il. Quant à mon patron, il est Gabriel, et Dieu, qui m'a envoyé un Prophète sans que Gabriel ne soit son patron» Ils s'écrièrent alors: «À ce point nous nous séparons de toi, car si tu avais un autre patron que lui, nous t'aurions suivi». Dieu à cette occasion fit cette révélation: «dis à qui se déclare l'adversaire de Gabriel... jusqu'à la fin du verset» [Coran II, 97] (Rapporté par Ahmed).

Verset 95

Dieu ordonne à Mouhammad de dire: «Dis-leur: «Allah est la sincérité même» en ce qu'il raconte et ce qu'il a fait descendre dans le Coran comme enseignements. «Suivez le culte d'Abraham le modèle de la droiture, qui ne s'est jamais compromis avec les idolâtres» car aucun Prophète n'a apporté une religion qui soit claire et parfaite comme la sienne, comme Il le dit aussi dans un autre verset: «Dis: mon Seigneur m'a mis dans la voie droite, m'a mis dans la vraie religion, le culte d'Abraham, modèle de droiture, et qui ne s'est jamais compromis avec les idolâtres» [Coran VI, 161].

Verset 96

La Ka'ba qui se trouve à Bekka (un des noms de La Mecque) est en vérité le premier temple qui ait été fondé pour les hommes. Ils y accomplissent la prière, font leurs rites, vers laquelle ils s'orientent en priant et y font la retraite spirituelle. Elle fut bâtie par Abraham dont juifs et chrétiens prétendent suivre sa religion. C'est aussi le lieu de pèlerinage. Ce temple est béni et sert de direction aux hommes. Abou Dzarr -que Dieu l'agrée- a rapporté: «Je demandai: «Ô Envoyé de Dieu, quelle est la première mosquée qui fut élevée sur la terre?» Il me répondit: «La mosquée Sacrée» - Et après? - La mosquée Al-Aqsa (Jérusalem) - Combien d'années se sont écoulées entre les deux? - Quarante ans. Là où la prière te surviendra fais-la, car où que tu te trouveras sera un lieu de prière» (Rapporté par Ahmed, Boukhari et Mouslim). Ali, de sa part, a dit que tant de temples existaient avant la Ka'ba mais celle-ci fut établie pour l'adoration de Dieu. Ces dires sont plus corrects que ceux d'Al-Souddy qu'aucun Temple n'existait avant la Ka'ba. «... est celui de Bekka» Bekka est un des noms de La Mecque. Mais Ibrahim précise que Bekka est le nom donné à la Ka'ba et à la Mosquée, et Ikrima de dire: Bekka est la Ka'ba et son entourage, en dehors de ces limites c'est La Mecque, une opinion soutenue aussi par Mouqatel Ibn Hayyan.

Verset 97

«Terre de miracles et de signes sacrés» en effet on y trouve de signes évidents que ce Temple a été bâti par Abraham et Dieu l'a honoré. Or, à l'intérieur on y trouve aussi la station d'Abraham, c'est-à-dire l'endroit où il se tenait pour achever la construction une fois les murs avaient atteint une certaine hauteur alors que son fils Ismaël lui donnait les pierres. Cet endroit était attenant au mur du Temple, 'Omar Ibn Al-Khattab -que Dieu l'agrée- l'avait reculé pendant son califat, vers l'est, afin de faciliter la circumambulation de sorte que ceux qui la font n'embrouillent pas ceux qui prient, car le Seigneur nous a recommandé de faire une prière tout près de la station d'Abraham: «Prenez donc la station d'Abraham comme lieu de prière» [Coran II, 125]. On dit que les traces des pieds d'Abraham sur la pierre existent toujours. «Quiconque y pénètre, éprouvera une sécurité parfaite» Il s'agit de l'Enceinte de La Mecque où tout homme effrayé y trouve la sécurité. Ainsi était le cas du temps de la Jahilia, l'homme qui commettait un meurtre, entrait dans cette enceinte mettant autour de son cou un morceau de laine, comme a raconté Al-Hassan Al-Basri. Il arrivait que le fils de la victime y rencontrait l'assassin de son père sans pour autant pouvoir se venger qu'en dehors de cette enceinte.

Verset 98

Dieu, par ces versets, réprimande les gens du Livre infidèles qui se sont obstinés en reniant les signes de Dieu et détournant les croyants de la voie de Dieu, qui savent bien la véracité de ce que l'Envoyé de Dieu a apporté. Il les menace en les avertissant qu'il est témoin de toutes leurs œuvres, car ils ont contredit les enseignements de leurs Prophètes et maltraité le Messager qui les met en garde contre ce reniement, cette ingratitude et cette obstination. Certes il les jugera le jour: «où ni les richesses, ni les enfants ne seront utiles» [Coran XXVI, 88].

Verset 99

Dieu met en garde les croyants parmi Ses serviteurs d'obéir à une partie des gens du Livre, qui sont jaloux d'eux à cause des bienfaits que Dieu leur a accordés, et à cause du Prophète qu'Il leur a envoyé, comme Dieu le montre dans ce verset: «Beaucoup de gens du Livre, mus par l'envie, souhaiteraient de vous faire perdre la foi après que vous l'avez eue, après que la vérité s'est manifestée à eux-mêmes» [Coran II, 109] et aussi dans ce verset: «O croyants, si vous écoutez certaines adeptes du Livre, ils vous rendront mécréants après que vous avez eu la foi».

Verset 100

Mouhammad Ibn Ishaq a rapporté d'après Yassar et d'autres, que ce verset fut révélé au sujet des Aws et des Khazraj: Un homme juif passa près de la foule des Aws et Khazraj et fut très mécontent de les voir réconciliés. Il demanda à un homme qui l'accompagnait d'aller s'asseoir avec eux et de leur rappeler ce qui avait eu lieu entre eux le jour de Bou'ath durant leur ancienne guerre. L'homme s'exécuta et une grande haine fit alors son apparition, le sentiment tribal surgit à nouveau, et les hommes commencèrent à se soulever les uns contre les autres et ils se donnèrent un rendez-vous à un endroit appelé Al-Harra pour se battre. Le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- eut vent de leur dispute et vint auprès d'eux pour les calmer en leur disant: «Retournez-vous à votre animosité au temps de la Jahilia du moment que je suis parmi vous?» Et il leur récita le verset déjà mentionné. Les hommes regrettèrent leur comportement, se réconcilièrent, s'embrassèrent et jetèrent leurs armes.

Verset 101

Puis Dieu avertit les croyants en leur disant: «Et comment pourriez-vous perdre la foi, alors que vous entendez la lecture du Livre (le Coran), alors que l'Envoyé d'Allah est parmi vous?» c'est à dire vous êtes loin de mécroire du moment que les versets de Dieu descendent nuit et jour sur votre Prophète qui vous les récite en vous communiquant les enseignements. Ce verset est pareil à celui-ci: «Pourquoi ne croyez-vous pas en Dieu, alors que le Prophète vous appelle à croire en votre Seigneur? Il a vraiment conclu une alliance avec vous, si vous êtes croyants» [Coran LVII, 8]. Dans un hadith authentifié, le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- dit un jour à ses compagnons: «Quels croyants ont la foi la plus parfaite?». Ils répondirent: «Les anges». Il répliqua: «Et comment ne pas l'avoir alors que la révélation descend sur eux» Ils rétorquèrent: «Alors c'est nous». Et lui de répondre: «Comment n'êtes-vous pas croyants alors que je suis parmi vous». Ils lui demandèrent: «Qui a donc la foi la plus parfaite?» Il répondit: «Ce sont des gens qui viendront après vous, liront les Livres et croiront en leur contenu» Puis il récita: «Celui qui se réfugie en Allah, celui-là est dans la voie droite». Cela signifie que s'attacher fortement à Dieu et se fier à Lui, sont à la base de toute bonne direction. Ce qui compte ensuite consiste à s'éloigner de toute aberration, rechercher toujours la voie droite pour arriver au but.

Verset 102

O croyants, craignez Allah en mesure de Sa puissance et ne mourez que musulmans. Abdullah a rapporté que l'Envoyé de Dieu a dit: «Craignez Dieu de la crainte qu'Il mérite» consiste à Le mentionner toujours sans L'oublier, se soumettre à Lui sans Lui désobéir et à Lui être reconnaissant sans être ingrat». D'après Anas, le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit: «L'homme ne craint pas Dieu de la crainte qu'Il mérite s'il ne contient pas sa langue». Sa'id Ben Joubaïr et Abou 'Alya ont dit que le verset précité a été abrogé par celui-ci: «Craignez Dieu autant que vous le pouvez» [Coran LXIV, 16], mais Ali Ben Abi Talha a rapporté d'après Ibn Abbas que ce verset n'a pas été abrogé mais la crainte de Dieu en mesure de sa puissance, se rapporte au combat pour la cause de Dieu sans craindre le blâme de celui qui blâme, et agir avec équité même s'il est au détriment d'eux-mêmes, de leurs pères et de leurs enfants. «Ne mourez que musulmans» qui signifie: suivez toujours les préceptes de l'Islam lorsque vous vous portez bien, et vivez en sécurité ne mourant qu'en observant la religion, car celui qui vit dans le vrai ne mourra que croyant ou infidèle. Celui qui meurt croyant ou infidèle sera ressuscité tel qu'il était dans le bas monde.

Verset 103

Restez tous attachés au lien d'Allah et ne vous divisez pas. Reconnaissez les bienfaits d'Allah pour vous, Lui qui d'ennemis que vous étiez, a fait l'union entre vos cœurs, Lui qui, par Sa grâce, vous a rendus frères. Lui qui, alors que vous étiez au bord du gouffre de l'enfer, vous a mis en lieu sûr. C'est ainsi qu'Allah vous montre Ses signes. Peut-être vous maintiendrez-vous dans la voie droite. «Restez tous attachés au lien d'Allah» ce lien est l'alliance avec Dieu comme Il le montre dans ce verset: «L'humiliation les a frappés, là où ils se trouvaient, à l'exception de ceux qui étaient protégés par une alliance de Dieu et une alliance des hommes» [Coran III, 112]. D'autres l'ont interprété qu'il s'agit du Coran en se référant à ce hadith concernant le Coran: «Il est le lien solide avec Dieu et la voie droite». «ne vous divisez pas» est un ordre d'être toujours avec la communauté sans se séparer d'elle. «Reconnaissez les bienfaits d'Allah pour vous, Lui qui, d'ennemis que vous étiez, a fait l'union entre vos cœurs» cette partie du verset fut révélée au sujet des deux tribus: Aws et Khazraj qu'une guerre permanente avait éclaté entre elles du temps de la Jahilia. Lorsque l'Islam fit son apparition, une grande partie de ces tribus se convertit et les hommes devinrent frères s'aimant en vue de Dieu. Dieu a rappelé aussi Ses bienfaits lors de la répartition du butin de Honein quand l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- leur dit: «O gens des Ansar! Ne vous ai-je pas trouvés égarés et Dieu vous a dirigés par moi? N'étiez-vous pas divisés et Dieu vous a réunis par mon intermédiaire?»

Verset 104

Que de vous naisse un peuple qui appelle au bien, qui ne commande que de bonnes actions et qui défende les mauvaises. Ce serait là un peuple de bienheureux. Dieu exhorte les fidèles à former une communauté dont les membres obéiront aux ordres divins en appelant au bien, ordonnant les autres à faire de bonnes actions et déconseillant les mauvaises. Ceux-là seront les bienheureux. Abou Ja'far Al-Baqer rapporte que l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue-, après avoir récité le verset: «Que de vous naisse un peuple qui appelle au bien» dit: «Le bien consiste à suivre les prescriptions du Coran et ma sunna». Le but donc de ce verset est que parmi les fidèles naisse un groupe d'hommes qui n'aura pour mission que d'exécuter ces ordres bien que cela est un devoir pour tout fidèle. Dans un hadith authentifié, Abou Houraïra rapporte que l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit: «Que celui d'entre vous qui voit une chose répréhensible, la change par sa main, s'il ne peut pas que ce soit par sa langue, et s'il ne peut pas encore, que ce soit par son cœur, voilà le minimum de sa foi».

Verset 105

N'imitez pas ceux qui, après avoir reçu les enseignements d'Allah, se sont divisés et ont glissé dans les luttes politiques. Ceux-là subiront un châtiment exemplaire. Dieu exhorte les fidèles en leur disant: «N'imitez pas ceux qui, après avoir reçu les enseignements d'Allah, se sont divisés» pour ne plus être comme ceux qui les ont précédés parmi les autres générations qui se sont divisés, se sont opposés les uns aux autres, et ceci parce qu'ils ont cessé d'ordonner le bien et de déconseiller le répréhensible. Abou Amer, Abdullah Ben Yahia, raconte: «Nous avons accompli le pèlerinage en compagnie de Mou'awia Ben Abi Soufian. Arrivés à la Mecque et après avoir terminé la prière du midi, Mou'awia dit: «L'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit: «Les gens du Livre se sont divisés, au sujet de leur religion, en soixante-douze sectes. Cette communauté (musulmane) sera divisée en soixante-treize sectes dont une seule échappera au Feu et les autres y seront précipitées à cause de leur divergence dans l'application de la religion.»

Verset 106

Un jour viendra où certains visages s'illumineront de blancheur et où d'autres s'assombriront. A ces derniers Allah dira: «Ah! Vous avez versé dans l'incrédulité après avoir cru? Endurez maintenant les supplices qui sont réservés aux incrédules». Il s'agit du jour du Jugement Final où les visages des hommes qui avaient suivi la sunna et ne s'étaient pas séparés de la communauté s'éclaireraient et jouiraient de la miséricorde de Dieu. Mais ceux qui avaient suivi d'autres sectes qui avaient introduit des innovations à la religion, auraient les visages noirs. Bien que certains exégètes ont précisé qu'il s'agit des hypocrites, l'étendue du verset s'étale sur tous les impies et polythéistes.

Verset 107

Quant à ceux dont le visage rayonnera de blancheur, ils seront appelés dans la grâce d'Allah et cela pour l'éternité.

Verset 108

Ces versets sont les versets d'Allah que Nous te récitons en toute vérité, et Allah ne veut point d'injustice aux mondes.

Verset 109

Allah n'est-Il pas le Maître, en effet, des cieux et de la terre et n'est-ce pas à Lui que tout fait retour? Dieu rappelle aux hommes que tout ce qu'il y a dans les cieux et sur la terre Lui appartient et Il en dispose selon sa volonté et c'est vers Lui que tout fera retour.

Verset 110

Je vous ai distingué parmi les peuples comme étant le meilleur. En effet, vous prescrivez le bien, vous défendez le mal et vous croyez en Allah. Si les gens de l'Écriture avaient la foi, il n'en vaudrait que mieux pour eux. S'ils comptent quelques croyants, la majorité est impie. La communauté musulmane est certes la meilleure parmi les autres comme Dieu l'affirme dans le verset sus-mentionné. En quoi consiste cette supériorité? Abou Houraira a dit: Parce que les musulmans amènent les autres hommes, les carcans aux cous, afin qu'ils embrassent l'Islam, c'est à dire qu'ils sont les plus utiles aux autres, en ordonnant le bien et défendant le mal. Ibn Abbas a dit qu'il s'agit de ceux qui ont émigré à Médine avec l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue-. Mais ce qui est le plus correct est que ce verset concerne tout homme parmi toutes les générations qui observe de tels enseignements, bien que les meilleurs étaient sans doute les compagnons. Cette communauté n'a été élue ainsi que grâce à son Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- qui était le plus noble des autres Prophètes auprès de Dieu.

Verset 111

Pour rassurer les fidèles croyants et leur annonçant la victoire sur le peuple impie, Dieu dit: «Ils ne peuvent vous causer aucun mal, tout au plus quelques tracasseries. S'ils entrent en lutte avec vous, ils auront tôt fait de lâcher pied. Ils ne seront jamais vainqueurs» Ainsi était le sort des gens du Livre le jour de Khaibar, et avant eux les Juifs de Médine des Bani Qainouqa', An-Nadir et Qouraïdha, les chrétiens du pays Cham où les musulmans l'avaient emporté sur eux dans plusieurs combats et s'emparèrent de leurs royaumes pour toujours. Les musulmans demeurent au pays Cham (actuellement Syrie) jusqu'à la descente de Jésus fils de Marie où il appliquera la religion de l'Islam et la loi que Mouhammad avait apportée, il brisera la croix, tuera le cochon et remettra le tribut. Aucune autre religion que l'Islam ne sera acceptée après cela.

Verset 112

Puis Dieu montre le sort de ces impies dans le verset suivant: «L'opprobre les couvrira partout où vous les rencontrerez à moins qu'ils ne se soumettent à la loi d'Allah...» c'est à dire l'humiliation les a frappés là où ils se trouvaient à l'exception de ceux qui étaient protégés par une alliance de Dieu et une alliance des hommes. Ils étaient aussi soumis au tribut et obligés à se conformer à la loi islamique. Ils vivaient sous la protection des musulmans tout comme ceux qui avaient conclu un pacte ou une trêve avec eux fut-ce avec une femme musulmane. Ils ont subi tout cela à cause de leurs méfaits car ils tuaient injustement les Prophètes et ne croyaient pas aux signes de Dieu, poussés par leur jalousie, leur orgueil et leur haine. Une humiliation les ont frappés dans ce bas monde et les frappera aussi dans l'autre.

Verset 113

Les gens d'Écriture ne sont pas tous semblables. Il y en a parmi eux qui ont le cœur ferme, qui passent leurs nuits à lire les versets d'Allah et à se prosterner. Ce qui est admis par la plupart des commentateurs, est que ces versets furent révélés au sujet des docteurs des gens du Livre qui ont embrassé l'Islam tels que: Abdullah Ben Salam, Assad Ben 'Oubaïd, Tha'laba Ben Chou'ba et autres. Ces versets signifient que tous ceux qui ont été le sujet des versets précédents parmi les incrédules des gens d'Écriture et ceux-là ne sont pas semblables, étant donné que les uns sont devenus croyants et les autres restés infidèles. C'est pourquoi Dieu a dit qu'il en est parmi eux une communauté droite qui est soumise aux ordres divins, dont les membres récitent, durant la nuit, les versets de Dieu, en étant en prière nocturne, invoquant Dieu et récitant le Coran dans leurs prières.

Verset 114

Ils croient en Dieu, au jour dernier, ordonnent le bien, déconseillent le blâmable et s'empressent de faire le bien, ils sont ainsi au nombre des justes. Ceux-là aussi ont été mentionnés à la fin de cette sourate: «Parmi les gens d'Écriture, il en est qui croient en Allah, et à la fois à ce qu'il vous a révélé et à ce qu'il leur a révélé...» [Coran III, 199].

Verset 115

Dieu fait connaître que quelque bien que ces gens-là accomplissent, il ne leur sera pas dénié, car toute bonne œuvre sera rétribuée par Dieu qui connaît ceux qui Le craignent.

Verset 116

Quant aux polythéistes incrédules, ni leurs biens, ni leurs enfants leur seront utiles contre Dieu. Ils mériteront le châtiment qui leur est réservé pour l'éternité.

Verset 117

Puis Dieu donne l'exemple des aumônes qu'ils font en ce bas monde à un vent chargé de grêle qui est pareil à un vent de feu qui brûle et détruit la récolte sans en rien laisser de ceux qui se sont fait tort à eux-mêmes. Leurs récoltes et fruits ont été anéantis au moment où ces impies en ont eu besoin. Ainsi toutes les œuvres des incrédules seront vaines et aucune récompense ne leur sera accordée par Dieu. Dieu certes ne les a pas lésés, et ne lèse personne, mais eux, ils se sont nuis à eux-mêmes.

Verset 118

Dieu interdit à Ses serviteurs croyants d'établir des liens d'amitié avec les hypocrites en leur révélant tous leurs secrets et dévoilant leurs propres affaires. Ces hypocrites ne manquent pas de faire tort aux croyants à tout moment et de leur nuire en usant de tromperie et des machinations. Pour cela, Il met en garde les fidèles contre eux et leur ordonne de n'avoir comme conseillers et amis autres que leurs coreligionnaires. A cet égard Abou Saïd Al-Khouddri rapporte que l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit: «Dieu n'a envoyé un Prophète ni institué après lui un successeur sans que chacun d'eux n'ait deux genres de conseillers: les premiers leur ordonnent à faire du bien et les incitent à le faire, et les deuxièmes leur ordonnent à faire le mal et les incitent à le faire. Seuls seront préservés (de l'égarement) ceux que Dieu aura préservés (Rapporté par Boukhari et Nassaï).

Verset 119

Dieu les démasque en disant: «La haine s'échappe de leurs bouches et ce que leur cœur dérobe est pire encore» et cela en avertissant les fidèles de les prendre pour amis, en leur montrant Ses signes peut-être réfléchiront-ils avant d'établir des liens d'amitié avec eux. Puis Il dit: «Vous les aimez et ils ne vous aiment pas» même s'ils manifestent leur affection car les cœurs des infidèles ne recèlent que le mal aux musulmans. Vous, croyants, croyez aux Livres célestes, les leurs et le vôtre, mais eux mécroient en votre Livre et c'est vous qui devez leur garder rancune. «Ils se mordent les doigts de rage» cela montre sans doute le degré maximal de leur haine et leur jalousie. Mais Il ordonne aux fidèles de leur dire: «Mourez de rage» car quelque soit leur rage, Dieu ne cessera plus de parachever Ses bienfaits et grâces sur Ses serviteurs croyants en faisant triompher Sa religion, Il connaît parfaitement le contenu des cœurs. Il réserve la belle récompense aux fidèles et infligera le plus douloureux châtiment aux incrédules.

Verset 120

Pour mettre au clair la grande hostilité que les infidèles gardent aux croyants, et leur haine, Il a dit: «Le moindre de vos succès les atterre» qui signifie que si un bien arrive aux fidèles les impies s'en affligent car ils ne souhaitent plus un bien pour les croyants. Mais: «Si vous éprouvez un revers, ils se réjouissent» voilà comment ils se comportent envers les fidèles comme ce qui était arrivé aux musulmans à la bataille de Ouhod, la défaite qui réjouissait les hypocrites. Dieu enfin exhorte les croyants et les dirige: «Soyez fermes et craignez Allah et leur hostilité restera vaine» c'est à dire pour repousser leur mal, soyez patients, craignez Dieu et mettez votre confiance en Lui, Lui qui cerne les impies et les ennemis de toute part, car il n'y a ni force ni puissance qu'en Lui, et sachez que rien n'arrive en dehors de ce qu'Il a décrété et prédestiné.

Verset 121

Souviens-toi du matin où tu quittas les tiens pour ranger les fidèles en ordre de bataille? Allah entendait et savait tout. Il s'agit de la bataille de Ouhod d'après l'unanimité sauf Al-Hassan Al-Basri qui a précisé que c'était la bataille des coalisés. La bataille de Ouhod eut lieu le samedi au troisième jour du mois Chawal en l'an 3 de l'Hégire, bien que d'autres ont donné une date différente. La raison pour laquelle cette bataille se déclencha, est que les polythéistes voulurent se venger après la défaite qu'ils avaient subie le jour de Badr où un bon nombre de leurs notables furent tués, et où les musulmans s'emparèrent de la caravane à la tête de laquelle se trouvait Abou Soufian. Les fils de ces hommes tués ainsi que les chefs des Qoraïchites qui restaient en vie dirent à Abou Soufian: «Prends tout cet argent et dépense-le pour la lutte contre Mouhammad» En effet ils purent préparer une armée formée de 3000 combattants et marchèrent pour camper près du mont Ouhod en face de Médine. A Médine, après la prière du vendredi, l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- consulta les fidèles: Devait-il sortir pour affronter l'ennemi ou rester à Médine? Abdullah Ben Oubay lui répondit qu'il vaut mieux rester à Médine, si les polythéistes restaient où ils étaient, ils nous épargneraient leur mal, mais s'ils voulaient entrer à Médine, les hommes les battraient et les jeunes et les femmes leur jetteraient une envolée de pierres. Enfin s'ils retournaient, ils se seraient déçus. Les fidèles qui n'avaient pas pris part au combat le jour de Badr lui proposèrent de sortir à leur rencontre. L'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- entra chez lui, puis sortit en portant l'heaume sur la tête. Quelques-uns des fidèles regrettèrent d'avoir proposé de faire la guerre et lui dirent: «Peut-être nous t'avons contraint au combat? Ô Envoyé de Dieu, si tu veux nous restons à Médine» Il leur répondit: «Il ne sied plus à un Prophète qui a porté son armure de reculer jusqu'à ce que Dieu lui donne un gain de cause.» Le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- quitta Médine à la tête d'une armée formée de mille combattants. Arrivés à Al-Chawt, Abdullah Ben Oubay rebroussa chemin avec le tiers de cette armée irrité parce qu'on n'a pas adopté sa proposition. Lui et ses compagnons disent: «Si nous savions combattre nous vous aurions suivi mais nous croyons que vous n'êtes pas dans la mesure de combattre» Quant à l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- et les autres fidèles, ils poursuivirent leur marche jusqu'à ce qu'ils arrivèrent au versant de la vallée où ils campèrent de sorte que le mont Ouhod les protège de derrière. Il dit aux fidèles: «Ne commencez pas le combat avant que je vous l'ordonne». L'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- se prépara pour le combat, ordonna aux archers qui étaient au nombre de cinquante sous le commandement de Abdullah Ben Joubaïr, le frère de Bani Amr ben Awf de garder le sommet du mont et leur dit: «Repoussez par vos flèches les cavaliers de l'ennemi car nous n'allons pas être devant vous, surtout, ne bougez pas même si la victoire serait la nôtre ou la leur. Ne quittez jamais vos places même si nous subirons la défaite». Il mit à la tête d'une partie de l'armée Mouss'ab Ben 'Oumayr en lui confiant l'étendard, et autorisa en ce jour-là aux jeunes de prendre part au combat. Dans le camp adverse, l'armée était composée de 3000 fantassins et de cent cavaliers dont leur moitié se trouvait à droite sous le commandement de Khaled ben Al-Walid, et l'autre était à gauche et à la tête était Ikrima Ben Abou Jahl. Ils confièrent le commandement et l'étendard à Bani Abd Eddar. Nous détaillerons plus loin le déroulement du combat.

Verset 122

Deux groupes de soldats étaient sur le point de faire défection. Mais Allah raffermit leur courage. C'est en Allah que les croyants doivent mettre leur confiance. «Deux groupes de soldats étaient sur le point de faire défection» il s'agit, selon les dires de Jaber Ben Abdullah, de deux tribus: Banou Haritha et Banou Salama.

Verset 123

Allah vous a accordé la victoire à Badr, malgré votre infériorité. Observez les enseignements d'Allah si vous voulez qu'Il vous traite en hommes reconnaissants. Dieu ensuite rappelle aux fidèles la victoire qu'il leur avait accordée à Badr: «Allah vous a accordé la victoire à Badr malgré votre infériorité» Cette bataille eut lieu le vendredi au dix-septième jour du mois de Ramadan en l'an 2 de l'Hégire. Ce jour du discernement entre la Vérité et l'erreur où Dieu a rendu sa religion puissante, dénigré le polythéisme et vaincu les impies alors que les fidèles ne comptaient pas plus que 313 hommes y compris deux cavaliers et un seul chameau, et les autres étaient mal équipés, qui avaient affronté une armée de 1000 guerriers bien équipés et qui avaient à leur disposition un grand nombre de montures et de richesses. Et ceci afin que les musulmans sachent que la victoire ne vient que de Dieu en leur donnant un autre exemple et leur rappelant le jour de la bataille de Houneïn, quand vous étiez fiers de votre grand nombre, celui-ci ne vous a servi à rien». Dans son Mousnad, l'Imam Ahmed a rapporté que Simak a entendu Iyad Al-Ach'ari raconter: «J'ai participé au combat Al-Yarmouk où il y avait à la tête de notre armée cinq commandants. Omar nous dit alors: «Si le combat est inévitable prenez pour commandant Abou 'Oubayda». On lui envoya une lettre afin qu'il nous secoure par un renfort, vu que notre situation était très difficile. Il nous répondit: «J'ai reçu votre lettre et je viens par la présente vous désigner un chef qui est plus puissant et dont l'armée est la meilleure. Il est Dieu à Lui la puissance et la gloire, implorez Son secours, car Mouhammad -qu'Allah le bénisse et le salue-, a été rendu victorieux le jour de Badr à la tête d'une armée qui était très inférieure à la vôtre. Lorsque vous recevez ma lettre-ci, combattez l'ennemi sans jamais me consulter.» En effet nous avons battu l'ennemi, chassé à une distance de quatre parasanges et acquis un grand butin. A savoir que Badr est un endroit situé entre La Mecque et Médine où il y a un puits qui a été creusé par Badr Ben An-Narayne.

Verset 124

Tu disais aux fidèles pendant le combat: «N'est-ce pas assez que votre Seigneur relève vos courages par trois mille anges descendus du ciel?» Cette promesse de Dieu, était-elle le jour de Badr ou celui de Ouhod? Deux opinions ont été données à ce sujet: La première: Ibn Jarir a dit que le verset: «Tu disais aux fidèles pendant le combat...» se rapporte à celui qui le précède: «Allah nous a accordé la victoire à Badr». Cette opinion a été soutenue par Al-Hassan et Al-Rabi' Ben Anas qui a ajouté: «Le jour de Badr Dieu a aidé les croyants avec mille anges puis avec d'autres dont le nombre a atteint à la fin cinq mille». Si l'on objecte et dit quelle relation existe entre ce verset et un autre cité dans la sourate du butin où Dieu parle de la bataille de Badr et dit: «Votre Seigneur ne resta pas insensible à vos prières: «Je vous donne l'appui, dit-Il, de mille anges en file ininterrompue...»» [Coran VIII, 9]? La réponse est la suivante: Le nombre mille cité dans ce verset ne contredit pas le nombre trois mille cité dans le verset n° 124 de cette sourate. Car il faut entendre par: mille en file ininterrompue, un mille à la suite d'un autre. On peut en déduire que ce renfort de ces anges se rapporte à la bataille de Badr où ils ont combattu à côté des musulmans. La deuxième: Quant à Moujahed, Ikrima et Ad-Dahak, ils ont jugé qu'il s'agit de la bataille de Ouhod lorsque Dieu rappelle à Son Prophète Son secours en lui disant: «Souviens-toi du matin où tu quittais les tiens pour ranger les fidèles en ordre de bataille...». Ce renfort n'a pas été complété par les cinq mille anges car, dans ce combat, les musulmans avaient pris la fuite. Bien que la première s'avère plus correcte, Dieu est le plus savant.

Verset 125

Bien mieux. Si vous êtes fermes dans votre foi et si vous craignez Allah, vos ennemis peuvent fondre soudainement sur vous, Allah vous donnera le concours de cinq mille anges d'élite. «Si vous êtes fermes dans votre foi et si vous craignez Allah...» qui signifie: Si vous êtes patients dans le combat des incrédules et vous craignez Dieu en obtempérant à Ses ordres, «Allah vous donnera le concours de cinq mille anges d'élite» ou suivant une autre interprétation: «cinq mille anges marqueurs» c'est à dire qui se donnent des marques distinctives au moyen de touffes de laine blanche sur leurs turbans et sur les toupets de leurs cheveux comme a précisé Ali Ben Abi Taleb. En commentant cela Ibn Abbas a dit: «Le jour de Badr, les anges portaient des turbans blancs en laissant la bande flotter sur leurs dos, et le jour de Houneïn, leurs turbans étaient rouges. Mais en fait, les anges n'ont pris part au combat et battu les impies qu'à Badr.

Verset 126

Allah n'a agi ainsi que pour vous donner confiance et affermir vos cœurs. Il n'y a qu'Allah, tout-puissant et sage, qui puisse donner la victoire. «Dieu n'a agi ainsi que pour donner confiance et affermir vos cœurs» c'est à dire que Dieu n'a promis aux fidèles de leur envoyer des anges que pour leur annoncer une heureuse nouvelle et tranquilliser leurs cœurs par la victoire qu'Il allait leur accorder, et qui en est seul capable. En d'autres termes, Il pourra seul triompher sur Ses ennemis sans le concours des fidèles, mais Il l'a fait pour les pousser à se combattre dans sa voie comme Il l'affirme dans un autre verset: «Il en est ainsi si Dieu l'avait voulu, Il se serait débarrassé d'eux, mais Il a voulu vous éprouver les uns par les autres» [Coran XLVII, 4].

Verset 127

Soit qu'Il provoque une scission dans le camp des infidèles, soit qu'Il les mette en déroute. Ceux-ci s'en retourneront, défaits. Donc Dieu ordonne aux croyants de combattre, et par leur intermédiaire: «Soit qu'Il provoque une scission dans le camp des infidèles, soit qu'Il les mette en déroute» c'est à dire afin de tailler en pièces ou de culbuter une partie des incrédules et qu'ils repartent vaincus sans pouvoir réaliser leur projet.

Verset 128

Cela ne te concerne pas. Bien que coupables, c'est à Allah seul qu'il appartient de leur pardonner ou de leur faire expier leurs fautes. Il fait connaître ensuite à Son Prophète que tout revient à Dieu qui est maître de Ses décisions. Il lui dit: «Cela ne te concerne pas» tout comme Il lui a dit dans d'autres versets pour affirmer cela: «Seule t'incombe la communication du message prophétique, le compte final nous appartient» [Coran XIII, 40] et: «Il ne t'incombe pas de diriger les incrédules. Dieu dirige qui Il veut» [Coran II, 272] et aussi: «Tu ne diriges pas celui que tu aimes, mais Dieu dirige qui Il veut» [Coran XXVIII, 56]. Le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- n'avait pas le droit de juger les incrédules, car, comme le montre le verset, Dieu pourra: ou bien revenir vers eux en les dirigeant après leur égarement, ou bien les châtier dans les deux mondes parce qu'ils sont injustes. Al-Boukhari rapporte qu'Ibn Omar a dit: «L'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- ne cessait d'appeler la malédiction de Dieu sur les impies en citant leurs noms jusqu'à ce que ce verset fût révélé: «Cela ne te concerne pas». Il a rapporté aussi d'après Abou Houraira que lorsque l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- voulait invoquer Dieu en faveur de quelqu'un ou maudire quelqu'un, il le faisait dans son qounoute en se relevant de l'inclinaison, après avoir dit: «Dieu écoute ceux qui le louent, notre Seigneur à Toi la louange Mon Dieu, sauve Al-Walid Ben Al-Walid, Salama Ben Hicham, 'Ayach Ben Abi Rabi'a et les faibles parmi les croyants. Mon Dieu, agis avec violence contre la tribu de Moudar et accable-la par la disette comme les années de Joseph» Il faisait cela à haute voix et disait parfois dans la prière de l'aube: «Mon Dieu, maudis un tel, et un tel», en les désignant par leurs noms ainsi quelques tribus des arabes jusqu'à ce que Dieu lui révélât: «Cela ne te concerne pas». L'Imam Ahmed a rapporté d'après Anas que le jour de la bataille de Ouhod, une incisive du Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- fut cassée et son sourcil blessé, et le sang coula sur son visage. Il dit: «Comment un peuple peut-il réussir en maltraitant son Prophète de la sorte alors qu'il l'appelle à Dieu?» Dieu alors lui révéla: Cela ne te concerne pas». Un hadith pareil a été rapporté par Qatada.

Verset 129

Allah est le Maître des cieux et de la terre. Il absout qui Il veut et châtie qui Il veut. En vérité, Allah est miséricordieux et clément. Dieu rappelle aux hommes «qu'Il est le Maître des cieux et de la terre» et ce qu'ils contiennent et leurs habitants ne sont que Ses esclaves, et Il agit à leur égard comme Il veut. Car il dispose de tout, personne ne s'oppose à Son jugement, Il interroge les hommes et Il n'est jamais interrogé.

Verset 130

Dieu le Très haut interdit à Ses serviteurs croyants de pratiquer l'usure en produisant plusieurs fois leur capital. A l'ère préislamique -la Jahiliah- et à l'échéance des dettes, le créancier disait à son débiteur: ou tu paies ou tu augmentes le montant de la dette. Si le débiteur ne pouvait s'en acquitter, le créancier lui accordait un délai supplémentaire et ajoutait les intérêts. Ainsi au fil des jours, capital et intérêts pouvaient atteindre les multiples du montant de la dette. Dieu ordonne à Ses serviteurs de le craindre, peut-être seront-ils heureux dans la vie présente et dans l'au-delà.

Verset 131

Puis Il les menace du feu afin de l'éviter en leur disant: «Redoutez le supplice de feu réservé aux insoumis»

Verset 132

en les exhortant à Lui obéir ainsi qu'à Son Prophète leur promettant Sa miséricorde.

Verset 133

Il les porte à s'empresser de faire toutes les œuvres pies et de se rapprocher de Lui pour obtenir comme récompense un paradis large comme les cieux et la terre préparé pour ceux qui Le craignent. On a dit que ce Paradis se trouve sous la voûte du Trône dont sa largeur est égale à sa longueur. Dans un hadith authentifié l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit: «Lorsque vous implorez Dieu, demandez-Lui de vous accorder le Firdaws qui est la partie supérieure du Paradis dont son plafond est le Trône du Miséricordieux, et d'où prennent source les fleuves du Paradis». Dans son Mousnad, l'imam Ahmed rapporte que Héraclius avait demandé par écrit à l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue-: «Tu m'appelles à un Paradis large comme les cieux et la terre, où se situe donc l'Enfer?» Le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- répondit: «Gloire à Dieu! Lorsqu'il fait jour où va la nuit?». Cette réponse comporte deux aspects: 1 - Le sens ne nous implique pas de nier l'existence de la nuit dans un certain endroit si on ne la voit pas quand il fait jour, même si on l'ignore. Ainsi l'Enfer est là où Dieu à Lui la puissance et la gloire veut qu'il soit. Ce qui est très logique. 2 - Il se peut, dans un autre sens, que si le jour enveloppe une moitié du globe terrestre, la nuit se trouve dans l'autre moitié. Ainsi le Paradis pourra être au ciel le plus élevé sous le Trône et dont sa largeur, comme Dieu le décrit, comme les cieux et la terre, et l'Enfer se trouve dans l'abîme. Il n'y a là aucune contradiction entre la largeur du Paradis et l'existence de l'Enfer. Et Dieu est le plus savant.

Verset 134

A qui ce Paradis est réservé: - «Aux vertueux qui distribuent leurs biens, qu'ils soient à l'aise ou dans la gêne» C'est-à-dire qui dépensent leurs richesses en aumône qu'ils soient aisés ou pauvres, à l'état de la maladie ou d'une bonne santé, dans l'activité et dans la paresse, bref en toute circonstance comme Dieu le montre dans ce verset: «Ceux qui dépensent leurs biens, la nuit et le jour, en secret et en public» [Coran II, 27] c'est-à-dire qu'aucune autre préoccupation ne les empêche d'obéir aux ordres de Dieu, de dépenser pour obtenir Sa satisfaction, de faire la charité aux autres etc. - «(À ceux) qui vainquent leur colère et qui pardonnent à autrui» c'est-à-dire au moment de leur colère, ils se comportent avec clémence sans répondre au mal par le mal, envers ceux qui leur nuisent. Il a été cité dans une Tradition que Dieu a dit: «Ô fils d'Adam! Souviens-toi de Moi quand tu t'irrites, Je me souviendrai de toi quand Je m'irrite contre toi et pour t'épargner Ma vengeance». Plusieurs hadiths ont été rapportés à ce propos dont nous citons quelques-uns: - Abou Houraira a rapporté que l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit: «L'homme fort n'est pas celui qui bat les gens, mais il est celui qui se maîtrise quand il est en colère». (Rapporté par Ahmad) - «(À ceux) qui pardonnent à autrui» c'est-à-dire ceux qui, ayant maîtrisé leur colère sans se venger, pardonnent à ceux qui leur causent un certain préjudice, sans garder aucune rancune contre eux, et tel est le sommet de la clémence. «Allah aime les cœurs généreux» et ceux qui font le bien.

Verset 135

- (À ceux qui) lorsqu'ils commettent une mauvaise action ou se nuisent à eux-mêmes, appellent Allah et implorent Son pardon pour leurs péchés» c'est-à-dire une fois qu'ils commettent un péché, ils reviennent à Dieu repentants et implorent Son pardon. À ce propos, Abou Houraira a rapporté que le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit, en attribuant ces paroles au Seigneur: «Un homme a commis un péché et a invoqué Dieu: «Grand Dieu! Pardonne-moi mon péché» Dieu le Béni et le Très Haut répondit: «Mon serviteur a commis un péché et a su qu'il a un Seigneur qui absout le péché ou châtie celui qui l'a commis». Puis le même homme a commis un autre péché et dit: «Ô Seigneur, pardonne mon péché» Dieu le Très Haut répondit: «Mon serviteur a commis un péché et a su qu'il a un Seigneur qui absout les péchés et châtie celui qui les commet». Puis pour la troisième fois, le même homme commet un péché et dit: «Seigneur, j'ai commis un péché, pardonne-moi» Dieu le Béni et le Très-Haut lui répondit: «Mon Serviteur a commis un péché et a su qu'il a un Seigneur qui absout les péchés et châtie qui les commet. J'ai pardonné à Mon serviteur, qu'il fasse ce qu'il veut» (Rapporté par Ahmed). Certes Dieu est celui qui absout les péchés tant que les hommes ne persévèrent pas dans le mal en s'entêtant alors qu'ils savent. Ils doivent donc revenir à Dieu en se repentant afin qu'ils obtiennent l'absolution de leurs péchés.

Verset 136

Ceux-là obtiendront leur récompense: un pardon de leur Seigneur; des jardins où coulent les ruisseaux où ils demeureront pour l'éternité. Telle est la belle récompense que Dieu a réservée à ceux qui font le bien.

Verset 137

Après les tristes événements qui eurent lieu à la bataille de Ouhod et le meurtre de soixante-dix musulmans, Dieu s'adresse aux fidèles que de telles épreuves avaient subies des peuples avant vous qui, d'ailleurs, avaient suivi honnêtement leurs Prophètes, mais à la fin ils avaient emporté la victoire sur les incrédules qui traitaient les signes de Dieu de mensonge.

Verset 138

«C'est un avertissement pour les hommes» Il s'agit du Coran qui contient les enseignements clairs, la bonne Direction et des exhortations pour ceux qui ont la foi et appliquent la loi divine.

Verset 139

Puis, pour réconforter les fidèles après cette défaite, Dieu leur dit: «Ne vous laissez pas abattre» ne perdez pas courage «ne vous lamentez pas, et vous aurez le dessus si vous avez la foi» vous serez certes victorieux à la fin si vous êtes des croyants.

Verset 140

«Si un revers vous atteint, dites-vous que d'autres en ont subi aussi» car des blessures et des meurtres avaient accablé vos ennemis non loin de vous dans d'autres combats: «C'est la loi commune, fortune et infortune se succèdent parmi les hommes» c'est-à-dire que la guerre a des alternatives et cela dépend toujours de la sagesse de Dieu afin qu'Il reconnaisse ceux qui croient, qui sont constants, et qui se font martyrs dans Sa voie rien que pour obtenir Sa satisfaction, car Il n'aime pas les injustes. «... et d'anéantir les incrédules» qui, une fois victorieux, ne tarderont pas à opprimer et semer la corruption, un pareil agir ne provoquera que leur perte et leur anéantissement. Puis Dieu fait connaître aux hommes par Sa sagesse qu'il les mettra à l'épreuve pour distinguer ceux qui sont fidèles et constants.

Verset 141

Et afin qu'Allah éprouve les croyants en les purifiant de leurs péchés par ce qui leur arrive et efface, c'est-à-dire détruise les infidèles.

Verset 142

Ou bien pensiez-vous entrer au Paradis sans qu'Allah connaisse par une connaissance manifestée extérieurement qui parmi vous avez lutté et qui sont patients dans les moments d'épreuve ?

Verset 143

Vous désiriez la mort avant de la rencontrer quand vous disiez : « Que n'avons-nous un jour comme le jour de Badr » afin de montrer votre bravoure et obtenir la récompense. Puis vous l'avez vue et vous la regardez, c'est-à-dire vous avez vu les causes de la mort qui sont les sabres et les lances, et vous les regardez de vos propres yeux.

Verset 144

Mouhammad n'est qu'un Prophète comme il y en a eu bien d'autres avant lui. S'il venait à mourir ou à être tué, est-ce que vous déserteriez? Ceux qui désertent ne causent aucun tort à Allah et Allah récompense les reconnaissants. (144) Lorsque les musulmans subirent la défaite à la bataille de Ouhod et quelques-uns d'entre eux furent tués, le démon proclama: Mouhammad a été tué. Ibn Qami'a retourna au camp des polythéistes et leur dit: «Je viens de tuer Mouhammad» Or cet infidèle ne l'avait pas tué mais il le frappait en lui causant une blessure à la tête. Cette rumeur circula parmi les fidèles et crurent qu'il a été tué, ce qui engendra une certaine faiblesse dans leurs cœurs et les découragea. Ce verset fut alors descendu: «Mouhammad n'est qu'un Prophète comme il y en a eu bien d'autres avant lui» c'est à dire son sort ne fut pas étrange car bien d'autres Prophètes avant lui ont subi une fin pareille.

Verset 145

Aucune âme ne quitte cette terre sans l'assentiment d'Allah et sans que sa fin ait été écrite et fixée. Celui qui recherche les profits de ce monde, Je le satisferai et Je satisferai aussi celui qui recherche les profits de l'autre monde. Je récompenserai les reconnaissants. Ces dires de Dieu: «Aucune âme ne quitte cette terre sans l'assentiment d'Allah et sans que sa fin ait été écrite et fixé» signifient qu'aucune personne ne meurt avant que son terme ne survienne qui lui a été fixé dès sa naissance.

Verset 146

Combien de Prophètes ont été tués au milieu de leurs compagnons! Ceux-ci ne sont pas laissés abattre par l'épreuve subie dans la voie d'Allah. Ils n'ont pas faibli et ils n'ont pas capitulé. Allah aime ceux qui sont endurants. Pour soulager et réconforter les croyants après leur défaite à Ouhod, Dieu leur montre le cas de leurs prédécesseurs en disant: «Que de Prophètes ont été tués au milieu de leurs compagnons» et Dieu aime ceux qui font preuve d'endurance, signifiant qu'Il les récompensera.

Verset 147

Ils ne savaient que répéter: «Seigneur, pardonne-nous nos péchés et nos excès. Affermis nos pas et accorde-nous la victoire sur les infidèles. Tout ce qu'ils disaient quand leur prophète avait été tué tandis qu'ils tenaient bon et restaient fermes était: «Notre Seigneur, pardonne-nous nos péchés et nos excès, notre dépassement des limites dans nos affaires et affermis nos pas et accorde-nous la victoire sur le peuple incrédule.»

Verset 148

Allah leur accorda les biens de ce monde et la récompense suprême de l'autre monde. Allah aime ceux qui font le bien. Et Dieu leur donna la récompense de ce monde, la victoire et le butin, et la plus belle récompense de l'au-delà qui est le Paradis. La beauté de celle-ci désigne une faveur supplémentaire en plus de ce qui est mérité; et Dieu aime ceux qui font le bien.

Verset 149

O croyants, n'écoutez pas les infidèles si vous ne voulez pas retomber dans vos erreurs. Vous seriez perdus alors. Dieu met en garde les croyants de prendre pour maîtres les incrédules et de leur obéir, car cette soumission n'engendre que la perte dans les deux mondes. Il leur ordonne de n'obéir et de ne se soumettre qu'à Lui, de demander Son secours et de mettre en Lui leur confiance.

Verset 150

Allah, vous le savez, est votre Maître. C'est l'allié le plus sûr. Non, mais Dieu est votre Protecteur, votre Auxiliaire et Il est le meilleur des auxiliaires, alors n'obéissez qu'à Lui et non pas à eux.

Verset 151

Nous jetterons l'effroi dans le cœur des infidèles pour les punir d'associer à Allah des divinités que ne prouve aucune révélation. L'enfer sera leur séjour. Et quel triste séjour que celui des réprouvés ! Puis pour les rassurer, Il leur annonce qu'Il va jeter l'épouvante dans les cœurs des impies et les frapper d'humiliation pour prix de leur incrédulité et polythéisme. Et dans la vie future leur demeure sera la Géhenne, l'affreux séjour qui leur est réservé, et Il leur infligera un grand supplice. Dans un hadith authentifié cité dans les deux Sahihs, l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit: «On m'a accordé cinq (faveurs) qu'aucun autre Prophète n'avait reçues avant moi: La victoire (sur mon ennemi) à une distance d'un mois de marche (en lui inspirant) la terreur; toute la terre m'a été faite comme un lieu pour la prière et son sable un moyen de purification, quiconque de ma communauté peut prier là où il sera le moment de la prière. Les butins sont devenus comme des biens licites pour moi, alors qu'ils ne l'étaient plus à aucun avant moi. On m'a accordé le droit d'intercession. Dieu envoyait chaque Prophète à son peuple, tandis que moi, j'ai été envoyé au monde entier». (Rapporté par Boukhari et Mouslim). Dans un autre hadith semblable, on trouve cet ajout: «J'ai épargné mon intercession à quiconque meurt sans rien associer à Dieu». En commentant cette partie du verset: «Nous jetterons l'effroi dans les cœurs des infidèles» Ibn Abbas raconte que Dieu jeta l'épouvante dans les cœurs d'Abou Soufian qui dut retourner à La Mecque. Le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- dit alors: «Abou Soufian a eu une idée de votre force et s'est retourné chez les siens le cœur plein d'épouvante».

Verset 152

Allah a tenu sa promesse en vous permettant d'anéantir vos ennemis jusqu'au moment où vous avez fléchi, où vous vous êtes contrariés dans la conduite de la bataille et où vous avez désobéi après qu'Il vous eût fait entrevoir ce que vous désiriez. Parmi vous, certains recherchaient les biens de ce monde, d'autres les biens futurs. Puis Allah a brisé votre élan pour vous éprouver. Maintenant Allah vous a pardonnés, car Il est plein de sollicitude pour les croyants. «Allah a tenu Sa promesse en vous permettant d'anéantir vos ennemis» Cette promesse est la victoire d'après Ibn Abbas en accordant la supériorité et le dessus sur les polythéistes pour les anéantir. Mais ceci, malheureusement, ne dura pas longtemps car, lorsque les musulmans ont fléchi et ont soulevé des contestations au sujet de cette affaire «et où vous avez désobéi», il s'agit des archers qui ont enfreint les ordres du Prophète en laissant leur poste sur le sommet de la montagne. «Parmi vous, certains recherchaient les biens de ce monde, d'autres les biens futurs» car les fidèles, ayant vu les incrédules prendre la fuite au début du combat, une partie d'eux avait cessé de combattre et allait à la recherche du butin, et une autre était sur le qui-vive, celle qui désirait les biens de l'autre monde. Et malgré la mauvaise conduite de certains, Dieu leur a pardonné sans les anéantir, d'après l'interprétation d'Ibn Jouraïj.

Verset 153

Vous fuyiez alors sans vous soucier les uns des autres, tandis que le Prophète, sur vos derrières, tentait de vous ramener au combat. Allah vous envoya déception sur déception pour vous empêcher de sentir à la fois ce que vous perdiez, et les coups que vous receviez. Car Allah sait tout ce que vous faites. «Vous fuyez alors sans vous soucier les uns des autres» En fuyant, les fidèles remontèrent sur la montagne sans retourner sur personne à cause de leur fureur. A ce moment le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- les appelait pour reprendre la bataille et résister devant l'ennemi. As-Souddy raconte: «Lorsque les polythéistes foncèrent sur les fidèles, ceux-ci prirent la fuite: Certains parmi eux retournèrent à Médine et les autres remontèrent à la montagne et se tinrent sur un grand rocher. L'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- les appela: «À moi ô serviteurs de Dieu! À moi ô serviteurs de Dieu!» C'est à quoi Dieu a fait allusion dans ce verset: «Vous fuyiez alors sans vous soucier les uns des autres, tandis que le Prophète, sur vos derrières, tentait de vous ramener au combat». «Allah vous envoya déception sur déception» c'est à dire une tristesse sur une tristesse. Car la première, comme l'a expliquée Ibn Abbas, était quand la rumeur fut répandue que le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- a été tué, et la deuxième lorsque les cavaliers des polythéistes dominent les musulmans après que leurs archers aient quitté leur poste malgré les ordres du Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue-.

Verset 154

Puis, après ces mécomptes, Allah plongea dans le sommeil une partie d'entre vous pour les reposer. Les autres, uniquement occupés d'eux-mêmes, imputaient à Allah toute autre chose que du bien, comme l'auraient fait des idolâtres et disaient: «Nous est-il interdit d'intervenir dans cette affaire?» Dis-leur: «Toute cette affaire est aux mains d'Allah». Ils cachaient au fond de leur cœur bien des choses qu'ils n'osaient te divulguer. Ils pensaient notamment: «Si on nous avait laissé exprimer notre avis dans cette affaire, nous ne serions pas venus nous faire massacrer ici». Dis-leur: «Même si vous étiez restés dans vos demeures, ceux d'entre vous dont la mort a été décrétée seraient sortis pour aller tomber là où la mort les attendait». Et tout ceci pour permettre à Allah de découvrir ce qu'enferment vos poitrines, de démêler ce que cachent vos cœurs. Allah pénètre le fond de vos pensées. Dieu rappelle à Ses serviteurs croyants qu'après l'affliction, Il leur a accordé la sécurité en forme de sommeil alors qu'ils étaient armés et ceci pour les rassurer. À ce propos Ibn Abbas a dit: «Dans le combat, le sommeil provient de Dieu, mais dans la prière, il est suscité par le démon». Abou Talha, d'après Al-Boukhari, raconte: «J'étais au nombre de ceux qui ont été enveloppés par le sommeil, mon sabre tombait de ma main et je le reprenais à maintes reprises». L'autre partie désignée dans le verset était les polythéistes et les hypocrites qui étaient inquiets et ne se souciaient que d'eux-mêmes: ils formaient de Dieu des opinions qui n'étaient pas conformes à la vérité, bien que leurs suppositions n'émanaient que de leur ignorance.

Verset 155

Si certains d'entre vous ont trahi le jour de la rencontre des deux armées, c'est qu'ils ont été subornés par Satan, déjà prédisposés par leur péché. Néanmoins Allah leur a pardonné, car Il est plein de miséricorde et d'indulgence. Il leur déclare ensuite que ceux qui se sont détournés lors de la mêlée, Satan les a fait trébucher à cause de ce qu'ils ont accompli. On a dit à ce propos: «La bonne action n'apporte qu'une bonne action et la mauvaise n'apporte qu'une mauvaise». Malgré leur agir, Dieu les a pardonnés car Il est plein de mansuétude et de clémence.

Verset 156

Ô croyants, n'écoutez pas les infidèles si vous ne voulez pas retomber dans vos erreurs. Vous seriez perdus alors. Dieu interdit aux fidèles d'être comme les incrédules dans leur comportement et d'avoir les mêmes pensées, qui disaient aux leurs qui parcouraient la terre pour un commerce ou un voyage d'agrément ou qui combattaient, ils n'auraient pas trouvé la mort s'ils étaient restés avec eux sans quitter le pays. Cette croyance, Dieu «l'a déposée dans leurs cœurs comme un germe de chagrin» afin d'augmenter leur angoisse sur leurs morts. Puis, pour répondre à leur croyance erronée, Il leur dit: «Allah ne donne-t-il pas la vie et la mort?» C'est Lui donc qui crée, fait vivre et ôte la vie, car nul ne vit ni meurt sans Sa volonté et Sa prédestination. Que la vie soit courte ou longue, nul ne saurait la rendre ainsi si ce n'est Dieu seul. Il leur rappelle toujours qu'Il connaît parfaitement ce qu'ils font pour leur rétribuer et rien de leurs actions ne Lui sera caché.

Verset 157

Il fait connaître aux hommes que s'ils meurent ou sont tués dans la voie de Dieu, leur mort est un moyen pour obtenir la miséricorde de Dieu et Sa satisfaction, et qui sera meilleure pour eux que de survivre dans ce monde et ses biens éphémères.

Verset 158

Tous les hommes feront certainement retour à Dieu qui leur demandera compte de leurs actions.

Verset 159

C'est par la grâce d'Allah que tu es si doux envers les hommes. Si tu avais été brutal, que tu n'aies montré qu'un cœur endurci, ils se seraient détachés de toi. Pardonne-leur, implore le pardon d'Allah pour eux et consulte-les dans les moments difficiles. Mais, une fois ta résolution prise, confie-toi à Allah, car Allah aime ceux qui se fient à Lui. Dieu rappelle à Son Messager ainsi qu'aux croyants d'avoir, par une miséricorde de Lui, rendu son cœur si doux à leur égard. Al-Hassan Al-Basri a dit à ce propos: «Tel fut le caractère de Mouhammad par lequel Dieu l'a envoyé» Ce verset est semblable à un autre verset dans lequel Dieu a dit: «Un Prophète, pris parmi vous, est venu à vous. Le mal que vous faites lui pèse; il est avide de votre bien. Il est bon et miséricordieux envers les croyants». Puis Dieu lui dit: «Si tu étais brutal, que tu n'aies montré qu'un cœur endurci, ils se seraient détachés de toi» c'est à dire si le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- tenait des propos inconvenables et sévères, et si son cœur était dur envers les hommes, ils se seraient éloignés de lui, mais Dieu, en lui accordant un doux caractère, les avait réunis autour de lui pour rallier leur cœur. «Mais, une fois ta résolution prise, confie-toi à Allah» c'est à dire qu'une fois tu les as consultés, et tu as pris une décision, place ta confiance en Dieu, car Dieu aime ceux qui se fient à Lui, Il secourt ses fidèles serviteurs et ne les abandonne plus, et nul ne pourrait secourir en dehors de Lui.

Verset 160

Si Allah vous prête appui, personne ne pourra vous vaincre. Mais s'Il vous abandonne, qui pourra vous rendre victorieux? C'est en Allah que les croyants doivent mettre leur confiance.

Verset 161

«C'est indécent qu'un Prophète fraude sur le butin» En commentant ce verset, Ibn Abbas raconte qu'au jour de Badr une pièce de velours avait été dérobée. Certains dirent: «Peut-être l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- l'avait prise?», et comme ils persistèrent dans leurs suppositions, Dieu fit descendre ce verset. Il ne convient pas à un Prophète, ni à un autre, de frauder sur le butin ni s'emparer injustement d'un bien quelconque car ce fraudeur viendra avec son péché le jour de la résurrection.

Verset 162

«Celui qui cherche la grâce d'Allah peut-il être comparé à celui qui a encouru la colère d'Allah et qui aura l'enfer pour séjour? Et quel affreux séjour?» c'est à dire ils ne sont pas pareils celui qui suit les enseignements de Dieu pour obtenir Sa satisfaction et sa meilleure récompense, et celui qui a courroucé Dieu contre lui, qui ne mérite -par sa mauvaise conduite- que la colère de Dieu et qui aura au jour du compte final la Géhenne comme rétribution -quelle détestable fin.

Verset 163

«Allah les mettra à un rang très différent» qui signifie que tant aux gens de bien qu'aux gens du mal, ils constituent une hiérarchie auprès de Dieu, qu'ils soient au Paradis ou qu'ils soient à l'Enfer, chacun d'eux occupera la place qu'il méritera. C'est pourquoi Dieu a dit ensuite: «Car Allah voit toutes les actions des hommes» Il accorde à chacun d'eux la récompense qu'il mérite sans le léser ni l'opprimer.

Verset 164

«Allah a marqué une extrême bienveillance aux fidèles en choisissant parmi eux un Prophète» afin qu'ils puissent s'entretenir avec lui, lui poser des questions, lui tenir compagnie et tirer un bon parti de ses enseignements. Dieu a dit aussi dans un autre verset pour confirmer la nature des Prophètes: «Dis: «Je ne suis qu'un mortel semblable à vous. Il m'est révélé que votre Dieu est un Dieu unique» comme Il a dit également: «Nous n'avons envoyé avant toi que des Prophètes qui se nourrissaient de mets et qui circulaient dans les marchés».

Verset 165

Le jour de Ouhod les fidèles avaient perdu 70 hommes, par contre lors de la bataille de Badr, ils avaient tué 70 polythéistes et capturé 70 autres. Ils se demandèrent, après la bataille de Ouhod: «D'où nous vient cette infortune?» Dieu inspira alors à Son Prophète de leur répondre: «De vous mêmes». Omar Ben Al-Khattab a dit: «Les fidèles ont été punis lors de la bataille de Ouhod en perdant 70 hommes, et en fuyant le combat, laissant ainsi l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- dont une de ses incisives fut cassée, sous le heaume brisé sur sa tête en lui causant une blessure. Cette punition leur fut infligée car l'année d'avant, lors de la bataille de Badr, ils avaient accepté le rachat des captifs qu'ils tenaient.»

Verset 166

Il est vrai que les musulmans ont essuyé une défaite le jour de Ouhod comme nous l'avons raconté, mais c'était une chose qui s'est produite avec la permission de Dieu et selon Sa décision et Sa prédestination pour reconnaître ceux qui ont fui mis par leur foi précaire et leur hypocrisie, et ceux qui ont la foi solide et ferme, qui ont résisté et enduré.

Verset 167

Parmi le premier groupe - les hypocrites - figuraient Abdullah Ben Oubay Ibn Saloul et ses compagnons qui étaient revenus sur leur pas laissant l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- et les fidèles poursuivre leur marche. On leur a dit: «Avancez! Combattez dans la voie de Dieu» Ils s'excusèrent en disant: «Volontiers, si nous savions combattre» nous vous suivrions certainement. Ces gens-là disent avec leurs bouches ce qui n'est pas dans leurs cœurs, par exemple quand ils ont répondu: «Si nous savions combattre, nous t'aurions suivi».

Verset 168

Puis Dieu mentionne ceux qui, après la défaite des fidèles et la tuerie de quelques-uns, blâmaient ceux-là et les autres en disant: «S'ils nous avaient obéi, entendu notre opinion et étaient restés tranquilles dans leurs foyers, ils n'auraient pas été tués». Dieu leur répond en défiant: «Repoussez la mort quand elle se présentera à vous, si vous êtes véridiques» Ils croyaient que si on reste chez soi sans aller combattre, on aura la vie sauve, mais ils ignoraient que la mort, tôt ou tard et au moment fixé, les emporterait même s'ils se trouvaient dans des forteresses inexpugnables.

Verset 169

Dieu fait connaître aux hommes que les martyrs, s'ils ont été tués dans ce monde, leurs âmes sont vivantes dans la demeure de la stabilité. Abdullah nous dit: «Nous avons déjà posé la même question à l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- et il nous dit: «Leurs âmes sont dans les gésiers d'oiseaux verts qui ont des nids comme des lanternes suspendues au Trône. Ils parcourent le Paradis à leur gré puis reviennent le soir pour s'abriter dans ces lanternes. Dieu les observe et leur demande: «Désirez-vous quelque chose? Ils lui répondent: «O Seigneur, quelle chose désirons-nous encore alors que nous parcourons dans tous les coins du Paradis?».»

Verset 170

«Heureux des bienfaits qu'Allah leur a distribués...» jusqu'à la fin du verset: signifie que les martyrs qui sont tués en combattant dans le sentier de Dieu seront pourvus de toutes sortes de bienfaits et de la grâce magnifique du Seigneur, vivront dans un grand bonheur, se réjouiront parce qu'ils constatent que ceux qui viendront après eux n'éprouveront aucune crainte ni chagrin, et ils ne regretteront rien de ce qu'ils ont laissé dans le bas monde.

Verset 171

Verset 172

Verset 173

Verset 174

Verset 175

Verset 176

Ne te laisse pas attrister par ceux qui se jettent dans l'impiété. Ils ne sauraient entamer la cause d'Allah. Allah les privera de toute part dans la vie future. Et ils encourront un châtiment terrible.

Verset 177

Ceux qui perdent leur foi pour devenir infidèles ne font pas de tort à la cause d'Allah. Ils encourent un châtiment douloureux.

Verset 178

Que les infidèles ne croient pas que si nous les comblons de biens, ce soit pour leur être agréable. Si nous ne les comblons de biens que pour qu'ils se fassent eux-mêmes plus de mal. Ils encourent un châtiment ignominieux.

Verset 179

Allah ne saurait laisser les fidèles dans l'état où ils sont, sans distinguer entre les mauvais et les bons. Il ne saurait, non plus, vous divulguer ses secrets. En vérité, Il choisit ses Prophètes, comme Il veut. Croyez en Allah et en ses Prophètes. Si vous croyez et si vous craignez, Il vous donnera une récompense magnifique.

Verset 180

Ceux qui thésaurisent les biens qu'ils tiennent de la générosité d'Allah ne croient pas qu'ils fassent ainsi une action avantageuse. Loin de là, c'est un malheur pour eux. Au jour du jugement dernier, ils porteront, enroulés à leur cou, les biens qu'ils auront amassés. Allah est l'héritier des cieux et de la terre. Il est informé de toutes vos actions. Comme le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- éprouvait un certain chagrin de voir les polythéistes se détourner de ses enseignements en les appelant à Dieu et de se montrer rebelles et obstinés, Dieu le rassure qu'ils ne le nuisent en rien. Par sa sagesse, Il ne veut leur réserver aucune part dans l'autre monde, et en plus, ils subiront un châtiment douloureux. Car ils ont troqué la foi contre l'infidélité. Ces gens-là qui persistent dans leur incrédulité ne doivent pas penser que le délai que Dieu leur accorde soit un bien pour eux, au contraire, Il les laisse ainsi pour augmenter leurs péchés et ils ne subiront dans l'au-delà que le supplice le plus atroce. On trouve dans le Coran plusieurs versets qui confirment ce fait, lorsque Dieu dit par exemple: «Pensent-ils qu'en leur accordant des biens et des enfants, nous stimulons leur zèle pour le bien? Au contraire, ils n'en ont pas conscience» [Coran XXIII, 55 - 56] Et aussi ce verset: «Laisse-moi donc avec ceux qui traitent de mensonge ce discours; nous allons les conduire par étapes par où ils ne savent pas.» [Coran LXVIII, 44] et cet autre: «Ne te laisse pas séduire par leurs richesses et par leurs enfants. Ces richesses et ces enfants, Allah ne les leur accorde que pour les faire souffrir au cours de cette vie périssable. Finalement, ils rendent l'âme, qu'ils sont encore infidèles» [Coran IX, 55]. Pour discerner les mauvais hommes des bons, il n'y a autre moyen que de les éprouver par une certaine infortune où fidèles et infidèles seront dévoilés et connus: les croyants patients et les incrédules pervers. Il s'agit de la bataille de Ouhod qui était cette épreuve pour les uns et les autres et où les hypocrites furent démasqués en trahissant le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- et en refusant de reprendre le combat et la poursuite des polythéistes. As-Souddy raconte à ce propos que certains dirent en ce jour-là: «Si Mouhammad est vraiment sincère et véridique, qu'il nous informe donc qui est le croyant et qui est l'infidèle parmi nous?» Dieu alors fit descendre ce verset: «Allah ne saurait, non plus, vous divulguer ses secrets» C'est à dire que Dieu seul tient et connaît tout le mystère dont la discrimination entre fidèles et incrédules. Il choisit aussi qui Il veut parmi Ses Prophètes, tout comme Il dit dans un autre verset: «Il connaît parfaitement le mystère, mais Il ne montre à personne le secret de son mystère, sauf à celui qu'Il agrée comme Prophète» [Coran LXXII, 26-27]. Ensuite Il ordonne à Ses serviteurs de croire en Lui et en ses Messagers en leur obéissant et suivant les lois qu'ils apportent, ce qui sera très bénéfique pour eux. Puis Il critique les avares: «ceux qui thésaurisent les biens qu'ils tiennent de la générosité d'Allah» sans les dépenser dans Son chemin et à Son service croyant que ce qu'ils amassent leur sera utile, bien au contraire, il sera un mal car, au jour du jugement dernier, ils porteront autour du cou tous les biens qu'ils auront amassés. L'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit à cet égard: «Celui à qui Dieu a accordé une richesse et n'a pas payé la zakat (l'aumône légale) à son sujet, cette richesse lui apparaîtra au jour de la résurrection sous la forme d'une couleuvre à la tête chauve munie de deux points (au-dessus de ses yeux) qui s'enroulera autour du cou de cet homme, le prendra dans ses mâchoires et elle lui dira: «Je suis ta richesse, je suis ton trésor» Puis il récita: «Que ceux qui thésaurisent les biens, ... jusqu'à la fin du verset». (Rapporté par Ahmed, Tirmidzî, Nassaï et Ibn Maja). Bien qu'Ibn Abbas a dit que ce verset a été révélé au sujet des gens d'Écriture qui ne montraient pas clairement les Livres qu'ils tenaient de Dieu, la première interprétation s'avère plus correcte. Puis Dieu rappelle aux hommes que l'héritage des cieux et de la terre Lui appartient, qu'ils dépensent donc et donnent en aumône ce dont Il leur a fait les dispensateurs, car en fin de compte, tout reviendra à Dieu qui connaît parfaitement ce que les hommes font.

Verset 181

Ibn Abbas raconte que lorsque ce verset: «Quiconque prête à Allah de bonne grâce, Allah de lui rend au centuple» [Coran II, 245] fut révélé, les juifs demandèrent: «O Mouhammad, ton Seigneur est-il devenu si pauvre qu'il demande aux hommes de lui prêter?» Dieu alors leur répondit par cette révélation: «Allah a entendu ceux qui disent: «Allah est pauvre...». Ibn Abbas raconte aussi: «Entrant dans la maison d'un enseignant, Abou Bakr As-Siddîq trouva une foule des juifs qui entouraient un homme des leurs appelé Finhas, un de leurs docteurs en compagnie d'un autre appelé Achîa'. Abou Bakr dit à Finhas: «Malheur à toi ô Finhas, crains Dieu et convertis-toi. Par Dieu, tu connais bien que Mouhammad est un Prophète envoyé par Dieu et venu à vous apportant la vérité. Vous le trouvez cité chez vous dans la Torah et vous dans l'Evangile». Finhas répondit: «Par Dieu ô Abou Bakr, nous ne sommes plus des pauvres afin de recourir à Dieu, mais Lui, a besoin de nous. Nous ne L'implorons pas comme Il nous implore, nous nous sommes suffis de Lui. Si vraiment Il était riche, Il ne nous aurait pas demandé de Lui prêter comme votre Prophète prétend. Il nous interdit de pratiquer l'usure, mais par contre Il nous accorde largement. S'Il était riche, Il ne nous aurait pas autorisé l'usure». Abou Bakr, irrité, frappa violemment Finhas au visage et lui dit: «Par celui qui tient mon âme en Sa main, s'il n'y avait ce pacte entre nous, je t'aurais tranché la tête. O ennemi de Dieu». Finhas alla trouver ensuite l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- et lui dit: «O Mouhammad, regarde ce que ton compagnon a fait de moi» L'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- demanda à Abou Bakr la cause de son agissement, il lui répondit: «O Envoyé de Dieu, cet ennemi de Dieu a proféré des paroles monstrueuses. Il prétend que Dieu est pauvre et eux sont riches. Entendant cela, la colère s'empara de moi en vue de Dieu et je le frappai au visage». Mais Finhas renia d'avoir dit de choses pareilles. Dieu à cette occasion fit descendre ce verset: «Allah a entendu ceux qui disent: «Allah est pauvre et nous sommes riches». Mais Dieu les menace et les avertit qu'il va consigner ces propos par écrit et Il leur demandera compte parce qu'ils ont tué Ses Prophètes injustement dans le but d'aggraver leurs péchés, qui seront rétribués par un feu ardent pour prix de leurs mauvaises actions et de ce que leurs mains ont perpétré. Dieu certes, juge Ses serviteurs équitablement et ne lèse personne.

Verset 182

Allah a entendu ceux qui disent: «Allah est pauvre et nous sommes riches». Il prend note de leurs déclarations et de la mort ignominieuse qu'ils ont infligée aux Prophètes et Il leur dira: «Éprouvez le supplice du feu» Et cela en châtiment de ce que vos mains ont perpétré. Allah ne punit jamais à tort les hommes.

Verset 183

«Ceux qui disent: «Allah nous a recommandé de n'accepter pour Prophète que celui qui viendrait avec une offrande que le feu du ciel consumerait» Dieu par ce verset dément les propos de ceux qui ont prétendu qu'Il a conclu avec eux une alliance suivant laquelle ils ne croient en aucun Prophète tant qu'il ne leur a pas apporté une offrande que le feu consume. En d'autres termes qu'un des miracles de ce Prophète soit un feu qui descend du ciel et consume l'aumône faite par l'un des leurs. Mais Dieu charge Son Prophète de leur répondre: «Bien des Prophètes m'ont précédé qui ont fait des miracles» c'est à dire qu'ils leur ont présenté des signes et des arguments évidents «et même celui dont vous parlez? Pourquoi les avez-vous mis à mort» en les traitant de menteurs, en les contredisant et en vous montrant rebelles contre eux: «Si vous êtes de bonne foi?» et vous présumez que vous suivez les enseignements et la vérité qu'ils ont prêchés.

Verset 184

Puis Dieu a voulu réconforter Son Prophète et apaiser son cœur, Il lui dit: «S'ils te traitent de menteur, dis-toi que les Prophètes qui t'ont précédé ont subi le même sort, et pourtant ils ont opéré des miracles, apporté des Psaumes et des livres divins» c'est à dire les preuves évidentes, les feuillets et toutes les autres Écritures venant du ciel.

Verset 185

Aucune créature ne restera certainement pas en vie car tout périra et «la face de ton Seigneur subsiste, pleine de majesté et de munificence». Hommes, génies, anges et même les porteurs du Trône mourront, Dieu seul le Dominateur Suprême ne mourra pas. Comme rien n'existait avec Lui, ainsi rien ne subsistera à l'exception de Lui. Dans ce verset il y a une consolation pour les hommes qu'aucun d'eux ne sera éternel mais une fois son terme échu, il mourra comme toutes les autres créatures. Au jour de la résurrection, ils seront rassemblés, jugés et rétribués selon leurs œuvres, et Dieu ne lésera personne. Ali Ben Abi Taleb raconte que quand le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- mourut, un personnage arriva, on entendait sa voix sans le voir, et leur dit: «Que la paix soit sur vous ô habitants de cette demeure, ainsi que la miséricorde de Dieu et Ses bénédictions». Il récita: «Tout homme goûtera la mort: vous recevrez sûrement votre rétribution le jour de la résurrection» Puis il dit: «En Dieu vous trouvez une consolation de toute chose perdue. Fiez-vous à Dieu et espérez Sa miséricorde. Car le vrai affligé est celui qui sera privé de la récompense. Que la paix de Dieu soit sur vous ainsi que sa miséricorde et Ses bénédictions». Jafar Ben Mouhammad a rapporté que Son père lui a dit en commentant ce récit: «Ali Ben Abi Taleb demanda alors à ceux qui étaient avec lui: «Connaissez-vous ce personnage? C'est Al-Khadir - que Dieu le salue-». Au jour du jugement dernier, quiconque sera préservé du feu et entré au Paradis, aura trouvé la plus belle récompense et le bonheur. À cet égard Abou Houraira rapporte que l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit: «La grandeur de la place qu'occupe un fouet au Paradis est meilleur de ce bas monde et ce qu'il contient. Récitez si vous voulez: «Celui qui échappera à l'enfer et entrera au Paradis sera le vrai vainqueur». (Rapporté par Ibn Abi Hatem dont l'origine se trouve dans les deux Sahihs)». Pour minimiser l'importance de ce bas monde et montrer qu'il n'est qu'une jouissance éphémère et trompeuse, Dieu dit: «La vie en ce bas monde n'est faite que de plaisirs éphémères» comme Il le montre dans d'autres versets: «Tout ce qui vous a été donné n'est que jouissance éphémère de la vie de ce monde» [Coran XLII, 36] et: «Vous préférez la vie de ce monde alors que la vie dernière est meilleure et qu'elle durera plus longtemps» [Coran LXXXVII, 16 - 17]. Dans un hadith, le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit: «Par Dieu, ce bas monde par rapport à la vie future, est comparable à ce qu'un doigt puisse apporter lorsque l'un de vous le plonge dans la mer».

Verset 186

«Vous serez éprouvés dans vos biens et dans vos personnes» un verset qui est pareil à celui-ci: «Il n'est que trop vrai que nous vous exposerons de temps à autre à la peur et à la faim, que nous vous éprouverons dans vos biens...» [Coran II, 155]. Cela signifie que tant que le croyant est en vie, il sera éprouvé par la perte d'une partie de ses biens, d'un de ses enfants ou de ses proches parents, et cela ne sera que pour apprécier la fermeté de sa foi et son endurance. Dieu aussi dans le but de réconforter les fidèles qui ont émigré vers Médine en laissant biens et familles, et avant la bataille de Badr, leur dit: «Vous entendrez les gens d'Écriture et les idolâtres tenir bien des propos désagréables sur votre compte». Mais en même temps Il les exhorte à supporter leurs méfaits, être cléments et à pardonner jusqu'à ce qu'Il leur accorde une issue car la patience et la crainte révérencielle de Dieu «Sont la seule attitude recommandable».

Verset 187

Dans ces versets on trouve un blâme et une menace adressés aux gens du Livre desquels Dieu a pris un engagement, par la bouche des Prophètes, de croire en Mouhammad -qu'Allah le bénisse et le salue- et d'annoncer son avènement afin que les hommes soient prêts pour recevoir son message, et au moment de son apparition, ils le suivront. Mais au lieu de faire une chose pareille ils se sont contentés d'acquérir un bien insignifiant et vil en dissimulant cette vérité et jetant cet engagement par-dessus leurs épaules. Quel détestable troc qu'ils ont conclu et quelle mauvaise allégeance. C'est un avertissement adressé aux ulémas, théologiens et savants d'agir de la sorte. Ils doivent divulguer leur science sans en rien cacher et montrer le bon chemin aux gens afin qu'ils en profitent. Dans un hadith authentifié le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit: «Celui à qui on pose une question relative à une science et la dissimule, on mettra sur sa bouche une bride en feu au jour de la résurrection».

Verset 188

Et dans un autre hadith rapporté par Boukhari et Mouslim, il a dit: «Celui qui se vante posséder des choses qu'en réalité elles ne lui appartiennent pas, est comparable à celui qui porte de faux habits» (Rapporté par Boukhari et Mouslim). On a rapporté que Marwan a dit à son domestique: «Ô Rafe', va chez Ibn Abbas et dis-lui: «Si chacun de nous se réjouit de ce qu'il a fait et aime à être loué pour ce qu'il n'a pas fait, et sera châtié dans la vie future, alors nous subirons tous ce châtiment» (en faisant allusion au verset précité) Ibn Abbas répondit: «Ce verset ne vous concerne pas, car il a été révélé au sujet des gens du Livre, Puis il récita: «Allah a reçu des gens la promesse...» jusqu'à la fin du verset. Ibn Abbas ajouta: «Le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- avait demandé aux juifs une chose et ils la lui cachèrent en lui parlant d'autre chose. Ils croyaient qu'ils devaient être loués pour ce renseignement et ils furent réjouis de ce qu'ils avaient dissimulé en lui cachant la réponse». Mais d'après Abou Sa'îd Al-Khoudri, l'interprétation de ce verset était la suivante: «Du temps de l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- il y avait des hypocrites qui, lorsqu'il partait pour faire une expédition, restaient chez eux sans y prendre part en se réjouissant. Après son retour, ils lui présentaient leurs excuses et aimaient à être loués pour ce qu'ils n'ont pas fait. Dieu à cette occasion fit cette révélation. Ces gens-là, concernés par les verset, ne croient pas qu'ils échapperont au supplice du feu, bien au contraire, un châtiment très douloureux les attendra.

Verset 189

Dieu enfin rappelle aux hommes qu'il est le Maître des cieux et de la terre, puissant sur toute chose, qu'ils Le craignent et Le redoutent.

Verset 190

La création des cieux et de la terre signifie l'immensité et la hauteur des premiers, le baissement et l'épaisseur de l'autre. On y trouve des choses formidables: des planètes, des astres, des mers, des montagnes, des déserts, des arbres, des plantations diverses, des animaux, des minéraux qui sont tous au service de l'homme. «La succession des nuits et des jours» c'est à dire les uns se succèdent aux autres, ils s'allongent et s'écourtent suivant les saisons où ils ont une durée égale, tel est le décret du Tout-Puissant, l'Omniscient. Ce sont là des signes pour ceux qui sont doués d'intelligence, qui méditent, pensent et constatent la réalité des choses, non comme les sourds et les muets qui sont démunis de toute raison et dont Dieu les décrit dans ce verset: «Que de signes contiennent les cieux et la terre. Les hommes passent auprès d'eux et s'en détournent» [Coran XII, 105].

Verset 191

La création des cieux et de la terre signifie l'immensité et la hauteur des premiers, l'abaissement et l'épaisseur de l'autre. On y trouve des choses formidables : des planètes, des astres, des mers, des montagnes, des déserts, des arbres, des plantations diverses, des animaux, des minéraux qui sont tous au service de l'homme. « La succession des nuits et des jours » c'est-à-dire les uns se succèdent aux autres, ils s'allongent et s'écourtent suivant les saisons où ils ont une durée égale, tel est le décret du Tout-Puissant, l'Omniscient. Ce sont là des signes pour ceux qui sont doués d'intelligence, qui méditent, pensent et constatent la réalité des choses, non comme les sourds et les muets qui sont démunis de toute raison et dont Dieu les décrit dans ce verset : « Que de signes contiennent les cieux et la terre. Les hommes passent auprès d'eux et s'en détournent » [Coran XII, 105]. Puis Dieu décrit les gens qui méditent : « qui prient Allah, debout, assis ou couchés » c'est-à-dire en toute posture selon leur capacité physique. Il est cité dans les deux Sahihs que l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit à 'Imran ben Houssayn : « Prie debout, si tu ne peux pas, prie assis et si tu es aussi incapable de le faire, prie couché » Donc ces gens-là ne cessent d'exercer leurs pratiques religieuses, en toute circonstance, soit en public, soit en leur for intérieur. Ils méditent sur la création des cieux et de la terre en s'apercevant de la sagesse du créateur, Son pouvoir, Sa science et Sa miséricorde. Al-Darani a dit à cet égard : « Je ne quitte ma maison sans que ma vue ne tombe sur une chose dont j'en profite et j'en trouve une leçon ». Quant Al-Hassan Al-Basri, il a dit : « Une heure de méditation vaut mieux qu'une nuit à prier durant ». A l'inverse de ceux qui ne prêtent pas attention aux signes de Dieu se trouvent dans les cieux et sur la terre, ceux qui prient Dieu en Le mentionnent à tout moment, méditent sur la création des cieux et de la terre et déclarent : « Ô Seigneur, Tu n'as pas créé tout cela en vain » c'est-à-dire : Tu n'as pas créé toutes ces créatures sans un but, mais au contraire, pour une raison logique : pour rétribuer ceux qui font le bien d'après leurs actes, et pour rétribuer ceux qui font le mal. Puis ces croyants-là chantent Sa pureté et s'écrient : « Gloire à Toi. Préserve-nous de l'enfer » Lui, qui a créé tout par la vérité et avec équité, qui est loin de tout défaut et vice, qu'Il nous préserve du châtiment du feu.

Verset 192

« Seigneur, celui que Tu précipites à l'enfer tombe dans l'ignominie. Les pervers ne pourront compter sur aucun secours ».

Verset 193

Les fidèles disent aussi : « Seigneur, nous avons entendu un crieur qui nous appelle à la foi, qui n'est que le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue-, nous avons cru en lui, en son message et nous l'avons suivi, Seigneur, pardonne-nous nos péchés, dissimule-les, efface nos fautes et mauvaises actions et rappelle-nous à Toi avec les bons et les justes.

Verset 194

Seigneur, accorde-nous ce dont Tu nous as promis par l'intermédiaire de Tes Prophètes et ne nous humilie pas au jour de la résurrection devant tout le monde, car, en vérité, Tu ne manques jamais à Tes promesses. Il a été affirmé que l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- récitait les dix derniers versets de la sourate « La famille d'Imran » quand il se levait la nuit pour faire la prière nocturne.

Verset 195

Oum Salama rapporte : « Je demandai à l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- : « Je ne trouve pas dans le Coran jusqu'à présent un verset qui fait allusion aux femmes qui ont fait l'hégire (l'émigration) ? » Dieu alors fit descendre ce verset : « Je ne ferai perdre à aucun d'entre vous, hommes ou femmes, le bénéfice de ses actions ». En effet Oum Salama, selon les dires des Médinois, était la première femme parmi les émigrés (Mouhadirins). Le verset signifie qu'après la prière des fidèles et leurs invocations, Dieu leur informe qu'Il les a exaucés car Il n'est pas loin d'eux comme le montre ce verset : « Si mes serviteurs te questionnent sur moi, dis-leur que je suis près d'eux » [Coran II, 186]. Il ne laisse pas perdre l'action d'un homme ou d'une femme, mais Il rétribue à chacun la récompense qu'il mérite selon ses œuvres, ils sont tous égaux à Ses regards. Il a réservé le Paradis, la plus belle récompense à : « Ceux qui auront émigré » en laissant les demeures des polythéistes pour se diriger vers la demeure de la foi, et en délaissant familles, biens et proches... « qui auront souffert pour ma cause » c'est-à-dire leur seul péché était la foi en Dieu seul, une profession qui n'a pas plu aux impies dont leur comportement vis-à-vis d'eux était maléfique. « qui auront combattu ou auront été tués à mon service » c'est là le plus grand sacrifice qu'un fidèle puisse accomplir dans la voie de Dieu. Dieu promet à ces gens-là de leur pardonner leurs péchés, de les faire entrer au Paradis où coulent des ruisseaux dont l'eau est incorruptible, des ruisseaux de lait au goût inaltérable, des ruisseaux de vin, délices pour ceux qui en boivent et des ruisseaux de miel purifié. Ils y trouveront ce qu'œil n'a vu, oreille n'a entendu et esprit n'a imaginé. Telle est leur récompense de la part de Dieu qui a les plus belles récompenses pour Ses fidèles.

Verset 196

Ne sois pas impressionné de voir les infidèles parcourir à leur aise dans le pays. Cela signifie : ne te trompe pas à ce que les impies parcourent le pays à leur aise, se délectent de ses fruits et vivent dans l'aisance et le bien-être.

Verset 197

Leur bien-être est éphémère. Ils sont voués à l'enfer. Et quel triste séjour. Toutes ces délices ne tarderaient pas à disparaître car elles ne constituent qu'une jouissance éphémère. Bientôt ils auront la Géhenne comme détestable demeure éternelle. Dieu a montré le cas des incrédules dans plusieurs versets du Coran. Mais les croyants à qui Dieu a fait la belle promesse, verront l'accomplissement car ils trouveront leur récompense auprès de leur Seigneur, un Paradis où coulent les ruisseaux, quelle magnifique demeure pour l'éternité à ceux qui sont pieux et bons.

Verset 198

Par contre, ceux qui craignent leur Seigneur, auront pour séjour des jardins arrosés d'eau vive, séjour éternel et aménagé des mains mêmes d'Allah. Ce qui émane d'Allah est sans prix pour les justes. Abou Ad-Dardâ' disait souvent : « La mort ne sera que du bien tant au croyant qu'à l'infidèle. Quiconque ne me croit pas, Dieu dit : « Ce qui émane d'Allah est sans prix pour les justes » comme Il dit aussi : « Que les infidèles ne croient pas que si nous les comblons de biens, ce soit pour leur être agréable. Nous ne les comblons de biens que pour qu'ils fassent eux-mêmes plus de mal. Ils encourront un châtiment ignominieux » [Coran III, 178].

Verset 199

Parmi les gens d'Écriture, il en est qui croient en Allah, et à la fois à ce qu'Il vous a révélé et ce qu'Il leur a révélé. Entièrement soumis à Allah, ils ne trafiquent pas de ses enseignements pour un misérable profit. Ils trouveront leurs récompenses auprès de leur Seigneur qui règle rapidement ses comptes. Ce qui a été révélé à Mouhammad -qu'Allah le bénisse et le salue- et à ce qu'il leur a été révélé dans leurs propres Livres, ils se sont soumis à Dieu, ont suivi Ses enseignements, obtempéré à Ses ordres, ne font pas un troc misérable en échangeant la foi contre un bien éphémère de ce monde, et surtout ils ne cachent pas ce qui a été mentionné dans leurs Livres quant à l'avènement de Mouhammad -qu'Allah le bénisse et le salue-, ses qualités, sa description, son message et sa communauté. Ces gens-là sont l'élite qu'ils soient juifs ou chrétiens. Ceux-là, Dieu leur accordera des jardins où coulent les ruisseaux où ils demeureront éternellement. « Ils ne trafiquent pas de ses enseignements pour un misérable profit » il s'agit de quelques-uns, à l'inverse de l'autre majorité maudite, qui n'ont rien dissimulé de ce qui a été révélé dans leur Livre, mais ils l'ont promulgué et divulgué. Ceux-là trouveront leurs récompenses auprès de leur Seigneur, car Dieu est prompt dans ses comptes.

Verset 200

Croyants, soyez patients, rivalisez de patience, soyez sur le qui-vive et craignez Allah pour que vous réussissiez. Al-Hassan Al-Basri a dit : « Dieu exhorte les fidèles à être patients en accomplissant leurs obligations religieuses dictées par l'Islam que Dieu a agréé comme étant leur religion. Ils ne doivent plus s'en détourner ni dans une gêne ni dans une aisance, ni lors d'une affliction ni d'un bonheur, ils ne meurent qu'en tant que musulmans soumis à Dieu. D'autre part, ils sont tenus de s'encourager mutuellement à la patience pour affronter leurs ennemis sans dissimuler leur foi. » Le terme arabe « ribat » qui dérive du mot « rabata », a deux significations. Première signification : c'est la persévérance dans les pratiques cultuelles et la fermeté de la foi. Deuxième signification : Il s'agit de la garde des postes et des lieux, et d'être en face de l'ennemi pour l'empêcher d'entrer aux pays musulmans.

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