النساء

Les Femmes

Sourate 4 · 176 versets · Revelation medinoise

Verset 1

Dieu ordonne aux gens de Le craindre, en n'adorant que Lui, seul sans Lui reconnaître des rivaux. C'est Lui qui les a créés d'un seul être qui est Adam, que Dieu le salue... puis de celui-ci, Il a créé son épouse qui est Ève. Elle fut créée d'une de ses côtes gauches de par son derrière alors qu'il s'endormait. À sa vue, elle lui plut et il la prit pour compagne. Abou Houraira rapporte que l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit: «Soyez bienveillants à l'égard des femmes, car la femme a été créée d'une côte. Or la partie supérieure est la plus courbe. Si tu cherches à la redresser, tu la briseras, et si tu la laisses, elle restera courbée. Suivant une variante on trouve cet ajout: «si tu veux qu'elle te satisfasse, elle le fera bien qu'elle garde sa courbure» (Rapporté par Boukhari et Mouslim). Et de ce couple sortira l'humanité toute entière c'est-à-dire à partir d'Adam et d'Ève un grand nombre d'hommes et des femmes fut répandu dans tout le monde malgré leurs espèces, races, qualités, couleurs et langues. Mais, au jour du rassemblement ils feront tous retour à Dieu. «Craignez Allah au nom de qui vous vous demandez mutuellement» c'est-à-dire: grâce à votre soumission à Dieu, vous pouvez Lui demander le maintien du lien de parenté sans le rompre. «Allah a l'œil sur vous» Dieu observe toutes Ses créatures et voit ce qu'elles font, il est témoin de toutes les œuvres et rien ne Lui est caché. Dans un hadith authentifié, l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit: «Adore Dieu comme si tu Le vois, si tu ne Le vois pas Lui, certes te voit». Le secret qui réside dans la naissance de toute l'humanité d'un seul couple, est la compassion que doivent les uns à l'égard des autres et l'incitation à aider les faibles et les pauvres. Jarir Ben Abdullah Al-Bajli raconte qu'un petit groupe des hommes de la tribu Moudar vinrent trouver l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue-, ne portant que des haillons à cause de leur pauvreté. Après la prière du midi, il monta sur la chaire et commença son discours par la récitation de ce verset: «Ô hommes, craignez Allah qui vous a créés d'un seul être...». Puis il récita à la suite ce verset: «Ô vous qui croyez, craignez Dieu. Que chacun considère ce qu'il a préparé pour demain» [Coran LIX, 18] et exhorta les hommes à faire l'aumône. Chacun des fidèles s'exécuta en donnant à ces pauvres de ce qu'il possédait comme argent, froment, dattes, ou autre.

Verset 2

Rendez leurs biens aux orphelins. Ne substituez pas ce qu'ils possèdent de bon à ce que vous possédez de mauvais. Ne subtilisez pas leurs biens en les confondant avec les vôtres. Ce serait un méfait odieux. Tel est l'ordre de Dieu qui interdit aussi de substituer ce qui est mauvais à ce qui est bon. En commentant cela, les dires des ulémas - Soufian At-Thawri a dit: «Ne vous hâtez pas de manger les biens qui vous sont illicites avant d'acquérir les biens licites qui vous sont destinés. - Saïd Ben Joubaïr a dit: «Ne mangez pas leurs biens illicitement afin d'épargner vos biens licites. - Quant à As-Souddy, il raconte que l'homme prenait le mouton gras des biens de l'orphelin et le remplaçait par un autre maigre de son troupeau en disant: «Un mouton à la place d'un mouton». Il prenait un dirham authentique et mettait à sa place un autre faux en disant un dirham contre un autre. «Ne substituez pas leurs biens en les confondant avec les vôtres» qui signifie, d'après Moujahed et Saïd Ben Joubaïr, ne mélangez pas vos biens avec les leurs pour les manger en même temps car cela constitue un grand péché qu'il faut éviter.

Verset 3

Si vous craignez de n'être pas équitables envers les orphelines, épousez deux ou trois ou quatre femmes, à votre convenance, parmi les autres. Si vous craignez de ne pas les traiter avec égalité, n'en épousez qu'une ou une captive. C'est pour vous le moyen d'être le plus juste possible. Cela signifie que si l'un d'entre vous est le tuteur d'une orpheline et pense à l'épouser mais se trouve incapable de lui payer une dot qui lui convient, qu'il cherche alors une autre fille parmi celles que Dieu a mises à sa disposition. Il est cité dans le Sahih de Boukhari que Aïcha a rapporté qu'un homme avait épousé une orpheline qui était chez lui. Elle possédait une palmeraie mais cet homme gardait toute la récolte sans rien en donner à cette orpheline. C'est à cette occasion que ce verset fut révélé. Et toujours d'après Al-Boukhari Aïcha rapporte que Ourwa lui a demandé au sujet de ce verset: «Si vous craignez de n'être pas équitables envers les orphelines», elle lui répondit: «Ô fils de ma sœur! il s'agit d'une orpheline qui est sous la tutelle d'un homme et elle lui associe de ses biens. Ce tuteur, épris de la fortune et de la beauté de l'orpheline, voulant l'épouser sans lui donner la dot qu'elle méritait, mais en lui donnant une dot qu'un autre homme devait lui donner. Alors on interdit aux tuteurs d'épouser de pareilles orphelines à moins qu'ils ne leur donnent la dot la plus convenable en la leur accordant plus que la coutume l'assignait à leur égard. Ils furent ordonnés d'épouser des femmes hormis ces orphelines, comme il leur plaira.» «Épousez deux ou trois ou quatre femmes» Dieu permet, dans ce verset, aux hommes d'avoir jusqu'à quatre femmes, et ceci de Sa part, constitue une tolérance et une grâce à condition de ne pas dépasser ce nombre selon l'avis de la majorité des ulémas. Si le fait d'avoir quatre femmes est un droit accordé à l'homme, il est conditionné par l'équité qu'il doit établir entre elles, car Dieu a dit: «Si vous craignez de ne pas les traiter avec égalité, n'en épousez qu'une ou une captive». Donc celui qui craint de n'être pas équitable, doit se contenter d'une seule femme, quant aux captives, il peut avoir autant qu'il voudra car il n'est pas tenu d'être équitable entre elles.

Verset 4

Remettez aux femmes leurs dots en toute propriété. S'il leur plaît de vous en abandonner une partie, profitez-en en toute tranquillité et le mieux possible. L'homme donc est tenu de donner à sa femme son douaire de bon gré. Si, après avoir fixé la valeur, la femme veut en abandonner une part, l'homme a le droit d'en profiter avec toute tranquillité et paix. Hachim rapporte que, avant cette révélation, le père s'emparait de la dot de sa fille qu'il donnait en mariage sans en lui rien donner. C'est pourquoi Dieu a montré que cette dot est le droit de la femme.

Verset 5

Ne confiez pas aux incapables les biens qu'Allah a donnés comme base à votre activité. Prélevez sur ces biens de quoi les nourrir et les habiller et tenez-leur toujours un langage poli. Dieu interdit aux tuteurs de mettre à la disposition des insensés et incapables leurs biens que Dieu a accordés et qui sont les sources de leur subsistance. L'interdiction judiciaire (en matière de droit) découle de ce verset, qui comporte plusieurs sortes: - L'interdiction en raison de la minorité; car tout mineur est incapable de s'exprimer. - L'interdiction en raison de la folie. - L'interdiction à cause d'une incapacité mentale. - L'interdiction à raison de la faillite si l'endetté se trouve incapable de s'acquitter de ses dettes et que les créanciers présentent une requête au juge pour mettre sous séquestre les biens de l'endetté. Au point de vue religieux, les ulémas ont dit qu'il s'agit des femmes et des enfants. À cet égard, Abou Oumama a rapporté que l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit: «Toutes les femmes sont incapables et insensées sauf celles qui obéissent à leurs maris». «Prélevez sur ces biens de quoi les nourrir et les habiller et tenez-leur toujours un langage poli» Ibn Abbas a commenté cela en disant: «Ce que Dieu t'a accordé comme biens pour la subsistance ne les donne pas à ta femme ou à ta fille puis tu regardes ce qu'elles veulent en faire et comment les dépenser: mais prends-en argent et fais-en un bon placement et c'est toi qui dois dépenser pour elles pour les nourrir et les habiller.» Ce verset exhorte à être charitable envers la famille tant à la nourriture qu'à l'habillement en adressant des paroles convenables.

Verset 6

Éprouvez la capacité des orphelins à partir du moment où ils approchent de la puberté. S'ils donnent des signes de capacité confiez-leur la gestion de leurs biens. Ne vous hâtez pas de les dilapider avant qu'ils ne deviennent majeurs. Si le tuteur est riche, il doit s'abstenir de prélever quoi que ce soit sur la fortune de ses pupilles, s'il est pauvre, il ne peut en disposer que modérément. Lorsque vous leur rendez leurs biens, faites-en prendre témoignage. Quoique, pour recevoir des comptes, Allah suffise. La puberté, selon l'opinion des ulémas, est l'âge où le jeune commence à être pollué à la suite d'un rêve érotique, ou lorsqu'il atteint quinze ans. Ceci est confirmé par un hadith rapporté par Aïcha et d'autres, que l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit: «Sont déchargés de toute responsabilité: le jeune jusqu'à la puberté ou l'âge de quinze ans; l'homme endormi jusqu'à ce qu'il se réveille, et le fou jusqu'à ce qu'il récupère sa raison». Lorsque le jeune donne des signes de capacité, c'est-à-dire lorsqu'on découvre en lui un jugement sain, l'interdiction sera levée et le tuteur pourra lui confier ses biens pour les gérer. Mais Dieu interdit au tuteur de dévorer injustement les biens de sa pupille avant la puberté et exhorte les riches à s'abstenir d'en profiter. Quant au tuteur pauvre, il lui est permis d'en user modérément mais jamais avec prodigalité et dissipation. «Lorsque vous leur rendez leurs biens, faites-en prendre témoignage». C'est un ordre adressé du Seigneur aux tuteurs qui, une fois que les pupilles seraient en mesure de gérer leurs biens, doivent assurer la présence de témoins lorsqu'ils remettent ces biens aux orphelins, bien que Dieu suffise pour tenir compte de tout.

Verset 7

Il revient aux hommes une part sur ce que laissent leurs parents ou leurs proches. De même, il revient aux femmes une part sur ce que laissent leurs parents ou leurs proches. Que les biens laissés soient importants ou non, une part leur est assignée. Saïd Ben Joubayr et Qatada ont dit que les polythéistes réservaient leurs biens aux mâles adultes sans rien donner aux femmes ou aux mineurs. Dieu fit cette révélation: «Il revient aux hommes une part...» en leur montrant que tous les réservataires ont droit à la succession sans distinction même si leurs parts varient selon le sexe ou le degré de parenté ou le degré de patronage qui implique un droit tout comme le lien de parenté. Quant à Jaber, il a raconté que Oum Koutha vint trouver l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- et lui dit: «Ô Envoyé de Dieu, mon mari est mort en laissant deux filles sans leur rien laisser». Dieu à cette occasion fit cette révélation.

Verset 8

Lorsque des proches ou des orphelins ou des pauvres assistent au partage, donnez-leur quelque chose et tenez-leur un langage aimable. Lorsque des proches -qui ne sont pas des réservataires- ou des orphelins ou des pauvres assistent au partage de la succession, ce sera un acte de charité de leur en attribuer une part, à savoir que cela constituait une obligation au début de l'ère islamique. Cette obligation a-t-elle été abrogée ou non? Deux opinions ont été dites: d'après Ibn Abbas: la première rapportée par Al-Boukhari que ce verset est fondamental et n'a pas été abrogé; la deuxième rapportée par Ikrima, et toujours d'après Ibn Abbas, que ce verset a été abrogé par le verset qui le suit concernant les successions et dans lequel la part de chaque successeur a été déterminée. Mais on peut quand même déduire de ce verset qu'il est recommandé d'attribuer une part minime qu'elle soit aux pauvres et aux orphelins s'il s'agit d'une grande succession afin de soulager et réconforter ces misérables qui auront le cœur serré quand ils voient les réservataires prendre leurs parts.

Verset 9

Ceux qui redoutent de laisser après eux des enfants en bas âge et sont inquiets, qu'ils craignent Allah et tiennent un langage de droiture. Il arrive qu'un moribond fait un testament en faveur de l'un de ses enfants causant ainsi un préjudice aux autres, poussé par la crainte de laisser une postérité sans ressources, Dieu l'ordonne d'être équitable et raisonnable. Il a dit: «Ceux qui redoutent de laisser après eux des enfants en bas âge et sont inquiets, qu'ils craignent Allah et tiennent un langage de droiture» D'après Ibn Abbas et d'autres, il incombe à celui qui entend le moribond faire un tel testament, de l'interdire et le diriger vers la bonne voie et de traiter ses successeurs comme il se doit. Il a été rapporté dans les deux Sahihs que l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- vint rendre visite à Saad Ben Abi Waqqas qui était malade. Ce dernier lui dit: «Ô Envoyé de Dieu, je suis un homme fortuné et n'ai qu'une fille héritière. Puis-je faire une aumône des deux tiers de mes richesses? - Non, fut la réponse. - La moitié? - Non plus. - Alors le tiers?» Et le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- de répondre: «Oui le tiers, même ce tiers est beaucoup. Vaut mieux laisser tes héritiers riches que de les laisser quémander les gens» (Rapporté par Boukhari et Mouslim). Il en est des ulémas qui ont traité le verset autrement, et ont précisé qu'il s'agit des biens des orphelins en se référant au verset précédent: «Ne vous hâtez pas de les dilapider avant qu'ils ne deviennent majeurs» selon les dires d'Ibn Abbas. À mon avis, ajoute l'auteur de cet ouvrage, cette interprétation est la meilleure, car Dieu menace ceux qui dévorent injustement les biens des orphelins. En d'autres termes, c'est une exhortation à l'homme de traiter les orphelins qui sont à sa charge de la même façon dont ses enfants devraient être traités après lui.

Verset 10

Ceux qui gaspillent injustement les biens des orphelins, c'est comme s'ils nourrissaient leurs entrailles de feu. Ils sont voués à l'enfer. C'est pourquoi Dieu a ajouté: «Ceux qui gaspillent injustement les biens des orphelins c'est comme s'ils nourrissaient leurs entrailles du feu. Ils sont voués à l'enfer». D'après les deux Sahih, Abou Houraira a rapporté que l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit: «Évitez les sept périls». On lui demanda: «Quels sont-ils?» Il répondit: «Le polythéisme, la magie, le meurtre d'une âme que Dieu a interdit de tuer sauf pour une juste raison, l'usure, de dévorer injustement les biens de l'orphelin, la fuite du combat (dans la voie de Dieu) et de calomnier les femmes mariées croyantes et insouciantes» (Rapporté par Boukhari et Mouslim). Abou Barza a rapporté que l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit: «Au jour de la résurrection, des hommes seront ressuscités de leurs tombeaux et un feu jaillira de leurs bouches» On lui demanda: «Quels sont-ils, ô Envoyé de Dieu?» Il répondit: «Ne voyez-vous pas que Dieu a dit: «Ceux qui gaspillent injustement les biens de l'orphelin».

Verset 11

Ce verset, les versets suivants et le dernier cité à la fin de cette sourate constituent la base de la succession dont leurs développements et explications sont déduits des hadiths prophétiques et des interprétations des théologiens. Nous allons détailler grosso modo cette branche très importante de la loi islamique sans débattre les points qui sont le sujet de divergence entre les ulémas suivant les écoles. L'apprentissage des règles de la succession est un des sciences qu'on doit en avoir connaissance, car, selon un hadith rapporté par Abdullah Ben Omar, l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit: «La science en matière religieuse, comporte trois branches essentielles et tout ce qui se trouve en dehors d'elles, est un surcroît: un verset fondamental, une tradition (sunna) pratiquée et une prescription juste». (Rapporté par Abou Daoud et Ibn Maja). Abou Houraira rapporte que l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit: «Apprenez ce qui est relatif à la succession car elle constitue la moitié du savoir, elle pourra être oubliée comme elle pourra être la première science citée aux membres de ma communauté». (Rapporté par Ibn Majaj). D'après Al-Boukhari, Jaber Ben Abdullah a rapporté «Étant malade, l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- et Abou Bakr se rendirent chez moi à pied pour me visiter. Comme le Prophète me trouva inconscient, il demanda de l'eau, fit ses ablutions puis prit de cette eau pour m'asperger le visage. Recouvrant ma raison, je lui demandai: «Comment je dois disposer de mes biens?» C'est alors que Dieu fit cette révélation: «Quand il s'agit de vos enfants, Allah vous recommande d'attribuer au garçon la part de deux filles...». Jaber a rapporté un autre hadith qui est le suivant: «La femme de Sa'd Ben Al-Rabi' vint chez l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- et lui dit: «Ô Envoyé de Dieu, voilà les deux filles de Sa'd Ben Al-Rabi' qui a été tué à la bataille de Ouhod en martyr, leur oncle paternel s'empara de toute la succession sans leur en rien laisser, et tu sais qu'une fille ne sera demandée en mariage si elle est démunie». Il lui répondit: «Dieu, certes, me fera communiquer Son jugement» Aussitôt le verset relatif aux successions fut révélé, l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- manda l'oncle et lui dit: «Donne les deux tiers de la succession aux filles de Sa'd, le huitième à leur mère et garde le reste».(Rapporté par Ahmed, Abou Daoud, Tirmidzi et Ibn Majaj). Comme les hommes au temps de l'ignorance (Jahiliah), ne donnaient rien de la succession aux femelles, Dieu ordonne aux hommes d'être équitables envers leurs enfants aussi bien aux femelles qu'aux mâles. La raison pour laquelle la part du garçon est égale à celle de deux filles, revient aux charges que l'homme doit assumer, aux dépenses d'entretien, au commerce et aux efforts qu'il déploie. Certains ulémas ont tiré de ce verset une vérité que, par cette recommandation, Dieu est plus clément envers Ses créatures qu'une mère l'en est envers son enfant. D'après Boukhari, Ibn Abbas a dit: «Dans le temps, l'héritage était du droit des enfants et le legs en faveur des père et mère. Dieu a abrogé cela en imposant une part au garçon égale à celle de deux filles, un sixième à chacun des père et mère ou le tiers, à la femme le huitième ou le quart et au mari la moitié ou le quart (des cas qui dépendent de la présence des enfants)». Ibn Abbas a dit également: «Lorsque le verset des successions fut révélé, les gens éprouvèrent un certain embarras, se demandant comment peut-on attribuer une part à la femme, à la fille et au mineur alors qu'aucun d'eux ne participe à une guerre, ni emporte un butin? Puis les uns d'entre eux dirent aux autres: «ne discutez pas de cela, peut-être l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- l'oublie ou le change». Mais plus tard on lui dit: «Ô Envoyé de Dieu, comment peut-on donner la moitié de la succession à une fille qui ne monte jamais un cheval et ne combat pas, et attribuer une part au mineur qui n'est bon à rien?» À savoir qu'au temps de la Jahilia on ne réservait une part de l'héritage qu'à celui qui combattait en préférant l'aîné aux autres. Mais ce verset fut révélé afin que chacun reçoive ce qu'il a de droit. Quant aux parts réservées aux filles, on entend par le terme: «et s'elles soient plus de deux» que les deux tiers de l'héritage reviennent aux filles quand elles sont au nombre de deux et plus s'il n'y a pas des garçons héritiers. La preuve en est le hadith déjà mentionné plus haut concernant les deux filles de Sa'd Ben Al-Rabi'. Où le défunt laisse une seule fille, elle a droit à la moitié. Quant aux parts des père et mère, plusieurs cas sont à envisager: 1 - En cas de présence des enfants, mâles et femelles, chacun d'eux reçoit le sixième. S'il n'y a qu'une seule fille, elle a droit à la moitié et le reste sera réparti entre la mère qui a droit à son tiers, c'est à dire le sixième, et les deux autres tiers reviennent au père: un tiers en tant que père et un tiers en tant que «Açeb» (un agnat héritier). 2 - Si les père et mère sont les seuls héritiers, la mère obtient le tiers et les deux tiers reviennent au père. En cas de présence d'une femme ou d'un mari, la première reçoit le quart, le second la moitié, quant au reste un tiers est réservé à la mère et les deux autres au père. Le cas de la mère a suscité une divergence entre les ulémas et trois opinions ont été données à son sujet: A - Si les père et mère sont les seuls héritiers, ou s'il y a un mari ou une femme, la mère reçoit respectivement le tiers de l'héritage ou le tiers du reste, quant aux deux tiers, ils reviennent au père car Dieu a fixé la part de la femelle à la moitié de celle du mâle. Telle était l'opinion de la majorité des ulémas. B - Mais selon Ibn Abbas, dans les deux cas précédents, la mère a le droit au tiers de tout l'héritage en se basant sur le verset «S'il n'a pas de fils et que ses père et mère soient seuls héritiers, la mère aura un tiers» car ce verset a une portée générale abstraction faite de la présence d'une femme ou d'un mari. Mais cette opinion paraît faible. C- Lorsque le défunt laisse une femme, la succession sera répartie en douze parts: 3 pour la femme, 4 pour la mère et 5 pour le père. Lorsque le mari hérite de sa femme défunte: la mère a le droit au tiers du reste car si elle reçoit le tiers de l'héritage, la mère aura pris une part supérieure à celle du père. Dans ce cas: le mari a droit à la moitié c'est à dire 3 parts, la mère une part et le père deux parts. Telle était l'opinion d'Ibn Isrine qui est aussi faible» La première de ces trois opinions est la plus correcte et c'est Dieu qui est le plus savant. 3 - Il s'agit de la présence des père et mère avec les frères et sœurs qu'ils soient germains ou consanguins ou utérins. Ceux-là n'éliminent pas le père mais ils réduisent la part de la mère du tiers au sixième. S'il n'y a pas d'autres héritiers, et dans ce cas on donne à la mère le sixième de la succession et le reste revient au père. Cette partie du verset: «S'il laisse des frères et sœurs, la mère aura un sixième» concerne le paragraphe précédent, car comme on l'a montré, ces frères et sœurs réduisent la part de la mère sans qu'ils soient des héritiers. À savoir que s'il s'agit d'un seul frère, la mère aura une part intégrale, mais s'ils sont nombreux, alors sa part est fixée au sixième. Les ulémas ont justifié cela en disant que c'est le père qui devra leur assurer leurs dépenses et ce dont ils auront besoin. «Et cela après que les legs et les dettes du défunt auront été acquittés» Selon l'avis unanime des ulémas, anciens et contemporains, les dettes passent avant les legs et par la suite elles doivent être acquittées avant l'application des legs. À cet égard Ahmed et Tirmidhi ont rapporté que 'Ali Ben Abi Taleb a dit: «Vous récitez souvent ce verset: «Et cela après que les legs et les dettes du défunt auront été acquittés» mais sachez que l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a ordonné d'acquitter les dettes avant d'appliquer les legs, et que les frères et frères et sœurs germains héritent les uns des autres en excluant ceux qui sont consanguins, et que l'homme hérite de son frère germain en excluant son frère consanguin». «Vous n'êtes pas juges du degré d'affection et d'utilité de vos ascendants et de vos descendants» Dieu, par ce verset, rappelle aux hommes qu'il n'a laissé ni ascendant ni descendant sans qu'il n'obtienne une part de la succession en contredisant ce qui a été suivi au temps de l'ignorance. L'homme ne sait plus lequel sera utile dans la vie présente et dans l'autre, son père ou son fils?. «Toute réglementation en cette matière vient d'Allah» c'est à dire que les règles à suivre pour le partage de la succession comme il a été détaillé là-haut, sont une obligation imposée par Dieu, car Il est Sage et Juste, et connaît bien l'intérêt de Ses créatures.

Verset 12

Sur ce que laissent vos épouses, la moitié vous revient, si elles ne laissent pas d'enfants. Si elles laissent des enfants, vous n'avez droit qu'au quart. Et ce, sous réserve que les legs et dettes grevant leur succession aient été acquittées. Aux femmes revient le quart de ce que laissent leurs époux quand ils n'ont pas d'enfants. Quand ils laissent des enfants, elles ont droit au huitième. Et ce, sous réserve que les legs et dettes grevant leur succession aient été acquittées. Quand un homme ou une femme meurent sans laisser d'enfants, ou d'héritiers açeb, à la survivance d'un frère ou d'une sœur, ces derniers ont droit chacun à un sixième. S'ils sont plusieurs, ils auront droit indivisément au tiers de la succession. Et ce, après acquittement des legs et dettes de la succession, étant excepté l'hypothèse où les legs porteraient préjudice aux héritiers. Cette réglementation vient d'Allah. Allah qui sait tout et qui est clément. (12). Dieu fait connaître aux époux qu'ils ont droit à la moitié de ce que laissent leurs femmes si elles n'ont pas d'enfants, ou au quart si elles ont d'enfants, après l'acquittement des dettes et des legs car toute succession ne peut être répartie si elle est grevée de ces deux derniers dont leur acquittement doit devancer tout. D'autre part les petits-enfants, les enfants des enfants des défunts jouissent des mêmes droits que les fils en l'absence de ceux-ci. Quant aux femmes, elles ont droit au quart de l'héritage s'il n'y a pas d'enfants, ou au huitième en présence de ces derniers. Si le défunt laisse plus d'une femme, elles auront droit au quart ou au huitième quel que soit leur nombre, et toujours après l'acquittement des dettes et legs. La question des cognats, c'est à dire qui ne sont ni les ascendants ni les descendants du défunt, est très délicate et revêt une certaine importance car elle n'est pas claire dans le Livre de Dieu. À cet égard on a demandé Abou Bakr au sujet des cognats, il a répondu: «Je vous donne ma propre opinion, si elle s'avère juste, ce sera par la grâce de Dieu. Mais si elle est autrement, ce sera une erreur de ma part et du démon; Dieu et Son Envoyé la désavouent. Le cognat est la personne qui ne fait partie ni d'une ascendance ni d'une descendance du défunt». Comme du Califat de 'Omar on lui a posé la même question, il s'écria: «J'ai honte de contredire Abou Bakr». «... à la survivance d'un frère ou d'une sœur» il s'agit d'un frère ou d'une sœur utérins comme l'a interprété Abou Bakr As-Siddiq «ces derniers ont droit chacun au sixième...» S'ils sont plusieurs, ils auront droit individuellement au tiers de la succession» Le cas des frères et sœurs utérins est différent des autres cas dans les points suivants: 1 - Ils partagent la succession avec les proches de la mère. 2 - Ils ont une part égale sans distinction entre mâle et femelle. 3 - Ils n'ont aucune part en présence - par rapport au défunt - d'un père ou un grand-père, ou un fils ou un petit-fils. 4 - Ils n'ont droit qu'au tiers quel que soit leur nombre: mâles et femelles. Mais les opinions des ulémas ont été divergées au sujet de ce qu'on appelle «le cas commun» et qui est le suivant: une femme meurt en laissant: un époux, une mère ou une grand mère, deux fils et filles utérins et un ou plus des fils et filles germains. Selon l'opinion de la majorité des ulémas, la succession sera partagée de la façon suivante: - La moitié à l'époux. - Le sixième à la mère ou la grand mère. - Le tiers aux frères et sœurs utérins et germains car ils sont tous Ce cas eut lieu du temps de 'Omar Ben Al-Khattab qui appliqua la règle sus-mentionnée mais en privant les frères et sœurs germains qui vinrent lui dire: «Suppose que notre père était un âne, ne sommes-nous pas nés d'une même mère?» 'Omar alors revient sur sa décision et donna le tiers à tous les frères et sœurs utérins et germains. «Et ce, après acquittement des legs et dettes de la succession, étant excepté l'hypothèse où les legs porteraient préjudice aux héritiers» On comprend par cette partie du verset que celui qui veut faire un legs ne doit pas causer un préjudice à quiconque. En d'autres termes ce legs ne devra pas diminuer la part d'un réservataire ni l'en priver en outrepassant les ordres de Dieu. Quiconque agit de la sorte aura contredit Dieu. C'est pourquoi le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit dans un hadith rapporté par Ibn Abbas: «C'est un grand péché qu'un legs fasse préjudice aux héritiers». Une divergence a éclaté entre les ulémas: A-t-on le droit de faire un legs à un réservataire? Ceci n'est pas permis en se basant sur ce hadith: «L'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit: «Dieu a donné à chacun ce qu'il a de droit, donc aucun legs ne devra être fait en faveur d'un héritier.»' Telle était aussi l'opinion de Malek, Ibn Hanbal, Abou Hanifa et Chafei, mais ce dernier l'a tolérée plus tard. Certains ont jugé qu'il ne faut pas léguer à un héritier pour que les autres n'en conjecturent pas, et le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit: «Évitez de conjecturer sur autrui, car de telle conjecture est la plus mensongère des paroles». Dieu a dit: «Dieu vous ordonne de restituer les dépôts» [Coran IV, 58] Sans qu'il favorise personne parmi les héritiers». Il n'y a pas de mal, dans certains cas, à léguer une chose à un héritier avec le consentement des autres, mais si ce legs est un moyen de distinction entre les héritiers en diminuant une part ou en l'augmentant, ceci est interdit.

Verset 13

Ce que Dieu a montré dans les versets précités, constitue une loi successorale tant aux héritiers qu'à leurs parts, et personne n'est toléré à la transgresser. Par contre, Dieu introduira dans le Paradis quiconque Lui aura obéi ainsi à Son Prophète, en observant strictement Sa prescription. Quant aux désobéissants, ceux qui cherchent à enfreindre cette loi, qu'ils soient prêts à être précipités dans la Géhenne, car ils auraient par leur faire, contredit les commandements divins. À ce propos, Abou Houraira rapporte que l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit: «L'homme passe soixante-dix années à faire des actes de bien, mais en faisant son legs, il se montre injuste. Il termine ainsi sa vie par un péché et entrera à l'enfer. Par contre, l'homme passe soixante-dix années à faire le mal mais il observe la justice dans son legs vers la fin de la vie la terminant ainsi par un acte de bien et sera introduit au Paradis». Et Abou Houraira d'ajouter: «Récitez si vous voulez: «Tels sont les commandements d'Allah... jusqu'à la fin du verset»

Verset 14

Les désobéissants qui transgressent les limites imposées par Dieu et Son Envoyé seront voués à l'Enfer où ils subiront un châtiment humiliant et éternel.

Verset 15

Au début de l'ère islamique, une fois qu'une femme ait commis l'adultère confirmée par des preuves évidentes, on la retenait chez elle jusqu'à sa mort. Ces preuves consistent à appeler quatre témoins qui certifient cette action infâme. La rétention de la femme chez elle était donc la peine appliquée jusqu'à la mort ou, comme Dieu le montre dans le verset, qu'Il modifie son destin c'est à dire un moyen de salut. Ce moyen, selon Ibn Abbas, fut plus tard, la flagellation ou la lapidation citées dans la sourate (La lumière.) [Coran XXIV].

Verset 16

À ce propos Oubada Ben As-Samet rapporte que le Prophète - qu'Allah le bénisse et le salue- a dit: «Retenez ceci! Retenez ceci! Dieu n'a montré le sort de la femme adultère: Hommes et femmes non mariés subiront cent coups de fouet et un exil d'un an. Hommes et femmes mariés subiront cent coups de fouet et une lapidation (jusqu'à la mort)» (Rapporté par Mouslim et les auteurs des Sunna). L'Imam Ahmed qui rapporte ce hadith a affirmé que cette peine double: flagellation et lapidation, est appliquée à la personne mariée, mais la plupart des ulémas ont jugé qu'il faut appliquer la peine capitale seule qui est la lapidation jusqu'à la mort, tirant argument du faire du Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- quand il a ordonné de lapider Ma'ez, Al-Ghamidiah et les deux juifs -qui avaient commis l'adultère- sans les flageller. «Sévissez contre les hommes et les femmes qui se livrent à la débauche» et ceci en les injuriant, les réprimandant et les frappant par les chaussures, comme a dit Ibn Abbas mais plus tard Dieu imposa la peine prescrite: la flagellation ou la lapidation. Moujahed a dit que ce verset fut révélé au sujet des hommes qui pratiquent l'homosexualité, ce qui a été soutenu par Ibn Abbas en rapportant que l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit: «Tuez ceux qui pratiquent la sodomisation» (litt. les actes du peuple de Loth)». Mais «s'ils se repentent et s'amendent» en laissant cette débauche sans y revenir «laissez-les en paix» sans les blâmer ni les invectiver, car celui qui se repent sincèrement et cesse de commettre un péché, c'est comme s'il n'a pas péché. Dieu revient sans cesse vers le pécheur repentant. Il est miséricordieux.

Verset 17

Il est cité dans les deux Sahihs que l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit: «Lorsqu'une de vos esclaves commet l'adultère, qu'il lui applique la peine prescrite sans l'invectiver» (Rapporté par Boukhari et Mouslim). On entend par cela que la peine était pour elle une expiation de son péché. Il s'agit de ceux qui commettent les fautes et les péchés par ignorance, puis se repentent avant que la mort ne leur survienne. Dieu accepte leur repentir s'ils cessent d'y revenir. La question qui a suscité beaucoup d'opinions provient de l'interprétation du mot «aussitôt». Certains ont dit qu'il s'agit d'un mois, d'autres, juste avant la mort en se référant à ce hadith prophétique rapporté par Abou Houraira: «Dieu accepte le repentir du pécheur tant que celui-ci n'a pas rendu l'âme».

Verset 18

Le repentir n'est pas accepté de ceux qui font le mal jusqu'à ce que la mort se présente à l'un d'eux et qu'il dise alors: 'Je me repens maintenant', car ce repentir tardif, motivé par la peur de la mort, n'est pas sincère. De même, le repentir n'est pas accepté de ceux qui meurent en état de mécréance. Pour ceux-là, Nous avons préparé un châtiment douloureux.

Verset 19

D'après Al-Boukhâri, Ibn Abbas a commenté le premier verset en disant: «Dans le temps, lorsqu'un homme mourait, ses proches prétendaient qu'ils avaient plus de droit à sa femme que les autres, ils l'épousaient ou la mariaient à un autre ou ils la retenaient sans la laisser se remarier. Dieu fit alors cette révélation: «Ô croyants, il vous est interdit de vous attribuer des femmes par voie d'héritage contre leur gré». Dans une autre version, Ibn Abbas a dit que, du temps de l'ignorance, lorsque le mari mourait et qu'un homme venait de mettre un vêtement sur la veuve, il avait plus de droit à l'épouser que tout autre homme, et c'est pourquoi Dieu a fait cette révélation. Quant au commentaire de Zaïd Ben Aslam, il est le suivant: «Du temps de l'ignorance, lorsqu'un homme de Yathrib mourait, son héritier gardait la veuve comme étant une succession. Il l'empêchait de se remarier jusqu'à ce qu'elle lui cède sa part de la succession ou qu'elle accepte l'homme qu'il lui présentait. Quant aux habitants de Touhama, l'homme maltraitait sa femme et la répudiait en stipulant de ne la laisser plus se remarier jusqu'à ce qu'elle se rachète par une partie des biens qu'il lui avait donnés». Dieu a interdit aux hommes un tel comportement. Ibn Jouraij a rapporté que ce verset fut révélé au sujet de Kabicha la fille de Ma'n Ben 'Assem Ben Al-Aws. Comme son mari Abou Qaïs Ben AL-Aslat mourut, son fils la contraignit. Elle vint se plaindre auprès de l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- et lui dit: «Ô Envoyé de Dieu, je n'ai rien hérité de mon mari et son fils ne me laisse pas me remarier». Dieu fit alors descendre ce verset. En général on peut retenir de ce verset une chose essentielle qui consiste à ne plus maltraiter la femme si la vie conjugale devient incompatible, ou la contraindre à se racheter d'une partie, ou de tout ce que l'homme lui avait donné, ou de lui céder la dot pour la répudier, ou la laisser se remarier. Mais ceci est soumis à une condition qu'on trouve dans la suite du verset: «à moins qu'il ne soit avéré qu'elles sont coupables de fornication» Dans ce cas, d'après Ibn Abbas et Ibn Mass'oud, il est permis à l'homme de reprendre la dot et tout ce qu'elle lui offre pour la répudier, ce genre de répudiation on l'appelle «Khol'a» où la femme se rachète. Un tel agissement est toléré car Dieu l'a permis quand Il a dit: «Il vous est interdit de reprendre à vos femmes quoi que ce soit de ce que vous leur avez donné, à moins que tous deux ne craigniez d'outrepasser les lois d'Allah en vivant ensemble» [Coran II, 229]. Il s'avère de toutes ces explications que cela se passait du temps de l'ère préislamique -la Jahilia- À cet égard Abdul Rahman Ben Zaïd a dit: «Un Qoraïchite à La Mecque épousait une femme d'une noble lignée. Comme il trouvait plus tard que la vie avec elle est difficile, il la répudiait à condition de ne plus se remarier qu'avec sa permission. À ces fins, il appelait les témoins et mettait ça par écrit. Lorsqu'un homme venait le demander en mariage, l'ex-mari lui accordait son autorisation à condition qu'elle se rachète en le rendant satisfait, sinon, il l'empêchait de se remarier. «Montrez-vous convenables envers elles durant la vie commune» c'est une exhortation à avoir un bon comportement envers les femmes en leur tenant un langage aimable, les traitant avec douceur et se présentant devant elles avec un aspect convenable. Bref traitez-les de la façon dont vous désirez être traités, en d'autres termes conformez-vous aux dires de Dieu:«Les femmes ont autant de droits que de devoirs dans le mariage suivant une juste mesure» [Coran II, 228]. À cet égard l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit: «Le meilleur d'entre vous est celui qui est bon envers sa femme. Je suis le meilleur d'entre vous envers mes femmes». En effet il traitait ses femmes de la plus belle façon: il les câlinait, plaisantait avec elles et dépensait pour elles dans la mesure de sa capacité. On a rapporté que le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- pour se montrer aimable avec Aïcha la mère des croyants, faisait la course avec elle. Elle raconte: «Étant tout jeune et très mince j'ai emporté la course. Mais plus tard, après avoir gagné un certain poids, il l'a emporté. Il m'a dit: «Maintenant nous sommes quittes». Il réunissait toutes ses femmes dans l'appartement de celle à laquelle il consacrait la nuit pour prendre le dîner ensemble. Ensuite chacune d'elle s'enfermait dans son propre appartement et il passait la nuit avec la femme chez qui il se trouvait et la cohabitait en se comportant comme un époux affectueux. Et nous avons dans le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- un bel exemple. «Vous pouvez avoir de l'antipathie pour elles, mais ce pour quoi vous avez de l'antipathie, il se peut que ce soit une source de bonheur pour vous» c'est à dire peut-être vous éprouvez de l'aversion pour vos femmes en se montrant patients par le fait de les garder chez vous malgré cette aversion en laquelle Dieu a placé un bien pour vous dans la vie présente et dans l'au-delà. Ibn Abbas a commenté ceci de cette façon: L'homme étant compatissant envers sa femme, il se peut qu'elle lui engendre un enfant qui sera pour lui une source de biens et de bonheur. Dans un hadith rapporté par Abou Houraira, le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit: «Un croyant ne doit pas haïr sa femme croyante. S'il trouve en elle un caractère qui lui déplaît, sûrement un autre caractère pourra le satisfaire» (Rapporté par Mouslim).

Verset 20

«Désirez-vous prendre une femme à la place d'une autre? Et avez-vous donné un quintal d'or à celle que vous renvoyez? Sur ce don, ne prélevez rien. Un tel prélèvement serait entaché d'injustice et d'une iniquité manifestes» C'est une recommandation à ceux parmi les hommes qui veulent répudier leurs femmes pour se marier d'avec d'autres, de rien reprendre quoique ce soit de ce qu'ils leur avaient donné en tant que dot ou dons. Car ce faire constitue une infamie et un péché évident. On peut déduire de ce verset qu'il est toléré d'accorder à la femme une dot d'une certaine valeur selon la capacité et les circonstances. À ce sujet 'Omar Ben Al-Khattab interdisait aux hommes de présenter une grande dot aux femmes, mais plus tard, il revenait sur ses paroles. D'après l'imam Ahmed, 'Omar a dit: «N'exagérez pas dans la dot que vous donnez à la femme: Car si une telle dot constituait une considération pour la femme dans la vie présente ou une crainte révérencielle de Dieu, votre Prophète l'aurait faite. Sachez que l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- n'a donné à une de ses femmes, et n'a demandé pour ses filles, une dot qui a dépassé les douze onces d'argent». Masrouq a rapporté cette anecdote: «Un jour, 'Omar Ben Al-Khattab monta sur la chaire de l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- et dit aux hommes: «Pourquoi montrez-vous très généreux dans les dots des femmes! L'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- et ses compagnons ont fixé la dot à quatre cent dirhams et même moins. Si cette dot exagérée émanait de la crainte révérencielle de Dieu ou une haute considération pour les femmes, ils vous auraient devancés. Donc nul d'entre vous n'est tenu de donner plus de quatre cent dirhams». En descendant de la chaire une femme Qoraïchite lui barra le chemin et lui dit: «Tu viens d'interdire aux hommes de donner plus que quatre cent dirhams comme dot?» - Oui, répondit-il. Et la femme d'ajouter: «N'as-tu pas entendu ce que Dieu a révélé dans Son Livre?» - Qu'est-ce qu'Il a dit? - N'as tu pas entendu Dieu dire: «Et avez-vous donné un quintal d'or à cette...» Omar s'écria alors: «Grand Dieu, je Te demande pardon. Tout le monde est plus instruit que 'Omar». Il remonta sur la chaire et s'adressa aux gens: «Hommes! Je vous ai interdit de donner plus que quatre cent dirhams comme une dot aux femmes. Que celui qui veut donner plus, le fasse». C'est pourquoi Dieu désavoue les actes de certains hommes en disant: «Comment oseriez-vous leur reprendre quelque chose après que l'union la plus intime vous a associés.» Il s'agit, comme a dit Ibn Abbas, de rapports sexuels. Il est cité dans les deux Sahihs que l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- aurait dit à un homme et une femme qui étaient venus chez lui pour faire des serments d'anathème «Dieu sait bien que l'un de vous est menteur, voudrait-il se repentir?» Il le répéta à trois reprises. L'homme s'écria: «Ô Envoyé de Dieu, que dis-tu de l'argent que je lui ai donné (c.à.d la dot). Il lui répondit: «Tu n'as droit à rien. Si tu as dit la vérité, l'argent que tu lui as donné est le prix de votre cohabitation (le rapport charnel) mais si tu as menti, elle a le droit à s'en approprier». «Et que vous avez échangé de solennelles promesses» Il s'agit du contrat du mariage. Mais Soufian AL-Thawri l'a commenté en disant: «C'est la reprise d'une manière convenable ou le renvoi décent». Il est cité dans le Sahih, d'après Jaber, que le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit dans le discours du pèlerinage de l'adieu: «Craignez Dieu en vos femmes, car vous les avez prises selon un pacte que vous avez conclu avec Dieu, et ce n'est qu'avec la permission de Dieu que vous cohabitez avec elles». (Rapporté par Mouslim)

Verset 21

"Comment oseriez-vous leur reprendre quelque chose, après que l'union la plus intime vous a associés et que vous avez échangé de solennelles promesses." Il s'agit, comme a dit Ibn Abbas, de rapports sexuels. Il est cité dans les deux Sahihs que l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- aurait dit à un homme et une femme qui étaient venus chez lui pour faire des serments d'anathème "Dieu sait bien que l'un de vous est menteur, voudrait-il se repentir?" Il le répéta à trois reprises. L'homme s'écria: "O Envoyé de Dieu, que dis-tu de l'argent que je lui ai donné (c.à.d la dot)." Il lui répondit: "Tu n'as droit à rien. Si tu as dit la vérité, l'argent que tu lui as donné est le prix de votre cohabitation (le rapport charnel) mais si tu as menti, elle a le droit à s'en approprier". "Et que vous avez échangé de solennelles promesses" Il s'agit du contrat du mariage. Mais Soufian Al-Thawri l'a commenté en disant: "C'est la reprise d'une manière convenable ou le renvoi de comment". Il est cité dans le Sahih, d'après Jaber, que le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit dans le discours du pèlerinage de l'adieu: "Craignez Dieu en vos femmes, car vous les avez prises selon un pacte que vous avez conclu avec Dieu, et ce n'est qu'avec la permission de Dieu que vous cohabitez avec elles". (Rapporté par Mouslim)

Verset 22

"Ne prenez pas pour épouses les femmes qui ont été unies à vos pères" C'est une interdiction catégorique aux hommes d'épouser les femmes que leurs pères ont eue pour épouses et ceci par égards aux pères en leur gardant le respect convenable. 'Ady Ben Thabet a raconté que Abou Qais, qui était l'un des meilleurs Ansariens, mourut. Son fils Qais proposa à la veuve de l'épouser, elle lui répondit: "Je te prends pour un de mes enfants et tu es un homme vertueux. Laisse-moi aller voir l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- et lui demander son opinion." En racontant le fait au Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- il lui répondit de retourner chez elle (sans lui donner son avis). Dieu à cette occasion fit descendre ce verset. Comme ce genre de mariage était pratiqué du temps de la Jahilia, d'après al-Souhaili, c'est pourquoi Dieu a ajouté: "Cette défense ne s'applique pas au passé" comme il a dit aussi en ce qui concerne deux sœurs: "et d'avoir pour épouses en même temps deux sœurs". Ce qui affermit ce genre de mariage l'histoire de Kinan ben Khouzaima qui avait épousé la femme de son père mort, qui lui engendrait An-Nadar Ben Kinan. L'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- avait dit à ce propos: "Il est né d'un mariage légal et non d'une fornication". Ibn Abbas a dit que les hommes du temps de l'ignorance s'interdisaient des femmes que Dieu a rendues illicites sauf la femme du père et les deux sœurs ensemble. Dieu décrit ce mariage comme étant: "Une inconvenance et une immoralité flagrantes" Certes ceci est un acte haïssable car quiconque épouse la femme d'un autre déteste l'ex-mari, ainsi le fils sera poussé à détester son père. Et pour la même raison Dieu a interdit de se marier d'avec les femmes du Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- après lui, étant donné qu'elles sont en tant que mère des croyants et le Prophète en tant qu'un père des musulmans. Donc épouser la femme du père est un acte abominable et un chemin détestable, quiconque l'emprunte après cet avertissement aura apostasié, sera exécuté et ses biens iront au trésor public. A cet égard Al-Bara' Ben Azeb rapporte: "Mon oncle paternel Al-Hareth Ben Amrou était l'un de mes porteurs un étendard que le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- lui a confié. Je lui demandai: "Vers qui le Prophète t'a envoyé?" Il me répondit: "Il m'a envoyé vers quelqu'un qui a épousé la femme de son père pour le tuer".

Verset 23

"Il vous est interdit d'épouser vos mères, vos filles, vos sœurs, vos tantes paternelles et maternelles, vos nièces des deux branches, vos mères et vos sœurs de lait, les mères de vos femmes, les filles des femmes avec qui vous avez consommé le mariage et qui sont sous votre garde. Pour ces dernières, il n'y a pas interdiction si le mariage n'a pas été consommé. Il vous est également interdit d'épouser les femmes de vos fils et d'avoir pour épouses en même temps deux sœurs. Passé est du passé! Allah est miséricordieux et Gafour-Rahim." Ce verset renferme les interdictions imposées par le lien de parenté, l'allaitement et la descendance. Les ulémas ont ajouté aux femelles citées dans le verset l'adultérine qui est considérée parmi les filles du fornicateur. Telle était l'opinion de Malek, Abou Hanifa et Ahmed Ben Hanbal. Quant à Chafé'i il ne l'a pas considérée en tant que telle car elle est illégale, et n'hérite pas de la succession. "Vos mères et vos sœurs de lait" Comme la mère qui a engendré l'homme lui est interdite, celle qui l'a allaité lui est également. A cet égard, il est cité dans le Sahih de Mouslim et de Boukhari que 'Aicha - la mère des croyants, a rapporté que l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit: "L'allaitement impose les mêmes interdictions que l'enfantement". "Les mères de vos femmes, les filles des femmes avec qui vous avez consommé le mariage" Selon l'unanimité, la mère de l'épouse sera interdite dès que l'homme conclut le contrat du mariage avec sa fille que le mariage ait été consommé ou non. Quant aux filles des femmes avec qui on a conclu le contrat du mariage elles ne sont interdites tant que le mariage n'est pas consommé. Si l'homme répudie cette femme avant la consommation du mariage, il a le droit d'épouser sa fille selon les dires de Dieu: "Il n'y a pas interdiction si le mariage n'a pas été consommé" "Il vous est également interdit d'épouser les femmes de vos fils" Il s'agit des fils issus de vos reins pour les distinguer des autres adoptifs, une coutume qui était en vigueur du temps de l'ignorance (la Jahilia). "Et d'avoir pour épouses en même temps deux sœurs" Il est aussi interdit d'épouser deux sœurs qui vivent ensemble chez le même homme ni de les avoir en tant que captives, exception faite pour le passé, car Dieu a pardonné aux hommes qui pratiquaient ceci du temps de la Jahilia. Allah est miséricordieux et Gafour-Rahim.

Verset 24

"Il vous est interdit d'épouser les femmes déjà engagées dans le mariage, à moins que ce ne soient des captives. C'est ce qu'Allah vous commande. Hormis ces interdictions, il vous est loisible d'employer vos biens à vous établir par mariage mais non à vivre en concubinage. A toute femme avec qui vous aurez consommé le mariage, donnez la dot convenue. Il ne vous est pas défendu de modifier par la suite le montant de cette dot. Allah est omniscient et sage." C'est à dire les femmes mariées de bonne condition sont aussi interdites à moins qu'elles ne soient des captives de guerre, car il est permis d'avoir de rapports avec ces dernières à condition de s'assurer de leur vacuité (c.à.d non enceintes). A ce propos Abou Sa'id Al-Khoudri a rapporté: "Dans une de nos expéditions nous avons eu, parmi le butin, des femmes de Awtas qui avaient des époux. Comme nous répugnions de les cohabiter, nous demandâmes l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- à leur sujet. Dieu alors fit descendre ce verset: "Il vous est interdit d'épouser les femmes déjà engagées dans le mariage, à moins que ce ne soient des captives" Et par la suite nous eûmes de rapports avec elles. "Hormis ces interdictions, il vous est loisible d'employer vos biens à vous établir par mariage mais non à vivre en concubinage". Cela signifie que hormis les interdictions citées dans le verset, il est permis aux hommes d'utiliser leurs biens pour satisfaire leur désir, honnêtement, sans se livrer à la débauche. "A toute femme avec qui vous aurez consommé le mariage, donnez la dot convenue" c'est à dire en échange de cette jouissance, donnez le douaire aux femmes, une chose confirmée par ce verset dont nous avons parlé auparavant: "Remettez à vos femmes leurs dots en toute propriété" [Coran IV, 4] et par ce verset également: "Il vous est interdit de reprendre à vos femmes quoi que ce soit de ce que vous leur avez donné" [Coran II, 229]. "Il ne vous est pas défendu de modifier par la suite le montant de cette dot." c'est à dire si vous fixez à la femme une dot et elle vous en décharge plus tard, vous ne commettez pas une faute en vous décidant d'un accord pareil. Allah est omniscient et sage.

Verset 25

"Celui qui n'aura pas les moyens d'épouser des femmes de bonne condition, cherchera parmi les esclaves jeunes et fidèles. Allah connaît mieux que quiconque la qualité de votre foi. Vous descendez tous les uns des autres. Ne les épousez qu'avec l'autorisation de leurs maîtres. Donnez-leur une dot convenable. Assurez-vous qu'elles soient vertueuses, qu'elles ne se soient pas livrées à la débauche et qu'elles n'aient pas de liaisons clandestines. Si, après le mariage, elles commettent l'adultère, la peine à leur appliquer doit être moitié moindre que celle prévue pour les femmes de condition libre. De telles unions sont tolérées pour ceux qui craignent d'avoir des rapports illicites. Si vous pouvez supporter l'abstinence du célibat, c'est préférable. Allah est miséricordieux et clément." A celui qui est incapable d'épouser une femme de bonne condition et de lui assurer une vie conjugale à cause de la pénurie de ses moyens, Dieu ordonne de prendre une parmi les captives de guerre croyantes après l'autorisation de son maître. Dans ce cas, l'homme n'est pas tenu de juger la véracité de la foi de ces esclaves d'une façon catégorique, mais il n'a qu'à juger l'apparence et le comportement de cette femme et c'est Dieu seul qui est apte à scruter le tréfonds du cœur. Donc l'autorisation du maître est absolument nécessaire d'après ces deux hadiths: - "Tout esclave se marie sans la permission de son maître est un fornicateur". - "Une femme ne peut pas donner une autre en mariage, ni une femme ne peut s'en donner sans représentant. Car toute femme qui se donne en mariage est fornicatrice". "Donnez-leur une dot convenable" c'est à dire de bon gré sans les léser étant des esclaves, mais à condition qu'elles soient chastes et pudiques, sans être des prostituées ou bien qu'elles s'adonnent à la débauche ou d'avoir des relations clandestines avec certains hommes. Au cas où ces esclaves, ayant accédé à une bonne condition, commettent l'adultère: "La peine à leur appliquer doit être moitié moindre que celle prévue pour les femmes de condition libre". "De telles unions sont tolérées pour ceux qui craignent d'avoir des rapports illicites". Comme on l'a montré auparavant le mariage d'avec une esclave est soumis à certaines conditions pour celui qui redoute la débauche et que le célibat lui pèse. Mais s'il s'abstient et se montre patient, cela lui vaudra mieux car un tel mariage n'engendre que des enfants esclaves et appartiendront au maître de cette esclave. C'est pourquoi Dieu a dit: "Si vous pouvez supporter l'abstinence du célibat, c'est préférable". Allah est miséricordieux et clément.

Verset 26

Le Seigneur, par ces versets et d'autres, veut montrer aux croyants le licite et l'illicite, en leur faisant connaître les traditions des générations passées et agréées par Lui. Il veut également les diriger comme Il veut leur pardonner, car Il connaît parfaitement les actions des hommes et Il est juste.

Verset 27

"Tandis que ceux qui s'abandonnent à leurs passions souhaitent de vous entraîner dans les excès" Il s'agit des adeptes du Démon parmi les juifs, les chrétiens et les fornicateurs qui veulent faire détourner les croyants de la Vérité pour suivre l'erreur, et les entraîner sur une pente dangereuse.

Verset 28

Dieu connaît bien que l'homme est né faible et ne peut observer strictement les lois et prescriptions divines. Pour cela Il lui a permis d'épouser les esclaves dans les conditions qu'on a montrées. Telle est l'opinion de Moujahed et d'autres. L'homme est toujours faible envers les femmes comme ont précisé Taous et Waki'. Lors de l'ascension Moïse -que Dieu le salue- demanda à notre Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue-: "Qu'a prescrit le Seigneur à ta communauté?" -Cinquante prières le jour et la nuit, lui répondit-il. -"Retourne vers ton Seigneur, répliqua Moïse, et demande-Lui l'allégement car ta communauté sera incapable de les accomplir. J'ai tenté les gens avant toi en leur prescrivant une chose moindre que ça mais ils se montraient incapables. Ta communauté aussi est plus faible en cela" Il ne cessa de faire le parcours entre le Seigneur et Moïse qu'à la fin les prières furent réduites à cinq.

Verset 29

"O vous qui croyez, ne vous appropriez pas vos biens les uns les autres sans cause, excepté s'il s'agit d'un négoce par consentement mutuel. Et ne vous tuez pas les uns les autres. Certes, Allah est Miséricordieux envers vous." Dieu qu'il soit béni et exalté interdit aux hommes de manger leurs biens par des moyens illicites comme l'usure, et le jeu de hasard et autres, même si on leur donne la forme légitime qui est au regard de Dieu une ruse pour pratiquer l'usure. Mais Dieu a fait exception dans la suite du verset en disant: "A la base de vos échanges, qu'il y ait une opération honnête librement consentie par vous." C'est à dire sauf quand il s'agit d'un négoce par consentement mutuel où vous gagnez honnêtement vos biens sans léser personne. D'après les différents dires des ulémas, on peut affirmer que le consentement des deux parties: acheteur et vendeur, est à la base de tout négoce honnête. "Ne vous tuez pas les uns les autres" Deux interprétations ont été données à ce verset: 1 -L'interdiction de commettre les péchés soit en s'exposant à la perdition en exerçant différentes actions, soit en dévorant les biens à tort, car Dieu est miséricordieux envers les hommes quand ils observent Ses ordres. 2 - Le suicide: Abou Houraira a rapporté que l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit: "Celui qui se tue avec un morceau de fer, viendra au jour de la résurrection ce fer à la main où il se frappera le ventre et sera précipité en enfer pour l'éternité. Celui qui se tue en avalant du poison, en boira toujours au jour de la résurrection où il entrera à l'enfer pour y demeurer éternellement". (Rapporté par Ibn Marida-weth). Dieu met les hommes en garde d'outrepasser Ses ordres et interdictions et de commettre les péchés sciemment, car ils seront voués à l'enfer pour l'éternité. Certes, Allah est Miséricordieux envers vous.

Verset 30

"Et quiconque commet cela par transgression et injustice, Nous le jetterons au Feu, et cela est facile pour Allah." Dieu met les hommes en garde d'outrepasser Ses ordres et interdictions et de commettre les péchés sciemment par transgression et injustice, car ils seront voués à l'enfer pour l'éternité. Cela est facile pour Allah.

Verset 31

«Si vous évitez de commettre des péchés graves, nous vous pardonnerons vos péchés véniels» Plusieurs hadiths ont été rapportés au sujet de ce verset, concernant les péchés capitaux, nous allons nous contenter de citer quelques uns qui nous donnent une explication suffisante. Abou Houraira et Abou Sa'id ont rapporté: «Un jour le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- nous sermonna et dit: «Par celui qui tient mon âme dans Sa main». Il répéta cela trois fois puis abaissa la tête. Nous fîmes de même et commençâmes à pleurer sans savoir la raison et pourquoi il jura trois fois et garda la tête baissée. Enfin il la releva, réjouissant, et son aspect nous parut aussi préféré que de posséder des chameaux roux. Il reprit: «Pas un homme qui s'acquitte des cinq prières, jeûne le mois de Ramadan, verse la zakat de ses biens et évite de commettre les sept grands péchés, sans que les portes du Paradis ne s'ouvrent devant lui et on lui dira: «Entrez-y en paix». (Rapporté par Nassaï, Al-Hakem et Ibn Hibban)». Les sept péchés capitaux. Il est cité dans les deux Sahihs que l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit: «Evitez les sept périls (ou les grands péchés)». On lui demanda: «Quels sont ces péchés ô Envoyé de Dieu?» Il répondit: «Ils sont le polythéisme, la magie, le meurtre d'une âme que Dieu a interdit de tuer sauf pour une juste raison, l'usure, de dévorer injustement les biens de l'orphelin, la fuite au jour du combat et de calomnier les femmes mariées croyantes et insouciantes» (Rapporté par Boukhari et Mouslim). Tels sont les sept péchés capitaux cités dans le hadith, mais cela ne veut pas dire qu'ils sont les seuls comme nous allons le montrer plus loin.

Verset 32

Moujahed rapporte qu'Oum Salama demanda à l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue-: «O Envoyé de Dieu, les hommes font les expéditions et nous, les femmes, ne les faisons pas et la part d'une femme de la succession est la moitié de celle de l'homme?» C'est à cette occasion que le verset sus-mentionné fut révélé. Mais Ibn Abbas raconte qu'une femme vint trouver le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- et lui dit: «O Envoyé de Dieu, la part du garçon, de l'héritage, est égale à celle des deux filles, le témoignage des deux femmes contre celui d'un seul homme. Ainsi quand nous secouvrons la femme qui fait une bonne action on lui inscrit la moitié» Dieu alors fit cette révélation: «N'enviez pas les bienfaits...» Selon une autre version Ibn Abbas a commenté le verset et dit: «Qu'un homme ne dise pas: «Ah, si je possédais les richesses d'un tel et j'avais une femme comme la sienne». Dieu a interdit aux hommes ce genre d'envie et qu'ils Lui demandent de leur accorder de Ses faveurs». Puis Dieu a dit: «Une part de leurs œuvres restera aux hommes; une part de leurs œuvres restera aux femmes» qui signifie que chacun sera rétribué selon ses œuvres qu'elles soient bonnes ou mauvaises. Mais Ibn Abbas a dit qu'il s'agit de la succession. Le Seigneur montre aux hommes et aux femmes qu'il faut voir pour amender leur état en leur disant: «Demandez à Allah ses bienfaits» En d'autres termes, ne convoitez pas les faveurs dont Dieu a gratifiés certains hommes car c'est une chose déjà décidée, et ce souhait ne mènera à rien, mais plutôt demandez à Dieu qu'il vous accorde Sa grâce car Il est généreux et le dispensateur suprême.

Verset 33

Pour toute personne décédée, Dieu a désigné des héritiers, qu'elle soit un des père et mère ou un proche. Parmi ces héritiers figurent aussi ceux qui ont été liés par un pacte, et ceci était au début de l'ère islamique. Car Ibn Abbas rapporte à cet égard que les Mecquois qui ont émigré à Médine, héritaient des Médinois sans qu'il y ait entre eux un lien de parenté, mais c'était à cause de la fraternité que l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- avait établie entre eux. Après la révélation de ce verset, ce droit d'héritage fut annulé. A propos de ces derniers Ibn Abbas rapporte que l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit: «Plus de pacte dans l'Islam. Tout pacte conclu du temps de l'ignorance, l'Islam ne fait que le consolider et je ne l'échange jamais contre un troupeau de chameaux roux. De ma part j'ai dénoncé le pacte conclu à Dar El-Nadwa (sorte de parlement au temps préislamique).» (Rapporté par Ibn Jarir). D'après un hadith authentifié rapporté par Ibn Abbas, l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit: «Donnez aux réservataires leurs parts de la succession et ce qui reste ira au mâle le plus proche.»(Rapporté par Boukhari et Mouslim). Il s'agit donc de partager la succession entre les héritiers suivant le verset révélé à ce sujet, et s'il en reste quelque chose elle sera du droit des acebs. Quant à ceux avec qui il y avait un pacte, donnez-leur aussi leur part mais à partir d'aujourd'hui tout pacte n'aura aucun effet.

Verset 34

Les hommes ont le pas sur les femmes. Par les dons qu'il leur a octroyés, Allah les a élevés au-dessus des femmes. C'est à eux qu'il a imparti les charges de famille. Les femmes dignes et vertueuses demeurent dévouées à l'homme pendant son absence et conservent ce qu'Allah leur a prescrit de conserver. Celles qui sont insubordonnées, réprimandez-les, puis défendez-leur de partager votre couche, et enfin corrigez-les. Mais dès qu'elles redeviennent soumises, ne leur cherchez plus querelle. Allah est le souverain maître. De par sa création et en vertu de la préférence que Dieu lui a accordée, l'homme a l'autorité sur la femme, il est son maître qui la gouverne et la corrige quand il le faut. Jouissant de cette suprématie, la prophétie a été toujours le privilège des hommes à qui aussi ont été confiées les rênes du pouvoir. Le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit à ce propos: «Un peuple ne saurait prospérer s'il est gouverné par une femme». Il y a aussi d'autres raisons pour cette autorité qui consistent aux dépenses d'entretien dont ils sont chargés, la dot et autre: Les hommes donc ont une prééminence sur les femmes, elles doivent leur être soumises comme Dieu les a ordonnées, et cette soumission se traduit par être bonnes à l'égard des parents du mari et la garde de ses biens. Comment un homme doit traiter sa femme insubordonnée, quand elle lui désobéit et le méprise? 1 - La réprimander et lui rappeler le châtiment de Dieu et le droit du mari en vertu de sa dépense pour elle et ses bienfaits. 2 - La défendre de partager sa couche: c'est à dire, d'après Ibn Abbas s'abstenir d'avoir de rapports charnels avec elle en la reléguant dans la chambre ou de lui tourner le dos étant dans un même lit, et sans lui adresser la parole tant qu'il se trouve avec elle dans le foyer conjugal. 3 - La frapper: après avoir usé de tous les moyens pour la corriger en lui prodiguant de conseils et en la fuyant... et ceci sans être brutal.

Verset 35

Craignez-vous que les époux ne rompent leur lien? déléguez-leur un arbitre pris dans la famille du mari et un arbitre pris dans la famille de la femme. S'ils désirent sincèrement se réconcilier, Allah les y aidera. Car Allah est savant et informé de toute chose. On remarque que Dieu a montré dans le verset qui a précédé celui-là le cas de l'insubordination de la femme. Dans le verset sus-mentionné, il s'agit de la mésentente entre les deux conjoints. Les ulémas ont déclaré: dans ce cas, celui qui est au pouvoir les confie à une personne probe et avisée afin d'étudier la cause de leur désaccord et d'empêcher l'un d'entre eux d'être injuste à l'égard de l'autre. Mais si leur mésentente persiste, le gouverneur -ou similaire- suscite un arbitre de la famille de l'époux et un autre de la famille de la femme pour discuter leur cas et trouver une solution qui soit bénéfique pour les deux conjoints. Si l'homme et la femme veulent se réconcilier, Dieu rétablira la concorde entre eux. Les ulémas s'accordent à ce que les deux arbitres ont le droit de séparer les deux conjoints ou de les réconcilier. Au sujet de la séparation, Ibrahim Al-Nakhi'i déclare qu'ils peuvent aussi faire une répudiation par une, deux ou trois fois. Ce qui n'est pas l'avis de Al-Hassan Al-Basri qui limite la charge de ces deux arbitres à la réconciliation et non à la répudiation, ainsi c'était l'opinion de Qatada et Zaïd Ben Aslam en commentant les paroles de Dieu dans ce sens: «S'ils désirent sincèrement se réconcilier, Allah les y aidera» ainsi il n'est plus question de divorce.

Verset 36

Dieu, qu'Il soit béni et exalté, ordonne de n'adorer que Lui sans rien Lui associer, car Il est le créateur, le dispensateur par excellence, qui pourvoit seul aux besoins de Ses créatures. Le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- avait demandé à Mou'adh Ben Jabal: Connais-tu quels sont les droits de Dieu sur ses serviteurs? Il lui répondit: «Dieu et Son Envoyé sont les plus savants». Et l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- de répliquer: Ils consistent à L'adorer seul sans rien Lui associer. Si les hommes font cela, connais-tu quels sont leurs droits vis-à-vis de Dieu? C'est de ne pas les châtier». (Rapporté par Boukhari et Mouslim). Puis Il recommande d'être bon à l'égard des père et mère car c'est grâce à eux que l'homme a vu le jour. Dans plus d'un verset on trouve que Dieu a joint Son adoration à la bonté envers les parents. Il a dit: «Sois reconnaissant envers Moi et envers tes parents» [Coran XXXI, 14] et: «Ton Seigneur a décrété que vous n'adoriez que Lui. Il a prescrit la bonté à l'égard de vos père et mère» [Coran XVII, 23] Puis Il a recommandé la bonté envers les proches. Dans un hadith authentifié l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- aurait dit: «L'aumône faite à un pauvre est comptée comme telle, mais si elle est faite à un proche, elle est à la fois une aumône et un maintien du lien de parenté». (Rapporté par Nassaï). «Allah n'aime pas les vaniteux et les fanfarons» c'est à dire ceux qui sont pleins de fatuité et de gloriole, croyant qu'ils sont supérieurs aux autres alors qu'ils sont misérables auprès de Dieu et qui renient Ses bienfaits.

Verset 37

Allah n'aime pas les avares et ceux qui préconisent l'avarice. Il n'aime pas ceux qui dissimulent les bienfaits dont Il les gratifie. Il prépare un châtiment ignominieux pour les infidèles. Dieu méprise les avares qui ne dépensent pas de ce qu'il leur a donné de Ses bienfaits pour les parents, les proches, les orphelins, les pauvres, les voisins immédiats ou non, les intimes, les voyageurs et les esclaves, et ceux qui ne s'acquittent pas de leur droit envers Dieu et ordonnent l'avarice aux autres. L'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit: «Méfiez-vous de l'avarice qui a causé la perte des générations qui vous ont précédés. Cette avarice les avait incités à la rupture du lien de parenté, et ils l'ont rompu. Elle les a portés à la perversité et ils n'ont pas manqué à la pratiquer». «Ceux qui dissimulent les bienfaits dont Il les gratifie» car l'avare est méconnaissant envers le Seigneur et n'apparaît jamais sur lui la trace de la grâce divine, ni dans sa nourriture, ni dans son habillement, ni dans ses actes de charité, comme Dieu le montre dans ce verset: «Oui, l'homme est ingrat envers son Seigneur, Il est témoin de tout cela mais son amour des richesses est plus fort» [Coran C, 6-8]. Comme ces gens-là dissimulent ce que Dieu leur a donné de sa grâce, Il les menace d'un châtiment douloureux. A ce propos, l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit: «Lorsque Dieu accorde Ses bienfaits à un de Ses serviteurs, Il aime que ses traces apparaissent sur lui».

Verset 38

Il n'aime pas ceux qui distribuent leurs biens avec ostentation et qui ne croient ni en Allah ni au jugement dernier. Qui a Satan pour compagnon a un bien triste compagnon. Après les avares, Dieu mentionne: «Ceux qui distribuent leurs biens avec ostentation» prenant le démon comme compagnon, qui ne dépensent pas en vue de Dieu et de Sa satisfaction, mais pour qu'on dise d'eux: des généreux. Dieu les méprise comme Il méprise les avares. Dans un hadith authentique, l'Envoyé a dit: «Les trois premiers qui seront l'aliment de l'Enfer sont: le savant, le conquérant et celui qui dépense ceux-là accomplissent leurs œuvres pour être vus des hommes. Celui qui possédait les richesses dira (au jour de la résurrection et lors du compte final): «Mon Dieu, je n'ai laissé un moyen pour dépenser en vue de Ton agrément sans le manquer» Dieu lui répondra: «Tu mens, car tu as voulu qu'on dise de toi un généreux, et on l'a déjà dit». En d'autres termes quiconque avait agi de la sorte dans la vie présente aurait reçu sa récompense. On demanda à l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue- sur le sort de 'Abdullah ben Jad'an: «Ses dépenses et ses affranchissements lui seraient-ils utiles?» - Non, répondit-il, car il n'a jamais dit un jour: «Seigneur, pardonne-moi mes péchés le jour du jugement». Ceux-là, étant dirigés par satan qu'ils avaient pris pour compagnon: «ne croient ni en Allah ni au jugement dernier»

Verset 39

Que perdraient-ils à croire en Allah et au jour du jugement dernier et à remettre en circulation ce qu'Allah leur a donné, alors qu'Allah est instruit de tout ce qu'ils font. Puis Dieu les blâme en disant: «Que perdaient-ils à croire en Allah et au jour du jugement Dernier et à remettre en circulation ce qu'Allah leur a donné?». Quel dommage auraient-ils donc subi s'ils avaient suivi le droit chemin, se montraient sincères en se détournant de l'hypocrisie, avaient cru en Dieu ambitionnant la demeure éternelle en récompense de leurs bonnes actions en dépensant comme Dieu leur a ordonné? Ne savaient-ils pas que Dieu connaît parfaitement leurs intentions et tout ce qu'ils font? Celui qui mérite d'être bien dirigé, Dieu lui montre le chemin droit et lui accorde le succès, en lui préparant toute bonne action qui sera agréée de Lui. Quant à celui qui mérite l'humiliation et la perdition, il ne blâme que lui-même et Dieu l'éloigne du droit chemin et de sa miséricorde.

Verset 40

Allah ne lésera personne, pas même du poids d'un atome. Il rémunérera au centuple les bonnes actions et leur assurera une récompense magnifique. Dieu fait connaître à Ses serviteurs qu'Il leur accordera leur récompense et les comblera de Sa grâce sans faire tort à personne du poids d'un atome. S'il s'agit d'une bonne action Il la lui rendra au centuple et chacun recevra la rétribution qu'il mérite. Il a dit dans d'autres versets: «Nous poserons les balances exactes le jour de la résurrection» [Coran XXI, 47], et par la bouche de Loqman qui exhortait son fils, Il a dit: «Ô mon fils! Même si c'était l'équivalent du poids d'un grain de moutarde et que cela fût caché dans un rocher ou dans les cieux, ou sur la terre, Dieu les présentera en pleine lumière» [Coran XXXI,16]. Il a dit aussi: «Celui qui aura fait le poids d'un atome de bien, le verra * celui qui aura fait le poids d'un atome de mal, le verra» [Coran XCIX, 7-8]. Dans les deux Sahihs, et d'après Abou Sa'id Al-Khoudri, l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue-, dans un long hadith se rapportant à l'intercession, a dit: «Dieu à Lui la puissance et la gloire dira: Retournez et faites sortir du feu quiconque aura dans le cœur le poids d'un grain de moutarde de foi» Ils feront sortir un grand nombre de personnes. Puis Abou Sa'id dit: «Récitez si vous voulez: «Allah ne lésera personne, pas même du poids d'un atome». (Rapporté par Boukhari et Mouslim)

Verset 41

Pour montrer la grande terreur du jour de la résurrection, Dieu dit: «Qu'adviendra-t-il d'eux lorsque de chaque peuple sortira un témoin. Lorsque, toi-même, tu te dresseras contre eux comme témoin?» Cela signifie que chaque Prophète sera le témoin contre son peuple pour le juger. On trouve dans ces deux versets: «La terre brillera de la lumière de son Seigneur. Le Livre sera posé en évidence. Les Prophètes et les témoins viendront» [Coran XXXIX, 69] et: «Comme le Jour où nous enverrons à chaque communauté un témoin contre eux» [Coran XVI, 89]. D'après Al-Boukhari, Abdullah Ben Mass'oud raconte: «L'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- m'a demandé de lui réciter du Coran. Je lui dis: «Ô Envoyé de Dieu, te réciterai-je le Coran alors que c'est à toi qu'il a été révélé?» - Oui, répondit-il, car j'aime l'entendre récité par un autre que moi». Je lui récitai la sourate des femmes jusqu'à ce que j'arrive à ce verset: «Qu'adviendra-t-il d'eux lorsque de chaque peuple sortira un témoin. Lorsque, toi-même, tu te dresseras contre eux comme témoin?» Il s'écria: «Assez» et je vis ses yeux fondre en larmes.

Verset 42

«Ce jour-là, les infidèles et les adversaires du Prophète préféreront être sous terre, plutôt que d'avoir quelque chose à cacher à Allah» Certes il est le jour de la grande frayeur où les incrédules souhaiteront être engloutis par la terre en s'attendant à la honte, à l'humiliation et à la réprimande pour prix de leurs œuvres. Ils ne pourront rien cacher à Dieu et avoueront tout ce qu'ils auront commis. À ce propos Sa'id ben Joubaïr raconte qu'un homme vint trouver Ibn Abbas et lui dit: «J'ai entendu Dieu à Lui la puissance et la gloire répéter les paroles des polythéistes au jour de la résurrection: «Par Dieu, notre Seigneur! Nous n'étions pas polythéistes» et dire dans un autre verset: «Avoir quelque chose à cacher à Allah». Ibn Abbas répondit: «En constatant que nul n'entrerait au Paradis s'il n'était pas un musulman soumis, les polythéistes se disent: «Pourquoi ne nions-nous pas?» et ils déclarent: «Par Dieu, notre Seigneur! Nous n'étions pas polythéistes» Dieu alors met un sceau sur leurs bouches et leurs mains et pieds témoignent de ce qu'ils ont accompli. Voilà le sens de ce verset: «Avoir quelque chose à cacher à Allah».

Verset 43

Dieu qu'Il soit béni et exalté, interdit à Ses serviteurs croyants de prier en cas d'ivresse, car l'homme n'y sera conscient de ce qu'il dira. Comme Il interdit à l'impur de fréquenter la mosquée et y demeurer, à moins qu'il ne soit un passant (et c'était avant la construction des mosquées). Cela se passait avant l'interdiction catégorique du vin, comme on l'a déjà montré en commentant le verset 219 de la sourate «la vache». Ali Ben Abi Taleb raconte: «Abdul Rahman Ben Aouf nous prépara un repas et nous présenta du vin. Les hommes en burent et devinrent ivres. Au moment de la prière, l'un d'entre nous la présida et commit des erreurs en récitant la sourate des incrédules. Il dit: «Dis: O vous les incrédules, je n'adore pas ce que vous adorez, et nous adorons ce que vous adorez...» Dieu à cette occasion fit cette révélation: «O croyants, ne priez pas lorsque vous êtes ivres. Attendez de comprendre ce que vous dites». Et le verset se termine par: «Allah est indulgent et miséricordieux» car dans les cas que nous avons déjà mentionnés, s'agit-il d'une ivresse ou d'une maladie ou d'une impureté rituelle majeure, si on ne trouve pas de l'eau pour se purifier, Il nous autorise à se servir du sable propre afin qu'on accomplisse la prière d'une façon parfaite qui exige une pureté et des ablutions dont le tayammoum peut les remplacer.

Verset 44

«Considère ceux qui ont reçu une partie du Livre! Ils courent après l'erreur et souhaitent de vous y précipiter à votre tour.» Parmi les juifs, il y en a qui falsifient certains des mots et qui se permettent de dire au Prophète: «Nous entendons et nous désobéissons. Que tu entendes ou que tu n'entendes pas, ça nous est égal. Aie de la considération pour nous». Et cela, en tordant leur langue avec mépris et dans un esprit de dénigrement pour la religion. Ces juifs-là altèrent le sens des paroles révélées délibérément et disent au Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue-: «Nous avons entendu ce que tu viens de dire ô Muhammad, mais quand même nous te désobéissons. Entends, sans que personne ne fasse entendre et regarde-nous». Ils veulent le tourner en dérision, que Dieu les maudisse. Il s'agit des juifs, que Dieu les maudisse jusqu'au jour du jugement dernier, qui ont troqué l'erreur contre la voie droite, se sont détournés de ce que Dieu a révélé à Muhammad, ont négligé et dissimulé parfois la science reçue des anciens Prophètes au sujet de l'avènement de l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- et ont échangé tout cela contre un vil prix pour obtenir quelques biens éphémères de ce bas monde.

Verset 45

«Allah connaît mieux que quiconque vos adversaires» en vous mettant en garde contre eux, et vous demandant à mettre votre confiance en Lui car Il est le meilleur protecteur et le meilleur défenseur. En plus, ils veulent que vous égariez du droit chemin et que vous deveniez incrédules ô croyants en laissant la voie droite et la science utile. «Allah connaît mieux que quiconque vos adversaires» en vous mettant en garde contre eux, et vous demandant à mettre votre confiance en Lui car Il est le meilleur protecteur et le meilleur défenseur.

Verset 46

Ces juifs-là altèrent le sens des paroles révélées délibérément et disent au Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue-: «Nous avons entendu ce que tu viens de dire ô Muhammad, mais quand même nous te désobéissons. Entends, sans que personne ne fasse entendre et regarde-nous». Ils veulent le tourner en dérision, que Dieu les maudisse. Ils lui déclarent autre que ce qu'ils dissimulent. Mais Dieu fait connaître à Son Envoyé leur réalité en lui disant: «Que ne disent-ils plutôt: «Nous entendons et nous obéissons» c'eût été certainement meilleur pour eux et plus droit: «Mais que faire? Allah les a maudits pour leur impiété. Ils n'ont en effet que peu de foi» ou suivant une autre interprétation: ils ne croient pas à l'exception d'un petit nombre d'entre eux.

Verset 47

Dieu ordonne aux gens du Livre de croire à ce qu'Il a révélé à Son Envoyé -qu'Allah le bénisse et le salue- et qui corrobore ce qu'ils possèdent comme Écriture en les menaçant d'un châtiment exemplaire: «avant que nous défigurions et tournions sens dessous dessus vos visages». Certains ont expliqué cela en disant que Dieu efface leurs visages en les privant des yeux, des oreilles et du nez. Mais Ibn Abbas l'a commenté autrement en disant que Dieu les défigure de sorte que le visage soit tourné vers l'arrière et ils marchent à reculons. Cela constitue un châtiment ignominieux pour prix de leur impiété et de leur détournement du droit chemin. On a rapporté que Ka'b Al-Ahbar, entendant ce verset, se convertit à l'Islam. «ou que nous vous maudissions, comme nous avons maudit les profanateurs du Sabbat» Il s'agit de ceux qui avaient transgressé le sabbat par une certaine ruse en tendant les filets pour recueillir les poissons, Dieu, pour les punir, les avait transformés en singes et porcs.

Verset 48

Puis Dieu rappelle aux hommes qu'Il exécute toujours ses menaces et nul ne pourrait le rendre à l'impuissance. Il leur rappelle aussi qu'Il ne pardonne jamais à quiconque Lui reconnaît de rivaux, mais pour les autres péchés, Il pardonnera à qui Il voudra. À ce propos on se contente de citer ces quelques hadiths: Anas Ben Malik rapporte que le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit: «Il existe trois sortes d'injustice: une injustice que Dieu ne pardonne jamais; une deuxième qu'Il pardonne, et une troisième qu'Il efface totalement. La première est le polythéisme que Dieu ne pardonne point». Puis Il récita: «Le polythéisme est une injustice!» [Coran XXXI, 13]. Quant à la deuxième que Dieu pardonne, elle est celle que les hommes commettent à l'égard de leur Seigneur. La troisième commise entre les hommes eux-mêmes de sorte que Dieu venge l'un de l'autre».

Verset 49

«N'as-tu pas remarqué ces gens qui proclament leurs propres vertus?» Al-Hassan et Qatâda ont commenté ce verset en disant qu'il fut révélé au sujet des juifs et des chrétiens qui prétendaient qu'ils sont les fils de Dieu et Ses bien-aimés, et qui disaient aux fidèles: «N'entreront au Paradis que les juifs et les chrétiens» [Coran II, 111]. Moujahed a dit d'eux: «En priant, juifs et chrétiens, plaçaient les enfants devant eux prétendant que ces derniers sont purs de tout péché.» Quant à Ibn Abbas, il a dit que les juifs proclamaient: «Nos enfants morts nous seront un moyen de rapprochement de Dieu, d'intercession et de purification» Dieu alors fit descendre ce verset. C'est pourquoi Dieu a dit: «Mais Dieu purifie qui Il veut» [Coran XXIV, 21]. Car il connaît parfaitement les choses cachées et apparentes et ne lèse personne.

Verset 50

«N'as-tu pas remarqué comme ils débitent des mensonges sur le compte d'Allah» ceux qui prétendent être les fils de Dieu et Ses bien-aimés, qui disent que les juifs et les chrétiens seuls entreront au Paradis, ou bien: «Le feu ne nous touchera que durant un temps limité», ou bien encore ils se fient aux bonnes œuvres de leurs pères, alors que Dieu avait tranché cela en disant: «Cette génération a disparu, emportant avec elle le mérite de ses actions. Vous-mêmes ne recueillerez que le mérite de vos actions» [Coran II, 134] Il les met en garde contre leurs fausses présomptions.

Verset 51

N'as-tu pas remarqué ces gens qui ont reçu une partie des Écritures et qui croient cependant aux sorciers et à Taghout et qui disent des infidèles qu'ils suivent une voie meilleure que celle des croyants. Puis Dieu attire l'attention des hommes sur ceux auxquels une partie du Livre a été donnée qui croient aux sorciers (le Jibt) et à Taghout qui signifie le démon. Ces gens-là ne manquent pas à dire aussi, en parlant des incrédules: «Ils sont mieux dirigés que les croyants». Ils préfèrent les impies aux musulmans par ignorance et par manque de foi en mécréant au contenu des Écritures qu'ils possèdent. À cet égard 'Ikrima raconte: «Houyay Ben Akhtab et Ka'b Ben Al-Achraf vinrent à La Mecque et ses habitants leur dirent: «Vous êtes des gens de l'Écriture et de science, que pensez-vous de Mouhammad et de nous?» Ils leur demandèrent: «De quoi s'agit-il entre vous et Mouhammad?» Les Mecquois répondirent: «Nous maintenons le lien de parenté, égorgeons le troupeau, donnons à boire aussi bien le lait que l'eau, délivrons les captifs et abreuvons les pèlerins. Tandis que Mouhammad est un homme qui est privé de postérité qui nous a séparés les uns des autres, et les détrousseurs des pèlerins de la tribu de Ghafar l'ont suivi. Lequel de nous est meilleur?» Les deux hommes ripostèrent: «Vous êtes sans doute les meilleurs car vous êtes sur la voie droite» Dieu à cette occasion fit descendre ce verset: «N'as-tu pas remarqué ces gens qui ont reçu une partie des Écritures...» Mais d'autres ont raconté qu'à cette occasion un autre verset aussi fut révélé et qui est le suivant: «Celui qui te hait: voilà celui qui n'aura pas de postérité» [Coran CVIII, 3].

Verset 52

Ces gens-là sont maudits d'Allah. Et celui qu'Allah maudit ne trouve pas de protecteur. Mais Dieu les a maudits, ils ne trouveront ni protecteur ni défenseur aussi bien dans la vie future que celle présente, car ils sont allés demander le secours des polythéistes. Ils avaient mené ensemble la bataille contre les fidèles le jour du Khandaq (fossé). Dieu en ce jour-là accorda la victoire aux musulmans en les épargnant des méfaits et de l'hostilité des polythéistes comme Il le montre dans ce verset: «Dieu a renvoyé les incrédules avec leur rage; ils n'acquirent jamais aucun bien. Dieu a épargné aux croyants le combat; Dieu est fort et puissant» [Coran XXXIII, 25].

Verset 53

Viendraient-ils s'acquérir un peu de pouvoir qu'ils ne donneraient même pas une pelure de datte. Ces gens-là ne recevront aucune part du pouvoir qu'ils cherchent, plutôt ils sont des avares qui ne donnent aux autres même pas une pellicule de datte. En d'autres termes, s'ils disposaient d'une part de pouvoir, ils n'auraient rien donné aux autres quoi que ce soit et surtout à Mouhammad -qu'Allah le bénisse et le salue-, car ils ne possédaient rien fût-ce une pellicule de datte; et malgré cela ils ne seraient que des avares. Dieu les décrit dans un autre verset quand Il dit: «Dis: «Si vous étiez maîtres des trésors de la miséricorde de mon Seigneur, vous le conserveriez de peur de les dépenser...» [Coran XVII, 100].

Verset 54

Pourquoi jalousent-ils les gens qu'Allah a honorés de Sa grâce? N'avons-nous pas déjà donné à la descendance d'Abraham le Livre et la sagesse en même temps qu'un vaste empire. Puis Dieu dit: «Pourquoi jalousent-ils les gens qu'Allah a honorés de Sa grâce?» c'est-à-dire ils jalousent Mouhammad -qu'Allah le bénisse et le salue- que Dieu a honoré de la prophétie, en incitant les autres à ne plus croire en son message étant donné qu'il est un Arabe et n'est pas des fils d'Israël. Puis Il rappelle aux juifs Ses grâces en leur disant: «N'avons-nous pas donné à la descendance d'Abraham le Livre et la sagesse en même temps qu'un vaste empire». Dieu en effet a donné aux descendants des fils d'Israël dont Abraham est leur ancêtre et leur prophétie, le Livre et la sagesse, en faisant d'eux des rois.

Verset 55

Parmi eux certains ont cru à cette mission, d'autres l'ont dédaignée. L'enfer sera pour eux une peine suffisante. Malgré cela, certains ont cru en lui en reconnaissant ces grâces, tandis d'autres s'en sont écartés et ont empêché les autres d'y croire. Il les menace et leur fait connaître qu'ils auront la Géhenne pour prix de leur incrédulité et leur obstination.

Verset 56

Leur supplice en enfer sera si grave et douloureux au point que lorsque leurs peaux seront consumées, on leur donnera d'autres maintes fois dans un jour ou dans une heure selon une autre interprétation. À ce propos Ibn Omar raconte qu'un homme, se trouvant chez Omar, lui récitait ce verset: «Dès que leurs peaux se détacheront en lambeaux, nous leur en substituerons d'autres». Omar lui demanda de répéter ce verset. Mou'adh ben Jabal, qui était présent, lui dit: «Je t'explique de la façon suivante: Leurs peaux seront substituées cent fois en une heure» Omar s'écria alors: «C'est bien ce que j'ai entendu dire de l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue-». D'après la Tradition le supplice des incrédules en enfer sera aussi plus terrible car Ibn Omar rapporte que le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit: «Les damnés de l'enfer auront la stature tellement considérable de sorte que l'espace qui sépare le lobe de l'oreille de l'un d'entre eux de son épaule sera égal à une distance de sept cents ans de marche, l'épaisseur de sa peau sera de soixante-dix coudées et sa dent autant que le mont Ohod». (Rapporté par Ahmed).

Verset 57

Par contre: «Ceux qui croient et qui font de bonnes œuvres, nous leur donnerons pour séjour des jardins arrosés d'eaux vives. Séjour qui sera éternel» Tel sera le sort des fidèles qui ont cru et fait le bien. Ils entreront dans des jardins où coulent les ruisseaux pour y demeurer éternellement, manger de ses fruits à discrétion, se déplacer là où ils voudront, sans demander quoi que ce soit en échange. Ils y trouveront également des épouses pures de toutes menstruations ou lochies, aux bons caractères, affables et gentilles. D'épais ombrages leur seront réservés, frais et confortables. À ce propos Abou Houraïra rapporte que l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit: «Au paradis il y a un arbre - l'arbre de l'éternité - où un cavalier marche sous son ombre cent ans sans toutefois la dépasser». (Rapporté par Ibn Jarir, Boukhari et Mouslim).

Verset 58

Allah vous commande de restituer les dépôts à leurs maîtres et d'être justes si vous êtes appelés à juger vos semblables. Y a-t-il meilleur conseil que celui qui émane d'Allah? Allah entend et voit tout. La restitution des dépôts est donc une obligation pour tout le monde. L'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit à cet égard: «Restitue le dépôt à qui te l'a confié et ne trahis pas qui t'a trahi». En quoi consistent ces dépôts? Ils sont d'abord les obligations envers Dieu telles que: la prière, la zakat, le jeûne, les expiations et les vœux etc... dont chacun est tenu de les remplir et dont les gens n'y sont pas au courant. Ainsi les droits des hommes les uns envers les autres tels que les objets qu'ils déposent et confient sans qu'ils soient les sujets d'une quittance ou des témoins. Quiconque aura trahi ces dépôts, Dieu se vengera de lui au jour de la résurrection. Mais la plupart des commentateurs ont précisé que le verset précité fut révélé au sujet de 'Othman Ben Talha le gardien de la Ka'ba vénérée. Après la conquête de La Mecque, l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- lui rendit la clé en lui disant: «Tiens, voilà la clé ô 'Othman. Aujourd'hui, c'est le jour de la fidélité et de la charité». Que ce verset soit révélé à cette occasion ou en d'autres, sa portée est générale. «et d'être justes si vous êtes appelés à juger vos semblables» C'est un ordre d'être juste en jugeant entre les hommes.

Verset 59

D'après Boukhari, Ibn Abbas raconte que ce verset fut révélé au sujet de Abdullah ben Houdzafa Ben Qaïs Ben 'Ady que l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- l'avait placé à la tête d'un régiment. Dieu ordonne à Ses serviteurs de Lui obéir en appliquant Ses enseignements contenus dans le Coran, d'obéir à Son Prophète et suivre sa sunna et d'obéir à ceux qui détiennent le pouvoir à moins que leurs ordres ne constituent une désobéissance à Dieu. «En cas de désaccord, remettez-vous-en à Allah et à Son Prophète» Donc tout différend doit être tranché en se référant aux enseignements de Dieu contenus dans Son Livre - Le Coran - et à la sunna de l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue-. On doit puiser dans ces deux sources comme Dieu ordonne quand Il dit: «Quel que soit le sujet de votre désaccord, le jugement appartient à Dieu» [Coran XLII, 10] si vraiment les hommes croient en Dieu et au jour dernier. Voilà comment ils doivent se comporter car ce conseil émane de Dieu et constitue le meilleur arrangement.

Verset 60

N'es-tu pas étonné de voir ces gens, qui prétendent croire à tes révélations et à celles qui les ont précédées, recourir à la justice de Taghout, alors qu'il leur a été commandé de le renier? Satan cherche ainsi à les pousser le plus loin possible dans la voie de l'égarement. Dieu désavoue ceux qui prétendent avoir la foi, croire en ce qui a été révélé à Son Prophète et aux autres qui l'ont précédé, et pourtant ils ne portent pas leurs différends devant autre que Dieu et Son Prophète, mais ils s'en rapportent au Taghout. Ce verset a été révélé au sujet d'un Ansarien et d'un juif qu'un litige avait surgi entre eux. Le juif dit: «Que Mouhammad tranche notre différend» et l'Ansarien de répondre: «Plutôt que Ka'b Ben Al-Achraf le tranche». D'autres ont dit que c'était au sujet de certains hypocrites qui avaient manifesté leur islamisme. Mais en fait, il peut être appliqué à tous ceux qui se détournent des enseignements de Dieu et se remettent à un autre que Lui, en s'éloignant ainsi de Lui et de Son Prophète.

Verset 61

Et quand on leur dit : « Venez aux révélations d'Allah et à Son Prophète », on les voit, ces hypocrites, se détourner de toi.

Verset 62

Comment réagiraient-ils, si un malheur les frappait, qu'ils ont eux-mêmes provoqué ? Ils accourent alors à toi en jurant : « Par Allah, nous ne désirons que le bien et la concorde ».

Verset 63

Ces gens-là, Allah sait ce qu'il y a dans leurs cœurs. Ne leur tiens pas rigueur. Avertis-les et adresse-leur des remontrances qui les touchent. Dieu désavoue ceux qui prétendent avoir la foi, croire en ce qui a été révélé à Son Prophète et aux autres qui l'ont précédé, et pourtant ils ne portent pas leurs différends devant autre que Dieu et Son Prophète, mais ils s'en rapportent au Taghout. Ce verset a été révélé au sujet d'un Ansarien et d'un juif qu'un litige avait surgi entre eux. Le juif dit : « Que Muhammad tranche notre différend » et l'Ansarien de répondre : « Plutôt que Ka'b Ben Al-Achraf le tranche ». D'autres ont dit que c'était au sujet de certains hypocrites qui avaient manifesté leur islamisme. Mais en fait, il peut être appliqué à tous ceux qui se détournent des enseignements de Dieu et se remettent à un autre que Lui, en s'éloignant ainsi de Lui et de Son Prophète. Puis Dieu dénigre les hypocrites qui, une fois atteints par une calamité pour prix des œuvres que leurs mains ont accomplies, « ils accourent à toi et jurent : « Par Allah, nous ne désirons que le bien et la concorde » Ils s'excusent auprès de toi qu'ils n'ont recouru à un autre que toi pour le prendre comme juge, rien que pour chercher le bien et la concorde, mais en fait ils ne déclarent tels propos que par adulation et fourberie. Ibn Abbas rapporte que Abou Barza Al-Aslami était un moine qui tranchait les différends entre les juifs. Comme les polythéistes allaient le voir souvent pour le même but, Dieu fit descendre le verset précité. Dieu certes connaît le contenu des cœurs de ces hypocrites et leur demandera compte, car rien ne Lui est caché. Pour cela Il demande à Muhammad -qu'Allah le bénisse et le salue- de juger leur apparence, lui demande de s'écarter d'eux sans les réprimander mais de leur adresser des paroles convaincantes.

Verset 64

Si nous envoyons des Prophètes, c'est pour qu'on leur obéisse avec l'aide d'Allah. Si ces gens, qui ont été volontairement iniques reviennent à toi et implorent le pardon d'Allah, en recourant à ton intercession, ils trouveront en Allah clémence et miséricorde. Dieu n'a envoyé un Prophète que pour qu'il soit obéi avec Sa permission, c'est à dire comme Mujahid le commente : Ceux qui lui obéissent sont ceux à qui Dieu a voulu le bien et avec Sa permission. Puis Il exhorte ceux qui se sont fait tort à eux-mêmes, qui se sont montrés en rebelles, de venir à l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- en implorant le pardon de Dieu et de lui demander pardon pour eux. S'ils s'exécutent, Dieu revient vers eux, leur fait miséricorde et leur pardonne. Le cheikh Abou Mansour as-Sabbagh rapporte dans son livre « Al-Chamel » cette anecdote concernant Al-'Outbi qui a raconté ceci : « Étant assis tout près de la tombe du Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue-, un bédouin arriva et dit : « Que la paix soit sur toi ô Envoyé de Dieu. J'ai entendu le Seigneur dire : « Si ces gens, qui ont été volontairement iniques, reviennent à toi et implorent le pardon d'Allah, en recourant à ton intercession, ils trouveront en Allah clémence et miséricorde » Quant à moi je viens à toi implorant le pardon pour mes péchés et le demandant d'intercéder en ma faveur auprès de mon Seigneur. Puis il récita ces vers : O toi le meilleur parmi les hommes dont ses os se trouvent au fond de cette tombe. Dont leur odeur agréable a été dégagée sur les monts et les profondeurs. Que je donne ma vie comme rançon à une tombe où tu gis. Car on n'y trouve que la chasteté, la générosité et la largesse. Après le départ du bédouin le sommeil me gagna. Je vis en rêve le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- me dire : « Ô 'Outbi ! va après ce bédouin et annonce-lui que Dieu lui a pardonné ».

Verset 65

Non, par ton Maître, ces gens-là ne pourront se dire croyants que lorsqu'ils t'auront fait juge de leurs différends et auront accepté sans ressentiment tes sentences, et s'y seront entièrement soumis. Puis le Seigneur jure par Son être sanctifié, que nul ne prétend être un vrai croyant tant qu'il n'a pas fait de l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- juge de toutes les affaires, litiges et différends. Ses sentences et jugements sont irréfutables et on doit s'y conformer et s'y soumettre, soit en apparence soit par conviction, et c'est pourquoi Dieu dit : « Et auront accepté sans ressentiment tes sentences, et s'y seront entièrement soumis » C'est à dire ils ne trouveront plus, une fois la sentence prononcée, en eux-mêmes la possibilité d'échapper à ce que tu auras décidé. Un hadith corrobore ce fait quand le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit : « Par celui qui tient mon âme dans Sa main, nul d'entre vous n'est un vrai croyant tant que ses passions ne soient conformes à ce que j'ai apporté. » Al-Bukhari rapporte d'après Ourwa le récit suivant : « Az-Zubayr et un Ansarien portèrent plainte auprès de l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue-, au sujet d'une fente d'irrigation qu'ils utilisaient tous les deux pour arroser leurs jardins. Il dit à Az-Zubayr : « Arrose ton jardin puis laisse l'eau couler afin que ton voisin arrose le sien. » L'Ansarien s'écria : « Ô Envoyé de Dieu, tu as jugé ainsi parce qu'Az-Zubayr est ton cousin ? » Le visage de l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- fut contrarié et dit : « Ô Az-Zubayr ! Arrose et retiens l'eau de sorte qu'lorsqu'elle aura atteint le mur de ton jardin laisse-la. » Ainsi il donna à Az-Zubayr tout son droit et cela contrairement à son premier jugement qui était plus profitable à l'Ansarien. Az-Zubayr de dire : « C'est à cette occasion que le verset fut révélé : « Non, par ton Maître, ces gens-là ne pourront se dire croyants que lorsqu'ils t'auront fait juge... » (Rapporté par Bukhari).

Verset 66

Si nous leur avions commandé : « Tuez-vous » ou « Abandonnez vos demeures », ils ne l'auraient pas fait, sauf un petit nombre d'entre eux. S'ils avaient fait ce à quoi on les exhortait, cela aurait été meilleur pour eux et plus propre à les affermir. Dieu fait connaître la nature et les caractères de certaines de ses créatures qui, si on leur avait ordonné de commettre des actes que Dieu avait interdits, ils ne se seraient plus abstenus car, de par leur nature, ils sont enclins à contredire les ordres. Ceci sans doute émane de la science de Dieu. C'est pourquoi Il dit : « Si nous leur avions commandé de mourir pour notre cause », Ibn Jarir a raconté à ce propos qu'un homme entendant ce verset, s'écria : « Si on nous avait ordonné de faire une chose pareille, on se serait exécuté mais louange à Dieu qui nous en a épargnés » Le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue-, mis au courant de cela, a dit : « D'entre les hommes de ma communauté, il y en a ceux dont la foi est plus raffermie dans le cœur que les montagnes élevées ». As-Suddy rapporte que Thabit ben Qais Ben Chammas et un juif tiraient vanité de leur origine. Le juif dit : « Par Dieu, Dieu nous a ordonné de nous entretuer et nous nous sommes exécutés ». Thabit lui répondit : « Par Dieu, si Dieu nous avait prescrit de nous entretuer, nous nous serions exécutés. » C'est à cette occasion que ce verset fut révélé.

Verset 67

Nous leur aurions accordé de Notre part une récompense immense. Mais Dieu dénonce ces gens-là en disant qu'il serait meilleur pour eux s'ils avaient suivi les exhortations reçues et s'ils s'abstenaient des interdictions, et ce serait plus efficace pour leur affermissement ; ils auraient reçu une récompense sans limites qui n'est autre que le Paradis.

Verset 68

Et Nous les aurions dirigés dans la voie droite. et auraient été dirigés vers un chemin droit dans la vie présente et dans l'au-delà.

Verset 69

Quiconque obéit à Allah et au Prophète... ceux-là seront avec ceux qu'Allah a comblés de Ses bienfaits : les prophètes, les véridiques, les martyrs, et les vertueux. Et quels excellents compagnons que ceux-là ! Par ailleurs, les soumis et les vrais croyants, seront dans la vie future avec la meilleure assemblée formée des Prophètes, des justes, des martyrs et des vertueux. Ils seront installés dans la demeure de la stabilité et de la haute considération pour l'éternité. Et quel honneur peut-on acquérir en dehors de cette belle société ? À ce verset Aïcha rapporte qu'elle a entendu l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- dire : « Pas un Prophète qui ne tombe malade sans qu'on lui laisse le choix d'opter pour le bas monde et la vie future ». Durant sa maladie qui causa sa mort, sa voix fut enrouée, et je l'entendis réciter : « des Êtres de sa grâce, les Prophètes, les justes, les martyrs et les vertueux » Je me constatai alors qu'on lui demandait de choisir. Selon une variante, l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- aurait déclaré : « Avec le plus haut compagnon ». Les causes de la révélation de ce verset. Nous allons ci-après citer les circonstances de la révélation de ce verset, selon plusieurs rapporteurs : - Sa'id Ben Jutayr raconte : « Un Ansarien à l'air chagriné vint trouver le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue-, qui lui demanda : « Pourquoi es-tu l'air triste ? Il répondit : « Ô Prophète de Dieu ! Une chose qui me tourmente !? » - De quoi s'agit-il ? » Et l'homme de déclarer : « Aujourd'hui nous te fréquentons matin et soir pour te tenir compagnie et te regarder. Demain tu seras élevé vers les autres Prophètes et nous serons privés de ta rencontre. » Le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- garda le silence, mais Gabriel lui communiqua cette révélation « Ceux qui obéiront à Allah et à Son Prophète... ». - Aïcha -que Dieu l'agrée- raconte : « Un homme vint auprès du Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- et lui dit : « Ô envoyé de Dieu ! J'ai pour toi une affection plus que je n'en ai pour moi-même, ma femme et mes enfants. Il m'arrive souvent de te mentionner et j'éprouve une certaine impatience qui me porte à venir pour te voir. Lorsque je constate que chacun de nous va mourir et que tu seras au Paradis avec les autres Prophètes, je crains que je ne pourrai plus te voir. » Le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- garda le silence jusqu'à ce que ce verset fut révélé.

Verset 70

Telle est la grâce d'Allah. Allah suffit comme témoin. Dans le Sahih de Muslim, Rabi'a Ben Ka'b Al-Aslami raconte : « Je passais la nuit souvent chez le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue-. Un jour, en lui apportant de l'eau pour ses ablutions et dont il était besoin, il me dit : « Demande-moi ce que tu veux » Je lui répondis : « Je te demande de t'accompagner au Paradis » - Autre chose ? répliqua le Prophète - Non, rien que ça. Il me dit à la fin : « Alors aide-moi sur toi-même en multipliant les prosternations. » L'imam Ahmed raconte d'après Amr Ben Murra Al-Juhani qu'un homme vint trouver le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- et lui dit : « Ô Envoyé de Dieu ! J'ai témoigné qu'il n'y a d'autre divinité que Dieu, que tu es l'Envoyé de Dieu, je me suis acquitté des cinq prières, ai versé la zakat et jeûné le mois de Ramadan » Il lui répondit : « Quiconque aura accompli toutes ces obligations et meurt, sera avec les Prophètes, les justes, et les martyrs au jour de la résurrection » Puis il dressa son doigt et poursuivit : « À moins qu'il n'ait désobéi à ses père et mère ». (Rapporté par Ahmed). Quelques-uns des compagnons demandèrent l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue- à propos de l'homme qui aime d'autres personnes sans toutefois être capable de les rejoindre. Il répondit : « L'homme sera avec ceux qu'il aime ». - Abou Sa'id Al-Khudri rapporte que l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit : « Les bienheureux du Paradis apercevront les demeures de ceux qui seront au-dessus d'eux, comme vous voyez l'étoile la plus brillante qui luit en faisant le parcours au ciel entre l'orient et l'occident, tant sera large la distance qui les sépare ». On lui dit : « Ô Envoyé de Dieu ! Ce sont les demeures des Prophètes que nul autre qu'eux n'y parviendra Il répliqua : « Certes oui. Par celui dont mon âme est en sa main, ils seront des hommes qui ont cru en Dieu et déclaré véridiques les paroles des Envoyés ». (Rapporté par Bukhari et Muslim)

Verset 71

Ô vous qui croyez ! Prenez vos précautions et partez au combat par détachements ou bien partez tous ensemble. Dieu ordonne aux croyants de prendre leurs précautions contre leurs ennemis et d'être vigilants, puis de partir au combat soit par petits groupes soit tous ensemble selon les circonstances et les nécessités du moment.

Verset 72

Il y a vraiment parmi vous des gens qui traînent les pieds. Si un malheur vous atteint, ils disent: « Allah nous a fait une grâce en ce que nous n'étions pas avec eux ». Il s'agit ici des hypocrites comme Abdullah ibn Ubayy qui hésitaient à participer au combat et se réjouissaient secrètement quand les musulmans subissaient des revers, prétendant que c'était une grâce divine de ne pas avoir été avec eux.

Verset 73

Et si un bonheur vous vient d'Allah, ils disent, comme s'il n'y avait aucune affection entre vous et eux : « Ah ! Si seulement j'avais été avec eux, j'aurais remporté un grand succès ! » Quand les musulmans obtenaient une victoire ou un butin, ces mêmes hypocrites regrettaient amèrement de ne pas avoir participé au combat pour partager les gains, oubliant leur réticence précédente.

Verset 74

Qu'ils combattent donc dans le sentier d'Allah, ceux qui troquent la vie présente contre la vie future. Et quiconque combat dans le sentier d'Allah, tué ou vainqueur, Nous lui donnerons bientôt une énorme récompense. Dieu exhorte ceux qui préfèrent la vie éternelle à cette vie éphémère à combattre dans Sa voie, leur promettant une récompense immense qu'ils soient martyrs ou victorieux.

Verset 75

Pourquoi ne combattriez-vous pas dans la voie d'Allah pour défendre les faibles, hommes, femmes et enfants, qui implorent Allah de la sorte: « Pourquoi, Seigneur, ne pas nous arracher à cette ville dont la populace est cruelle, pourquoi ne pas nous envoyer un chef, pourquoi ne pas nous envoyer un protecteur ? » Dieu incite les fidèles à combattre dans Sa voie pour sauver les faibles qui vivaient à La Mecque, hommes, femmes et enfants, qui s'écriaient: « Seigneur, fais-nous sortir de cette cité dont les habitants sont injustes » et L'imploraient de leur accorder un protecteur et un défenseur. À ce propos Abdullah raconte qu'il a entendu Ibn Abbas dire: « Ma mère et moi étions parmi ces faibles ».

Verset 76

Les croyants servent la cause d'Allah tandis que les impies servent la cause de Taghout. Combattez les partisans de Satan. La cause de Satan est fragile. Puis Dieu exhorte aussi les fidèles à combattre, pour Sa cause, les suppôts de Satan, et les pièges de Satan sont vraiment faibles.

Verset 77

N'as-tu pas remarqué ces gens à qui on a dit: « Abstenez-vous de toute mauvaise action, priez et faites l'aumône ». Lorsque la guerre fut déclarée, un certain nombre d'entre eux montrèrent en face de l'ennemi autant de crainte qu'ils en avaient pour Allah lui-même, sinon plus. Ils s'écrièrent: « Seigneur, pourquoi nous imposes-tu de combattre aujourd'hui ? Que n'as-tu remis à plus tard cette obligation » Dis-leur: « La vie de ce monde est éphémère. C'est la vie future qu'ambitionnent les vrais croyants. La plus petite injustice vous y sera épargnée ». Au début de l'ère islamique, les fidèles qui se trouvaient à La Mecque, étaient ordonnés de faire la prière, la zakat, de soulager les pauvres d'entre eux, de pardonner aux polythéistes et d'endurer leurs méfaits. Ils brûlaient de désir à recevoir l'ordre du combat pour se venger de leurs ennemis. Mais la situation était inconvenante pour plusieurs raisons: leur nombre inférieur par rapport à celui des impies, leur présence dans leur ville qui est sacrée et la plus honorée de toutes les autres sites du monde. Cet ordre ne leur fut donné que lorsqu'ils émigrèrent à Médine qui devint pour eux un lieu sûr et une demeure de protection, se trouvant parmi des partisans. Une fois reçu l'ordre de combattre, ils éprouvèrent une certaine crainte de faire face à l'ennemi et déclarèrent: « Seigneur, pourquoi nous imposes-tu de combattre aujourd'hui ? Que n'as-Tu remis au plus tard cette obligation ». Ils demandèrent donc à Dieu de reporter à plus tard le combat dont le résultat ne sera que le meurtre et rendre les enfants orphelins et les femmes veuves.

Verset 78

Où que vous soyez, la mort vous prendra. Fussiez-vous terrés dans des forteresses inexpugnables, elle vous prendra. S'il leur arrive quelque événement heureux, ils disent: « Cela nous vient d'Allah ». S'il leur arrive un événement malheureux, ils disent: « Cela nous vient de toi » Réponds-leur: « Bonheur et malheur viennent d'Allah ». Que ces gens sont durs à comprendre. « Où que vous soyez, la mort vous prendra. Fussiez-vous terrés dans des forteresses » C'est-à-dire: « La mort que vous fuyez vous atteindra, tout comme Dieu le montre dans ce verset: « Chaque âme passera par les affres de la mort » [Coran III, 185]. La mort est donc la fin inévitable et nul ne s'en échappera, qu'il combatte ou non ; qu'il soit dans un endroit quelconque ou dans une tour fortifiée.

Verset 79

Le bonheur qui t'arrive vient d'Allah. Le malheur qui te frappe vient de toi. Nous t'avons envoyé aux hommes comme Prophète. Le témoignage d'Allah suffit. « Le bonheur qui t'arrive vient d'Allah » c'est-à-dire toute sorte de biens: fruits, récolte, enfants ou autre. Mais « le malheur qui te frappe » s'agit-il d'une sécheresse, une disette ou un manque de récolte ou la mort d'un enfant ou autre, et tant de tels voulant dire à cause de toi parce nous t'avons suivi et adhéré à ta religion. Leur cas est pareil à celui du peuple de Pharaon qu'on trouve dans ce verset: « Ils disaient, lorsqu'un bonheur leur arrivait: « Ceci est pour nous ». Mais quand un malheur les frappait, ils rendaient Moïse et ses compagnons responsables de leur sort » [Coran VII, 131]. Ainsi c'était le cas des hypocrites qui ont embrassé l'Islam en apparence alors qu'ils le répugnaient. Lorsqu'un malheur les frappait ils prétendaient que c'était parce qu'ils avaient suivi le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue-. Par contre s'il leur arrivait un bien ils disaient que cela leur venait de Dieu. Dieu ordonne à Son Prophète de leur répondre: « Bonheur et malheur viennent d'Allah », ils n'ont lieu que selon la prédestination de Dieu et atteignent toute créature sans distinction entre un pieux et un pervers, un croyant et un incrédule. « Nous t'avons envoyé aux hommes comme Prophète » pour leur communiquer la loi et les enseignements de Dieu, et pour leur montrer ce que Dieu agrée et ce qu'il refuse, mais en fin de compte le témoignage d'Allah suffit pour juger les hommes car il connaît bien que tu leur as transmis le message et ce qu'ils t'ont répondu et qu'ils se sont montrés incrédules et obstinés.

Verset 80

Quiconque obéit au Messager obéit certainement à Allah. Et quiconque tourne le dos... alors Nous ne t'avons pas envoyé à eux comme gardien. Dieu informe les hommes que quiconque obéit à Dieu, obéit à Son Prophète, et quiconque désobéit à Dieu, désobéit à Son Prophète, car ce dernier: « ne parle pas non plus d'impulsion: ce n'est là que révélation révélée » [Coran LIII, 3-4]. Puis pour rassurer le Messager, Il lui dit: « Ta mission ne te rend pas responsable de ceux qui s'écartent d'Allah. » En d'autres termes, la mission se borne à leur communiquer le message, quant à ceux qui s'en détournent, ils ne s'en prennent qu'à eux-mêmes car tu n'es pas envoyé vers eux comme gardien. Dans un hadith authentique l'envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- aurait dit: « Quiconque obéit à Dieu et à Son Prophète, aura suivi la voie droite, et quiconque désobéit à Dieu et à Son Prophète, ne fera tort qu'à lui-même ».

Verset 81

Ils disent: « Nous obéissons ! », mais quand ils sortent de chez toi, un groupe d'entre eux médite, la nuit, autre chose que ce que tu dis. Allah enregistre ce qu'ils méditent. Détourne-toi d'eux, et place ta confiance en Allah. Allah suffit comme protecteur.

Verset 82

Pourquoi ces gens-là ne méditent-ils pas sur le Coran au lieu de s'en détourner, et qu'ils comprennent le sens de ses versets, ses sentences et ses paroles discrètes. Sûrement ils n'y trouveront ni contradiction, ni perturbation ni divergence, car il est une révélation d'un Seigneur sage et digne de Louanges. Telle est l'attitude des polythéistes et des hypocrites à l'égard du Coran. Quant aux hommes sages et instruits dans la religion, ils déclarent: «Nous croyons dans ce Livre, tout ce qu'il renferme vient de notre Seigneur» [Coran III, 7] c'est à dire aux versets aussi bien les fondamentaux que les figuratifs qui constituent une vérité. En ramenant le figuratif au fondamental, ils ont suivi la bonne direction. Quant à ceux dont les cœurs penchent vers l'erreur, ils se sont égarés et écartés de la vérité.

Verset 83

«Apprennent-ils une nouvelle? Qu'elle les rassure ou qu'elle les alarme, ils la propagent» ceci constitue un avertissement à celui qui, une fois ayant entendu une nouvelle, accourt à la propager avant qu'il ne s'assure de sa véracité du moment qu'elle ne peut être qu'une simple rumeur sans fondement. Il incombe donc à l'homme, et surtout quand il s'agit d'une affaire concernant sa foi et sa religion, de s'assurer de la véracité des nouvelles qu'il entend afin d'éviter son égarement. Et si jamais une telle affaire est susceptible d'être contestée qu'il la rapporte aux enseignements du Prophète ou qu'il se réfère aux opinions des hommes versés. C'est une grâce de Dieu sans laquelle un grand nombre de gens auraient suivi Satan.

Verset 84

Dieu ordonne à Son Prophète de combattre dans Son chemin et de se passer de quiconque fait défection. C'est pourquoi Il lui dit: «Tu n'es responsable que de toi-même». Il lui ordonne également «d'encourager les fidèles au combat» vu le mérite du combat dans la voie de Dieu et la récompense qui attend tout combattant.

Verset 85

«Celui qui intercédera dans une bonne intention participera à son résultat» qui signifie, en d'autres termes, celui qui intercède d'une bonne intercession qui ne vise que le bien, en obtiendra une part. C'est pourquoi l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit: «Intercédez et vous serez récompensés. Dieu, par la bouche de Son Prophète, décide ce qu'Il veut». Par contre «Celui qui intercédera dans une mauvaise intention en partagera les conséquences» il en sera pleinement responsable et supportera les conséquences en tenant compte de son intention.

Verset 86

«Si quelqu'un vous salue, rendez-lui un salut plus poli encore. En tout cas, rendez-le lui» c'est à dire lorsqu'on vous salue, répondez par une formule plus courtoise et plus polie, ce qui est recommandé, sinon, et ce qui est d'obligation, rendez simplement le salut qui vous a été adressé. Al-Hassan Al-Basri précise que le salut est un acte bénévole mais le rendre constitue une obligation, et cette obligation était l'avis unanime des ulémas.

Verset 87

«Allah, il n'y a d'Allah que Lui» est un rappel aux hommes qu'il est le seul Dieu, le Créateur de toute chose, qui les réunira au jour de la résurrection sans aucun doute possible sur un seul terme et les rétribuera selon leurs actions. Et quand Dieu parle, nul n'est plus véridique que Lui.

Verset 88

Dieu désapprouve l'attitude prise par les fidèles à l'égard des hypocrites. Pourquoi les opinions furent-elles divergentes? L'imam Ahmed rapporte d'après Zaid Ben Thabet que quand l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- se rendit à Ohod pour affronter les polythéistes, un nombre d'hommes rebroussèrent chemin, les compagnons du Prophète se divisèrent en deux groupes pour juger leur comportement. «Alors que leur conduite les a fait rejeter par Allah dans l'impiété» c'est à dire à cause de leur agissement, Dieu les a refoulés et les a égarés parce qu'ils ont désobéi à l'Envoyé de Dieu.

Verset 89

«Ils souhaitent que vous perdiez la foi comme ils l'ont eux-mêmes perdue pour que vous deveniez égaux». Tel est leur souhait de vous voir incrédules semblables à eux, mus par leur hostilité et leur haine. Puis il ordonne aux fidèles de ne prendre aucun ami ni protecteur parmi eux tant: «qu'ils ne se soient expatriés pour la cause d'Allah» qui signifie d'après Ibn Abbas, qu'ils ont refusé d'émigrer dans le chemin de Dieu.

Verset 90

A l'exception de ceux avec lesquels ils ont conclu un pacte, et qui doivent être traités sur un même pied d'égalité tout comme les musulmans, d'après les dires d'Ibn Jarir et As-souddy. «Exceptez également ceux dont les cœurs se serreraient à l'idée de vous combattre ou de combattre les leurs» il s'agit d'un autre peuple qu'on ne doit pas les combattre. Ceux-là viennent aux fidèles le cœur serré d'avoir combattu contre eux, et en même temps ils ne souhaitent plus de combattre à côté des fidèles contre leur propre peuple; c'est à dire dans le cas pareil ils préfèrent être impartiaux.

Verset 91

Vous trouverez d'autres qui désirent être en sécurité de votre part en manifestant leur croyance devant vous et en sécurité de leur propre peuple par l'incroyance quand ils retournent vers eux, et c'étaient les tribus d'Asad... Si donc ils ne s'éloignent pas de vous en s'abstenant de vous combattre et ne vous offrent pas la paix et ne retiennent pas leurs mains de vous, alors prenez-les comme captifs et tuez-les partout où vous les trouvez...

Verset 92

Il est inconcevable qu'un musulman en tue un autre et ce n'est involontairement. Celui qui en aura tué un autre involontairement devra affranchir un esclave de même confession et payer le prix du sang aux parents de la victime, à moins que ceux-ci ne lui en fassent remise. Si le meurtrier est d'un clan qui vous est hostile, mais qu'il soit musulman, il devra seulement affranchir un esclave de même confession. Si le meurtrier appartient à un clan qui aura pactisé avec vous, il devra payer le prix du sang aux parents de la victime et affranchir un esclave musulman. Celui qui en sera empêché devra jeûner deux mois consécutifs. Telle est la pénitence fixée par Allah. Allah est omniscient et sage. Il n'appartient pas donc à un croyant de tuer un autre en aucun cas, comme il a été aussi confirmé par ce hadith cité dans les deux Sahihs où l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit: «Il n'est plus permis de tuer un musulman qui atteste qu'il n'y a d'autre divinité que Dieu, sauf ces trois: un meurtrier, une personne mariée qui commet l'adultère et l'homme apostat». Dans ces trois cas, il n'est plus permis à quiconque d'exécuter le coupable, mais la décision revient à l'imam -le gouverneur- ou son auxiliaire. L'exception faite concerne l'homme qui tue par erreur. Les opinions se divergent quant à la cause de cette révélation: Moujahed raconte que ce verset fut révélé au sujet de 'Ayach Ben Abi Rabi'a qui a tué Al-Hareth Ben Yazid Al-Ghamidi qui l'avait torturé avec son frère pour avoir embrassé l'Islam. Mais Al-Hareth, plus tard, se convertit et fit l'émigration sans que 'Ayach fût mis au courant de sa conversion. Quand il l'a aperçu le jour de la conquête de La Mecque, et croyant qu'il était toujours polythéiste, il le tua. Dieu à cette occasion fit descendre ce verset.

Verset 93

Celui qui tue volontairement un musulman aura l'enfer pour séjour éternel. Il encourt la colère d'Allah, sa malédiction et un châtiment terrible. Après que Dieu ait montré les sentences relatives au meurtre involontaire, Il parle de celui commis de propos délibéré: «Celui qui tue volontairement un musulman...» On trouve dans ce verset une grande menace à celui qui commet un tel crime qui est, à cause de sa gravité, joint à l'association d'un autre à Dieu comme le montre ce verset: «Ceux qui n'invoquent pas une autre divinité avec Dieu; ceux qui ne tuent pas quelqu'un que Dieu a interdit de tuer sauf pour une juste raison». Plusieurs hadiths ont été rapportés à propos du meurtre et de son interdiction. D'après l'unanimité des ulémas, le repentir du meurtrier sera une question entre lui et son Seigneur qui pourra lui pardonner ou le châtier. S'il se repent et revient à Dieu, s'humilie, se soumet aux ordres divins et fait de bonnes actions, Dieu lui changera ses mauvaises actions en œuvres bonnes, dédommagera la victime contre l'injustice qu'il a subie et le rendra satisfait.

Verset 94

Ibn Abbas raconte: «Un homme de Bani Soulaim qui menait son troupeau au pâturage, passa par quelques-uns des compagnons du Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- et les salua. Ils se dirent: «Il n'a salué que pour assurer sa sécurité.» Ils se précipitèrent sur lui, le tuèrent et amenèrent le troupeau chez le Prophète. C'est à cette occasion que ce verset fut révélé. «Allah dispose d'énormes richesses». C'est à dire: si vous cherchez le butin, vous le retrouvez certes auprès de Dieu en abondance et ça sera meilleur que ce butin insignifiant que vous recevez en tuant un homme qui vous offre la paix, en manifestant sa foi dont vous vous êtes passés sans en donner aucune importance. «Et vous aussi, vous n'avez pas été toujours musulmans. Mais Allah vous a reçus dans Sa grâce» qui signifie que vous aussi vous vous comportiez comme cet homme-là en dissimulant votre foi avant de la déclarer devant votre peuple. Dieu met en garde les hommes et les menace en leur disant: «Soyez lucides» avant d'agir de la sorte car Il connaît parfaitement ce que vous faites.

Verset 95

Allah ne saurait traiter d'une même façon les croyants qui sont restés attachés à leurs occupations, les malades exceptés, et ceux qui, en temps de guerre, mettent à Son service leurs personnes et leurs biens. Allah tient dans une plus grande estime ceux qui Lui sacrifient personnes et biens. Quoique les promesses d'Allah s'étendent aux uns et aux autres, Allah accordera aux combattants une récompense plus belle qu'à Ses autres serviteurs. Al-Boukhari rapporte qu'Al-Bara' a dit: «Lorsque l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- reçut cette révélation, Il chargea Zaïd pour l'écrire. Entendant ce verset, Ibn Oum Maktoum (qui était aveugle) se présenta au Prophète en lui plaignant de sa cécité. Dieu alors fit révéler: «les malades exceptés». Dieu, promettant à tous ses serviteurs d'excellentes choses, a préféré ceux qui combattent aux non combattants qui ne sont pas excusés pour une difficulté quelconque.

Verset 96

Honneur, indulgence, miséricorde, en toutes ces choses les combattants seront avantagés. Allah est clément et miséricordieux. Mais Allah n'accorde pas la même rétribution aux uns et aux autres car «Il accordera aux combattants une récompense plus belle qu'à Ses autres serviteurs» en les élevant auprès de Lui de plusieurs degrés, dans les demeures supérieures au Paradis, en leur accordant une absolution de leurs péchés, un honneur et une miséricorde. Dans un hadith cité dans les deux Sahih, Abou Sa'îd Al-Khoudri a rapporté que l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue-, a dit: «Au Paradis il y a cent degrés que Dieu a préparés pour ceux qui combattent dans Sa voie, la distance qui sépare un degré d'un autre est équivalente à celle qui existe entre le ciel et la terre».

Verset 97

Venant ravir la vie à des croyants indignes, les anges les questionnèrent: «Où étiez-vous?» Ils répondirent: «Nous étions parmi les opprimés sur terre» Les anges répliquèrent: «La terre d'Allah n'est-elle pas assez vaste que vous n'ayez pas pu vous expatrier». Ces gens auront l'enfer pour séjour. Quelle triste fin. Ibn Abbas rapporte que du temps de l'Envoyé de Dieu il y avait des musulmans qui s'étaient alliés aux polythéistes rendant ainsi leur armée nombreuse. Pendant le combat une flèche atteignait l'un d'eux où il recevait un coup de sabre qui lui était fatal. C'est à leur sujet que le verset fut révélé. On peut donc déduire de ce verset que ceux qui, étant capables, n'ont pas fait la hégire se sont fait tort à eux-mêmes, et Dieu leur reproche leur agissement malgré leur excuse d'être opprimés, en disant: «La terre d'Allah n'est-elle assez vaste que vous n'ayez pas pu vous expatrier?»

Verset 98

Les impotents, les femmes, les enfants qui sont dans l'incapacité absolue de s'expatrier ou même de se diriger, sont exceptés. Mais Dieu fait exception de ceux qui sont incapables tels que les malades ou autres dont leur délivrance des polythéistes s'avère impossible, et qui ne trouvent pas une autre voie pour l'emprunter.

Verset 99

Ceux-là peuvent obtenir le pardon d'Allah. Allah est clément et miséricordieux. «Ceux-là peuvent obtenir le pardon d'Allah» en laissant l'hégire, car Il est clément et miséricordieux. Ibn Abbas a dit: «Ma mère et moi étions parmi les faibles que Dieu a excusés».

Verset 100

Celui qui s'expatrie pour la cause d'Allah peut se retrouver facilement une patrie où s'installer. Celui qui s'exile au service d'Allah et de son Prophète et qui la mort surprend, la récompense d'Allah lui est acquise. Allah est miséricordieux et clément. Puis Dieu montre le sort de ceux qui émigrent dans Sa voie et dit: «Celui qui s'expatrie pour la cause d'Allah, est sûr de retrouver facilement une patrie où s'installer» qui est une exhortation à s'expatrier et faire l'émigration en se séparant des polythéistes, car le croyant où qu'il se dirige, trouvera indubitablement un refuge qui le protégera et une terre où il pourra s'installer pour recommencer une autre vie et jouir des bienfaits de Dieu. «Celui qui s'exile au service d'Allah et de Son Prophète, et que la mort surprend, la récompense d'Allah lui est acquise» car tout dépend de l'intention et cela est confirmé aussi par ce hadith rapporté par Omar Ben Al-Khattab dans lequel l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit: «Les actes ne valent que par les intentions, et à chacun selon son dessein. Celui qui aura émigré pour acquérir des biens du bas monde ou une femme à épouser, son émigration ne sera comptée que pour ce dont il a émigré». On a rapporté que Damra Ben Joundob qui, s'exilant pour rejoindre l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue-, mourut en route. C'est à son sujet que ce verset fut révélé.

Verset 101

Il y a dans ce verset une tolérance pour ceux qui se déplacent d'abréger la prière, c'est à dire réduire celle qui est faite normalement de quatre rak'ats à deux. Mais les ulémas stipulent que ce déplacement doit être fait pour accomplir une œuvre selon les enseignements de Dieu, c'est à dire: un combat dans la voie de Dieu, un pèlerinage, une visite pieuse, à la recherche d'une science, une visite ou autre. Quant aux autres sortes de voyage, il faut absolument qu'ils soient de permis et ne comportent aucune dérogation aux lois divines, tout comme lorsque Dieu accorde la tolérance de manger la viande d'une bête morte quand on est contraint, en disant: «Celui qui contreviendra à ce qui précède par nécessité, en cas de disette, et à condition qu'il n'ait pas l'intention de mal faire...» [Coran V, 3] surtout quand on est en voyage sans une désobéissance à Dieu. Telle était l'opinion des chefs des écoles de la loi islamique, à l'exception d'Abou Hanifa. Mais d'autres ont jugé qu'il s'agit de n'importe quelle sorte de voyage, qu'il soit toléré ou non, même si l'homme qui compte faire un certain voyage et constate que la route est devenue périlleuse, d'après Abou Hanifa, Al-Thawri, Daoud et autre. «Si vous craignez d'être inquiétés par les infidèles» car après l'émigration (hégire) les musulmans ne se déplaçaient que pour faire une expédition ou des attaques contre leurs ennemis. Donc cette tolérance ne leur a été accordée qu'en cas où ils redoutaient les incrédules en l'affrontant. A cet égard You'la Ben Oumaya rapporte: «J'ai demandé Omar Ben Al-Khattab au sujet de ce verset en ajoutant que les hommes se trouvent actuellement en état de sécurité. Il me répondit: «J'ai été en effet étonné comme toi en méditant sur le sens de ce verset, mais en posant la question à l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- il m'a répondu: «Considérez ceci en tant qu'une aumône que Dieu vous octroie, acceptez donc Son aumône». Abou Al-Wadak rapporte qu'il a demandé Ibn Omar au sujet de la réduction de la prière à deux rak'ats quand on voyage, il m'a répondu: «C'est une tolérance descendue du ciel, vous pouvez en passer outre, si vous voulez». A propos de l'abrègement de la prière on cite ces quelques hadiths: - Anas rapporte: «Nous partîmes de Médine à La Mecque en compagnie du Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue-, il faisait la prière de deux rak'ats jusqu'à notre retour à Médine». On demanda à Anas: «Combien vous êtes restés à La Mecque?» Il répondit: «Nous sommes restés dix jours». - Ibn Omar rapporte: «Je fis une prière de deux rak'ats en compagnie du Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- à Mina ainsi avec Abou Bakr, Omar et Othman durant la première période de son califat, ce dernier l'a complétée ensuite à quatre. - Haritha Ben Wahb rapporte: «Le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- nous fit une prière de deux rak'ats à Mina bien qu'il n'y avait aucun danger. - Ibn Mass'oud a rapporté qu'on lui demanda qu'Othman a fait une prière de quatre rak'ats à Mina. Il s'écria alors: «Nous appartenons à Dieu et c'est vers Lui que nous nous retournons» Puis il dit: «J'ai fait une prière de deux rak'ats avec l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- à Mina, ainsi avec Abou Bakr et Omar -J'aurais bien aimé prier quatre rak'ats au lieu de deux et que ces deux rak'ats seraient acceptées de Dieu». Ces différents hadiths prouvent d'une façon claire que l'abrègement de la prière ne dépend pas de la crainte ou du cas de danger. Pour cela certains ulémas ont déclaré que cet abrègement ne porte pas sur le nombre de rak'ats mais plutôt sur la manière de s'acquitter de la prière, selon Moujahed, Ad-Dahak et As-Souddy, tirant argument de ce hadith rapporté par Malek d'après Aicha: «D'abord la prière fut imposée de deux rak'ats qu'on soit résident ou en voyage. La prière du voyage resta telle quelle, et celle de la résidence fut complétée à quatre». Si d'après ce hadith la prière en cas de voyage est fixée à deux rak'ats, comment prétend-on que cet abrègement porte sur la façon de s'en acquitter et non pas du nombre des rak'ats? En plus, on cite ce hadith rapporté par l'Imam Ahmed d'après Ibn Omar: «La prière en cas de voyage est formée de deux rak'ats ainsi que celles des deux fêtes -Fitr et Adha- et du vendredi par la bouche du Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- et chacune de ces prières est considérée en tant que complète». Mouslim et Nassai ont cité le même hadith avec cet ajout d'après Ibn Abbas: «A savoir quatre rak'ats quand on est résident, deux en voyage et une en cas du danger, sans négliger les prières surérogatoires aussi bien en résidant qu'en voyageant». Il ne contredit pas ce que Aicha a déclaré que la prière était à l'origine formée de deux rak'ats en lui ajoutant deux autres quand on réside. Et ce qui est de convenu, c'est que la prière du voyage est limitée à deux rak'ats. Si c'est ainsi, on peut conclure qu'il s'agit de la façon d'accomplir la prière en commentant ce verset: «Il vous est permis d'abréger la prière» comme en cas de danger et c'est pourquoi Dieu dit ensuite: «Si vous craignez d'être inquiétés par les infidèles» et encore: «Lorsque tu seras au milieu de tes troupes et que tu les appelleras à la prière» (le verset suivant que nous allons commenter) qui confirme que cet abrègement porte sur la façon de s'acquitter de la prière. Quant à Moujahed, il a commenté ce verset: «Il vous est permis d'abréger la prière» en disant: «Le jour où le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- se trouvait à Osfan avec les fidèles, et les polythéistes à Dajnan, il fit la prière du midi de quatre rak'ats en accomplissant à la perfection ses inclinaisons et ses prosternations, au moment où les polythéistes voulaient saisir l'occasion pour les attaquer et s'emparer de leurs effets et matériels de guerre. Oumaya Ben Abdullah Ben Khaled Ben Oussayd rapporte qu'il a demandé à Abdullah Ben Omar: «On trouve dans le Coran le verset relatif à l'abrègement de la prière en cas de danger, mais le verset concernant la prière en voyage n'y existe pas?» Il répondit: «Nous avons trouvé notre Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- pratiquer cette prière et nous l'avons imité». Abdullah Ben Omar tira argument du faire du Prophète et non plus du Livre de Dieu. En voilà aussi un autre argument: Samak Al-Hanafi a dit: «J'ai demandé Ibn Omar à propos de la prière en cas de voyage, il me répondit: «Elle est formée de deux rak'ats sans être considérée comme étant incomplète ou abrégée à l'opposé de celle de la crainte». Je répliquai: «Comment on doit faire la prière en cas de danger?» Il dit: «L'Imam fait d'abord une seule rak'at avec une partie de fidèles qui, en la terminant, quittent l'endroit de la prière pour les céder à l'autre partie, et l'Imam fait avec eux une autre rak'at. De cette façon chaque partie aura prié une seule rak'at et l'Imam deux».

Verset 102

Lorsque tu seras au milieu de tes troupes et que tu les appelleras à la prière, qu'une partie prie avec toi en gardant ses armes. Son oraison terminée, qu'elle se retire et cède la place à l'autre partie. Que celle-ci entre alors en prière avec toi mais qu'elle reste sur le qui-vive et garde aussi ses armes. Les infidèles attendent que vous vous débarrassiez de vos armes et de vos munitions pour tomber sur vous de toute leur masse. Il vous est permis lorsque la pluie vous incommode ou, si vous êtes malades, de déposer les armes. Restez quand même sur le qui-vive. Allah a préparé pour les infidèles un châtiment ignominieux. Il y a plusieurs sortes de prière en cas de danger et autant de façons pour les accomplir: Il se peut que l'ennemi soit en face de la direction de la qibla ou non. La prière qu'on doit s'en acquitter peut être de quatre rak'ats comme celle du midi, de l'asr ou du soir, ou de trois telle la prière du coucher du Soleil, ou enfin de deux telle la prière de l'aurore. Tantôt on l'effectue en commun et tantôt individuellement lors de la mêlée, en se dirigeant ou non vers la qibla, marchant à pied ou montant. En cas où on doit l'accomplir en marchant, on doit observer les actes successifs de la prière. Les ulémas ont dit: Dans ce cas on fait la prière d'une seule rak'at en tirant argument du hadith sus-mentionné d'après Ibn Abbas, comme on peut aussi la faire avec des gestes quand on se bat, sinon on se contente d'une seule prosternation car il y en a là un rappel de Dieu. D'autre part, les ulémas ont toléré de retarder la prière lors de la mêlée tout comme le fit le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- le jour de la bataille des coalises qui s'est acquitté des prières du midi et de l'asr après le coucher du soleil; puis il a fait celle du coucher du soleil et ensuite celle du soir. Ainsi c'était le cas lorsque les fidèles voulurent attaquer les Bani Qouraidha, le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- leur dit: «Que l'un d'entre vous ne fasse la prière de l'asr qu'une fois arrivé tout près de Bani Qouraidha». En cours de route certains la firent en disant: «L'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- n'a pas voulu qu'on retarde la prière mais de hâter le pas afin d'y arriver le plutôt possible.» D'autres la retardèrent jusqu'à leur arrivée tout près de Bani Qouraidha après le coucher du soleil. Le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- n'a adressé de reproches ni aux uns ni aux autres. Mais la majorité des ulémas ont jugé que tout cela a été abrogé par le verset relatif à la prière en cas de danger qui n'a pas été encore révélé. «Lorsque tu seras au milieu de tes troupes et que tu les appelleras à la prière» c'est un cas qui diffère du premier, se rapporte à la prière en cas de danger et qui est composé d'une seule rak'at, qu'on l'accomplisse en commun derrière un imam ou seul, à pieds ou en montant, se dirigeant vers la qibla ou non. Le mérite de cette prière est incontestable comme ont jugé les ulémas en se basant sur ce verset en rapportant qu'il renferme un grand pardon aux priants. Quant à ceux qui ont prétendu que la prière en cas de danger a été abrogée après la mort du Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- en commentant ce verset à la lettre: «Lorsque tu seras au milieu de tes troupes» leur argument est très faible. Pour leur répondre on cite l'attitude de ceux qui avaient refusé de verser la zakat de leurs biens après la mort du Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- en tirant argument de ce verset: «Prélève une aumône sur leurs biens pour les purifier et les rendre sans taches. Prie pour eux: tes prières sont un apaisement pour eux» (Coran IX, 103). Ils disaient: «Après le Prophète nous ne payons la zakat à personne, mais nous la prélevons sur nos biens et donnons à qui nous voulons. Nous ne la donnons qu'à celui dont ses prières - c.à.d invocations - nous seront un apaisement.» Cependant les compagnons réfutèrent leurs dires, les obligèrent à payer la zakat et combattirent les rebelles. Avant de montrer la façon de cette prière, nous allons citer la circonstance de la révélation de ce verset. Ali -que Dieu l'agrée- a rapporté: «Des hommes de Bani Najjar demandèrent à l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue-: «O Envoyé de Dieu, nous voyageons souvent, comment devrons-nous faire la prière?». A cette occasion Dieu fit descendre ce verset: «Quand vous êtes en déplacement, il vous est permis d'abréger la prière» Puis la révélation fut interrompue pendant une année entière. Puis dans une de ses expéditions le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- fit la prière du midi avec les fidèles. Les voyant ainsi, les polythéistes dirent les uns aux autres: «Mohammed et ses compagnons vous ont laissé l'occasion pour les attaquer, élançons-nous donc contre eux». Un homme d'entre eux leur dit: «Attendons, car ils vont faire aussi une prière après celle-ci». Dieu à Lui la puissance et la gloire fit alors cette révélation: «Si vous craignez d'être inquiétés par les infidèles» et par la suite la prière de la crainte fut établie». Abou 'Ayach Al-Zourqi rapporte: «Etant avec le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- à 'Osfan en face des polythéistes, dont Khaled Ben Al-Walid était leur commandant, qui étaient dans la direction de notre qibla, le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- nous fit la prière du midi alors que les polythéistes disaient les uns aux autres: «Si nous les avions attaqués au moment de la prière nous aurions pu avoir le dessus». Certains d'entre eux répondirent: «Ils feront bientôt une prière qu'ils préférent à eux-mêmes et à leurs enfants». Gabriel descendit avec ce verset entre midi et l'asr. «Lorsque tu seras au milieu de tes troupes et que tu les appelleras à la prière». Au moment de la prière de l'asr, le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- nous ordonna de porter nos armes, nous mit en deux rangées derrière lui. Il s'inclina et nous fîmes de même, puis il se releva et nous nous relevâmes également. Le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- se prosterna et ceux qui se trouvaient au premier rang se prosternèrent tandis que ceux du deuxième rang les gardèrent. En se relevant de la prosternation, les premiers échangèrent leur place avec les autres, pour les garder, et ceux-ci se prosternèrent à leur tour puis se relevèrent avec le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue-, s'inclinèrent avec lui et quand il se prosterna, les hommes qui se trouvaient derrière lui se prosternèrent alors que les autres montèrent la garde. Quand ils s'assirent, les premiers firent de même, à la fin le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- fit la salutation finale. Ainsi la prière fut terminée. A savoir que l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- avait fait cette prière deux fois: la première à Osfan et la deuxième dans le territoire de Bani Soulaim». Selon une troisième version Jaber Ben Abdullah raconte: «L'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- mena une campagne contre la tribu Khasfa. Un homme parmi ces derniers appelé Ghawrath Ben Al-Hareith, se trouvant tête à tête avec le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue-, brandit son sabre et lui dit: «Qui te protégera de moi?» - Dieu, lui répondit-il. Le sabre tomba aussitôt de la main de l'homme, l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- le prit et lui posa la même question: «Qui te protège de moi?» Et l'homme de répliquer: «Sois clément». Le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- lui dit: «Attestes-tu qu'il n'y a d'autre divinité que Dieu et que je suis le Messager de Dieu? - Non, riposta-t-il, mais je te donne ma parole que je ne te combattrai pas et ne serai plus aux côtés d'autres qui te combattront». L'homme, mis en liberté, regagna ses concitoyens et leur dit: «Je viens de chez un homme qui est le meilleur du monde». Le moment de la prière survint, l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- fit la prière de la crainte en divisant les fidèles en deux groupes: le premier monta la garde et l'autre fit une prière de deux rak'ats avec le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- puis prit la place du deuxième groupe qui fit aussi une prière de deux rak'ats avec le Prophète. L'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- fit une prière de quatre rak'ats et les fidèles une prière de deux. Il s'avère de ce qui précède que le port d'arme au moment de la prière en cas de danger est recommandé ce qui explique, d'après Al-Chafi'i, ce verset: «Il vous est permis, lorsque la pluie vous incommode ou si vous êtes malades, de déposer les armes. Restez quand même sur le qui-vive» ce qui signifie qu'on peut porter l'arme en priant et que l'on prenne garde si on la dépose, et dans les deux cas l'on doit être toujours prêt à affronter l'ennemi pour qui Dieu a préparé un châtiment ignominieux.

Verset 103

La prière terminée, mentionnez le nom de Dieu, debout, assis ou couchés. Quand vous êtes en sécurité, récitez normalement vos prières. La prière est une obligation pour les musulmans. Elle doit avoir lieu aux moments fixés. La mention et les invocations de Dieu étant recommandées après chaque prière, après celle de la crainte elles doivent être plus intenses. Pour cela Il ordonne à Ses serviteurs de penser à Lui toujours en toute situation et posture: assis, debout ou même couchés. Puis Dieu leur dit: «Quand vous êtes en sécurité, récitez normalement vos prières» c'est à dire accomplissez la prière comme il se doit en faisant ses inclinaisons, prosternations et relèvements à la perfection avec acharnement, car la prière est prescrite aux croyants à des moments déterminés.

Verset 104

Ne cessez pas de harceler vos adversaires. Si vous souffrez, eux aussi souffrent. Mais vous attendez d'Allah une récompense qu'ils ne sauraient espérer. Allah est omniscient et sage. Un ordre adressé aux fidèles de ne plus faiblir dans la poursuite de leurs ennemis, d'être aux aguets et de les combattre avec acharnement. Car tout malheur qui pourrait arriver aux croyants comme mort ou blessures, il atteindrait aussi les adversaires, toutes les deux parties en seraient assujetties: une chose qu'on trouve dans un autre verset: «Si un revers vous atteint, dites-vous que d'autres en ont subi aussi» [Coran III, 140]. Pour rassurer les fidèles qui, en combattant, s'exposent aux mêmes calamités, il leur promet de leur accorder ce qu'ils espèrent de Sa part: la récompense, la victoire et le secours, ce que les autres n'en espèrent point. C'est bien une promesse véridique citée dans le Livre de Dieu et annoncée par la bouche du Prophète. Pour cela les croyants sont plus dignes du combat dans la voie de Dieu afin que Sa parole soit la plus élevée. Dieu certes est celui qui sait tout et Il est juste.

Verset 105

Nous t'avons révélé le Livre, expression de droit, pour que tu juges entre les hommes selon les indications d'Allah. Ne défends jamais la cause des plaideurs malhonnêtes. Dieu s'adresse à Son Messager et lui dit qu'Il lui a révélé le Coran avec la vérité afin qu'il juge entre les hommes selon ses prescriptions et d'après ce qu'Il lui fait voir. Certains ulémas ont tiré argument de ce verset que le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- avait le droit de trancher les différends selon ses propres lumières, ainsi qu'un hadith rapporté par Oum Salama corrobore ce fait. Elle raconte: «Entendant une dispute auprès de sa porte, le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- sortit et dit aux deux hommes qui se disputaient: «Je ne suis qu'un être humain. Je reçois l'un des adversaires qui pourra être plus éloquent en exposant son argument qu'un autre, croyant qu'il a raison, je prononce une sentence en sa faveur. En fait je procure une place à l'enfer à qui je donne raison contre un autre musulman, qu'il la prenne ou qu'il la laisse de côté». (Rapporté par Boukhari et Mouslim). Selon une autre version, il s'agit des deux médinois qui se disputaient une succession et chacun d'eux n'avait aucune évidence. Entendant les propos du Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- et craignant une injustice, ils se mirent à pleurer et chacun d'eux s'écria: «Je suis prêt à céder mon droit à mon frère». L'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue-, leur dit: «Allez, partagez cette succession entre vous. Que chacun d'entre vous recherche la vérité et son droit, et faites un tirage au sort, puis que chacun d'entre vous déclare licite ce qu'il donne à son frère». Quant à la circonstance de la révélation de ce verset: «Nous t'avons révélé le Livre...» Ibn Abbas raconte le récit suivant: «Un groupe des Ansariens -Médinois- firent une expédition avec l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue-. Le bouclier de l'un d'eux fut volé, il accusa un Ansarien du vol et alla dire à l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue-: «Tou'ma Ben Oubayreq a volé mon bouclier». Le voleur, mis au courant, prit le bouclier et le mit dans la maison d'un homme innocent, et vint dire à ses concitoyens: «J'ai caché le bouclier dans la maison d'un tel, si vous voulez le rechercher, vous l'y trouverez». Les Ansariens vinrent trouver la nuit le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- et lui dirent: «Notre concitoyen est innocent (c.à.d Tou'ma) et le bouclier se trouve dans la maison d'un tel, c'est bien ce qu'on nous fait savoir. Déclare donc l'innocence de notre ami devant tout le monde, car si tu ne déclares pas son honnêteté, il serait perdu». L'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- l'innocenta devant tout le monde, et le verset lui fut révélé: «Nous t'avons révélé le Livre, expression du droit, pour que tu juges entre les hommes selon les indications d'Allah. Ne défends jamais la cause des plaideurs malhonnêtes».

Verset 106

Miséricordieux et clément. Appelle sur toi le pardon d'Allah.

Verset 107

N'assiste pas ceux qui ne sont pas en paix avec leur conscience. Le perfide et le méchant déplaisent à Allah. Ensuite Dieu dénonce les comploteurs et dit: «N'assiste pas ceux qui ne sont pas en paix avec leur conscience. Le perfide et le méchant déplaisent à Allah» il s'agit naturellement de ceux qui sont venus chez le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- pour innocenter leur compagnon le coupable.

Verset 108

Ils se cachent des hommes et ils ne se cachent pas d'Allah, alors qu'Allah est présent lorsqu'ils tiennent secrètement leurs conciliabules qui Lui déplaisent. Allah sait tout ce qu'ils font. «Ils se cachent des hommes et ils ne se cachent pas d'Allah» Il s'agit des hypocrites qui veulent se cacher des hommes à cause de leurs actions abominables pour ne plus les leur reprocher du moment qu'ils en font parade devant le Seigneur, Lui qui connaît parfaitement ce qu'ils cachent même dans leur for intérieur, c'est pourquoi Il dit: «Allah est présent lorsqu'ils tiennent secrètement des conciliabules qui Lui déplaisent. Allah sait tout ce qu'ils font» des paroles qui constituent une menace et un avertissement.

Verset 109

Ces gens-là, c'est entendu, vous plaidez leur cause dans ce monde. Mais qui les défendra auprès d'Allah au jour de la résurrection? Qui consentira à être leur avocat? Puis Il dit: «Ces gens-là, c'est entendu, vous plaidez leur cause dans ce monde» qui signifie en d'autres termes: A supposer que ces gens-là sont soutenus dans ce bas monde en vertu de leurs actions apparentes, quel sera leur sort en se tenant devant Dieu au jour de la résurrection qui connaît aussi bien l'invisible que le visible? Qui pourrait être leur défenseur en ce jour-là? Sûrement personne ne leur portera secours.

Verset 110

Quiconque aura commis une mauvaise action ou se portera tort à soi-même trouvera Allah miséricordieux et indulgent s'il L'implore. Pour montrer Sa générosité et Son indulgence, Dieu fait connaître aux hommes que celui qui revient à Lui repentant après avoir commis un péché ou une faute vénielle, ou il s'est fait tort à lui-même, trouvera Dieu clément et miséricordieux. Ibn Jarir rapporte que Abdullah a dit: «Lorsqu'un homme des fils d'Israël commettait un péché, il trouvait le matin le moyen de son expiation écrit sur sa porte. S'il avait souillé ses vêtements en urinant, il coupait la partie souillée avec des ciseaux. Un homme s'écria: «Dieu a accordé de Ses biens aux fils d'Israël» Et Abdullah -que Dieu l'agrée- de riposter: Ce que Dieu vous a donné est meilleur en vous permettant de nettoyer la partie souillée avec de l'eau et le contenu de ce verset: «Les vertueux qui, lorsqu'ils commettent une mauvaise action ou se nuisent à eux-mêmes, appellent Allah et implorent Son pardon pour leurs péchés» [Coran III, 135] et aussi ce verset: «Quiconque aura commis une mauvaise action ou se portera tort à soi-même trouvera Allah miséricordieux et indulgent s'il L'implore». Ali -que Dieu l'agrée- a dit: «A chaque fois que j'entendais de la bouche de l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- une chose qui m'était utile, je demandais à Dieu de m'en accorder. Abou Bakr, le véridique, m'a rapporté que l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit: «Tout musulman qui commet un péché, fait ses ablutions, prie deux rak'ats et implore le pardon de Dieu, Dieu l'absoudra» Puis il récita ces deux versets: «Quiconque aura commis une mauvaise action...» Ces dires de Dieu: «Celui qui commet une mauvaise action se nuit à lui-même» sont pareils à ceux ci: «Nul ne prendra à charge les péchés d'un autre» [Coran XVII, 15] c'est à dire que chacun sera responsable de ses propres actions, car Dieu est sage, juste et miséricordieux.

Verset 111

Quiconque commet un péché ne le commet qu'à son propre détriment car les conséquences néfastes retombent sur lui seul, ne nuisant à personne d'autre; et Allah est toujours Connaisseur et Sage dans Ses actions.

Verset 112

Quiconque commet une faute, un péché mineur ou un péché grave, puis en rejette la responsabilité sur un innocent qui n'en est pas coupable, s'accable par là d'une calomnie par sa fausse accusation et d'un péché manifeste.

Verset 113

Sans la grâce d'Allah envers toi, ô Muhammad, et Sa miséricorde en te protégeant, un groupe d'entre eux, du clan de Tu'ma, aurait conspiré pour t'égarer du jugement selon la vérité. Allah t'a révélé le Livre, le Coran, et la sagesse contenant les jugements, et Il t'a enseigné ce que tu ne savais pas des jugements et de l'invisible; et la grâce d'Allah envers toi dans ceci et d'autres domaines est immense.

Verset 114

On ne trouve rien d'édifiant dans la plupart de leurs propos. Mais celui qui recommande la charité, le bien, l'union entre les hommes et cela dans le but de plaire à Allah, celui-là nous lui donnerons une récompense magnifique. La plupart des paroles et entretiens des gens ne comportent rien de bon excepté les paroles de ceux qui ordonnent une aumône ou un bien notoire ou une réconciliation entre les hommes, et à part cela, tous les propos sont comme futilités. À cet égard Oum Habîba rapporte que le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit: «On demandera compte du fils d'Adam de tout ce qu'il profère sauf quand il mentionne Dieu à Lui la puissance et la gloire, ou ordonne de faire un bien ou déconseille un répréhensible» (Rapporté par Mardaweih). Et dans un hadith authentifié l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit: «Il n'est pas considéré comme menteur celui qui (crée des mensonges) afin de réconcilier entre les hommes, en disant du bien et en colportant de bonnes paroles» (Rapporté par Boukhari et Mouslim). L'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit à ses compagnons: «Vous dirai-je quel est l'acte qui est plus méritoire que le jeûne, la prière et l'aumône? - Certes oui, répondirent-ils. Il poursuivit: «C'est la réconciliation entre les gens». Donc quiconque pratique ces actes en ordonnant une aumône ou un bien ou réconcilie entre les hommes avec sincérité et espérant la récompense divine, aura une récompense sans limites.

Verset 115

Celui qui reniera le Prophète, après que la bonne voie lui ait été apparue, et qui suivra une autre direction que celle des fidèles, celui-là nous l'abandonnerons au destin qu'il a choisi et nous le précipiterons dans l'enfer. Triste fin. «Celui qui reniera le Prophète, après que la bonne voie lui ait été apparue» il s'agit de celui qui se sépare du Prophète après avoir connu d'une façon très claire la vraie direction en suivant un chemin différent. Ainsi c'est le cas de celui qui se sépare de la communauté qui s'accorde sur une affaire quelconque et la contredit sans aucun prétexte valable. Plusieurs hadiths ont été rapportés à ce propos, et l'Imam Ahmad de considérer que toute dérogation à un avis unanime est interdite en se basant sur le verset sus-mentionné. C'est pourquoi Dieu met en garde et menace toute personne qui commet un tel acte en disant: «Celui-là nous l'abandonnerons au destin qu'il a choisi et nous le précipiterons dans l'enfer. Triste fin» C'est-à-dire s'il emprunte un autre chemin (qui n'est pas droit) Dieu le laisse agir à sa guise en le lui embellissant pour le conduire par étapes vers son mauvais destin, comme Il le montre dans ce verset: «Laisse-moi donc avec ceux qui traitent de mensonge ce discours; nous allons les conduire par étapes par où ils ne savent pas» [Coran LXVIII, 44]. Dieu aussi, dans d'autres versets, montre le cas de ceux qui se détournent de la voie tracée, et dit: «Lorsqu'ils dévièrent, Dieu fit dévier leurs cœurs» [Coran LXI, 5] et: «Nous les laisserons marcher aveuglément dans leur rébellion» [Coran VI, 110]. Leur sort sera sans aucun doute la Géhenne pour avoir suivi un autre chemin que celui de la vérité, et ne trouveront aucune issue comme Dieu a dit: «Les criminels verront le Feu; ils penseront y tomber et ils ne trouveront aucun moyen d'y échapper».

Verset 116

Allah ne pardonne pas qu'on Lui reconnaisse un associé. Hormis cette injure, Il pardonne à qui Il veut. Celui qui associe quelqu'un à Allah commet une erreur sans nom. Nous avons déjà commenté le premier verset et rapporté quelques hadiths à ce propos. Ali à cet égard a dit: Aucun verset du Coran ne m'est plus cher que celui-ci «Allah ne pardonne pas qu'on lui reconnaisse un associé». «Celui qui associe quelqu'un à Allah commet une erreur sans nom» et ceci en suivant un autre chemin que la voie de la vérité en se déviant de la bonne direction, exposant ainsi son âme à la perdition dans les deux mondes et il aura manqué le bonheur réservé aux fidèles.

Verset 117

À part Allah, ils n'adorent que des symboles féminins, ils n'adorent que Satan, le rebelle. «À part Allah, ils n'adorent que des symboles féminins» c'est-à-dire des statues d'après Aicha. Mais Ad-Dahak a commenté ce verset de la façon suivante: «Les polythéistes déclarent: les anges sont les filles de Dieu, nous allons les adorer afin qu'elles nous rapprochent de Dieu». Ils les prirent en tant que maîtres en les peignant comme des filles et en précisant qu'elles ressemblent aux filles de Dieu. Dieu blâme aussi leur agissement dans ces versets: «Avez-vous considéré al Lat et al 'Uzza» [Coran LIII, 19] et: «Ils considèrent les anges, serviteurs du Miséricordieux, comme des femelles» [Coran XLIII, 19] Quant à Ibn Abbas et Al-Hassan, ils ont assimilé ces symboles féminins à des choses inertes sans vie. «Ils n'adorent que Satan le rebelle» car c'est bien lui qui leur ordonne d'agir ainsi en leur embellissant leur forfait, mais en fait, ceux-là n'adorent que le démon comme Dieu le montre dans ce verset: «Ô fils d'Adam! ne vous ai-je pas engagés à ne pas adorer le démon» [Coran XXXVI, 60].

Verset 118

Dieu l'a maudit, Il l'a éloigné de Sa miséricorde. Et il dit, à savoir Satan: «Assurément je prendrai pour moi une part désignée de Tes serviteurs. Dieu maudit Satan en le chassant et le privant de Sa miséricorde, mais il répondit au Seigneur: «Je t'enlèverai une partie de tes fidèles» c'est-à-dire un nombre déterminé qui sera, d'après Qatada, 999 sur mille qui iront à l'enfer et un seul entrera au Paradis.

Verset 119

Et je les égarerai certes, et je leur donnerai de faux espoirs, et je leur ordonnerai, et ils fendront les oreilles aux bestiaux, et je leur ordonnerai, et ils altéreront la création d'Allah.» Et quiconque prend Satan pour allié au lieu d'Allah, alors certes il a subi une perte évidente. «Je les égarerai» en les détournant de la vérité «J'exacerberai leurs ambitions» en leur inspirant de vains désirs, leur empêchant de se repentir, leur promettant tant de choses «je les inciterai à couper les oreilles des animaux» Il s'agit, d'après Qatada, de fendre les oreilles des animaux; c'était un signe pour distinguer parmi eux les: Bahira, Sa'iba et Wassila. «je les persuaderai de dénaturer les lois de la création» qui consiste, selon Ibn Abbas, à castrer les étalons. Mais Al-Hassan Al-Basri a précisé qu'il s'agit du tatouage, comme le montre ce hadith rapporté par Ibn Mass'oud et cité dans le Sahih. L'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit: «Dieu a maudit celle qui tatoue et celle qui se fait tatouer, celle qui épile et celle qui le fait, celle qui lime ses dents afin de paraître belle en changeant la création de Dieu» (Rapporté par Mouslim). Puis Ibn Abbas ajouta: «Et moi aussi je maudis celles que l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a maudites, et pourquoi ne pas le faire tant que je trouve cela dans ce verset: «Prenez ce que le Prophète vous donne et abstenez-vous de ce qu'il vous interdit» [Coran LIX, 7]. Suivant une autre version d'après Ibn Abbas, Moujahed et Ad-Dahak, les lois de la création signifient la religion de Dieu comme on le trouve dans ce verset: «Acquitte-toi des obligations de la Religion en vrai croyant et selon la nature que Dieu a donnée aux hommes en les créant. Il n'y a pas de changement dans la création de Dieu» [Coran XXX, 31] Cela signifie: Laissez les gens tels que Dieu les a créés. Ensuite Dieu avertit les hommes de prendre les démons pour patrons pour qu'ils ne perdent les deux mondes en disant: «Celui qui prendra Satan pour maître plutôt qu'Allah, celui-là court à une perte certaine».

Verset 120

Il leur fait des promesses et stimule leurs désirs. Les promesses de Satan sont trompeuses. Car Satan ne fait que des promesses en stimulant leurs désirs, mais ces promesses ne sont que des mensonges, comme Dieu le montre dans le verset en parlant de Satan au jour du Rassemblement: «Lorsque le décret aura été rendu, le Démon dira: Dieu vous a certainement fait une promesse vraie, tandis que moi je vous ai fait une promesse que je n'ai pas tenue...» [Coran XIV, 22]. Ceux qui auront obéi au démon et cru en ses promesses, auront la Géhenne pour demeure et ne trouveront aucun moyen d'y échapper.

Verset 121

Ceux-là auront l'enfer pour séjour. Ils ne sauraient y échapper.

Verset 122

Ceux qui croient et pratiquent le bien séjourneront éternellement dans des jardins arrosés d'eau vive. C'est là une promesse d'Allah et qui sera tenue. Qui est plus sincère qu'Allah.

Verset 123

Fi de vos caprices, fi des caprices des gens d'Écriture! Celui qui fait du mal en répondra. Et il ne trouvera personne autre qu'Allah pour patron ou pour protecteur. Qatada raconte que les musulmans et les gens du Livre se glorifiaient de leur religion. Les gens du Livre déclarèrent: «Notre Prophète est venu avant le vôtre ainsi que notre Livre fut révélé avant le vôtre. Nous sommes donc plus proches de Dieu que vous». Les musulmans ripostèrent: «Nous sommes plus rapprochés de Dieu que vous et notre Prophète est le dernier des Prophètes. Quant à notre Livre, il abroge les autres Livres révélés» Dieu à cette occasion fit descendre ce verset: «Fi de vos caprices, fi des caprices des gens d'Écritures...» et celui-ci: «Quelle plus belle religion de celle où on se soumet à Allah...» Ainsi Dieu donna aux musulmans le dessus sur les autres parmi ceux qui se disputaient avec eux au sujet de la religion. Quant à la version d'Ibn Abbas, elle est la suivante: «Les gens du pentateuque se vantèrent: «Notre Livre est le meilleur des Livres et notre Prophète est le meilleur des Prophètes.» Les gens de l'Évangile tinrent les mêmes propos. Les musulmans répondirent aux uns et aux autres: «Il n'y a de religion que l'Islam, notre Livre a abrogé tous les autres Livres, notre Prophète est le sceau des autres Prophètes. Nous sommes ordonnés comme vous l'êtes de croire en votre Livre mais de suivre le nôtre». Dieu alors fit cette révélation pour trancher la question et fit connaître aux hommes «Quelle plus belle religion que celle où on se soumet à Allah...». Moujahed a dit: «Les Arabes disaient qu'ils ne seraient ni ressuscités ni châtiés. Quant aux juifs et chrétiens, ils prétendaient: «N'entreront au Paradis que les juifs ou les chrétiens» [Coran II,111] et disaient aussi: «L'épreuve du feu, si nous devons la subir, sera de courte durée» [Coran II, 80]. Ce qu'on peut déduire de ces versets consiste à considérer que la vraie religion n'est pas de simples souhaits à formuler, plutôt elle est la foi qui demeure dans le cœur et les actions qui la confirment. Celui qui ambitionne une chose ne l'acquerra pas par de simples souhaits, et quiconque prétend être dans la voie droite est demandé à présenter des preuves de la part de Dieu. C'est pourquoi Dieu répondit aux uns et aux autres: «Et de vos caprices, fi des caprices des gens d'Écriture...» qui signifie qu'on ne pourrait jamais assurer le salut en le convoitant tout simplement, plutôt il faudrait faire preuve de soumission à Dieu en suivant les enseignements des Prophètes et Messagers, et quiconque fait le mal sera rétribué en conséquence, comme Dieu le montre dans un autre verset: «Celui qui aura fait le poids d'un atome de bien le verra; celui qui aura fait le poids d'un atome de mal le verra» [Coran XCIX, 7-8]. On a rapporté qu'à la suite de la révélation de ce verset: «Et de vos caprices etc...» les compagnons éprouvèrent une certaine inquiétude. L'imam Ahmed raconte qu'Abou Bakr s'écria: «Ô Envoyé de Dieu! Après la révélation de ce verset comment pourrons-nous nous sauver du moment que nous serons rétribués en conséquence de chaque mauvaise action que nous avons commise?» Il lui répondit: «Que Dieu te pardonne ô Abou Bakr! Ne tombes-tu pas malade? N'éprouves-tu pas de la fatigue? ne subis-tu pas parfois de calamités?» - Certes oui, répliqua Abou Bakr. Et le Prophète de rétorquer: «En voilà les maux dont vous en serez rétribués en conséquence». Selon une autre version Abou Bakr raconte: «Étant chez le Prophète qu'Allah le bénisse et le salue-, il reçut cette révélation: «Celui qui fait du mal en répondra» Il me dit: «Ô Abou Bakr, ne te réciterai-je un verset qui me fut révélé en ce moment?» - Certes oui, ô Envoyé de Dieu, dis-je» Il me le récita et j'éprouvai une certaine douleur au dos et dus m'étirer. Il me demanda: «Qu'as-tu ô Abou Bakr?» - Que je te donne pour rançon mes père et mère ô Envoyé de Dieu, répondis-je, qui d'entre nous n'a pas commis de mal? Serions-nous rétribués en conséquence» Il répliqua: «Quant à toi ô Abou Bakr et à tes compagnons les croyants, vous en serez rétribués dans ce bas monde jusqu'à ce que vous rencontriez Dieu absous de tout péché. Mais les autres, leurs mauvaises actions leur seront cumulées pour en être châtiés au jour de la résurrection». Plusieurs hadiths ont été rapportés à propos de ce verset dont nous allons citer quelques uns: - Abou Houraira raconte: Après la révélation de ce verset: «Celui qui fait du mal en répondra» les musulmans éprouvèrent un certain embarras. L'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- leur dit: «Recherchez la perfection dans vos œuvres et soyez modérés en les appliquant, car tout mal qui afflige un musulman même une épine qui le pique lui vaut de la part de Dieu une rémission de ses péchés.»(Rapporté par Ahmed et Ibn Jarir). - Ibn Abbas rapporte qu'on a demandé à l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue-: Celui d'entre nous qui aurait fait un mal sera-t-il rétribué en conséquence?» Il répondit: «Oui, et celui qui fait une bonne action elle lui sera décuplée. Quiconque dont sa mauvaise action l'emportera sur ses dix bonnes actions sera perdu». - Ibn Jarir a rapporté d'après Al-Hassan que le verset précité concerne l'incrédule en se référant à ce verset: «Rétribuons-nous ainsi un homme qui ne serait pas incrédule?» [Coran XXXIV, 17]. «Et il ne trouvera personne autre qu'Allah pour patron ou pour protecteur» Ibn Abbas l'a commenté en disant à moins qu'il ne se repente et Dieu accepte son repentir. Mais ce qui est plus correct, comme a dit Ibn Abi Hatem, ceci est commun à toutes les œuvres comme les hadiths précités le confirment.

Verset 124

Homme ou femme, quiconque fera le bien et en même temps sera croyant, entrera au Paradis et le dommage le plus infime lui sera épargné. «Homme ou femme, quiconque fera le bien et en même temps sera croyant» on commente cette partie du verset de la façon suivante: Après que Dieu ait montré que chacun sera châtié selon ses mauvaises actions qu'il aura commises soit dans ce bas monde, et ce sera un bien pour lui, soit dans la vie future dont les conséquences seront pires, Il fait connaître aux gens croyants, hommes et femmes, qu'Il les fera entrer au Paradis pour prix de leurs bonnes actions sans les léser.

Verset 125

Quelle plus belle religion que celle où on se soumet à Allah, où on fait le bien et où on suit le culte d'Abraham ce modèle de droiture? Allah a pris Abraham pour ami. Puis Dieu affirme que la plus belle religion consiste à se soumettre à Lui, être sincère avec Lui en accomplissant ses œuvres avec foi et espoir de la récompense «et on fait le bien» c'est à dire en suivant les enseignements que Dieu a révélés à son Messager. Bref toute bonne action est soumise à deux conditions: La sincérité envers Dieu et la conformité à la loi divine. En l'absence d'une de ces deux conditions, toute œuvre sera de l'hypocrisie et n'est accomplie que pour plaire aux autres. Une fois le serviteur réunit les deux conditions sera parmi: «Ceux dont nous acceptons les meilleures actions sans tenir compte de leurs méfaits» [Coran XLVI, 16]. C'est pourquoi Dieu le Très Haut a dit: «et on suit le culte d'Abraham ce modèle de droiture». Ceux qui le suivent sont certes Muhammad et ses adeptes jusqu'au jour de la résurrection et Dieu les mentionne dans ce verset: «Les hommes les plus proches d'Abraham sont vraiment ceux qui l'ont suivi, ainsi que ce Prophète» [Coran III, 68] et Il a dit aussi: «Les hommes les plus proches d'Abraham sont vraiment ceux qui l'ont suivi, ainsi que ce Prophète» [Coran III, 68] et Il a dit encore: «Nous l'avons révélé: «Suis la religion d'Abraham, un vrai croyant». Il n'était pas au nombre des polythéistes» [Coran XVI, 123]. Pour exhorter les hommes à suivre le culte d'Abraham et de le prendre comme modèle de droiture Dieu a dit: «Allah a pris Abraham pour ami» car, en vérité, Abraham n'a atteint ce stade de la haute considération qu'en se soumettant à Dieu en appliquant à la perfection tous Ses ordres au point que Dieu a dit de lui «Abraham qui fut très fidèle» [Coran LIII, 27]. Les ulémas ont dit qu'Abraham n'a laissé aucune pratique cultuelle sans s'en acquitter avec sincérité quel qu'était son degré d'importance. Par ailleurs Dieu a mentionné dans son Livre Abraham en disant: - Après qu'Allah eût envoyé des commandements à Abraham comme épreuve et qu'il les eût exécutés» [Coran II, 124]. - Abraham représente vraiment tout un peuple: docile envers Dieu, c'était un vrai croyant; il ne fut pas au nombre des polythéistes» [Coran XVI, 120]. Al-Boukhari raconte d'après Amr ben Maymoun que Mu'adh, en arrivant du Yémen, fit la prière de l'aurore avec ses habitants et récita: «Allah a pris Abraham pour ami» Un homme s'écria alors: «La mère d'Abraham devait être très réjouie». Abraham a été appelé l'ami de Dieu à lui la puissance et la gloire - ou Son confident - à cause de son amour pour Lui en persévérant dans tout acte qui rend le Seigneur satisfait de lui. L'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- à son tour, comme il est cité dans les deux sahihs, après qu'il ait sermonné les gens, leur dit à la fin: «Hommes! Si j'avais le droit de prendre pour ami un des habitants de la terre, j'aurais choisi Abou Bakr ben Abi Qouhafa, mais votre compagnon - Abraham - était l'ami de Dieu» (Rapporté par Boukhari et Mouslim). Ibn Abbas raconte: «Quelques uns des compagnons de l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- l'attendaient. Lorsqu'il fut tout près d'eux, il les entendit dire: «C'est étonnant de savoir que Dieu a pris parmi ses créatures un ami qui est Abraham» Un homme riposta: «N'est-il pas encore étonnant qu'il est certain que Dieu a parlé à Moïse?» Un autre de répliquer: «Jésus n'est-il pas l'Esprit de Dieu et son verbe?» Puis un quatrième de dire: «Dieu n'a-t-Il pas choisi Adam de préférence?» L'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- les salua et leur dit: «Je viens d'entendre vos propos et votre étonnement qu'Abraham soit l'ami de Dieu, Moïse Son interlocuteur, Jésus Son Esprit et Son verbe et enfin Adam comme son favori. Sûrement il en est ainsi. Mais sachez aussi que je suis aussi le bien-aimé de Dieu sans orgueil. Je serai le premier intercesseur écouté sans orgueil. Je serai le plus honoré parmi les premiers et les derniers sans orgueil». (Rapporté par Ibn Mardaweih). Ishaq Ben Yassar a dit: Après que Dieu eût pris Abraham pour ami, Il jeta la crainte dans son cœur au point où l'on entendait le battement de son cœur de loin comme on entend le battement des ailes d'oiseaux. Quant à l'Envoyé Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- l'on entendait jaillir de sa poitrine un bruit pareil au bouillonnement d'une marmite à cause de ses pleurs.

Verset 126

Allah est le maître des cieux et de la terre. Sa science s'étend à toute chose. Enfin Dieu rappelle aux hommes qu'Il est le Maître des cieux et de la terre, tous les hommes sont Ses serviteurs, Il dispose de tout, rien ne repousse Sa décision, et nul ne l'interroge sur ce qu'Il fait en vertu de Sa grandeur, Son pouvoir, Sa justice, Sa sagesse, Sa clémence et Sa miséricorde. «Sa science s'étend à toute chose» Il est l'omniscient et rien ne lui est caché des œuvres de Ses serviteurs et le poids d'un atome ne lui échappe ni sur la terre ni dans les cieux.

Verset 127

Al-Boukhari rapporte que 'Aicha - que Dieu l'agrée - en commentant ces paroles de Dieu: «On te consulte au sujet des femmes?... jusqu'à vous désirez les épouser» a dit: «Il s'agit de l'homme qu'une orpheline se trouve à sa charge et dont il est son tuteur et son successeur, et leurs biens sont communs. Il désire l'épouser lui-même et répugne qu'il la donne en mariage à un autre pour que ce dernier ne devienne un associé de ces biens, à ces fins il refuse de la donner en mariage à qui que ce soit. Ce verset fut révélé à ce sujet». Selon une autre version Aicha rapporte que Ourwa lui a demandé au sujet de ce verset: «Si vous craignez de n'être pas équitables envers les orphelines» [Coran IV, 3] elle lui répondit: «Ô le fils de ma sœur, il s'agit d'une orpheline qui est sous la tutelle d'un homme et elle lui associe de ses biens. Ce tuteur, épris de la fortune et de la beauté de cette orpheline, voulant l'épouser sans lui donner la dot qu'elle méritait, mais en lui donnant une dot qu'un autre homme devait lui donner. Alors on interdit aux tuteurs d'épouser des pareilles orphelines à moins qu'ils ne leur donnent la dot la plus convenable en la leur accordant plus que la coutume l'assignait à leur égard. Ils furent ordonnés d'épouser des femmes hormis ces orphelines comme il leur plaira. Aicha ajouta: «Les hommes consultaient l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- en lui demandant des explications de ce verset, Dieu à Lui la puissance et la gloire lui fit cette révélation: «On te consulte au sujet des femmes?». Aicha reprit: «Quant aux paroles divines contenues dans le même verset précédent: «bien que vous désiriez les épouser» elles s'appliquent au désir de l'un de vous quand il veut épouser sa pupille lorsqu'elle jouit d'une fortune modeste et de peu de beauté. Les hommes furent interdits de demander en mariage ces orphelines quand elles possèdent d'une grande fortune et d'une grande beauté à moins qu'ils ne leur réservent une dot équitable, parce que ce désir ne se manifesterait pas si elles avaient peu de fortune et peu de beauté». Bref on peut conclure que lorsqu'un homme a une pupille et veut l'épouser, il doit lui donner une dot convenable. Si cette pupille ne lui plaît pas et qu'elle jouisse d'une fortune, il ne lui est plus permis de l'empêcher de se marier de peur que ce mari ne lui associe de ses biens. «Et il s'appliquera aussi aux mineurs sans défense» Ibn Abbas a dit que, du temps de l'ignorance, les mineurs et les filles n'avaient pas droit à la succession. Dieu les interdit d'agir ainsi et leur montra que le mâle a le droit à une part égale à celles des deux femelles, qu'il soit mineur ou majeur. Que les hommes agissent donc selon les enseignements de Dieu et soient équitables envers les orphelines car Il sait ce qu'ils font.

Verset 128

Quand une femme appréhende de mauvais traitements ou constate de la lassitude de la part de son mari, ce n'est pas un péché pour les époux de se séparer amiablement, quoiqu'une réconciliation soit préférable. L'égoïsme guette toujours les âmes en de pareilles circonstances. Si vous vous montrez généreux et si vous appréhendez Allah, ça ne Lui échappera pas. D'après ces versets, trois cas sont à envisager concernant les relations entre les deux époux: quand la femme redoute l'abandon ou l'indifférence de son mari; quand il y a entente; et quand la séparation devient la solution inévitable. Le premier cas. Quand la femme constate une certaine aversion de la part de son mari ou une lassitude, peut, pour remédier à cette situation, désister de son droit, ou d'une partie, aux dépenses d'entretien tel que l'habillement par exemple, ou à la cohabitation ou autre. Quant à lui, il a le droit d'accepter ou de le refuser sans commettre un péché. Pour cela Dieu a dit que nul péché ne leur sera imputé s'ils se réconcilient car la réconciliation est préférable à la séparation, même si cela entraîne l'avarice pour maintenir toujours la cordialité et l'entente. On rapporte à cet égard que Sawda Bent Zam'a ayant atteint un certain âge, craignit d'être répudiée par le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue-, elle lui proposa de concéder le jour qui lui est consacré à Aicha. Il accepta son offre et la retint. Et Ibn Abbas de dire que ce verset fut révélé aussitôt: «Quand une femme appréhende de mauvais traitements... jusqu'à soit préférable» Aicha a dit: «Il s'agit de la femme qui n'a pas d'enfant dont son mari a avec elle des rapports conjugaux très limités mais leur compagnie fut assez longue, elle lui dit: «Ne me répudie pas et tu ne dois rien à mon égard» Selon une autre version, et toujours d'après Aicha: «Il s'agit de l'homme qui a deux femmes dont l'une d'elles est laide, âgée et il la cohabite rarement, elle lui dit: «Ne me répudie pas et je te concède tous mes droits». D'autres versions ont été rapportées d'après Omar Ben Al-Khattab et Ali Ben Abi Taleb et qui donnent presque le même sens. Sa'id Ben Al-Moussaiab et Souleiman Ben Yasser ont dit: «En se conformant au verset précité et pour appliquer la tradition suivie, on donne l'exemple d'un homme qui éprouve une certaine lassitude et une aversion envers sa femme. Il a le droit de lui proposer le divorce ou bien de la retenir à condition de se désister de ses droits aux dépenses et à la cohabitation». Quant à la réconciliation que Dieu a mentionnée dans le verset, Sa'id Ben Al-Moussaiab et Souleiman ont raconté que Rafe' Ben Khadidj l'Ansarien avait une femme devenue âgée. Après avoir épousé une jeune, elle lui demanda de la répudier, et il le fit une seule fois. Après l'écoulement de la période d'attente il la reprit et comme elle préférait toujours la jeune, en la négligeant, l'autre la femme demanda une deuxième fois de la répudier. Il lui répondit: «Si je la répudie cette fois-ci, il ne nous reste qu'une répudiation. Si tu veux rester chez moi, libre à toi, alors que tu as constaté sans doute mon penchant vers la jeune co-épouse, et si tu insistes, je te répudie» Elle répliqua: «Plutôt je demeure chez toi malgré tout». Il la garda selon ces conditions, et telle était leur réconciliation. Le deuxième cas: «Quelqu'une réconciliation soit préférable» qui signifie d'après Ibn Abbas le libre arbitre, et cela consiste en ce que le mari donne la liberté à sa femme de rester dans le foyer conjugal en consacrant ses droits, surtout de la cohabitation, ou la séparation finale qui sera la pire des solutions, tout comme le faire du Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue-, quand il avait retenu Sawda Bent Zam'a en cédant son jour à Aïcha. Ce comportement était une leçon aux hommes afin de l'imiter car il est cité dans un hadith que l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit: «Le divorce est la chose licite que Dieu hait le plus». «Si vous vous montrez généreux et si vous appréhendez Allah, ça ne lui échappera pas» on trouve dans ce verset une exhortation aux hommes d'endurer ce qu'ils répugnent de la part des femmes et de respecter leurs droits à la cohabitation en premier lieu, et de les traiter comme les autres épouses, car c'est un bien qu'ils font et Dieu en saura gré.

Verset 129

Vous ne parviendrez jamais à faire régner la concorde entre vos femmes, quelle que soit votre bonne volonté. Toutefois ne vous laissez pas emporter par vos penchants au point d'en délaisser une complètement. Si vous maintenez l'entente dans vos ménages et si vous craignez Allah, la clémence et la miséricorde d'Allah vous seront acquises. «Vous ne parviendrez jamais à faire régner la concorde entre vos femmes, quelle que soit votre bonne volonté» c'est une réalité tangible, et quel que soit le désir des hommes, ils ne pourront être équitables à l'égard de chacune de leurs femmes. Même si un homme consacre un jour et une nuit à chacune d'elles il y aura certainement une différence de traitement et de sentiment quant à l'amour et au désir. À cet égard, Abdullah Ben Yazid rapporte que 'Aïcha a dit: «L'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- partageait ses jours entre ses femmes équitablement et disait: «Mon Dieu, c'est mon partage de ce que je possède, ne me blâme pas pour une chose que Tu possèdes et que je ne possède pas», il s'agit du cœur.(Rapporté par Ahmed et les auteurs des Sounan). «Toutefois ne vous laissez pas emporter par vos penchants au point d'en laisser une complètement» c'est à dire en cas où vous penchez vers l'une d'elles ne laissez pas l'autre comme en suspens: ni mariée ni répudiée en la négligeant complètement, voilà pourquoi le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit d'après Abou Houraira: «Celui qui a deux femmes et aura penché vers l'une plus que l'autre, viendra au jour de la résurrection ayant un côté de son corps tombé. (Rapporté par Ahmed et les auteurs des sunans). «Si vous maintenez l'entente dans vos ménages et si vous craignez Allah, la clémence et la miséricorde d'Allah vous seront acquises» Ceci constitue une autre exhortation aux hommes pour établir la concorde entre les femmes, de les traiter sur un même pied d'égalité et de craindre Dieu en toute circonstance, Il leur pardonne ce qu'il a été de leur penchant.

Verset 130

Si les deux époux se séparent, Allah est assez puissant pour assurer à chacun d'eux un autre destin. Allah est omnipotent et sage. Le troisième cas. Il n'est que le contenu de ce verset: «Si les deux époux se séparent, Allah est assez puissant pour assurer à chacun d'eux un autre destin. Allah est omnipotent et sage» qui signifie que la séparation finale des deux conjoints est devenue inévitable. Dieu suffira chacun d'eux de l'autre, l'enrichira et lui donnera en compensation de ce qu'il aura perdu, s'agit-il d'un autre conjoint ou autre chose, car la grâce de Dieu est incommensurable. Il est juste dans Ses décisions et connaît parfaitement les actions de Ses serviteurs.

Verset 131

À Allah appartient tout ce qui est dans les cieux et sur la terre. Nous avons commandé à ceux auxquels avant vous le Livre fut donné, comme à vous-mêmes: «Craignez Allah». Et si vous ne croyez pas... qu'importe! À Allah appartient tout ce qui est dans les cieux et sur la terre. Allah se suffit à Lui-même et Il est digne de louanges. Étant le Roi suprême des cieux et de la terre, et tout ce qu'il s'y trouve Lui appartient, Dieu recommande aux hommes, comme Il l'a fait aux gens du Livre, de Le craindre et de n'adorer que Lui sans rien Lui associer. Si les hommes refusent: «Qu'importe! Allah est le Maître des cieux et de la terre». Dieu dans un autre verset raconte que Moïse avait dit à son peuple: «Si vous êtes ingrats, vous et tous ceux qui sont sur la terre, sachez que Dieu se suffit à Lui-même et qu'Il est digne de louanges» [Coran XIV, 8] Mais «ils furent incrédules et ils se détournèrent. Dieu s'est retiré d'eux. Dieu se suffit à Lui-même. Il est digne de louanges» [Coran LXIV, 6].

Verset 132

À Allah appartient tout ce qui est dans les cieux et sur la terre. Allah suffit comme protecteur. Il rappelle aussi aux hommes qu'il est le Maître des cieux et de la terre et Il suffit comme protecteur, qui observe Ses serviteurs et ce qu'ils font.

Verset 133

S'Il voulait, Il vous ferait disparaître, ô hommes, et en amènerait d'autres. Allah en est certes capable. Il peut les anéantir, s'Il le veut, et mettra d'autres à leur place s'ils se montrent rebelles et insoumis, comme Il le montre dans un autre verset: «Si vous tournez le dos, Il mettra un autre peuple à votre place et ces gens ne vous ressembleront pas» [Coran XLVII, 38]. Et les ulémas de commenter cela en disant: «Comme Il est facile à Dieu d'anéantir Ses serviteurs s'ils n'observent pas Ses ordres» et ils ont mentionné ce verset: «Il vous ferait disparaître, s'Il le voulait et Il ferait surgir une nouvelle création. Cela n'est pas difficile à Dieu» [Coran XXXV, 16-17].

Verset 134

Quiconque désire la récompense d'ici-bas... qu'il sache qu'auprès d'Allah il y a la récompense d'ici-bas et celle de l'au-delà. Allah est Audient et Clairvoyant. Pour ceux qui ne souhaitent que la récompense de ce monde, qu'ils sachent: «que cette récompense et celle du monde futur sont entre les mains d'Allah» Il pourvoit aux besoins de tous les hommes aussi bien à l'incrédule qu'au croyant, car Il est le dispensateur par excellence. Ceux qui recherchent le bien de ce monde, Dieu les a mentionnés dans plusieurs versets dont voici quelques-uns: - Il y a des gens qui disent: «Seigneur, comble-nous en ce bas monde, insoucieux des biens de l'autre monde» [Coran II, 200]. - Nous accroissons le champ de celui qui désire le champ de la vie future. Nous accordons quelques profits à celui qui désire le champ de la vie de ce monde, mais il n'aura aucune part dans la vie future» [Coran XLII, 20]. - Que ceux qui recherchent la vie de ce monde sachent que nous en accordons les plaisirs à qui nous voulons» [Coran XVII, 18]. Mais que ces gens-là sachent que la récompense de ce monde et celle de la vie future dépendent de Dieu. Donc, il incombe à l'homme de ne plus déployer ses efforts à la recherche des plaisirs de la vie présente en oubliant ceux de l'au-delà. Qu'il œuvre pour la vie future comme il le fait pour ce bas monde et ainsi il pourrait réunir les biens et les récompenses des deux mondes. Qu'il sache également que tout dépend de Dieu qui partage le bonheur et le malheur entre Ses serviteurs dans la vie présente et dans l'autre en établissant Sa justice et Son équité d'après Sa sagesse, car Il sait et entend tout.

Verset 135

Ô les croyants! Observez strictement la justice et soyez des témoins (véridiques) comme Allah l'ordonne, fût-ce contre vous-mêmes, vos parents et vos proches. Qu'il s'agisse d'un riche ou d'un pauvre, Allah a priorité sur eux deux. Ne suivez donc pas les passions, afin de ne pas dévier de la justice. Si vous portez un faux témoignage ou si vous le refusez, (sachez qu') Allah est parfaitement Connaisseur de ce que vous faites. Dieu ordonne à ses serviteurs croyants de pratiquer avec constance la justice sans dévier et sans craindre le blâme de celui qui blâme, d'être fidèles envers Lui en témoignant et que leur témoignage soit juste sans être altéré, ni falsifié, ni changé même s'il serait à leur détriment en leur causant un certain préjudice car Dieu leur accordera une issue favorable à leurs affaires s'ils se soumettent à Ses ordres. Ainsi sera le cas quand le témoignage concerne «vos parents et vos proches» qui doit être juste. Quand il s'agit d'un: «Pauvre ou un riche» l'homme, en témoignant, ne doit pas aduler le riche ni éprouver une compassion envers le pauvre car Dieu a la priorité sur les deux dont l'un et l'autre dépendent de lui. «Ne vous fiez pas à vos impulsions de crainte de vous tromper» qui est une exhortation à ne plus suivre les passions personnelles au détriment de l'équité en désobéissant aux ordres divins, comme Dieu le montre dans un autre verset: «Que la haine ne vous rende pas injustes! Soyez justes. Vous vous rapprocherez ainsi de la vertu» [Coran V, 8]. À cet égard on raconte l'histoire d'Abdullah Ben Rawaha lorsque le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- l'avait envoyé à Khaibar pour évaluer la récolte de leurs dattiers. Ses habitants voulurent le soudoyer mais il refusa en leur disant: «Par Dieu, je viens de la part de celui que je chérisse le plus parmi les créatures de Dieu. Tandis que vous, vous m'êtes les plus odieux parmi ceux que Dieu avait transformés en singes et porcs. Mon amour pour celui qui m'a envoyé et ma haine contre vous ne me portent à être équitable et juste» Ils lui répondirent: «C'est par l'équité que les cieux et la terre furent établis». Mais si les hommes louvoient en changeant et altèrent leur témoignage, ou s'ils s'en détournent en le dissimulant, Dieu connaît toutes leurs actions et Il les met en garde contre le refus du témoignage en leur disant: «ne refusez pas votre témoignage. Quiconque le refuse commettra un péché» [Coran II, 283].

Verset 136

Ô les croyants! Soyez fermes en votre foi en Allah, en Son messager, au Livre qu'Il a fait descendre sur Son messager, et au Livre qu'Il a fait descendre avant. Quiconque ne croit pas en Allah, en Ses anges, en Ses Livres, en Ses messagers et au Jour dernier, s'égare, loin dans l'égarement. Dieu ordonne à Ses serviteurs fidèles de croire à toutes les religions qu'Il a révélées à Ses Prophètes et Messagers, à leurs lois comprenant les piliers et les branches, et ceci dans le but que leur foi soit perfectionnée, tout comme le croyant lorsqu'il prie et dit: «Dirige-nous dans le chemin droit» qui signifie augmente notre lumière et affermis notre foi. Il leur ordonne également de croire en Lui, en Son Prophète et au Livre qui n'est autre que le Coran. À savoir que le Coran fut révélé versets après versets et sourate après sourate selon les circonstances et le besoin des hommes aux lois et règlements. Tandis que les autres Livres célestes ont été révélés en une seule fois. Quant à ceux qui ne croient ni en Dieu, ni en Ses anges, ni en Ses Livres, ni en Ses Prophètes se trouvent dans un profond égarement.

Verset 137

Ceux qui ont cru, puis sont devenus mécréants, puis ont cru de nouveau, puis sont redevenus mécréants, et n'ont fait que croître en mécréance, Allah ne leur pardonnera pas, ni ne les guidera vers un chemin. Ceux qui croient, puis nient, puis croient, puis nient encore et s'enracinent dans l'impiété, il n'y aura pas de pardon pour eux et Allah ne les remettra jamais dans la bonne voie. On trouve dans ces versets le sort de ceux qui avaient cru et qui sont ensuite devenus incrédules, puis, de nouveau, croyants, puis incrédules, et qui n'ont fait que s'enliser dans l'incrédulité. Ceux-là leur repentir ne sera plus agréé, Dieu ne leur pardonnera plus, Il ne leur accordera aucun moyen de salut et ne les mettra pas dans la bonne direction. À ce propos Ali -que Dieu l'agrée- a dit: «On accorde un délai de trois jours à l'apostat pour qu'il revienne».

Verset 138

Annonce aux hypocrites un châtiment douloureux. Annonce aux hypocrites un châtiment douloureux. Il s'agit de ceux désignés par le verset précédent qui, comme surcroît de leur impiété, prennent les infidèles pour amis de préférence aux croyants, alors qu'en apparence ils manifestent à ces derniers leur amitié. Mais une fois se trouvant parmi les infidèles, ils leur déclarent: «Nous sommes avec vous, le reste est plaisanterie» [Coran II, 14].

Verset 139

Ceux qui prennent pour alliés les mécréants au lieu des croyants, est-ce la puissance qu'ils recherchent auprès d'eux? (En vérité) la puissance appartient entièrement à Allah. Aux hypocrites qui choisissent leurs modèles chez les infidèles plutôt que chez les croyants. Recherchent-ils l'honneur auprès d'eux? L'honneur n'est qu'à Allah. Puis Dieu dénonce et dénigre leur comportement en disant: «Recherchent-ils l'honneur auprès d'eux?» Mais ils ignorent que l'honneur et la puissance appartiennent à Dieu seul qui peut les conférer à Ses serviteurs croyants comme le montre ce verset: «La puissance appartient à Dieu, à Son Prophète et aux croyants, mais les hypocrites ne savent pas» [Coran LXIII, 8]. Le but de cette exhortation consiste à ne plus rechercher l'honneur et la puissance qu'auprès le Seigneur, en se soumettant à Lui, à Ses ordres et en L'adorant, car les fidèles seuls seront secourus dans les deux mondes.

Verset 140

Dans le Livre, Il vous a déjà révélé ceci: lorsque vous entendez qu'on renie les versets (le Coran) d'Allah et qu'on s'en moque, ne vous asseyez point avec ceux-là jusqu'à ce qu'ils entreprennent une autre conversation. Sinon, vous seriez comme eux. Allah rassemblera, certes, les hypocrites et les mécréants, tous, dans l'Enfer. Le livre vous a déjà enseigné ceci que vous devez éviter ceux qui traitent de mensonge les versets d'Allah et les tournent en raillerie à moins qu'ils ne changent de conversation. En les écoutant, vous devenez leurs complices. Allah rassemblera en enfer sans en omettre un les hypocrites et les infidèles. En d'autres termes: après avoir reçu les enseignements contenus dans le Coran, lorsque vous vous trouvez en compagnie des hommes qui n'y croient pas et s'en moquent, vous devez vous séparer d'eux sinon vous deviendriez semblables à eux, c'est à dire des pécheurs. Dans un hadith authentifié, l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit: «Celui qui croit en Dieu et au Jour Dernier ne doit pas se mettre à table où on consomme le vin». On trouve dans le Coran un autre verset qui corrobore celui-là et qui est le suivant: «Quand tu vois des gens plongés dans la discussion au sujet de nos Signes, écarte-toi d'eux» [Coran VI, 68]. Et Mouqatel de conclure que ce dernier verset abroge le premier surtout le terme «vous devenez leurs complices» en se basant sur ce verset qui parle du sort réservé aux polythéistes et hypocrites: «Allah rassemblera en enfer sans en omettre un les hypocrites et les infidèles». Car ces gens-là comme ils se sont réunis aux incrédules dans ce bas monde en leur tenant compagnie, ainsi ils seront rassemblés avec eux en enfer dans l'autre monde où ils subiront les châtiments les plus douloureux.

Verset 141

Il s'agit des hypocrites qui guettent le revers des fidèles en leur souhaitant la défaite et le mal. Si Dieu accorde la victoire aux croyants, les hypocrites s'empressent de leur manifester leur amitié et leur cordialité disant: «ne sommes-nous pas des vôtres?». Mais, au contraire, si les infidèles obtiennent un avantage, comme c'était le cas le jour de la bataille de Uhud, ils leur disent: «Ne vous courrions-nous pas et ne vous protégions-nous pas contre les croyants?» Ce comportement des hypocrites n'est qu'une adulation à la recherche de certains profits, mûs par la fragilité de leur foi. Dieu jugera entre les hommes au jour de la résurrection, dénoncera les hypocrites dont leur agissement dans le bas monde ne leur servira à rien plutôt il entraînera leur perte. «Allah ne donnera jamais le pas aux infidèles sur les croyants» On a rapporté qu'un homme demanda à Ali Ben Abi Talib de lui interpréter ce verset, il lui répondit: «Approche-toi! Approche-toi! Dieu jugera entre vous, le jour de la résurrection. Dieu ne permettra pas aux infidèles de l'emporter sur les fidèles. Ceci aura lieu au jour du jugement dernier». D'autre interprétation a été donnée à ce verset: Dieu ne permettra pas aux infidèles d'anéantir les croyants dans le bas monde. S'ils ont le pas sur eux, parfois, dans la vie présente, le meilleur sort aussi bien dans ce bas monde que dans la vie de l'au-delà est réservé toujours aux fidèles, comme Dieu le montre dans ce verset: «Nous secourrons nos Prophètes et ceux qui auront cru durant leur vie en ce monde» [Coran XL, 51] qui peut être une réponse aux hypocrites qui espèrent autre chose en s'approchant par leur adulation des infidèles. Dieu les a décrits aussi dans ce verset: «Tu verras des gens à la foi chancelante rechercher l'appui des infidèles... jusqu'à ils regretteront leurs pensées secrètes» [Coran V, 52]. En se basant sur ces versets précités, nombre des ulémas ont interdit la vente d'un esclave musulman à un impie de peur de le traiter d'une façon inconvenable.

Verset 142

Nous avons déjà parlé de la tromperie des hypocrites au début de la sourate de la vache (voir le verset n°9).

Verset 143

Les hypocrites, par ignorance et un manque de raison, se comportent à leur guise croyant que leurs secrets et intentions ne seraient plus dévoilés. Bien au contraire, car Dieu les dénoncera, le jour de la résurrection malgré leur serment trompeur espérant qu'ils seraient sauvés, et Il a dit à leur égard: «Le jour où Dieu les ressuscitera tous, ils lui feront des serments comme ils vous faisaient des serments» [Coran LVIII, 18]. Dieu les trompera en les conduisant par des chemins détournés les laissant dans leur égarement semblables à des aveugles, les empêchant d'arriver à la vérité tant dans la vie présente que celle de l'au-delà. Il a dit à leur propos: «Le jour où les hommes et les femmes hypocrites diront aux croyants: «Attendez-nous afin que nous prenions de votre lumière...» [Coran LVII,13]. L'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit: «Celui qui diffame, Dieu le diffamera, et celui qui est hypocrite Dieu le dénoncera» Il a dit dans un autre hadith: «Un homme sera comparé devant le Seigneur au jour de la résurrection, les gens croiront qu'Il le fera entrer au Paradis, mais Il ne tardera pas à le précipiter dans l'Enfer. (Il s'agit sans doute de l'hypocrite). «Quand ils se lèvent pour prier, ils se meuvent paresseusement» C'est une des caractéristiques des hypocrites en accomplissant l'œuvre la plus méritoire qui est la prière. Ils la font sans aucune intention, insouciants, sans foi ni recueillement. Ibn Abbas a dit à ce propos: «Il est répugnant qu'un homme se lève paresseusement pour faire la prière, il doit plutôt avoir le visage radieux, soucieux de l'accomplir avec un grand désir car il sera en tête à tête avec son Seigneur qui le trouvera devant lui pour pardonner et l'exaucer». Puis Dieu dévoile leur for intérieur en disant: «ils cherchent à ce qu'on les remarque» sans aucune sincérité mais simplement pour être vus des hommes sans penser à Dieu surtout quand il s'agit des prières du soir et de l'aurore comme le montre ce hadith cité par les deux Sahihs. L'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit: «Les plus pénibles des prières pour les hypocrites sont celle du soir et celle de l'aube. S'ils savaient ce qu'il y a de mérites dans ces deux prières, ils s'y seraient rendus (à la mosquée) même en traînant à quatre pattes. Je pense parfois à ordonner d'appeler à la prière, à un des fidèles de la diriger, à partir en compagnie d'autres portant du bois chez ceux qui ne viennent pas à la mosquée pour les accomplir, et les brûler dans leurs maisons.» (Rapporté par Bukhari et Muslim). Abdullah rapporte que l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit: «Quiconque aura fait la prière à la perfection là où les gens le voient, mais il l'aura faite à la légère quand il est seul, cela constitue un signe de mépris à l'égard de Dieu, et Dieu le méprisera». «Mais ils ne prient Allah que du bout des lèvres» c'est à dire ils font la prière sans recueillement, n'y pensent plus à Dieu sans méditer sur ce qu'ils récitent, plutôt ils sont insouciants le cœur occupé par d'autres affaires. Anas Ben Malik rapporte que le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit: «C'est la prière de l'hypocrite (trois fois): il s'assied en contemplant le soleil qui commence à disparaître, puis il se lève pour faire quatre rak'ats à la hâte sans y penser à Dieu que rarement.» (Rapporté par Malik). «Oscillant de l'un à l'autre ils ne penchent parti ni pour ceux-ci ni pour ceux-là» c'est à dire ces hypocrites sont indécis, ils ne suivent ni les fidèles ni les incrédules, ils sont, en apparence, avec les croyants mais leurs cœurs sont avec les infidèles, et certains parmi eux doutent de leur foi, c'est pourquoi ils penchent tantôt vers ceux-ci tantôt vers ceux-là «À la moindre lueur, ils avancent, mais dès que le ciel s'obscurcit, ils s'arrêtent» [Coran II, 20] oscillant des uns qui sont les compagnons de Muhammad -qu'Allah le bénisse et le salue- aux autres les juifs. Quant à Ibn Jarir, il a rapporté d'après Qatada qu'il a dit en commentant le verset précité: ils ne sont ni des vrais croyants ni des polythéistes, puis il a ajouté que le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- nous donna l'exemple du croyant, de l'hypocrite et de l'incrédule de la façon suivante: ils sont pareils à trois individus qui sont tombés dans une rivière: Le croyant a pu la franchir. L'hypocrite, arrivé tout près du croyant, l'incrédule l'appelle: «Viens à moi car j'ai peur pour toi», mais le croyant l'interpelle: «Plutôt viens à moi car j'ai pour toi telle et telle chose». L'hypocrite ne cesse de tergiverser qu'à la fin il se noie». En voilà un autre exemple que donnait le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- «L'hypocrite ressemble à une brebis qui se trouve entre deux troupeaux de moutons sur deux places élevées: elle va au premier et en le flairant constate qu'elle n'en fait pas partie. Elle se dirige vers l'autre et fait la même chose sans en tirer aucun résultat». C'est pourquoi Dieu a dit: «Toutes les voies sont fermées à celui qu'Allah abandonne» [Coran IV, 88] et: «Celui qu'Il égare ne saurait plus trouver ni conseil ni protection» [Coran XVIII, 17]. Ainsi sont les hypocrites que Dieu a égarés, ils ne trouveront personne pour les mettre dans la voie droite.

Verset 144

O croyants, ne prenez pas vos modèles parmi les infidèles faisant fi des croyants. Voulez-vous fournir à Allah un légitime prétexte contre vous? Dieu interdit à ses serviteurs croyants de prendre les infidèles pour amis en leur tenant compagnie, en leur prodiguant des conseils et de l'amitié et en leur fournissant des informations au sujet des croyants. Car par ce faire ils donnent à Dieu une raison pour les condamner.

Verset 145

Les hypocrites seront au dernier cercle de l'enfer. Et ils ne pourront espérer aucun secours. Puis il informe les croyants que: «les hypocrites seront au dernier cercle de l'enfer» c'est à dire au fond de l'abîme du Feu au jour de la résurrection à cause de leur infidélité, ou selon les dires d'Abdullah Ben Mass'oud: Ils seront dans des linceuls en feu hermétiquement clos. Nul ne serait capable de les sauver et les en faire sortir.

Verset 146

Ceux qui se repentent et se rachètent par de bonnes actions, ceux qui se fient uniquement à Allah et Lui vouent une foi exclusive, ceux-là se confondent avec les croyants. Allah réserve aux croyants une récompense magnifique. Mais ceux qui se repentent et reviennent à Dieu avec un repentir sincère, ceux qui s'amendent et se fient à Dieu en Lui demandant Sa protection, ceux-là auront échangé la sincérité contre l'hypocrisie dont leurs bonnes actions lui seront bénéfiques. Ils seront rassemblés avec les croyants et jouiront avec eux d'une récompense sans limites. L'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit: «Aie une foi sincère et le peu des œuvres pies te suffit».

Verset 147

Allah n'a que faire de châtier si vous êtes reconnaissants et si vous croyez. Allah est reconnaissant et sait tout. Enfin Dieu fait connaître à Ses serviteurs: Pourquoi leur inflige-t-Il un châtiment s'ils sont de vrais croyants et reconnaissants? Quiconque est reconnaissant, cela lui sera bénéfique. Celui qui aura la foi sincère, en sera rétribué par la plus belle récompense.

Verset 148

En commentant ces versets Ibn Abbas a dit: «Dieu n'aime pas qu'un homme L'invoque contre un autre à moins qu'il ne soit opprimé, car dans ce cas il le tolère. S'il endure cette injustice, ça sera encore plus bénéfique pour lui». Quant à Abdul Karim Al-Jazri, il a dit: «Il s'agit d'un homme qui t'insulte et tu lui réponds son insulte. Mais s'il forge des mensonges sur toi ne fais pas de même en te conformant aux dires de Dieu: «Quant à ceux qui, après avoir subi un tort, se font justice à eux-mêmes: voilà ceux contre lesquels aucun recours n'est possible» [Coran XLII, 41]. Abou Houraira a rapporté que l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit: «Deux hommes qui s'injurient, il incombe à celui qui a commencé (de supporter la faute de son injure) à moins que l'injurié ne lui réponde par des injures pareilles ou plus» (Rapporté par Abou Daoud). Quant à Mujahid, il a dit que ce verset concerne l'homme, étant l'hôte d'un autre qui ne le traite pas selon la coutume, le quitte disant qu'il a été mal hospitalisé. À cet égard Uqba Ben Amer rapporte: «Nous dîmes: «Ô Envoyé de Dieu, tu nous charges parfois d'une mission et nous descendons chez des gens qui ne nous donnent pas hospitalité, que penses-tu de leur agissement?» Il nous répondit: «Lorsque vous descendez chez des gens, demandez-leur l'hospitalité qui sied à un hôte et acceptez-le. S'ils refusent de vous accorder le droit de l'hôte, prenez-le comme il est de coutume». Et dans un autre hadith, le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit: «Tout musulman qui descend chez des gens qui ne lui offrent pas le droit de l'hôte, il incombe à tout musulman de le secourir afin de recevoir ce droit soit des biens de l'hospitalier soit de sa récolte» (Rapporté par Ahmed). Abou Houraira rapporte qu'un homme vint trouver le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- et lui dit: «Mon voisin me nuit» Il lui répondit: «Prends tes effets et mets-les sur la chaussée» L'homme s'exécuta. Les hommes, passant près de lui, lui demandèrent: «Qu'as-tu?» Il leur répliqua: «Mon voisin me nuit» Et eux de s'écrier «Grand Dieu, maudis-le et humilie-le» Le voisin pria alors l'homme de retourner chez lui en lui disant: «Par Dieu, je t'épargnerai mes méfaits».

Verset 149

«Que vous fassiez le bien publiquement ou secrètement ou que vous pardonniez le mal, Allah est indulgent et puissant» qui signifie: si vous divulguez le bien ou si vous le cachez, ou si vous pardonnez aux hommes leur mal, cela vous fait rapprocher de Dieu qui vous accordera une récompense sans limite. Car parmi les qualités de Dieu figure le pardon qu'Il accorde à Ses serviteurs alors qu'Il est capable de les châtier. Pour cela Il a dit: «Allah est indulgent et puissant». On a rapporté dans la tradition que les anges porteurs du Trône glorifient le Seigneur; les uns disent: «Gloire à Toi, comme Tu es clément envers Tes serviteurs en observant leurs actions» et les autres dirent: «Gloire à Toi, comme Tu es indulgent du moment que Tu es capable de les châtier». Dans le Sahih de Muslim, on trouve ce hadith: «Jamais une aumône n'a diminué le capital de son auteur. Dieu n'a jamais accordé au serviteur qui pardonne aux autres qu'une grande considération. Nul ne s'humilie devant Dieu sans qu'Il ne l'élève» (Rapporté par Muslim, Malik, et Tirmidhi).

Verset 150

Dieu menace d'un terrible châtiment ceux qui ne croient pas en Lui, font distinction, dans la foi, entre Lui et Ses Prophètes en croyant à certains d'entre eux et niant les autres tels les juifs par exemple qui renient la prophétie de Jésus et de Muhammad, ou bien les chrétiens qui ne croient pas en Muhammad, mûs par leur fanatisme et leurs passions.

Verset 151

Il incombe à tout individu de croire à tous les Prophètes de Dieu et aux Livres qui leur ont été révélés sans aucune distinction ni suivre un chemin qui le mène à l'incrédulité et à l'égarement. Ceux qui agissent autrement sont les vrais mécréants qui méritent le châtiment promis. Il y en a parmi eux qui ne cherchent que les biens éphémères de ce bas monde en se détournant des ordres et enseignements divins. On donne à titre d'exemple les juifs qui ont jalousé Mouhammad - qu'Allah le bénisse et le salue-, l'ont contredit, l'ont traité de menteur et l'ont combattu. Dieu, pour les punir, les a frappés par l'humiliation dans les deux mondes et ils encourront la colère d'Allah pour s'être détournés de Ses signes et avoir mis injustement à mort Ses Prophètes.

Verset 152

Quant aux vrais croyants, ils croient à tout Livre révélé et à tout Prophète envoyé comme Dieu a dit: «Le Prophète et les fidèles croient à ce que leur Seigneur a révélé. Ils croient à Allah, à ses anges, à Ses Livres et à Ses Prophètes» Ceux-là, Dieu leur réserve la plus belle récompense et pardonne leurs péchés.

Verset 153

Les gens d'Écriture te pressent de faire descendre un Livre du ciel. Ils avaient demandé bien plus encore à Moïse. Ils lui avaient dit: «Fais-nous voir Allah en substance» La foudre tomba sur eux pour punir leur audace. Puis ils se mirent à adorer le veau, bien qu'ayant reçu des preuves évidentes. Nous leur pardonnâmes et nous donnâmes à Moïse des arguments irréfutables. à l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- de faire descendre du ciel un Livre écrit comme la Tora qui a été révélée à Moïse. Ibn Jouraij, a dit qu'ils lui avaient demandé de faire descendre du ciel des livres -ou des lettres- adressés à un tel et à un tel pour croire en sa prophétie. Ils n'avaient exigé tout cela que pour montrer leur opiniâtreté, leur rébellion et leur incrédulité, tout comme les Qoraïchites qui avaient dit à l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue-: «Nous ne croirons pas en toi tant que tu n'auras pas fait jaillir pour nous une source de la terre» [Coran XVII, 90]. Pour cela Dieu a dit: «Ils avaient demandé bien plus encore à Moïse. Ils lui avaient dit: «Fais-nous voir Allah en substance». La foudre tomba sur eux pour punir leur audace». Un verset pareil à celui-ci a été cité dans la sourate de la vache: «Lorsque vous dîtes: «O Moïse, nous ne croirons à ta mission que le jour où nous verrons Allah face à face» vous vîtes la foudre fondre sur vous et vous terrasser» [Coran II, 55]. Après avoir vu constaté les preuves décisives et les signes évidents de la part de Moïse en les faisant sortir de l'Égypte, «ils se mirent à adorer le veau». Car les fils d'Israël, ayant passé par des gens qui adoraient des statues, dirent à Moïse: «Donne-nous un Allah comme en ont ces gens-là» [Coran VII, 138]. L'histoire du veau qu'ils ont pris pour un dieu est mentionnée en détail dans les deux sourates «Al-Araf» et «Ta.Ha.» Après son retour de son entretien avec le Seigneur au mont Sinaï, Moïse trouva les fils d'Israël adorer un veau en or. En suivant les commandements de Dieu, et pour accepter leur repentir, ceux qui n'avaient pas adoré le veau devaient exécuter ceux qui l'avaient adoré, puis Dieu ressuscita les morts «Nous leur pardonnâmes et nous donnâmes à Moïse des arguments irréfutables».

Verset 154

Nous avons fait surgir au-dessus d'eux le mont Tûr pour qu'ils tiennent leurs promesses. Nous leur avons dit: «Franchissez la porte de la ville en vous prosternant». Nous leur avons dit: «Ne transgressez pas la loi du Samedi». Nous avons reçu d'eux un engagement solennel. Puis Dieu dit: «Nous avons fait surgir au-dessus d'eux le mont Tûr pour qu'ils tiennent leurs promesses» ce fut quand ils ont refusé de se conformer aux enseignements de la Tora et se sont montrés rebelles à Moïse. Peu après ils obtempérèrent et se prosternèrent en regardant d'un œil le mont élevé au-dessus d'eux de peur qu'il ne tombe sur eux comme Dieu le montre dans ce verset: «Nous avons dressé une montagne qui les oppressait de tout son poids, au point qu'ils craignaient qu'elle ne s'écroule sur eux. Recevez en toute humilité nos enseignements, leur dîmes-nous» [Coran VII, 171]. Ensuite on leur dit: «Franchissez la porte de la ville en vous prosternant» en refusant de nouveau de se soumettre aux ordres en actes et paroles, ils furent ordonnés d'entrer à Jérusalem en se prosternant et en demandant la rémission de leurs péchés. Car ils avaient refusé de combattre dans la voie de Dieu, et par conséquent ils ont été erré dans le désert de Sinaï pendant quarante ans. Ils entrèrent ensuite à Jérusalem en se traînant sur leurs derrières. Dieu leur ordonna: «Ne transgressez pas la loi du Samedi» c'est à dire «le Sabbat» en s'abstenant de toute activité par respect pour ce jour en se conformant aux enseignements. A ce propos: «Nous avons reçu d'eux un engagement solennel» mais ils le trahirent, usèrent d'expédients pour commettre ce que Dieu leur avait interdit.

Verset 155

Nous allons raconter leur histoire complète en commentant la sourate «Al-Araf» [Coran VII]. Parmi les péchés qu'ils avaient commis et qui devaient les éloigner de la voie droite, était la rupture de leur alliance et en plus le reniement des Signes de Dieu et des miracles qu'ils avaient vus se produire de la part de leurs Prophètes. Mais ce qui était pire encore «ils ont mis ignominieusement à mort les Prophètes» en s'enhardissant à eux, les traitant de menteurs et en exécutant un grand nombre parmi eux injustement, ils déclarèrent: «Nous avons l'esprit trop lourd» ou signifie en d'autre termes «Nos cœurs sont incirconcis» à la façon des dires des polythéistes: «Nos cœurs sont enveloppés d'un voile épais qui nous cache ce vers quoi tu nous appelles» [Coran XLI, 5]. Quant aux dires de Dieu: «Allah a mis un sceau sur leurs esprits» on les a interprétés comme suit: C'est comme ils s'excusent disant que leurs cœurs ne conçoivent pas les enseignements car ils sont comme enveloppés d'un voile, mais certes ils répondirent ainsi parce qu'ils étaient mécréants. Suivant une autre interprétation, parce qu'ils se sont montrés toujours rebelles en se persévérant dans leur incrédulité» «Oui, c'est en punition de leur infidélité et à cause de la calomnie abominable qu'ils ont portée sur Marie» en l'accusant d'adultère, comme a précisé Ibn Abbas et As-Souddy.

Verset 156

Dieu les a punis aussi à cause de leurs dires: «Nous avons tués le Messie, Jésus, fils de Marie, Prophète d'Allah».

Verset 157

L'histoire des juifs avec Jésus, nous allons la présenter en résumé d'après le Coran et la tradition: «Lorsque Dieu a envoyé Jésus fils de Marie apportant la voie droite et appuyé par les preuves et les signes évidents, les juifs le jalousèrent à cause de sa prophétie et des miracles qu'il présentait. Il guérissait l'aveugle et le lépreux, ressuscitait les morts et créait d'argile comme une forme d'oiseau, soufflait en lui et devenait un oiseau, tout cela avec la permission de Dieu. Malgré ces miracles les juifs le contredirent, le traitèrent de menteur et lui nuirent. Pour cela, Jésus et sa mère cherchaient à être loin d'eux parcourant la terre. A cette époque il y avait à Damas un roi polythéiste qui adorait les astres dont ses sujets étaient des Grecs. Les juifs allèrent le trouver et lui racontèrent qu'à Jérusalem il y a un homme qui séduit les gens, les égare et les incite contre lui. Ce roi, irrité, ordonna par écrit à son préfet à Jérusalem de capturer Jésus, le crucifier en mettant sur sa tête une couronne d'épines pour mettre fin à ses séditions. Le préfet s'exécuta. Il se dirigea avec un groupe de juifs vers la maison où se trouvait Jésus -que Dieu le salue- avec ses douze apôtres (On a dit aussi qu'ils étaient au nombre de treize ou dix-sept). C'était un jour de vendredi au moment de l'asr. En les entourant de toutes parts, Jésus constata qu'il n'y a aucun moyen pour s'évader. Il dit à ses compagnons: «Qui donc parmi vous accepte de prendre mes traits (pour qu'il soit à sa place) et sera avec moi au Paradis?». Un homme se leva et se porta volontaire. Comme cet homme était encore jeune, Jésus réitéra sa question deux ou trois fois et nul autre que ce jeune homme ne se portât volontaire. Il lui dit à la fin: «Soit». Dieu alors donna à cet homme les traits de Jésus de sorte qu'on disait que c'est le Christ lui-même. Dans le toit de la maison une lucarne fut ouverte d'où Dieu éleva Jésus vers Lui à l'état de l'assoupissement, comme Il le montre dans ce verset: «Allah dit alors à Jésus: «C'est Moi qui mettrai fin à ta mission et te rappellerai à Moi...» [Coran III, 55]. Jésus fut alors élevé au ciel et ses compagnons sortirent de la maison. Les hommes qui entouraient la maison, voyant le ressemblant de Jésus, le prirent la nuit, le crucifièrent et mirent sur sa tête une couronne d'épines. Les juifs, après cet évènement prétendirent que c'étaient eux qui ont participé à sa crucifixion et une partie des chrétiens à l'esprit faible les crurent sauf ceux qui étaient avec lui à l'intérieur de la maison furent les témoins de leurs mensonge. Et ainsi tous les chrétiens, par la suite, furent convaincus que Jésus a été crucifié.

Verset 158

«Allah l'a élevé à Lui. Et Allah est puissant et sage». On a rapporté aussi que Marie s'était assise devant l'homme crucifié, le pleurait, et qu'il lui a parlé. Ce qui a été récité dans le Coran au sujet de Jésus, reste le plus correct et c'était un des miracles de Dieu qui émane de Sa Sagesse pour éprouver Ses serviteurs. Il a affirmé: «Non, ils ne l'ont pas tué, non, ils ne l'ont pas crucifié. Mais quelqu'un lui ressemblant l'a été à sa place» Et pour plus de confirmation, Il a dit: «Et ceux qui ont divergé sur ce point, eux-mêmes étaient dans le doute. Ils n'avaient que des hypothèses» C'est à dire ceux qui ont prétendu qu'on l'a tué après sa livraison n'avaient aucune connaissance certaine, ils ne suivaient qu'une conjecture «En vérité ils ne l'ont pas tué» Car ils croyaient que l'homme qu'ils avaient crucifié était Jésus et leur croyance n'était pas fondée.

Verset 159

«Il n'est pas un homme d'Écriture qui ne croira à Jésus avant de mourir. Et au jour de la résurrection, Jésus se dressera en témoin contre eux» Ibn Jarir rapporte que les opinions sont divergées en commentant ce verset: - Les uns disent: Tous les gens du Livre croiront à Jésus avant sa mort quand il descendra du ciel pour tuer l'Antéchrist, et à cette époque toutes les religions seront une seule qui est l'Islam. - D'après Ibn Abbas: Ils croiront à Jésus avant sa mort. - Abou Malek a dit: Avant la mort de Jésus et après sa descente du ciel tous les gens du Livre croiront en lui. - Quant à Al-Hassan, il a précisé que Jésus est vivant auprès de Dieu, quand il descendra du ciel, et avant sa mort, tous les hommes croiront en lui. - D'après Moujahed: tous les gens du Livre croiront en Jésus avant leur mort. Suivant une autre interprétation d'Ibn Abbas: Pas un juif ne mourra avant de croire en Jésus. On lui demanda: «Que penses-tu s'il tombe du toit de sa maison?» Il répondit: «Il pensera à Jésus en tombant». - Et si l'on tranche la tête de l'un des juifs? demanda-t-on encore. Il répliqua: «Sa langue prononcera son nom». Il en est également parmi les ulémas ceux qui ont dit que pas un juif ou chrétien ne mourra avant de croire en Mouhammad -qu'Allah le bénisse et le salue-. Et Ibn Jarir de conclure: Après la descente de Jésus tous les gens de Livre croiront en lui. Cette opinion s'avère être la plus correcte. Car ceci réfute les présomptions des juifs qui disent qu'ils ont tué Jésus et l'ont crucifié, et aussi les dires des ignorants parmi les chrétiens qui ont admis cela.

Verset 160

C'est pour les punir de leur iniquité que nous avons interdit l'usage d'aliments autrefois autorisés. Pour les punir aussi de l'acharnement qu'ils ont montré à écarter de la voie d'Allah. A cause des différents péchés capitaux que les juifs avaient commis, Dieu leur avait interdit d'excellentes nourritures. Cette interdiction peut être issue de leur propre volonté et Dieu leur a facilité parce qu'ils avaient mal interprété les enseignements de la Tora ou altéré en s'interdisant des choses qui leur étaient permises, ou bien légale c'est à dire que leur Livre renfermait des interdictions d'une façon claire et précise, tout comme le montre ce verset: «Tous les aliments étaient permis aux fils d'Israël, à l'exception de ceux qu'Israël lui-même s'était interdits avant que ne fut révélé le Pentateuque» [Coran III, 93]. Il s'agit, comme on l'a commenté auparavant, de la viande des chameaux et leur lait, à savoir que Dieu leur a interdit tant des choses dans la Tora comme il est cité dans la sourate du Bétail: «Aux juifs, nous avons interdit tous les animaux qui ont des griffes. Nous leurs avons aussi interdit la graisse des bœufs et des moutons, excepté celle du dos et des boyaux et celle qui entoure les os. Ceci pour les châtier de leur insoumission. Nous sommes justes» [Coran VI, 146] Car une telle interdiction, ils la méritaient à cause de leur injustice, leur contradiction de leur Prophète et leur écartement du chemin de Dieu. Ils empêchaient aux hommes de suivre la voie droite, une chose qu'ils pratiquaient depuis longtemps et même de nos jours; comme ils avaient tué aussi les Prophètes et ont déclaré leur hostilité à Jésus et Mouhammed en reniant leurs messages.

Verset 161

C'est pour les punir de leur iniquité que nous avons interdit l'usage d'aliments autrefois autorisés. Pour les punir aussi de l'acharnement qu'ils ont montré à écarter de la voie d'Allah.

Verset 162

C'est pour les punir d'avoir pratiqué l'usure, malgré l'interdiction prise. Pour les punir d'avoir injustement accaparé les biens des gens. Nous préparons pour ceux d'entre eux qui sont restés infidèles un châtiment douloureux. Mais les docteurs, ceux qui croient à tes révélations et à celles qui les ont précédées, ceux qui observent la prière et pratiquent l'aumône, ceux, enfin, qui croient en Allah et au jour dernier, à tous ceux-là nous donnerons une belle récompense. À cause des différents péchés capitaux que les juifs avaient commis, Dieu leur avait interdit d'excellentes nourritures. Cette interdiction peut être issue de leur propre volonté et Dieu leur a facilité parce qu'ils avaient mal interprété les enseignements de la Torah ou altéré en s'interdisant des choses qui leur étaient permises, ou bien légale c'est-à-dire que leur Livre renfermait des interdictions d'une façon claire et précise, tout comme le montre ce verset: «Tous les aliments étaient permis aux fils d'Israël, à l'exception de ceux qu'Israël lui-même s'était interdits avant que ne fût révélé le Pentateuque» [Coran III, 93]. Il s'agit, comme on l'a commenté auparavant, de la viande des chameaux et leur lait, à savoir que Dieu leur a interdit tant des choses dans la Torah comme il est cité dans la sourate du Bétail: «Aux juifs, nous avons interdit tous les animaux qui ont des griffes. Nous leur avons aussi interdit la graisse des bœufs et des moutons, excepté celle du dos et des boyaux et celle qui entoure les os. Ceci pour les châtier de leur insoumission. Nous sommes justes» [Coran VI, 146] Car une telle interdiction, ils la méritaient à cause de leur injustice, leur contradiction de leur Prophète et leur écartement du chemin de Dieu. Ils empêchaient aux hommes de suivre la voie droite, une chose qu'ils pratiquaient depuis longtemps et même de nos jours; comme ils avaient tué aussi les Prophètes et ont déclaré leur hostilité à Jésus et Mohammed en reniant leurs messages. Par ailleurs, Dieu les avait interdit de pratiquer l'usure mais ils ont désobéi en cherchant plusieurs moyens pour en profiter et manger les biens de gens injustement. Il leur a préparé un châtiment douloureux. Mais il y avait parmi eux des hommes enracinés dans la science et des croyants qui ont cru à ce qui a été révélé à Mohammed -qu'Allah le bénisse et le salue-. Ibn Abbas a dit que ce verset fut révélé au sujet de Abdullah Ben Salam, Tha'laba Ben Sa'ia, Assad Ben Sa'ia et Assad ben Oubaïd qui ont embrassé l'Islam et cru en Mohammed - qu'Allah le bénisse et le salue-. Dieu réserve une récompense sans limites à ceux qui font les prières à leurs heures fixées, qui s'acquittent de la zakat de leurs bien et qui croient en Dieu et au jour dernier, c'est-à-dire au jour de la résurrection après la mort et du compte final.

Verset 163

Nous t'avons envoyé des révélations, comme nous en avons envoyé, à Noé et aux Prophètes venus après lui, comme nous en avons envoyé à Abraham, Ismaël, Isaac, Jacob, aux apôtres des douze tribus, à Jésus, Job, Jonas, Aaron, Salomon. À David nous avons donné les psaumes. Ibn Abbas a dit: «Satan et 'Ady Ben Zaïd demandèrent à l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue-: «Ô Mohammed! Nous ne croyons pas que Dieu a envoyé une révélation à un mortel après Moïse» C'est à cette occasion que ce verset fut révélé: «Nous t'avons envoyé des révélations...» en dénonçant leurs mauvaises coutumes, mensonges et vices, comment les juifs étaient du temps du Prophète et à quoi ils sont réduits aujourd'hui. Puis Dieu affirme qu'il a inspiré Mohammed comme Il a inspiré les autres Prophètes qui lui ont précédé en leur révélant les Livres. Quant à David, Il a donné les Psaumes dont nous allons en parler en commentant la sourate des Prophètes [Coran XXI].

Verset 164

Il y a des Prophètes dont nous t'avons conté l'histoire, d'autres sur lesquels nous ne t'avons rien dit. Il est certain qu'Allah a parlé à Moïse. «Il y a des Prophètes dont nous t'avons conté l'histoire....» On ne trouve leurs noms que dans les sourates qui ont été révélées à La Mecque. Ils sont: Adam, Idris, Noé, Houd, Saleh, Ibrahim, Loth, Ismaël, Isaac, Jacob, Joseph, Job (Ayoub), Chou'aïb, Moïse, Haroun (Aaron), Jonas (Younous), David, Salomon, Elie, Elisée, Zacharie, Yahia (Jean), Jésus et Zoul-Kifl comme il a été rapporté par les exégètes, et leur maître est Mohammed -qu'Allah le bénisse et le salue-. «d'autres sur lesquels nous ne t'avons rien dit.» Le nombre de ces Prophètes et Messagers était un sujet de controverse entre les ulémas. Mais pour le préciser, nous n'avons d'après la tradition que le hadith rapporté par Abou Dzarr qui a dit: «J'ai demandé: «Ô Envoyé de Dieu, quel était le nombre des Prophètes?» Il me répondit: «Cent-vingt-quatre mille». - Et le nombre des Messagers? répliquai-je. «Trois cent treize», rétorqua-t-il, un grand nombre». Je lui demandai de nouveau: «Ô Envoyé de Dieu, qui a été le premier?» - Adam. - Était-il un Prophète envoyé vers les hommes? - Oui. Dieu l'a créé de Sa main, lui a insufflé de son esprit puis il fut un homme». (Rapporté par Ibn Mardaweih). «Il est certain qu'Allah a parlé à Moïse». C'est une grande considération que Dieu avait accordée à Moïse d'en faire Son interlocuteur. On a rapporté qu'un homme récita ce verset devant Abou Bakr Ben 'Ayach en commettant une faute de grammaire dans la récitation qui a donné le sens suivant: «Moïse a parlé à Dieu». Abou Bakr fut irrité et s'écria: «Seul un incrédule lit le Coran de cette façon». Ceci était l'opinion des Mou'tazila qui avaient nié que Dieu avait adressé la parole à Moïse ou à un autre Prophète plutôt c'était Moïse qui l'avait fait. On raconte qu'un de ces Mou'tazila a lu devant un des ulémas: «Il est certain que Moïse a parlé à Allah». Et l'uléma de lui dire: «Ô le fils de la puante! Comment interprètes-tu ces paroles de Dieu: «Lorsque Moïse arriva au rendez-vous, Allah lui parla?» [Coran VII, 143]. Ibn Mass'oud raconte: «Le jour où le Seigneur lui a parlé, Moïse portait un manteau, une chemise et des pantalons en laine. Ses sandales étaient en cuir d'âne».

Verset 165

Tous ces Prophètes ont annoncé la nouvelle foi et ont averti pour ôter aux hommes toute espèce d'argument contre Allah. Allah est puissant et sage. «Tous ces Prophètes ont annoncé la foi et ont averti» c'est-à-dire ils ont annoncé la bonne nouvelle aux croyants qui ont cru en Dieu, se sont soumis à Lui en cherchant Sa satisfaction, et ont averti ceux qui se sont montrés rebelles et insoumis qu'ils subiront le châtiment le plus terrible «Pour être aux hommes toute espèce d'argument contre Allah. Allah est puissant et sage». Donc nul n'aura un argument à opposer à Dieu après qu'Il ait envoyé les Prophètes aux hommes pour leur communiquer Ses enseignements, comme Dieu le montre dans ce verset: «Si nous les avions fait périr dans un châtiment antérieur à sa venue, ils auraient certainement dit: «Notre Seigneur, pourquoi ne nous as-tu pas envoyé un Prophète? Nous aurions alors suivi Tes signes, avant d'être humiliés et confondus» [Coran XX, 134]. Dans les deux Sahihs il est cité d'après Ibn Mass'oud que l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit: «Nul n'est plus jaloux que Dieu, pour cela Il a interdit les péchés abominables apparents et cachés. Nul n'aime les louanges plus que Dieu, pour cela Il s'est loué Lui-même. Nul n'accepte les excuses plus que Dieu, pour cela, Il a fait descendre le Livre et envoyé les Prophètes comme annonciateurs et avertisseurs (Rapporté par Boukhari et Mouslim).

Verset 166

Allah est témoin lui-même de ce qu'Il t'a révélé. Il te l'a révélé avec intention. Et les anges en témoignent. Le témoignage d'Allah n'est-il pas suffisant? Dans les versets précédents Dieu affirme la Prophétie de Mohammed et qu'Il lui a révélé le Livre pour répondre à ceux qui ont nié l'un et l'autre parmi les polythéistes et les gens du Livre. Dieu dit: «Allah est témoin Lui-même de ce qu'Il t'a révélé» malgré le reniement et l'impiété des hommes, et c'est bien Lui qui t'a révélé le Livre qui est le glorieux Coran dont: «l'erreur ne s'y glisse de nulle part. C'est une Révélation d'un Seigneur sage et digne de Louanges» [Coran XLI, 42]. Dieu témoigne que c'est par sa connaissance qu'Il a fait descendre le Coran afin que les hommes y trouvent les signes de la voie droite, ce que Dieu aime et ce qu'Il déteste, ce qu'Il agrée et ce qu'Il réfute, ce qui a été cité du passé et de l'avenir et les attributs sacrés de Dieu que nul ne les saurait trouver même les Prophètes les plus rapprochés sans Sa permission. Ata Ben As-Saëb a rapporté: «À chaque fois qu'un homme récitait le Coran - ou le lisait - devant Abou Abdul Rahman As-Salami, il lui disait: «Tu as acquis déjà une partie de la science de Dieu. Nul n'est meilleur que toi aujourd'hui autre qu'un homme qui fait de bonnes actions» Puis Abou Abdul Rahman récitait: «Il te l'a révélé avec intention. Et les anges en témoignent. Le témoignage d'Allah n'est-il pas suffisant? À cet égard Ibn Abbas raconte qu'un groupe de juifs entrèrent chez l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue-. Il leur dit: «Je sais bien que vous connaissez que je suis l'Envoyé de Dieu». Ils lui répondirent: «Non, nous ignorons cela». Dieu alors fit descendre ce verset».

Verset 167

Ceux qui ne croient pas et écartent les autres de la voie d'Allah sont plongés dans une erreur profonde. «Ceux qui ne croient pas et se montrent iniques, Allah ne leur pardonnera pas et les laissera dans une erreur profonde» Il s'agit des incrédules qui n'ont pas la foi et qui écartent les hommes du chemin de Dieu. Ils ont emprunté un autre chemin que la voie droite et se sont égarés pour toujours. Ceux-là ne sauraient trouver le chemin droit, n'auraient plus le pardon de Dieu et leur destin serait la Géhenne pour l'éternité.

Verset 168

Ceux qui ne croient pas et se montrent iniques, Allah ne leur pardonnera pas et les laissera sans direction.

Verset 169

Si ce n'est la direction de l'Enfer où ils séjourneront éternellement. Ce qui est facile pour Allah.

Verset 170

Ô hommes, le Prophète vous a apporté la vérité de la part de votre Seigneur. Croyez-y. Cela sera plus profitable pour vous. Si vous la rejetez, qu'importe! Allah n'est-Il pas le maître des cieux et de la terre? Allah n'est-Il pas omniscient et sage? Enfin Dieu exhorte les hommes à croire au Prophète Mohammed qui est venu vers eux avec la vérité émanant du Seigneur pour les mettre sur le chemin droit et le suivre. Quant à ceux qui n'en croient pas, qu'ils ne blâment qu'eux-mêmes car Dieu se suffit à Lui-même et tout ce qu'il se trouve dans les cieux et sur la terre Lui appartient. Il connaît bien ceux qui méritent d'être guidés et les dirige vers la bonne direction car Il est sage et Omniscient.

Verset 171

Ô gens d'Écriture, n'exagérez pas dans votre religion. Ne dites que la vérité à propos d'Allah. La vérité, c'est que le Messie, Jésus fils de Marie, a été le Prophète d'Allah et Son verbe, qui a été déposé dans Marie. C'est une âme venue d'Allah directement. Croyez donc à Allah et à Ses Prophètes. Ne dites pas: «Ils sont trois». Cessez de pareils propos, il vaut mieux. Non, il n'y a qu'un seul Allah. Il est trop glorieux pour avoir un fils. N'est-Il pas le Maître des cieux et de la terre? N'est-Il pas un protecteur suffisant? (171). Dieu interdit aux chrétiens de dépasser la mesure dans leur religion, en faisant l'éloge du Messie, Jésus fils de Marie, de sorte qu'ils l'ont déifié et adoré. Même ceux qui leur ont enseigné la religion, ils les ont considérés comme des hommes préservés de tout vice, les ont suivis et se sont soumis à leurs ordres sans les discuter même s'ils comportent des erreurs et égarement. Dieu les blâme dans leur comportement en disant: «Ils ont pris leurs docteurs et leurs moines ainsi que le Messie, fils de Marie, comme seigneurs, au lieu de Dieu» [Coran IX, 31]. À ce propos Omar rapporte que l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit aux fidèles: «N'exagérez pas dans mon éloge comme ont fait les chrétiens à l'égard de Jésus fils de Marie. Je ne suis qu'un sujet de Dieu. Dites de moi: Son serviteur et son Messager». (Rapporté par Ahmed). Anas Ben Malik raconte qu'un homme a dit à l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue-: «Ô Mohammad, notre maître, le fils de notre maître, notre meilleur et le fils de notre meilleur». Il répondit: «Hommes! Choisissez bien vos propos! Que le démon ne vous tente pas. Je suis Mohammad Ben Abdullah, le serviteur de Dieu et Son Messager. Par Dieu, je n'aime pas que vous me placiez au-dessus du rang où le Seigneur -à Lui la puissance et la gloire- m'a accordé». (Rapporté par Ahmed). «Ne dites que la vérité à propos d'Allah» c'est-à-dire ne forgez pas de mensonges au sujet de Dieu disant qu'Il a une compagne et s'est donné un fils. Que Dieu soit élevé au-dessus de ce qu'ils décrivent. Qu'Il soit exalté dans Sa gloire et Sa grandeur, loin de ce qu'ils Lui imputent. Il n'y a nul Seigneur et nul Dieu hormis Lui. C'est pourquoi Il dit à ces gens-là, les gens d'Écriture: «Le Messie, Jésus fils de Marie, a été le Prophète d'Allah et Son verbe qui a été déposé dans Marie». En d'autres termes, Il n'a été qu'un des serviteurs de Dieu, une de Ses créatures, Il lui a dit: «Sois» et il a été. Il n'a été qu'un de Ses Messagers et Sa parole qu'Il a jetée en Marie. Il l'a créé par la parole qu'on a confiée à Gabriel pour la jeter en Marie et en lui insufflant de Son Esprit. Ce souffle qui a pénétré dans l'intérieur de Marie pour arriver à son utérus était comme une semence des père et mère. Pour cela on a donné à Jésus le surnom: «Le verbe de Dieu et l'Esprit émanant de Lui». En confirmation du verset sus-mentionné et dans le but de démontrer la nature de Jésus, on cite à titre d'exemple ces versets: - «Qu'est-ce que le Messie, fils de Marie, sinon un Prophète, comme tant d'autres qui l'ont précédé? Sa mère était une femme sincère. Tous deux se nourrissaient d'aliment.» [Coran V, 75]. - «Pour Allah, l'origine de Jésus est la même que celle d'Adam. Il l'a créé de l'argile, puis Il lui a dit: «Sois» et il a été» [Coran III, 59]. - «Lui n'était qu'un serviteur auquel nous avions accordé notre grâce et nous l'avons proposé en exemple aux fils d'Israël» [Coran XLIII, 59]. Donc Jésus était né à la suite du verbe que Gabriel a déposé en Marie puis Il lui a insufflé l'Esprit. Il est cité dans le Sahih de Bukhari d'après Ubada Ben As-Samet que l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit: «Quiconque atteste qu'il n'y a d'autre divinité que Dieu, l'Unique, Il n'a pas d'associé, que Mohammad est Son serviteur et Son Messager, que Jésus est le serviteur de Dieu et son Messager et Sa parole qu'Il a jetée en Marie, que le Paradis est une vérité et que l'Enfer est une vérité, celui-là entrera au paradis quelles qu'aient été ses œuvres.» Quant au terme «Esprit» il ne faut pas l'interpréter comme étant une «partie» de Dieu comme prétendent les chrétiens, plutôt c'est une «âme» créée comme d'autres puis on l'a adjoint à Dieu en disant «Un Esprit émanant de Dieu» pour le combler de respect et de haute considération. Puis Dieu ordonne aux gens du Livre de croire à Lui et à Ses Prophètes et de cesser de dire que Jésus est Dieu ou le fils de Dieu, car le Seigneur n'a pas une compagne et n'a pas engendré. En plus ne dites pas: «Ils sont trois» en associant à Lui Jésus et sa mère, car c'est une incrédulité de proférer de tels propos, comme on va le voir dans la sourate de la Table où Dieu a dit: «Ce ne sont que des infidèles ceux qui disent qu'Allah est le Messie, fils de Marie» [Coran V, 72]. Les chrétiens sont dans un égarement manifeste en considérant Jésus comme étant un Dieu, ou le fils de Dieu ou Son associé. Leur divergence était manifeste à ce sujet. Un des ulémas a dit: «Si dix hommes chrétiens s'étaient réunis pour discuter, ils se seraient séparés sur onze opinions».

Verset 172

Le Messie ne rougit pas d'être le serviteur d'Allah, pas plus que les anges qui l'approchent. Ceux qui rougissent de servir Allah et s'enflent d'orgueil, Allah les fera tous comparaître devant Lui. (172) Dieu affirme que ni les anges rapprochés de Lui ni Jésus ne dédaignent d'être ses serviteurs, car parmi les hommes il y avait ceux qui avaient adoré les anges tout comme les chrétiens qui adorent Jésus après sa déification. Tant les anges que Jésus, étant des serviteurs de Dieu, seront rassemblés bientôt devant Lui.

Verset 173

Ceux qui auront cru et auront pratiqué les bonnes œuvres, Allah leur accordera une large récompense et y ajoutera le surcroît de sa grâce. Ceux que leur morgue et leur orgueil auront détournés d'Allah, un châtiment douloureux leur sera infligé et ils ne trouveront ni appui ni protection contre Allah. (173). Ceux qui ont la foi et font les bonnes actions, jouiront d'une récompense sans limites et même d'un surcroît de la grâce divine, une promesse qu'on trouve souvent dans le Coran. Quant à ceux qui refusent de L'adorer et ceux qui s'enorgueillissent, Dieu les jugera équitablement en leur montrant leurs mauvaises actions qu'ils avaient commises et ne trouvant ni défenseur ni protecteur en dehors de Lui, ils subiront le châtiment douloureux.

Verset 174

Ô hommes, le Prophète vous a apporté la vérité de la part de votre Seigneur. Croyez-y. Cela sera plus profitable pour vous. Si vous la rejetez, qu'importe! Allah n'est-Il pas le maître des cieux et de la terre? Allah n'est-Il pas omniscient et sage? Dieu s'adresse à tous les hommes sans distinction qu'une preuve décisive leur est parvenue de Sa part, en leur envoyant également une lumière éclairante qui est le Coran d'après les dires d'Ibn Juraij et d'autres. Puis en joignant l'adoration à la confiance en Lui et donne de croire en Lui et se fier à Lui. Ceux qui auront obtempéré à ses ordres seront sous Sa protection, entreront au Paradis, obtiendront la belle récompense et seront élevés de degrés auprès de Lui.

Verset 175

Donc les vrais croyants sont ceux qui sont sur le chemin droit dans la vie présente en traduisant leur foi en actes et paroles, en se conformant aux enseignements, et dans la vie future ils seront aussi sur la voie droite qui les mènera au Paradis. Ali Ben Abi Talib a rapporté que le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit: «Le Coran est le chemin droit de Dieu et Sa corde solide».

Verset 176

D'après Al-Bukhari, Abou Ishaq rapporte qu'il a entendu Al-Bara' dire: «La dernière sourate du Coran qui fut descendue est «Le Repentir» [Coran IX] et le dernier verset qui se trouve à la fin de la sourate des Femmes». Jaber Ben Abdullah raconte: «Étant malade et ayant perdu toute connaissance, l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- vint me rendre visite. Il fit ses ablutions et versa l'eau -de ses ablutions- sur moi. Je m'éveillai et lui dis: «Que dois-je faire de ma succession alors qu'il n'y a que des cognats qui héritent de moi?» Dieu à cette occasion fit descendre ce verset. Il s'agit d'un homme qui meurt sans laisser ni enfants ni parents, comment partager les biens qu'il laisse? Il est cité dans les deux Sahihs que cette affaire posa un problème pour Omar Ben Al-Khattab qui a dit: «Comme j'aurais aimé que l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- nous avait montré clairement les sentences relatives à ces trois sujets: la part de la succession due au grand-père, la part des collatéraux et les différentes sortes de l'usure» (faisant allusion au verset 130 de la sourate de la famille d'Imran). Suivant une variante, Omar rapporte qu'il a demandé à l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- au sujet des collatéraux, il lui répondit: «Il te suffit d'appliquer le verset qui fut révélé pendant l'été» (c'est-à-dire le dernier verset de la sourate des femmes). Et Omar de déclarer plus tard: «Si j'avais demandé à l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- l'explication de ce verset, ça m'aurait été meilleur que de posséder un troupeau de chameaux roux». C'est pourquoi ce verset lui était confus. Quant à Qatada, il a raconté: «Abou Bakr As-Siddiq nous a dit dans un de ses discours: «Or le premier verset mentionné au début de la sourate des femmes au sujet de la succession, concerne les enfants et les parents, le deuxième fut au sujet des: mari, épouse et frères et sœurs utérins, et le verset par lequel il a terminé cette sourate concerne les frères et sœurs germains. Quant au verset qui se trouve à la fin de la sourate du Butin «Mais ceux qui sont unis par les liens du sang sont plus solidaires les uns des autres» concerne les «Asaba» (c'est-à-dire les proches parents parmi les mâles). En méditant sur le sens du verset qui montre le cas d'un homme qui décède sans laisser des enfants, on en déduit aussi qu'il n'a pas un père vivant, autrement, la sœur, comme il est mentionné dans le verset, n'aura droit à aucune part de la succession en présence du père. Ahmed rapporte qu'on a demandé à Zaïd Ben Thabit au sujet de l'homme qui décède en laissant: une épouse et une sœur germaine, comment l'héritage sera-t-il réparti?. Il lui dit: «Chacune d'elle reçoit la moitié». En s'étonnant de cette réponse il répondit: «J'ai été témoin quand l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a donné la même sentence». Quant à Ibn Abbas et Ibn Az-Zubayr, en leur demandant leur opinion à propos d'un mort qui a laissé une fille et une sœur, ils répondirent: «La sœur n'a droit à aucune part» en se basant sur ce verset: «Si un homme décède sans postérité, ne laissant qu'une sœur...» Ils ont jugé que cette fille est sa postérité. Mais la majorité des ulémas l'ont contredit et précisé que la moitié sera la part de la fille et l'autre moitié ira à la sœur étant une des proches parents (Asaba), sans tenir compte de ce verset, mais d'après un jugement pris par Mu'adh Ben Jabal du temps de l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- en répartissant l'héritage en deux parties égales entre la fille et la sœur. Dans le Sahih de Bukhari il est cité qu'on a demandé à Abou Moussa Al-Ash'ari au sujet de la part de chacun d'une fille, d'une fille du fils et d'une sœur de la succession. Il a répondu: «La fille a le droit à la moitié, et l'autre moitié à la sœur. Allez voir Ibn Mas'ud qui sera de mon avis». En posant la même question et le mettant au courant de la réponse d'Abou Moussa, Ibn Mas'ud répondit: «Si je donnais un autre jugement différent de celui du Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue-, je serais égaré et jamais de ceux qui sont dirigés. Il a donné la moitié à la fille, le sixième à la fille du fils pour compléter les deux tiers, quant au reste qui est le tiers, il l'a donné à la sœur». En revenant chez Abou Moussa pour lui faire part de la réponse d'Ibn Mas'ud, il s'écria: «Ne me posez aucune question tant que ce docte vit parmi vous». «Si c'est elle qui décède sans postérité, lui a droit à tout ce qu'elle laisse» c'est-à-dire le frère hérite seul si la décédée n'a laissé ni enfants ni père, car si elle a un père et un frère n'a droit à aucune part. Car si la défunte a laissé un mari ou un frère utérin, le frère aura droit au reste après avoir donné aux personnes désignées ce qui leur revient. Et ceci en se référant à un hadith prophétique cité dans les deux Sahihs «Donnez aux réservataires leurs parts de la succession». «S'il laisse deux sœurs, elles ont droit aux deux tiers de sa succession» on entend par cela que même si le nombre des sœurs dépasse les deux, elles n'ont droit qu'aux deux tiers de la succession en les assimilant ainsi aux filles comme il est montré dans ce verset: «Si elles sont des filles et qu'elles soient plus de deux, elles prendront les deux tiers de ce que laisse le défunt» [Coran IV, 11]. «S'il laisse des frères et sœurs, les frères auront une part double de celle des sœurs» d'ailleurs ce qui est appliqué aux enfants mâles et femelles. Dieu donne par ceci une explication claire aux hommes pour qu'ils ne s'égarent pas, après avoir précisé à chacun sa part de la succession, car Dieu connaît toute chose. Sa'îd Ben Al-Musayyib rapporte qu'Omar Ben Al-Khattab, voulant donner des consignes par écrit concernant le grand-père et les collatéraux, demeura un certain temps en faisant la prière de la consultation du sort en disant: «Mon Dieu, si Tu sais que ceci est vrai, inspire-moi à le mettre en exécution» En préparant cet écrit, il attendait que quelqu'un lui indiquât une erreur pour qu'il l'efface sans qu'il s'en aperçoive. Enfin il dit aux hommes: «J'avais mis par écrit les consignes concernant le grand-père et les collatéraux, et j'avais demandé maintes fois à Dieu de me guider, qu'à la fin je me suis décidé à passer outre de cet écrit et à vous laisser agir comme vous le faites actuellement.» On a rapporté aussi, d'après Ibn Jarir, qu'Omar Ben Al-Khattab disait: «J'ai honte de contredire Abou Bakr» À savoir qu'Abou Bakr considérait comme collatéraux tous les proches en dehors des enfants et des pères. Et c'est bien ce qu'appliquent la majorité des ulémas et les chefs des quatre écoles de la loi religieuse (les quatre imams). Par ailleurs c'est bien ce qui a été mentionné dans le Coran, ce à quoi Dieu fait allusion en disant: «Allah vous l'explique pour ne pas vous exposer à des erreurs. Allah sait tout».

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