المائدة

La Table Servie

Sourate 5 · 120 versets · Revelation medinoise

Verset 1

L'imam Ahmed rapporte que Asma' Bent Yazid a dit: «En tenant la bride de «Al-'Adba'» - la chamelle de l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- la sourate de la Table lui fut révélée tout entière. Elle a été si lourde qu'elle faillit abattre la chamelle». - Al-Tirmidhi rapporte qu'Abdullah Ben Amr a dit: «Les deux dernières sourates qui furent révélées sont: la Table et la victoire». - Joubair Ben Noufair raconte: «Mon pèlerinage accompli, j'entrai chez Aicha qui me demanda: «Ô Joubair, lis-tu souvent la sourate de la Table?» En répondant par l'affirmative, elle répliqua: «Elle est la dernière sourate à être révélée. Ce que vous y trouvez des choses licites, faites-les et abstenez-vous de l'illicite qui y est mentionné»(Rapporté par Al-Hakem). Ibn Abi Hatem rapporte d'après Ma'n et 'Aouf -ou l'un deux- qu'un homme vint trouver Abdullah Ben Mass'oud et lui dit: «Quel engagement puis-je te donner?» Il lui répondit: «Lorsque tu entends ces mots: «O croyants» écoute les attentivement car ils seront suivis ou par un acte de bien à accomplir ou par un mal à s'en abstenir». L'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- avait chargé Amr Ben Hazm de se diriger au Yémen afin d'apprendre à ses habitants la religion islamique, la sunna, et de collecter les biens de la zakat. Puis il lui envoya une lettre qui contenait ce qui suit: Au nom de Dieu le Miséricordieux le Très Miséricordieux. C'est une lettre adressée de Dieu et de Son Envoyé: «O croyants, respectez vos engagements» C'est un engagement de Mouhammad l'Envoyé de Dieu à Amr Ben Hazm. Crains Dieu en remplissant ta mission car Dieu est avec ceux qui Le craignent et qui font le bien» (Rapporté par Ibn Abi Hatem). Ibn Abbas a interprété le mot «engagements» et dit qu'il s'agit des pactes que concluaient les hommes entre eux. Et suivant une autre interprétation; ils sont le licite, l'illicite et toutes les peines prescrites citées dans le Coran, dont les hommes sont tenus de respecter sans les trahir. Car Dieu, dans un autre verset a aggravé la peine à ceux qui trahissent les engagements en disant: «Ceux qui transgressent les promesses qu'ils ont faites à Allah, qui brisent les liens noués par Allah, qui commettent le mal sur la terre, à ceux-là la malédiction et la souffrance pour l'éternité» [Coran XIII, 25]. D'après Ad-Dahak, les engagements sont tout ce que Dieu a permis et interdit, le pacte que les hommes avaient conclu avec Dieu de croire au Prophète, au Livre, et d'observer toutes les prescriptions imposées. Quant à Zaid Ben Aslam, il a dit que les engagements sont au nombre de six: les promesses faites à Dieu, le pacte de l'alliance, le contrat de société, le contrat de la vente, le contrat de mariage et le serment. «Il vous est permis de vous nourrir de la chair de votre bétail». Ce bétail, d'après les dires de Qatada, Ibn Jarir et autre englobe les chameaux, les bovins et les ovins. «à l'exception de ce qui vous sera dit plus loin» Il s'agit, d'après Ibn Abbas, de la chair de la bête morte, du sang et de la viande du porc. Le bétail renferme toutes les races domestiques parmi les camélines, bovins et ovins, et ce qui leur est similaire parmi les bêtes non domestiques telles que les gazelles par exemple. Il n'a été fait exception que des bêtes domestiques mortes dans les circonstances citées auparavant, et des autres non domestiques chassées à l'état de sacralisation. Ceci émane des décisions de Dieu qui ordonne ce qu'il veut.

Verset 2

«Croyants, ne profanez pas ce qu'Allah a rendu sacré» Ces choses sacrées auprès Ibn Abbas sont les rites du pèlerinage, et selon Qatâda: As-Safa, Al-Marwa et les offrandes. Comme on a dit aussi qu'elles sont Ses interdictions, et c'est pourquoi Il dit ensuite: «le mois sacré» en respectant son caractère sacré et s'abstenant de s'y combattre comme le montre ce verset: «Ils t'interrogent sur le mois sacré, je veux dire sur la guerre au cours d'un mois pareil. Dis leur: «La guerre dans ce mois est un sacrilège» [Coran II, 217] Car Dieu a dit: «Allah a divisé l'année en douze mois» [Coran IX, 36]. Et dans le Sahîh Boukhârî il est cité qu'Abou Bakra a rapporté que l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit lors du pèlerinage de l'adieu: «Le temps a accompli un cycle complet comme au jour où Dieu a créé les cieux et la terre. L'année comporte douze mois, quatre d'entre eux sont sacrés dont trois se succèdent et qui sont Zoul-Ka'da, Zoul-Hijja et Mouharram, et Rajab de Moudar qui se situe entre Joumada et Cha'bane (Rapporté par Boukhârî)». Ceci montre que ces mois revêtent toujours le caractère sacré jusqu'à la fin des temps. Pour ce qui est du combat dans le mois sacré, nombre des ulémas ont jugé que cette interdiction fut abrogée, tirant argument de ce verset: «A l'expiration des quatre mois sacrés, combattez les idolâtres partout où vous les trouverez» [Coran IX, 5] sans qu'il y ait une distinction entre les mois. «les offrandes, les ornements suspendus au cou des victimes» c'est à dire ne négligez pas les offrandes qu'on doit amener pour être immolées dans le lieu qui leur est destiné et ceci en respectant les choses sacrées de Dieu. «... les pèlerins à la recherche de la grâce et des faveurs d'Allah» Une expression qui signifie: Abstenez-vous de combattre ceux qui se dirigent vers la Maison sacrée recherchant la grâce de Dieu et Sa satisfaction, car quiconque y entrera sera en sécurité. «Quand vous aurez quitté le territoire sacré, vous pourrez chasser» en d'autres termes, lorsque vous revenez à l'état profane, en se désacralisant, la chasse vous sera permise. «Que la haine que vous éprouvez pour ceux qui vous ont empêché l'abord de l'oratoire sacré ne vous rende pas criminels» il s'agit de l'an de Houdaybya quand les polythéistes avaient empêché l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- et ses compagnons d'accomplir la visite pieuse. Dieu ordonne aux fidèles de ne plus être rancuniers et de ne plus se venger en commettant une injustice à l'égard des idolâtres, plutôt ils devraient appliquer la justice. «Aidez-vous les uns les autres pour accéder à la vertu et à la crainte d'Allah et non pour commettre le mal et l'injustice» Ceci constitue un ordre de s'encourager mutuellement à faire le bien qui est la vertu et de s'abstenir à commettre tout acte répréhensible en craignant Dieu. Et craignez Allah, car Allah est sévère dans Son châtiment.

Verset 3

On peut déduire du verset précité que ces bêtes interdites sont celles qui ont péri, suivant les différentes causes, qui n'ont été ni égorgées ni chassées, et qui gardent toujours leur sang, exception faite pour les poissons (ou les fruits de mer en général) d'après ce hadith prophétique rapporté par Abou Houraira: «On demanda l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- au sujet de l'eau de la mer? Il répondit: «Son eau est purificatrice et ses animaux morts sont licites» (Rapporté par Malek, Tirmidhi et Nassaï). Cette interdiction découle du fait que le sang en lui-même, étant une souillure, n'a pas été répandu. La consommation du sang est interdite. «La viande de porc» qu'il soit domestique ou non comme le sanglier, toutes ses parties même la graisse sont interdites, car le verset l'a décrit comme une souillure. «les bêtes égorgées autrement qu'au nom d'Allah» il s'agit de toute bête immolée à un autre que Dieu, car il ordonne que tout animal égorgé doit être fait en prononçant Son nom et jamais le nom d'une idole, d'une statue out toute autre créature. «des bêtes étranglées» que leur mort soit accidentellement ou volontairement, comme par exemple, une bête dont son licol s'enroule autour du cou et l'étrangle. «assommées» à la suite d'un coup d'un bâton ou autre qui cause sa mort. Les bêtes «mortes des suites d'une chute» sont celles qui tombent d'une place élevée et meurent, ou bien d'après Qatada, celles qui tombent dans un puits. Les bêtes mortes des suites «d'un coup de corne» sont illicites même si le coup de corne fait couler son sang. «Les bêtes mises en pièces par un carnassier» Il s'agit de la bête qu'un fauve a dévorée et causé sa mort, qui est interdite d'après l'unanimité même s'il y a effusion du sang. «à moins qu'elles n'aient été saignées à temps» c'est à dire si vous avez eu le temps d'égorger la bête qu'elle vivait encore et fait partie de celles qu'on vient d'énumérer avant de mourir dans les circonstances déjà mentionnées. «enfin les bêtes immolées sur les autels des idolâtres» Les idoles qui entouraient la Ka'ba du temps de l'ignorance, étaient au nombre de 360 comme a précisé Ibn Jouraij. Les hommes immolaient les bêtes devant elles, aspergeaient les idoles du sang de ces victimes puis découpaient la viande et l'étalaient sur elles. Dieu interdit aux croyants de les imiter ainsi que la consommation de cette viande étant donné que ces bêtes ont été immolées au nom d'un autre que Dieu, et ce faire n'est que du polythéisme. «N'essayez pas d'induire l'avenir au jeu des flèches» Ces flèches étaient un moyen de consulter le sort. «C'est là une turpitude» commise par celui qui se fie aux flèches pour prendre une certaine décision. Son acte est un égarement et un polythéisme. «Les infidèles ont désormais perdu tout espoir d'ébranler votre religion», qui signifie d'après 'Ata' et Mouqatel que les mécréants ont désespéré de votre religion. «J'ai mis maintenant votre religion complètement au point. Je vous ai comblé de Ma grâce. J'ai élu l'Islam pour votre religion» C'est la plus grande grâce que Dieu avait accordée à la communauté musulmane en leur rendant leur religion parfaite et en leur envoyant Mouhammed -qu'Allah le bénisse et le salue- le dernier des Prophètes et Messagers. «Celui qui contreviendra à ce qui précède par nécessité, en cas de disette, et à condition qu'il n'ait pas l'intention de mal faire, sera absous. Allah est miséricordieux et clément» Cela signifie que celui qui est contraint, selon les circonstances, de prendre de ces aliments interdits, Dieu lui pardonnera son faire car Il connaît bien les raisons et les circonstances de cette dérogation.

Verset 4

Ils t'interrogent sur ce qui leur est permis. Dis: tous les bons aliments. Vous pouvez vous nourrir des animaux que capturent les carnassiers que vous avez dressés en leur apprenant ce qu'Allah lui-même vous a appris. Mangez donc ce que ces carnassiers vous rapportent en invoquant le nom d'Allah. Craignez Allah, car Il est prompt à faire rendre compte. Après que Dieu ait montré aux hommes les aliments nuisibles et interdits sauf dans des cas précisés et par nécessité comme Il a dit: «... maintenant qu'Il vous a énuméré les nourritures qui vous sont interdites, sauf le cas de la force majeure» [Coran VI, 119], Il présente sous forme de question les aliments permis et ceci pour faire apparaître la qualité de Son Messager qui est le maître, porteur du message, et qui définit le licite et l'illicite. Ibn Abi Hatem rapporte que 'Ady Ben Hatem et Zaïd Ben Al-Mouhalleb de la tribu Taï avaient demandé à l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue-: «O Envoyé de Dieu, Dieu nous a interdit de consommer la viande de la bête morte, quels sont les aliments qui nous sont permis?» Dieu à cette occasion fit cette révélation. Les bons aliments, d'après Sa'ïd, sont les bêtes égorgées suivant les enseignements. Mais Mouqatel a précisé qu'ils renferment toute nourriture acquise licitement. «que capturent les carnassiers que vous avez dressés en leur apprenant...» Il s'agit des proies et gibiers saisis par les animaux dressés tels que: le chien, le guépard, le faucon, l'épervier, et qui leur sont semblables, à condition qu'ils soient dressés. Selon une opinion unanime: ce que chassent les oiseaux est pareil à ce que chassent les chiens car les uns et les autres sont entraînés à capturer les proies et gibiers. Dans les deux Sahihs il est cité que 'Ady Ben Hatem a dit: «Je demandai: «Ô Envoyé de Dieu, que penses-tu lorsque je lance mes chiens dressés en invoquant le nom de Dieu?» Il me répondit: «Lorsque tu lances ton chien dressé pour chasser le gibier en invoquant le nom de Dieu, mange ce qu'il saisit.» - Et s'il le tue, répliquai-je. Il rétorqua: «Même s'il le tue et si un autre chien ne l'a pas saisi, car tu as prononcé le nom de Dieu sur ton chien et non pas sur l'autre» Je lui demandai de nouveau: «Et si je chasse à l'aide du mi'rad et tue le gibier?» Il répondit: «Si tu réussis à l'attaquer en lui perçant le corps, manges-en, mais si tu l'as tué avec le hampe, n'en mange pas car il est considéré comme assommé». Ce qu'il faut retenir de ces hadiths consiste à prononcer le nom de Dieu soit en lançant un chien dressé soit en tirant une flèche. Mais si on oublie de prononcer le nom de Dieu? Et Ibn Abbas de répondre: «Il n'y a aucun mal» car on a dit aussi: de toute façon on doit prononcer le nom de Dieu avant de manger.» Indeed God is swift at the reckoning'.

Verset 5

Tous les bons aliments vous sont permis. La nourriture des gens d'Ecriture vous est permise. Il vous est permis d'épouser les femmes vertueuses de votre croyance et les femmes vertueuses des gens d'Ecriture, à condition de les doter. Vivez honnêtement avec elles, en évitant la luxure. N'ayez pas de concubines. Celui qui nie les commandements de la foi perd le bénéfice de sa bonne conduite et sera parmi les réprouvés, au jour du jugement dernier. Dieu a permis aux fidèles les bons aliments et les bêtes égorgées par les Juifs et les chrétiens car, d'après Ibn Abbas et l'unanimité des ulémas, ils n'égorgent pas au nom d'un autre que Dieu. A cet égard Abdullah Ben Moughafal raconte: «Le jour de Khaibar on m'a offert une outre pleine de la graisse. Je la portai de mes deux mains disant: «Aujourd'hui je n'en donne à personne». En regardant devant moi, je trouvai le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- sourire (en entendant mes propos). Dans le Sahih il est cité que les juifs de Khaibar offrirent à l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- un mouton rôti en empoisonnant l'épaule. En commentant ce verset de la sourate du Bétail: «Ne mangez pas des aliments sur lesquels le nom d'Allah n'a pas été prononcé» [Coran VI, 121] Makhoul a dit qu'il fut abrogé par ce verset: «La nourriture des gens d'Ecriture vous est permise comme la vôtre leur est permise» par une grâce du Seigneur à Lui la puissance et la gloire et par une miséricorde envers les fidèles. «Il vous est permis d'épouser les femmes vertueuses de votre croyance» il s'agit d'épouser d'abord les femmes musulmanes de bonne condition, pour que Dieu dise après: «et les femmes vertueuses des gens d'Écriture à la condition de les doter» sans penser aux captives et aux esclaves, comme ont précisé Ibn Jarir et Moujahed. Mais de toute façon, comme a ajouté Moujahed, il faut qu'elles soient vertueuses et de bonne condition, en contractant avec elles une union régulière et non comme des débauchées ou des amateurs de courtisanes. Mais Abdullah Ben Omar était contre le mariage d'avec une chrétienne en disant; «Quel polythéisme aussi grave qu'une femme déclaré: «mon Seigneur est Jésus» alors que Dieu ordonne: «N'épousez pas les femmes idolâtres tant qu'elles n'ont pas acquis la foi» [Coran II, 221]. «... à la condition de les doter» c'est à dire il faut leur remettre leur douaire car elles sont des vertueuses et de bonne condition. «Vivez honnêtement avec elles en évitant la luxure. N'ayez pas de concubines» Comme la vertu est une condition pour épouser les femmes, il incombe aussi aux hommes d'être vertueux sans vivre comme des débauchés ou de prendre de courtisanes. A cet égard l'Imam Ahmed Ben Hanbal a jugé qu'il ne faut pas épouser une prostituée avant qu'elle ne se repente et cesse de forniquer, sinon son mariage d'avec un homme vertueux n'est plus admis. Enfin Dieu rappelle aux hommes que toutes les actions de quiconque rejette la foi et sont vaines et dans la vie de l'au-delà, il sera au nombre des perdants.

Verset 6

O vous qui avez cru ! Lorsque vous vous levez pour la Salât, lavez vos visages et vos mains jusqu'aux coudes ; passez les mains mouillées sur vos têtes ; et lavez-vous les pieds jusqu'aux chevilles. Et si vous êtes pollués « junub », alors purifiez-vous (par un bain) ; mais si vous êtes malades, ou en voyage, ou si l'un de vous revient du lieu où il a fait ses besoins ou si vous avez touché aux femmes et que vous ne trouviez pas d'eau, alors recourez à la terre pure, passez-en sur vos visages et vos mains. Allah ne veut pas vous imposer quelque gêne, mais Il veut vous purifier et parfaire sur vous Son bienfait. Peut-être serez-vous reconnaissants ! Certains des anciens ulémas ont déclaré que ce verset concerne les hommes à l'état d'impureté quand ils se disposent à la prière, et d'autres ont dit qu'il s'agit de ceux qui se réveillent de leur sommeil pour faire la prière. Mais on peut affirmer que ce verset a une portée générale qui impose les ablutions à ceux qui sont impurs (impureté mineure) et recommande à les refaire à ceux qui sont encore purs. A savoir que le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- faisait ses ablutions pour chaque prière, mais le jour de la conquête de La Mecque, il fit ses ablutions, frotta sur les bottines et accomplit toutes les prières. Omar lui demanda: «O Envoyé de Dieu, aujourd'hui tu viens de faire une chose que tu ne l'as pas faite auparavant?» Il lui répondit: «J'ai fait cela exprès ô Omar» (Rapporté par Mouslim et les auteurs des Sunans). "Lavez vos visages" Le lavage du visage est le premier acte obligatoire des ablutions mais il est conditionné par la formule de l'intention, car tout acte cultuel doit être précédé par l'intention. A ce propos il est cité dans les deux Sahihs que l'Envoyé de Dieu a dit: «Les actes ne valent que par les intentions et à chacun selon son dessein». "et vos mains jusqu'aux coudes" c'est à dire y compris le coude et tout le bras. Abou Houraira rapporte que l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit: «Les gens de ma communauté seront appelés au jour de la résurrection ayant des marques brillantes qui sont les traces de leurs ablutions. Quiconque d'entre vous voudrait avoir ces marques plus grandes, qu'il le fasse» (Rapporté par Boukhari et Mouslim). "essuyez vos têtes" les opinions ont été divergées quant à l'essuyage de la tête. "lavez vos pieds jusqu'aux chevilles" Le lavage des pieds était un sujet de controverse entre les ulémas même de différentes sectes. Mais ce qui s'avère être plus correct consiste à se laver les pieds en les frottant pour les débarrasser des impuretés, comme la boue ou le sable par exemple, étant assujettis à ces saletés. "Si vous êtes malades ou en voyage, si vous venez de satisfaire un besoin ou si vous avez eu des rapports avec une femme, et que vous ne trouviez pas d'eau, cherchez de la terre propre et frottez-vous-en le visage et les mains". "Il aspire à ce que vous soyez propres et à ce que vous soyez en état de recevoir Sa grâce. Peut-être Lui en serez-vous reconnaissants" Dieu par Sa grâce, générosité et compassion a rendu la tâche de la pureté facile aux hommes pour leur épargner la gêne.

Verset 7

Et rappelez-vous le bienfait d'Allah sur vous ainsi que l'engagement qu'Il a pris de vous quand vous avez dit : « Nous avons entendu et nous avons obéi ». Et craignez Allah. Car Allah connaît parfaitement le contenu des cœurs. Dieu rappelle à Ses serviteurs croyants Ses bienfaits en leur agréant cette glorieuse religion et en leur envoyant ce noble Prophète. Il leur rappelle également le pacte et l'alliance qu'ils ont conclus en promettant de lui prêter serment d'allégeance, de le suivre, de le secourir, d'observer les lois de sa religion, de la divulguer et de leur agrément, en entendant et en se soumettant. L'allégeance que faisaient les hommes à l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- lors de leur conversion donnait le même sens et était la suivante comme on l'a rapportée: «Nous avons prêté un serment d'allégeance à l'Envoyé de Dieu d'écouter et d'obéir, dans l'aisance et dans la gêne, même si nous sommes lésés dans nos droits et de ne plus disputer le pouvoir avec ceux qui le détiennent». Suivant une autre interprétation, les versets précités constituent un rappel aux juifs des pactes et des alliances qu'ils avaient conclus avec Dieu de croire en Mouhammad et en son message quand Il leur dit: «Pourquoi ne croyez-vous pas en Allah alors que le Prophète vous appelle à croire en votre Seigneur? Il a vraiment conclu une alliance avec vous, si vous êtes croyants» [Coran LVII, 8]. Mais Moujahed a précisé, suivant une troisième interprétation, qu'il s'agit de l'engagement pris de la postérité d'Adam quand Dieu a tiré les hommes de ses reins en les faisant avouer: «Ne suis-Je pas votre Seigneur? dit-Il. Ils répondirent: «Oui nous l'attestons» [Coran VII, 172]. De toutes ces commentaires, il s'avère que le premier est le plus correct, et qui sont les dires d'Ibn Abbas, As-Souddy et Ibn Jarir. «Craignez Allah» une exhortation à suivre toujours le chemin de la piété en toute circonstance car: «Allah sait ce qu'il y a au fond de vos cœurs».

Verset 8

Ô les croyants ! Soyez stricts (dans vos devoirs) envers Allah et (soyez) des témoins équitables. Et que la haine pour un peuple ne vous incite pas à être injustes. Pratiquez l'équité : cela est plus proche de la piété. Et craignez Allah. Car Allah est certes Parfaitement Connaisseur de ce que vous faites. Puis Dieu exhorte les croyants à être fermes comme témoins devant Lui et à pratiquer la justice. A cet égard il est cité dans les deux Sahihs que An-Nou'man ben Bachir a raconté: «Mon père, m'ayant fait une donation, ma mère Amra Bent Rawaha lui dit: «Je n'accepte pas tant que l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- n'aura pas été pris à témoin.» Mon père se rendit à cette fin chez l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- qui lui demanda: «As-tu donné la même chose à chacun de tes enfants?» - Non, répondit mon père. Le Prophète de répliquer: «Craignez Dieu et soyez équitables envers vos enfants». Puis il reprit: «Je ne serai témoin d'une injustice» Mon père revint et reprit la donation». (Rapporté par Boukhari et Mouslim). «Que la haine ne vous rende pas injustes» c'est à dire si vous éprouvez une certaine haine envers un peuple qu'il soit ami ou ennemi, soyez équitables dans vos jugements et ne commettez jamais des injustices, car la justice est proche de la piété et de la crainte révérencielle de Dieu. Car Dieu connaît parfaitement vos actions et vous en rétribuera la récompense: si elles sont bonnes vous n'obtiendrez que le bien, mais si elles sont mauvaises le châtiment vous attendra.

Verset 9

Puis Dieu rappelle aux hommes Sa promesse pour les inciter à faire le bien: «Allah promet à ceux qui croient et pratiquent le bien une belle récompense et son pardon» Et quelle sera cette belle récompense sinon le Paradis que les hommes l'auraient comme telle par la grâce et la miséricorde de Dieu et non pas seulement pas leurs actions.

Verset 10

Quant à «ceux qui auront nié et rejeté nos preuves, ceux-là seront voués à l'enfer», ils seront jugés équitablement car Dieu est sage et juste et eux n'obtiendront que le fruit de leurs œuvres.

Verset 11

Dieu rappelle à Ses serviteurs croyants Ses bienfaits en leur agréant cette glorieuse religion et en leur envoyant ce noble Prophète. Il leur rappelle également le pacte et l'alliance qu'ils ont conclus en promettant de lui prêter serment d'allégeance, de le suivre, de le secourir, d'observer les lois de sa religion, de la divulguer et de leur agrément, en entendant et en se soumettant. L'allégeance que faisaient les hommes à l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- lors de leur conversion donnait le même sens et était la suivante comme on l'a rapportée: «Nous avons prêté un serment d'allégeance à l'Envoyé de Dieu d'écouter et d'obéir, dans l'aisance et dans la gêne, même si nous sommes lésés dans nos droits et de ne plus disputer le pouvoir avec ceux qui le détiennent». Suivant une autre interprétation, les versets précités constituent un rappel aux juifs des pactes et des alliances qu'ils avaient conclus avec Dieu de croire en Mouhammad et en son message quand Il leur dit: «Pourquoi ne croyez-vous pas en Allah alors que le Prophète vous appelle à croire en votre Seigneur? Il a vraiment conclu une alliance avec vous, si vous êtes croyants» [Coran LVII, 8]. Mais Moujahed a précisé, suivant une troisième interprétation, qu'il s'agit de l'engagement pris de la postérité d'Adam quand Dieu a tiré les hommes de ses reins en les faisant avouer: «Ne suis-Je pas votre Seigneur? dit-Il. Ils répondirent: «Oui nous l'attestons» [Coran VII, 172]. De toutes ces commentaires, il s'avère que le premier est le plus correct, et qui sont les dires d'Ibn Abbas, As-Souddy et Ibn Jarir. «O croyants, souvenez-vous de la sollicitude qu'Allah vous a manifestée lorsqu'un groupe d'ennemis conçut le dessein de vous attaquer. Il repoussa leur tentative» Il est rapporté dans le Sahih le récit suivant: «Le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- campa dans un endroit et les hommes se dispersèrent à la recherche de l'ombre sous des arbustes épineux. Le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- suspendit son sabre à un des arbustes. Un bédouin survint, prit le sabre et se dirigeant vers le Prophète en lui disant: «Qui te préservera de moi?» - Dieu, répondit-il. Le bédouin répéta sa question deux ou trois fois, puis il mit le sabre dans son fourreau. Le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- appela alors ses compagnons et leur raconta l'histoire avec le bédouin qui était assis tout près de lui qu'il laissa partir sans le punir.

Verset 12

Allah reçut l'engagement des fils d'Israël. Il choisit parmi eux douze chefs. Il leur dit: «Je suis avec vous. Observez la prière, faites l'aumône, croyez à mes Prophètes, aidez-les, mettez vos richesses au service d'Allah, et Je vous pardonnerai vos offenses et Je vous donnerai pour séjour des jardins arrosés d'eau vive. Celui d'entre vous qui violera cet engagement, celui-là quittera la bonne voie. Dieu avait certainement pris l'engagement des fils d'Israël et suscité douze chefs parmi eux qui représentaient les différentes tribus, qui consistait à écouter et à obéir à Son Prophète et Son Livre. Ibn Abbas a dit que cela eut lieu le jour où Moïse -que Dieu le salue- se dirigeait pour battre les tyrans. Ce nombre était pareil à celui que l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- avait désigné parmi les Ansariens la veille de Al-'Aqaba quand ils lui avaient prêté un serment d'allégeance.

Verset 13

Pour avoir violé leur engagement, nous les avons maudits et nous avons endurci leurs cœurs. Depuis, ils falsifient l'origine des mots et négligent une partie des avertissements qui leur ont été donnés. Tu iras de traîtrise en traîtrise avec eux, à l'exception de quelques-uns. Pardonne-leur et ne leur tiens pas rigueur, car Allah aime les cœurs généreux. Qu'est-ce qu'il adviendra de ces derniers? «nous les avons maudits» à cause de leur violation de leur engagement et nous les avons privé de la miséricorde et: «nous avons endurci leurs cœurs». Ce qu'ils font après «ils falsifient l'origine des mots» en altérant les sens des paroles divines, en forgeant des mensonges à leur sujet et en mal interprétant les versets. Et par ce faire ils «négligent une partie des avertissements qui leur ont été donnés». Et Al-Hassan de commenter cela: en négligeant délibérément les prescriptions divines et abandonnant l'anse solide de leur religion. «Tu iras en traîtrise en traîtrise avec eux» en tramant leurs ruses et machinations contre le Prophète et les hommes, et on n'excepte qu'un petit nombre d'entre eux. «Pardonne-leur et ne leur tiens pas rigueur» et voilà que tu l'emporteras sur eux. Peut-être cela les portera à retourner à la voie droite car «Allah aime les cœurs généreux».

Verset 14

Nous avons accepté l'engagement de ceux qui ont dit: «Nous sommes chrétiens» Ils ont négligé une partie des avertissements qui leur ont été donnés. Nous les avons emmêlés dans la haine et la rancune jusqu'au jour de la résurrection. Et Allah leur fera comprendre le sens de leurs actions. «Nous avons accepté l'engagement de ceux qui ont dit: «Nous sommes chrétiens» il s'agit de ceux qui prétendent être les adeptes de Jésus fils de Marie, mais en vérité ils ne sont plus comme tels. Car cet engagement consiste à suivre l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- à le secourir et à lui venir en aide en appliquant la religion qu'il prêche, et en croyant à tout Prophète envoyé par Dieu vers les habitants de la terre. Mais hélas! ils se sont comportés comme les juifs en violant l'engagement et trahissant l'alliance. «Ils ont négligé une partie des avertissements qui leur ont été donnés» et pour les punir «nous les avons emmêlés dans la haine et la rancune jusqu'au jour de la résurrection». Dieu a suscité entre eux l'hostilité et la haine jusqu'au jour du jugement final. Ils ne cesseront de rester ainsi et chaque secte d'entre eux maudit l'autre et lui garde rancune: les Jacobins, Nestoriens et les partisans d'Arius et les autres sectes, chacune d'elles considère les autres comme non croyants. Et au jour de la résurrection «Allah leur fera comprendre le sens de leurs actions». Ceux-là qui ont forgé des mensonges sur Dieu et sur Son Prophète, imputé à Dieu un enfant et une compagne, que Son nom soit sanctifié.

Verset 15

Dieu, par Sa générosité et Sa grâce, a envoyé Son Prophète - qu'Allah le bénisse et le salue- avec la Direction et la Religion vraie vers tous les habitants de la terre: arabes et non arabes, lettrés et illettrés, et avec les preuves évidentes qui distinguent la vérité de l'erreur. Il a dit: «O gens d'Ecriture, notre Prophète vous a divulgué de nombreux passages du Livre que vous teniez cachés. Il vous pardonnera bien des fautes» Le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- exposera et expliquera bien des choses que les gens du Livre tiennent cachées ou altérées ou falsifiées et passera sur bien d'autres. A ce propos Ibn Abbas a dit: «Quiconque aura nié la peine de la lapidation aura nié le Coran sans en tenir compte. Car Dieu a dit: «Notre Prophète vous a divulgué de nombreux passages du Livre que vous teniez cachés» La lapidation était parmi des passages qu'ils ont cachés. Puis Dieu fait connaître aux hommes la véracité du Noble Coran et dit: «Par ce Livre, Allah mettra dans la voie du salut ceux qui recherchent Sa grâce. Par Sa volonté, Il les arrachera des ténèbres pour les mettre en pleine lumière et Il les dirigera dans la voie droite» Car le Coran est une lumière venue de Dieu pour mettre les hommes dans le chemin du salut en les faisant sortir des ténèbres de l'égarement et de l'erreur.

Verset 16

Par ce Livre, Allah mettra dans la voie du salut ceux qui recherchent Sa grâce. Par Sa volonté, Il les arrachera des ténèbres pour les mettre en pleine lumière et Il les dirigera dans la voie droite. Car le Coran est une lumière venue de Dieu pour mettre les hommes dans le chemin du salut en les faisant sortir des ténèbres de l'égarement et de l'erreur.

Verset 17

Dieu montre l'incrédulité des chrétiens qui prétendent que le Messie fils de Marie est Dieu alors qu'il n'est, en vérité, qu'un de ses serviteurs et une de Ses créatures. Que Dieu soit élevé au-dessus de leurs dires. Il est capable sur toute chose, et le Dominant Suprême et les hommes ne sont que Ses sujets «qui aurait pu empêcher Allah s'Il avait voulu anéantir le Messie, fils de Marie, sa mère et l'humanité toute entière?» Certes nul ne pourrait s'opposer à Dieu s'Il voulait faire une chose pareille. Puis Il rappelle aux hommes: «N'est-ce pas à Allah qui appartient l'empire des cieux et de la terre et l'espace qui les sépare» Il dispose de tout étant le seul créateur et nul ne peut disputer son pouvoir.

Verset 18

Ce fut une réponse aux chrétiens qui ont défié le Messie. Pour répondre aussi aux juifs et chrétiens et réfuter leurs mensonges et présomptions: «Les juifs et les chrétiens disent: «Nous sommes les fils d'Allah et ses intimes» en s'appartenant aux Prophètes qui sont - selon leur présomption - les fils de Dieu. D'après leur Livre, Dieu aurait dit à Son serviteur Israël «Tu es mon fils aîné», alors eux se considèrent comme étant aussi les fils de Dieu en mal interprétant l'Ecriture. Il en est parmi eux qui s'étaient convertis à l'Islam qui leur ont répondu: C'est un terme d'honneur et de considération. Quant aux chrétiens ils prétendent aussi être les fils de Dieu, car d'après leur Livre; Jésus leur a dit: « Je m'en vais chez mon père et votre père» voulant dire mon Seigneur et le vôtre. A savoir que les chrétiens n'ont pas prétendu être les fils de Dieu à l'instar des juifs en prétendant que seul le Messie est le fils de Dieu, mais ils ont voulu montrer leur rang distingué et qui sont plus considérés que les autres. Dieu leur répond par la bouche de Son Prophète: «Pourquoi vous châtie-t-Il pour vos péchés?» si vous êtes Ses fils et intimes comme vous le prétendez?. «C'est que vous êtes des hommes comme les autres» rien ne vous distingue des autres et vous êtes tous les fils d'Adam. Et Dieu rappelle aussi aux hommes qu'il pardonne à qui Il veut ou châtie qui Il veut, Il est prompt dans son compte et personne ne s'oppose à Son jugement. Le retour final se sera vers Lui.

Verset 19

Après un long intervalle du temps et une interruption de la prophétie, Dieu envoya Mouhammad -qu'Allah le bénisse et le salue- vers toute l'humanité comme annonciateur et avertisseur. Parmi les différents dire contradictoires à propos de cet intervalle, on a adopté ceux de Qatada et de Salman Al-Farissi qui l'ont fixé à 560 ans qui se sont écoulés entre Jésus le dernier Prophète envoyé aux fils d'Israël et Mouhammad -qu'Allah le bénisse et le salue- le dernier des Prophètes. D'après un hadith cité dans le Sahih de Boukhari Abou Houraira a rapporté que l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit: «Je suis le plus proche parmi les hommes du fils de Marie et aucun Prophète ne me sépare de lui». Et ceci en répondant à ceux qui ont prétendu que Dieu avait envoyé après Jésus un Prophète appelé Khaled Ben Sinan. Lorsque Dieu avait envoyé Mouhammad -qu'Allah le bénisse et le salue-, les gens avaient suivi différentes religions, adoré les idoles, le feu et la croix. Il fallait donc mettre fin à leur corruption et à leur égarement car une minorité des hommes s'attachait au culte de Dieu parmi les juifs, chrétiens et Sabéens. Après son avènement, il n'y aura aucune excuse pour les hommes et de dire: «Nous avons manqué d'annonciateur et de guide». Le voilà l'annonciateur et l'avertisseur, vous n'aurez donc aucun prétexte ô hommes et sachez que: «Allah est tout puissant» qui châtiera ceux qui Lui auront désobéi et récompensé ceux qui se seraient soumis.

Verset 20

Dieu demande à Son serviteur, Prophète et interlocuteur Moïse Ben 'Imran de rappeler à son peuple les fils d'Israël les bienfaits et les grâces dont Dieu les a comblés dans ce bas monde et même dans la vie future s'ils avaient suivi la voie droite. «Il a tiré de ton sein des Prophètes» Car à la mort de chaque Prophète Il leur envoyait un autre depuis leur père Ibrahim. Ces Prophètes ne cessaient de les appeler à Dieu en les menaçant de Son châtiment jusqu'à la venue de Jésus, fils de Marie -que Dieu le salue. Et à la fin Il a envoyé Mouhammad Ben Abdullah -qu'Allah le bénisse et le salue- de la descendance d'Ismaël fils d'Ibrahim, et qui fut le plus honoré et considéré. «et des rois» Ibn Abbas a commenté cela et dit: «On donnait l'épithète «roi» à tout homme qui possédait une femme, un esclave et une demeure. «Il t'a manifesté une bienveillance qu'Il n'a eue pour aucun autre» à l'époque où ils vivaient car ils étaient plus nobles et considérés que les Grecs, les Coptes et tous les autres peuples comme Dieu le montre dans ce verset: «Nous les avions élevés au-dessus des mondes» [Coran XLV, 16] Et dans un autre verset. Moïse aurait dit à son peuple: «Vous choisîrai-je un autre maître qu'Allah, Lui qui vous a élus parmi tous les peuples» [Coran VII, 140]. C'était donc du temps de Moïse, car la communauté musulmane est pour toujours la plus noble, la plus préférée à Dieu, qui possède la Charia (les lois religieuses) la plus parfaite, la voie la plus droite, son Prophète le plus noble, ses rois les meilleurs, ses bienfaits les plus abondants, ses familles les plus nombreuses, son royaume le plus vaste et sa puissance la plus durable, Dieu a dit d'elle: «Nous avons fait de vous une nation centrale pour que vous serviez de témoins à tous les peuples» [Coran II, 143].

Verset 21

Puis Moïse -que Dieu le salue- incita les fils d'Israël au combat pour entrer à Jérusalem qui était leur pays du temps de leur père Jacob à l'époque où il l'avait quitté avec ses femmes et enfants pour rejoindre Joseph -que Dieu le salue- en Égypte. Ils vivaient là une longue période et ne la quittaient qu'avec Moïse qui les avait sauvés de Pharaon. À cette époque, il y avait à Jérusalem un peuple très fort et puissant -les 'Amaliq-. Il leur ordonna donc d'y entrer en combattant ce peuple en leur annonçant la victoire. Mais ils refusèrent, désobéirent à Moïse et se détournèrent de lui. Dieu alors les punit en les envoyant au désert (de Sinaï) errant sans but, égarés ne sachant vers quel côté ils devaient se diriger, et ils y restèrent quarante ans. «Ô mon peuple, rentre en terre sainte qu'Allah t'a fixée pour séjour» Cette terre, d'après Ibn Abbas et Moujahed est le mont Tor et son entourage. En réalité, elle est le Temple de Jérusalem et la région qui l'entoure. On lui donne aussi le nom Ilia' qui signifie: la maison de Dieu. Cette terre est celle que Dieu leur a promise par la bouche d'Israël (Jacob) en héritage pour ceux qui croient d'entre eux.

Verset 22

Moïse dit à son peuple: «Ne reviens pas sur tes pas» en s'abstenant de combattre car «Ce serait ta perte». Mais les fils d'Israël répondirent à Moïse que cette terre «est occupée par un peuple puissant. Nous n'y rentrerons que lorsqu'elle aura été évacuée. Une fois évacuée, nous y rentrerons». Donc sous prétexte que dans cette terre réside un peuple très fort de grande stature comme des géants et puissant, ils s'abstinrent de combattre ne pouvant faire face à ce peuple, et refusèrent d'y entrer.

Verset 23

Mais deux hommes des fils d'Israël qui craignaient Dieu et auxquels Il avait accordé Sa faveur les incitèrent au combat. Ces deux hommes, selon Ibn Abbas, Moujahed, Ikrima et autres, étaient Youcha' Ben Noun et Kaleb Ben Youfana. Ils leur dirent: «Forcez la porte» pour entrer, et «Si vous la forcez, vous serez vainqueurs. Vous devez avoir confiance en Allah si vous êtes des croyants sincères». Si vous mettez votre confiance en Dieu, obtemperez à Son ordre et suivez Son Prophète, Dieu vous accordera la victoire, vous secourra et ainsi vous entrerez dans la terre qu'Il vous a destinée.

Verset 24

Ceci n'eut aucun effet sur les fils d'Israël qui persévérèrent dans leur obstination et répondirent à Moïse: «Nous n'y rentrerons jamais tant qu'ils y seront. Allez-y toi et ton Seigneur. Combattez. Nous vous attendons». On rapporte que les fils d'Israël, après leur réplique à Moïse, décidèrent de retourner en Égypte. Moïse et Haroun (Aaron) - que Dieu les salue - se prosternèrent en présence des notables des fils d'Israël en signe de reniement de leur décision erronée, Youcha' Ben Noun et Kaleb Ben Youfana déchirèrent leurs habits, et tous blâmèrent et réprimandèrent les fils d'Israël. On a dit aussi qu'ils les avaient lapidés.

Verset 25

Malgré son appel et ses efforts, les fils d'Israël ne firent que persévérer dans leur opiniâtreté, alors, irrité, Moïse s'écria: «Seigneur, je ne dispose que de moi-même et de mon frère. Départage-nous d'avec ce peuple infâme».

Verset 26

Dieu exauça Moïse et répondit à son appel, et pour punir les autres Il dit: «Cette terre leur sera interdite pendant quarante ans. Ils erreront de par le monde». Ainsi ils demeurèrent quarante ans dans le désert ne trouvant aucune issue pour en sortir. Et durant cette période plusieurs miracles furent produits: la manne, les cailles, la nuée qui les ombrageait, le jaillissement de l'eau d'un rocher qu'ils portaient sur une monture dans leur déplacement, et d'où jaillirent douze sources dont chacune fut réservée à chacun de leurs douze chefs. À cette époque la Tora fut révélée à Moïse et qui renfermait toutes les lois religieuses et les enseignements. Pendant cette période Haroun décéda puis Moïse trois ans après. Dieu instaura parmi eux Youcha' Ben Noun comme Prophète et successeur de Moïse. On rapporte aussi qu'un bon nombre d'Israélites âgés trépassèrent, comme on a dit. Suivant les dires des historiens- Il n'en resta que Youcha' et Kaleb. Après l'écoulement de quarante ans, ceux qui survécurent sortirent du désert et à leur tête Youcha' Ben Noun, ils formaient la deuxième génération. Ils se dirigèrent vers Jérusalem et l'assiégèrent. Ils la conquirent un vendredi après l'asr. Comme le soleil était sur le point de disparaître et craignant que la veille du Sabbat ne commence, avant la conquête finale de la ville, Youcha' s'adressa au Soleil: «Tu es ordonné et je le suis», puis priant Dieu: «Seigneur arrête-le» le Soleil resta immobile jusqu'à ce que Youcha' pût conquérir complètement Jérusalem.

Verset 27

Raconte-leur l'histoire authentique des deux fils d'Adam. Tous deux firent des offrandes. L'offrande de l'un fut acceptée, celle de l'autre non. «Je te tuerai» dit ce dernier. «Que veux-tu, répondit son frère. Allah n'accepte d'offrandes que de ceux qui Le craignent». L'histoire des deux fils d'Adam demeure toujours le symbole de la jalousie et de l'injustice. Elle nous montre comment Caïn avait agressé son frère Abel et le tua parce que Dieu avait accepté l'offrande offerte par le deuxième et refusé celle de l'autre. Dieu ordonne à Son Envoyé de raconter cette histoire à ces injustes et jaloux, les juifs frères des porcs et de singes et leurs semblables, en toute vérité sans y rien ajouter ni diminuer et sans changement ni confusion. L'histoire comme elle a été rapportée par les théologiens et les exégètes est la suivante: «Par nécessité, Dieu avait permis à Adam -que Dieu le salue - de marier ses garçons avec ses filles de sorte, comme ils l'ont précisé, que le fils épouse la jumelle de son frère. Ils ont ajouté que dans chaque conception il y avait deux jumeaux: un garçon et une fille. Comme la sœur jumelle d'Abel était très laide et celle de Caïn très belle, ce dernier décida de se marier d'avec sa sœur jumelle. Adam refusa et demanda à chacun de ses fils Abel et Caïn de présenter une oblation, celui dont son oblation aura été acceptée, aura le droit de se marier d'avec la belle fille, la sœur de Caïn». Le Coran, comme on l'a vu, a mentionné l'histoire. As-Souddy a ajouté, d'après Ibn Abbas et Ibn Masa'oud, que Caïn possédait de terrains cultivés et Abel de troupeaux. Abel présenta une femelle de son troupeau qui était bien grasse. Quant à Caïn, il offrit une gerbe d'épi, comme il en trouvait un épi plein, il l'égrana et le mangea. Un feu descendit, dévora l'oblation d'Abel et laissa intact celle de Caïn. Celui-ci irrité, s'écria: «Je te tuerai pour t'empêcher de te marier d'avec ma sœur». Et Abel de lui répondre: «Allah n'accepte d'offrandes que de ceux qui Le craignent».

Verset 28

Le frère vertueux répondit avec toute quiétude: «Si tu lèves la main sur moi pour me tuer, je ne lèverai pas la mienne sur toi pour te tuer» et je veux que tu prennes sur toi mes péchés et les tiens «Car je crains Allah le maître de l'univers» Plutôt je m'endure avec foi en espérant la récompense divine. À ce propos il est cité dans les deux Sahihs que l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit: «Quand deux hommes se rencontrent, l'épée à la main, pour se combattre, le meurtrier et la victime iront à l'Enfer». On lui dit: «Ô Envoyé de Dieu, c'est bien le sort du meurtrier, mais pour la victime?». Il répondit: «L'homme victime cherchait aussi à tuer l'autre».(Rapporté par Boukhari et Mouslim).

Verset 29

«Je préfère que tu te charges de mes péchés et des tiens. Tu finiras dans la Géhenne. C'est là récompense des criminels». C'est à dire, selon les dires de Moujahed et Ibn Abbas: le péché de mon meurtre et les péchés que tu as commis auparavant. Le hadith qu'on a rapporté d'après Aicha où le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit: «Être tué et endurer sans réagir fera effacer tous les péchés» n'est pas authentifié et on ne saurait l'admettre comme tel car s'il est ainsi, cela veut dire que Dieu absoudra tous les péchés de la victime pour avoir été tuée de la sorte et on rendrait le meurtrier ce qui n'est pas logique. Mais ceci pourrait être appliqué à certains individus, car selon le hadith, la victime réclamera ses droits de son meurtrier au jour du Jugement: on prendra alors des bonnes actions du meurtrier autant que son crime pour les passer à l'actif de la victime. Au cas où ses bonnes actions ne seront plus suffisantes pour indemniser la victime, on prendra des mauvaises actions de cette dernière pour les passer à l'actif du premier. En appliquant cette règle, il se pourra que la victime soit déchargée complètement de ses péchés pour en charger le meurtrier. Ce qu'il faut retenir de ce hadith consiste à savoir que le meurtre est la plus grave des péchés. Peut-être on se demande: Comment Abel voulait que son frère Caïn porte à sa charge le crime de son meurtre? La réponse est la suivante: Abel avait déclaré à Caïn que s'il voulait le battre, il ne porterait jamais sa main sur lui et lui laisserait la liberté d'agir. Les propos d'Abel auraient été pour Caïn une belle exhortation et un abreuvement si ce dernier les avait prêtés attention.

Verset 30

«Sa conscience ne le retint pas de tuer son frère. Il le tua» Malgré l'avertissement de son frère, il le tua poussé par sa passion, et ce fut avec un morceau de fer qu'il tenait en main. Mais on a dit aussi, comme précise As-Souddy, que Caïn se mit à la recherche d'Abel partout dans les vallées et sur les cimes des montagnes. Il le trouva un jour endormi auprès de son troupeau, prit une pierre et le frappa sur la tête jusqu'à ce qu'il mourût, puis il le laissa un cadavre en plein air. Quant à Ibn Jarir, il a raconté, d'après les gens du Livre, qu'il l'avait mordu et étranglé à la façon des bêtes fauves. Suivant une autre version, il lui tordit le cou essayant de l'étouffer mais Iblis en ce moment se présenta devant lui, tint une bête par la tête, prit une pierre et l'en frappa pour lui apprendre comment il devait le tuer. «Depuis lors, il est du nombre des réprouvés» dans le bas monde et l'au-delà. C'est un des perdants. À cet égard Abdullah Ben Mass'oud rapporte que l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit: «Aucune âme n'est tuée injustement sans qu'une part de ce crime ne tombe sur le fils d'Adam (Caïn) qui a décrété le meurtre» (Rapporté par plusieurs). «Un corbeau, envoyé par Allah, gratta la terre pour lui montrer comment cacher les parties indécentes de son frère». As-Souddy dit: Comme il laissa son frère mort en plein air sans l'enterrer, Dieu à ce moment envoya deux corbeaux qui se mirent à s'entretuer. Le meurtrier se mit à gratter la terre, et creusa un fossé, puis il y jeta le cadavre et le couvrit du sable. Caïn, à la vue de ce corbeau, s'écria: «Malheureux que je suis! Suis-je donc moins pitoyable que ce corbeau pour avoir omis d'enterrer mon frère?» Ibn Abbas a dit: «Abel portait le cadavre de son frère dans une outre sur son dos pendant une année entière, qu'à la fin Dieu envoya le corbeau pour lui montrer comment cacher le cadavre.

Verset 31

Alors Dieu envoya un corbeau qui grattait la terre, creusant le sol avec son bec et ses pattes et jetant la terre par-dessus un corbeau mort à côté de lui jusqu'à ce qu'il le cache complètement pour lui montrer comment il pourrait cacher la nudité de son frère. Et il dit : 'Malheur à moi ! Ne suis-je pas capable d'être comme ce corbeau et ainsi cacher la nudité de mon frère ?' Et il devint l'un de ceux qui regrettent de l'avoir porté ; il creusa alors un trou pour lui et le recouvrit.

Verset 32

À cause de ce que fit Caïn, Nous avons prescrit aux Enfants d'Israël que quiconque tue une âme pour autre chose qu'une âme tuée ou pour autre chose que la corruption commise sur la terre par voie de mécréance... Nos messagers sont déjà venus à eux, c'est-à-dire aux Enfants d'Israël, avec des preuves claires et des miracles, mais après cela beaucoup d'entre eux commettent encore des excès sur la terre, dépassant les bornes par désobéissance...

Verset 33

Le verset suivant fut révélé quand les 'Araniyyun vinrent à Médine souffrant d'une maladie et que le Prophète - qu'Allah le bénisse et le salue - leur donna la permission d'aller boire l'urine et le lait des chameaux. Ce châtiment mentionné est une dégradation et une humiliation pour eux en ce monde ; et dans l'Au-delà ils auront un grand châtiment, à savoir le châtiment du Feu.

Verset 34

Excepté pour de tels fauteurs de guerre et bandits de grand chemin qui se repentent avant que vous les maîtrisiez ; sachez que Dieu est Pardonneur envers eux pour ce qu'ils ont fait, Miséricordieux envers eux. Cependant, son repentir ne lui sert à rien une fois qu'il a été maîtrisé par les autorités - c'est aussi la plus correcte des deux opinions qu'il soutient.

Verset 35

Ô vous qui croyez ! Craignez Dieu, craignez Son châtiment en Lui obéissant, et cherchez le moyen de vous rapprocher de Lui par cette obéissance qui vous rapproche de Lui, et luttez dans Sa voie afin d'élever Sa religion... que vous puissiez réussir.

Verset 36

Certes, quant aux mécréants, s'ils possédaient tout ce qui est sur la terre et son équivalent avec pour se racheter du châtiment du Jour de la Résurrection, cela ne serait pas accepté d'eux ; et ils auront un châtiment douloureux.

Verset 37

Ils désireront, ils souhaiteront sortir du Feu, mais ils n'en sortiront point ; ils auront un châtiment durable et perpétuel.

Verset 38

Et le voleur et la voleuse - l'article défini dans les deux noms se rapporte au sujet... le fâ' a été inclus dans le prédicat 'fa-qta'û' 'alors coupez' - coupez leurs mains, c'est-à-dire la main droite de chacun des deux depuis l'os du poignet ; il est expliqué dans la Sunna que l'amputation s'applique...

Verset 39

Mais quiconque se repent après son méfait, s'abstient du vol et amende ses actions, Dieu reviendra vers lui avec miséricorde. En fait, comme il est clarifié dans la Sunna, seulement s'il est pardonné avant d'être amené à l'Imam la punition d'amputation est levée, et al-Shâfi'î est de cette opinion.

Verset 40

Ne sais-tu pas - l'interrogatif ici est conçu comme affirmatif - qu'à Dieu appartient le royaume des cieux et de la terre ? Il châtie qui Il veut châtier et pardonne à qui Il veut pardonner, et Dieu a pouvoir sur toutes choses, y compris châtier et pardonner.

Verset 41

Verset 42

Verset 43

Verset 44

Verset 45

Cette règle que les fils d'Israël avaient contredite et négligée par obstination et délibérément était aussi la cause de leur réprimande et leur reproche: en n'appliquant pas la même loi concernant le meurtre tant au Qoraîchite qu'au Nadirite, ni la lapidation du fornicateur. On remarque que le verset fut terminé par le mot «injustes» et dans l'autre par «infidèles» et ceci parce que le premier verset nous montre la rébellion des fils d'Israël et leur refus d'appliquer une peine prescrite par Dieu. Quant au deuxième, il s'agit d'une justice qu'il faut faire à l'opprimé. Les ulémas s'accordent sur un point essentiel qui consiste à considérer que toute loi se rapportant à une autre communauté révélée par Dieu est aussi une loi pour les musulmans, en commentant le verset précité. Par ailleurs, ils ont jugé qu'un homme doit être exécuté si sa victime est une femme, et ont tiré argument d'un hadith rapporté par An-Nassaï que l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- avait enjoint par écrit à Amr Ben Hazm: «L'homme doit être exécuté s'il tue une femme». Mais le prince des croyants Ali Ben Abi Taleb a déclaré: «On ne tue pas un homme pour une femme mais les parents du coupable doivent payer la moitié de la diyya (prix du sang) aux parents de la victime». Quant à Abou Hanifa, en se basant sur ce verset, il a déclaré qu'on tue un musulman pour un impie et un homme libre pour un esclave. Mais les ulémas l'ont contredit en se référant à ce hadith prophétique cité dans les deux Sahihs: «On ne tue pas un musulman pour un impie». Dans un hadith authentifié, Anas Ben Malek raconte: «Ar-Rabi' - la tante paternelle d'Anas - avait cassé la dent d'une esclave. Les parents d'Ar-Rabi' demandèrent à ceux de l'esclave de lui pardonner mais ils refusèrent. Les deux parties vinrent trouver l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue- qui s'écria: «Le talion». Anas Ben An-Nadar, le frère de Rabi'a protesta: «O Envoyé de Dieu, veux-tu qu'on lui casse la dent?». O Anas, répondit-il, le Livre de Dieu exige le talion». Et Anas de répliquer: «Non, par celui qui t'a envoyé par la vérité, on ne cassera jamais la dent d'une telle». Les parents de la victime pardonnèrent sans réclamer l'application du talion». L'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- dit alors: «Il y a parmi les serviteurs de Dieu des gens qui, s'ils jurent par Dieu Il les désengageait (Rapporté par Boukhari et Mouslim)». En commentant cette partie du verset de talion encore pour les blessures» Ibn Abbas a dit: «On tue un homme pour un autre tué, on crève un œil pour un œil crevé, on coupe le nez pour un nez coupé, on arrache la dent pour une dent arrachée, et les blessures tombent sous la loi du talion. Les musulmans libres sont sur un pied d'égalité: hommes et femmes, s'agit-il d'un meurtre ou d'autre de propos délibéré, et les esclaves, entre eux, sont traités de même». Une règle importante. Il en est de blessures qui causent l'amputation d'un membre tel qu'une main, un bras, un pied etc... qui sont soumises au talion selon l'unanimité. Si elles causent une fracture d'un os, elles y sont encore soumises sauf, selon Malek, quand il s'agit d'un fémur, car elle sera une blessure très grave. Mais Abou Hanifa et les deux autres imams le contredisent et jugent qu'il ne faut appliquer le talion que s'il y a une fracture aux dents, et même Chaféi a exempté toutes les fractures des os du talion, une opinion qui était soutenue par Omar Ben Al-Khattab et Ibn Abbas. A savoir qu'Abou Hanifa a tiré argument du hadith d'Ar-Rabi' cité plus haut. Ce hadith, en réalité, ne doit pas être considéré comme un précédent car il se peut que la dent de l'esclave eût été tombée sans qu'elle soit brisée, et dans ce cas le talion doit être appliqué. Ils ont pris comme preuve le hadith rapporté par Ibn Maja d'après Jariya Ben Zafar Al-Hanafi qu'un homme avait frappé un autre de son sabre en lui coupant l'avant bras loin de l'articulation (le coude). En portant plainte devant le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- il ordonna de payer la composition légale (diyya), mais l'agressé protesta en réclamant l'application du talion. Et le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- de répondre: «Prends la diyya, que Dieu te la bénisse» sans appliquer le talion». Les ulémas ont précisé que, quand il s'agit d'une blessure, il ne faut appliquer le talion qu'une fois elle aura été cicatrisée. Si le talion avait été appliqué avant cela, et que la blessure avait subi de complications, rien n'incombait au coupable. La preuve en est ce hadith rapporté par l'imam Ahmed d'après le grand père de 'Amr Ben Chou'aib qu'un homme avait poignardé le genou d'un autre à l'aide d'une corne. La victime porta plainte devant le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- en lui disant: «Fixe-moi la diyya» Il lui répondit: «Attends la guérison» L'homme vint une autre fois demandant la fixation de la diyya, et le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- la lui fixa. Plus tard ce même homme vint lui dire: «O Envoyé de Dieu, je suis devenu boiteux» Et le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- de répondre: «Je t'ai conseillé d'attendre mais tu m'as désobéi et insisté tant». Dès lors, le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- interdit aux hommes de fixer la diyya avant la cicatrisation de la blessure». Un cas qui peut se présenter et qui est le suivant: «Qu'adviendra-t-il si, en appliquant le talion, le coupable meurt?» D'après Malek, Chaféi, Ahmed Ben Hanbal et la majorité des ulémas rien n'incombe à l'homme qui a demandé l'application du talion. Mais Abou Hanifa a jugé autrement en réclamant le prix du sang de ce dernier. 'Ata a appuyé Abou Hanifa en réclamant la diyya de la «'Aqila» de l'homme (c'est à dire les proches parents). Ibn Mass'oud et Al-Nakha'i ont dit qu'il faut retrancher de cette diyya la valeur de la blessure causée par le coupable à la victime. «La victime qui pardonne, Allah lui pardonnera ses péchés» C'est à dire, d'après Ibn Abbas, celui qui abandonne généreusement son droit, ça sera une expiation du crime et une récompense pour la victime, une opinion soutenue aussi par Soufian Thawri. Selon une autre interprétation d'après Jaber Ben Abdullah et Ibn Mass'oud: une partie des péchés de la victime sera effacée en tant que la valeur de la diyya. A ce propos l'imam Ahmed rapporte d'après Abou As-Safar qu'un Qoraïchite avait cassé une dent à un Médinois, et ce dernier vint se plaindre auprès de Mou'awia qui lui répondit: «Nous allons le rendre satisfait» Comme le Médinois insista, Mou'awia ordonna de lui amener le coupable. Mais Abou Ad-Darda' qui était présent dit: «J'ai entendu l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- dire: «Tout musulman qui a subi une blessure au corps et abandonne généreusement son droit, Dieu l'élève de degrés et lui pardonne un péché». Le Médinois, s'écria alors: «J'ai pardonné» (Rapporté par Tirmidhi).

Verset 46

Nous avons fait suivre les Prophètes de Jésus, fils de Marie, pour confirmer le Pentateuque. Nous lui avons remis l'Évangile qui est à la fois un guide et une lumière et qui corrobore le Pentateuque. Oui, ce guide est un avertissement pour ceux qui craignent Allah.

Verset 47

Que les gens d'Évangile jugent selon les commandements de l'Évangile. Ceux qui ne jugent pas selon les Écritures, voilà les rebelles. À la suite des Prophètes que Dieu a envoyés vers les fils d'Israël Il leur a envoyé Jésus en lui donnant l'Évangile qui est une direction et une lumière afin de trancher les différends et écarter les doutes. L'Évangile fut certes une confirmation de la Tora révélée à Moïse et ne diffère d'elle qu'en quelques détails qui étaient sujets de discussion entre les fils d'Israël, par exemple lorsque Dieu dit par la bouche de Jésus aux Israélites: «Je lève une partie des défenses qui vous ont été faites jusqu'ici» [Coran III, 50] C'est pourquoi nombre d'ulémas ont déclaré que l'Évangile a abrogé quelques enseignements de la Tora. Comme Dieu a fait de l'Évangile «Un guide» qui dirige les hommes et «un avertissement» afin de s'abstenir des interdictions, pour ceux qui craignent Dieu et redoutent Ses menaces et châtiments, Il les incite à se conformer à ses enseignements: «Que les gens d'Évangile jugent selon les commandements de l'Évangile». Donc les gens à cette époque devaient juger d'après ce que Dieu a révélé dans ce Livre qui renfermait l'annonce de la venue de Mouhamed et l'obligation à le suivre, une chose que l'on trouve confirmée par ce verset: «Dis: «O gens d'Écriture, vous manquerez de toute base tant que vous ne vous appuierez pas sur le Pentateuque, l'Évangile et ce qui vous a été révélé par votre Seigneur» [Coran V, 68] et ce verset: «À ceux qui suivent l'Envoyé - l'apôtre inculte - annoncé par le Pentateuque et les Évangiles» [Coran VII, 157]. C'est pourquoi Dieu a terminé ce verset par: «Ceux qui ne jugent pas selon les Écritures, voilà les rebelles» c'est à dire ceux qui désobéissent aux ordres divins, penchent vers l'erreur et laissent le chemin de la vérité. Il s'agit bien des chrétiens comme le verset le confirme.

Verset 48

Après que Dieu ait mis en évidence les enseignements de la Tora qu'Il a révélée à Son Interlocuteur Moïse en ordonnant à les suivre à cette époque, et l'Évangile révélé à Jésus, Il mentionne le Glorieux Coran révélé à Mouhammad, Son Noble Messager, qui constitue toute la vérité venue de Lui et qui confirme ce qui existait dans les autres Écritures, en les préservant de toute altération. Ceux qui avaient suivi ces Écritures, grâce à leur perspicacité, ont cru au Coran, obtempéré aux ordres de Dieu, suivi Ses lois et cru à tous les Prophètes comme Il le montre dans ce verset: «Les gens d'Écriture se prosternent, la face contre terre, quand on le leur récite * Gloire à Allah, s'écrient-ils. Voici que les prédictions de notre Seigneur sont réalisées» [Coran XVIII, 107-108]. Ceci signifie que tout ce que Dieu nous a prédit par la bouche de ceux qui ont précédé Mouhammad -qu'Allah le bénisse et le salue- sera réalisé sans aucun doute. «et assurer leur permanence» c'est à dire, d'après Ibn Abbas, que le Coran préserve les Livres qui ont été révélés avant lui, de toute altération. Telle était aussi l'opinion d'Ibn Jouraij en ajoutant: Tous les enseignements contenus dans les Écritures qui s'accordent avec ceux du Coran sont la vérité et tout ce qui en diffère c'est l'erreur même. Donc puisque le Coran est le dernier Livre révélé, il est le plus complet, le plus parfait et le plus authentique de sorte qu'il a renfermé les enseignements déjà révélés avec d'autres qu'on ne trouve ni dans la Tora ni dans l'Évangile. Dieu s'est porté garant de le conserver et de le préserver de toute modification et altération comme Il a dit: «Nous avons fait descendre le Rappel, nous en sommes les gardiens» [Coran XV, 9]. Ce Rappel est certes le Coran. «Juge entre eux d'après le Livre» qui est un ordre à Mouhammad de juger entre les hommes d'après ce que Dieu lui a révélé dans le Coran, et ce qu'Il a révélé aux Prophètes qui l'ont précédé et qu'Il n'a pas abrogé, et «ne suis pas leurs penchants» sans se conformer aux désirs des gens du Livre qui avaient délaissé les lois qui leur ont été révélées par l'intermédiaire de leurs Prophètes. «À chaque peuple nous avons donné une loi et une voie» Dieu avait montré à chaque peuple le chemin droit et l'obligation de s'y maintenir sans s'en dévier, car en réalité ces lois divines ne diffèrent pas l'une de l'autre étant donné qu'elles appellent toutes à l'unicité de Dieu. À cet égard il est cité dans le Sahih de Boukhari que l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit: «Nous les Prophètes sommes des frères nés de différentes mères mais notre religion est unique». Car tout Prophète que Dieu a envoyé et tout Livre révélé ordonnent aux hommes de n'adorer que le Dieu unique comme Il le confirme dans ce verset: «Nous n'avons envoyé aucun Prophète avant toi sans lui révéler: «Il n'y a de Dieu que Moi, adorez-moi» [Coran XXI, 25]. Dieu a dit aussi dans un autre verset: «Oui, nous avons envoyé un Prophète à chaque communauté: «Adorez Dieu. Fuyez le Taghout» [Coran XVI, 36]. Comme les lois diffèrent les unes des autres quant aux ordres et interdictions, il arrive que l'une d'elle rend licite ce que l'autre a interdit et vice versa, ou bien des restrictions seront moins rigoureuses, car Dieu permet ce qu'Il veut et défend ce qu'Il veut pour savoir ceux qui Lui obéissent et ceux qui Lui désobéissent. Quant à l'essence de toute religion elle n'est que l'unicité de Dieu et la sincérité envers Lui en suivant ce que les Prophètes ont apporté. «Si Allah avait voulu, Il vous aurait groupés en un seul peuple» Dieu fait connaître à tous les peuples et communautés Son omnipotence et qu'Il pourrait, s'Il l'avait voulu, faire de tous les peuples une seule communauté en leur imposant une seule religion et une seule voie, donc aucune religion n'aura abrogé une autre, mais Il a établi à chaque Prophète une loi à part, puis Il l'a abrogée soit totalement, soit partiellement par une autre en envoyant un autre Prophète, qu'à la fin Il a abrogé toutes ces lois par le message dont Il a été chargé Son serviteur et Son Messager Mouhammad -qu'Allah le bénisse et le salue- qui a été envoyé à l'humanité toute entière, étant le dernier de tous les Prophètes. C'est pourquoi Il a dit: «Mais Il a voulu voir l'usage que chaque peuple ferait de ce qu'Il leur a donné» En établissant les différentes lois, Dieu a voulu mettre les gens à l'épreuve et voir comment ils vont œuvrer pour les rétribuer selon leurs actions. En d'autre part, Il les exhorte à surpasser les uns les autres dans les bonnes actions et les œuvres pies en leur disant: «Rivalisez d'efforts pour le bien» une fois les lois sont devenues claires devant eux et contenues dans le dernier des Livres révélés qui est le Coran. Vers Dieu se fera le retour final de tous les hommes et c'est Lui alors qui leur éclairera au sujet de leurs différends.

Verset 49

Une fois de plus Dieu ordonne à Son Prophète: «Juge entre eux d'après le Livre, ne suis par leurs penchants» et le met en garde contre leur séduction «Prends garde que leur influence ne t'écarte des commandements qui t'ont été révélés». Il s'agit sans doute des juifs qui, par leurs machinations et astuces, essayent de le détourner de la vérité. «S'ils t'abandonnent» sans prendre en considération et appliquer tes jugements et sentences, «Sache-le qu'Allah veut leur faire expier certains de leurs péchés» Car tout dépend de Sa volonté et de Sa sagesse, et Il veut châtier certains à cause de leurs péchés en les égarant de la voie droite pour prix de leurs mauvaises actions. «Nombreux sont les pervers» qui se rebellent contre les lois divines et se détournent des enseignements comme Il le confirme dans ce verset: «La plupart des hommes ne sont pas croyants, malgré ton désir ardent» [Coran XII, 103] Et dans un autre: «Si tu te fies aux hommes, ils te détourneront de la voie d'Allah». Ibn Abbas rapporte que Ka'b Ben Assâd, Abdullah ben Sorya et Chas Ben Qais se dirent l'un à l'autre: «Partons chez Mouhammad peut-être nous réussirons à le détourner de sa religion». Ils vinrent lui dire: «O Mouhammad, tu connais bien que nous sommes les docteurs des juifs, leurs notables et leurs chefs. Si nous te suivrons, nul parmi les juifs ne saurait nous contredire. Comme une certaine inimitié existe entre eux et nous, nous allons te prendre pour juge pour que tu tranches nos différends. Si tu jugeras en notre faveur, nous croirons en toi et te suivrons» mais Il refusa. Dieu à cette occasion fit cette révélation: «Juge entre eux d'après le Livre, ne suis pas leurs penchants...» jusqu'à la fin du verset.

Verset 50

«Est-ce qu'ils regrettent les sentences rendues au temps de L'ignorance? Quel meilleur juge qu'Allah pour les croyants?» Dieu blâme ceux qui, ayant reçu les enseignements et les lois, s'en détournent pour suivre et appliquer les jugements qui remontent à l'ère préislamique qui ne sont basés que sur des erreurs et des penchants. Ceux-là méritent d'être combattus jusqu'à ce qu'ils reviennent à Dieu et suivent ses lois et enseignements. Puis Il complimente ceux qui Le prennent pour juge en se conformant à tout ce qu'Il a révélé des lois et directives, car Il est le plus juste des juges. Il est plus clément envers Ses créatures qu'une mère envers son enfant, et ne veut que le bien pour les hommes ceux qui suivent Ses enseignements. Il n'a légiféré que la justice qui doit être appliquée. On a rapporté que, à chaque fois qu'on demandait Taous au sujet des dons et si on peut préférer un enfant à un autre, il répondait toujours en récitant le verset précité. Il est cité dans le Sahih de Boukhari qu'Ibn Abbas a rapporté ces dires de l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue-: «Il y a trois hommes que Dieu hait le plus: Celui qui transgresse la loi islamique dans le territoire sacré, celui qui veut appliquer dans l'Islam les pratiques remontant à la période antéislamique, et celui qui réclame indûment le sang d'un autre rien que pour répandre son sang».

Verset 51

O Croyants, ne vous alliez pas aux juifs et aux chrétiens. Les uns et les autres s'allient entre eux. Celui qui les prend pour alliés se confond avec eux. Allah ne guide pas les traîtres. Dieu interdit aux fidèles de prendre les juifs et les chrétiens pour amis qui sont hostiles envers l'Islam, car les uns sont les amis des autres. Il met les croyants en garde contre eux en disant: «Celui qui les prend pour alliés se confond avec eux». À ce propos 'Iyad rapporte que Omar avait ordonné à Abou Moussa Al-Ach'ari de lui faire un compte rendu de tout ce qu'il a pris et donné. Abou Moussa avait un commis chrétien qui lui a fait le relevé. Omar, n'étant pas au courant de la religion du commis, s'étonna de l'exactitude de ce compte rendu et s'écria: «Il est très sincère» et s'adressa au commis: «Pourrais-tu nous lire dans la mosquée une lettre qui nous est envoyée du Châm?» Abou Moussa répondit: «Non, il ne pourrait plus le faire». - Est-il impur? demanda Omar - Non, répliqua Abou Moussa, il est chrétien» Omar alors me blâma, me frappa sur la cuisse et s'écria: «Fais-le sortir», Puis il récita ce verset: «Ô croyants ne vous alliez pas aux juifs et aux chrétiens...».

Verset 52

Tu verras des gens à la foi chancelante rechercher l'appui des infidèles, en disant: «Nous craignons qu'un malheur nous frappe». Et cependant il est possible qu'Allah apporte la victoire ou modifie de Lui-même la situation présente. Du coup, ils regrettent leurs pensées secrètes. «Tu verras des gens à la foi chancelante» qui ont la foi précaire, les douteux, ils se précipitent vers les juifs et les chrétiens pour en faire des amis et alliés au fond et en apparence (il s'agit de Abdullah Ben Oubay Ben Saloul), en disant: «Nous craignons qu'un malheur nous frappe». Ils craignaient un coup du sort et qu'un revers n'atteigne les musulmans et les infidèles auront le dessus, dans ce cas ils auront une importance et une influence auprès d'eux. Mais Dieu critique leur comportement et dit: «Et cependant il est possible qu'Allah leur donne la victoire» c'est à dire Il accordera la victoire aux fidèles (il s'agit de la conquête de La Mecque) ou bien Il «modifie de Lui-même la situation présente» en imposant le tribut aux juifs et chrétiens, selon les dires d'As-Souddy, et alors ces hypocrites «regrettent leurs pensées secrètes» ils seront dénoncés et leur agissement ne leur servira à rien.

Verset 53

Les croyants s'exclameront alors: «Et dire que ce sont ces gens qui affirmaient par des serments solennels être des nôtres». Ils auront perdu le bénéfice de leurs bonnes œuvres. Ils se retrouveront au nombre des réprouvés. Les fidèles, de leur part, s'étonneront comment ces gens-là leur déclaraient l'amitié croyant qu'ils étaient sincères, alors que dans le tréfonds de leurs cœurs étaient des hypocrites et menteurs, du moment qu'ils leurs juraient qu'ils sont fidèles. «Les croyants s'exclameront alors: «Et dire que ce sont ces gens qui affirmaient par des serments solennels être des nôtres» leur sort sera désastreux et lamentable car «ils auront perdu le bénéfice de leurs bonnes œuvres» ils perdront tout et «se retrouveront au nombre des réprouvés».

Verset 54

Dieu l'omnipotent fait connaître à ceux qui Lui tournent le dos, se passent de faire triompher Sa religion et négligent l'établissement de Ses lois, Il les fera remplacer par d'autres qui se soumettront à Lui et suivront Ses enseignements comme Il le montre dans un autre verset: «Si vous tournez le dos, Il mettra un autre peuple à votre place et ces gens ne vous ressembleront pas» [Coran XLVII, 38], et dans ce verset: «Il ne tient qu'à Allah s'Il le veut, de vous anéantir et de vous remplacer par d'autres hommes» [Coran IV, 133]. «O croyants, si vous apostasiez» en rejetant la vérité pour suivre l'erreur «Allah fera surgir d'autres hommes qu'Il aimera et qui L'aimeront» qui sont Abou Bakr et ses compagnons comme a déclaré Al-Hassan, mais Abou Moussa a dit: «Ils sont le peuple de celui-ci» (voulant dire Abou Bakr). Ces gens-là jouissent des caractères suivants: «Bons envers les croyants, durs envers les infidèles» Donc chacun d'eux est compatissant envers son coreligionnaire le traitant avec clémence, mais il est en même temps fier et dur à l'égard des incrédules. Ces gens-là «combattront au service d'Allah, indifférents à l'opinion publique» en d'autres termes: ils combattront pour la cause de Dieu et ne craindront plus le blâme de quiconque.

Verset 55

«Vos véritables alliés sont Allah, Son Prophète et les croyants» qui ne sont donc ni les juifs ni les autres. Les croyants sont ceux qui s'acquittent de la prière et font l'aumône, car la première est l'un des piliers de l'Islam et qui est le droit de Dieu, et l'autre des droits des pauvres et misérables qui la méritent. «et se prosternent» nombre de gens ont cru que la meilleure aumône est celle faite en état d'inclinaison étant humilié devant Dieu. Mais en fait elle n'est pas ainsi. As-Souddy rapporte que ce verset fut révélé au sujet du prince des croyants Ali Ben Abi Taleb qui était en état d'inclinaison dans sa prière lorsqu'un pauvre passa près de lui et demanda de l'aumône, il lui donna sa bague.

Verset 56

«Ceux qui prennent pour alliés Allah, Son Prophète et les croyants forment le parti d'Allah. Ils triompheront». Dieu confirme cela en disant dans un autre verset: «Dieu a écrit: «Moi et Mes Prophètes, nous vaincrons sûrement» Dieu est fort et puissant. Tu ne trouveras pas de gens, croyant en Dieu et au Jour dernier, et témoignant de l'affection à ceux qui s'opposent à Dieu et à Son Prophète; seraient-ils leurs pères, leurs fils, leurs frères ou appartiendrait-ils à leur clan. Dieu a inscrit la foi dans leurs cœurs..» [Coran LVIII, 21-22]. Donc quiconque s'allie à Dieu, à Son Prophète et aux croyants, aura trouvé le secours et la victoire dans les deux mondes car le parti de Dieu est toujours vainqueur.

Verset 57

On trouve dans ces versets une exhortation, voire un ordre, de fuir les ennemis de l'Islam qui prennent cette religion avec tous ses lois et enseignements idéaux un sujet de raillerie, en la dénigrant et la mésestimant à cause de leur fausse croyance et leur manque de perspicacité. Dieu a bien désigné ces gens-là en disant: «Parmi les gens d'Écriture et les idolâtres». Il demande aux fidèles de le craindre, faire preuve de leur foi et de s'abstenir de prendre ces impies pour maîtres et alliés qui raillent leur religion, comme Il le montre dans un autre verset: «Les croyants ne doivent prendre pour alliés que des croyants et non des infidèles» [Coran III, 28].

Verset 58

«Quand ils entendent votre appel à la prière, ils le tournent en dérision et en badinages» La prière étant la meilleure des actions, les impies ne conçoivent pas sa valeur et son importance, qui, en entendant l'appel (l'adzâne) le considèrent comme un sujet de jeu et de raillerie «C'est l'indice qu'ils manquent de raison» et ne comprennent pas le mérite de la prière. Ces gens-là sont les adeptes du démon. Il est cité dans les deux Sahihs que l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit: «Quand on appelle à la prière, le démon s'en va. Une fois l'appel terminé, il revient. Quand le deuxième appel est fait (l'iqama) il tourne le dos. Puis il revient au moment où le fidèle commence la prière, vient se placer entre lui et son esprit en lui disant: souviens-toi de ceci, songe à cela» en lui évoquant des choses auxquelles le fidèle ne pensait pas, de sorte que celui-ci ne sache pas à la fin combien de rak'ats a accomplies.

Verset 59

Dis: «O gens d'Écriture, qu'avez-vous à nous reprocher sinon de croire en Allah et à Ses révélations présentes et passées, alors que la plupart d'entre vous sont des mécréants» Dieu ordonne à Muhammad de dire à ceux qui considèrent la religion comme un sujet de raillerie et de jeu: «qu'avez-vous à nous reprocher sinon de croire en Allah et à Ses révélations présentes et passées» et avez-vous autre chose de quoi nous accuser? sinon de notre foi, et ceci n'est ni un défaut ni un dénigrement alors que nous croyons que la plupart d'entre vous sont pervers.

Verset 60

Dis: «Voulez-vous que je vous indique ceux qui auront un sort vraiment misérable au jour de leur comparution devant Allah? Ceux qui Allah a maudits, ceux qui ont encouru Sa colère, ceux qu'Il a transformés en singes, en porcs et en adorateurs de Taghout. Ceux-là auront le plus misérable des destins et nul n'est plus loin qu'eux du droit chemin» Il lui ordonne de leur dire aussi: «Voulez-vous que je vous indique ceux qui auront un sort vraiment misérable» auprès de Dieu et une rétribution pire que cela au jour de la résurrection? Votre sort sera pareil à celui que Dieu a maudits et les a éloignés de Sa miséricorde, contre lesquels Il s'est courroucé sans rien espérer de Sa satisfaction, les a transformés en singes et en porcs, comme nous en avons parlé en commentant la sourate de «la vache». «et en adorateurs de Taghout» ses serviteurs et ses disciples. Dieu termine le verset par leur montrer leur sort: «Ceux-là auront le plus misérable des destins et nul n'est plus loin qu'eux du droit chemin» et qui seront le plus profondément égarés.

Verset 61

«En se présentant à vous, ils disent: «Nous croyons». Et cependant ils sont entrés chez vous infidèles et ils en sortent infidèles» Ceci représente une des qualités des hypocrites qui flagornent les fidèles et cherchent à apparaître en tant que croyants du moment que leurs cœurs couvent l'incrédulité. Ces gens-là entrèrent chez le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- en déclarant leur foi mais en fait ils mécrurent et sortirent comme tels sans tirer aucun parti de ce qu'ils entendaient comme enseignements. «Allah sait mieux que quiconque ce qu'ils voulaient tenir secret» Dieu seul connaît parfaitement ce qu'ils cachent dans le tréfonds de leurs cœurs et ils en seront rétribués.

Verset 62

«Tu en vois un grand nombre s'empresser à mal faire, à être injuste et à se repaître de gains illicites». Ils ne tardent pas à se précipiter vers le péché et l'injustice en pratiquant les interdictions, agressant les gens et mangeant des gains illicites sans aucune barrière morale. «Combien est répugnante leur conduite» Que leurs actions sont donc exécrables.

Verset 63

«Pourquoi leurs prêtres et leurs docteurs ne les empêchent-ils pas de tenir des propos grossiers et de vivre de spéculations interdites? Quelle vilaine chose que leur inaction!» Ibn Abbas a dit: «On ne trouve pas dans le Coran un verset qui réprimande ces gens-là plus que celui-ci». Yahia Ben Ya'mour rapporte: «Dans un de ses discours, Ali Ben Abi Taleb, après avoir loué Dieu, a dit: «Ô hommes! Ceux qui vous ont précédés ont été anéantis à cause de leurs péchés. Ni leurs maîtres ni leurs docteurs ne les en empêchaient pas. Comme ils persévérèrent dans leurs péchés, ils ne tardèrent pas à être infligés par les châtiments. Ordonnez donc le bien et déconseiller le répréhensible avant que vous ne subissiez le même sort. Sachez que l'ordre à faire le bien et à défendre tout ce qui est blâmable ne puisse priver d'un bien ou hâter le terme de la vie». Abou Daoud a rapporté que Jarir a entendu l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- dire: «Tout homme qui, vivant parmi les gens, commet des péchés du moment qu'ils sont capables de l'empêcher mais ils ne le défendent pas sans qu'un châtiment venu de Dieu ne les atteigne avant de mourir».

Verset 64

«Les juifs disent: «La main d'Allah est fermée». Que leurs mains à eux soient fermées et qu'ils soient maudits pour ce propos» Les juifs -que Dieu les maudisse- accusent le Seigneur de l'avarice disant que Ses mains sont fermées et eux sont plus riches. Ibn Abbas a dit qu'ils voulaient dire qu'Il tient tant de richesses dans ses mains sans les dépenser. Qu'Il soit élevé au-dessus de ce qu'ils décrivent! Ikrima a dit que ce verset fut révélé au sujet du juif appelé Finhas qui a dit: «Allah est pauvre et nous sommes riches» [Coran III, 181] et Abou Bakr, entendant ces propos, le frappa. Quant à Ibn Abbas, il a rapporté qu'il fut révélé à propos d'un juif appelé Chas Ben Qais qui a dit au Prophète: «Ton Seigneur est avare et ne dépense pas». Dieu fit alors descendre ce verset. Mais Dieu à Lui la puissance et la gloire répondit à leur mensonge et leur calomnie en disant: «Que leurs mains à eux soient fermées et qu'ils soient maudits pour ce propos». Car ils sont un peuple jaloux, haineux et peureux. Il a dit d'eux: «Pourquoi jalousent-ils les gens qu'Allah a honorés de Sa grâce?» [Coran IV, 54] et: «L'opprobre les couvrira partout où vous les rencontrerez» [Coran III, 112]. Il leur répondit: «Les mains d'Allah sont largement ouvertes. Il distribue Ses biens comme Il veut» Il est donc le Dispensateur par excellence et il n'y a rien dont les trésors ne soient pas auprès de Lui. «Les révélations que ton Seigneur t'a envoyées ne feront qu'augmenter leur dépit et leur impiété» c'est à dire: Ce que Dieu t'a accordé Ô Mohammed est une indignation de tes ennemis parmi les juifs et leurs semblables. «Nous avons suscité en eux la haine et la rancune jusqu'au jour du jugement dernier» Leurs cœurs ne se rallieront pas et une animosité les séparera en différentes sectes jusqu'au jour de la résurrection. «Chaque fois qu'ils allument le feu d'une guerre, Allah l'éteint» C'est à dire: chaque fois qu'ils préparent une ruse contre le Prophète et trament une machination, Dieu déjoue leurs méfaits et la ruse méchante n'enveloppe que ses auteurs. «Ils fomentent le désordre sur terre. Allah n'aime pas les séditieux» De par leur nature et leurs mauvais caractères, ils s'efforcent à corrompre la terre, mais Dieu est toujours à leurs aguets car Il n'aime pas la corruption.

Verset 65

«Si les gens d'Écriture avaient la foi et craignaient Allah, nous pardonnerions leurs péchés et nous les ferions entrer dans les jardins de félicité» Pour montrer Sa générosité et Sa clémence Il a affirmé que: s'ils avaient cru en Allah et en Son Prophète, et cessaient de commettre les péchés et les interdictions «nous pardonnerions leurs péchés et nous les ferions entrer dans des jardins de félicité».

Verset 66

«S'ils observaient le Pentateuque, l'Évangile, et les révélations que leur Seigneur leur a envoyées, ils nageraient dans l'opulence» Et en plus: Ces révélations qui ne sont que le Coran selon les dires d'Ibn Abbas «ils nageraient dans l'opulence». En d'autres termes s'ils avaient agi selon les enseignements contenus dans leurs Livres sans les altérer ni les modifier, ils auraient trouvé le chemin de la vérité et le salut et cru en Mohammad -qu'Allah le bénisse et le salue- et en son message et leurs Livres affirmant son avènement et leur ordonnent de le suivre. S'ils s'étaient conformés à tout cela, ils auraient joui des biens du ciel et de ceux de la terre: les pluies et tout ce qui pousse dans la terre, comme Dieu a dit: «Si les habitants de ces cités avaient cru et craint Allah, nous aurions répandu sur eux les bénédictions du ciel et de la terre» [Coran VII, 96]. Suivant une autre interprétation: ils auraient joui de tous les biens sans déployer aucun effort. «Il en est parmi eux qui sont loyaux, mais le plus grand nombre, oh! que leur conduite est détestable» Ces dires de Dieu sont pareils à ceux-ci: «Il y a parmi le peuple de Moïse des gens qui sont amis de la vérité et jugent avec conscience» [Coran VII, 159]. Il s'agit de la modération qui est un stade très loué et élevé, Dieu l'a accordée à la communauté musulmane.

Verset 67

«Ô Prophète, divulgue ce que ton Seigneur t'a révélé» Dieu ordonne à Son Prophète de faire connaître aux hommes ce qui lui a été révélé, Il obtempéra et le divulgua sans en rien omettre. Al-Boukhari rapporte d'après Aïcha qu'elle aurait dit: «Quiconque prétend que Mouhammad avait dissimulé quoi que ce soit de la révélation, aurait menti, car l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- ne cessait de répéter: «Ô Prophète, divulgue ce que ton Seigneur t'a révélé». «Si tu y manques, tu ne te seras pas acquitté de ta mission» c'est à dire: Si tu as dissimulé quoi que ce soit du message, c'est comme tu ne l'as pas divulgué, comme l'a expliqué Ibn Abbas. «Allah te protégera contre les hommes» Cela signifie: Acquitte-toi de la mission et Je te protégerai, te secourrai et te donnerai la victoire sur eux. N'éprouve ni crainte et ne t'attriste pas car nul ne pourra te nuire. Avant la révélation de ce verset, il y avait toujours des hommes qui gardaient l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue-. «Il ne guide pas les réfractaires» Il incombait donc à l'Envoyé de Dieu de transmettre le message, et à Dieu de guider qui Il veut et égarer qui Il veut.

Verset 68

«Dis: «Ô gens d'Écriture, vous n'avez aucune base tant que vous n'observez la Tora et l'Évangile et ce qui vous a été révélé de la part de votre Seigneur» Dieu s'adresse à Mouhamad de dire aux gens du Livre qu'ils ne s'appuient sur rien tant qu'ils n'observent pas les enseignements contenus dans leurs Livres: La Tora et l'Évangile et ce que leur Seigneur leur a révélé, et tant qu'ils ne croient pas en Mouhamad, et ceci en le suivant et appliquant Sa chari'a. Mais hélas, «ce qui a été révélé par le Seigneur» c'est à dire le Coran comme a précisé Moujahed, «accroît la rébellion et l'impiété» des gens d'Écriture. Donc ô Mouhamad «ne t'afflige pas au sujet des infidèles».

Verset 69

«Ceux qui ont cru et les juifs, les Sabéens et les chrétiens, quiconque croit en Allah et au Jour dernier et accomplit de bonnes œuvres» «Les fidèles» qui sont les musulmans, «les juifs» qui suivent le pentateuque «les Sabéens» qui sont une secte de chrétiens et de Mages d'après Moujahed, ou de juifs et de Mages, ou selon Qatada: ils sont des gens qui adorent les anges ne s'orientent pas vers la Ka'ba en priant et lisent les Psaumes «les chrétiens» les gens de l'Évangile. Tous ces gens-là croient en Dieu, au jour dernier au rassemblement, au compte final et à la rétribution. Mais ils ne sont considérés comme croyants tant qu'ils ne croient pas en Mouhammad et ne suivent son message, et qui a été envoyé vers les hommes et les génies. Une fois qu'ils ont cru, «ils n'éprouveront plus aucune crainte» de ce qui les attend, «ni ne seront affligés» de ce qu'ils ont laissé derrière eux.

Verset 70

«Nous avons reçu l'engagement des enfants d'Israël et nous leur avons envoyé des Prophètes. Chaque fois que les Prophètes apportaient des révélations contraires à leurs penchants, tantôt ils les traitaient d'imposteurs, tantôt ils les mettaient à mort» Dieu raconte qu'il a pris les engagements et conclu l'alliance avec les fils d'Israël d'entendre et d'obéir à son messager, mais ils ont rompu les uns et les autres en suivant leurs propres penchants en les préférant aux lois et enseignements. Ils ont accepté de ces lois ce qui correspondait à leurs désirs et passions et rejeté ce qui ne convenait pas. C'est pourquoi, comme Dieu le dit: «Chaque fois que les Prophètes apportaient des révélations contraires à leurs penchants, tantôt ils les traitaient d'imposteurs, tantôt ils les mettaient à mort. Ils ont cru qu'il n'y aurait aucune sanction» c'est à dire qu'il n'en résulterait de leur comportement aucun dommage. Mais en fait il en serait ainsi car ils étaient aveugles pour voir le chemin droit et sourds pour entendre la vérité. Malgré cela, Dieu est revenu vers eux, et eux de redevenir aveugles et sourds dans la plupart. «Dieu, certes, voit parfaitement ce qu'ils font».

Verset 71

Dieu raconte qu'il a pris les engagements et conclu l'alliance avec les fils d'Israël d'entendre et d'obéir à son messager, mais ils ont rompu les uns et les autres en suivant leurs propres penchants en les préférant aux lois et enseignements. Ils ont accepté de ces lois ce qui correspondait à leurs désirs et passions et rejeté ce qui ne convenait pas. C'est pourquoi, comme Dieu le dit: «Chaque fois que les Prophètes apportaient des révélations contraires à leurs penchants, tantôt ils les traitaient d'imposteurs, tantôt ils les mettaient à mort. Ils ont cru qu'il n'y aurait aucune sanction» c'est à dire qu'il n'en résulterait de leur comportement aucun dommage. Mais en fait il en serait ainsi car ils étaient aveugles pour voir le chemin droit et sourds pour entendre la vérité. Malgré cela, Dieu est revenu vers eux, et eux de redevenir aveugles et sourds dans la plupart. Dieu, certes, voit parfaitement ce qu'ils font.

Verset 72

Ceux parmi les chrétiens qui disent que Dieu est le Messie, sont des impies. Tel est le jugement de Dieu qu'il soit exalté et très élevé de ce qu'ils prétendent. Or, Jésus, dès le berceau, n'a-t-il pas dit: «Je suis le serviteur de Dieu?» Il n'a jamais déclaré qu'il est Dieu ou le fils de Dieu. Il a dit: «Je suis, en vérité, le serviteur de Dieu. Il m'a donné le livre; Il a fait de moi un Prophète» [Coran XIX, 30] Ainsi il a ordonné aux hommes, durant son âge mûr, de n'adorer que Dieu seul et de ne lui associer. Dieu a montré cette vérité en disant: «Le Messie n'a-t-il pas dit lui-même: «Ô enfants d'Israël, adorez Allah, mon maître et le vôtre. Celui qui reconnaît des associés à Allah» en les adorant «Allah lui interdit l'accès du Paradis. Il aura l'enfer pour séjour». Donc toute reconnaissance d'un égal à Dieu est une incrédulité et un acte impardonnable comme Il l'affirme dans ce verset: «Allah ne pardonne point qu'on Lui associe d'autres divinités - Hormis cela, Il pardonne à qui Il veut» [Coran IV, 48]. Il est cité dans le Sahih que le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- a envoyé quelqu'un annoncer aux hommes: «N'entrera au Paradis qu'une âme musulmane. - ou croyante». Et c'est pour cela que Dieu a dit: «Point d'alliés pour les injustes» Nul ne défendra ou secourra l'injuste, l'incrédule, et ne pourra plus le sauver du châtiment.

Verset 73

«Ce sont des infidèles ceux qui disent qu'Allah est la troisième personne de la Trinité» Il s'agit des chrétiens en général selon les dires d'un bon nombre des ulémas, puis ils ont précisé que ceci concerne ceux qui déclarent qu'il existe trois hypostases: celle du Père, celle du Fils et celle du verbe. Et Ibn Jarir de dire: «Ce sont les Melchites, les Jacobins et les Nestoriens qui adoptent cette croyance, alors que les différentes sectes chrétiennes sont en désaccord à ce sujet dont chacune d'elles accuse l'autre de l'incrédulité. Mais en réalité, elles sont toutes des impies. Quant à As-Souddy, il a dit: Ce verset fut révélé à propos de ceux qui ont considéré que Jésus et sa mère Marie sont tous deux des divinités avec Dieu qui est la troisième personne de la Trinité. Tel est le sens de ce verset qui affirme cela: «Allah dit: «O Jésus, fils de Marie, est-ce toi qui as dit aux hommes: «Prenez-nous pour Allah moi et ma mère, à côté d'Allah?» Gloire à Toi, répondit Jésus» [Coran V, 116] Cette opinion d'As-Souddy s'avère plus correcte. «Non, il n'y a qu'un seul Allah» il n'existe point plusieurs Dieux, plutôt Il est l'unique et n'a pas d'associés, le Seigneur de toutes les créatures. Puis Il les menace en disant: «S'ils ne renoncent pas à tel langage» qui est mensonge et calomnie «un châtiment douloureux» les atteindra» dans la vie future où Dieu leur a préparé des chaînes, des carcans et un brasier.

Verset 74

Dieu par Sa générosité et Sa clémence se demande: «Pourquoi ne viennent-ils pas à Allah et n'implorent-ils pas Son pardon? Allah, le clément le miséricordieux» Il est donc prêt à pardonner leurs péchés, mensonges et calomnies malgré tout, s'ils sont sincères et reviennent à Lui repentants.

Verset 75

Quant au Messie, fils de Marie, il n'est qu'un «Prophète, comme tant d'autres ont précédé» c'est à dire un Envoyé et un des serviteurs de Dieu comme il le confirme dans ce verset: «Lui n'était qu'un serviteur auquel nous avions accordé notre grâce et nous l'avons proposé en exemple aux fils d'Israël» [Coran XLIII, 59]. «Sa mère était une femme sincère» et parfaitement juste, et elle a cru en lui. Elle fut sa qualité sublime, et elle n'était jamais, comme a déclaré Ibn Hazm, une prophétesse, ni elle ni Sarah (la mère d'Isaac) ni la mère de Moïse, comme on peut le déduire des bonnes nouvelles annoncées par les anges à Sarah et Marie, ainsi de ce verset «Nous avons inspiré à la mère de Moïse: allaite-le...» [Coran XXVIII, 7]. Tel est le sens de la prophétie. Tous les ulémas s'accordent sur une réalité que Dieu n'a envoyé des Prophètes que parmi les hommes, confirmée par ce verset: «Avant toi, nous n'avons toujours envoyé que des hommes choisis parmi les habitants des villes» [Coran XII, 109]. «Tous deux se nourrissaient d'aliments» comme les autres humains et avaient besoin d'aller ensuite à la selle. Ils étaient donc des mortels et jamais de dieux comme ont prétendu certains chrétiens. Dieu dit ensuite: «Voyez comment nous nous y prenons pour expliquer les signes» et malgré cela «voyez comme ils demeurent indifférents» et s'en détournent pour persister dans leurs égarement!

Verset 76

Dieu désavoue les actes de ceux qui adorent les idoles, les pierres dressées et les statues en leur montrant que cette adoration ne leur rapporte ni bien ni récompense. Cette catégorie des hommes renferme tous ceux qui vouent leur culte à un autre que Dieu, car hormis Lui, nulle divinité ne peut ni nuire ni être utile. Dieu entend parfaitement les paroles de Ses serviteurs et connaît leurs actes.

Verset 77

Il reproche aux gens du Livre leur éloignement de la vérité: «Ô gens d'Écriture, ne soyez pas excessifs dans votre foi» en outrepassant les limites de la vérité, prenant pour dieu celui dont vous êtes ordonnés de respecter le rang et de suivre. Vous avez déifié un homme qui n'est qu'un Prophète, et dans votre égarement vous ne faites que suivre vos ancêtres qui se sont écartés de la voie droite et qui n'étaient qu'un «Peuple qui s'est abusé avant vous, qui a entraîné dans l'erreur un grand nombre d'autres peuples et qui a perdu la bonne direction»

Verset 78

Les renégats d'entre les fils d'Israël ont été maudits par la bouche de David et de Jésus, fils de Marie, pour les punir de leur désobéissance et de leurs méfaits. A ce propos l'imam Ahmed rapporte d'après Abdullah que l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit: «Lorsque les fils d'Israël avaient commis tant de péchés, leurs docteurs les avaient interdit mais ils y persistèrent. Après cela (les docteurs) leur tinrent compagnie et se mirent à table avec eux. Pour les punir, Dieu les a frappés par l'animosité les uns aux autres et les a maudits par la bouche de David et par celle de Jésus fils de Marie «pour les punir de leur désobéissance et de leurs méfaits». Puis l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- étant accoudé, s'assit et poursuivit: «Non par celui qui tient mon âme dans Sa main jusqu'à ce que vous les excitiez à suivre la vérité!».

Verset 79

Ils ne s'interdisaient pas mutuellement le mal. Combien est répréhensible leur conduite. Abou Daoud rapporte d'après Abdullah Ben Mass'oud que l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit: «La première plaie qui a frappé les fils d'Israël était à cause (de leur conduite) car lorsque l'un d'eux rencontrait un autre (qui commettait des péchés), il lui disait: «O un tel, crains Dieu et laisse ce que tu fais car ceci n'est plus permis.» Le lendemain, il lui tenait compagnie et se mettait à table avec lui. A cause de ces agissements Dieu les a frappés par l'inimitié les uns envers les autres». Puis il récita: «Les renégats d'entre les fils d'Israël ont été maudits... jusqu'à la fin du verset, et dit: «Non par Dieu, vous devez ordonner à faire le bien, à déconseiller le répréhensible, à repousser l'injuste en l'excitant à le mettre sur le droit chemin ou en l'obligeant à appliquer la justice».

Verset 80

Tu en vois un grand nombre s'allier à des infidèles. Quelle funeste décision leur a inspiré leur conscience! Elle leur a valu le courroux d'Allah et un supplice éternel. C'est à dire les hypocrites selon les dires de Moujahed «Quelle funeste décision leur a inspiré leur conscience» en s'alliant aux incrédules et laissant les fidèles, ce qui leur a valu une hypocrisie dans leurs cœurs et un courroux de Dieu qui durera jusqu'au jour du rassemblement où ils subiront «un supplice éternel». «S'ils avaient cru en Allah, à son Prophète et à ce qui lui a été révélé, ils ne se seraient pas alliés aux infidèles car leur foi sincère les aurait empêchés d'être du côté des impies et hostiles à Dieu et à Son Prophète en mécroyant à la révélation: «Mais la plupart d'entre eux sont des intrigants» en désobéissant à Dieu et à son Prophète.

Verset 81

S'ils avaient cru en Allah, à Son Prophète et à ce qui lui a été révélé, ils ne se seraient pas alliés aux infidèles. Mais la plupart d'entre eux sont des intrigants. À ce propos l'imam Ahmed rapporte d'après Abdullah que l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit: «Lorsque les fils d'Israël avaient commis tant de péchés, leurs docteurs les avaient interdit mais ils y persistèrent. Après cela (les docteurs) leur tinrent compagnie et se mirent à table avec eux. Pour les punir, Dieu les a frappés par l'animosité les uns aux autres et les a maudits par la bouche de David et par celle de Jésus fils de Marie «pour les punir de leur désobéissance et de leurs méfaits». Puis l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- étant accoudé, s'assit et poursuivit: «Non par celui qui tient mon âme dans Sa main jusqu'à ce que vous les excitiez à suivre la vérité!». Abou Daoud rapporte d'après Abdullah Ben Mass'oud que l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit: «La première pénitence qui a frappé les fils d'Israël était à cause (de leur conduite) car lorsque l'un d'eux rencontrait un autre (qui commettait des péchés), il lui disait: «Ô un tel, crains Dieu et laisse ce que tu fais car ceci n'est plus permis.» Le lendemain, il lui tenait compagnie et se mettait à table avec lui. À cause de ces agissements Dieu les a frappés par l'inimitié les uns envers les autres». Puis il récita: «Les renégats d'entre les fils d'Israël ont été maudits... jusqu'à la fin du verset, et dit: «Non par Dieu, vous devez ordonner à faire le bien, à déconseiller le répréhensible, à repousser l'injuste en l'excitant à le mettre sur le droit chemin ou en l'obligeant à appliquer la justice». S'ils avaient cru en Allah, à son Prophète et à ce qui lui a été révélé, ils ne se seraient pas alliés aux infidèles car leur foi sincère les aurait empêchés d'être du côté des impies et hostiles à Dieu et à Son Prophète en mécroyant à la révélation: «Mais la plupart d'entre eux sont des intrigants» en désobéissant à Dieu et à son Prophète.

Verset 82

Tu remarqueras que ceux qui sont le plus hostiles aux croyants sont les juifs et les idolâtres, et ceux dont l'amitié va le plus facilement aux croyants sont ceux qui se disent chrétiens. C'est que ces derniers ont des prêtres et des moines et qu'ils sont humbles. "Tu remarqueras que ceux qui sont le plus hostiles aux croyants sont les juifs et les idolâtres" car l'impiété des juifs n'était due qu'à leur opiniâtreté, leur reniement de la vérité, leur ingratitude, leur injustice envers les hommes, leurs dénigrement des savants. C'est pourquoi ils ont tué un grand nombre de Prophètes et même ils ont tenté de tuer l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- plus d'une fois, ont empoisonné son repas et l'ont ensorcelé. Ils ont aussi excité les hommes contre lui parmi les polythéistes, que Dieu les maudisse jusqu'au jour de la résurrection. L'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit: «Pas un juif qui se trouve seul avec un musulman sans qu'il ne pense à le tuer» (Rapporté par Al-Hafadh Ben Mardawaih). "et ceux dont l'amitié va le plus facilement aux croyants sont ceux qui se disent chrétiens" En général ils sont ceux qui ont suivi Jésus et les enseignements de l'Évangile, qui sont proches des musulmans, car en suivant leur propre religion, on trouve dans leurs cœurs de la clémence et de la compassion, comme Dieu le confirme dans ce verset: «Nous avons établi dans les cœurs de ceux qui le suivent la mansuétude, la compassion et la vie monastique» [Coran LVII, 27]. Il est cité dans leur Livre: «Quiconque te frappe sur la joue droite tourne-lui la gauche» étant donné que, selon leur religion, le combat n'est pas légitime, et c'est pour cela que Dieu a dit: "C'est que ces derniers ont des prêtres et des moines et qu'ils sont humbles".

Verset 83

Lorsqu'ils entendent les révélations faites au Prophète, leurs yeux s'emplissent de larmes car ils reconnaissent la voix de la vérité. Ils disent: Seigneur, nous croyons. Inscris-nous au nombre de ceux qui témoignent pour Toi. "Lorsqu'ils entendent les révélations faites au Prophète, leurs yeux s'emplissent de larmes car ils reconnaissent la voix de la vérité" Étant des gens soumis à Dieu, ne suivant que Ses enseignements, croyant à l'avènement de Mouhammad -qu'Allah le bénisse et le salue-, une fois entendant la révélation qui n'est autre que le Coran, leurs yeux débordent de larmes car ils y reconnaissent que c'est la vérité même. Ils implorent le Seigneur: "Inscris-nous au nombre de ceux qui témoignent pour toi". An-Nassaï a rapporté que Abdullah Ben Az-Zoubayr a dit qu'il s'agit de Négus et ses compagnons. Mais As-Souhayli précise que ces gens-là formaient la députation de Najrane qui sont venus à La Mecque, et qui était formée de vingt hommes. Quand ils entendirent le Coran, ils y crurent et pleurèrent. Mais ceux qui sont venus à Médine - après l'émigration- formaient une autre députation qui gardaient leur propre religion en acceptant de payer le tribut après avoir refusé de faire des exécrations réciproques avec le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue-.

Verset 84

Pourquoi ne croirions-nous pas en Allah et à la vérité qui nous a été envoyée? Ainsi nous mériterions que notre Seigneur nous donne place parmi les justes. Ibn Abbas, en commentant cette partie du verset "Inscris-nous au nombre de ceux qui témoignent" dit: Il s'agit des laboureurs qui sont venus de l'Éthiopie avec Ja'far Ben Abi Taleb pour rencontrer le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- à Médine. Entendant le Coran, ils s'écrièrent: "Pourquoi ne croirions-nous pas en Allah et à la vérité qui nous a été envoyée? Ainsi nous mériterions que notre Seigneur nous donne place parmi les justes". Ces chrétiens qui ont cru et se sont convertis sont les concernés par ce verset: "Parmi les gens d'Écriture, il en est qui croient en Allah, et à la fois à ce qu'Il vous a révélé et à ce qu'Il leur a révélé. Entièrement soumis" [Coran III, 199] ainsi par ce verset: "Ils disent, quand on le leur lit: «Nous croyons en lui, il est la vérité émanant de notre Seigneur, nous étions déjà soumis avant sa venue" [Coran XXVIII, 53].

Verset 85

En récompense de leurs paroles, Allah leur a donné pour séjour des jardins arrosés d'eaux vives. Séjour qui sera éternel. C'est la récompense des justes. Pour les récompenser, grâce à leur foi, Dieu a dit: "En récompense de leurs paroles, Allah leur a donné pour séjour des jardins arrosés d'eau vive" Telle est la récompense de ceux qui ont cru, suivi le chemin de la vérité et se sont soumis, un Paradis où coulent les ruisseaux pour l'éternité.

Verset 86

Ceux qui nient et traitent nos révélations de mensonges sont voués à l'enfer. Par contre, ceux qui ont mécru et sont restés impies "qui nient et traitent nos révélations de mensonges sont voués à l'enfer".

Verset 87

Ibn Abbas a précisé que ce verset fut révélé au sujet de quelques-uns des compagnons qui ont dit: "Nous nous coupons les membres virils, délaissons les désirs de ce bas monde et nous nous livrons aux exercices de piété comme font les moines." Le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- ayant eu vent de leurs propos les manda et leur dit: "Quant à moi je jeûne et je romps le jeûne, je prie et je m'endors, et j'épouse les femmes. Quiconque exerce mes pratiques sera des miens, et quiconque s'en détourne il ne sera plus des miens" (Rapporté par Ibn Abi Hatem). Dans les deux Sahihs, il est cité qu'Aicha a rapporté qu'un petit groupe des compagnons du Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- étaient venus chez l'une de ses femmes pour s'enquérir des pratiques du Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- quand il se trouve chez lui. L'un d'eux déclara: "Je ne mange plus de la viande." Un autre dit: "Je n'épouse plus les femmes" Le troisième dit: "Je ne m'endors plus sur un matelas" Le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- mis au courant de leurs déclarations, s'écria: "Qu'ont-ils ces gens qui ont dit telle et telle chose. Quant à moi je jeûne et je romps le jeûne, je m'endors et je fais de prières nocturnes; je mange de la viande et j'épouse les femmes."

Verset 88

Ibn Abbas rapporte qu'un homme vint trouver le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- et lui dit: "Ô Envoyé de Dieu, si je mange de la viande, je ne pourrais plus m'abstenir des femmes. Pour cela je me suis interdit la viande" À cette occasion ce verset fut révélé: "Ô croyants, goûtez aux jouissances...". Abdullah Ben Mass'oud raconte: "Nous prenions part aux expéditions avec l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- sans être accompagnés de femmes. Nous nous dîmes un jour: "Vaut mieux que nous nous castrions" Le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- nous interdit, et nous permit d'épouser les femmes pour une période limitée ne leur offrant comme dots que leur habillement". Puis Ibn Mass'oud récita ce verset. Ceci eut lieu avant l'interdiction du mariage temporaire -dit de jouissance. "Mais évitez les excès" c'est à dire ne vous causez pas de peine en vous interdisant des choses licites et permises. Ou selon une autre interprétation: prenez de ce qui est licite et permis ce dont vous avez besoin sans outrepasser la mesure, comme on trouve cela dans ces versets: "Mangez et buvez, mais gardez-vous de tout excès" [Coran VII, 31] et: "Ceux qui, pour leurs dépenses, ne sont ni prodigues, ni avares, car la juste mesure se trouve entre les deux" [Coran XXV, 67]. Puis Dieu pousse les hommes à se nourrir de tout ce qui est bon et licite, à Le craindre si vraiment ils croient en Lui.

Verset 89

Allah excusera les serments que vous aurez prêtés à la légère mais pas ceux que vous aurez prêtés de propos délibéré. Si vous violez ces derniers, vous ne pourrez vous racheter qu'à la condition de nourrir dix pauvres de votre nourriture ordinaire ou de les vêtir ou d'affranchir un esclave. Celui qui ne sera pas en état de se racheter devra jeûner trois jours. Telles sont les peines attachées à la violation de vos serments. Respectez vos serments. Voilà les enseignements d'Allah en cette matière. Peut-être serez-vous reconnaissants. Nous avons déjà parlé du serment fait à la légère en commentant le verset n° 225 de la sourate "La vache" quand on dit par exemple "Non par Dieu" ou "Oui par Dieu" ou bien en plaisantant ou autre. Bref on peut affirmer qu'il s'agit d'un serment proféré sans le vouloir ou sans intention, la preuve en est la suite du verset: "mais pas ceux que vous aurez prêtés de propos délibéré". Pour expier un tel serment plusieurs moyens sont indiqués en cas de violation: "nourrir dix pauvres de votre nourriture ordinaire" c'est à dire d'un repas normal qui peut être composé du pain et d'huile, du pain et de lait, du pain et de dattes, ou bien d'un repas meilleur comme le pain et la viande ou autre, selon les dires des ulémas. "Telles sont les peines attachées à la violation de vos serments" c'est à dire son expiation expliquée de cette façon afin que les hommes tiennent leurs serments et soient reconnaissants envers Dieu.

Verset 90

Dieu interdit à Ses serviteurs croyants de consommer les boissons alcooliques et de pratiquer les jeux de hasard dont le jeu d'échecs en fait partie d'après Ali Ben Abi Taleb. On peut conclure de différents dires des ulémas que tout gain provenant du jeu est interdit, qu'il soit fait à l'aide des dés, des cailloux, des noix etc... Et Malek d'ajouter qu'au temps de l'ignorance on vendait la viande d'un mouton contre deux moutons vivants. Quant au trictrac il est aussi considéré comme un jeu de hasard en se référant à un hadith rapporté par Mouslim où l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue- aurait dit: "Celui qui joue au trictrac (nardachire) est comparable à celui qui souille sa main avec la chair du porc et son sang". Le jeu d'échecs est pire encore que le trictrac selon les dires d'Ibn Omar, dont Malek, Abou Hanifa et Ahmed avaient interdit. Mais Chafé'i l'a réprouvé. Les idoles sont, d'après Ibn Abbas et Moujahed, des pierres dressées devant lesquelles on sacrifiait les offrandes. Les flèches divinatoires ont été utilisées pour consulter le sort. Toutes ces choses-là sont une abomination et une œuvre du démon, dont les hommes sont tenus de les éviter pour faire leur salut et être heureux. Car le démon suscite l'hostilité et la haine parmi les hommes au moyen de ces choses-là, les détourne du souvenir de Dieu et de la prière.

Verset 91

Satan désire susciter l'hostilité et la haine parmi les hommes au moyen du vin et des jeux de hasard, et les détourner du souvenir de Dieu et de la prière. En d'autres termes : Cessez !

Verset 92

Obéissez à Allah et obéissez au Messager et gardez-vous des actes de désobéissance ; mais si vous vous détournez de l'obéissance, alors sachez que le devoir de Notre Messager n'est que de proclamer clairement - de transmettre clairement le Message.

Verset 93

Ceux qui croient et accomplissent de bonnes œuvres ne sont pas en faute pour ce qu'ils ont pu consommer comme vin et pratiquer comme jeux de hasard avant l'interdiction, pourvu qu'ils craignent les choses interdites et croient et accomplissent de bonnes œuvres.

Verset 94

O croyants, pour vous éprouver, Allah mettra à portée de vos mains et de vos lances du gibier. Il découvrira ainsi ceux qui le craignent dans leur for intérieur. Celui qui succombera à cette épreuve subira un châtiment douloureux. Ibn Abbas a commenté ce verset en disant : Dieu éprouve les hommes qui se trouvent en état de sacralisation en mettant à portée de leurs mains et de leurs lances les petits et les faibles parmi les gibiers, et en même temps Il les défend de s'en procurer. Moujahed précise que les mains peuvent atteindre les petits des gibiers et les lances les grands. Quant à Mouqatel Ben Hayan, il a dit que ce verset fut révélé lors de la visite pieuse ('Oumra) de Houdaybyya où animaux et oiseaux existaient en grande quantité de sorte qu'ils se trouvaient à portée des mains, mais Dieu leur interdit de s'en procurer à l'état de sacralisation pour les éprouver et découvrir « Ceux qui le Craignent dans leur for intérieur » en obtempérant à ses ordres en public et en secret comme Il le mentionne dans un autre verset : « Ceux qui auront redouté leur Seigneur dans son mystère impénétrable obtiendront un pardon et une grande récompense » [Coran LXVII, 12]. Mais ceux qui transgressent Ses enseignements après cet avertissement et Lui auront désobéi, subiront un châtiment très douloureux.

Verset 95

O croyants, ne tuez pas de gibiers quand vous êtes en pèlerinage. Quiconque en aura tué volontairement devra rapporter l'équivalent en viande d'animaux comestibles. Son cas sera arbitré par deux hommes d'entre les justes et la viande envoyée en offrande à la Ka'ba. Le coupable pourra se racheter aussi en nourrissant des pauvres ou en jeûnant pour qu'il éprouve la funeste conséquence de son acte. Allah pardonne les fautes passées. Celui qui récidive, Allah le châtiera. Allah est tout-Puissant et implacable. « O croyants, ne tuez pas de gibiers quand vous êtes en pèlerinage » c'est à dire à l'état de sacralisation pour faire un pèlerinage ou une visite pieuse. Il s'agit de tout gibier comestible. Quant aux bêtes sauvages, il est toléré de les tuer selon les dires de Chafé'i mais la plupart des ulémas l'interdisent, à l'exception de ces animaux cités dans un hadith rapporté par Aicha - que Dieu l'agrée - la mère des croyants, où l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit : « Il en est cinq animaux qu'on peut tuer à l'état de sacralisation et autre : le corbeau, l'épervier, le scorpion, la souris et le chien enragé » (Rapporté par Boukhari et Mouslim). Cette réparation est imposée afin que l'homme fautif goûte la conséquence de sa transgression et elle lui sera en tant qu'expiation. « Allah pardonne les fautes passées » ce qui a eu lieu du temps de l'ignorance, concernant les hommes qui se sont convertis et soumis aux ordres divins. Mais « Celui qui récidive, Allah le châtiera » une fois cet acte est devenu interdit et les hommes en ont pris connaissance, Allah le châtiera en tirant vengeance de lui en lui imposant l'expiation, car Il est tout-Puissant, nul ne pourra s'opposer à Ses décrets ou échappera à Sa vengeance ou à Son châtiment.

Verset 96

Il vous est permis de pêcher et de vous nourrir du produit de votre pêche, que vous soyez à demeure ou en voyage, c'est à dire qu'on réside sur le littoral ou qu'on soit voyageur, tout ce qu'on pêche est licite. La majorité des ulémas ont jugé ainsi en s'appuyant sur le verset et en se référant à ce hadith rapporté par l'imam Malek d'après Jaber Abdullah qui a raconté : « Le Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a envoyé un régiment vers le littoral composé de trois cent hommes commandé par Abou Oubayda Ben Al-Jarrah et je fus l'un d'eux. En route les provisions furent épuisées. Abou Oubayda ordonna qu'on lui apporte tout ce qui restait des provisions et j'avais à ce moment une outre contenant de dattes. Il donna à chacun d'entre nous une datte par jour et après une certaine période nous fûmes privés de toute provision. Arrivés sur le littoral, nous trouvâmes un cachalot pareil à un monticule. Toute l'armée en mangea pendant dix huit jours. Puis Abou Oubayda ordonna qu'on lui apporte deux côtes de ce cachalot, les dressa en forme d'arc et y fit passer un chameau sans le toucher. (Rapporté par Boukhari et Mouslim).

Verset 97

Allah a fait de la Ka'ba, la Maison sacrée inviolable, une institution durable pour les hommes, une institution par laquelle leur affaire religieuse est maintenue grâce au pèlerinage vers elle, ainsi que leur affaire de ce monde.

Verset 98

Sachez qu'Allah est sévère en châtiment envers Ses ennemis et qu'Allah est Pardonneur envers Ses amis, Miséricordieux envers eux.

Verset 99

Le devoir du Messager n'est que de vous transmettre le Message ; et Allah sait ce que vous révélez comme œuvres que vous manifestez et ce que vous cachez et ce que vous dissimulez de celles-ci, et Il vous en rétribuera.

Verset 100

Dis-leur : « Ne confondez pas le bon et le mauvais et ne vous laissez pas séduire par l'exubérance du mauvais. Craignez Allah si vous voulez faire votre salut. » Dieu ordonne au Prophète : Dis aux hommes que ce qui est mauvais n'est pas semblable à ce qui est excellent et bon même si l'abondance du mauvais vous surprend. Cela signifie que le peu licite et utile vaut mieux que l'abondance du mauvais et nuisible. Abou Qassem Al-Baghawi a rapporté d'après Abou Oumama qu'Ibn Tha'laba Ben Hateb l'Ansarien dit : « O Envoyé de Dieu, invoque Dieu pour moi afin qu'il m'accorde de Ses biens » Il lui répondit : « Le peu que tu puisses t'en acquitter de son obligation vaut mieux qu'une grande richesse dont tu seras incapable de t'en acquitter de son droit qu'avec peine ». « Craignez Allah si vous voulez faire votre salut » c'est à dire : O vous les hommes sensés, évitez tout ce qui est illicite et contentez-vous du licite, cela vous assurera votre bonheur dans les deux mondes.

Verset 101

Ô croyants, n'interrogez pas sur des choses dont le sens, s'il vous était divulgué, pourrait vous causer de la peine. Si vous interrogez sur ces mêmes choses au moment de la révélation, elles vous seront expliquées. Allah le permet. Il est indulgent et miséricordieux. Dieu, dans ce verset, exhorte Ses serviteurs croyants à ne plus poser des questions qui ne leur serviraient à rien et qui pourraient leur nuire aussi en entendant la réponse. Al-Bukhari rapporte qu'Anas a dit: «L'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- nous fit un prône sans pareil. Il nous dit: «Si vous saviez ce que je sais, vous ririez peu et pleureriez beaucoup». Les hommes couvrirent leur visage en gémissant. Alors un homme lui demanda: «Qui est mon père?» Il lui répondit: «Ton père est un tel». Ce verset fut révélé à cette occasion. Abu Hurayra rapporte: «L'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- sortit irrité au visage empourpré et s'assit sur la chaire. Un homme se leva et lui demanda: «Où est mon père?» - Au Feu, répondit-il. Un autre lui demanda: «Qui est mon père?» - Hudayfa répliqua-t-il. Omar Ibn Al-Khattab se leva et s'écria: «Nous nous contentons de prendre Allah comme Seigneur, l'Islam comme religion, Muhammad comme Prophète et le Coran comme guide. Ô Envoyé de Dieu, nous sommes des gens qui venons de quitter l'ignorance et le polythéisme et Dieu connaît qui sont nos pères» La colère du Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- s'apaisa, et ce verset fut descendu. Si vous interrogez sur ces mêmes choses au moment de la révélation, elles vous seront expliquées. C'est à dire: n'insistez pas à interroger sur des choses car il se peut qu'une révélation puisse descendre à leur sujet comportant des restrictions et de rigueur dont vous ne saurez supporter. Mais si vous laissez ces questions au moment de la révélation du Coran, elles vous seront expliquées et vous y trouverez les réponses et les enseignements. Il est cité dans le Sahih que l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue-, a dit: «Laissez-moi tranquille tant que je vous laisse tranquilles, car ceux qui vous ont précédés ont péri à cause de leurs questions excessives et de leurs divergences envers leurs Prophètes» (Bukhari et Muslim).

Verset 102

Avant vous, d'autres peuples ont interrogé sur ces mêmes choses. Leur divulgation les a jetés dans l'impiété. Ces mêmes choses dont on vous a défendu de poser des questions à leur sujet, des hommes avant vous les avaient posées par moquerie et opiniâtreté et non pas pour être guidés, mais ils n'en ont tiré aucun profit. Al-'Awfi rapporte qu'Ibn Abbas a dit: «L'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- avait annoncé aux hommes: «Hommes! Dieu vous a prescrit le pèlerinage» Un homme de Bani Asad lui demanda: «En chaque année?» L'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- fut très irrité et répondit: «Par celui qui tient mon âme dans sa main, si j'avais dit: «Oui» il vous serait d'obligation, et s'il vous était obligatoire, vous ne sauriez l'accomplir, et vous seriez devenus incrédules. Laissez-moi tranquille sans poser trop de questions tant que je vous laisse tranquilles. Lorsque je vous ordonne de faire une chose, faites-la, et lorsque je vous interdis une chose, ne la faites pas» Dieu alors fit descendre ce verset». L'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- interdit aux hommes de lui poser de questions à la façon des chrétiens qui avaient demandé à Jésus de leur faire descendre une table du ciel et qu'ensuite ils devinrent incrédules. Il les exhorta à attendre les révélations où ils pourraient trouver de réponses à ce qu'ils voulaient demander. 'Ikrima a dit: «Le but de cette interdiction consiste à ne plus demander des miracles ou des Signes, comme les Qurayshites qui avaient demandé au Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- de faire jaillir des ruisseaux de la terre ou de transformer le mont As-Safa en or. Ou comme les juifs qui avaient demandé la descente d'un Livre venant du ciel».

Verset 103

Ce n'est pas Allah qui a institué la Bahira, la Sa'iba, la Wasila et le Ham. Ce sont les idolâtres qui ont forgé des mensonges sur Allah. La plupart d'entre eux sont insensés. La Bahira: D'après Sa'id Ben Al-Musayyab: elle est la chamelle dont le lait était réservé aux idoles, personne ne devait la traire. D'après Ibn Abbas: elle est la chamelle qui engendre cinq petits, si le cinquième est un mâle, ils l'égorgent et le donnent à manger à leurs mâles sans les femelles. Mais s'il est une femelle, ils lui fendent les oreilles disant: c'est une Bahira. La Sa'iba: D'après Sa'id Ben Al-Musayyab: elle est la chamelle consacrée aux dieux; elle ne devait plus rien porter. D'après Mujahid: elle est la brebis qui a engendré six femelles. Si le septième est un mâle, ou deux mâles jumeaux, ils l'égorgent et le donnent à manger à leurs mâles sans les femelles. D'après Muhammad Ben Ishaq: elle est la chamelle qui a engendré dix femelles à la suite sans qu'un mâle n'existe entre elles. On la laisse libre sans être montée, sans la tondre et son lait n'est offert qu'à l'hôte. La Wasila: D'après Ibn Abbas: elle est la brebis qui a engendré sept fois, si le septième est un mâle né mort, ils le mangent hommes et femmes. Si c'était une femelle, ils la laissent vivre. Si elle donna un jumeau mâle et femelle, ils les laissent vivre en disant: le mâle est lié par sa sœur qui nous l'a rendu illicite. Le Ham: D'après Ibn Abbas: il est l'étalon qui a fait dix copulations, on interdisait de le monter et on le laissait libre. Telles étaient les coutumes païennes marquant d'un tabou les bêtes du cheptel en raison de leur fécondité. Les polythéistes par leurs faits croyaient qu'ils s'approchaient de Dieu du moment qu'ils forgaient des mensonges sur Lui comme Il a dit: «Ce sont des idolâtres qui ont forgé des mensonges sur Allah».

Verset 104

Lorsqu'on leur dit: «Conformez-vous à ce qu'Allah a révélé et à Son Prophète» ils répliquent: «La manière de vivre de nos ancêtres nous suffit». Ont-ils conscience que leurs pères ne savaient rien et n'avaient pas de principes? Ces gens-là: «lorsqu'on leur dit: «Conformez-vous à ce qu'Allah a révélé et à Son Prophète» c'est à dire à suivre la religion et Ses lois en observant le licite et l'illicite, ils répliquent: «La manière de vivre de nos ancêtres nous suffit» en les prenant pour exemple et pratiquant leurs coutumes. «Ont-ils conscience que leurs pères ne savaient rien et n'avaient pas de principe?» Comment s'obstinaient-ils et refusaient-ils de ne suivre que leurs pères du moment que ceux-ci étaient aussi plus ignorants qu'eux et vivaient dans un égarement.

Verset 105

Ô vous qui avez cru! Vous êtes responsables de vos propres âmes. Celui qui s'égare ne vous nuira point si vous êtes bien guidés. C'est vers Allah que vous retournerez tous; alors Il vous informera de ce que vous faisiez. Dieu ordonne à Ses serviteurs croyants de s'amender, faire le bien dans la mesure de leur capacité, en leur assurant que la corruption des autres soient-ils proches ou non ne saurait leur nuire. Ibn Abbas a commenté ce verset et dit: «Dieu dit: Si Mon serviteur M'obéit en observant le licite et s'interdisant de l'illicite, il sera épargné des méfaits de l'égarement des autres. Ainsi fut le commentaire de Muqatil Ben Hayyan. «À Allah, tous vous ferez retour» pour être rétribués selon vos actions qu'elles soient bonnes ou mauvaises. Mais ça ne veut pas dire de renoncer à ordonner aux autres de faire le bien et de s'abstenir du répréhensible si cela s'avère nécessaire et possible. Un jour, Abu Bakr fit un discours. Après avoir loué et glorifié Dieu, il dit: Hommes! Vous lisez ce verset: «Ô croyants, ne vous occupez que de vous-mêmes. L'erreur d'autrui ne saurait vous nuire» en le mal interprétant car j'ai entendu l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- dire: «Lorsque les hommes voient le répréhensible et ne le changent pas, peu s'en faut que Dieu à Lui la puissance et la gloire ne les châtie tous» (Rapporté par Ahmad, Ibn Maja et autres).

Verset 106

Ô vous qui avez cru ! Quand la mort se présente à l'un de vous, au moment du testament, que deux hommes intègres d'entre vous servent de témoins; ou bien deux hommes d'une autre confession, si vous voyagez dans le monde et que la mort vous atteint. Vous les retiendrez après la prière, et s'il y a doute, ils jureront par Allah : « Nous ne vendrons jamais ceci à aucun prix, fût-ce au profit d'un proche, et nous ne cacherons pas le témoignage d'Allah. Sinon, nous serions du nombre des pécheurs ». On a dit que ce verset qui renferme une sentence très importante fut abrogé, mais d'autres ont riposté qu'il est fondamental et Ibn Jarir d'ajouter: «Quiconque prétend que ce verset fut abrogé qu'il présente la preuve.» Selon ce verset, et pour valider le testament il faut le témoignage de deux hommes intègres choisis parmi les musulmans d'après Ibn Abbas et la majorité des ulémas. Mais d'autres ont dit qu'ils doivent être des parents du testateur. «ou de toute autre confession» c'est à dire des gens du Livre selon les dires d'Ibn Abbas, bien que d'autres ont précisé que ces deux témoins peuvent être choisis en dehors des parents de l'homme. «Si la détresse de la mort vous surprend en voyage». Donc afin qu'un testament soit valide, deux conditions doivent être remplies: être en voyage pour valider le témoignage des deux hommes des gens du Livre faute de la présence des musulmans, et que ce soit un testament. «Retenez-les après la prière» c'est à dire après la prière de l'asr selon les dires d'Ibn Abbas, ou n'importe quelle prière faite en commun d'après Az-Zuhri. On peut en conclure qu'il s'agit d'une prière faite en commun que, une fois terminée, on fait appel à ces deux témoins en présence des fidèles. Ces deux hommes jurent par Dieu, si on n'est pas sûr d'eux, et disent: «Nous ne trafiquerons jamais de notre témoignage» quoi que ce soit le prix «même si nos parents sont en cause» sans montrer la partialité envers eux et «nous ne dissimulerons rien de la vérité» une fois témoigné devant Dieu pour montrer l'importance de leur témoignage. «Sinon nous serions criminels» au cas de la modification, ou de l'altération, ou du changement ou de la dissimulation totale de ce témoignage.

Verset 107

S'il se révèle que ces deux témoins ont forfait à l'honneur, deux autres témoins seront substitués aux deux premiers dont l'indignité aura été reconnue. Ils prêteront serment devant Allah en ces termes: «Nous jurons que notre témoignage est plus sincère que celui des deux premiers témoins et que nous ne disons que la vérité, sous peine d'être du nombre des injustes». «S'il se révèle que ces deux témoins ont forfait à l'honneur» c'est à dire si l'on découvre la trahison de ces deux hommes en modifiant le témoignage ou en dérobant une partie de l'argent «deux autres témoins seront substitués aux deux premiers dont l'indignité aura été reconnue». Donc une fois la trahison des deux premiers découverte, deux autres parmi les héritiers auxquels le tort a été fait «prêteront serment devant Allah en ces termes: «Nous jurons que notre témoignage est plus sincère que celui des deux premiers» prendront leur place après avoir présenté des évidences «et que nous ne disons que la vérité, sous peine d'être du nombre des injustes» Ce serment prêté par ces deux héritiers est pareil à celui des proches d'un homme tué lorsque l'argument de la culpabilité du meurtrier s'avère faible, et dans ce cas les proches héritiers font un serment collectif «Al-Qasama» afin que le coupable leur soit livré. Ibn Abbas raconte qu'un homme de la tribu Bani Sahm était sorti en voyage avec Tamim Ad-Dari et 'Adi Ben Bida'. Cet homme mourut dans un pays où aucun musulman n'y vivait. Après le retour de Tamim et 'Adi emportant avec eux les biens que possédait le mort, les proches parents de ce dernier constatèrent l'absence d'une coupe en or et argent, et portèrent plainte devant l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- qui demanda à Tamim et 'Adi de prêter serment qu'ils ne l'ont pas volé. Plus tard on découvrit cette coupe à La Mecque et son possesseur avoua qu'il l'a achetée de Tamim et d'Adi. Deux hommes proches du mort de la tribu Bani Sahm jurèrent que leur témoignage est plus sincère que celui de Tamim et d'Adi et cette coupe appartenait au mort. C'est à cette occasion que ce verset fut révélé (Rapporté par Tirmidhi et Abu Dawud).

Verset 108

C'est là le meilleur moyen pour obtenir des témoignages sincères. Car il suscite chez les témoins la crainte qu'on recoure à d'autres serments après les leurs. Craignez Allah et écoutez-Le. Allah ne guide point les pervers. «Car il suscite chez les témoins la crainte qu'on recoure à d'autres serments après les leurs» Craignant de voir récuser leurs serments, d'être démasqués devant les gens, et que les proches parents du mort les remplacent et auront ce qu'ils voudraient une fois juré devant Dieu en contestant leur témoignage, les deux premiers témoins redouteront tout cela et éprouveront une crainte du Seigneur. C'est pourquoi Dieu exhorte les hommes à Le craindre dans leur conduite car Il ne dirige pas les pervers.

Verset 109

Le jour où Allah rassemblera les messagers, puis dira : « Quelle réponse avez-vous reçue ? » ils diront : « Nous n'avons aucune connaissance : c'est Toi, vraiment, le grand connaisseur de tout ce qui est inconnu ». C'est la question que posera Dieu aux Prophètes au jour de la résurrection et qu'elle était la réponse de leurs peuples vers qui ils ont été envoyés. Ce verset est pareil à ces deux autres où Dieu a dit: «Nous interrogerons à la fois les peuples à qui nous avons envoyé des Prophètes et les Prophètes eux-mêmes» [Coran VII, 6] et: «J'en jure par ton Allah, nous les interrogerons tous, sur leurs actions» [Coran XV, 91-92]. Quant à la réponse des Prophètes: «Nous n'en savons rien» elle sera ainsi à cause de la grande frayeur en ce jour, comme l'ont commenté Mujahid, Al-Hasan Al-Basri et As-Suddy. Leur réponse sera négative en rendant toute la science à Dieu qui connaît parfaitement les mystères incommunicables.

Verset 110

Allah dit à Jésus, fils de Marie: «Rappelle-toi Mon bienfait sur toi et sur ta mère quand Je te fortifiais du Saint-Esprit. Au berceau tu parlais aux gens, tout comme en ton âge mûr. Je t'enseignais le Livre, la Sagesse, la Thora et l'Évangile! Tu fabriquais de l'argile comme une forme d'oiseau par Ma permission; puis tu soufflais dedans. Alors par Ma permission, elle devenait oiseau. Et tu guérissais par Ma permission, l'aveugle-né et le lépreux. Et par Ma permission, tu faisais revivre les morts. Je te protégeais contre les Enfants d'Israël pendant que tu leur apportais les preuves claires. Mais ceux d'entre eux qui ne croyaient pas dirent : «Ceci n'est que de la magie évidente». Dieu rappelle à Son serviteur et Prophète Jésus, fils de Marie -que Dieu le salue- les miracles et signes prodigieux qu'il a présentés aux hommes. Il lui dit: «Rappelle-toi Mon bienfait sur toi» en te créant sans père et faisant de toi un signe évident de Mon omnipotence «et ta mère» en faisant d'elle une preuve éclatante de son innocence de ce que les ignorants et injustes lui ont attribué de débauche. «Ne t'ai-Je pas animé de l'esprit de sainteté» qui est l'ange Gabriel -que Dieu le salue- en l'envoyant comme Prophète appelant à Dieu dans ton bas âge et ta jeunesse. Je t'ai fait parler dès le berceau afin que tu déclares l'innocence de ta mère de toute accusation honteuse, j'avoue être mon serviteur, divulgues Mon Message et appelles les hommes à Mon adoration comme il a dit: «ne t'ai-Je pas donné le don de parler aux hommes dès le berceau et quand tu fus un homme». «Ne t'ai-je pas enseigné le Livre et la sagesse» c'est à dire la compréhension et l'écriture «le Pentateuque» révélé à Moïse son interlocuteur «ne t'ai-Je pas conféré le don de façonner des corps d'oiseaux avec de l'argile de souffler sur eux et de les transformer en oiseaux» c'est à dire de créer de terre une forme d'oiseau en t'accordant Ma permission, de souffler sur elle et elle devient un oiseau avec Ma permission. «Ne t'ai-je pas conféré le don de guérir les aveugles de naissance et les lépreux» avec ma permission. Nous en avons déjà parlé en commentant la sourate de la famille d'Imran. «et de ressusciter les morts» en les appelant de sortir de leurs tombes et leur rendant la vie avec Ma permission, Mon pouvoir et Ma volonté. «Ne t'ai-je pas défendu contre les fils d'Israël? Lorsque tu vins à eux avec les marques de ta mission, des incrédules dirent: Ceci est de la sorcellerie manifeste». Rappelle-toi aussi mes bienfaits lorsque Je t'ai éloigné des fils d'Israël et quand tu es venu vers eux avec des preuves irréfutables affirmant ta prophétie et ton message émanant de Moi. Mais ils t'ont traité de menteur, accusé de la sorcellerie, cherché à te tuer et crucifier. Je t'ai sauvé, élevé à Moi, purifié de leur souillure et épargné leurs méfaits.

Verset 111

« Lorsque J'ai sollicité les apôtres : Croyez en Moi et en Mon Prophète » Cela constitue un bienfait lorsque Dieu a révélé aux apôtres d'être les compagnons et les partisans de Jésus -que Dieu le salue-. Ils ont reçu cette révélation, cru en Dieu et en Son Prophète et ils se sont soumis. La table servie fut aussi un des grands bienfaits que Dieu a octroyé à Son serviteur et Prophète Jésus après qu'Il L'ait sollicité de la faire descendre. Elle fut un signe évident et une preuve irréfutable.

Verset 112

« Les apôtres » qui étaient les adeptes de Jésus -que Dieu le salue- « demandèrent à Jésus, fils de Marie : « Ton Seigneur peut-il faire descendre du ciel une table garnie d'aliments ? » Certains exégètes ont dit qu'ils étaient des gens pauvres et avaient besoin de se nourrir et que cette table leur soit descendue chaque jour afin qu'ils puissent persévérer dans l'adoration de Dieu. Jésus leur répondit : « Craignez Allah si vous êtes croyants » voulant par sa réponse les exhorter à se confier à Dieu en Lui demandant de leur assurer leur subsistance.

Verset 113

« Nous désirons, dirent-ils, manger à cette table » car nous sommes des affamés « Notre conviction en sera affermie » une fois que nous voyons cette table qui nous sera un bienfait venant du ciel « Nous serons sûrs de ta sincérité » et notre foi augmente en toi et en ton message « et nous témoignerons de l'événement » en la considérant en tant qu'un signe et une preuve évidente de ta prophétie.

Verset 114

« Jésus, fils de Marie, s'écria : « O Allah, notre Maître, fais descendre une table du ciel. Qu'elle nous serve de festin, du premier au dernier » As-Souddy a commenté cela en disant : Nous considérerons ce jour une fête que nous respecterons, nous et ceux qui viendront après nous. Soufian Al-Thawri, a dit : Un jour où nous y multiplierons nos prières. Quant à Salman Al-Farissi, il dit : Ce sera un enseignement pour nous et pour notre postérité. « Et qu'elle apparaisse comme un de Tes signes » C'est à dire un signe de Ton pouvoir et un exaucement de ma prière afin qu'ils me croient plus tard en leur communiquant Tes révélations. « Répands sur nous Tes bienfaits » qui nous soient octroyés sans aucun effort de notre part. « Car tu es le plus puissant des bienfaiteurs. »

Verset 115

Allah dit : « La voilà Je la fais descendre. Celui d'entre vous qui me reniera après cela » et la traitera de mensonge parmi ta communauté ô Jésus « Je lui ferai subir le supplice le plus affreux qu'on puisse infliger à une créature » parmi ceux qui vivent à cette époque, comme Dieu a dit : « Et l'on dira, le jour où se dressera l'Heure : « Introduisez les gens de Pharaon au sein du châtiment le plus dur » [Coran XL,40] et : « Les hypocrites seront au dernier cercle de l'enfer » [Coran IV, 145]. À cet égard Ibn Jarir rapporte que Abdullah Ben Amr a dit : « Trois catégories des hommes subiront le châtiment le plus douloureux au jour de la résurrection : les hypocrites, les incrédules parmi ceux qui étaient témoins de la descente de la table et les gens de Pharaon. » Ammar Ben Yasser rapporte d'après le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- qu'il a dit : « La table était composée de la viande et du pain. Les hommes étaient ordonnés de ne plus trahir et de rien en faire comme provision pour le lendemain. Mais ils ont trahi et en ont fait provision. Ils furent alors transformés en singes et porcs ».

Verset 116

Allah dit : « Ô Jésus, fils de Marie, est-ce toi qui as dit aux hommes : « Prenez-moi pour Allah moi et ma mère, à côté d'Allah ? » Gloire à Toi, répondit Jésus, comment aurais-je pu dire une chose que je n'ai pas qualité pour dire ? Si je l'avais dite, Tu le saurais. Car tu sais ce que je pense et je ne sais pas ce que Tu penses. Il n'y a pas de secrets pour toi. Ceci est encore une des questions que Dieu posera à Son serviteur et Prophète Jésus -que Dieu le salue- au jour de la résurrection en présence de tous ceux qui l'ont pris et sa mère pour dieu. « Gloire à Toi, répondit Jésus, comment aurais-je pu dire une chose que je n'ai pas qualité pour dire ? » Une réponse qui est pleine de politesse comme a déclaré Ibn Abi Hatem en rapportant d'après Taous qu'Abou Bakr a dit : « Jésus présentera son argument et, pour répondre au Seigneur, il l'inspirera de dire : « Gloire à Toi... ». « Si je l'avais dit, Tu le saurais » c'est à dire si j'avais tenu de tel propos, Tu l'aurais deviné ô Seigneur car rien ne T'est caché. Je n'avais jamais proféré de telles paroles ni même pensé ou conçu dans mon esprit. Pour cela il a dit ensuite : « Car Tu sais ce que je pense et je ne sais pas ce que Tu penses. Il n'y a pas de secrets pour Toi. »

Verset 117

« Je ne leur ai dit que ce que Tu m'as ordonné de leur dire » et de leur communiquer ce dont Tu m'as chargé comme message en leur disant : « Adorez Allah, mon Seigneur et le vôtre » sans y rien ajouter. J'ai été contre eux un témoin aussi longtemps que je suis resté avec eux. « Après que Tu m'as rappelé à Toi, c'est Toi qui as veillé sur eux. Tu es le témoin de l'univers ». Abou Daoud At-Tayalissi rapporte qu'Ibn Abbas a dit : « L'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- fit le discours suivant : « O gens ! Vous serez rassemblés auprès de Dieu à Lui la puissance et la gloire les pieds et les corps nus et non circoncis ». Puis il récita : « De même que nous avons procédé à la première création, nous la recommencerons » [Coran XXI, 104]. Le premier parmi les hommes qui sera revêtu d'un habit au jour de la résurrection sera Ibrahim. Eh bien, on amènera des hommes de ma communauté, on les mettra du côté gauche et alors je m'écrierai : « Ce sont mes compagnons ! » On me répondra : « Tu ne sais donc pas ce qu'ils ont fait après ton départ » Je dirai alors ce que disait le serviteur (Jésus) : « Je leur ai servi de témoin tant que j'ai vécu parmi eux. Après que Tu m'as rappelé à Toi, c'est Toi qui as veillé sur eux. Tu es le témoin de l'univers. Si Tu les châties, ce sont Tes sujets. Si Tu leur pardonnes, Tu es auguste et sage ». On me dira : « Ces gens-là n'ont pas cessé de revenir en arrière depuis que tu les as quittés » (Rapporté par Al-Boukhari).

Verset 118

Ce verset : « Si Tu les châties... » nous fait rappeler que tout dépendra de la volonté de Dieu qui fait ce qu'Il veut, Il interrogera tous les hommes sans être interrogé. Il renferme également un désavouement des actes des chrétiens qui ont menti sur Dieu et Son Messager, en lui donnant un égal, une compagne et un fils, gloire à Lui, Il est élevé à une grande hauteur au-dessus de ce qu'ils disent comme nous allons le montrer. L'imam Ahmed a rapporté d'après Abou Dzarr - que Dieu l'agrée- que le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- fit une nuit une prière nocturne, récita sans cesse ce verset : « Si Tu les châties, ce sont Tes sujets. Si tu leur pardonnes, Tu es auguste et sage » jusqu'à la pointe du jour. Au matin je lui dis : « Ô Envoyé de Dieu, tu n'as cessé de répéter ce verset dans les inclinaisons et prosternations ». Il me répondit : « J'ai sollicité mon Seigneur à Lui la puissance et la gloire de m'accorder l'intercession en faveur de ma communauté, et Il m'a exaucé. Elle atteindra, si Dieu le veut, celui qui n'aura rien associé à Dieu ».

Verset 119

Dieu rassure Son serviteur et Prophète Jésus -que Dieu le salue- une fois qu'il a désavoué les actes des incrédules parmi les chrétiens qui ont forgé de mensonges sur Dieu, et qu'il a remis leur sort à Sa volonté, et dit : « Voici venu le jour où les sincères recueilleront le fruit de leur sincérité » c'est à dire ceux qui ont cru en l'unicité du Seigneur selon les dires d'Ibn Abbas, « Ils auront pour séjour éternel des jardins arrosés d'eau vive » où ils ne demanderont rien en échange car Dieu est satisfait d'eux et ils sont satisfaits de Lui. Ibn Abi Hatem rapporte ce hadith d'après Anas qu'il le remonte à l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- dans lequel il dit : « Le Seigneur -que Sa Majesté soit glorifiée- leur apparaîtra et leur dira : « Demandez, demandez et Je vous donne ». Ils ne lui demanderont que Sa satisfaction. Il leur répliquera : « Ma satisfaction consiste à vous accorder, la demeure (que Je vous ai réservée) et Ma haute considération, demandez encore ». Mais ils ne demanderont que la satisfaction. Il leur dira : « Je vous prends à témoins que Je vous ai accordé Ma satisfaction ! ». Le bonheur est à son comble et quel bonheur sera-t-il meilleur ?

Verset 120

« Allah est le Maître des cieux et de la terre et de tout ce qu'ils renferment. Il est tout-puissant » Certes Dieu est le créateur de toute chose, tout ce qu'il y a dans les cieux et sur la terre Lui appartient et à Sa disposition. Il est le Dominateur Suprême, n'a ni rival, ni ministre, ni égal, ni père, ni fils et ni compagne. Aucun autre Seigneur n'existe en dehors de Lui. Ibn Wahb a dit : « La sourate de la Table est la dernière qui a été révélée ».

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