Les Murailles
Sourate 7 · 206 versets · Revelation mecquoise
Verset 1
Nous avons déjà parlé de ces lettres qui se trouvent au début de certaines sourates du Coran en commentant la sourate de la vache, et qui ont suscité tant de questions parmi les hommes.
Verset 2
Ce Coran est «un Livre qui t'est révélé» de ton Seigneur. «Ton cœur ne doit ressentir aucune gêne à le divulguer» ni éprouver aucune inquiétude, plutôt tu dois, ô Mohammed, être patient comme ont été patients ceux des Prophètes qui étaient doués d'une ferme résolution. Ce Livre est un avertissement aux hommes et «une source de conseils» pour eux.
Verset 3
Puis le Seigneur s'adresse à Ses sujets: «Suivez les révélations qu'il vous apporte de la part de votre Seigneur» C'est-à-dire: suivez le Prophète illettré qui vous apporte un tel Livre «et n'ayez pas d'autre maître qu'Allah» en prenant comme maîtres les autres divinités en dehors de lui. «Que vous êtes longs à comprendre» car les hommes manquent de réflexion pour saisir le sens des révélations et devenir des croyants comme Dieu l'affirme dans ces versets: - «Si tu te fies aux hommes, ils te détourneront de la voie d'Allah» [Coran XVI, 116]. - «Quoi que tu fasses, peu d'hommes se convertiront» [Coran XII, 103]. - «La plupart ne croient en Allah qu'en Lui adjoignant des associés» [Coran XII, 106].
Verset 4
Ceux qui ont contredit les Prophètes, se sont détournés d'eux et l'ont traités de menteurs, ont subi une ignominie dans le bas monde et une autre les attend dans l'autre dont parlent ces versets: «D'autres Prophètes avant toi ont été tournés en dérision. Ceux qui ont raillé leurs avertissements en ont éprouvé la pertinence» [Coran VI, 10] et: «Que de cités avons-nous détruites en punition de leurs péchés! elles sont solitaires au milieu de leurs ruines, leurs puits sont comblés et leurs magnifiques palais abattus» [Coran XXII, 45] et: «Combien de cités n'avons-nous pas anéanties pour avoir méconnu nos bienfaits? Voyez leurs demeures. Presque toutes ont été abandonnées. C'est nous qui en sommes devenus les héritiers» [Coran XXVIII, 58]. Certaines de ces cités furent détruites la nuit durant le sommeil et d'autres durant la sieste de la journée, tant le sommeil que le repos, sont tous deux des moments d'inattention comme il est montré dans ces versets: «Les habitants des villes sont-ils sûrs que notre châtiment ne les surprendra pas, la nuit, pendant leur sommeil? Les habitants des villes, sont-ils sûrs que notre châtiment ne les surprendra pas, en plein jour, au beau milieu de leurs plaisirs?» [Coran VII, 97-98]: «Ceux qui recourent à des procédés malhonnêtes ne craignent-ils pas qu'Allah ne dérobe la terre sous leurs pieds ou qu'une calamité inattendue ne les frappe, ou ne les atteigne dans leurs biens, sans qu'ils puissent se défendre» [Coran XVI, 45-46].
Verset 5
Lorsque le châtiment les abattit «ils n'eurent d'autre réaction au moment où notre colère les frappa, que de dire: «Oui, nous sommes coupables» en avouant leurs péchés. À ce propos, Ibn Jarir a dit: «Ce verset est corroboré aussi par les dires du Prophète: «Un peuple ne fut anéanti qu'après avoir avoué les péchés qu'il a commis».
Verset 6
«Nous interrogerons à la fois les peuples à qui nous avons envoyé des Prophètes et les Prophètes eux-mêmes» Car au jour du jugement dernier, Dieu interrogera les hommes sur leur attitude à l'égard des Prophètes et quelles étaient leurs réponses à leur appel, et les Prophètes s'ils avaient transmis le message. Dieu a dit dans d'autres versets: «Un jour, Allah les appellera et leur demandera: «Qu'avez-vous répondu aux Prophètes?» [Coran XXVIII, 65] et: «Le jour où Allah rassemblera les Prophètes, Il les interrogera: «Combien avez-vous fait d'adeptes?» Ils répondront: «Nous n'en savons rien. Toi seul perces les mystères» [Coran V, 109]. Ibn Omar rapporte que l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - a dit: «Chacun de vous est pâtre, et chaque pâtre est responsable de son troupeau: l'imam sera interrogé sur son peuple, l'homme sur sa femme, la femme sur le foyer de son mari et le domestique sur les biens de son maître. Puis il récita: «Nous interrogerons à la fois les peuples à qui nous avons envoyé des Prophètes et les Prophètes eux-mêmes» (Rapporté par Ibn Mardaweih).
Verset 7
En commentant ce verset: «Nous leur raconterons leurs faits et gestes sans une défaillance, car nous n'avons pas cessé de les suivre» Ibn Abbas a dit: Le Livre (où les œuvres des hommes sont inscrites) sera étalé devant eux et racontera toutes leurs actions. Au jour de la résurrection, Dieu présentera aux hommes leurs actes et paroles, même les plus minimes, car Il en était témoin et rien ne Lui était caché, et Il connaît la perfidie des regards et ce qui est caché dans les cœurs, comme Il l'affirme dans ce verset: «Il n'est pas une feuille qui tombe, qu'il ne le sache. Il n'est pas une molécule dans les entrailles de la terre, une brindille verte ou sèche qui ne soient dénombrées dans le sommier de la création» [Coran VI, 59].
Verset 8
La pesée des actions se fera au jour du jugement dernier avec équité où personne ne sera lésé comme ce verset l'affirme également: «Nous dresserons des balances d'une sensibilité inégalable au jour du jugement dernier. Aucune âme ne subira le moindre préjudice. Le poids même d'un grain de moutarde entrera en compte. Nos comptes sont infaillibles» [Coran XXI, 47]. Dieu a dit aussi: «Allah ne lésera personne, pas même du poids d'un atome. Il rémunérera au centuple les bonnes actions et leur assurera une récompense magnifique» [Coran IV, 40] et: «Celui dont les œuvres feront pencher le plateau de la balance, connaîtra une douce félicité» [Coran CI, 6-7] et aussi: «Ceux en faveur de qui la balance penchera triompheront. Ceux-là seront perdus qui auront peu de bonnes œuvres dans leur balance. Ils auront l'enfer pour séjour éternel» [Coran XXIII, 102-103]. Qu'est-ce qu'on mettra dans le plateau au jour de la résurrection? Et Ibn Abbas de répondre: Toutes les actions même les choses imperceptibles qui seront transformées en des corps, comme il est rapporté dans un hadith cité dans les deux Sahihs que les deux sourates de la «Vache» et «La famille d'Imran» qui seront comme deux nuages ou deux ombres ou une bande d'oiseaux». On a dit que ce sera le livre d'actions de chaque individu en se référant à un hadith dont le sens est le suivant: On mettra dans un plateau quatre-vingt-dix-neuf registres (des actions) étalés à perte de vue, et dans l'autre une petite carte où il est écrit: «Il n'y a d'autre divinité que Dieu» (qui représente la foi) et elle penchera la balance. Suivant une troisième interprétation l'homme même sera pesé comme il est cité dans ce hadith: «On amènera au jour de la résurrection l'homme le plus corpulent qui, en le pesant, ne pèsera auprès de Dieu, plus que l'aile d'un moustique». Puis le Prophète - qu'Allah le bénisse et le salue - récite: «Elles ne pèseront d'aucun poids au jour du jugement dernier» [Coran XVIII, 105]. Et dans un autre hadith concernant Abdullah Ben Mas'oud et ses jambes, il a dit: «Étonnez-vous de la finesse de ses jambes? Par celui qui tient mon âme dans Sa main, elles seront plus grosses que le mont Ouhod».
Verset 9
«Et quant à ceux dont les balances seront légères à cause des mauvaises actions, ce sont ceux qui auront perdu leurs âmes en les faisant voyager vers le Feu parce qu'ils ont maltraité et nié sciemment Nos signes.»
Verset 10
Dieu rappelle à Ses serviteurs qu'Il leur a établi la terre au lieu de séjour, y a fait jaillir les sources et les rivières, des demeures et des maisons, en y mettant à leur service ce dont ils ont besoin, les nuages porteurs de pluie afin de permettre à la terre de faire sortir les plantations pour leur nourriture, et tout ce qu'il faut pour leur assurer la subsistance. Et pourtant les hommes sont peu reconnaissants, car comme Dieu a dit: «Vous ne pourriez pas énumérer les bienfaits d'Allah. L'homme est profondément injuste et ingrat» [Coran XIV, 34].
Verset 11
En montrant la haute considération qu'il réserve à Adam, Dieu met en garde Ses serviteurs contre Iblis (Satan), son inimitié et sa jalousie afin d'éviter ses séductions et tentations. «Nous vous avons créés, puis façonnés et nous avons dit aux anges: «Prosternez-vous devant Adam»» Le Seigneur a dit aussi dans un autre verset en mentionnant la création d'Adam: «S'adressant aux anges, Allah leur dit: «Je vais créer l'homme avec du limon, avec de l'argile malléable. Quand Je l'aurai façonné et que Je lui aurai insufflé de ma vie, prosternez-vous devant lui»» [Coran XV, 28-29]. Lors de la création d'Adam - le salut sur lui - Dieu le créa d'argile endurcie, lui donna la forme d'un homme et y insuffla de son Esprit et il devint un être vivant. Puis il ordonna aux anges de se prosterner devant lui en signe de la proclamation de la grandeur du Seigneur et de Son pouvoir. Les anges se soumirent et se prosternèrent sauf Iblis qui refusa de le faire. En commentant le verset précité, Ibn Abbas a dit que Dieu a créé les humains dans les reins des hommes et les a façonnés dans les matrices des femmes. Quant à Ibn Jarir, il a déclaré qu'il s'agit de la progéniture; en d'autres termes Dieu a créé Adam puis Il a façonné sa descendance, des dires qui sont sujets à discussion, car Il a dit ensuite: «Et nous avons dit aux anges: «Prosternez-vous devant Adam»» il s'agit donc d'Adam et non pas de sa descendance. Un autre verset confirme cela quand Dieu a dit: «Nous avons extrait l'homme de l'essence de la terre» [Coran XXIII, 12] qui signifie qu'Adam fut créé de la terre et sa descendance d'une goutte de sperme.
Verset 12
La réponse d'Iblis «Je m'estime plus que lui» constitue, selon les exégètes, une excuse qui est plus grave qu'un péché, car il ne convient jamais à un être à qui on a fait une grâce de désobéir à celui qui la lui a faite. Il répondit: «Comment m'ordonnes-Tu de me prosterner devant lui au moment que je suis meilleur que lui?» Voilà la rébellion même, croyant qu'étant créé du feu, le feu est meilleur que le limon. Donc, il a tiré argument de la substance - ou l'essence - de sa création sans tenir en considération l'acte honorable du Seigneur en créant Adam de Sa propre main et lui insufflant de Son esprit. Les anges obtempérèrent aux ordres de Dieu et se prosternèrent, quant à lui, il refusa donnant comme prétexte la supériorité du feu sur la terre oubliant ainsi que les caractéristiques de la terre sont: la sagesse, la clémence, la patience et la solidité. Quant à celles du feu, elles sont: le ravage, la vitesse et l'étourderie. L'essence d'Iblis lui fut néfaste et celui d'Adam lui procura la sérénité, la confiance en Dieu, la soumission à Ses ordres, la reconnaissance de Ses bienfaits, le repentir, le pardon et le retour à lui. Il est cité dans le Sahih de Mouslim, d'après Aicha «que Dieu soit satisfait d'elle» que l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - a dit: «Les anges sont de lumière, les génies (ou les démons) d'une flamme de feu, et Dieu a créé Adam comme on vous l'a décrit». Ibn Sirine a dit: «Iblis était le premier à utiliser le syllogisme, et le soleil et la lune ne furent adorés que par le fait du syllogisme.
Verset 13
Il dit: «Quitte ces lieux. Tu es mal venu à t'enorgueillir. Va-t-en, misérable! Tu seras parmi les humiliés!». En punition de sa rébellion, son insoumission et son enorgueillissement, Dieu ordonna à Iblis: «Quitte ces lieux» Ces lieux peuvent désigner le Paradis, selon les dires de la plupart des exégètes, ou le rang élevé qu'occupait Iblis dans le Haut Royaume, selon d'autres. «Tu es mal venu à t'enorgueillir» et tu es au nombre de ceux qui sont méprisés et humiliés à cause de ton mauvais comportement.
Verset 14
Mais Iblis le maudit prévit sa future destinée et demanda au Seigneur: «Laisse-moi vivre jusqu'au jour de la résurrection».
Verset 15
Dieu, par Sa sagesse et Son vouloir lui répondit: «Je te laisse vivre» Telle fut la décision de Dieu et nul ne pourrait s'opposer à Son jugement et Il est prompt dans Ses comptes.
Verset 16
Une fois exaucé, Iblis le maudit persévéra dans sa rébellion et son obstination et, à cause de l'aberration que Dieu a mise en lui, il Lui répondit: «Je serai posté sur la voie droite, guettant Tes serviteurs» Je les éloignerai de cette voie, les égarerai afin de ne plus T'adorer ni proclamer Ton unicité, pour me venger. L'imam Ahmed rapporte que l'Envoyé de Dieu a dit: «Le démon guette le fils d'Adam sur toutes les voies qu'il emprunte. Il l'intercepta sur la voie de l'Islam et lui dit: «Embrasseras-tu l'Islam et tu laisseras ta propre religion et celle de tes pères?» Mais l'homme lui désobéit et se convertit. Il l'intercepta sur la voie de l'émigration et lui dit: «Émigres-tu en quittant ton pays et ton ciel, or l'émigré n'est que comme un cheval attaché par un lien» Mais l'homme lui désobéit et acheva son émigration. Enfin il l'intercepta sur la voie du jihad c'est à dire le sacrifice de l'âme et des biens, en lui disant: «Combats-tu pour que tu sois tué, et ta femme se remariera et tes biens seront partagés?» Mais l'homme lui désobéit et continua à combattre. L'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - poursuivit: «Quiconque aura accompli ce que cet homme a fait, il sera du devoir de Dieu de le faire entrer au Paradis. Et celui qui sera tué, il sera aussi du devoir de Dieu de le faire entrer au Paradis. S'il sera noyé, il sera du devoir de Dieu de le faire entrer au Paradis. Enfin si sa monture lui aura cassé le cou, il sera du devoir de Dieu de le faire entrer au Paradis».
Verset 17
«Je les accosterai par-devant et par-derrière» Cette expression signifie, d'après Ibn Abbas, je les ferai douter qu'il y aura une autre vie dans l'au-delà, les ferai convoiter le bas monde. «à droite» en dénaturant leur véritable religion «et à gauche» en les plongeant dans les péchés. Quant à Qatada, il a dit: «Cela signifie: je me placerai devant eux pour les dissuader qu'il n'y aura ni résurrection, ni paradis, ni enfer; derrière eux pour leur embellir le bas monde; à leur droite pour les empêcher de faire les bonnes actions; et à leur gauche pour les pousser à commettre les mauvaises actions en les embellissant à leurs yeux. Ô fils d'Adam! le démon te cernera de tous côtés mais jamais ne viendra au-dessus de toi car il sera incapable de s'interposer entre toi et la miséricorde de Dieu. En commentant cette partie du verset: «tu n'en trouveras que bien peu pour reconnaître Tes bienfaits» Ibn Abbas a dit: «Une minorité des hommes sera monothéiste, mais les dires d'Iblis ne furent que suppositions et illusions, et ceci est confirmé par les paroles divines: «Le jugement de Satan sur les hommes se trouva confirmé. Tous le suivirent, quelques croyants exceptés» [Coran XXXIV, 20]. Pour cela il faut toujours se réfugier auprès de Dieu contre le démon. Ibn Abbas rapporte que l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - formulait souvent cette invocation: «Mon Dieu, je Te demande de m'accorder le pardon et la force dans ma religion, ma vie mondaine, ma famille et mes biens. Mon Dieu, cache mes défauts, rassure-moi contre ma crainte, garde-moi contre le mal qui se trouve devant moi, derrière moi, à ma droite, à ma gauche, et au-dessus de moi. Je recherche Ta protection afin que la terre ne m'engloutisse pas» (Rapporté par Al-Bazzar).
Verset 18
Telle fut la sanction de Dieu en répondant à Iblis: La malédiction, le bannissement et l'éloignement de son poste qu'il occupait parmi les anges et de Sa miséricorde. Ceux qui le suivront subiront le même sort et seront précipités dans l'Enfer comme le confirme ce verset.
Verset 19
Dieu toléra à Adam et à sa compagne de se nourrir de tous les fruits du Paradis sans s'approcher d'un arbre qu'il leur a désigné. Nous avons parlé auparavant de cela en commentant la sourate de la Vache (voir verset n°35). Satan les jalouse et commença à tramer ses machinations et de les priver de ce bien-être. Il leur dit: «Votre Seigneur ne vous a interdit cet arbre que pour vous empêcher de devenir des anges ou des immortels» en ajoutant: Si vous en aviez mangé vous vivriez éternellement, tout comme il a dit à Adam: «Ô Adam, lui dit-il, veux-tu que je te montre l'arbre de l'immortalité et un royaume impérissable» [Coran XX, 120]. Il leur jura qu'il est pour eux un conseiller à qui ils devaient avoir confiance, mais son but était leur tromperie comme il allait agir vis-à-vis des hommes même les croyants parmi eux. D'après Qatada il aurait dit: «Je jure par Dieu que je fus né avant vous et je suis plus avisé que vous, suivez-moi pour vous montrer le chemin droit».
Verset 20
Il capta leur confiance par des supercheries. Pendant qu'ils goûtaient aux fruits de l'arbre leur nudité leur apparut. Ils s'empressèrent de les couvrir avec les feuilles du paradis. Le Seigneur les interpella alors: «Ne vous ai-Je pas interdit cet arbre? Ne vous ai-Je pas dit que Satan était votre ennemi irréductible?».
Verset 21
Il leur jura qu'il est pour eux un conseiller à qui ils devaient avoir confiance, mais son but était leur tromperie comme il allait agir vis-à-vis des hommes même les croyants parmi eux. D'après Qatada il aurait dit: «Je jure par Dieu que je fus né avant vous et je suis plus avisé que vous, suivez-moi pour vous montrer le chemin droit.
Verset 22
Il capta leur confiance par des supercheries. Pendant qu'ils goûtaient aux fruits de l'arbre leur nudité leur apparut. Ils s'empressèrent de les couvrir avec les feuilles du paradis. Le Seigneur les interpella alors: «Ne vous ai-Je pas interdit cet arbre? Ne vous ai-Je pas dit que Satan était votre ennemi irréductible?»
Verset 23
Ils répondirent: «Seigneur, nous nous sommes trompés nous-mêmes. Et si tu ne nous pardonnes ni ne nous prends en pitié, nous sommes perdus». Ibn Abbas a dit: L'arbre interdit était l'épi. Quand ils en ont mangé, leur nudité leur apparut qui était jusqu'à alors cachée par leurs ongles. Ils disposèrent alors sur eux les feuilles du figuier en collant les unes aux autres. Adam erra dans le Paradis et un de ses arbres se colla à sa tête. Le Seigneur l'interpella alors: «O Adam! Me fuis-tu?» - Non, répondit-Il, mais j'ai honte de Toi ô Seigneur. Dieu répliqua: «Tout ce que Je t'ai donné et accordé comme biens dans le Paradis ne te suffit-il pas pour enfreindre mon ordre?... Certes oui, Seigneur, rétorqua Adam. Je jure par Ta puissance ô Seigneur, je n'imaginerai plus que quelqu'un puisse jurer par Toi en mentant. Il fit allusion à ce verset: «Il leur jura que ses conseils étaient sincères». Dieu riposta: «Par Ma puissance, Je te ferai descendre sur terre où tu ne trouveras de quoi subsister sans peine. Quitte le Paradis». Et Ibn Abbas de poursuivre: «Adam et son époux se nourrissaient au Paradis à discrétion alors, que sur terre, ce fut autrement. Il lui apprit comment se servir du fer et lui ordonna de labourer et semer. Adam laboura la terre, la sema et l'irrigua. La saison de la récolte arrivée, il moissonna le blé, le battit, le moulut, pétrit le pain, le passa au four et le mangea. Ainsi Adam ne put obtenir ce pain qu'après avoir accompli tous ces travaux en déployant toutes ses forces». Les feuilles du Paradis, étant celles du figuier d'après Ibn Abbas, Wahb Ben Mounabbeh déclare, en commentant ce verset: «C'est lui qui en les dépouillant de leurs vêtements, a fait apparaître leur nudité» [Verset 27]: «Les vêtements d'Adam et son épouse étaient de lumière qui cachaient leurs parties génitales de sorte que chacun d'eux ne voyait pas la partie génitale de l'autre. Quand ils mangèrent de l'arbre interdit la lumière se dissipa». Qatada a dit: «Adam demanda à Dieu: «Seigneur, si je me repens et implore Ton pardon, quel sera mon sort?» Il lui répondit: «Je te ferai entrer au Paradis.» Quant à Iblis il demanda de le laisser vivre jusqu'au jour de la résurrection sans implorer Son pardon ou se repentir. Dieu alors donna à chacun ce qu'il avait demandé. Le récit rapporté par Ibn Abbas, d'après Ibn Jarir, est le suivant: «Quand Adam mangea de l'arbre interdit, Dieu lui demanda: «Pourquoi as-tu mangé de cet arbre?» Et Adam de répondre: «C'est Eve qui m'a ordonné d'en manger» Dieu répliqua: «Je l'ai punie de sorte qu'elle ne portera qu'avec peine et n'enfantera qu'avec peine». Entendant cela, Eve gémit on lui dit: «Vous gémirez, toi et tes enfants». «Ils répondirent: Seigneur, nous nous sommes trompés nous-mêmes. Et si Tu ne nous pardonnes et ne nous prends en pitié, nous sommes perdus» Tels furent les propos qu'Adam a reçus du Seigneur pour revenir vers lui et accepter son repentir comme Ad-Dahak les a interprétés.
Verset 24
L'ordre fut donné alors à Adam, Eve et Iblis de descendre sur terre en ennemis les uns des autres. Quant aux lieux de leur descente, nombre d'exégètes les ont précisés, mais leurs dires n'étaient basés que sur des sources Israélites qui sont non-fondées; et Dieu seul est le plus savant. S'il y avait un intérêt quelconque à les savoir et à en tirer profit dans les deux mondes, Dieu aurait montré cela dans Son Livre et Son Prophète en aurait parlé.
Verset 25
«Un asile et un séjour temporaire» C'est à dire un séjour et une jouissance de la vie terrestre pour un temps limité, car tout ce que Dieu a prédestiné, est inscrit dans un Sommier qui ne sera nullement changé. «Vous vous y reproduirez, vous y mourrez et vous en sortirez» un verset qui est pareil à ces dires divins: «C'est de la terre que nous vous avons tirés et c'est à elle que vous retournerez. Nous vous en ferons sortir une deuxième fois» [Coran XX, 55]. Donc la terre est une demeure temporaire pour les fils d'Adam où ils vivront, y mourront et en sortiront pour le jour du rassemblement où les premiers et les derniers seront réunis pour comparaître devant le Seigneur qui réglera leur compte et les récompensera.
Verset 26
Dieu rappelle à Ses serviteurs qu'il leur a accordé des vêtements pour cacher leurs parties intimes et des parures pour s'embellir. A ce propos, Abou Oumama rapporte qu'il a entendu Omar Ben Al-Khattab dire: «L'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - a dit: «Celui qui porte un habit neuf et, une fois arrivé à son cou, dit: «Louange à Dieu qui m'a donné par quoi je cache ma nudité et je m'embellis dans ma vie» puis fait aumône de son vêtement râpé, sera sous la protection de Dieu et Son égide vivant et mort» (Rapporté par Ahmed, Tirmidhi et Ibn Maja). On a donné plusieurs interprétations à cette partie du verset: «Mais le meilleur des vêtements est celui de la vertu». - Ikrima a dit: C'est le vêtement que porteront les hommes pieux au jour de la résurrection. - Qatada et Ibn Jouraij: c'est la foi. - Ibn Abbas: Ce sont les œuvres bonnes. - Ourwa Ben Az-Zoubayr: C'est la crainte révérencielle de Dieu. Ibn Jarir rapporte qu'Al-Hassan a dit: «J'ai vu 'Othman Ben 'Affan sur la chaire de l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - , portant une chemise à encolure déboutonnée. Il ordonnait de tuer les chiens et de ne plus se servir des pigeons pour jouer. Puis il dit: «Hommes! Craignez Dieu dans les secrets, car j'ai entendu l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - dire: «Par celui qui tient mon âme dans Sa main, l'un d'entre vous ne dévoile un secret sans que Dieu ne lui fasse porter le voile (du secret) en public. S'il était un bien, il serait du bien, et si c'était un mal il serait ainsi» (Rapporté par Ibn Jarir, et Ibn Kathir a ajouté: c'est un hadith faible).
Verset 27
Dieu met en garde les fils d'Adam contre Iblis et ses suppôts, qui, par son ancienne animosité a fait sortir le père de l'humanité - que Dieu le salue - du Paradis qui est la demeure de la félicité, à la demeure de la peine et la fatigue. Il était la cause aussi du dévoilement de ses parties intimes qui étaient jusqu'alors cachées, rien que pour assouvir sa jalousie et son inimitié. Dieu aussi a affirmé cela par ce verset: «Allez-vous le (Iblis) choisir comme protecteur lui et sa descendance, plutôt que Moi? Alors qu'ils sont vos ennemis déclarés? Quel détestable échange les méchants font là» [Coran XVIII, 50].
Verset 28
Du temps de l'ignorance, les Arabes, excepté les Qoraïchites, ne faisaient pas la circumambulation autour de la Maison en portant les mêmes vêtements, croyant qu'ils ne devaient pas faire un tel rite dans les mêmes vêtements qu'ils portaient en commettant des méfaits à l'égard de Dieu. Ceci à l'inverse des Qoraïchites - appelés les Homs - qui faisaient les circuits en portant les mêmes vêtements. Si l'un de ces Qoraïchites prêtait à un Arabe un habit, il faisait la circumambulation en le portant. Ainsi quand il possédait un habit neuf; puis il le jetait à la fin du rite sans que personne ne le prît après. Si l'Arabe ne trouvait pas quelqu'un des Homs à lui prêter un vêtement, ou ne possédait pas un habit neuf, il faisait les circuits autour de la Maison à l'état de nudité. Il arrivait aussi que la femme cachait son sexe par n'importe quoi en chantant: Aujourd'hui que tout mon sexe apparaisse ou une partie de lui. Ce qui apparaîtra, je ne tolérerai à quiconque de le toucher. La Majorité des femmes faisaient la tournée autour de la Maison la nuit en nudité totale. C'était une coutume que les polythéistes avaient inventée en imitant ainsi leurs pères croyant que c'était un ordre venant de Dieu. Dieu désavoue leur comportement et dit: «Quand ils commettent une mauvaise action, ils disent: «C'est ainsi qu'agissaient nos pères et Allah nous commande d'agir de même». Il ordonna à Son Prophète de leur répondre: «Non, Allah n'ordonne jamais de mauvaises actions» ce que vous faites est une abomination et Dieu la réprouve. «Allez-vous attribuer à Allah des choses dont le sens vous échappe» Direz-vous sur Dieu des choses que vous ne savez pas?
Verset 29
Plutôt «mon Seigneur a recommandé la droiture» et la justice. «Relevez vos fronts au moment de chaque prière, invoquez-Le d'une foi pure» Il vous ordonne d'être droits et justes dans vos prières et vos pratiques religieuses en suivant les Prophètes qui vous ont apporté les miracles et les signes pour confirmer leurs messages et les lois afin que vous soyez sincères envers Lui en Lui vouant un culte pur. Dieu, certes, n'accepte que les actions qui remplissent ces deux conditions: être conformes à la Loi et consacrées à Lui seul. Pour ce qui est de ces dires «De même qu'Il vous a créé, Il vous ressuscitera» il y a eu des interprétations différentes: - D'après Moujahed. Il vous ressuscitera après la mort. - D'après Al-Hassan Al-Basri: Comme Il vous a donné la vie en vous créant ainsi vous serez en vie au jour de la résurrection. - D'après Aslam: De même qu'il vous a créés, vous retournerez à lui. Cette dernière fut adoptée par Abou Ja'far Ben Jarir en s'appuyant sur les dires d'Ibn Abbas qui a rapporté: «L'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - nous sermonna et dit: «Hommes! Vous serez rassemblés devant Dieu nu-pieds, sans vêtements et incirconcis. De même que nous avons procédé à la première création, nous la recommencerons. C'est une promesse qui nous concerne; oui, nous l'accomplirons» (Rapporté par Boukhari et Mouslim). Quant à Mouhammad Ben Ka'b Al-Qouradhi, il a dit: «Ce verset signifie: Celui qui, au début de sa création, agit en incrédule et méchant, terminera sa vie en tant que tel même s'il a fait de bonnes actions durant. Celui qui, au début de sa création, fut né pour le bonheur et agit en fidèle, terminera sa vie en tant que tel même s'il a fait de mauvaises actions, tout comme les sorciers qui ont commencé leur vie en pratiquant la magie et la termineront ainsi. Le commentaire d'As-Souddy fut le suivant: Certains nés dirigés et d'autres égarés, ainsi les uns et les autres seront ressuscités. Ali Ben Abi Talha, quant à lui, a rapporté ces dires d'Ibn Abbas: Dieu a créé les fils d'Adam en faisant d'eux des fidèles et des impies comme Il le montre dans ce verset: «C'est lui qui vous a créés. Certains d'entre vous ont la foi; d'autres, non» [Coran LXIV, 2]. Au jour du rassemblement, ils seront ressuscités comme tels: croyants et incrédules.
Verset 30
Il a mis les uns dans la bonne voie; les autres ont mérité d'être égarés. Ils ont pris Satan pour maître à la place d'Allah et croient être dans la bonne voie. Et l'auteur de cet ouvrage d'ajouter: Les dires d'Ibn Abbas sont appuyés par ce hadith cité dans le Sahih de Boukhari d'après Ibn Mass'oud dans lequel l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - aurait dit: «Par celui qu'il n'y a d'autre Dieu que Lui, l'un d'entre vous accomplira les œuvres des élus du Paradis au point de n'en être plus séparé que d'une seule coudée -ou une brassée- mais ce qui lui a été destiné surviendra et il accomplira les œuvres des réprouvés de l'Enfer et il y entrera. Par contre l'un d'entre vous accomplira les œuvres des réprouvés de l'Enfer au point de n'en être plus séparé que d'une seule coudée -ou une brasse, il fera les œuvres des élus du Paradis et y entrera». Sahl Ben Sa'd rapporte que l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - a dit: «L'homme accomplit un acte que les gens estiment devoir le faire entrer au Paradis et cependant il est destiné à l'enfer. De même que celui qui accomplit un acte que les gens estiment devoir le faire entrer en Enfer et cependant il est destiné au Paradis. Or les actes se jugent d'après le dernier» (Rapporté par Boukhari). Il faut donc qu'il y ait une certaine liaison entre ces différents dires et ce verset: «Suis fermement la religion dans toute sa rigueur. C'est une obligation inhérente à la nature de l'homme» [Coran XXX 30] d'une part, et en d'autre part ce hadith cité dans les deux Sahihs où Abou Houraïra rapporte que l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - a dit: «Tout enfant est né sur l'Islamisme, et ses parents font de lui un juif, un chrétien ou un mage». Ce qu'il y a de commun entre eux, c'est qu'il consiste à croire que Dieu a créé les hommes pour qu'il y aura entre eux, plus tard, des croyants et des incrédules, même s'Il les avait créés tous en leur apprenant Sa connaissance, Son unicité et qu'il n'y a de Dieu que Lui, tout comme Il a pris leur engagement d'y croire en inculquant ceci dans leur création et leurs instincts. Et pourtant, il y aura parmi eux les bienheureux et les malheureux, une réalité qui est confirmée par ce verset: «C'est Lui qui vous a créés. Certains d'entre vous ont la foi, d'autres non» [Coran LXIV, 2]. Dans un hadith, l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - a dit: «Tout homme débute sa journée trafiquant de son âme: il l'affranchit ou la conduit à sa perte» (Rapporté par Mouslim). C'est Lui qui fixe les destins et qui dirige, et Il est aussi celui qui a donné à chaque chose sa forme et qui l'a ensuite dirigée. Il est cité dans les deux Sahihs que l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - a dit: «Aux heureux, on rendra faciles les œuvres des élus, et aux misérables, on rendra faciles les œuvres des réprouvés». Voilà comment on doit comprendre les dires de Dieu: «Il a mis les uns dans la bonne voie; les autres ont mérité d'être égarés» et Il a justifié cela par: «ils ont pris Satan pour maître à la place d'Allah».
Verset 31
On trouve dans ce verset une réponse aux polythéistes qui faisaient la circumambulation autour de la Maison à l'état de nudité. Pour cela Dieu ordonne aux fidèles: «revêtez vos plus beaux habits au moment de chaque prière» Partant de ce verset, il est recommandé aux fidèles de porter des habits convenables pour faire les prières quotidiennes, et les plus beaux pour le jour de vendredi et les fêtes, et en plus de se parfumer et de se frotter les dents avec le «miswak». Quant à la couleur préférée, elle est la blanche. À cet égard l'imam Ahmed rapporte d'après Ibn Abbas que l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - a dit: «Portez des vêtements blancs car ils sont les meilleurs, ensevelissez vos morts dans des tissus de couleur blanche, le meilleur kohol est l'antimoine car il éclaircit la vue et fait pousser les cheveux (les cils)» «Mangez et buvez mais gardez-vous de tout excès» c'est un verset qui, selon les dires de quelques exégètes, résume presque toute la médecine. Il est dit dans un hadith: «Mangez, buvez, habillez-vous et faites l'aumône sans ostentation ni prodigalité. Dieu aime voir les traces de Ses bienfaits sur son serviteur» (Rapporté par Ahmed, Nassaï et Ibn Majaa). Dans un autre hadith rapporté par l'Imam Ahmed, l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - a dit: «Le fils d'Adam ne remplit un récipient pire que son estomac. S'il devait absolument le faire, qu'il y laisse un tiers (de son estomac) pour le manger, un tiers pour le boire et un tiers pour sa respiration» (Rapporté par Nassaï et Tirmidzi). Pour Abdul Rahman Ben Zaïd Ben Aslam cet excès signifie les biens illicites. Mais Ibn Jarir déclare que les dires de Dieu: «Allah n'aime pas les excès» sont pareils à ceux-là: «Allah n'aime pas les transgresseurs» et cette transgression consiste à rendre licite ce qui est illicite et vice versa. Il aime que l'homme considère le licite comme tel et l'illicite comme tel, voilà l'équité qu'Il a ordonnée.
Verset 32
Dieu ordonne à Son Prophète de demander aux polythéistes qui a le droit de déclarer qu'une chose est licite ou illicite sinon d'après une loi divine. Si Dieu avait produit cette parure pour tous les hommes, croyants et impies, pour s'en servir dans le bas monde, elle serait au service des croyants seuls au jour de la résurrection tout comme le Paradis qui sera interdit aux infidèles. On peut dire aussi que ce verset constitue une réponse aux idolâtres qui s'interdisaient de vêtements en faisant les tournées autour de la Maison, ces vêtements étant de parures pour les hommes.
Verset 33
Mon Seigneur interdit de commettre les mauvaises actions, apparentes ou cachées. Il interdit le mal et toute violence injuste. Il interdit qu'on Lui associe des divinités qu'Il n'a pas Lui-même accréditées. Il interdit qu'on parle de Lui sans connaissances. Abdullah Ben Mass'oud rapporte que l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - a dit: «Nul n'est plus jaloux que Dieu, et c'est pour cela qu'Il a interdit les turpitudes qu'elles soient manifestes ou dissimulées. Rien n'est plus agréable à Dieu que l'éloge» (Rapporté par Ahmed, Boukhari et Mouslim). Nous avons parlé auparavant des turpitudes en commentant la sourate du Bétail. Quant aux dires de Dieu: «le mal et toute violence injuste» As-Souddy a dit: Le mal est tout péché, et la violence consiste à traiter les gens avec inéquité. «Dieu interdit aussi de Lui associer d'autres divinités qui n'ont reçu de lui aucun pouvoir, et «qu'on parle de Lui sans connaissance» c'est à dire de forger des mensonges à Son sujet en disant par exemple qu'Il s'est donné un fils
Verset 34
Chaque peuple a un délai. Quand ce délai expire, personne ne peut ni le retarder ni l'avancer d'une heure. Toute génération a une fin et un terme que Dieu lui a fixé, elle ne peut le reculer ni l'avancer fût-ce d'une heure.
Verset 35
O fils d'Adam, des Prophètes sortiront de vos rangs, qui vous rappelleront mes enseignements. Quiconque craindra Allah et fera le bien ne connaîtra ni peur ni tristesse. Il fait connaître à chaque peuple que des Prophètes qui seront envoyés pour exposer Ses signes et le mettre en garde que: «Quiconque craindra Allah et fera le bien» c'est à dire observera les prescriptions et s'abstiendra des interdictions «ne connaîtra ni peur ni tristesse»
Verset 36
Quiconque traitera mes signes de mensonge et les méprisera aura l'enfer pour séjour éternel. Quant à celui qui «traitera mes signes de mensonge» et qui, par orgueil, s'en détournera «aura l'enfer pour séjour éternel» et n'en sortira plus.
Verset 37
Qui est plus coupable que celui qui colporte des calomnies sur le compte d'Allah et met en doute nos signes? ces gens auront la part de bonheur que leur a fixé le Livre jusqu'au jour où les anges de la mort les rappelleront à nous. Les anges leur diront: «Où sont ceux que vous invoquiez à la place d'Allah?» Ils répondront: «Ils nous ont abandonnés». Et ils avoueront ainsi eux-mêmes qu'ils ont vécu en infidèles. Dieu se demande: Qui est plus inique que celui qui forge de mensonges contre Lui et traite Ses signes de mensonge? Ceux-là «auront la part de bonheur que leur a fixé le Livre» À ce propos les opinions se divergent. Ibn Abbas a dit: chacun recevra la récompense de ses actions, bonnes soient-elles ou mauvaises. Tout est inscrit sur un registre comme un Livre. Mohammed Al-Qouradhi, quant à lui, dit: Il s'agit de ses œuvres, ses biens et son terme de vie. Cette opinion s'avère être plus logique car le verset qui s'ensuit le confirme «jusqu'au jour où les anges de la mort les rappelleront à nous» Or ceci est pareil aux dires de Dieu: «Ceux qui imputent des mensonges à Allah seront réprouvés. Éphémère sera leur réussite en ce monde. Finalement, ils nous feront retour. Puis nous leur infligerons un châtiment exemplaire pour les punir de leur impiété» [Coran X, 69-70]. Lorsque les anges de la mort se présentent aux idolâtres pour recueillir leur âme, ils leur inspirent une grande frayeur, et ils leur demandent: «Où sont ceux que vous invoquiez à la place d'Allah» et les adoriez, appelez-les pour qu'ils vous sauvent et vous tirent de ce mauvais sort. Et les idolâtres de répondre: «Ils nous ont abandonnés et nous n'espérons rien de leur part. Alors: «ils avoueront ainsi eux-mêmes qu'ils ont vécu en infidèles» et qu'ils étaient des mécréants
Verset 38
Allah dira: «Allez rejoindre en enfer les générations d'hommes et des génies qui vous ont précédées». Chaque fois qu'une génération y entre, elle maudit sa sœur. Quand elles s'y seront toutes rejointes, la dernière, montrant la précédente, dira: «Seigneur, voilà les gens qui nous ont égarés. Double-leur le supplice du feu». Allah répondra: Le supplice sera double pour tous. Mais vous ne savez pas ce qui vous attend. À ces idolâtres et blasphémateurs Dieu dira au jour de la résurrection: «Allez rejoindre en enfer les générations d'hommes et de génies qui vous ont précédés» et qui étaient incrédules comme vous. «Chaque fois qu'une génération y entre, elle maudit sa sœur» Comme Il a dit par la bouche d'Abraham -que Dieu le salue-: «Au jour de la résurrection, vous vous renierez et vous maudirez» [Coran XXIX, 25]. Dieu a dit également à leur propos: «Ce jour-là, à la vue du châtiment, les chefs désavoueront ceux qui les ont suivis et perdront tous leurs moyens» [Coran II, 166]. Une fois ces générations d'incrédules réunies en enfer, la dernière arrivée dira de la première: «Double-leur le supplice du feu» Car elle était plus coupable étant donné que la dernière avait suivi la première qui l'avait égarée. Ils s'excuseront ainsi: «Ô Seigneur, nous avons obéi à nos princes et à nos dignitaires et ce sont eux qui nous ont détournés de la bonne direction. Seigneur, double-leur leur châtiment» [Coran XXXIII, 67-68]. Et le Seigneur de répondre: «Le supplice sera double pour tous» et le châtiment sera en fonction des œuvres de chacun d'entre vous, car ceux qui écartent les hommes du chemin de Dieu, nous leur infligerons châtiment sur châtiment.
Verset 39
Et la première dira à la dernière: «Vous n'avez pas été plus avisés que nous» et vous n'avez aucun avantage sur nous, nous étions tous des égarés. «Goûtez, vous aussi, le supplice que vous valent vos œuvres». Dieu montre leur attitude et leur sort au jour de la résurrection quand Il dit: «Ah si tu pouvais assister à la comparution des méchants devant leur Seigneur quand ils se rejetteront les uns sur les autres la responsabilité. Les faibles diront aux puissants: «Sans vous, nous aurions cru» [Coran XXXIV, 31].
Verset 40
Ceux qui traitent nos révélations d'impostures et les méprisent, les portes du ciel leur resteront fermées. Ils n'entreront au paradis que quand un chameau passera par le trou d'une aiguille. Voilà le sort qui attend les criminels. L'expression: «les portes du ciel lui seront fermées» signifie pour certains: aucune invocation ou une œuvre pie ne montera au ciel, et pour d'autres: les portes du ciel seront fermées devant leurs âmes pour n'y plus accéder. Ce qui corrobore la deuxième opinion est ce hadith rapporté par l'imam Ahmed d'après Al-Bara' Ben 'Azeb où il raconte les détails de ce qui arrive aux âmes après la mort, et comment les âmes des incrédules se voient refuser l'entrée au ciel. Ces infidèles auront la Géhenne pour récompense en punition de leur injustice.
Verset 41
Le brasier de l'enfer sera leur lit et les flammes les envelopperont. C'est ainsi que nous traitons les criminels.
Verset 42
À l'inverse du sort des infidèles, les croyants dont le cœur est rempli d'une foi ferme et qui font le bien et les bonnes œuvres, trouveront le bonheur et la félicité « nous n'imposerons de devoirs que dans la mesure de leurs forces. Ceux-là auront le paradis pour séjour éternel. Nous extirperons la haine de leurs cœurs » ainsi que la jalousie. Il est cité dans le Sahih de Boukhari d'après Abou Sa'id Al-Khoudri que l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - a dit : « Lorsque les croyants seront délivrés de l'Enfer, ils seront retenus sous une arcade entre le Paradis et l'Enfer où ils subiront la punition à cause des actes injustes qu'ils avaient commis les uns envers les autres dans le bas monde. Une fois purifiés, on leur accordera l'accès au Paradis. Par celui qui tient mon âme dans Sa main, chacun de vous trouvera sa demeure au Paradis plus facilement qu'il ne reconnaisse la sienne dans le bas monde ». En commentant le sus-dit verset, As-Souddy a dit : « Lorsque les croyants seront conduits au Paradis, ils trouveront à sa porte un arbre dont deux sources d'eau couleront de son tronc. Une fois qu'ils auraient bu de cette eau, toute haine serait arrachée de leurs cœurs. Voilà la boisson très pure promise. Ils feront une lotion de l'autre source et leurs visages recevront l'éclat de la félicité. Après tout, ils n'auront ni la tête ébouriffée ni le visage pâle ». Quant à Ali - que Dieu l'agrée, il a dit : « J'espère que je serai avec Othman, Talha et Az-Zoubayr ceux que Dieu les a désignés dans ce verset : « Nous extirperons la haine de leurs cœurs ». An-Nassai et Ibn Mardaweih ont rapporté d'après Abou Houraira que l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - a dit : « Chacun des élus du Paradis verra sa place qui lui était réservée à l'Enfer et dira : « Si Dieu ne m'avait pas dirigé (je l'aurais occupée). Et ceci sera une reconnaissance de sa part. Par contre, chacun des réprouvés verra sa place qui lui était réservée au Paradis, et dira : « Si Dieu m'avait dirigé (je l'aurais occupée) ». C'est pourquoi lorsque les fidèles auront hérité au Paradis les places qui étaient - en principe - destinées aux réprouvés, on leur criera : Voilà le Jardin dont vous héritez en récompense de vos œuvres et vous avez acquis la miséricorde du Seigneur. C'est de cette façon qu'on doit commenter ce fait et dont ce hadith cité dans les deux Sahihs le corrobore, où l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - a dit : « Sachez que les œuvres de l'un d'entre vous ne le feront pas entrer au Paradis » On lui demanda : « Même pas toi ô Envoyé de Dieu ? » « Même pas moi, répondit-il, à moins que Dieu ne m'enveloppe de Sa miséricorde et Sa grâce » [Rapporté par Boukhari et Mouslim].
Verset 43
« Nous extirperons la haine de leurs cœurs » ainsi que la jalousie, et « sous leurs palais coulent des rivières ». Ils diront : « Louange à Allah qui nous a guidés vers ce séjour ! Nous n'aurions point été dans la bonne direction si Allah ne nous avait guidés. Les messagers de notre Seigneur sont, en vérité, venus avec la vérité ». Et on leur criera : « Voilà le Paradis dont vous héritez pour prix de vos œuvres ! »
Verset 44
Les habitants du ciel diront à ceux de l'enfer : « Voici que se réalisent les promesses de notre Seigneur. Et celles qu'il vous a faites se réalisent-elles pour vous ? » Ils répondront : oui. Un crieur annoncera : « Malédiction d'Allah sur les coupables ». Une fois les bienheureux du Paradis installés, ils demanderont aux réprouvés : Nous avons trouvé vrai ce que notre Seigneur nous a promis, trouvez-vous vrai ce que votre Seigneur vous a promis ?. Une question qui contient une réprimande et une remontrance, tout comme celui qui avait un compagnon parmi les infidèles et dont Dieu l'a désigné dans ces versets : « Il s'avancera, puis montrant son compagnon au fond de l'enfer, il dira : « Par Allah, tu as failli me perdre » [Coran XXXVII, 55-56]. Il lui reproche ses paroles et actes quand il se trouvait dans le bas monde et les désavoue. Ainsi les anges blâmeront les damnés en leur disant : « Voici le feu que vous avez traité de mensonge, leur dira-t-on. Est-ce de la magie ? Comme vous le prétendiez ou bien ne voyez-vous pas ? » [Coran LII, 14-15]. C'est de cette façon que l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - avait réprimandé les victimes de la bataille de Badr, à « Qalibe » en les appelant : « Ô Abou Jahl Ben Hicham, ô 'Outba Ben Rabi'a, ô Chaiba Ben Rabi'a » - qui étaient les chefs des idolâtres : « Avez-vous trouvé vrai ce que Dieu vous a promis ? Quant à moi j'ai trouvé vrai ce que mon Seigneur m'a promis ». Omar lui demanda : « Adresses-tu la parole à des gens qui sont devenus des cadavres ? » Il lui répondit : « Par celui qui tient mon âme dans Sa main, ils entendent mes paroles mieux que toi mais ils ne peuvent pas me répondre » (Rapporté par Boukhari et Mouslim).
Verset 45
« Malédiction sur ceux qui détournaient leurs prochains de la voie d'Allah, qui souhaitaient cette voie tortueuse et qui ne croyaient pas au jour dernier ». « Un crieur annoncera : « Malédiction d'Allah sur les coupables » et qu'elle s'abatte sur eux sans merci. « Ceux qui détournaient leurs prochains de la voie d'Allah, qui souhaitaient cette voie tortueuse » qui égaraient les gens et les empêchaient de suivre la voie droite et ce que les Prophètes leur apportaient comme enseignements « et qui ne croyaient pas au jour dernier » en reniant la rencontre du Seigneur au jour de la résurrection. Ils persévéraient dans leur désobéissance sans redouter ni compte, ni supplice, et étaient les pires des hommes.
Verset 46
Entre habitants du ciel et de l'enfer un mur se dresse. Le sommet en est occupé par des hommes qui reconnaissent l'identité de chacun. Ils disent aux habitants du ciel : « Que la paix d'Allah soit sur vous ! Les habitants de l'enfer n'entreront pas, malgré leur désir. Dieu fait connaître aux hommes qu'un écran épais est placé entre le Paradis et la Géhenne, qui est un mur selon les dires d'Ibn Jarir en se référant à ce verset : « À ce moment, un rempart, percé d'une porte, s'élèvera entre eux » [Coran LVII, 13]. Ce rempart est « l'A'raf » (le limbe) qui sera occupé par des hommes ». Mais quels sont ces hommes ? Ils sont, d'après différentes interprétations, des gens dont leurs bonnes actions équivalent à leurs mauvaises. À cet égard Al-Hafedh Ben Mardaweih a rapporté d'après Jaber Ben Abdullah qu'on a demandé à l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - au sujet de celui dont ses bonnes actions équivalent aux mauvaises ? Il répondit : « Ce sont les hommes de l'A'raf dont leurs bonnes actions ne leur permettront pas d'accéder au Paradis et leurs mauvaises ne les laisseront pas être précipités dans l'Enfer. Ils attendront sur le limbe le jugement final de Dieu ». À ce propos Ibn Mass'oud a dit : Les gens seront jugés au jour de la résurrection, celui dont ses bonnes actions dépassent ses mauvaises fût-ce par un seul grain, entrera au Paradis. Et celui dont ses mauvaises actions dépassent ses bonnes fût-ce par un grain entrera à l'Enfer. Puis il récita : « Ceux en faveur de qui la balance penchera triompheront » [Coran XXIII, 102]. Donc la balance sera élevée ou baissée par le poids d'un grain de bonnes ou de mauvaises actions. Mais si les deux plateaux seront au même niveau, l'individu sera parmi les gens de l'A'raf qui seront retenus sur le limbe (le sirat) et qui reconnaîtront les habitants du Paradis et ceux de l'Enfer. Quand ils regarderont les premiers, ils diront : « Que la paix d'Allah soit sur vous », en regardant les autres, ils s'écrieront : « Seigneur, ne nous réunis pas aux réprouvés ». Et Ibn Mass'oud de poursuivre : « On donnera à ceux qui avaient fait les bonnes actions une lumière grâce à laquelle ils marcheront en avant et à droite. Or on donnera à chaque individu et peuple une lumière, et une fois arrivés sur le sirat, Dieu ôtera la lumière des hypocrites. Lorsque les habitants du Paradis verront cela, ils s'écrieront : « Ô notre maître, fais briller d'un pur éclat notre lumière » [Coran LXVI, 8]. Quant aux gens de l'A'raf, leur lumière ne serait plus ôtée, Dieu a dit d'eux : « Ils n'entreront pas, malgré leur désir ». On a rapporté qu'on demanda à l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - à propos des gens de l'A'raf ? Il répondit : « Ils seront les derniers que Dieu jugera de leur cas. Lorsque le Seigneur des mondes aura jugé tous les hommes, Il leur dira : « Vous êtes des gens dont leurs bonnes actions ont délivrés du Feu sans que pour autant vous puissiez entrer au Paradis. Allez, vous êtes Mes affranchis, vivez au Paradis où vous voudrez » (Ibn Kathir a dit que ce hadith est jugé bon malgré qu'il soit moursal). Al-Qourtoubi a cité (dans son interprétation du coran) douze opinions à leur sujet. Quant à cette partie du verset : « qui reconnaissent l'identité de chacun » ou suivant une autre interprétation : « se connaissant les uns et les autres d'après leurs traits distinctifs », elle a été commentée de la façon suivante : - Ibn Abbas a dit : Les habitants du Paradis seront reconnus grâce à la blancheur de leurs visages et ceux de l'Enfer par la noirceur. - D'après un autre commentaire, il a dit : Dieu les placera dans cet endroit afin qu'ils reconnaissent les habitants du Paradis et ceux de l'Enfer. Ces derniers auront les visages noircis. Les gens de l'A'raf demanderont le refuge auprès de Dieu et de ne plus être avec les injustes. Et pourtant ils salueront les élus du Paradis, bien qu'ils seront encore en dehors, mais ils désireront y accéder et ils seront exaucés grâce à la volonté de Dieu. - Al-Hassan, quant à lui, récita : « n'entreront pas, malgré leur désir » et dit : Par Dieu, ils n'éprouveront un tel désir que grâce à la considération que Dieu voudra leur accorder. - Quatada a dit : Dieu vous a informés de ce désir dont ils pressentiront.
Verset 47
« Quand ils tournent leurs regards du côté des habitants de l'enfer, ils s'écrient : « Seigneur, ne nous réunis pas aux réprouvés » ». « Quand ils tournent leurs regards du côté des habitants de l'enfer, ils s'écrient : « Seigneur, ne nous réunis pas aux réprouvés » » Ceci signifie, d'après Ibn Abbas : Lorsque les regards des gens de l'A'raf se porteront sur les hôtes de l'Enfer et ils les reconnaîtront, ils diront : « Notre Seigneur, ne nous mets pas avec le peuple injuste ». Ikrima l'a commenté en disant : Ces regards seront dirigés vers les réprouvés de l'Enfer, mais une fois qu'ils verront les élus du Paradis, ils ne penseront plus aux premiers.
Verset 48
Les gens de l'A'raf, reconnaissant les chefs des idolâtres et leurs notables, leur diront : « À quoi vous a servi de vous grouper ? » c'est-à-dire votre grand nombre « et à quoi vous a servi votre superbe ? » et ce qui faisait votre orgueil, car vous voilà laissés à votre sort funeste et soumis au supplice.
Verset 49
Les gens retenus aux limbes dont les polythéistes croyaient qu'ils n'obtiendraient pas la miséricorde de Dieu, on leur dira après : « Entrez au Paradis où vous n'aurez plus rien à craindre et vous n'éprouverez aucune affliction ».
Verset 50
Les habitants de l'enfer crient à ceux du ciel : « Déversez sur nous un peu d'eau ou un peu de joies qu'Allah vous a prodiguées ». Ils répondront : « Allah interdit l'une et l'autre aux infidèles ». Aux infidèles qui ont traité leur religion comme un jeu ou un divertissement et qui se sont laissés abuser par la vie du siècle. Aujourd'hui, nous les oublions comme ils ont oublié ce jour où ils devraient comparaître et pour les punir d'avoir méconnu nos signes. Les réprouvés de l'Enfer, vivant dans la misère et l'humiliation, demanderont aux élus du Paradis, de leur répandre de l'eau ou de leur donner de leur nourriture et leur boisson, mais ils ne leur répondront pas. Sa'id Ibn Joubair a dit : L'homme appellera son père ou son frère et lui dira : « Je brûle, déverse sur moi un peu d'eau ». On ordonnera aux élus de leur répondre : « Allah interdit l'un et l'autre aux infidèles ». On demanda à Ibn Abbas : « Quelle est la meilleure aumône ? » Il répondit : « L'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - a dit : « La meilleure aumône est l'eau. N'as-tu pas entendu les réprouvés de l'Enfer en suppliant les élus du Paradis pour se soulager : « Répandez de l'eau sur nous, ou quelque chose des biens que Dieu vous a accordés ? » (Rapporté par Ibn Abi Hatem). Puis Dieu décrit la vie des incrédules qui avaient considéré leur religion comme un jeu et un divertissement, joie des clinquants du bas monde et négligé ce qu'ils devaient s'approvisionner pour leur vie future. « Aujourd'hui, nous les oublions comme ils ont oublié ce jour où ils devaient comparaître » c'est nous qui les traitons comme il se devait car rien n'échappe de leurs méfaits au Seigneur qui « ni ne se trompe ni n'oublie » [Coran XX, 52]. Ibn Abbas a dit à ce propos : « Dieu oublie de leur accorder du bien mais Il n'oublie pas de leur infliger le mal. Il les néglige comme ils ont négligé le jour de cette rencontre. Il est cité dans le Sahih que Dieu le Très Haut dira à Son serviteur au jour de la résurrection : « Ne t'ai-Je pas donné une épouse ? Ne t'ai-Je pas honoré ? Ne t'ai-Je pas mis à ton service les chevaux et les chameaux, et ne t'ai-Je pas laissé dominer et mener une vie aisée ? » L'homme répondra : « Certes oui. » Et le Seigneur de poursuivre : « Ne croyais-tu pas que tu Me rencontrerais ? » - Non, dit-il. - Aujourd'hui Je t'oublie comme tu M'as oublié, répliquera-t-Il » (Rapporté par Mouslim).
Verset 51
Les habitants de l'enfer crient à ceux du ciel: «Déversez sur nous un peu d'eau ou un peu de joies qu'Allah vous a prodigués». Ils répondront: «Allah interdit l'une et l'autre aux infidèles» (50) Aux infidèles qui ont traité leur religion comme un jeu ou un divertissement et qui se sont laissés abuser par la vie du siècle. Aujourd'hui, nous les oublions comme ils ont oublié ce jour où ils devraient comparaître et pour les punir d'avoir méconnu nos signes» (51). Les réprouvés de l'Enfer, vivant dans la misère et l'humiliation, demanderont aux élus du Paradis, de leur répandre de l'eau ou de leur donner de leur nourriture et leur boisson, mais ils ne leur répondront pas. Sa'id Ibn Joubaïr a dit: L'homme appellera son père ou son frère et lui dira: «Je brûle, déverse sur moi un peu d'eau». On ordonnera aux élus de leur répondre: «Allah interdit l'un et l'autre aux infidèles». On demanda à Ibn Abbas: «Quelle est la meilleure aumône?» Il répondit: «L'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - a dit: «La meilleure aumône est l'eau. N'as-tu pas entendu les réprouvés de l'Enfer en suppliant les élus du Paradis pour se soulager: «Répandez de l'eau sur nous, ou quelque chose des biens que Dieu vous a accordés?» (Rapporté par Ibn Abi Hatem). Puis Dieu décrit la vie des incrédules qui avaient considéré leur religion comme un jeu et un divertissement, jouis des clinquants du bas monde et négligé ce qu'ils devaient s'approvisionner pour leur vie future. «Aujourd'hui, nous les oublions comme ils ont oublié ce jour où ils devaient comparaître» c'est nous qui les traitons comme il se devait car rien n'échappe de leurs méfaits au Seigneur qui «ni ne se trompe ni l'oublie» [Coran XX, 52]. Ibn Abbas a dit à ce propos: «Dieu oublie de leur accorder du bien mais Il n'oublie pas de leur infliger le mal. Il les néglige comme ils ont négligé le jour de cette rencontre. Il est cité dans le Sahih que Dieu le Très Haut dira à Son serviteur au jour de la résurrection: «Ne t'ai-Je pas donné une épouse? Ne t'ai-Je pas honoré? Ne t'ai-Je pas mis à ton service les chevaux et les chameaux, et ne t'ai-Je pas laissé dominer et mener une vie aisée?» L'homme répondra: «Certes oui.» Et le Seigneur de poursuivre: «Ne croyais-tu pas que tu Me rencontrerais?» - Non, dit-il. - Aujourd'hui Je t'oublie comme tu M'as oublié, répliquera-t-Il» (Rapporté par Mouslim).
Verset 52
Et cependant nous leur avions apporté un Livre où nous avions tout réglé en détail, et qui était un guide et une bénédiction pour les croyants (52). Dieu n'a laissé aucune excuse aux idolâtres en leur envoyant les Prophètes et les livres renfermant les enseignements, et surtout le Coran le dernier des Écritures, dont les versets sont clairement exposés ou comme le Seigneur a dit: «Un Livre où nous avions tout réglé en détail» Une fois que ces incrédules seraient les perdants dans l'autre monde, ils n'auraient aucun prétexte car Dieu a dit: «Nous ne sévissons pas sans que nous ayons envoyé un Prophète» [Coran XVII, 15].
Verset 53
Attendent-ils que les prédictions du Livre se réalisent? Le jour où elles se réaliseront, ceux qui n'en avaient pas fait cas s'exclameront: «Les Prophètes de notre Seigneur nous avaient bien prédit la vérité. Mais pouvons-nous maintenant trouver des intercesseurs pour obtenir notre pardon ou retourner sur terre? Nous nous comporterions autrement que nous ne l'avons fait.» Ils auront perdu leur âme, et leurs soutiens imaginaires leur manqueront (53). C'est pour cela qu'Il a dit: «Attendent-ils que les prédictions du Livre se réalisent?» C'est à dire ce dont ils ont été promis du châtiment, du Paradis et de l'Enfer. Al-Rabi' a dit à ce propos: Les prédictions s'accompliraient au fur et à mesure jusqu'au jour du compte final, et où les élus seront au Paradis et les réprouvés à l'Enfer. «Le jour où elles se réaliseront» le jour de la résurrection «ceux qui n'en avaient pas fait cas» et qui n'avaient pas mis ses prescriptions à exécution en les négligeant «s'exclameront: «Les Prophètes de notre Seigneur nous avaient bien prédit la vérité» cette vérité qui leur assurerait leur salut dans l'au-delà. Ils demanderont: «Pouvons-nous maintenant... retourner sur terre? Nous nous comporterions autrement que nous ne l'avons fait? tout comme ils ont déclaré dans un autre verset: «Si tu te trouves là le jour où ils seront sur le point d'entrer en enfer, tu les entendras dire: Plût à Allah que nous puissions revenir sur terre! Nous ne traiterions plus de mensonge les signes de notre Seigneur et nous serions croyants. Certes, ce qu'ils cachaient sera étalé au grand jour. S'ils y revenaient sur terre? ils referaient ce qui leur a été défendu» [Coran VI, 27-28]. Mais ils se sont eux-mêmes perdus en entrant en enfer pour l'éternité, et ce qu'ils ont inventé comme divinités les ont abandonnés sans pouvoir leur être comme intercesseurs ou secoureurs.
Verset 54
Dieu créa l'univers en six jours comme Il l'affirme dans d'autres versets. Mais la question qui vient à l'esprit: Ce jour était-il comme l'un de nos jours? ou bien Il équivalait à mille années selon les dires de Moujahed et l'Imam Ahmed?. Quant au jour de Samedi, Dieu n'y a rien créé, étant le septième jour de la semaine, un jour de repos. Les dires de Dieu «et proclamé Sa souveraineté du haut de son Trône» ou suivant une autre interprétation: «puis Il s'est assis en majesté sur le Trône», ont été le sujet de plusieurs commentaires, et il est inutile de les mentionner ou de les discuter, mais nous allons les concevoir tels quels comme ont fait les hommes vertueux qui nous ont précédés, sans que leur croyance était sujette à une qualification ou un anthropomorphisme ou un athéisme. Ce qui remontait à l'esprit des anthropomorphistes était loin de toute logique car rien n'est semblable au Seigneur comme Il le confirme Lui-même. «Rien ne Lui ressemble. Il entend et voit tout» [Coran XLII, 11]. À cet égard, Na'im Ben Hammad Al-Khouza'i - le maître de Boukhari- a dit: Quiconque donne un semblable à Dieu parmi Ses créatures, aura mécru. Celui qui renie les qualités que Dieu s'en est attribuées Lui-même, aura mécru. Par les mots que Dieu s'est décrit Lui-même, ou comme Son Prophète - qu'Allah le bénisse et le salue - l'a décrit, il n'y a lieu à aucun anthropomorphisme. Mais quiconque atteste les qualités divines qui siéent à Sa Majesté telles comme elles sont mentionnées dans les versets du Coran et citées dans la Tradition, et en plus renie tout défaut attribué à Dieu, aura suivi la bonne direction. «C'est Lui qui a engendré l'alternance rapide du jour et de la nuit» C'est à dire Il fait dissiper la clarté du jour par l'obscurité de la nuit, et l'obscurité de la nuit par la clarté du jour, chacun de ces deux phénomènes s'accomplissent sur le champ sans aucun retard. Dieu en a parlé dans d'autres versets, par exemple quand Il a dit: «N'est-ce pas un signe de notre puissance que la nuit succédant au jour et plongeant les hommes dans les ténèbres» [Coran XXXVI, 37] et: «Le soleil ne saurait pas plus atteindre la lune que la nuit dépasser le jour. Chaque élément évolue dans sa sphère» [Coran XXXVI, 40]. L'expression: «que la nuit dépasser le jour» signifie que chacun d'eux vient directement à la suite de l'autre sans délai ni retard. «C'est Lui qui a soumis à ses lois le soleil, la lune et les étoiles» ils sont tous soumis à Son ordre et sous Sa dominance. Il dispose de tout selon Sa volonté car tant la création qu'à l'ordre Lui appartiennent. Il est le Maître des mondes, qu'il soit béni.
Verset 55
Dieu le Très-Haut et Béni montre à Ses serviteurs comment l'invoquer en leur disant: «Implorez humblement et sans bruit votre Seigneur» C'est à dire en se montrant humiliés, en secret et avec crainte, comme Il dit dans un autre verset: «Invoque en toi-même ton Seigneur» [Coran VII, 205].
Verset 56
À ce propos il est cité dans les deux Sahihs qu'Abou Moussa Al-Ach'ari a rapporté: «Les hommes élevèrent leur voix en invoquant Dieu. L'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - leur dit: «Hommes! Ayez pitié de vous-mêmes, celui qui vous invoquez n'est ni sourd ni absent; Il est proche et entend...» (Rapporté par Boukhari et Mouslim). L'expression «Sans bruit» signifie en secret, par le cœur, avec certitude de Son unicité et sa déité. Al-Hassan Al-Basri, en commentant ce fait, a dit: Il arrivait à un homme de retenir tout le Coran par cœur sans que personne s'en aperçoive; il arrivait aussi à un homme de s'instruire dans la religion à la perfection et personne ne le savait pas. Enfin il arrivait à un homme de faire une longue prière alors que des hôtes se trouvaient chez lui, et pourtant, nul d'entre eux s'en apercevait. Nous avons eu le temps de vivre avec des gens qui ne faisaient jamais une œuvre (pie) en public s'ils pouvaient l'accomplir en secret. Les musulmans persévéraient dans leurs invocations sans que personne entendit leurs voix, plutôt ils les faisaient en secret, car Dieu a dit: «Implorez humblement et sans bruit votre Seigneur» tout comme Il a mentionné un de Ses saints serviteurs disant de lui: «Zacharie adressa une prière secrète à son Allah» [Coran XIX, 3]. D'après Ibn Jouraj: il est répugnant d'élever la voix, de crier pendant les invocations, et il est recommandé de les faire paisiblement et en secret. «Il n'aime pas les insoumis» soit dans leur comportement soit dans leurs prières en L'invoquant. "Ne jetez pas la perturbation sur la terre après qu'elle a été mise en ordre" Dieu interdit par ces mots de semer le scandale et la perversité sur la terre une fois que celle-ci est réformée et les gens suivent le chemin droit. Aucun mal n'y sera plus pire que ces choses-là au lieu de s'adonner à l'adoration et à l'invocation ayant "Le cœur envahi de crainte et d'espoir". La crainte de Son châtiment et l'espoir de ce qu'Il réserve comme récompense incommensurable. Les hommes doivent savoir que "la miséricorde d'Allah est attirée par les gens de bien" qui observent Ses lois et enseignements et s'abstiennent de Ses interdictions, comme Il le confirme: "Ma clémence est infinie. Elle est acquise à ceux qui croient" [Coran VII, 156]
Verset 57
C'est Allah qui déchaîne les vents, annonciateurs de l'orage. Quand ils ont assemblé les nuages chargés de pluie, nous les poussons au-dessus des territoires stériles et nous en déversons l'eau. Avec celle-ci nous faisons germer toutes les plantes. C'est ainsi que nous ressusciterons les morts. Peut-être me comprendrez-vous? Le Seigneur, étant le créateur des cieux et de la terre, qui dispose de tout l'univers et le gère, dirige Ses serviteurs vers l'invocation car Il est puissant sur toute chose, pourvoit aux besoins des créatures et ressuscitera les morts le jour du rassemblement. "C'est Allah qui déchaîne les vents, annonciateurs de l'orage" comme une annonce d'une de Ses miséricordes quand Il envoie la pluie, comme Il a dit: "C'est lui qui envoie la pluie bienfaisante au moment que les hommes désespèrent. Il étend sur eux Sa miséricorde. Il est le Protecteur et le Magnanime" [Coran XLII, 28]. Et comme signe de Sa puissance, Il a dit aussi: "Admire les effets de la grâce d'Allah. Vois comment Il vivifie la terre morte. De la même façon, Il ressuscitera les morts. Car Il est tout-puissant" [Coran XXX, 50]. Une fois ces vents "ont assemblé les nuages chargés de pluie, nous les poussons au-dessus des territoires stériles" Ces nuages alourdis par l'eau, le déversent sur une terre morte, et celle-ci fait pousser les plantes. C'est une parabole que Dieu propose aux hommes afin qu'ils sachent comment Il fera ressusciter les morts devenus ossements et poussière pour leur rassemblement. En ce jour-là, comme il a été rapporté, Dieu fera descendre de la pluie pendant quarante jours, puis les hommes sortiront de la terre comme un grain qui y pousse.
Verset 58
La bonne terre produit une abondante végétation avec l'aide d'Allah, alors que la mauvaise terre ne produit qu'une végétation rabougrie. C'est ainsi que nous varions nos enseignements pour ceux qui les apprécient. "La bonne terre produit une abondante végétation" qui pousse à profusion "avec l'aide d'Allah" avec Sa permission "alors que la mauvaise terre ne produit qu'une végétation rabougrie" ou comme des plantes clairsemées dans une terre marécageuse. Tels sont les deux exemples du croyant et de l'infidèle, selon les dires d'Ibn Abbas. Al-Boukhari rapporte d'après Abou Moussa Al-Ach'ari que l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - a dit: "La bonne voie et la science que Dieu m'a envoyé pour les communiquer aux hommes, sont comparables à une pluie abondante qui arrose une terre. Certain terrain fertile a absorbé l'eau, et par la suite il y a eu du pâturage et des herbes en abondance. Certain autre était aride qui a retenu l'eau, et Dieu l'a fait servir aux hommes afin qu'ils boivent, abreuvent leur troupeau et arrosent la plantation. Quant aux autres endroits, la terre était plate, elle ne retenait plus l'eau et l'herbe n'a pas poussé. De même, il y a différentes catégories d'hommes: ceux qui sont instruits dans la religion de Dieu et ont tiré profit de ce que Dieu m'a envoyé de le répandre, ils ont appris et enseigné leur science. D'autres qui n'ont pas daigné lever la tête et n'ont point accepté la voie d'Allah qui m'a chargé de la montrer".
Verset 59
Au début de cette sourate, Dieu a mentionné Adam, puis commence à mentionner les autres Prophètes débutant par Noé qui fut le premier Prophète envoyé aux habitants de la terre après Adam -que Dieu Salue tous les deux-. Mouhammad Ben Ishaq rapporte que nul Prophète n'a subi des méfaits de son peuple plus que Noé. Yazid Al-Rouqachi a dit qu'il a été appelé Noé (d'après le sens du mot arabe) par ce qu'il s'est tant lamenté. Dix siècles s'écoulèrent entre Adam et Noé -que Dieu les salue- où régnait l'islamisme, c'est à dire la soumission à Dieu. Selon les dires d'Ibn Abbas et d'autres, l'adoration des idoles avait pour origine le fait suivant: Des hommes vertueux moururent, leurs concitoyens, pour se rappeler leurs actes, moyens d'adoration et pratiques religieuses, bâtirent sur leurs tombes des oratoires et firent des statues afin de les imiter dans leurs actions. Au fil des jours, ils adorèrent ces statues en leur donnant les noms des hommes vertueux tels que: Woud, Soua', Yaghouth, Ya'ouq et Nesr. Lorsque le cas empira, Dieu- à Lui la puissance et la gloire- leur envoya Noé en leur ordonnant de ne vouer un culte qu'au Seigneur seul sans lui donner d'associés. Il leur dit: "Ô mon peuple, adorez Allah. Vous n'avez d'autre Allah que Lui. Je crains que vous ne soyez punis au jour" Quel fut la réponse? "Les puissants lui répondirent: Nous te voyons dans une aberration manifeste" en nous appellant à laisser l'adoration de ces statues que nos ancêtres adoraient. Telle était toujours la situation des pervers égarés vis-à-vis des fidèles les croyant être dans une aberration comme Dieu le montre dans ce verset: "Les apercevaient -ils? qu'ils les traitaient d'ignares" [Coran LXXXIII, 32] tout comme les idolâtres de Qouraïch qui mécrurent au Coran, et "comme ils ne s'y conforment pas, ils le traitent de vieux mensonge" [Coran XLVI, 11]. On trouve tant de versets relatifs à ce sujet.
Verset 60
Les puissants, qui étaient incrédules, lui dirent: "Tu déraisonnes. Et, à n'en pas douter, tu mens". Étant dans un égarement total, ils furent étonnés d'être appelés à l'adoration d'un seul Dieu, tout comme les idolâtres de Qouraïch, en répondant à l'appel de Mouhammad - qu'Allah le bénisse et le salue - s'exclamèrent: "Comment, il prétend réunir toutes les divinités en une seule? C'est vraiment là quelque chose d'extravagant?" [Coran XXXVIII, 5]. Houd répondit: "Non, je ne suis pas insensé" comme vous présumez "Je suis l'envoyé du Maître de l'Univers" et je vous apporte la vérité de la part de Dieu qui a tout créé et le Seigneur des mondes. "Je vous transmets les messages de mon Seigneur. Je suis pour vous un conseiller sincère" Ces qualités doivent être de la nature de chaque Prophète: la transmission du message, être bon conseiller et la sincérité.
Verset 61
Il dit : « Ô mon peuple, il n'y a pas d'égarement en moi » (dalâla est plus général qu'al-dalâl « égarement » et ainsi le nier est plus efficace que de nier ce dernier) « mais je suis un messager du Seigneur de l'univers ».
Verset 62
« Je vous transmets » (on peut lire ublighkum ou ubalighukum) « les messages de mon Seigneur et je vous conseille » je désire votre bien « car je sais de Dieu ce que vous ne savez pas ».
Verset 63
« Êtes-vous étonnés qu'un mortel issu de vous que, par son intermédiaire, un message de Dieu vous est parvenu ? Ne considérez-vous pas cela comme une bonté et une miséricorde divines pour vous avertir, et vous mettre en garde contre votre idolâtrie ?
Verset 64
Mais « Son peuple le traita d'imposteur » et ceux qui ont cru en son message étaient peu nombreux. « Nous le sauvâmes lui et ceux qui l'avaient suivi sur l'arche » qui étaient avec lui dans le vaisseau. « Nous noyâmes ceux qui avaient traité nos signes de mensonge » comme on trouve aussi ce fait cité dans un autre verset : « Pour avoir péché, ils ont été noyés et précipités dans le Feu. Ils ne trouvèrent aucun secours en dehors d'Allah » [Coran LXXI, 25]. « C'était un peuple aveugle » qui n'ont ni vu ni suivi le chemin de la vérité.
Verset 65
« Et Nous envoyâmes aux 'Âd leurs frère Hûd ». Il s'agit du premier peuple 'Âd que Dieu a mentionné et qui formait les fils d'Imran qui vivaient dans une cité de colonnades. Ils furent cités dans ces versets : « Ne sais-tu pas comment ton Maître s'est comporté à l'égard des 'Âdites ? Les habitants d'Irem, la ville des colonnades ? Qui n'avait d'égale dans aucun pays ? » [Coran LXXXIX, 6-8]. Il dit : « Ô mon peuple, adorez Allah. Vous n'avez d'autre Allah que Lui. Ne Le craignez-vous pas ? » « Ne Le craignez-vous pas et ne croirez-vous pas ? »
Verset 66
« Les puissants, qui étaient incrédules parmi son peuple, lui dirent : « Nous te voyons dans la folie » dans l'ignorance « et nous te considérons vraiment comme un menteur » dans ton message. Étant dans un égarement total, ils furent étonnés d'être appelés à l'adoration d'un seul Dieu, tout comme les idolâtres de Quraych, en répondant à l'appel de Muhammad - qu'Allah le bénisse et le salue - s'exclamèrent : « Comment, il prétend réunir toutes les divinités en une seule ? C'est vraiment là quelque chose d'extravagant ? » [Coran XXXVIII, 5].
Verset 67
Hûd répondit : « Ô mon peuple, il n'y a pas de folie en moi » comme vous présumez « mais je suis l'envoyé du Seigneur de l'univers » et je vous apporte la vérité de la part de Dieu qui a tout créé et le Seigneur des mondes.
Verset 68
« Je vous transmets les messages de mon Seigneur. Je suis pour vous un conseiller sincère et digne de confiance » dans le message que je transmets. Ces qualités doivent être de la nature de chaque Prophète : la transmission du message, être bon conseiller et la sincérité.
Verset 69
Et Hûd de poursuivre : « Trouvez-vous étrange qu'un message vous vienne de votre Seigneur par l'entremise d'un mortel comme vous pour vous avertir ? » Ne vous étonnez-vous de cela et qu'un homme issu de vous vienne vous avertir que vous rencontrerez le Seigneur dans l'au-delà, plutôt vous devez le louer. « Souvenez-vous que votre Seigneur vous a appelés à la succession du peuple de Noé » En d'autres termes : Soyez reconnaissants envers Dieu qui vous a accordé ces bienfaits en faisant de vous des héritiers du peuple de Noé après avoir anéanti et noyé ceux qui le traitaient d'imposteur. Et en plus : « Souvenez-vous qu'Il a affermi votre puissance » en vous accordant une grande stature, comme il en est de l'histoire de Saül (Talût) en le favorisant en intelligence et en force physique. « Reconnaissez les bienfaits d'Allah si vous voulez être heureux » triompher.
Verset 70
Dieu montre dans ces versets la rébellion, l'obstination et le reniement du peuple de Hûd - que Dieu le salue - « Ils lui dirent : « N'es-tu venu parmi nous que pour nous faire adorer un Allah unique » et abandonner ce que nos pères adoraient ? De même les idolâtres de Quraych avaient dit au Prophète - qu'Allah le bénisse et le salue - : « Grand Allah, si la vérité qu'on nous proclame vient vraiment de toi, fais tomber sur nous une pluie de pierres ou inflige-nous un châtiment épouvantable » [Coran VIII, 32]. « Apporte-nous donc ce que tu nous promets si tu es du nombre des véridiques » dans ce que tu dis.
Verset 71
Il dit: «Il vous est déjà échu de votre Seigneur une souillure et une colère. Allez-vous disputer avec moi au sujet de noms que vous avez donnés, vous et vos ancêtres, et pour lesquels Allah n'a fait descendre aucune preuve? Attendez donc, moi aussi j'attends avec vous.»
Verset 72
Nous le sauvâmes donc, lui et ceux qui étaient avec lui par une miséricorde de Notre part, et Nous exterminâmes ceux qui traitaient de mensonges Nos enseignements et qui n'étaient pas croyants.
Verset 73
Et aux Thamûd, Nous envoyâmes leur frère Sâlih qui dit: «Ô mon peuple, adorez Allah. Vous n'avez point de divinité à part Lui. Une preuve vous est venue de votre Seigneur: voici la chamelle d'Allah, un signe pour vous. Laissez-la donc paître sur la terre d'Allah et ne lui faites aucun mal; sinon un châtiment douloureux vous saisira.»
Verset 74
Et rappelez-vous quand Il vous fit succéder aux 'Âd et vous installa sur la terre. Vous prîtes les plaines comme châteaux et vous sculptâtes les montagnes en maisons. Rappelez-vous donc les bienfaits d'Allah et ne répandez pas la corruption sur la terre.
Verset 75
Les notables de son peuple qui s'enflaient d'orgueil dirent aux opprimés qui avaient cru - ceux d'entre eux qui avaient cru: «Savez-vous que Sâlih est envoyé de la part de son Seigneur?» Ils dirent: «Nous croyons au message avec lequel il a été envoyé.»
Verset 76
Ceux qui s'enflaient d'orgueil dirent: «Nous, nous ne croyons pas à ce en quoi vous croyez.»
Verset 77
Ils tuèrent donc la chamelle, désobéirent au commandement de leur Seigneur et dirent: «Ô Sâlih, fais-nous venir ce dont tu nous menaces, si tu es du nombre des Envoyés.»
Verset 78
Le cataclysme les saisit; et les voilà étendus gisant dans leurs demeures.
Verset 79
Ce fut une remontrance de Saleh à son peuple quand ils subirent le châtiment du Seigneur après s'être détournés de la voie droite, et eux l'entendaient sans répondre. Ce fait est pareil à celui qui a été cité dans les deux Sahih. Lorsque l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - se tint au bord du puits de Badr et appela les idolâtres tués: «Ô Abou Jahl Ben Hicham, ô 'Outba Ben Rabi'a, ô Chaiba Ben Rabi'a, ô un tel, ô un tel! Avez-vous trouvé vrai ce que votre Seigneur a promis? Quant à moi, j'ai trouvé vrai ce qu'il m'a promis.» Omar lui dit: «Ô Envoyé de Dieu, adresses-tu la parole à des cadavres sans âmes?» Il lui répondit: «Par celui qui tient mon âme dans Sa main, vous n'entendez pas moins que ceux avec qui je viens de parler mais ils ne peuvent pas répondre» (Rapporté par Bukhari et Muslim). Telle fut la réponse à ses concitoyens. «Je vous ai transmis le message de mon Maître. Je vous ai conseillé de mon mieux». Mais vous n'en avez tiré aucun profit car vous n'aimez pas la vérité et ne suivez pas un conseiller. Certains exégètes ont rapporté que tout Prophète dont son peuple subissait le châtiment dans le bas monde, s'en allait pour prendre comme demeure l'enceinte de La Mecque. Et c'est Dieu qui est le plus savant. L'imam Ahmad rapporte d'après Ibn Abbas que, lors de son pèlerinage et en passant par la vallée 'Ousfan, l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - demanda à Abou Bakr: «Quelle est cette vallée?» - Elle est la vallée de 'Ousfan, répondit-il. Et le Prophète de poursuivre: «C'est par cette vallée qu'avaient passé Houd et Saleh - que Dieu les salue - en montant sur des chameaux dont leur licol était en fibre végétale, portant des vêtements en tissu rayé et des izars, et en prononçant le Takbir pour aller faire le pèlerinage vers la Maison Antique» (Rapporté par Ahmad).
Verset 80
Loth est le fils de Haran, fils de 'Azar. Il est donc le neveu d'Abraham le confident de Dieu - que Dieu les salue. Il avait cru en Abraham et fit l'émigration au pays de Châm avec lui. Dieu l'envoya, comme Prophète, aux habitants de Sodome (Sadoum) et des cités environnantes, pour les appeler à Dieu - à Lui la puissance et la gloire - en leur exhortant à faire le bien et s'abstenir de ce qu'ils pratiquaient comme péchés, turpitudes et actions abominables qu'ils avaient inventées, et nul, parmi les hommes, n'avait commis avant eux. Il s'agit de la sodomisation, en assouvissant les passions sur les hommes au lieu des femmes. Un acte ignominieux qu'aucun parmi les fils d'Adam n'avait pratiqué auparavant.
Verset 81
De commenter leur faire, Al-Walid Ben Abdul-Malek a dit : « Si Dieu -à Lui la puissance et la gloire- ne nous avait pas raconté l'histoire du peuple de Loth, je n'aurais jamais cru qu'un homme aurait de rapports charnels avec un autre homme. C'est pourquoi Loth -que Dieu le salue- s'exclama : « Est-ce possible que vous pratiquez un vice qu'aucun peuple n'a pratiqué avant vous ? Vous assouvissez vos passions charnelles sur les hommes et non sur les femmes » en vous détournant des femmes que Dieu a créées à votre intention. C'est vraiment un excès et une ignorance en plaçant une chose en dehors de sa place habituelle. Et c'est pour la même raison il leur a dit dans un autre verset : « Si c'est pour assouvir vos sens que vous êtes venus, reprit Loth, voici mes filles » [Coran XV, 71]. En leur montrant les êtres qui leur conviennent, ils s'excusèrent qu'ils n'ont plus du désir envers les femmes « Tu sais bien, répondirent-ils, que nous n'avons que faire de tes filles. Et tu n'es pas sans connaître ce que nous désirons » [Coran XI, 79]. Nombre des exégètes ont rapporté que les femmes aussi pratiquaient l'homosexualité à cette époque tout comme les hommes.
Verset 82
Les Thamoudites incrédules ne pensaient qu'à chasser Loth et ceux qui ont cru en lui du pays, mais Dieu les fit sortir sains et saufs et fit périr les impies humiliés et honnis. Le terme « Puritains » signifie, d'après Moujahed et Ibn Abbas que les croyants évitaient tout contact d'avec les hommes et les femmes par leur derrière. Nul n'a cru en Loth que les membres de sa famille, comme il est confirmé dans ces versets : « Nous décidâmes de faire évacuer la ville à tous les croyants. Nous ne trouvâmes dans toute la ville qu'une famille ayant la foi » [Coran LI, 35-36] à l'exception de sa femme qui gardait la religion de ses compatriotes et leur faisait connaître l'arrivée des étrangers en utilisant des signes particuliers.
Verset 83
Lorsque Dieu ordonna à Loth -que Dieu le salue- de quitter la ville pendant la nuit avec les siens, Il lui demanda de ne plus informer sa femme afin qu'elle ne sorte avec lui. Mais certains exégètes déclarent qu'elle l'a suivi et lors de la descente du châtiment céleste, elle tourna le visage et en fut atteinte. La première opinion s'avère être la plus correcte, et elle est confirmée par la suite du verset : « à l'exception de sa femme qui périt avec les exterminés ».
Verset 84
L'expression : « Nous fîmes tomber sur eux une pluie de feu » est confirmée par un autre verset où Dieu a dit : « Et une pluie de pierres brûlantes s'abattit sur elle, pluie dure, prédestinée par ton Seigneur, et toute prête à s'abattre sur les méchants » [Coran XI, 82-83]. Puis Dieu, pour montrer à Son Prophète et aux fidèles, le sort réservé aux mécréants et ceux qui osent transgresser les ordres et enseignements divins, dit : « Considère comment finissent les coupables ». L'imam Abou Hanifa a jugé que tout homosexuel doit être puni en le jetant d'une place très élevée et le lapidant avec de pierre comme fut le châtiment du peuple de Loth. Quant aux autres imams, tel que Chafé'i, ils ont dit qu'il doit être lapidé qu'il soit marié ou non. La preuve en est ce hadith rapporté par l'imam Ahmed d'après Ibn Abbas où l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - a dit : « Lorsque vous trouvez des hommes qui pratiquent l'acte du peuple de Loth, tuez tous les deux » (Rapporté par Abou Daoud, Tirmidzi et Ibn Maja). D'autres ulémas ont déclaré que l'homosexuel est pareil au fornicateur : s'il est marié, il sera lapidé jusqu'à la mort, s'il ne l'est pas, il devra être puni par cent flagellations. Quant au rapport charnel d'avec une femme par la partie postérieure, cela est considéré comme étant une « petite sodomisation » qui est interdite par l'unanimité à part quelques opinions différentes.
Verset 85
Madian est un nom qu'on donne à la tribu aussi bien à la cité qui se situe près de Ma'an sur la route de Hijaz. Dieu l'a mentionnée encore dans un autre verset quand Il a dit (en parlant de Moïse) : « Ayant atteint la source de Madian, il y trouva un groupe de gens qui puisaient de l'eau [Coran XXVIII, 23] qui étaient les gens de Lâfka dont nous allons en parler si Dieu le veut. Choaïb dit à son peuple : « Adorez Allah. Vous n'avez d'autre Allah que Lui » d'ailleurs c'est à quoi tous les autres Prophètes appelaient leurs peuples. « Votre Seigneur vous envoie un signe irrécusable qui est une preuve évidente de la véracité de mon message. Puis il les exhorta à traiter les gens équitablement en leur donnant la mesure et le poids exacts sans leur causer du tort dans leurs biens, et sans commettre aucune fraude tant à la vente qu'à l'achat, Dieu a dit : « Malheur aux fraudeurs » [Coran LXXXIII, 1] Un verset qui constitue un avertissement et une menace. On a donné à Choaïb le surnom « Orateur des Prophètes » à cause de son éloquence.
Verset 86
Ne vous portez pas sur les chemins pour terroriser et détourner de la voie d'Allah ceux qui ont la foi. Il interdit son peuple de barrer la route aux hommes, la route qu'ils empruntent et la voie de la foi, en les menaçant s'ils ne leur donnent pas leur argent. As-Souddy a dit qu'ils étaient des hommes qui percevaient de chaque marchand le dixième de ses biens. Quant à Ibn Abbas et Moujahed, ils ont interprété cela en disant : Ne menacez pas ceux qui viennent à Choaïb pour croire en son message. Mais les dires d'As-Souddy sont plus corrects, quant à cette partie du verset : « Ne vous portez pas sur les chemins » c'est à dire tous les chemins. Et les autres dires concernent l'autre partie du verset « La voie que vous souhaitez est une voie tortueuse » Car la voie de Dieu est droite. Souvenez-vous « que de petit peuple que vous étiez, Il a fait un grand peuple » car le petit peuple est toujours faible, mais une fois devenu très nombreux, il devient puissant, et c'est un bienfait provenant du Seigneur. « Considérez quelle a été la fin de tous les rebelles » parmi les générations qui vous ont précédées, et qui ont subi le châtiment de Dieu à cause de leur corruption et leur impiété en traitant leurs Prophètes de menteurs.
Verset 87
Et Choaïb de poursuivre : « Si une partie d'entre vous croit à ma mission alors qu'une autre partie la révoque en doute » en vous disputant à mon message « Patientez jusqu'à ce qu'Allah nous départage » et juge entre nous « C'est le meilleur arbitre » qui accordera la bonne fin aux croyants et le sort néfaste aux impies.
Verset 88
Telle fut la situation des impies à l'égard de Chouaïb et ceux qui ont cru en lui : la menace d'expulsion du pays ou revenir à leur religion après avoir embrassé la religion de Dieu. Et Chouaïb de leur demander : « Même si nous avons de l'aversion pour elle ? » Car, si une fois nous reviendrons à vos croyances et abandonnerons la nôtre, nous aurions commis un grand péché en reconnaissant des égaux et associés à Dieu ! Une question qui traduit une répulsion de la part de Chouaïb.
Verset 89
« Ce serait de notre part une véritable félonie vis-à-vis d'Allah que de retomber dans vos croyances après qu'Il nous en a tirés » Chouaïb rendit tout à la science de Dieu qui embrasse tout, et leur répondit raisonnablement. « C'est à Allah que nous nous fions » En Lui remettant toutes nos affaires. Et Chouaïb d'invoquer Dieu : « Seigneur, tranche entre nous et notre peuple » juge entre nous et accorde-nous la victoire sur eux par car « Tu es le meilleur des arbitres » et équitable, et tu ne lèses personne ni l'opprimes.
Verset 90
Sous l'effet de leur impiété, leur rébellion et leur obstination, et mûs par le reniement de la vérité, les puissants incrédules dirent aux autres : « Si vous écoutez Chouaïb, vous êtes perdus ». En les menaçant par de tels propos, eux à leur tour et comme punition « ils furent pris de tremblements inextinguibles. On trouva le sol de leurs demeures jonché de cadavres ». Un cataclysme fondit sur eux les rendant de corps inertes pour prix de leur menace à Chouaïb et aux croyants.
Verset 91
Ils furent pris de tremblements inextinguibles et on les trouva gisant dans leurs demeures comme des corps morts.
Verset 92
Ceux qui avaient traité Chouaïb de menteur furent anéantis comme s'ils n'avaient jamais vécu prospères dans leurs demeures. Ceux qui traitèrent Chouaïb de menteur furent vraiment les perdants.
Verset 93
À leur vue, Chouaïb - que Dieu le salue - se détourna d'eux en apercevant le châtiment qu'ils ont subi. Et malgré qu'ils étaient devenus cadavres, il les réprimanda en leur disant : « Je vous ai transmis les messages de mon Maître. Je vous ai conseillé de mon mieux » Donc je n'éprouve aucune peine au sujet d'un peuple incrédule.
Verset 94
Chaque fois que nous avons envoyé un Prophète à une cité, nous avons accablé ses habitants de malheurs et de calamités pour qu'ils s'amendent. Les générations passées avaient été éprouvées également par les malheurs tels que les maladies corporelles, et les calamités telles que la pauvreté, la gêne etc... peut-être se seraient-elles humiliées en invoquant le Seigneur et L'implorant afin qu'Il dissipe leurs malheurs. On peut dire que le but de cela était pour les porter à s'humilier devant Dieu et l'implorer, mais ils n'ont rien fait de tout cela.
Verset 95
Ensuite nous avons substitué le bonheur à l'adversité. Une fois en pleine prospérité, ils dirent : « Le bonheur et le malheur ont indistinctement visité nos pères ». Puis, soudain, nous les châtiâmes au moment où ils ne s'y attendaient pas. Puis Dieu changea leur malheur en bonheur aussi pour les éprouver, leur maladie en santé parfaite, leur gêne en aisance et leur pauvreté en richesse pour être reconnaissants. Et pourtant ils n'ont rien fait, ils n'étaient que des ingrats malgré leur descendance et leurs richesses proliférées. Ils se sont bornés à dire : « Le bonheur et le malheur ont indistinctement visité nos pères » voulant par là affirmer que tous ces changements ne sont soumis qu'à l'effet du temps et ne sont que des choses normales et habituelles, sans que pour autant s'apercevoir que tout cela dépend de la volonté de Dieu. À la suite, Dieu montre leur sort : « Puis, soudain, nous les châtiâmes au moment où ils ne s'y attendaient pas » Il les emporta brusquement et à l'improviste.
Verset 96
Si les habitants de ces cités avaient cru et craint Allah, nous aurions répandu sur eux les bénédictions du ciel et de la terre, mais ils nous ont reniés. Nous avons sévi contre eux pour les punir de leurs péchés. En racontant l'histoire de ces cités, Dieu veut montrer le sort de leurs habitants incrédules et affirme que « Si les habitants de ces cités avaient cru et craint Allah, nous aurions répandu sur eux les bénédictions du ciel et de la terre » pour prix de leur foi, soumission, en suivant les Prophètes et observant les enseignements. Mais hélas « ils nous ont reniés. Nous avons sévi contre eux pour les punir de leurs péchés ». Ils ont été emportés à cause de leurs mauvaises actions et en persévérant dans leur rébellion.
Verset 97
Les habitants des villes sont-ils sûrs que notre châtiment ne les surprendra pas, la nuit, pendant leur sommeil ? Dieu ensuite avertit et menace les hommes à cause de leur insoumission « Les habitants des villes sont-ils sûrs que notre châtiment ne les surprendra pas, la nuit, pendant leur sommeil ? »
Verset 98
Les habitants des villes sont-ils sûrs que notre châtiment ne les surprendra pas, en plein jour, au beau milieu de leurs plaisirs ? Ou bien en plein jour au beau milieu de leurs plaisirs, comme le montre le verset qui s'ensuit. Donc le châtiment de Dieu pourrait atteindre les impies à tout moment, dans leur éveil comme dans leur insouciance.
Verset 99
Se sentent-ils à l'abri de la répression divine ? Seuls se croient à l'abri d'une pareille répression ceux qui ont abandonné tout souci de leur salut. Car « Seuls se croient à l'abri d'une pareille répression ceux qui ont abandonné tout souci de leur salut ». À cet égard, Al-Hassan Al-Basri a dit : « Le croyant, même en observant les ordres divins, est toujours peureux et craintif, tandis que l'impie commet les péchés en toute sécurité ».
Verset 100
N'est-ce pas là la preuve pour ceux qui succèdent sur terre à d'autres peuples que, si nous le voulions, nous les punirions de leurs péchés ? Nous pourrions aussi insensibiliser leurs cœurs au point qu'ils seraient fermés à tout enseignement. En commentant ce verset Ibn Abbas a dit : « N'a-t-on pas montré à ces peuples qui ont succédé aux autres que, si nous le voulions, nous leur enverrions un châtiment pour prix de leurs péchés. » Quant à Ibn Jarir, il a dit : Après l'anéantissement des premiers occupants de la terre, ceux qui leur ont succédé ne sont-ils pas au courant que, s'ils les avaient imités et œuvré comme eux, nous leur aurions appliqué la même punition ; en mettant un sceau sur leurs cœurs afin de ne plus entendre ni concevoir aucun enseignement.
Verset 101
Nous t'avons raconté brièvement l'histoire de ces cités. Des Prophètes leur furent envoyés avec des preuves. Mais les habitants ne purent se résigner à accepter ce qu'ils avaient traité de mensonge. C'est ainsi qu'Allah endurcit le cœur des infidèles. Après avoir raconté l'histoire des peuples de Noé, Houd, Saleh et Loth et ce qui en est advenu d'eux, en sauvant les fidèles parmi eux, Dieu affirme qu'Il n'a sévi de la sorte contre eux qu'après l'envoi des Prophètes qui leur ont apporté les signes clairs et les preuves évidentes. Sache donc ô Mohammed que «nous ne sévissons pas sans que nous ayons envoyé un Prophète». Parmi ces cités «il en est qui sont encore debout, d'autres ont été complètement rasées». Les habitants ne crurent pas à ce qu'ils avaient auparavant de mensonges en traitant leurs Prophètes d'imposteurs. «C'est ainsi qu'Allah endurcit le cœur des infidèles.
Verset 102
Nous n'avons trouvé chez la plupart de ces peuples aucune fidélité; mais nous y avons trouvé de la corruption. «Nous n'avons trouvé chez la plupart de ces peuples aucune fidélité» mais la plupart d'entre eux sont pervers. Ils ont rompu le pacte conclu avec Dieu quand Il les a tirés des reins d'Adam de n'adorer que Lui, se soumettre à Ses enseignements et de suivre Ses Prophètes. Mais à l'inverse, ils ont négligé les enseignements, associé d'autres divinités à Dieu et traité les Prophètes de menteurs, sans aucun prétexte ni preuve ni quoi que ce soit pour justifier leur comportement. On a commenté cette partie du verset: «Mais les habitants ne purent se résigner à accepter ce qu'ils avaient traité de mensonge» de plusieurs façons: - Oubaÿ Ben Ka'b a dit: Dieu avait prédit ce comportement quand Il a pris leur engagement, et qu'ils ne seraient plus des croyants. Ce commentaire est soutenu par Ibn Jarir. - As-Souddy a dit: «Le jour où Dieu a pris leur engagement, ils ne l'ont fait que malgré eux. - Moujahed, quant à lui, a dit: Ils étaient tellement obstinés que «ils y revenaient sur terre? Ils referaient ce qui leur a été défendu» car ils n'étaient que menteurs.
Verset 103
Après ces Prophètes, nous envoyâmes Moïse en mission auprès de Pharaon et de sa cour. Il y fut traité avec iniquité. Considère quelle a été la fin des rebelles. Après les Prophètes mentionnés dans les versets précités, Dieu raconte l'histoire de Moïse qu'Il a envoyé à Pharaon et sa cour avec des signes évidents, mais ils se montrèrent injustes envers lui en reniant les signes par obstination et orgueil «Bien que convaincus, ils les repoussèrent par orgueil et par malignité». Considère ô Mohammed quelle a été la fin des corrupteurs: nous les avons noyés du premier jusqu'au dernier, pour les punir, et pour réconforter les cœurs des fidèles qui ont assisté à leur noyade.
Verset 104
Dieu raconte la polémique qui s'est déroulée entre Son Prophète Moïse et Pharaon, le premier étant soutenu par les signes et les preuves, et prêt à les produire devant Pharaon et ses conseillers. Il lui dit: «Je suis l'envoyé du Maître de l'Univers» le créateur des cieux et de la terre et leur Souverain.
Verset 105
«Il est de mon devoir de ne dire que la vérité sur Allah» Je ne vous dis que ce qui est sincère et véridique car Je connais la vérité de mon Seigneur et Sa magnificence. «Je vous apporte une preuve de la part de votre Seigneur» une preuve manifeste et irréfutable pour montrer la véracité de mon message. Je vous demande de laisser «partir avec moi les fils d'Israël». Libère-les, épargne-les de la tyrannie afin qu'ils adorent leur Seigneur car ils sont la descendance d'un noble Prophète Israël (Jacob) le fils d'Isaac, le fils d'Abraham le confident de Dieu.
Verset 106
Pharaon lui répondit: «Tu prétends apporter une preuve? Eh bien, produis-la si tu es sincère» C'est comme il a voulu lui dire: Je ne te crois pas, ne réponds pas à ta demande à moins que tu ne produises cette preuve présumée.
Verset 107
Ibn Abbas a dit: Le bâton fut transformé en un grand serpent, la bouche béante qui se dirigea en vitesse vers Pharaon. Éprouvant une grande frayeur, Pharaon descendit de son lit de repos et demanda à Moïse de le retenir. As-Souddy rapporte que Pharaon aurait demandé à Moïse de faire arrêter ce serpent et il serait prêt à l'exaucer. Moïse reprit le serpent qui se retourna à son état primitif: un bâton.
Verset 108
Ensuite «Moïse montra sa main qui apparut d'une blancheur immaculée aux spectateurs» Il introduisit sa main dans l'ouverture de sa tunique et la sortit, et la voilà d'une blancheur éclatante sans maladie ni lèpre, comme il est montré dans un autre verset: «Rentre ta main dans la manche. Elle en sortira blanche sans que ce soit l'effet d'une maladie». Puis Moïse la rentra de nouveau et en la retirant elle revint à sa couleur normale.
Verset 109
Les chefs et notables parmi le peuple de Pharaon, une fois celui-ci apaisé et rassuré, pour le soutenir contre Moïse, s'exclamèrent «C'est un magicien extraordinaire» Ils se concertèrent pour trouver une décision à prendre à l'égard de Moïse et comment l'affronter pour l'empêcher de divulguer son message, car ils éprouvèrent une certaine crainte de pouvoir conquérir les cœurs du peuple par sa magie comme ils prétendaient, et ensuite de chasser Pharaon et ses partisans du pays. Mais ce qu'ils redoutaient, ils y tombèrent comme l'affirme ce verset: «.. et faire subir à Pharaon, à Hamon et à leurs troupes les représailles qu'ils redoutaient de leurs victimes». Enfin la décision fut prise.
Verset 110
qui veut vous chasser de votre pays par sa magie. Que conseillez-vous? Ils se demandaient comment réagir face à Moïse et à ses signes, craignant qu'il ne parvienne à convaincre le peuple et à les renverser du pouvoir.
Verset 111
Ils répondirent : «Fais-le patienter lui et son frère et envoie dans toutes les villes des émissaires.» Comme la magie était à cette époque très répandue dans tous les pays, et croyant que la preuve présentée par Moïse n'était que pure magie, ils proposèrent à Pharaon d'envoyer des agents qui rassembleront et amèneront tous les savants magiciens. Ils demandèrent un délai afin qu'ils puissent répondre à la magie de Moïse par une autre. Ils dirent à Moïse : «Es-tu venu, ô Moïse, dit Pharaon, pour nous chasser de notre pays ? Est-ce à cela que tend ta magie ? De la magie, nous allons t'en montrer aussi. Convenons d'un rendez-vous. Engageons-nous à n'y manquer ni l'un ni l'autre» [Coran XX, 57-58]. Ce rendez-vous fut fixé.
Verset 112
pour qu'ils amènent tous les magiciens habiles qui puissent surpasser Moïse dans l'art de la magie. Et ainsi ils les convoquèrent.
Verset 113
Une fois les magiciens réunis, et pour affronter Moïse, ils demandèrent à Pharaon s'ils seraient récompensés en l'emportant sur Moïse. La réponse de Pharaon leur fut très favorable, car en plus de la récompense promise, ils feront partie de son entourage.
Verset 114
Il dit : «Oui, et certes vous serez de ceux qui sont rapprochés.»
Verset 115
S'adressant à Moïse, les magiciens dirent : «Veux-tu commencer ou veux-tu que ce soit nous ?» Pour effrayer Moïse et le défier, les magiciens lui dirent : «Veux-tu commencer ou veux-tu que ce soit nous ?». Et Moïse de leur répondre avec toute tranquillité : «Commencez». Quelle sagesse et quel but attendait-on de cette réponse ? La réponse en est la suivante, et c'est Dieu qui est le plus savant : Afin que le peuple voie d'abord le faire des magiciens, et une fois qu'ils en sont épris en l'appréciant, ils attendaient sûrement la réplique de Moïse. Et alors elle sera plus éclatante et étonnante car elle provient du Seigneur.
Verset 116
Commencez, répondit Moïse. Ils jetèrent leurs sorts, éblouirent les yeux des spectateurs qu'ils remplirent de terreur. Ce fut là un tour de magie extraordinaire. Donc quand «ils jetèrent leurs sorts, éblouirent les yeux des spectateurs qu'ils remplirent de terreur». Les gens imaginèrent que ce qu'ils ont présenté était réel, même en apparence. Mais en réalité, ce n'était qu'astuce et artifices car : «leurs cordes et leurs bâtons parurent brusquement s'agiter sous l'empire de la magie» [Coran XX, 66]. C'était, d'après Ibn Abbas, de grosses cordes et des longs bâtons. Mohammad, quant à lui, a dit : «Chacun d'eux jeta ce qu'il portait comme cordes et bâtons, et le tout fut transformé en serpents en tant qu'une montagne et remplirent la vallée de sorte que chacun rampait sur l'autre.» As-Souddy a dit : Ils étaient au nombre de trente mille et quelques dont chacun avait ses propres sorts. Ils purent produire ainsi une magie extraordinaire qui ensorcela les yeux des gens.
Verset 117
Nous fîmes signe à Moïse de jeter son bâton. Aussitôt le bâton se mit à engloutir tout ce que les magiciens avaient imaginé. Dans cette situation solennelle, et pour séparer la vérité de l'erreur, Dieu inspira à Moïse de jeter le bâton qu'il tenait dans sa main droite «Aussitôt le bâton se mit à engloutir tout ce que les magiciens avaient imaginé». Tout ce que les magiciens ont fabriqué, le bâton de Moïse l'engloutit sans laisser ni corde ni bâton, et alors, les magiciens s'aperçurent que c'est une chose provenant du ciel, ce n'est donc pas de la magie qu'ils exerçaient.
Verset 118
La vérité se manifesta, annihilant les tours des autres magiciens. Ainsi la vérité fut confirmée et rendue manifeste, et ce qu'ils faisaient par sorcellerie fut prouvé faux.
Verset 119
Vaincus, ils se retirèrent humiliés. Ainsi furent-ils vaincus, c'est-à-dire Pharaon et son peuple, devenant humiliés - ils finirent dans l'abaissement.
Verset 120
Les magiciens se prosternèrent la face contre terre. Ils se prosternèrent, humiliés et vaincus, et déclarèrent : «Nous croyons au Maître de l'Univers, au Maître de Moïse et d'Aaron» car si Moïse était un magicien comme nous, nous l'aurions vaincu. Et de commenter cet événement, Al-Qassem Ben Abi Bourra a dit : Inspiré par Dieu, Moïse jeta son bâton qui se transforma en un gros serpent qui engloutit leurs cordes et leurs bâtons. Devant ce fait inouï, les magiciens se prosternèrent et dès qu'ils relevèrent la tête, ils aperçurent le Paradis et l'Enfer, et la récompense de leurs habitants.
Verset 121
Ils dirent: «Nous croyons au Maître de l'Univers.
Verset 122
«Au Maître de Moïse et d'Aaron». Dans cette situation solennelle, et pour séparer la vérité de l'erreur, Dieu inspira à Moïse de jeter le bâton qu'il tenait dans sa main droite «Aussitôt le bâton se mit à engloutir tout ce que les magiciens avaient imaginé». Tout ce que les magiciens ont fabriqué, le bâton de Moïse l'engloutit sans laisser ni corde ni bâton, et alors, les magiciens s'aperçurent que c'est une chose provenant du ciel, ce n'est donc pas de la magie qu'ils exerçaient. Ils se prosternèrent, humiliés et vaincus, et déclarèrent: «Nous croyons au Maître de l'Univers, au Maître de Moïse et d'Aaron» car si Moïse était un magicien comme nous, nous l'aurions vaincu.
Verset 123
Pharaon dit: «Comment vous vous convertissez sans que je vous y autorise. C'est là une machination organisée d'avance pour entraîner l'exode des habitants de la ville. Vous allez voir. Lorsque les magiciens crurent en Moïse - que Dieu le salue -, Pharaon les menaça de leur infliger une grande torture en les accusant: «C'est là une machination organisée d'avance pour entraîner l'exode des habitants de la ville» C'est à dire: Vous vous êtes concertés d'avance pour être vaincus «Ce doit être votre chef, celui qui vous a enseigné la magie». Sa réponse à ses magiciens vaincus n'était que pour créer un prétexte pour les punir devant la gent du peuple.
Verset 124
«Je vous ferai couper la main d'un côté et le pied de l'autre, puis je vous ferai crucifier». Puis pour les mettre au courant de cette punition, Pharaon poursuit: «Je vous ferai couper la main d'un côté et le pied de l'autre» c'est à dire une main droite et un pied gauche, ou vice versa «puis je vous ferai crucifier» sur les troncs des palmiers, comme il est cité dans un autre verset. Ibn Abbas a dit: Pharaon était le premier à appliquer ce genre de punition.
Verset 125
Ils répondirent: «Que nous importe puisque nous ferons retour à Allah». Quelle fut la réponse des magiciens? «Que nous importe! Puisque nous ferons retour à Allah». Ayant constaté le pouvoir de Dieu et qu'ils feront retour à Lui, apercevant que Son châtiment serait aussi plus terrible que celui de Pharaon s'ils ne se repentaient pas et ne revenaient à Lui, ils ne tarderont pas à répondre qu'ils espéreront le pardon de Dieu pour absoudre leurs péchés et les sortilèges auxquels Pharaon les a contraints.
Verset 126
Que nous reproches-tu? sinon de croire aux signes de notre Seigneur lorsqu'ils nous sont apparus. Seigneur, donne-nous la résignation et fais que nous mourions en croyants». Ils durent donc endurer la sanction dans le bas monde pour échapper à celui de l'autre. Ils imploreront le Seigneur par ces mots: «Seigneur, donne-nous la résignation» pour nous maintenir dans Ta voie et Ta foi «et fais que nous mourions en croyants» en suivant Ton Prophète Moïse. Ibn Abbas commenta leur comportement et dit: Au début de la journée ils étaient des magiciens et à sa fin des martyrs.
Verset 127
L'entourage de Pharaon dit: «Vas-tu laisser Moïse et son peuple jeter le désordre dans le pays et entraîner ta déchéance et celle de tes dieux?». Il répondit: «Je mettrai à mort leurs garçons, je conserverai la vie à leurs filles. Ils sont à notre merci». Pharaon et son entourage couvèrent le mal à Moïse et à son peuple. «Vas-tu laisser Moïse et son peuple jeter le désordre dans le pays» en changeant la religion et s'adonnant à l'adoration de leur Seigneur seul «et entraîner ta déchéance et celle de tes dieux» en corrompant les sujets qui délaisseront sûrement les divinités? Ce fut là une autre injustice commise à l'égard des fils d'Israël, car auparavant, il a procédé de même en tuant tous les nouveaux-nés avant la naissance de Moïse.
Verset 128
Moïse dit à son peuple: «Cherchez refuge auprès d'Allah et soyez constants. La terre est à Allah. Il y fait succéder qui Il veut. L'avantage restera aux croyants. Moïse exhorta et encouragea son peuple et dit: «Cherchez refuge auprès d'Allah et soyez constants» en leur promettant une fin heureuse: «La terre est à Allah. Il y fait succéder qui Il veut. L'avantage restera aux croyants».
Verset 129
Ils lui répondirent: «Nous étions malheureux avant ta venue et nous n'avons pas cessé de l'être après». Peut-être, répliqua Moïse, est-il dans le dessein de votre Seigneur d'abattre vos ennemis et de vous attribuer leur succession pour voir comment vous vous comporterez?» Quelle fut leur réponse? Ils lui dirent: «Nous étions malheureux avant ta venue et nous n'avons cessé pas de l'être après» ils ont souffert et été humiliés avant la venue de Moïse et les voilà de nouveau soumis au supplice. Moïse les rassura: «Est-il dans le dessein de votre Seigneur d'abattre vos ennemis...» en leur demandant d'être fermes, patients car leur sort serait heureux et ils devraient être reconnaissants envers Dieu.
Verset 130
Nous leur infligeâmes des années de sécheresse et de disette en signe d'avertissement. Dieu éprouva Pharaon et son peuple en les frappant par des années de disette et de pénurie de fruits, comme Raja Ben Haywa a dit: «Le palmier ne portait qu'une seule datte», et ceci dans le but de les laisser réfléchir.
Verset 131
Dieu éprouva Pharaon et son peuple en les frappant par des années de disette et de pénurie de fruits, comme Raja Ben Haywa a dit: «Le palmier ne portait qu'une seule datte», et ceci dans le but de les laisser réfléchir. «Quand un bienfait leur arrive» du produit de la terre «ils disent: «Ça nous revient» car nous le méritons. «Quand un malheur les frappe» comme la disette et la sécheresse «ils l'imputent à Moïse et aux siens» à cause de leur présence parmi eux. Or «leur sort est entre les mains d'Allah» et ne dépend uniquement que de Lui. «Mais la plupart d'entre eux l'ignorent» et tout ce qui leur arrive est soumis à la volonté de Dieu.
Verset 132
Le peuple de Pharaon s'est rebellé, obstiné et détourné de la voie droite pour plonger dans l'égarement, en répondant à Moïse «Quelque preuve que tu nous apportes pour nous circonvenir, nous ne croirons jamais à toi» donc quel que soit le signe que tu nous apportes, et quelle que soit la preuve que tu nous présentes, nous ne croirons pas en toi.
Verset 133
Pour les punir «nous leur envoyâmes successivement le déluge» De différentes interprétations de ce mot, nous nous contentons d'adopter les dires d'Ibn Abbas qui sont les plus corrects, et il s'agit bien de la pluie abondante qui a détruit les fruits et les récoltes sans en rien laisser. Quant aux «Sauterelles» elles sont les animaux connus aussi sous le nom de criquets pèlerins que les hommes mangeaient dans le désert. A ce propos Ibn Omar rapporte que l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - a dit: «Deux animaux morts nous sont permis: le poisson et la sauterelle, ainsi que deux organes saignants qui sont le foie et la rate»(Rapporté par Chafê'i, Ahmed et Ibn Maja). Al-Hafedh Abou Al-Faraj Al-Hariri rapporte qu'on a demandé au juge Chourayh du sujet de la sauterelle, il répondit: Que Dieu enlaidisse la sauterelle qui incarne sept altiers: la tête ressemble à celle d'un cheval, le cou à celui d'un bœuf, la poitrine à celle d'un lion, l'aile à celle d'un aigle, les pattes à celles d'un chameau, la queue à celle d'un serpent et son ventre à celui d'un scorpion. Ibn Maja rapporte d'après Anas et Jaber qu'en évoquant les sauterelles devant l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue -, il disait: «Mon Dieu, fais périr les grandes parmi elles, tue leurs petites, pourris leurs œufs, anéantis-les, et éloigne-les de nos nourritures et subsistance. Tu es celui qui exauces les prières». Jaber lui demanda: «Tu maudis et demandes à Dieu d'anéantir des «soldats» parmi ceux de Dieu?» Il lui répondit: «Ce ne sont que le produit d'un éternuement de poissons dans la mer». Et Ibn Hicham d'expliquer ce fait d'après Ziad: Lorsqu'un poisson pond ses œufs sur la plage où l'eau ne l'atteint pas et, en s'exposant au soleil, les œufs se cassent et produisent des sauterelles. «La vermine» est le ver qui sort du froment, d'après Ibn Abbas. Mais selon Ibn Aslam c'est le poux. Sa'id Ben Joubaïr rapporte: Lorsque Moïse vint auprès de Pharaon et lui dit: «Renvoie avec moi les fils d'Israël», Dieu envoya un déluge qui était une pluie abondante. Craignant qu'il ne soit un châtiment, ils dirent à Moïse: «Invoque ton Seigneur pour qu'il arrête cette pluie, nous croirons à toi et nous laisserons partir avec toi les fils d'Israël». Moïse invoqua le Seigneur, mais ils ne crurent pas et ne libérèrent pas les fils d'Israël. A cette époque la terre donna une récolte prépondérante, de fruits abondants et d'herbes dont ils n'attendaient pas. Ils s'exclamèrent: «C'est bien ce que nous souhaitons». Comme ils manquèrent à leur promesse, Dieu envoya les sauterelles qui anéantirent tout. Ils redemandèrent à Moïse: «Invoque ton Seigneur pour qu'il nous débarrasse de ces sauterelles, nous croirons à toi et nous laisserons partir avec toi les fils d'Israël». Moïse s'exécuta, mais ils trahirent leur promesse. Comme ils firent certaines provisions et en furent réjouis, Dieu leur envoya la vermine - ou les vers - de sorte qu'un homme d'entre eux emporta dix outres pleines de blé pour le moudre mais il ne revint qu'avec une quantité insignifiante de farine. Ils prièrent à nouveau Moïse afin qu'il leur invoque le Seigneur en lui promettant toujours de croire à lui et de laisser partir les fils d'Israël, mais ils manquèrent à leur promesse. Moïse, étant assis chez Pharaon, entendit le coassement d'une grenouille. Il dit à Pharaon: «Qu'attendez-vous, toi et ton peuple de ces grenouilles?» - En quoi pourraient-elles nous nuire? répliqua Pharaon. La nuit, chacun d'eux, voulant s'asseoir, des grenouilles bondirent sur ses genoux. Et quand il voulait ouvrir la bouche pour parler, une grenouille y entra. Pharaon et son peuple demandèrent à Moïse de leur invoquer le Seigneur pour qu'il les débarrasse de ces grenouilles, et alors, ils croiront en lui et laisseront partir les fils d'Israël. Moïse invoqua le Seigneur, mais ils n'exécutèrent pas leur promesse. Alors Dieu leur envoya le sang. Chaque fois qu'ils puisaient de l'eau, ils trouvèrent leurs récipients remplis de sang: Ils se plaignirent auprès de Pharaon en lui disant: «Nous sommes éprouvés par ce sang et ne trouvons plus d'eau pour boire». Il leur répondit: «Sûrement Moïse vous a ensorcelés» - Comment nous a-t-il ensorcelés, répliquèrent-ils, alors que nous ne trouvons dans nos récipients que du sang au lieu de l'eau?» Ils allèrent voir Moïse pour qu'il leur invoque le Seigneur en lui promettant de croire en lui et de libérer les fils d'Israël. Moïse s'exécuta mais eux, comme d'habitude, manquèrent à leur promesse.
Verset 134
Mouhammad Ben Ishaq Ben Yassar raconte: Après la défaite des magiciens devant Moïse, Pharaon rentra chez lui, frustré et humilié mais il demeura, malgré tout, incrédule et couvant le mal. Dieu lui envoya alors un signe après l'autre, d'abord la disette et la sécheresse, puis le déluge, puis les sauterelles, puis la vermine, puis les grenouilles et enfin le sang. Une fois la terre inondée par la pluie, ils ne purent ni labourer ni semer et éprouvèrent une faim de loup. Ils s'adressèrent à Moïse: «Intercède pour nous auprès de ton Seigneur comme tes relations avec lui te permettent. Si tu fais cesser notre détresse, nous croirons à toi et nous laisserons partir avec toi les fils d'Israël» Moïse invoqua Dieu, le châtiment fut reporté mais ils manquèrent à leur promesse. Dieu alors leur envoya les sauterelles qui ravagèrent tout même les tirants des portes et leurs demeures s'affaissèrent sur eux. Ils réitérèrent leur prière et Moïse s'exécuta, mais ils trahirent leur engagement.
Verset 135
Quant aux vermines, Moïse fut ordonné de se diriger vers une dune où il devait la frapper de son bâton, et les vermines en sortirent et se répandirent jusqu'à remplir leurs demeures et leur nourriture en les empêchant même de dormir. Éprouvés et peinés, ils accoururent vers Moïse pour réitérer leur demande et leur promesse. Ce fut alors le tour des grenouilles que Dieu leur envoya, qui remplirent les maisons, les vases et les nourritures, de sorte que, si l'un d'entre eux voulait découvrir un vase ou enlever un vêtement, il y trouva des grenouilles. Requête fut adressée de nouveau et prière faite sans que pour autant ils remplissent leur engagement. À la fin Dieu transforma leur eau en sang et le peuple de Pharaon ne trouvait plus rien pour se désaltérer.
Verset 136
À la suite de ces signes envoyés successivement, et pour les punir à cause de leur rébellion et mécréance, Dieu se vengea d'eux en les engloutissant dans la mer que Moïse avait fendue de son bâton pour laisser traverser les fils d'Israël. Comme Pharaon et son armée essayèrent de les rattraper, les ondes s'abattirent sur eux et les noyèrent.
Verset 137
Dieu donna en héritage aux gens qui avaient été opprimés, des contrées à l'est à l'ouest qu'il avait bénies, tout comme Il le mentionne dans un autre verset: «Nous voulûmes venir en aide aux opprimés de ce pays. Nous voulûmes les désigner comme imam et en faire les héritiers du pays» [Coran XXVIII, 5]. Et dans un autre verset Dieu a dit: «Combien de jardins et de sources n'ont-ils pas laissés! Que de plantations et de magnifiques demeures! Que de richesses dont ils jouissaient sans souci! Tel fut leur destin. Nous donnâmes tout cela en héritage à un autre peuple» [Coran XLIV, 25-28]. Ainsi s'accomplit la promesse de Dieu envers les fils d'Israël pour prix de leur patience, et Il a «anéanti tous les travaux et les ouvrages réalisés par Pharaon et son peuple» pour les punir de leur incrédulité et leur rébellion.
Verset 138
Après avoir constaté les signes de Dieu et traversé la mer, les ignorants parmi les fils d'Israël passèrent par un peuple qui était attaché à des idoles. Ce peuple, d'après certains exégètes était des Cananéens. Mais selon les dires d'Ibn Jarîr, c'étaient des gens qui adoraient des idoles en formes de vaches, et c'est pour cela qu'ils avaient demandé à Moïse plus tard: «Donne-nous un Allah comme en ont ces gens-là» Il répondit: «Vous êtes un peuple d'ignorants» C'est que vous ignorez totalement la magnificence et la grandeur du Seigneur et qu'il est loin d'avoir un pareil ou un associé.
Verset 139
«Les pratiques de ces gens sont promises à néant» et leurs œuvres sont vaines et illusoires. Abou Waqid Al-Laithi rapporte: «Nous sortîmes avec l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - en nous dirigeant vers Hunaïn. En passant auprès d'un jujubier, je lui dis: «Ô Prophète de Dieu, (invoque le Seigneur) afin que ce jujubier soit muni de pendants comme les idolâtres qui en avaient un auquel ils suspendaient leurs sabres et devant lequel ils se prosternaient» Il s'écria: «Dieu est grand ! (Allah Akbar). Ce sont des propos qui sont pareils à ceux des fils d'Israël quand ils demandèrent à Moïse: «Fais-nous un dieu semblable à leurs dieux».
Verset 140
Moïse - que Dieu le salue - rappelle aux fils d'Israël de se souvenir des bienfaits que Dieu leur a accordés en les libérant des mains des Pharaons, et les débarrassant de leur faiblesse et leur humiliation, pour devenir puissants en apercevant de leurs propres yeux le sort de Pharaon: son périssementde sa noyade avec son peuple. Un événement dont nous en avons parlé en commentant la sourate de la vache. Le Seigneur a accordé tant de faveurs aux fils d'Israël, et entre autre grâces qu'Il a octroyées surtout à Moïse -que Dieu le salue-. Il a fait de lui Son interlocuteur, lui a révélé la Torah qui fut une lumière, une bonne direction et on y trouve le jugement de Dieu.
Verset 141
Souvenez-vous du bienfait de Dieu quand Il vous a délivrés des gens de Pharaon qui vous infligeaient le pire châtiment en égorgeant vos fils et en laissant vivre vos femmes. C'était là une grande épreuve de la part de votre Seigneur. Moïse - que Dieu le salue - rappelle aux fils d'Israël de se souvenir des bienfaits que Dieu leur a accordés en les libérant des mains des Pharaons, et les débarrassant de leur faiblesse et leur humiliation, pour devenir puissants en apercevant de leurs propres yeux le sort de Pharaon: son périssement de sa noyade avec son peuple. Un événement dont nous en avons parlé en commentant la sourate de la vache. Le Seigneur a accordé tant de faveurs aux fils d'Israël, et entre autre grâces qu'Il a octroyées surtout à Moïse -que Dieu le salue-. Il a fait de lui Son interlocuteur, lui a révélé la Torah qui fut une lumière, une bonne direction et on y trouve le jugement de Dieu.
Verset 142
Et Nous avons fixé un rendez-vous à Moïse pour trente nuits, puis Nous avons complété par dix autres. Ainsi s'accomplit le terme fixé par son Seigneur en quarante nuits. Et Moïse dit à Aaron, son frère: "Remplace-moi auprès de mon peuple, agis en bien et ne suis pas la voie des corrupteurs". Le verset précité nous indique que Dieu donna un rendez-vous à Moïse pour après trente nuits. Moïse jeûna pendant cette période et après son écoulement, il se servit de l'écorce d'un arbre pour se brosser les dents, le Seigneur lui ordonna alors de compléter cette période à quarante nuits. En quel mois se situe cette épisode complémentaire? Les exégètes, dans leur majorité ont dit que les trente jours furent le mois de Dhoul-Qi'da et les dix jours furent les premiers du mois dhoul-Hijja. Donc le dixième jour, d'après Ibn Abbas fut celui du sacrifice. En ce jour-là Dieu entretint avec Moïse et paracheva Sa grâce sur Mouhammad -qu'Allah le bénisse et le salue - en lui rendant la religion parfaite comme l'affirme ce verset: "J'ai mis maintenant votre religion complètement au point. Je vous ai comblé de ma grâce. J'ai élu l'Islam pour votre religion" [Coran V, 3]. Après l'écoulement de cette période, Moïse décida d'aller au mont Tor pour rencontrer le Seigneur. Il demanda à son frère Aaron (Haroun) de le remplacer auprès des fils d'Israël en lui recommandant d'appliquer la justice et d'éviter toute corruption. Ce fut un avertissement et une recommandation de la part de Moïse car Aaron -que Dieu le salue- était un Prophète honnête qui jouissait d'une haute considération divine.
Verset 143
Et lorsque Moïse vint à Notre rendez-vous et que son Seigneur lui eut parlé, il dit: "Ô mon Seigneur, montre-Toi à moi pour que je Te voie!" Il dit: "Tu ne Me verras pas, mais regarde le mont: s'il tient ferme à sa place, alors tu Me verras". Mais lorsque son Seigneur Se manifesta au mont, Il le pulvérisa, et Moïse s'effondra foudroyé. Lorsqu'il se ressaisit, il dit: "Gloire à Toi! A Toi je me repens; et je suis le premier des croyants". Lorsque Moïse -que Dieu le salue- vint à la rencontre du Seigneur, il Lui demanda: "Seigneur, permets-moi de Te voir. Non tu ne Me verras pas" Cette dénégation de la vue du Seigneur a suscité une discussion car les "Mou'tazila" ont rejeté toute vision dans les deux mondes en s'appuyant sur ce verset, mais leur opinion est très faible, étant donné que les hadiths prophétiques transmis l'affirment et nous allons en parler plus loin. Les ulémas s'accordèrent que la vision de Dieu dans le bas monde est impossible, mais dans l'au-delà les croyants le verront. Il est cité dans les anciens ouvrages religieux que Dieu le Très-Haut aurait dit à Moïse: "Ô Moïse! Aucun être vivant ne me voit sans qu'il ne meure, ou une chose inerte sans qu'elle ne disparaisse" Voilà ce que confirme le verset: "Lorsqu'Allah se montra à la montagne, elle disparut. Moïse tomba évanoui" La majorité des exégètes ont commenté ce fait en disant que le Seigneur désigna la montagne et celle-ci fut réduite en miettes. Car, d'après Anas, le Prophète - qu'Allah le bénisse et le salue -, en récitant ce verset, mit son pouce sur la première articulation de l'auriculaire pour montrer comment la montagne fut réduite en poussière. Al-Thawri a dit: La montagne fut écroulée et la mer l'emporta. Quant à Ourwa Ben Rouwaim, il a dit: Avant que le Seigneur ne se montrât les montagnes étaient solides et lisses, mais lorsqu'Il se manifesta sur le mont Tor, toutes les montagnes se fendirent en produisant les fissures et les cavernes. En commentant ce verset: "Néanmoins, regarde cette montagne. Si elle reste comme elle est, tu pourras me voir" Moujahed a dit: Le Seigneur voulut attirer l'attention de Moïse que la création de cette montagne est plus difficile que la tienne. Moïse regarda la montagne qui fut anéantie progressivement et Moïse tomba alors évanoui. Lorsque Moïse se fut ressaisi, il s'écria: "Gloire à Toi" pour exprimer sa soumission et sa foi et proclamer la Grandeur et la Majesté de Dieu, et en plus pour se convaincre que nulle créature ne Le voit dans le bas monde sans qu'elle ne périsse. "Je suis le premier de Tes serviteurs" Cette partie du verset fut l'objet de plusieurs commentaires: - D'après Ibn Abbas et Moujahed: Je suis le premier à croire en Toi parmi les fils d'Israël. - D'après Ibn Jafir: Je suis le premier parmi les croyants et nul ne Te verra dans le bas monde. - D'après Abou Al-'Alia: Je suis le premier à croire que nul parmi Tes créatures ne Te verra jusqu'au jour de la résurrection.
Verset 144
Allah dit: "Ô Moïse, Je t'ai élu au-dessus des gens par Mes messages et par Ma parole. Prends donc ce que Je te donne et sois du nombre des reconnaissants". Dieu a choisi de préférence Moïse à tous les hommes à cette époque pour qu'il transmette les messages et la parole divins. Mais Mouhammad - qu'Allah le bénisse et le salue - demeure sans aucun doute le maître des fils d'Adam du premier au dernier. Pour cela Dieu a fait de lui le dernier des Prophètes et Messagers et sa communauté la meilleure et la plus distinguée. Viendront après Abraham-le confident de Dieu et Moïse l'interlocuteur de Dieu - que Dieu salue tous les deux. Il lui ordonne: "Prends ce que Je te donne" comme Parole et enseignements "et montre-toi reconnaissant" pour avoir reçu de telle révélation et ne demande pas ce dont tu seras incapable de l'observer.
Verset 145
Et Nous écrivîmes pour lui, sur les Tablettes, une exhortation concernant toute chose, et un exposé détaillé de toute chose. "Prends-les donc fermement et commande à ton peuple d'en prendre le meilleur. Je vous ferai voir la demeure des pervers". Sur de Tables, Dieu à écrit à Moïse des exhortations sur tous les sujets et une explication, en y montrant le licite et l'illicite. On a dit que ces Tables renfermaient tout le Pentateuque, mais certains ont répondu qu'elles ont été données à Moïse avant le Pentateuque. "Observes-les avec fermeté et ordonne à ton peuple d'en observer l'essentiel". D'après les dires d'Ibn Abbas Moïse fut ordonné de prendre avec fermeté la plus excessive des obligations qui les a transmises à son peuple. Comme avertissement et menace, Dieu met en garde les hommes contre Sa désobéissance et l'insoumission à Ses ordres, et montre le sort des perdants: "Je vous montrerai la demeure des méchants" C'est à dire la triste fin des insoumis et rebelles, comme on a dit que cette demeure n'était autre que celle de Pharaon et son peuple. Mais la première interprétation s'avère plus correcte car ces paroles divines furent adressées aux fils d'Israël après leur fuite de l'Égypte et avant leur errement dans le désert.
Verset 146
J'écarterai de Mes signes ceux qui, sans droit, s'enorgueillissent sur terre. Même s'ils voient tous les miracles, ils n'y croient point. Et s'ils voient le chemin de la droiture, ils ne le prennent point comme chemin. Mais s'ils voient le chemin de l'erreur, ils le prennent comme chemin. C'est qu'en vérité ils traitent de mensonges Nos signes et ils ne leur accordaient aucune attention. Je priverai de mes enseignements ceux qui sans cause se montrent pleins de suffisance et refusent de croire en dépit de n'importe quelle preuve. Aperçoivent-ils la voie de la droiture? ils s'en écartent. Aperçoivent-ils au contraire la voie de l'impiété? ils s'y engagent. Je les en priverai pour les punir d'avoir traité mes signes de mensonge et de les avoir méprisés.
Verset 147
Ceux qui traitent de mensonges Nos signes et la rencontre de l'au-delà, vaines seront leurs œuvres. Sont-ils rétribués autrement qu'en fonction de ce qu'ils œuvraient? Ceux qui révoquent en doute nos signes et ne croient pas à la vie future perdront le bénéfice de leurs œuvres. Mériteront-ils d'être traités autrement que d'après leurs œuvres? Ceux qui se montrent rebelles contre Dieu, les insoumis et qui s'enorgueillissent sans raison, ceux-là Dieu ne leur facilite plus la compréhension de ses Signes et enseignements. Contre leur orgueil sans raison, Dieu les a humiliés par cette ignorance comme Il a dit: "Nous retournerons leurs raisons et leurs yeux pour n'avoir pas cru dès le début" [Coran VI, 110] et aussi: "Quand ils trahirent, Dieu corrompit leurs cœurs" [Coran LXI, 5]. A cet égard on a dit: "L'orgueilleux et le timide n'acquerront jamais la science". On a dit aussi: "Celui qui n'endure pas l'humiliation fût-ce une heure pour apprendre, passera toute sa vie dans l'humiliation de l'ignorance".
Verset 148
Et le peuple de Moïse adopta après lui un veau, fait de leurs parures: un corps à mugissement. N'ont-ils pas vu qu'il ne leur parlait point et qu'il ne les guidait sur aucun chemin? Ils l'adoptèrent [comme divinité], et ils étaient injustes. Après que Moïse ait quitté son peuple pour aller rencontrer son Seigneur au rendez-vous fixé, ceux parmi les égarés des fils d'Israël donnèrent au Samiri (Samaritain) les bijoux que les femmes avaient empruntés des Coptes la veille de leur départ de l'Égypte. Ce Samiri leur fit sortir, de ces bijoux, un veau au corps mugissant en y lançant une poignée de poussière laissée par le cheval de Gabriel. Au moment de la rencontre Dieu fait connaître à Moïse "Nous avons éprouvé ton peuple en ton absence, ô Moïse. Le Samaritain vient de l'égarer" [Coran XX, 85]. Certains des exégètes ont dit que ce veau fut un vrai animal vivant en chair et os, d'autres ont répondu qu'il était en or et demeure ainsi, le vent pénétra d'un côté à son intérieur et sortit de l'autre en produisant un son comme un mugissement. Et c'est Dieu qui est le plus savant. On a rapporté que, entendant ce mugissement, les fils d'Israël furent éprouvés et commencèrent à danser autour de ce veau, en disant l'un à l'autre: "Le voilà votre Dieu et celui de Moïse. Mais Moïse l'a oublié" [Coran XX, 88]. Pour critiquer leur faire, Dieu a dit: "Ne voyaient-ils pas qu'il ne pouvait ni leur parler ni leur être utile en quoi que ce soit" et ce verset dans la sourate de Ta-Ha qui le corrobore: "N'ont-ils pas compris que ce veau était incapable d'articuler une seule parole? Pas plus qu'il n'était capable de leur être utile ou nuisible" [Coran XX, 89].
Verset 149
Et quand ils eurent éprouvé des remords, et qu'ils eurent vu qu'ils étaient bel et bien égarés, ils dirent: "Si notre Seigneur ne nous fait pas miséricorde et ne nous pardonne pas, nous serons très certainement du nombre des perdants". Dieu désavoue le comportement des fils d'Israël égarés en adorant ce veau et oubliant le créateur des cieux et de la terre, le Seigneur de toute chose. Comment se permettaient-ils d'adorer un veau qui mugit mais ne pouvait ni leur nuire ni leur être utile? L'égarement et l'ignorance avaient-ils voilé leurs yeux? A ce propos l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - a dit à Abou Ad-Darda: "L'amour d'une chose te rend aveugle et sourd"(Rapporté par Ahmed et Abou Daoud). "Quand ils comprirent leur erreur" et éprouvèrent un grand regret, "et se rendirent compte de leur égarement, ils dirent: "Si notre Seigneur n'a pas pitié de nous et ne nous pardonne pas, nous sommes perdus" C'est un aveu clair de leur péché et une demande de refuge auprès de Dieu à Lui la puissance et la gloire.
Verset 150
Et lorsque Moïse retourna vers son peuple, courroucé et chagriné, il dit: "Quelle triste façon de me remplacer pendant mon absence! Avez-vous voulu hâter le commandement de votre Seigneur?" Il jeta les Tablettes et prit la tête de son frère, en la tirant à lui. [Aaron] dit: "Ô fils de ma mère, le peuple m'a opprimé et peu s'en est fallu qu'ils me tuent. Ne fais donc pas que les ennemis se réjouissent à mes dépens, et ne me compte pas parmi les gens injustes". Après son entretien tête à tête avec le Seigneur, Moïse retourna chez son peuple, courroucé et affligé en voyant comment son peuple s'est comporté en son absence: "Quelle vilaine conduite a été la vôtre pendant mon absence" en adorant le veau en dehors de Dieu. "Avez-vous trouvé trop long le délai fixé par votre Seigneur?" et mon absence a trop duré alors que c'est une affaire qui était entre les mains de Dieu? Moïse irrité "Posa les Tables, saisit son frère par la tête et le tira vivement à lui" Sous l'effet de sa colère il jeta les Tables qui étaient, comme on a dit, en rubis et émeraude. Il saisit son frère Aaron par la tête en l'attirant à lui croyant qu'il a manqué à son devoir en interdisant les fils d'Israël de se comporter de la sorte. Dieu a aussi mentionné ce fait dans un autre verset: "O fils de ma mère, dit Aaron, ne t'en prends ni à ma barbe ni à ma tête. J'ai craint que tu ne m'accuses d'avoir désuni les fils d'Israël et de n'avoir pas suivi tes recommandations" [Coran XX, 94]. Aaron présenta ses excuses à son frère, que le peuple l'a humilié et a failli le tuer. "Ne réjouis pas nos adversaires en me molestant devant eux". On remarque que dans les deux versets précités, Aaron s'est adressé à Moïse par: "O fils de ma mère" une expression qui suscite la compassion et la pitié.
Verset 151
«Seigneur, répondit Moïse, pardonne-nous, mon frère et moi, et reçois-nous dans le sein de Ta miséricorde. Tu es toute miséricorde». Après son entretien tête à tête avec le Seigneur, Moïse retourna chez son peuple, courroucé et affligé en voyant comment son peuple s'est comporté en son absence: «Quelle vilaine conduite a été la vôtre pendant mon absence» en adorant le veau en dehors de Dieu. «Avez-vous trouvé trop long le délai fixé par votre Seigneur?» et mon absence a trop duré alors que c'est une affaire qui était entre les mains de Dieu? Moïse irrité «Posa les Tables, saisit son frère par la tête et le tira vivement à lui» Sous l'effet de sa colère il jeta les Tables qui étaient, comme on a dit, en rubis et émeraude. Il saisit son frère Aaron par la tête en l'attirant à lui croyant qu'il a manqué à son devoir en interdisant les fils d'Israël de se comporter de la sorte. Dieu a aussi mentionné ce fait dans un autre verset: «O fils de ma mère, dit Aaron, ne t'en prends ni à ma barbe ni à ma tête. J'ai craint que tu ne m'accuses d'avoir désuni les fils d'Israël et de n'avoir pas suivi tes recommandations» [Coran XX, 94]. Aaron présenta ses excuses à son frère, que le peuple l'a humilié et a failli le tuer. «Ne réjouis pas nos adversaires en me molestant devant eux». On remarque que dans les deux versets précités, Aaron s'est adressé à Moïse par: «O fils de ma mère» une expression qui suscite la compassion et la pitié. Moïse, de sa part, constatant l'innocence de son frère et sa faiblesse devant les fils d'Israël, pria le Seigneur: «Seigneur, pardonne-nous, mon frère et moi, et reçois-nous dans le sein de Ta miséricorde. Tu es toute miséricorde». A ce propos, Ibn Abbas rapporte que l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - a dit: «Que Dieu fasse miséricorde à Moïse! Le témoin d'un événement n'est pas pareil à qui en a eu vent. Son Seigneur à Lui la Puissance et la gloire l'a informé que son peuple fut éprouvé après son départ. Il n'a pas jeté les Tables en entendant cela, mais lorsqu'il a vu cela de ses propres yeux, il les a jetées» (Rapporté par Ibn Abi Hatem).
Verset 152
La colère de Dieu n'a atteint les fils d'Israël qu'à cause de l'adoration du veau, et il n'a accepté leur repentir qu'après les uns aient tué les autres. Cette colère fut suivie par un mépris et une humiliation dans ce bas monde. «C'est ainsi que nous traitons les menteurs» et ceux qui inventent des innovations. En récitant ce verset, Abou Qalaba a dit: «Par Dieu ceci s'applique à tous ceux qui forgent des mensonges jusqu'au jour de la résurrection».
Verset 153
Mais le Seigneur ne tarde pas à les guider et leur faire connaître qu'il accepterait le repentir des pécheurs même si leurs péchés comportent une incrédulité, un polythéisme, une hypocrisie ou une séparation de la communauté. C'est pourquoi Il a dit à la suite «Ceux qui font le mal, puis se repentent et reviennent à Allah, ton Seigneur» ô Mouhammad le Prophète de la miséricorde «est pour eux indulgent et miséricordieux». On a demandé Abdullah Ben Massoud au sujet d'un homme qui fornique avec une femme et puis l'épouse? Il récita ce verset «Ceux qui font le mal...» jusqu'à la fin, dix fois sans recommander une chose pareille et sans l'interdire.
Verset 154
Lorsque la colère de Moïse tomba, il reprit les Tables. Leur texte exprimait une direction et promettait la miséricorde d'Allah à ceux qui Le redoutent. Lorsque la colère de Moïse fut apaisée, il reprit les Tables qu'il avait jetées, et en ramassant leurs pièces et débris, il y trouva que «leur texte exprimait une direction et promettait la miséricorde d'Allah à ceux qui Le redoutent». A ce propos Qatada raconte: «Après avoir ramassé les pièces des Tables, Moïse s'écria: «Seigneur, j'y trouve mentionnée une communauté suscitée pour les hommes, elle ordonne ce qui est convenable et interdit ce qui est blâmable. Seigneur, fais qu'elle soit la mienne». - Non, fut la réponse, elle sera la communauté d'Ahmed. Moïse reprit: «J'y trouve aussi que ceux qui viennent les derniers, seront les premiers» (Sous-entendant: ceux qui seront nés après seront les premiers à entrer au Paradis). - Non, répliqua le Seigneur, c'est la communauté d'Ahmed. Enfin Moïse dit: «Seigneur je trouve dans les Tables qu'il y aura une communauté dont ses membres gardent leur Evangile dans leur cœur, fais qu'elle soit la mienne» - C'est la communauté d'Ahmed, rétorqua Dieu. Et Qatada de conclure: «On nous a rapporté que Moïse - que Dieu le salue - a rejeté les Tables en s'écriant: «Mon Dieu, fais que je sois de la communauté de Mouhammad».
Verset 155
Moïse avait choisi soixante-dix hommes pour l'accompagner au rendez-vous. Ils furent pris d'un violent tremblement. Moïse s'écria: «Seigneur, si Tu l'avais voulu, Tu les aurais anéantis, auparavant, eux et moi. Vas-Tu maintenant nous faire périr à cause du crime de quelques insouciés? Il est vrai que ce n'est là qu'une de ces épreuves par lesquelles Tu égares ou diriges qui Tu veux. Tu es notre Maître. Pardonne-nous, reçois-nous dans le sein de Ta miséricorde. Tu es toute miséricorde». As-Souddy raconte: «Dieu ordonna à Moïse de choisir 70 hommes parmi les fils d'Israël et de venir avec lui à un rendez-vous qu'Il lui a fixé, pour s'excuser de l'adoration du veau. «Moïse avait choisi soixante-dix hommes pour l'accompagner au rendez-vous». Arrivés à l'endroit fixé, ils dirent à Moïse «O Moïse, nous ne croirons à ta mission que le jour où nous verrons Allah face à face» [Coran II, 55]. Puisque tu t'es entretenu avec Lui, laisse-nous Le voir. Alors «ils furent pris d'un violent tremblement» Moïse commença à pleurer et pria le Seigneur: «Mon Dieu, que pourrai-je dire aux fils d'Israël lorsque je serai de retour alors que Tu viens de périr ce groupe de leurs meilleurs? «Seigneur, si Tu l'avais voulu, Tu les aurais anéantis, auparavant, eux et moi». Puis Moïse rendit tout à Dieu: «Il est vrai que ce n'est là qu'une de ces épreuves par lesquelles Tu égares ou diriges qui Tu veux» Tout dépend de Ta volonté. Celui que Tu égares nul ne saura le diriger, et celui que Tu diriges nul ne pourra l'égarer. Nul ne refuse ce que Tu donnes, et nul ne pourra donner ce que Tu refuses. Tout T'appartient. «Tu es notre Maître. Pardonne-nous, reçois-nous dans le sein de Ta miséricorde. Tu es toute miséricorde». Ainsi la miséricorde jointe au pardon constituent un moyen pour cesser de commettre de péchés dans l'avenir, et Dieu est le meilleur de ceux qui pardonnent.
Verset 156
«Réserve-nous une bonne part dans ce monde et dans l'autre. Nous sommes ralliés entièrement à Ta cause. Il dit: Je châtie qui je veux. Et, d'autre part, ma clémence est infinie. Elle est acquise à ceux qui croient, font l'aumône et se rallient à nos signes». Si le verset précédent est une invocation pour éviter ce qui est répréhensible, ce verset indique le but qui sera une acquisition des bonnes actions, et voilà bien ce qu'on recherche de ce bas monde pour être une provision à l'au-delà. Lorsque Moïse déclara: «Ce n'est là qu'une de ces épreuves» Dieu lui répondit: «Je châtie qui Je veux. Et, d'autre part, Ma clémence est infinie». Dieu fait ce qu'Il veut et décide ce qu'Il veut, nul ne peut s'opposer à Ses décisions. Gloire à Lui, il n'y a d'autre Dieu que Lui. S'Il châtie le coupable, Sa miséricorde s'étend à toute chose. «Elle est acquise à ceux qui croient» c'est à dire que cette miséricorde sera la part de ceux qui craignent Dieu qui est une grâce et une faveur. Ceux qui craignent Dieu comme il se doit, sont certes les membres de la communauté de Mouhammad qui s'acquittent de leurs devoirs prescrits; qui évitent de commettre le péché le plus grave qui est le polythéisme, qui font l'aumône et payent la zakat de leurs biens, - ou bien suivant une autre interprétation: ils purifient leur âme - et qui croient fermement aux Signes de Dieu.
Verset 157
A ceux qui suivent l'Envoyé -l'apôtre inculte- annoncé par le Pentateuque et les Evangiles, qui commande le bien et interdit le mal, qui autorise l'usage des bons aliments et défend les mauvais, qui soulage les peines et délivre des chaînes. Ceux qui croient en lui, qui le vénèrent, qui l'assistent et qui prennent pour guide la lumière descendue du ciel, ceux-là sont promis au bonheur. «A ceux qui suivent l'Envoyé - l'apôtre inculte - annoncé par le Pentateuque et les Evangiles» il s'agit de Mouhammad - qu'Allah le bénisse et le salue - qui est mentionné dans les Écritures révélées à d'autres Prophètes, et ceux-ci avaient annoncé à leurs peuples son avènement et leur avaient ordonné de le suivre. Les qualités de l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - existent dans leurs Livres et dont leurs savants et docteurs les connaissent très bien. «Qui commande le bien et interdit le mal». Telle est l'une des qualités du Prophète mentionné dans les Écritures, et ainsi était le privilège après son avènement car Mouhammad - qu'Allah le bénisse et le salue - ordonnait ce qui est convenable et bon et interdisait le mal et ce qui est répréhensible. «qui autorise l'usage des bons aliments et défend les mauvais» en leur rendant licite ce qu'ils s'interdisaient injustement et leur interdisant tout ce qui est blâmable tel que la viande du porc, l'usure, et ce qu'ils se permettaient et dont Dieu interdisait. «qui soulage les peines et délivre des chaînes» c'est à dire que le Prophète n'apporte que tout ce qui est aisé et ne pèse pas sur les hommes. «Ceux qui croient en lui, qui le vénèrent, qui l'assistent» en le soutenant et le secourant «et qui prennent pour guide la lumière descendue du ciel» qui n'est autre que le Coran dont il a été chargé de le communiquer aux hommes, «ceux-là sont promis au bonheur» dans la vie présente et dans l'au-delà.
Verset 158
Dieu demande à Son Prophète de dire aux gens: «Je suis, en vérité, envoyé vers vous tous» et ceci constitue un grand honneur d'être le dernier des Prophètes et d'être envoyé vers toute l'humanité avec le Coran pour le divulguer, comme Dieu a dit: «Ce Coran m'a été révélé pour que vous soyez avertis ainsi que tous ceux qu'il touchera» [Coran VI, 19] une fois ce message communiqué «Ceux qui nient le Livre sont promis à l'enfer» [Coran XI, 17]. Si les hommes se soumettent, ils sont bien dirigés, mais «S'ils s'insurgent, rappelle-toi que ton rôle se borne à les avertir» [Coran III, 20]. «Allah le Maître des cieux et de la terre. Il n'y a pas d'autre Allah que Lui. Il donne la vie et la mort» qui sont des attributs de Dieu, le Créateur de toute chose, le Seigneur de l'Univers qui fait vivre et qui fait mourir, c'est bien Lui qui a envoyé Mouhammad - qu'Allah le bénisse et le salue - apportant la vérité pour la transmettre aux hommes. C'est lui le Prophète illettré qui est mentionné dans les Écritures où son avènement était confirmé. «Il croit en Allah et à Sa parole» et ce qui lui a été révélé et dont ses actes confirment ses paroles. «Suivez-le» et ne cherchez point un autre chemin que le sien «si vous voulez faire votre salut» et être bien dirigés.
Verset 159
Il y a parmi le peuple de Moïse des gens qui sont amis de la vérité et jugent avec conscience. Les fils d'Israël n'étaient pas tous des égarés et des rebelles, mais il y avait parmi eux une partie qui ne cesse de suivre la vérité et grâce à laquelle elle observe la justice, ce qui est confirmé dans ces versets: «Il y en a parmi eux qui ont le cœur ferme, qui passent les nuits à lire les versets d'Allah et à se prosterner» [Coran III, 113] et: «Parmi les gens d'Écriture, il en est qui croient en Allah, et à la fois à ce qu'il vous a révélé et à ce qu'il leur a révélé. Entièrement soumis à Allah» [Coran III, 199] et encore: «Ceux à qui nous avons donné le Livre et qui le récitent avec la foi qu'il convient, ce sont ceux-là les vrais adeptes du Livre» [Coran II, 121].
Verset 160
Nous avons divisé les Israélites en douze tribus. Nous avons suggéré à Moïse, quand son peuple lui demanda à boire, de frapper le rocher avec son bâton. Aussitôt douze sources jaillirent et chacune des douze tribus devina l'emplacement où elle devait boire. Nous les avons mis à l'ombre d'un nuage et nous leur avons envoyé des cailles et de la manne. Mangez les biens qu'Allah vous envoie. Ce n'est pas à nous qu'ils ont nui mais à eux-mêmes. Nous avons déjà traité ce sujet en commentant la sourate de la vache, (les versets: 57-60).
Verset 161
Lorsque nous leur dîmes «Installez-vous dans cette ville, mangez-y où il vous plaira. En y pénétrant, prosternez-vous et demandez la rémission de vos péchés. Vos fautes vous seront pardonnées et des récompenses spéciales seront accordées aux meilleurs d'entre vous.»
Verset 162
À ces paroles, les pervers en substituèrent d'autres. Pour les punir de leur fourberie, nous leur envoyâmes du ciel un châtiment avilissant.
Verset 163
Dieu ordonne à Son Prophète de demander aux juifs qui sont venus le trouver au sujet de leurs coreligionnaires qui ont enfreint le Sabbat et comment Il s'est vengé d'eux pour les punir de leur désobéissance et leur ruse, et d'avertir ceux qui sont en sa présence de dissimuler ses qualités et sa venue qu'ils trouvent dans leur Livre, sinon ils subiront le même sort que leurs ancêtres. Cette cité mentionnée dans le verset est Ayla sur la mer Rouge, et se situe, selon les dires d'Ibn Abbas entre Madiane et le mont Tor. «... les habitants n'observaient pas le repos du Samedi» car ils étaient ordonnés de respecter le sabbat et s'y abstenir de toute activité, mais ils ont enfreint les ordres divins. Comme en ce jour-là les poissons se présentaient à eux à la surface de l'eau «Alors qu'ils disparaissaient les autres jours» ceci constituait une épreuve pour eux dans le but de savoir le degré de leur foi mais, hélas, ils n'étaient que des pervers qui méritaient la punition. Ils avaient usé de ruses pour capturer ces poissons en désobéissant aux ordres divins. À cet égard Abou Houraïra rapporte que l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - a dit: «Ne commettez pas les mêmes péchés des juifs en rendant licite ce que Dieu a prohibé, par de vils moyens».
Verset 164
Une partie d'entre eux dirent aux autres: «Pourquoi tentez-vous de moraliser des gens dont Allah cherche la perte ou qu'Il veut châtier sévèrement?» Ils répondirent: «C'est pour dégager notre responsabilité vis-à-vis d'Allah. Et peut-être aussi s'amenderont-ils?»
Verset 165
Ils restèrent sourds à ces exhortations. Nous sauvâmes alors ceux qui avaient pris parti contre les méchants et nous infligeâmes à ceux-ci un châtiment exemplaire pour les punir de leur désobéissance.
Verset 166
Quand ils se montrèrent insolents dans leur désobéissance, nous leur dîmes: «Soyez changés en singes abjects». Dans les versets précités, Dieu nous fait savoir que les habitants de cette cité formaient trois groupes: le premier qui avait enfreint les ordres de Dieu en usant de stratagème pour capturer les poissons profanant ainsi le Sabbat; un deuxième qui avait interdit le premier puis il s'écartait de lui; un troisième qui n'avait pas agi, il s'était tu et avait dit au deuxième groupe: «Pourquoi tentez-vous de moraliser des gens dont Allah cherche la perte ou qu'Il veut châtier sévèrement» Des propos qui signifient: pourquoi interdisez-vous ces gens-là de commettre un tel acte de désobéissance alors que vous savez indubitablement que Dieu va les détruire, donc vos exhortations sont vaines: Et le deuxième groupe de répondre: «C'est pour dégager notre responsabilité vis-à-vis d'Allah» car il a eu notre engagement d'ordonner à faire le bien et à déconseiller le blâmable. Une fois avertis et exhortés «Peut-être aussi s'amenderont-ils» en cessant d'enfreindre les enseignements et de revenir à Dieu repentants, et alors, il se peut que le Seigneur revienne vers eux par sa miséricorde.
Verset 167
Pour prix de leur désobéissance aux ordres divins, leur rébellion et leur ruse, Dieu a proclamé qu'Il enverrait contre les juifs des gens qui leur feront subir de durs châtiments et maux jusqu'au jour de la résurrection. À cet égard on a rapporté que Moïse leur imposait le tribut durant sept années, ou treize selon d'autres dires. Il fut le premier à imposer un tel tribut. Puis les juifs furent dominés par les Grecs, les Chaldéens ensuite les chrétiens qui les traitèrent sévèrement et les humilièrent en leur obligeant à payer la capitation. Enfin Mouhammad - qu'Allah le bénisse et le salue - les vainquit et vécurent sous l'autorité des musulmans en payant les tributs et les autres impôts. En commentant ce verset Ibn Abbas a dit: «Ceux qui leur feront subir des maux terribles, les humilieront jusqu'au jour de la résurrection sont Mouhammad - qu'Allah le bénisse et le salue - et sa communauté» Cette opinion fut soutenue par Ibn Joubaïr, Ibn Jourraïj, As-Souddy et Qatada. À la fin de temps, les juifs feront apparition en tant que partisans de l'Antéchrist, mais les musulmans avec Jésus fils de Marie les tueront. Dieu est certes prompt dans Son châtiment qu'Il inflige à ceux qui se rebellent contre Lui et transgressent Ses ordres. Mais, d'autre part, Il est miséricordieux et clément envers ceux qui reviennent à Lui repentants. Il a joint la miséricorde au châtiment afin que les hommes ne désespèrent pas; et que les âmes éprouvent l'espoir aussi bien que la crainte.
Verset 168
Nous les avons dislogés à travers le monde en plusieurs communautés. Les uns étaient vertueux, les autres ne l'étaient pas. Nous avons attiré sur eux alternativement le bonheur et l'adversité. Peut-être retourneront-ils à Allah. Dieu les a divisés, sur la terre, en plusieurs communautés, il y a parmi eux des justes et d'autres qui ne le sont pas. Il les a éprouvés par des biens et par des maux, c'est à dire par l'aisance et l'indigence, la crainte et le désir, la bonne santé et la maladie... «Peut-être retourneront-ils à Allah».
Verset 169
Une génération succéda à celle-ci. Elle hérita du Livre. Ses représentants firent argent de tout, se disant: «Ça nous sera pardonné». N'empêche que si de nouvelles compromissions s'offraient à eux, ils les acceptaient. Et cependant d'avoir hérité du Livre, cela aurait dû les inciter à ne dire sur Allah que la vérité. Au surplus, le Livre ne leur a-t-il pas été enseigné? La vie future doit être le bien le plus précieux pour ceux qui craignent Allah. Le comprendrez-vous? Mais les successeurs qui sont venus après eux, leurs vertueux et leurs méchants, héritèrent du Livre qui est le Pentateuque et les étudièrent. Bien que Moujahid a déclaré que ces successeurs sont les chrétiens, il s'avère que le verset a une portée plus générale. «Ses représentants firent argent de tout, se disant: «Ça nous sera pardonné». Au lieu de divulguer et suivre la vérité, ils s'emparèrent des biens de ce monde et se patienterent de revenir à Dieu repentants. À chaque fois qu'un bien comme le premier se présenta à eux, ils y succombèrent. Que ce soit un bien licite ou illicite, comme a dit Moujahid, ils le prirent sans éprouver aucun scrupule en se disant comme toujours: «Ça nous sera pardonné». As-Souddy a dit: «Les fils d'Israël n'ont institué un juge sans qu'il n'accepte un pot de vin. On lui disait: «Pourquoi acceptes-tu d'être soudoyé?» Il répondait: «On me pardonnera». Alors les intéressés parmi les fils d'Israël recusaient ses verdicts. À la mort de ce juge ou à la suite de sa destitution, on confiait ce poste à un autre qui ne tardait pas à agir de même en confirmation du verset: «N'empêche que si de nouvelles compromissions s'offraient à eux, ils les acceptaient». L'alliance du Livre n'a-t-elle pas été contractée, et cela n'aurait-il pas «dû les inciter à ne dire sur Allah que la vérité?» Dieu désavoue leur comportement d'avoir dissimulé la vérité sans la divulguer aux autres, comme Il le montre dans ce verset: «Allah a reçu des gens d'Ecriture la promesse qu'ils divulgueraient leur Livre et ne le tiendraient pas caché» [Coran III, 187]. Ibn Abbas a dit que ces gens-là espéraient toujours le pardon de Dieu du moment qu'ils revenaient toujours à leur désobéissance sans se repentir. «La vie future doit être le bien le plus précieux pour ceux qui craignent Allah. Le comprendrez-vous?» Dieu, malgré tout, les exhorte à revenir sur leur péché espérant d'acquérir Son pardon, et en même temps Il les avertit contre Son terrible châtiment. Il se demande: n'est-il pas temps de comprendre ces enseignements? Ne faut-il pas s'abstenir de tout ce que Dieu a interdit et de cesser de rechercher avidement les plaisirs du siècle et ses jouissances éphémères?
Verset 170
Ceux qui font du Livre leur règle et sont assidus à la prière, nous ne les laisserons pas sans récompense. Puis Dieu loue ceux qui s'attachent sincèrement à Son Livre et à suivre Son Prophète où ils l'y trouvent mentionné. Par ailleurs, ils «ont du Livre leur règle et sont assidus à la prière» Dieu ne laissera pas certainement perdre la récompense de ceux qui font le bien et s'amendent.
Verset 171
Nous avons dressé une montagne qui les oppressait de tout son poids, au point qu'ils craignaient qu'elle ne s'écroule sur eux. Recevez en toute humilité nos enseignements, leur dîmes-nous. Méditez sur ce qu'ils contiennent. Peut-être deviendrez-vous meilleurs. Ibn Abbas a dit: «En vertu de l'alliance contractée avec eux, Dieu a élevé la montagne au-dessus d'eux en la confiant aux anges. Moïse les dirigea vers la terre sainte où il reçut les tablettes une fois sa colère apaisée, en leur ordonnant de se conformer à leur contenu et à observer les ordres divins. Mais comme ils constatèrent que cette tâche leur parut pénible, ils passèrent outre, Dieu alors dressa la «montagne qui les oppressait de tout son poids» soutenue par les anges. En commentant ce fait Abou Bakr Ben Abdullah a dit: «On leur dit: «En voilà un Livre dont vous devez vous prescrire à son contenu car il renferme le licite et l'illicite». Ils objectèrent et dirent: «Mets en clair tout ce qu'il renferme, si ses prescriptions et obligations nous seront faciles à pratiquer, nous nous conformerons». Moïse de répliquer: «Non, vous devez les accepter telles quelles» - Non, rétorquèrent-ils, à moins que tu nous les montres clairement et en détail». A ce moment-là Dieu ordonna à la montagne qui fut déracinée de s'élever au ciel au-dessus de leurs têtes, et Moïse de s'écrier: «Ne comprenez-vous pas les paroles de mon Seigneur à Lui la puissance et la gloire? Si vous ne prenez pas la Torah telle quelle, Il vous écrasera par cette montagne». «Al Hassan Al-Basri m'a raconté: «Quand ils virent la montagne au-dessus de leurs têtes, chacun des fils d'Israël se prosterna en posant son sourcil gauche sur le sol et regardant la montagne de son œil droit redoutant qu'elle ne tombe sur lui. A cause de cet événement tout juif qui se prosterne de nos jours le fait de la sorte. Ils prétendent que grâce à cette prosternation le châtiment fut remis. Et Abou Bakr de poursuivre: «Lorsque Moïse étala les tables où se trouve le Livre que Dieu a écrit de Sa propre main, toute montagne, tout arbre et toute pierre s'ébranlèrent. Tout juif à qui on récite la torah de nos jours s'agite en l'entendant et secoue la tête»
Verset 172
Allah tira du dos des fils d'Adam leurs descendants et reçut ainsi leurs témoignages: «Ne suis-je pas votre Seigneur?» dit-il. Ils répondirent: «Oui, nous l'attestons». Après cet aveu, vous ne pourrez pas dire, au jour de la résurrection: «Nous ignorions cela». Dieu tira la descendance des fils d'Adam de leurs reins en les faisant témoigner contre eux-mêmes qu'il est leur Seigneur et leur Souverain, et qu'il n'y a d'autre Dieu que Lui selon la nature qu'il leur a donnée en disant: «Suis fermement ta religion dans toute sa rigueur. C'est une obligation inhérente à la nature de l'homme. L'ordre établi par Allah ne saurait être modifié» [Coran XXX, 30]. A ce propos il est cité dans les deux Sahihs d'après Abou Houraira que l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - a dit: «Tout nouveau-né est né sur l'islamisme (Al-Fitra)» (Rapporté par Bukhari et Mouslim). Ces différents hadiths dénotent que Dieu à Lui la puissance et la gloire tira des reins d'Adam sa postérité en les départageant entre bienheureux du Paradis et damnés de l'Enfer en les faisant témoigner contre eux-mêmes qu'Il est leur Seigneur. Ce témoignage, d'après les ulémas anciens et contemporains, signifie leur création sur l'islamisme et l'unicité de Dieu.
Verset 173
Vous ne pourriez pas dire non plus: «Avant nous, nos pères associaient d'autres divinités à Allah et nous n'avons fait que leur succéder. Nous feras-tu expier les erreurs des injustes?» Les fils d'Adam se succèdent les uns aux autres, génération après génération pour peupler la terre, et témoignent toujours contre eux-mêmes soit en parole en disant: «Nous en témoignons contre nous-mêmes» [Coran VI, 130] soit en acte selon ce verset: «Il n'appartient pas aux infidèles d'entretenir le culte d'Allah, alors qu'ils sont les propres témoins de leur impiété» [Coran IX, 17]. Donc ce témoignage sera un argument contre les impies qu'ils étaient polythéistes. C'est pourquoi, il a dit: «Après cet aveu, vous ne pourrez pas dire, au jour de la résurrection: «Nous ignorons cela» c'est à dire: «nous avons été pris au dépourvu et on ne nous a pas demandé de témoigner de cette unicité. Et «vous ne pourriez pas dire non plus: «Avant nous, nos pères associaient d'autres divinités à Allah...»
Verset 174
C'est ainsi que nous multiplions les enseignements. Peut-être reviendrez-vous à Allah. Pour effet cette exhortation par la langue du porteur du miracle Muhammad (s) sert également de rappel pour chaque âme afin qu'elle se souvienne de cela en elle-même. Ainsi Nous détaillons les signes Nous les expliquons de même que Nous avons expliqué l'alliance afin qu'ils puissent y réfléchir et qu'ils puissent revenir de leur incroyance.
Verset 175
Raconte-leur l'histoire de celui à qui nous avons enseigné le Livre. Il n'en fit pas cas. Satan l'attira et l'entraîna dans le cercle des réprouvés. La personne concernée est un homme des fils d'Israël appelé Bal'am Ben Ba'oura d'après Ibn Abbas, qui habitait au Yemen à qui Dieu a accordé une science de l'invisible mais il l'a négligée. Ali Ben Abi Talha rapporte d'après Ibn Abbas: «Lorsque Moïse attaqua le peuple tyran, les cousins de Bal'am vinrent trouver ce dernier et lui dirent: «Moïse est un homme d'une ferme résolution accompagné d'une armée nombreuse, s'il réussit à nous battre et avoir le pas, nous serons tous perdus. Invoque Dieu afin qu'il repousse de nous Moïse et son armée». Il leur répondit: «Si je fais une telle invocation je perdrai ma vie présente et ma vie future». Mais ils insistèrent qu'à la fin Bal'am formula son invocation. Dieu alors le débarrassa de ses signes et de son pouvoir de prédiction. Tel est le sens du verset: «Il n'en fit pas cas. Satan l'attira...». «Satan l'attira et l'entraîna dans le cercle des réprouvés» Cet homme-là - Bal'am- le démon le poursuivit et le soumit à son pouvoir diabolique, et il fut au nombre de ceux qui s'égarent.
Verset 176
Si nous l'avions voulu, nos enseignements auraient sauvé son âme. Mais il s'est enlisé dans les boues de ce monde, tiré par le poids de ses passions. Il halète, semblable au chien qui toujours halète, qu'on le poursuive ou qu'on le laisse en paix. Voilà à quoi ressemblent ceux qui renient nos signes. Rappelle-leur cette histoire. Peut-être les fera-t-elle réfléchir? «Si nous l'avions voulu, nos enseignements auraient sauvé son âme» pour ne plus barboter «dans les boues de ce monde» et s'adonner à ses plaisirs et clinquants comme bien d'autres qui en furent séduits. Les dires de Dieu: «Il halète, semblable au chien qui toujours halète, qu'on le poursuive ou qu'on le laisse en paix» on leur a donné plusieurs interprétations: D'après Abou An-Nadar qui a raconté le récit précédent, la langue de Bal'am pendit sur sa poitrine et devint pareil à un chien qui halète toujours qu'on l'attaque ou qu'on le laisse. D'autres ont pris cela au sens figuré et dit que Bal'am dans son égarement et son abus de la faveur d'exaucement que Dieu lui a accordée, fut semblable au chien qui grogne et halète toujours. Puis Dieu dit à son Prophète: «Ô Muhammad, «Rappelle-leur cette histoire. Peut-être la fera-t-elle réfléchir?» Rappelle aux fils d'Israël - les juifs - l'histoire de Bal'am et ce qui lui fut arrivé en abusant de sa science et sa connaissance du nom sublime de Dieu grâce auquel Il exauce les invocations.
Verset 177
Quel détestable exemple donnent ceux qui nient nos signes! En réalité, ils ne se nuisent qu'à eux-mêmes. «Quel détestable exemple donnent ceux qui nient nos signes» Ce chien qui n'a d'autre but que de manger et d'avoir des rapports avec une chienne. Donc tout homme qui néglige la science et les enseignements, s'adonne à ses passions et plaisirs, sera comparable à ce chien et pire encore. Il est cité dans les deux Sahihs que l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - a dit: «Nul parmi nous n'est le mauvais exemple. Celui qui revient sur son don est comparable au chien qui revient sur son vomissement» (Rapporté par Bukhari et Mouslim). Ces gens-là, Dieu ne les a pas opprimés, bien au contraire «ils ne se nuisent qu'à eux-mêmes» en s'abstenant de suivre la voie droite et de se soumettre à Dieu.
Verset 178
Celui que Dieu guide est bien guidé et celui qu'Il égare — vraiment ils sont les perdants. Certes celui que Dieu dirige est bien dirigé et nul ne pourra l'égarer, quant à celui que Dieu égare, il sera perdant et égaré. Ibn Mass'oud rapporte que l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - a dit: (dans un long hadith): «Les louanges sont à Dieu. Nous Le louons, lui demandons le secours, la bonne direction et le pardon. Nous nous réfugions auprès de Dieu contre le mal de nous-mêmes et nos mauvaises actions. Celui que Dieu dirige nul ne l'égarera, et celui qu'Il égare nul ne le dirigera. J'atteste qu'il n'y a d'autre divinité que Dieu, l'Unique, n'a pas d'associé, et j'atteste que Muhammad est Son serviteur et Son Messager» (Rapporté par Ahmed et les auteurs des sunans).
Verset 179
Et Nous avons en vérité destiné à l'Enfer un grand nombre de djinns et d'hommes qui ont des cœurs mais ne comprennent pas, qui ont des yeux mais ne voient pas et qui ont des oreilles mais n'entendent pas. Ceux-là sont comme les bestiaux, mais plus égarés encore. Tels sont les insouciants. Dieu a destiné à la Géhenne un grand nombre de génies et d'hommes qui ne cesseraient d'accomplir les œuvres des réprouvés. Car Dieu, en créant les hommes et les génies, savait les œuvres de chacun et avait tout inscrit dans un registre qu'il garde auprès du Trône avant qu'il n'ait créé les cieux et la terre de cinquante mille ans. «Ils ont de l'intelligence et ils n'en usent pas. Ils ont des yeux et ils ne voient pas. Ils ont des oreilles et ils n'entendent pas». Des expressions qui signifient que tels hommes ne se servent plus de ces organes dont Dieu les a rendus comme moyens pour la bonne direction. Ces gens-là «sont ni plus ni moins que des bêtes» qui n'entendent pas la voix de la vérité, ne la conçoivent pas et ne voient pas la bonne voie. Ils sont comme des bêtes du troupeau qui ne cherchent, par leurs organes, que ce qui leur assure leur subsistance. Même ils sont pires encore que les bêtes et plus égarés. C'est pourquoi que les soumis parmi les humains sont plus nobles que ceux qui leur sont semblables parmi les anges à la fin du monde. Quant à l'impie parmi les hommes, les bêtes sont meilleures que lui, voilà le sens des paroles divines: «Que dis-je, ils sont plus égarés encore que des bêtes! Tels sont les insouciants».
Verset 180
C'est à Allah qu'appartiennent les plus beaux noms; invoquez-Le par ces noms et laissez ceux qui profanent Ses noms: ils seront rétribués pour ce qu'ils ont fait. Abou Houraira rapporte que l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - a dit: «Dieu a quatre-vingt-dix-neuf noms, cent moins un. Celui qui les dénombre entrera au Paradis. Dieu est impair et aime l'impair» (Rapporté par Bukhari, Mouslim, Tirmidhi et Ibn Maja). En d'autre part, il faut savoir que les épithètes de Dieu ne sont pas limitées à ces 99 noms, la preuve en est ce hadith que rapporte l'Imam Ahmed dans son mousnad d'après Abdullah Ben Mass'oud où l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - a dit: «Tout homme atteint par un chagrin ou une angoisse dit: «Grand Dieu, je suis ton esclave et le fils de ton esclave et de Ta servante. Je suis sous Ton autorité et soumis à Ton pouvoir. Ton jugement s'exécute sur moi et Ta prédestination est juste pour moi. Je Te demande par tous les noms qui T'appartiennent, soit par ceux dont Tu T'es nommé Toi-même, soit par ceux que Tu as révélés dans Ton Livre, soit par ceux que Tu as enseignés à l'une de Tes créatures, soit par ceux que Tu as gardés pour Toi-même dans la science de l'invisible chez Toi, de faire le Coran le printemps de mon cœur, la lumière de ma poitrine, la dissipation de ma tristesse et la disparition de mon angoisse». Dieu fait dissiper le chagrin et la tristesse de cet homme et les substitue par une joie». En commentant ce verset: «Écartez-vous de ceux qui les bafouent» Ibn Abbas a dit: «Les athées ont profané ces noms en appelant Al-Lat (une des idoles) par l'un d'eux».
Verset 181
Ce verset concerne la communauté musulmane selon les dires des ulémas, dont ses membres se dirigent selon la vérité et observent la justice grâce à elle. À ce propos Qatada rapporte : « On m'a fait savoir que le Prophète - qu'Allah le bénisse et le salue -, en récitant ce verset, disait : « Cela vous concerne et il y avait parmi les générations précédentes une d'elles qui avait reçu la même faveur : « Il y a parmi le peuple de Moïse des gens qui sont amis de la vérité et jugent avec conscience » [Coran VII, 159]. Il est cité dans les deux Sahihs d'après Mu'awia Ben Abi Sufian que l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - a dit : « Une fraction de ma communauté ne cessera de combattre pour défendre le droit, et elle triomphera bien que d'autres leur fassent défection et les contrediront, jusqu'au jour de la résurrection » (Rapporté par Bukhari et Muslim).
Verset 182
À ceux qui se détournent de la vérité et du chemin droit, et qui traitent les signes de Dieu de mensonge, Dieu leur ouvre les portes des bienfaits et leur assure les différents moyens de la subsistance et une fois leurrés par les jouissances éphémères du bas monde croyant qu'ils sont bien favorisés et « eurent oublié nos enseignements, nous ouvrîmes toutes grandes devant elles les portes de la félicité. Nous les laissâmes dans l'allégresse, puis les surprîmes à l'improviste les jetant dans la consternation » [Coran VI, 44]. Dieu leur accordera un délai car son stratagème est sûr.
Verset 183
Et Je leur accorde un délai. Mon stratagème est sûr et infaillible. Dieu laisse aux négateurs un délai pour qu'ils se repentent, mais Son plan pour les châtier est certain et puissant.
Verset 184
Dieu blâme les impies qui traitent ses signes de mensonge et se demande : Pourquoi ne réfléchissent-ils pas et se persuadent-ils que leur compagnon c'est-à-dire Muhammad - qu'Allah le bénisse et le salue - n'est pas un homme possédé mais il est un Envoyé de Dieu qui appelle à la vérité et en même temps un avertisseur explicite à ceux qui sont doués de raison et de cœur. Il leur dit dans un autre verset : « ... et dites si vous croyez que votre compagnon est possédé ou non. Non, c'est un Prophète chargé de vous mettre en garde contre un terrible supplice » [Coran XXXIV, 46]. Si vraiment vous réfléchissez, vous constaterez qu'il n'est du tout un possédé mais chargé d'un message qu'il doit divulguer. Il est donc un Prophète authentique. Qatada rapporte que le Prophète - qu'Allah le bénisse et le salue -, étant sur le mont As-Safa, appela à Dieu les Qurayshites tribu par tribu, et phratrie par phratrie. Il leur mit en garde contre la vengeance et le pouvoir de Dieu. Un homme parmi la foule s'écria : « Votre compagnon-là est un possédé, il devra rester comme ça jusqu'au matin ». Dieu alors fit descendre ce verset.
Verset 185
Si ces gens-là méditent sur le royaume de Dieu et son pouvoir dans les cieux et sur la terre, sur tout ce qu'il y a créé, ils finiront sûrement par croire en Dieu, traiter son Envoyé de véridique et sincère, revenir soumis à Dieu, renier leurs idoles et statues, redouter leur terme fatal alors qu'ils sont toujours incrédules et mourir en impies pour subir le supplice de Dieu et son châtiment douloureux « Après cela, quel langage faut-il leur tenir pour les amener à croire ? » Quel discours, quel avertissement et quelle menace faut-il leur adresser afin qu'ils croient que tout ce qu'il leur rapporte vient de Dieu à Lui la puissance et la gloire.
Verset 186
Par ce verset, d'ailleurs comme par bien d'autres, Dieu affirme que celui qu'Il veut égarer nul ne pourra le diriger hormis Lui. S'il médite sur son cas, il ne pourra en acquérir aucun bien car « Tu ne pourras rien pour ceux qu'Allah veut perdre » [Coran V, 41]. Il a dit aussi : « Dis : Réfléchissez à tout ce que contiennent les cieux et la terre. Mais de quelle utilité peuvent être nos signes et nos avertissements pour ceux qui ne croient pas » [Coran X, 101].
Verset 187
Les Qurayshites posaient souvent la question concernant l'Heure Suprême et son avènement parce qu'ils n'en croyaient pas, ce qui est pareil à leurs dires : « Quand s'accomplira cette menace ? dites-le, si vous êtes sincères » [Coran XLII, 18]. Les polythéistes demandaient souvent au Prophète - qu'Allah le bénisse et le salue - : « Ô Muhammad, quand viendra-t-elle ? ». Dieu lui ordonne de leur répondre : « La connaissance de l'Heure n'appartient qu'à mon Seigneur, et nul autre que Lui ne la fera paraître en son temps ». « Elle bouleversera les cieux et la terre » Une expression qui signifie, d'après Qatada, que sa science est trop pesante pour les habitants des cieux et la terre. Ibn Abbas a dit : Au jour de la résurrection, quand l'Heure surviendra, elle atteindra, par ses malheurs, toutes les créatures. « Réponds-leur : Elle ne dépend que d'Allah. Mais la plupart des hommes ne veulent pas le comprendre ».
Verset 188
Le Prophète - qu'Allah le bénisse et le salue - fut tenu de se fier à Dieu dans toutes ses affaires et de répondre aux hommes qu'il ne connaît de l'invisible que ce que Dieu veut qu'il connaisse. Car Dieu seul « connaît les secrets et Il ne les dévoile à personne » [Coran LXXII, 26]. Sa réponse aux hommes fut la suivante : « Si je pouvais connaître l'avenir, je ne me ferais que du bien » Plusieurs interprétations ont été données à ce verset : - D'après Mujahid : Si je connaissais mon terme fatal, je ne ferais que des bonnes œuvres. - Selon Ibn Abbas : Si je pouvais connaître l'avenir, je ne ferais que des transactions bénéfiques qui me rapporteraient tous de bénéfices, et je ne serais plus dans la gêne. L'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - n'était en réalité qu'un annonciateur de bonnes nouvelles et avertisseur.
Verset 189
C'est Allah qui vous a créés d'un seul être, puis de cet être tira sa compagne pour égayer sa vie. Après qu'ils se furent accouplés, elle sentit un léger poids qui ne l'empêchait pas de marcher. Lorsqu'elle devint plus lourde, ils adressèrent cette prière à Allah, leur Maître : « Si tu nous envoies un enfant vertueux nous t'en serons reconnaissants ». Dieu rappelle aux hommes qu'Il les a créés d'un seul être qui est Adam -que Dieu le Salue- et de l'une de ses côtes, Il a tiré son épouse, puis de ce couple Il a créé toute l'humanité. Donc la création de la compagne tirée d'Adam fut un des signes de Dieu, afin qu'il repose auprès d'elle, et telle est la coutume sempitternelle où tout homme trouve son repos auprès de sa femme et par là suite une certaine bonté et un amour seront établis entre eux. « Lorsqu'elle devint plus lourde » à cause de la croissance du fœtus « ils adressèrent cette prière à Allah : Si tu nous envoies un enfant vertueux » d'abord un enfant d'une nature parfaite sans aucune difformité, puis qu'il soit vertueux.
Verset 190
« Allah leur donna un enfant vertueux. Ils prétendirent alors que des associés s'étaient joints à Allah pour leur donner cet enfant. Allah est trop puissant pour avoir des associés ». Ce verset fut le sujet de plusieurs commentaires. L'imam Ahmad rapporte dans son Musnad, d'après Samura que le Prophète - qu'Allah le bénisse et le salue - a dit : « Lorsque Ève mit au monde son enfant, Iblis lui apparut en songe et lui dit : « Appelle-le Abdul Harith » À savoir qu'aucun des enfants d'Ève ne survivait pas longtemps. Elle donna donc le nom Abdul Harith et survécut. C'était sans doute une suggestion du démon » (Rapporté par Ahmad, Tirmidhi et Al-Hakim). En commentant ce verset : « Ils prétendirent alors que des associés s'étaient joints à Allah pour leur donner cet enfant » Al-Hassan a dit : « Ils sont les juifs et les chrétiens qui, lorsque Dieu leur accordait des enfants, ils faisaient d'eux des juifs ou des chrétiens. Dieu désavoue le comportement des polythéistes qui adorent un autre que Lui en Lui reconnaissant des associés comme les idoles et les statues.
Verset 191
Dieu désavoue le comportement des polythéistes qui adorent un autre que Lui en Lui reconnaissant des associés comme les idoles et les statues qui sont fabriquées et créées et incapables d'être utiles ou de nuire. Elles ne voient pas, ni entendent, ni portent aucune aide, et eux, dans leur ignorance, sont meilleurs qu'elles. Dieu les blâme en disant: «Conçoit-on des associés qui n'ont pas le pouvoir de créer et qui sont eux-mêmes créés?» Ce verset est corroboré par celui-ci: «Les divinités que vous priez en dehors d'Allah sont incapables de créer un insecte, même en unissant leurs efforts. Mieux. S'il plaît aux insectes de leur disputer quelque chose, elles sont impuissantes à leur tenir tête. Disputants et disputés sont aussi impuissants les uns que les autres» [Coran XXII, 73]. Si une mouche leur enlevait quoi que ce soit de leur nourriture ils ne pourraient plus le lui reprendre, ni eux ni leurs divinités. Comment donc se permettent-ils de prendre pour maîtres des choses créées, inanimées et sans pouvoir, et qui sont incapables d'être utiles ou qui portent aide?
Verset 192
Ces divinités ne peuvent ni les secourir ni se sauver elles-mêmes! Comme nous allons en parler plus loin, Abraham le confident de Dieu brisait les idoles et les humiliait, en les mettant en pièces à l'exception de la plus grande des idoles autour de laquelle il accrochait la hache. On a rapporté que Mou'adz Ben 'Amr Ben Al-Jamouh et Mou'adz Ben Jabal, deux jeunes hommes qui s'étaient convertis lors de l'émigration du Prophète - qu'Allah le bénisse et le salue - vers Médine. À la Mecque ils fondaient la nuit sur les idoles des polythéistes, les détruisaient et les prenaient parfois comme combustibles pour les donner aux veuves afin que leur agissement soit une leçon aux autres. 'Amr Ben Al Jamouh qui était le chef de sa tribu, avait une idole qu'il parfumait et l'adorait. La nuit, les deux Mou'adz venaient la renverser sens dessus dessous et la souillaient. 'Amr venait le matin pour la redresser, la laver et la parfumer. Une fois il accrocha un sabre tout près d'elle en lui disant: «Défends-toi» Ainsi cette histoire se répéta jusqu'à la fin où les deux Mou'adz prirent l'idole, l'attachèrent à un chien mort et les pendirent dans un puits. À la vue de ce spectacle, 'Amr constata que la religion qu'il suivait n'était qu'erreur et futilité, il embrassa l'Islam, devint un musulman fervent, participa à la bataille de Ouhod et fut tué en martyr. Que Dieu l'agrée et lui accorde le Paradis comme demeure éternelle.
Verset 193
«Si vous leur recommandez la bonne voie, ils ne vous suivent pas.» C'est à dire: Ces idoles que vous adorez et invoquez n'entendent pas ceux qui les invoquent ou qui les écrasent. Abraham avait adressé la même question à son père quand il lui dit: «Ô mon père, pourquoi adores-tu des divinités qui ne voient ni n'entendent et dont tu ne peux rien tirer?» [Coran XIX, 42]. Ces idolâtres sont, en vérité, meilleurs que leurs divinités, car, au moins, ils voient et entendent, quant à elles, elles ne peuvent rien faire.
Verset 194
«Convoquez-les» une expression qui signifie: appelez vos divinités et demandez-leur de vous secourir contre moi sans épargner aucun effort et ne me faites pas attendre.
Verset 195
Mais sachez que: «J'ai pour maître Allah, le révélateur du Livre et le soutien des justes». Il me suffit, me secourt, c'est à Lui que je me fie, Il est mon maître dans les deux mondes et le maître des saints serviteurs. Tout comme Houd a dit en répondant aux idolâtres: «Je me confie à Allah, mon Seigneur et le vôtre. Il n'est pas une seule créature qui ne soit à la merci d'Allah. Mon Seigneur est dans le bon chemin» [Coran XI, 56] Et aussi Abraham quand il a dit à son père et son peuple: «Je réprouve ce que vous adorez. Je n'adore que celui qui m'a créé. Il me mettra dans le bon chemin» [Coran XLIII, 26 - 27].
Verset 196
«J'ai pour maître Allah, le révélateur du Livre et le soutien des justes». Il me suffit, me secourt, c'est à Lui que je me fie, Il est mon maître dans les deux mondes et le maître des saints serviteurs.
Verset 197
«S'il tu leur prêches la bonne voie, ils ne t'écoutent pas» Et comment ils peuvent entendre du moment qu'ils sont des matières inertes, et en plus, tu les vois tourner leurs regards vers toi, mais, ayant les yeux comme figés, ne te voient pas.
Verset 198
«S'il tu leur prêches la bonne voie, ils ne t'écoutent pas» Et comment peuvent-ils entendre du moment qu'ils sont des matières inertes, et en plus, tu les vois tourner leurs regards vers toi, mais, ayant les yeux comme figés, ne te voient pas.
Verset 199
On a donné plusieurs interprétations à l'expression: «Montre-toi facile». Ibn Abbas a dit: «Cela signifie: prends ce qu'ils te donnent du superflu de leurs richesses et ceci fut avant la révélation du verset concernant la zakat et les autres aumônes. Quant à Abdul Rahman Ben Aslam, il a dit: Dieu lui ordonne d'être clément envers les polythéistes pendant dix ans et de leur pardonner. Après cette période, il devait se montrer très dur à leur égard. Mais Abdullah Ben Az-Zoubaïr a déclaré qu'il s'agit du meilleur des caractères des hommes. Cette opinion s'avère être la plus logique. Car Oubay rapporte: «Après la révélation de ce verset: «Montre-toi facile, recommande le bien et ne perds pas ton temps avec les ignorants» L'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - demanda à Gabriel: «C'est quoi ô Gabriel?» Il lui répondit: «Dieu t'ordonne de pardonner à celui qui t'a opprimé, de donner à celui qui t'a privé et de nouer avec celui qui t'a fui» (Rapporté par Ibn Jarir et Ibn Abi Hatem). L'imam Ahmed rapporte que 'Ouqba Ben Amer a dit: «J'ai rencontré une fois l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - et lui ai salué le premier. Je l'ai pris par la main et lui ai dit: «Ô Envoyé de Dieu, dis-moi quelles sont les meilleures œuvres?» Il me répondit: «Ô 'Ouqba, renoue avec celui qui t'a fui, donne à celui qui t'a privé et écarte-toi des ignorants». Ibn Abbas raconte le récit suivant: «'Ouyayna Ben Hisn Ben Houdzaifa vint visiter son neveu Al-Hourr Ben Qais qui était parmi les hommes les plus proches de 'Omar. Les récitateurs du Coran, jeunes et vieillards formaient les assemblées de 'Omar. 'Ouyayna dit à son neveu: «Ô fils de mon frère, puisque tu es l'un des favorisés du prince des croyants, demande-lui l'autorisation d'entrer chez lui». Ce fut fait. En entrant chez 'Omar, Ouyayna lui dit: «Ô le fils de Al-Khattab, tu ne nous donnes pas de quoi nous suffire et tu ne juges pas entre nous équitablement». 'Omar fut très irrité et voulant le saisir, Al-Hourr lui dit: «Ô prince des croyants, Dieu le Très Haut dit à son Prophète - qu'Allah le bénisse et le salue - «Montre-toi facile, recommande le bien et ne perds pas ton temps avec les ignorants»; et celui-là est un des ignorants». Omar qui se conformait au livre de Dieu et appliquait strictement ses prescriptions fut apaisé et pardonna à 'Ouyayna.
Verset 200
Dieu ensuite montre à Ses serviteurs comment ils doivent se réfugier auprès de lui contre le démon des génies, car se montrer bon à son égard s'avère être un moyen inefficace étant donné que ce démon vise toujours à anéantir l'homme, comme il était l'ennemi manifeste du père de l'humanité. En commentant ce verset, Ibn Jarir a dit: «Si le démon te met en colère au point de te repousser à t'écarter des ignorants et de les punir «réfugie-toi en Allah» contre sa tentation, car «Il entend et sait tout» c'est à dire Il entend les propos des ignorants et ta demande de refuge contre les tentations, car rien ne Lui est caché des paroles et actes de Ses créatures. Nous avons déjà parlé du sens de la demande du refuge au début de cet ouvrage et avant l'interprétation de la sourate «La Fatiha».
Verset 201
Les vertueux parmi les serviteurs de Dieu qui le craignent et se conforment à Ses enseignements «lorsqu'ils sentent effleurés par le souffle de Satan, l'évoquent» Certains ont dit que ce «souffle» signifie la colère, ou bien la prise, ou bien l'intention de commettre un péché ou le péché même. Ceux-là évoquent Dieu et se rappellent de Sa menace, de Son avertissement, de Son châtiment ainsi de Sa récompense. Ils reviennent à Lui et demandent refuge auprès de Lui et voilà qu'ils deviennent clairvoyants et se maintiennent sur la voie droite. Abou Houraira rapporte: «Une femme épileptique vint trouver le Prophète - qu'Allah le bénisse et le salue - et lui dit: «O Envoyé de Dieu, je suis une proie à des crises d'épilepsie qui me poussent à me dénuder. Invoque-moi Dieu afin qu'il me guérisse». Il lui répondit: «Si tu le désires, je t'invoquerai Dieu afin qu'Il te guérisse, et si par contre tu prends ton mal en patience, tu entreras au Paradis. Elle répliqua: Je me résigne et j'entrerai au Paradis. Quant à ma dénudation, invoque-moi Dieu afin que je la cesse» Et le Prophète - qu'Allah le bénisse et le salue - s'exécuta» (Rapporté par Ibn Merdaweih, Al Hakem et Mouslim). On a rapporté aussi ce récit: «Un homme vertueux qui ne quittait que rarement la mosquée fut tenté par une femme éprise de lui. Elle ne cessa de le dissuader qu'à la fin il accepta d'aller chez elle. Chemin faisant et en se rappelant de ce verset: «Ceux qui croient à Allah, lorsqu'ils se sentent effleurés par le souffle de Satan, l'évoquent. Et voilà leurs yeux dessillés» il tomba évanoui. En reprenant ses sens et se rappelant du verset, retomba évanoui et mourut. Omar vint présenter ses condoléances à son père, puis, comme le jeune homme fut enterré la nuit, il se rendit au cimetière pour lui faire la prière funéraire avec d'autres compagnons. Ensuite Omar interpella le mort: «O jeune homme! «Ceux qui se seront inclinés devant la noblesse de leur Seigneur auront deux jardins» [Coran LV, 46]. Et le jeune homme de lui répondre du fond de sa tombe: «O Omar, mon Seigneur à Lui la puissance et la gloire me les a accordés».
Verset 202
«Leurs propres frères les entretiennent» c'est à dire leurs frères parmi les démons des humains comme Dieu le montre dans ce verset: «Les prodiges sont les frères de Satan» [Coran XVII, 27]. Ces démons leur ouvrent la voie devant les péchés et les leur embellissent afin qu'ils se persévèrent dans leur erreur. «Sans jamais paresser» et sans y renoncer non plus. Ou bien, d'après les dires d'Ibn Abbas: «Les génies inspirent à leurs adeptes parmi les humains ce qu'ils doivent faire, sans se lasser à les pousser». Cette interprétation est conforme avec les dires de Dieu: «Ne vois-tu pas que nous envoyons des démons auprès des infidèles pour attiser leur révolte?» [Coran XIX, 83] en les portant toujours à pécher.
Verset 203
Lorsque tu ne leur apportes aucun signe, ils disent: «Que ne suscites-tu un signe?» Réponds-leur: «Je me borne à exécuter ce que mon Seigneur me révèle. Voilà des vérités de votre Seigneur, une voie et une bénédiction pour ceux qui croient. Les impies demandaient souvent au Prophète - qu'Allah le bénisse et le salue - de leur apporter des miracles. Quand il ne le faisait pas, ils lui demandèrent: «Quoi? N'as-tu pas choisi d'agir ainsi? Pourquoi ne l'apportes-tu pas toi-même du ciel?» Dieu leur répondit: «Si nous l'avions voulu, nous aurions fait descendre du ciel un signe devant lequel ils se seraient unanimement inclinés» [Coran XXVI, 4]. Ils insistèrent dans leur demande de leur procurer un signe-miracle prétendant qu'une fois ce miracle réalisé, ils croiraient. Mais Dieu lui ordonne de leur répondre: «Je me borne à exécuter ce que mon Seigneur me révèle». Donc ce qu'il me révèle, je vous le présente, à part cela, je ne Lui demanderai de m'envoyer que ce qu'Il voudra à moins qu'il ne m'accorde la permission de la demander en prenant ainsi l'initiative. Puis le Prophète - qu'Allah le bénisse et le salue - leur rappelle que le Coran qui lui est révélé constitue le plus grand miracle et le signe irréfutable car il est «une voie et une bénédiction pour ceux qui croient».
Verset 204
Après que Dieu ait montré que le Coran est une voie, bénédiction et des appels à la clairvoyance, Il ordonne de se taire en le récitant par vénération et respect et non pas à la façon des impies Qoraïchites qui disaient quand il leur fut récité: «N'écoutez pas ce Coran. Dénigrez-le» [Coran XLI, 26]. Le fait de l'écouter attentivement est constaté surtout quand on fait la prière derrière un imam qui exige une récitation à haute voix où chaque fidèle est tenu de garder le silence. À ce propos Abou Moussa Al-Ach'ari rapporte que l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - a dit: «L'imam n'a été investi (dans la prière) que pour être imité; lorsqu'il proclame la grandeur de Dieu (dire Allah Akbar) proclamez-la à votre tour, et quand il récite le Coran, écoutez-le» (Rapporté par Mouslim et les auteurs des Sunans). Selon différents hadiths rapportés par plusieurs, les fidèles avaient l'habitude de bavarder avant qu'ils entament la prière, mais après la révélation de ce verset ils s'enfermaient dans le silence. L'imam Ahmed rapporte d'après Abou Houraira que l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue -, en terminant une des prières prescrites où il devait réciter à haute voix, demanda aux fidèles: «L'un d'entre vous a-t-il récité le Coran avec moi?» Un homme lui répondit par l'affirmative, et le Prophète - qu'Allah le bénisse et le salue - de répliquer: «car j'ai constaté qu'il y avait quelqu'un qui disputait le Coran avec moi». Désormais les hommes s'abstenaient à réciter le Coran avec l'Envoyé de Dieu quand ils accomplissaient une prière où la récitation devait être faite à haute voix» (Rapporté par Ahmed et les auteurs des Sunans). À cet égard Abdullah Ben Al-Moubarak a dit: «Lorsqu'on fait une prière en commun derrière un imam où il doit réciter à haute voix, sa récitation tient lieu de celle des fidèles même (étant trop nombreux) s'ils n'entendent pas sa récitation. Mais dans les prières où on récite à voix basse, chacun est tenu de réciter pour lui seul à voix basse. Telle est la façon de réciter derrière un imam selon la majorité des ulémas. Mais Abou Hanifa et Ahmed Ben Hanbal contredisent la règle susmentionnée et stipulent que l'homme qui accomplit une prière en commun avec un imam ne doit pas réciter le Coran que ce soit à haute voix ou à voix basse, en tirant argument de ce hadith: «Celui qui prie derrière un imam, la récitation de celui-ci tient lieu de la sienne». Cette opinion s'avère être la plus correcte. Cette restriction s'applique seulement dans la prière, car, d'après Ibn Abbas, il n'y a aucun mal à causer avec quelqu'un quand on lit dans le Coran. Certains ulémas ont déclaré aussi qu'il faut absolument observer le silence lors de la récitation du Coran et même en prière et lorsque l'imam monte sur la chaire le jour du vendredi ou les jours des deux fêtes, pour prononcer son prône (Khoutba). À ce propos Abou Houraira -que Dieu l'agrée- a rapporté que l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - a dit: «Quiconque écoute attentivement réciter un verset du Livre de Dieu, recevra une double récompense, et quiconque le lit, il lui sera une lumière au jour de la résurrection» (Rapporté par Ahmed).
Verset 205
Dieu ordonne qu'on L'invoque souvent et surtout en ces deux moments: le matin et le soir, comme Il le dit dans un autre verset: «Glorifie ton Maître avant le lever et le coucher du soleil» [Coran L, 39]. Cette glorification était ordonnée avant la prescription des cinq prières quotidiennes lors de l'ascension et le voyage nocturne. Il faut donc invoquer le Seigneur et se rappeler de Lui «avec humilité et crainte» en soi-même, à mi-voix sans la hausser, avec crainte et désir. On a rapporté qu'on a demandé à l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue -: «Notre Seigneur est-Il tout près de nous afin de nous entretenir avec Lui ou loin pour que nous l'appelions à haute voix?» Dieu alors fit cette révélation: «Si Mes serviteurs te questionnent sur Moi, dis-leur que Je suis près d'eux. Je réponds à l'appel de ceux qui M'implorent» [Coran II, 186]. Il est cité dans les deux Sahih d'après Abou Moussa Al-Ach'ari que dans une des expéditions, entendant les voix s'élever en invoquant Dieu, l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - s'écria: «O hommes! ne vous fatiguez pas ainsi, celui que vous invoquez n'est ni sourd ni absent. Il est plus proche de l'un d'entre vous que le cou de sa monture» (Rapporté par Boukhâri et Mouslim). D'autres ulémas ont assimilé le verset précité à celui-là: «Que le ton de ta prière ne soit ni trop élevé ni trop bas. Qu'il se tienne dans un juste milieu» [Coran XVII, 110] et ont dit: En entendant réciter du Coran, les polythéistes insultaient le Coran et celui qui l'a apporté. Dieu ordonna alors à Son Prophète de ne plus le réciter à haute voix pour éviter les insultes des impies, et de ne plus trop baisser la voix afin que les fidèles puissent entendre la récitation. Il devait donc chercher un mode intermédiaire. Mais le but consiste à invoquer souvent Dieu à tout moment et surtout en ces deux moments préférés: le matin et le soir sans être au nombre de ceux qui sont négligents.
Verset 206
Il donne comme exemple les anges qui ne cessent jamais de le glorifier sans se lasser. Ils le glorifient et se prosternent devant Lui pour donner une leçon aux hommes. À ce propos il est cité dans un hadith authentifié que l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - a dit: «Pourquoi ne vous mettez-vous pas en rang comme font les anges devant leur Seigneur, en complétant les rangs et en les serrant». Le dernier verset de cette sourate exige une prosternation et il est le premier dans le Coran. Le fidèle qui récite ce verset, ou un autre qui exige une prosternation, doit se prosterner ainsi ceux qui l'écoutent s'il est récité à haute voix. Cette obligation est connue sous le nom de «Sajda».