Le Butin
Sourate 8 · 75 versets · Revelation medinoise
Verset 1
Le butin, en principe, est tout ce qu'on prend à l'ennemi pendant la guerre après la victoire. Ibn Abbas l'a interprété comme étant la part exceptionnelle dont l'Imam - ou le gouverneur - favorise une personne après le partage des dépouilles. Moujahed, quant à lui, a dit que ce verset fut révélé après la question du Prophète - qu'Allah le bénisse et le salue - sur le sort du cinquième après le partage. 'Ata Ben Abi Rabah, en commentant le verset, a dit: «Le butin est tout ce que revient au Prophète, dont il en dispose à sa guise, de la part des polythéistes comme montures, esclaves (mâles et femelles), armes et dépouilles sans qu'il y ait un combat». D'autres ont précisé qu'il s'agit de la part exceptionnelle comme on l'a déjà montré, et ont tiré argument de l'histoire de Sa'd Ben Abi Waqas qui a raconté: «Le jour de Badr mon frère Oumayr fut tué, et je tuai à mon tour Sa'id Ben Al-'As et pris son sabre qu'on appelait «Zoul-Koutaïfa». Comme je le montrai au Prophète - qu'Allah le bénisse et le salue -, il me dit: «Va et mets ce sabre avec le butin». Je m'exécutai le cœur serré et Dieu seul connaissait mon état d'âme après la mort de mon frère et ma privation de ce sabre. À peine je fis quelques pas, la sourate du butin fut révélée et l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - m'interpella et me dit: «Va et récupère tes dépouilles». Au sujet de la circonstance de la révélation de cette sourate, l'imam Ahmed rapporte que 'Oubada Ben As-Samel a raconté: «Le jour de Badr, nous sortîmes avec l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - pour combattre l'ennemi. Les deux armées se rencontrèrent et Dieu accorda la victoire aux fidèles, l'ennemi prit la fuite et les musulmans se divisèrent en trois groupes: le premier s'élança à la poursuite des impies, un autre ramassa les dépouilles et un troisième garda le Prophète - qu'Allah le bénisse et le salue - de peur que l'ennemi ne l'attaque à l'improviste. La nuit, les fidèles se rassemblèrent. Ceux qui avaient amassé le butin dirent: «Nul autre que nous n'a droit à ces dépouilles». Ceux qui avaient poursuivi l'ennemi répondirent: «Vous n'en êtes plus de droits plus que nous, c'est nous qui avons empêché l'ennemi de faire une contre-attaque». Quant à ceux qui avaient gardé l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue -, s'écrièrent: «Nous nous chargeâmes de garder le Prophète pour ne plus être attaqué à l'improviste». Dieu à ce moment fit descendre cette révélation: «Ils t'interrogent sur le butin. Dis-leur: «Le butin est à Allah et à Son Prophète. Craignez Allah. Maintenez la concorde parmi vous». L'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - partagea alors le butin entre les fidèles. «Craignez Allah. Maintenez la concorde parmi vous» C'est une exhortation aux fidèles à craindre Dieu, à maintenir la concorde sans jamais se quereller ou se disputer ou opprimer les uns les autres. Ce que l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - leur apporte est toujours meilleur de ce qu'ils se disputent à son sujet: «Obéissez à Allah et à Son Prophète» et acceptez le partage que fait l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - car il ne fait que se conformer aux ordres divins et à établir la justice.
Verset 2
Seuls sont vraiment croyants, ceux dont les cœurs frémissent à la mention de Dieu, et par la suite ils s'acquittent de ce qu'Il a prescrit et s'abstiennent de ce qu'Il a prohibé. Dieu les décrit aussi quand Il dit: «Les vertueux qui, lorsqu'ils commettent une mauvaise action ou se nuisent à eux-mêmes, appellent Allah et implorent son pardon pour leurs péchés» [Coran III, 135] et: «ceux qui auront respecté leur Seigneur et vaincu leurs passions, auront le Paradis pour séjour» [Coran LXXIX, 40-41]. Quant à As-Souddy, il a dit: «il s'agit de l'homme qui veut commettre une injustice ou bien se propose de faire un péché, on lui dit: «Crains Dieu», son cœur alors se frémit. Oum Ad-Darda' a dit: «La crainte du cœur ressemble au bruit d'une branche de palmier qui brûle. Ne sens-tu pas un certain frisson en l'entendant? Donc, lorsque tu éprouves une sensation pareille, mentionne Dieu et invoque-le et tout sera dissipé». «Ce sont ceux dont la foi augmente quand ils entendent réciter le Livre» ceci est pareil aux dires de Dieu: «Elle a augmenté la foi de tous les vrais croyants, qui s'en réjouissent» [Coran IX, 124]. En se basant sur le verset précité et sur d'autres qui lui sont semblables, Boukhari et d'autres oulémas ont affirmé que le degré de la foi varie d'un cœur à l'autre et qu'elle est plus affermie et assurée chez certains plus que chez d'autres. Tel fut aussi l'avis de plusieurs exégètes et chefs d'écoles islamiques tel que Châfe'i et Ahmed Ben Hanbal. Ces croyants fervents «ne se fient qu'à leur Seigneur» ne s'adressent qu'à Lui dans leur requête, ne trouvent un asile qu'auprès du Lui, ne réclament leur besoin que de Lui, ne désirent que Lui, et savent fermement qu'Il est le Souverain qui dispose de Son Royaume, n'a pas d'associés, nul ne s'oppose à Ses jugements et Il est prompt dans Son compte. Pour cela Sa'îd Ben Joubaïr a dit: «La confiance en Dieu symbolise la foi».
Verset 3
«Ce sont ceux qui sont assidus à la prière et qui distribuent une partie des biens que nous leur accordons». Après que Dieu ait montré la solidité de leur foi, Il fait connaître dans ce verset que ceux-là traduisent leur foi en actes qui englobent presque toutes les voies du bien en s'acquittant d'abord de la prière qui est le droit de Dieu. D'après Qatâda, il s'agit de tout ce qui est relatif à la prière comme: ablutions, accomplissement aux moments fixés, perfectionnement des inclinaisons et prosternations. Et Mouqatel d'ajouter à cela: la récitation du Coran, la demande du salut et de la bénédiction au Prophète - qu'Allah le bénisse et le salue -, la dépense en vue de Dieu, le versement de la zakat et les actes de charité...
Verset 4
«Les voilà, les vrais croyants» qui jouissent des qualités sus-mentionnées. À cet égard Al-Hareth Ben Malek Ansari rapporte qu'en passant près du Prophète - qu'Allah le bénisse et le salue - il lui demanda: «Comment vas-tu ô Hareth?» Il lui répondit: «Je suis devenu un croyant. - Pense bien à ce que tu dis, répliqua le Prophète, car toute chose a une réalité. Quelle est celle de ta foi?» Al-Hareth de répondre: «J'ai tourné le dos à ce bas monde et à ses plaisirs. Je passe la nuit en priant, le jour en jeûnant. Il me semble voir devant moi le Trône de mon Seigneur, et les habitants du Paradis qui échangent des visites. Il me semble voir aussi les réprouvés de l'Enfer dont leur voix s'élève». Le Prophète - qu'Allah le bénisse et le salue - lui dit alors par trois fois: «Tu as bien connu la réalité de la foi, garde-la donc» (Rapporté par Al-Hafedh, Tabarani). «Une place enviable leurs est réservée auprès de leur Seigneur» Ces croyants-là occuperont des degrés élevés auprès de leur Seigneur dans les jardins du Paradis comme Dieu le montre dans ce verset: «Allah les mettra à un rang très différent. Car Allah voit toutes les actions des hommes» [Coran III, 163]. En plus ils jouiront du pardon et d'une récompense incommensurable. À ce propos il est cité dans les deux Sahih, que l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - a dit: «Ceux qui seront placés aux confins du ciel seront vus par ceux qui seront au-dessous d'eux comme vous voyez l'étoile filante qui disparaît dans l'horizon» On lui demanda: «Ô Envoyé de Dieu, ce seront les demeures des Prophètes que nul hormis eux n'y parviendra». - Certes oui, répondit-il, par celui qui tient mon âme dans Sa main, ils seront les hommes qui ont cru en Dieu et déclaré que les Envoyés étaient véridiques» (Rapporté par Boukhari et Mouslim).
Verset 5
Les opinions sont controversées au sujet du sens de cette partie du verset: «Au moment où ton Seigneur te contraignit à sortir»: Al-Tabari a dit: Cette expression signifie que: comme vous vous êtes disputés au sujet du butin et vous en êtes montrés égoïstes et par la suite Dieu vous en a privés, cette privation qui a été un grand profit pour vous, ainsi fut le cas quand vous avez répugné à sortir pour la rencontre de votre ennemi qui renfermait un groupe d'hommes venus pour récupérer leur caravane. Cette répugnance au combat Dieu vous l'a changée en une intention de les affronter sans que vous en aviez pensé, et ce fut pour vous une bonne direction, une victoire et un triomphe, tout comme Dieu le confirme dans ce verset: «Il vous est prescrit de combattre et c'est une obligation qui vous pèse. C'est ainsi qu'il vous arrive de détester ce qui vous convient» [Coran II, 216]. À savoir qu'en ce jour-là l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - sortit de Médine avec ses compagnons pour prendre possession de la caravane d'Abou Soufian qui venait du Châm apportant une grande quantité de biens et marchandises appartenant aux commerçants de Qoraïch. L'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - aiguillonna alors les musulmans et sortit avec un groupe formé de trois cent et quelques hommes, et il y a eu un affrontement entre fidèles et impies sans que personne y eût songé. Car Dieu voulut donner le pas aux musulmans sur les infidèles, leur accorder la victoire et séparer entre la vérité et l'erreur.
Verset 6
Lorsque l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - eut vent de la sortie de quelques Qoreïchites pour sauvegarder la caravane, Dieu lui révéla qu'il aura ou la caravane ou à faire face aux guerriers, bien qu'une grande partie des musulmans comptaient s'emparer de la caravane sans combattre, comme Dieu le montre dans ce verset: «Vous auriez préféré avoir à combattre celle qui était désarmée». Les croyants disputaient avec le Prophète concernant la vérité - l'ordre de combattre - après qu'elle leur fut devenue claire, comme s'ils étaient conduits à la mort en la regardant.
Verset 7
«Et rappelez-vous quand Dieu vous promit que l'une des deux troupes serait à vous» - soit la caravane soit le groupe de guerriers mecquois - «et vous désiriez que ce soit celle qui n'était pas armée» c'est-à-dire la caravane qu'ils voulaient s'emparer sans combat. «Mais Allah voulut faire triompher la vérité dans tout son éclat» en opposant les fidèles aux polythéistes, donnant la victoire aux premiers, faisant triompher la religion, faisant étinceler la parole de l'Islam sur toutes les autres religions. Car Il connaît les conséquences et dirige les fidèles, d'après Sa sagesse, vers ce qu'ils répugnaient peut-être...
Verset 8
«Et que Dieu voulut faire triompher la vérité par Ses paroles et anéantir les infidèles» - Dieu voulait établir fermement la vérité et effacer complètement le mensonge et l'incrédulité, même si cela déplaisait aux pécheurs et aux idolâtres. Il voulait séparer définitivement entre la vérité et l'erreur par cette bataille décisive.
Verset 9
«Votre Seigneur ne resta pas insensible à vos prières. «Je vous donne l'appui, dit-Il, de mille anges en file ininterrompue» Le jour de la bataille de Badr, le Prophète - qu'Allah le bénisse et le salue - regarda ses compagnons dont le nombre ne dépassait pas les trois cent et quelques hommes. Quant aux idolâtres, ils étaient plus que mille. Portant son manteau et son izar, il se dirigea vers la qibla et fit cette prière: «Mon Dieu, exécute ce que Tu m'as promis. Si cette troupe des musulmans sera vaincue, Tu ne seras plus adoré sur la terre». Il ne cessa d'invoquer Dieu jusqu'à ce que son izar tomba de ses épaules. Abou Bakr le prit, le lui remit sur les épaules, se tint derrière lui et dit: «Ô Prophète de Dieu, assez d'invoquer Dieu. Il exécutera sûrement ce qu'Il t'a promis». Dieu à ce moment fit descendre ce verset: «Votre Seigneur ne resta pas insensible à vos prières. «Je vous donne l'appui, dit-Il, de mille anges en file interrompue». «... mille anges en file ininterrompue» c'est à dire les uns à la suite des autres. Mais Ibn Jarir a précisé en disant: Gabriel descendit à la tête de mille anges pour se mettre à la droite du Prophète - qu'Allah le bénisse et le salue - où se trouvait Abou Bakr, et Mickaël à la tête de mille autres à sa gauche. Cette interprétation stipule que le nombre des anges dépassait les mille. Le commentaire le plus correct fut celui d'Ibn Abbas où il dit que cinq cent anges étaient d'un côté commandés par Gabriel et cinq cent autres d'un autre côté commandés par Mickaël.
Verset 10
«Ce n'était là, de la part d'Allah, qu'un acte d'encouragement destiné à affermir vos cœurs. En réalité, la victoire n'appartient qu'à Allah. Et Allah est puissant et sage. Dieu n'a envoyé les anges pour combattre à côté des musulmans que pour leur apporter la bonne nouvelle qu'ils seront vainqueurs. Il est capable, de toute façon, de leur accorder la victoire car, en réalité, il n'y a pas de victoire si ce n'est de la part de Dieu. En confirmation de cette réalité, Il a dit: «Si Dieu voulait, Il sévissait Lui-même contre les infidèles mais Il tient à vous éprouver les uns par les autres» [Coran XLVII, 4] et aussi: «C'est la loi commune, fortune et infortune se succèdent parmi les hommes» [Coran III, 140]. Telle est la loi de Dieu qui émane de Sa sagesse pour que les fidèles combattent eux-mêmes les impies, et afin qu'Il reconnaisse ceux qui croient. Le meurtre des infidèles par les mains des croyants est plus humiliant pour les premiers et une guérison pour les cœurs des derniers, comme Dieu a dit: «Combattez-les. Allah les châtiera par vos mains. Il les humiliera, vous donnera la victoire sur eux et apaisera les cœurs des croyants» [Coran IX, 14]. Voilà pourquoi l'exécution des chefs Qoraïchites pris en captivité était plus apaisante pour les cœurs des musulmans, par exemple le fait de tuer Abou Jahl dans un combat serait pour lui plus humiliant que sa mort sur un lit. Dieu est tout-puissant et accorde également la puissance à Ses serviteurs croyants dans les deux mondes, et aussi Sage en prescrivant aux fidèles le combat contre les incrédules bien qu'Il est capable de toute façon à les anéantir seul.
Verset 11
Dieu rappelle aux fidèles quand Il leur a enveloppés de sommeil comme d'une sécurité venant de Lui à la suite de la peur qu'ils éprouvaient due à leur nombre inférieur par rapport à leurs ennemis, une chose qui eut lieu aussi le jour de Ouhod. À ce propos Abou Talha rapporte: J'étais parmi ceux qui se sont endormis d'un sommeil profond. Maintes fois le sabre tombait et je le reprenais et je regardais les fidèles endormis en couvrant la tête de leurs boucliers. Quant à Ali, il a rapporté: «Le jour de Badr, le seul cavalier parmi nous était Al-Miqdad. Nous fûmes tous plongés dans un profond sommeil, seul l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - était éveillé, il priait sous un arbre en pleurant jusqu'au matin». Au sujet de ce sommeil, Abdullah Ben Mass'oud a dit: «Le sommeil dans un combat est une sécurité venant de Dieu. Mais pendant la prière, il provient du démon». Il était donc une faveur divine pour rassurer le cœur des fidèles et une annonce de la victoire sur leurs ennemis grâce à la miséricorde de Dieu. En commentant cette partie du verset: «et déclencha un orage pour vous permettre de vous laver» Ibn Abbas a dit: «Quand les polythéistes sortirent pour défendre la caravane et la sauvegarder, ils descendirent près de la source de Badr en devançant les fidèles. Les musulmans éprouvèrent une grand soif, à cause de la pénurie d'eau, et durent faire leur prière à l'état d'impureté, une chose qui les préoccupa. Dieu à ce moment fit descendre une pluie qui remplit la vallée, les croyants purent alors se désaltérer, remplirent leurs outres, abreuvèrent les montures et se purifièrent. Dieu, par ce fait, leur accorda un moyen de purification et affermit leur pas.»
Verset 12
En voilà aussi une autre grâce de Dieu quand Il dit aux anges: «Je suis avec vous. Rassurez les croyants» afin que les fidèles Lui soient reconnaissants. En envoyant Ses anges pour secourir Son Prophète et établir Sa religion, Dieu leur inspire d'effrayer ceux qui croient en Lui. Quant aux mécréants, Dieu jettera l'effroi dans leurs cœurs et les humiliera à cause de leur désobéissance et leur rébellion contre Son Messager - qu'Allah le bénisse et le salue -. Il ordonna aux anges: «Frappez vos ennemis à la nuque et aux doigts» c'est à dire coupez-leur les membres: mains et pieds, et frappez-les à la nuque en leur tranchant la tête, comme Il a donné aussi le même ordre aux croyants en leur disant: «Quand vous êtes en guerre avec les infidèles, passez-les au fil de l'épée» [Coran XLVII, 4]. Al-Qassem rapporte que le Prophète - qu'Allah le bénisse et le salue - a dit: «Je n'ai pas été envoyé pour punir avec le châtiment de Dieu (c.à.d le feu) mais de frapper sur les cous et de lier les captifs fortement». En commentant ce fait, Al-Rabi' Ben Anas a dit: «Le jour de Badr les hommes distinguaient ceux qui ont été abattus par les anges par les traces de coups sur les cous et les jointures qui ressemblaient à des brûlures». Ibn Abbas a dit: «Dieu inspira aux anges: «Je suis avec vous, affermissez donc ceux qui croient». À la fin de la bataille Abou Jahl fut la soixante-neuvième victime et 'Ouqba Ben Abi Mou'ait la soixante-dixième.»
Verset 13
Car tous ceux qui ont été tués parmi les polythéistes: «sont entrés en lutte contre Allah et Son Prophète» en leur désobéissant, se séparant d'eux, reniant la foi et négligeant les enseignements. «Car quiconque entre en lutte contre Allah et Son Prophète, Allah lui inflige un châtiment exemplaire», un châtiment qui est toujours réservé à ceux qui font schisme d'avec Dieu et Son Envoyé.
Verset 14
Puis Dieu s'adresse aux impies: «Subissez ce châtiment. Et n'oubliez pas que le supplice du feu est réservé aux infidèles» dans la vie future.
Verset 15
Dieu menace ceux qui s'abstiennent à combattre dans Sa voie de leur châtier par le feu. Il leur ordonne: «Lorsque vous rencontrez l'armée ennemie» et que vous soyez tout près d'eux et face à face «ne tournez pas le dos» en fuyant et laissant les autres fidèles battre seuls.
Verset 16
Mais «celui qui tourne le dos en pareille circonstance, à moins que ce ne soit pour prendre une meilleure position» c'est à dire en usant un stratagème par exemple en fuyant devant l'ennemi le faisant croire qu'il a peur de lui, et ce dernier le suit pour le battre, mais le fidèle, en saisissant cette occasion d'être seul, retourne vers lui et le tue. «Ou rallier un autre groupe» en se déplaçant d'un côté à l'autre pour venir en aide à ceux qui en ont besoin d'être secourus, ou de joindre un chef. À ce propos l'imam Ahmed rapporte que Abdullah Ben Omar -que Dieu les agrée- a raconté: «Faisant partie d'un régiment envoyé par le Prophète - qu'Allah le bénisse et le salue -, les hommes prirent la fuite et je fus parmi eux. Puis nous nous dîmes: «Que faire après avoir fui l'ennemi et encouru la colère de Dieu? Si nous rentrons à Médine, y passons la nuit, puis nous nous présentons devant l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - peut-être notre repentir sera accepté?» En effet nous nous rendîmes chez lui avant la prière de l'aurore, il sortit nous demander: «Qui êtes-vous?» - Les fuyards, répondîmes-nous. Il répliqua: «Non, vous êtes les vaillants qui attaquent avec impétuosité. Je fais partie de vous et des musulmans». Nous embrassâmes sa main et il nous récita ce verset: «à moins que ce ne soit pour prendre une meilleure position».
Verset 17
Dieu affirme qu'Il est le créateur des actions des hommes qu'ils doivent le louer pour les bonnes œuvres qu'ils ont commises, car c'est bien Lui qui les aide et les dirige. C'est pourquoi Il a dit: «Vos adversaires, ce n'est pas vous qui les avez tués, c'est Allah» c'est à dire: malgré leur multitude et votre petit nombre ce n'est pas grâce à votre puissance et votre force que vous avez tué vos ennemis. Il l'affirme bien dans ce verset quand il dit: «Allah vous a accordé la victoire à Badr malgré votre infériorité» [Coran III, 123], et aussi: «Allah vous a donné la victoire en maintes circonstances, notamment à Hounein. Ce jour-là, vous vous êtes fiés à votre nombre. Mais le nombre ne fit rien» [Coran IX, 25]. Donc ni le petit nombre ni le grand ne pourront assurer la victoire en dehors de Dieu qui l'accorde à qui Il veut et quand Il veut, car Il a dit: «Combien de fois n'a-t-on pas vu une petite troupe disperser une grande avec la permission d'Allah» [Coran II, 249]. Il est toujours avec les persévérants et les patients. Puis Dieu rappelle à Son Prophète quand, le jour de Badr, il a pris une poignée de sable et l'a lancée sur les impies, en lui disant: «tes coups, ce n'est pas vous qui les avez portés. C'est Allah». À cet égard Ibn Abbas raconte: «Le jour de Badr, l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - leva les mains vers le ciel et dit: «Seigneur! Si ce groupe (de croyants) sera vaincu. Tu ne seras jamais adoré sur la terre» Gabriel lui dit alors: «Prends une poignée de sable et lance-la aux visages des incrédules». Il s'exécuta, et chacun des polythéistes reçut du sable soit dans ses yeux, soit dans ses narines, soit dans la bouche, et par la suite ils prirent tous la fuite. Certains rapporteurs ont dit que le Prophète - qu'Allah le bénisse et le salue - en lançant le sable aurait dit: «Que les visages soient enlaidis». Une fois le sable lancé, les fidèles fondirent sur les impies les tuant et les capturant. Leur défaite était due à cette poignée de sable. Dieu voulut éprouver les croyants au moyen d'une belle épreuve venue de Lui et savoir ceux qui sont reconnaissants. Car Dieu entend et exauce les invocations, et sait à qui Il donne la victoire.
Verset 18
S'Il a agi de la sorte «c'est qu'Il veut ruiner la cause des infidèles» en anéantissant leur ruse et leur puissance.
Verset 19
Dieu s'adresse aux incrédules: «Si vous cherchiez la victoire, demandez Son jugement pour trancher entre vous et vos ennemis les croyants, vous avez obtenu tout cela, à cause des propos d'Abou Jahl quand il a dit en rencontrant les fidèles: «Mon Dieu, c'est lui (Mouhammad) qui a rompu le lien de parenté, nous a apporté ce dont nous ignorons, fais qu'il soit vaincu demain». C'était lui qui avait imploré la victoire. As-Souddy a dit: «En quittant la Mecque pour se rendre à Badr, les polythéistes s'accrochèrent aux voiles de la Ka'ba et formulèrent cette invocation: «Seigneur, donne la victoire aux meilleurs guerriers, les plus nobles des deux parties et les meilleures tribus». Dieu leur répondit: «J'ai exaucé votre prière et donné la victoire au meilleur parmi vous que vous avez désigné, à Mouhammad - qu'Allah le bénisse et le salue -». «Cessez toute hostilité» en reniant la foi et traitant le Prophète de menteur «cela vaudra mieux pour vous» dans les deux mondes «Mais si vous reprenez la lutte nous la reprendrons aussi». C'est à dire: Si vous revenez à votre incrédulité et votre égarement, nous allons vous préparer une bataille pareille à celle-ci. Ou bien, d'après l'interprétation d'As-Souddy: si vous cherchez la victoire, nous l'accorderons à notre Prophète Mouhammad - qu'Allah le bénisse et le salue -. La première interprétation s'avère être la plus logique. «Votre troupe ne vous sera d'aucun secours, quel qu'en soit le nombre». Même si vous réussirez à former la plus grande armée, ceux qui sont avec Dieu et se fient à Lui, nul ne pourra les vaincre car «Allah est avec les croyants» qui forment le parti du Prophète - qu'Allah le bénisse et le salue -.
Verset 20
Dieu exhorte les fidèles à obéir à Lui et à Son Prophète, en les défendant d'imiter les incrédules dans leur rébellion. Il leur dit: «ne l'abandonnez pas» et n'écartez-vous pas de Dieu en lui désobéissant: «maintenant que vous êtes renseignés» et ce à quoi vous êtes appelés.
Verset 21
Dieu exhorte les fidèles à obéir à Lui et à Son Prophète, en les défendant d'imiter les incrédules dans leur rébellion. Il leur dit: «ne l'abandonnez pas» et n'écartez-vous pas de Dieu en lui désobéissant: «maintenant que vous êtes renseignés» et ce à quoi vous êtes appelés: «N'imitez pas ceux qui disent: «Nous avons entendu» alors qu'ils n'ont pas écouté» qui sont les idolâtres d'après Ibn Jarir, ou les hypocrites selon Ibn Ishaq qui font semblant d'écouter mais en fait ils n'entendent rien.
Verset 22
Puis Dieu donne l'exemple des pires des bêtes à son regard: «Les plus viles créatures au regard d'Allah sont celles qui n'entendent» pas la voix de la vérité «ni ne parlent» c'est à dire les muets qui ne la comprennent pas. Car Dieu a créé toutes les créatures pour l'adorer et Lui obéir, et ceux-là ont été créés pour le même but mais ils s'en sont détournés et sont devenus semblables aux bestiaux, ou plus égarés encore. Voilà ceux qui sont insouciants.
Verset 23
Ceux-là ne jouissent ni d'une raison saine ni d'un but droit. Si Dieu avait reconnu quelque bien en eux, Il aurait fait en sorte qu'ils entendent. Et pour montrer leur état désespéré, Il a dit: «Même s'Il était fait entendre d'eux, ils se seraient éloignés de Lui, murés par leur indifférence» et mus par leur obstination pour persévérer dans leur égarement.
Verset 24
Abou Sa'îd Al-Mou'alla rapporte: «Tandis que je priais, le Prophète m'appela et je ne me rendis pas à son appel. La prière terminée, j'allai le voir et il me dit: «Qu'est-ce qui t'a empêché de répondre à mon appel? Dieu n'a-t-Il pas dit: «O Croyants, répondez à Allah et à Son Prophète quand ils vous convient à faire votre salut» Puis il poursuivit: «Avant de sortir, je t'enseignerai la plus grandiose sourate du Coran». Quittant la mosquée je lui rappelai ce qu'il m'a promis, il me répliqua: «Louange à Allah, le Seigneur des mondes» «Telle est la sourate qu'on répète toujours (dans la prière)» (Rapporté par Boukhari). L'expression «à faire votre salut» signifie le Coran où on trouve le salut, la survie et la vie-même, mais As-Souddy précise que c'est l'Islam qui fait revivre les hommes qui semblent être morts en persévérant dans leur incrédulité. «Sachez qu'Allah peut troubler l'entendement de l'homme» Ibn Abbas a dit que Dieu s'interpose entre le fidèle et la mécréance, ou entre l'incrédule et la foi. Moujahed a soutenu cette interprétation en ajoutant à la dernière phrase concernant l'incrédule: «en le laissant rien concevoir».
Verset 25
Dieu met en garde Ses serviteurs croyants contre une épreuve qui pourrait atteindre aussi bien les pécheurs que les autres sans qu'elle soit restreinte à ceux qui commettent les péchés ou à ceux qui se proposent de les commettre, et nul ne serait capable de la repousser. A ce propos l'imam Ahmed rapporte que Moutraf a dit: «Nous demandâmes à Az-Zoubayr: «Qu'est-ce que vous êtes venus faire après avoir perdu le calife qui fut assassiné. Serait-il pour crier vengeance?» Il répondit: «Du temps de l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue -, Abou Bakr, Omar et 'Othman, nous lisions souvent ce verset: «Redoutez une guerre civile qui n'atteindrait pas uniquement les séditieux» Nous ne comprenions pas qu'un jour nous serions les auteurs jusqu'à son avènement». Quant à As-Souddy, il a déclaré que les concernés par ce verset étaient uniquement les hommes de Badr qui se sont combattus le jour du «Jamal» (Yaoum Al-Jamal).
Verset 26
Dieu rappelle aux fidèles Ses bienfaits et Sa bonté envers eux. Ils étaient peu nombreux, faibles et peureux, Il les a rendus plus nombreux, les a secourus et fortifiés, et enfin Il leur a accordé de Ses multiples grâces et bienfaits. Tel était aussi le cas des premiers croyants à la Mecque: Peu nombreux, contraints et persécutés, avaient peur que les gens ne les enlèvent de partout le pays à cause de leur faiblesse. Ils restèrent ainsi jusqu'à leur émigration à Médine où ils trouvèrent un asile, des partisans et des frères très hospitaliers qui ne tardèrent pas à les accueillir en leur prodiguant biens et amitié. A cet égard Qatada raconte: Cette tribu parmi les autres Arabes était la plus humiliée, indigente, nue, égarée. Celui parmi ses hommes qui vivait, passait sa vie en misérable, et celui qui mourait, avait le Feu. Par Dieu nous ne reconnaissons plus d'autres qui soient pires ou plus misérables qu'eux. Avec l'avènement de l'Islam qui envahit les pays, ils devinrent, plus aisés, plus puissants et subjuguèrent les autres. Grâce à l'Islam, vous avez bien constaté ce que Dieu a accordé, soyez donc reconnaissants envers votre Seigneur qui aime les reconnaissants ceux auxquels Il comble leur besoin.
Verset 27
Le premier verset fut révélé au sujet de Abou Loubaba Ben Abdul Mundzer lorsque l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - l'envoya à Bani Qoraïdha pour accepter le jugement du Prophète - qu'Allah le bénisse et le salue -. En le consultant pour savoir leur sort, Abou Loubaba porta sa main à son cou, un geste qui signifiait la mort. Puis, comme il devina que par son geste il a trahi Dieu et Son Envoyé, il fit serment de ne plus manger jusqu'à ce qu'il trépasse ou que Dieu accepte son repentir. A ces fins, il se rendit à la mosquée de Médine où il s'attacha lui-même à une de ses colonnes, et resta ainsi neuf jours jusqu'à ce qu'à la fin il tombe évanoui. Dieu ensuite fit descendre son repentir à l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - et les hommes accoururent vers Abou Loubaba pour lui annoncer la nouvelle. Voulant le détacher de la colonne, il leur fit serment que seul l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - puisse le faire. Lorsque ce dernier arriva pour le libérer de ses liens, il lui dit: «O Envoyé de Dieu, j'ai fait un vœu de donner une partie de mes biens en aumône» Il lui répondit: «Il te suffit de consacrer le tiers».
Verset 28
«Sachez que vos biens et vos enfants ne servent qu'à vous éprouver» Les biens et les enfants qu'accorde Dieu aux hommes constituent, en fait, une épreuve et une tentation pour savoir s'ils sont Lui reconnaissants et s'ils s'en servent pour Lui obéir ou bien ils seront un moyen pour se détourner de lui comme Il les exhorte dans ce verset: «O Croyants, que le souci de vos richesses et de vos enfants ne vous détourne pas d'Allah» [Coran LXIII,9]. «Allah dispose de récompenses magnifiques» une expression qui signifie que Dieu réserve aux croyants une récompense meilleure que les enfants et les richesses, qui est le Paradis, car il se peut qu'ils soient comme des ennemis pour eux s'ils les distraient du service de Dieu et, par la suite, ils ne pourraient rien pour eux auprès de Lui. Dieu est celui qui dispose de tout ce qu'il a créé et qui donnera la plus belle récompense le jour de la résurrection aux fidèles.
Verset 29
Cette distinction a été interprétée de plusieurs façons. La plus correcte signifie la possibilité qu'accorde Dieu à ceux qui le craignent de distinguer entre la vérité et l'erreur. Cela ne sera acquis que grâce à la soumission aux ordres divins et l'abstention de commettre tout ce qu'il a interdit, on arrivera alors à réaliser cette distinction et à assurer une issue d'où on pourra accéder au bonheur dans l'au-delà. Dieu absoudra les péchés dans la vie future et les dissimulera dans la vie présente. Ceci est un moyen pour obtenir une récompense incommensurable selon cette promesse de Dieu: «Ô croyants, craignez Allah, et soumettez-vous à Son Prophète. Il vous donnera deux parts de Sa miséricorde. Il vous donnera une lumière pour vous guider. Il vous pardonnera, car Allah est indulgent et miséricordieux» [Coran LVII, 28].
Verset 30
Oubaïd Ben Oumaïr rapporte: «Lorsque les polythéistes usèrent de stratagèmes contre le Prophète - qu'Allah le bénisse et le salue - pour s'emparer de lui, pour le tuer ou pour l'expulser du pays, son oncle paternel Abou Taleb lui dit: «Es-tu au courant de leur complot?» Certes oui répondit le Prophète - qu'Allah le bénisse et le salue -, ils veulent me faire prisonnier, me tuer ou me bannir. Et l'oncle de demander: «Qui t'a appris cela? - Mon Seigneur, répliqua-t-il. Abou Taleb rétorqua: «Quel magnifique Seigneur! Sois donc bon à son égard». - Que je sois bon à son égard? riposta le Prophète - qu'Allah le bénisse et le salue -; c'est plutôt Lui qui devra l'être». A cette occasion le verset précité fut révélé. Ce qui corrobore ce commentaire est le récit que raconte Mohammed Ben Ishaq d'après Ibn Abbas: les Qoraïchites décidèrent de se réunir à Dar-An-Nadwa pour tenter de trouver une issue au problème du Prophète - qu'Allah le bénisse et le salue -. Le démon, prenant les traits d'un vieil homme, les rencontra et participa à leurs délibérations jusqu'à ce qu'ils décident de choisir un jeune homme de chaque tribu pour aller tuer le Prophète afin que son sang soit dispersé dans toutes les tribus. Gabriel vint alors informer l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - de ce complot, et Dieu lui permit de quitter La Mecque pour émigrer vers Médine.
Verset 31
En entendant réciter les versets du Coran, les polythéistes dans leur opiniâtreté, rébellion et égarement, disaient: «Nous les avons déjà entendus. Au reste, il ne tiendrait qu'à nous d'en faire autant» et ce ne fut de leur part que présomption car ils furent défiés plus tard de produire une seule sourate pareille à celle du Coran. On a dit que An-Nadar Ben Al-Hareth était l'auteur de ces paroles, à savoir qu'il a passé un bon moment en Perse où il a retenu tant de choses de leurs rois Roustom et Asfandiarde. En retournant à La Mecque, l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - était alors chargé de divulguer le message et d'appeler à Dieu, en récitant du Coran aux hommes.
Verset 32
Chaque fois que l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - quittait une assemblée, An-Nadar Ben Al-Hareth prenait sa place pour raconter aux hommes les histoires des ancêtres en leur demandant à la fin: «Qui de nous est le meilleur rapporteur: moi ou Muhammad?». Pour cette falsification dérisoire que personne ne le considère le jour de Badr, et l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - ordonna ensuite de le ligoter et lui trancher la tête devant lui, et les hommes s'exécuteront. On a dit aussi que Al-Miqdad Ben Al-Aswad le captura selon le récit d'Ibn Jarir. «Ce ne sont là que de vieilles histoires» c'est à dire des légendes racontées par les Anciens. Ces propos ne sont que de purs mensonges car les impies, entendant cela, disaient: «Ce ne sont que vieux contes recueillis par lui, ajoutent-ils, qu'on lui dicte matin et soir» Réponds: «Ce Coran émane de celui qui connaît les secrets des cieux et de la terre, de celui qui est enclin au pardon et à la miséricorde» [Coran XXV, 5-6]. Et Dieu n'est indulgence et miséricorde qu'envers ceux qui se repentent et reviennent à Lui pour obtenir Son pardon. Poussés par leur obstination et leur ignorance, les polythéistes dirent: «Grand Allah, si la vérité qu'on nous proclame vient vraiment de Toi, fais tomber sur nous une pluie de pierres ou inflige-nous un châtiment épouvantable» Voilà ce qu'on leur reprocha: «Il leur valait mieux de demander au Seigneur: «Grand Dieu, si cela est la vérité venant de Toi, dirige-nous vers elle et fais qu'on la suive». Mais ils implorèrent Dieu de hâter leur châtiment, comme Il montre leur attitude dans un autre verset: «Ils te demandent de hâter leur supplice. Ils ignorent qu'un terme fixe l'heure de leur châtiment» [Coran XXIX, 53] et: «Ils disent: «Seigneur, avance notre châtiment sans attendre le jour de la résurrection» [Coran XXXVIII, 16]. Ainsi fut la demande des ignorants parmi le peuple de Chou'aib quand ils lui dirent: «Fais tomber sur nous un pan de ciel, si tu dis la vérité» [Coran XXVI, 187]. Anas Ben Malek rapporte qu'Abou Jahl Ben Hicham s'écria: «Grand Allah, si la vérité qu'on nous proclame vient vraiment de Toi, fais tomber sur nous une pluie de pierres ou inflige-nous un châtiment épouvantable». Dieu fit descendre à cette occasion: «Allah ne saurait les punir les hommes pendant que tu es parmi eux. De même qu'Il ne saurait les punir dans le temps qu'ils implorent son pardon».
Verset 33
Au sujet du dernier verset Ibn Abbas rapporte: «Les idolâtres faisaient la circumambulation autour de la Maison Sacrée et disaient: «Grand Dieu, nous voilà répondre à ton appel; nous voilà répondre à ton appel. Tu n'as pas d'associés. Sauf seul qui appartient à Toi et ce qu'il possède. Nous implorons Ton pardon. Nous implorons Ton pardon». C'est à leur sujet que ce verset fut révélé: «Allah ne saurait punir les hommes pendant que tu es parmi eux». Dans leur ancienne attitude ils jouissaient de deux facteurs qui leur assuraient la sécurité: La présence du Prophète - qu'Allah le bénisse et le salue - parmi eux et le pardon. Le Prophète - qu'Allah le bénisse et le salue - mourut et il ne leur resta que la demande du pardon. Une interprétation semblable a été faite par Ad-Dahak. A ce propos l'imam Ahmad rapporte d'après Abou Sa'îd que l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - a dit: «Le démon a dit: «O Seigneur, je jure par Ta puissance, je ne cesserai de tenter Tes serviteurs tant qu'ils sont en vie». Et le Seigneur de lui répondre: «Par Ma puissance et Ma majesté, Je ne cesserai de leur accorder Mon pardon tant qu'ils l'implorent» (Rapporté par Ahmed et Al-Hakem).
Verset 34
Pourquoi Allah ne les punirait-Il pas alors qu'ils détournent les fidèles du temple sacré; quoique n'en étant pas les gardiens? C'est à ceux qui craignent Allah qui appartient cette garde. Mais la plupart d'entre eux ne le comprennent pas! Dieu n'avait pas châtié les idolâtres de La Mecque à cause de la bénédiction du Prophète - qu'Allah le bénisse et le salue - qui vivait parmi eux. Quand il leur quitta en le forçant à émigrer vers Médine, Dieu leur fit goûter Sa puissance en faisant tuer une partie et capturant une autre parmi leurs chefs et notables. Puis Il leur dirigea vers les moyens d'effacer leurs péchés et fautes en implorant Son pardon. Mais Qatada et As-Souddy ont déclaré qu'ils n'avaient jamais demandé au Seigneur de leur pardonner, autrement Il ne les aurait pas châtiés. Quant à Al-Hassan Al-Basri et Ikrima, ils ont précisé que ce verset: «Allah ne saurait punir les hommes...» fut abrogé par le verset suivant: «Pourquoi Allah ne les punirait-Il pas...» et c'est pourquoi ils ont combattu à La Mecque et éprouvé la faim et les calamités. Ces polythéistes, pourquoi Dieu ne les punirait-Il pas alors qu'ils écartent les fidèles de la Maison Sacrée qui se trouve à La Mecque, ces derniers sont vraiment les amis de cette mosquée et les plus dignes d'y faire la circumambulation tout autour. Ceux qui craignent Dieu et les compagnons du Prophète - qu'Allah le bénisse et le salue -. Dieu montre cela aussi d'une façon plus précise quand Il dit: «Il n'appartient pas aux infidèles d'entretenir le culte d'Allah, alors qu'ils sont les propres témoins de leur impiété. Leurs œuvres sont vaines et ils auront l'enfer pour séjour éternel. L'entretien du culte ne saurait être assuré que par ceux qui croient à Allah et au jour dernier, qui observent la prière et acquittent la dîme et qui ne craignent qu'Allah. Ceux-là ont des chances de faire leur salut» [Coran IX, 17-18] et aussi dans ce verset: «Mais éloigner les gens de la voie d'Allah, renier Allah, détourner les fidèles de l'oratoire sacré et en chasser les habitants, quel sacrilège encore plus grave au regard d'Allah» [Coran II, 217]. Al-Hafedh Ben Mardaweih rapporte d'après Anas Ben Malek qu'on demanda à l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue -: «Qui sont les amis?» Il répondit: «Ils sont ceux qui craignent Dieu», puis il récita le verset.
Verset 35
Puis Dieu raconte ce qui était le comportement des idolâtres au sein du Temple sacré: «Leur prière dans le Temple n'était que clameurs et applaudissements», ils y sifflaient et battaient les mains. D'autant plus, comme raconte Ibn Abbas, les idolâtres de Qoraïch faisaient les tournées autour de la Maison à l'état de nudité totale. Quant à Ibn Omar, il a commenté leur geste en disant qu'ils agissaient ainsi pour brouiller la prière du Prophète - qu'Allah le bénisse et le salue -, ou selon les dires d'Az-Zouhari, ils tournaient les croyants en dérision. Et pour répondre à leurs méfaits, Dieu leur dit: «Subissez maintenant la peine que vous vaut votre impiété».
Verset 36
Muhammad Ben Ishaq raconte: «Après la défaite des polythéistes à Badr et le retour à La Mecque, Abou Soufian put récupérer toute la caravane. Abdullah Ben Abi Rabi'a, Ikrima Ben Abou Jahl et Safwan Ben Oumaya se rendirent chez lui à la tête d'un groupe des Qoraïchites qui avait perdu des pères, fils et frères. A Abou Soufian et à ceux qui avaient une part des biens dans la caravane, ils s'adressèrent: «Ô vous Qoraïch! Muhammad a massacré votre élite et vous a laissés sans père, ni fils ni frère! Donnez-nous les biens de cette caravane, peut-être en arriverait à nous venger de lui». Les Qoraïchites ne tardèrent pas à leur en donner. C'est à cette occasion que fut révélé ce verset: «Les infidèles emploient leurs biens.... jusqu'à: «Ce sont là les réprouvés». Ad-Dahak a dit: «Bien que ce verset fut descendu à propos d'un groupe de Qoraïchites, mais son application est générale, car Dieu, par cela, voulut montrer que tous ceux qui dépensent leurs richesses pour écarter les hommes de la vérité, ils ne font que les gaspiller puis ils déploreront de l'avoir fait. Ceux-ci veulent éteindre, de leurs bouches, la lumière de Dieu et la proclamation de la parole de la vérité. Mais Dieu parachèvera Sa lumière en dépit des mécréants. Voilà l'opprobre qu'ils subiront dans le bas monde et un châtiment très douloureux leur sera réservé dans l'autre. Qui vivra verra de ses propres yeux et entendra de ses propres oreilles qui lui causera tant de peines». Voilà le sens de ces paroles divines: «Ils perdront leurs biens, sans en éprouver de regret. Puis, en fin de compte, ils perdront la partie. L'enfer est réservé aux infidèles».
Verset 37
Quant aux dires de Dieu: «Allah distingue les mauvais des bons» Ibn Abbas a dit que cela signifie la distinction entre les heureux et les malheureux, et selon As-Souddy, entre les fidèles et les impies. Ce qui est probable, c'est que cette distinction sera faite dans la vie future d'après les dires de Dieu: «et nous disons à ceux qui nous ont associé d'autres divinités. «Mettez-vous ensemble vous et les divinités que vous nous avez associées». Puis nous les séparerons» [Coran X, 28] ou ce verset: «Quand l'Heure sonnera, les hommes seront séparés» [Coran XXX, 14]. Il se peut aussi que cette distinction soit faite dans la vie présente en exposant les œuvres des croyants d'après le verset «Allah distingue les mauvais des bons» en séparant ceux qui veulent combattre dans la voie de Dieu contre les incrédules de ceux qui s'abstiennent de le faire, comme le Seigneur le montre dans ce verset: «La défaite que vous avez essuyée le jour de la rencontre des deux armées a été voulue par Allah pour reconnaître les infidèles d'avec les hypocrites» [Coran III, 166] et dans cet autre: «Allah ne saurait laisser les fidèles dans l'état où ils sont, sans distinguer entre les mauvais et les bons» [Coran III, 179]. On peut interpréter donc le verset (n: 37) de la façon suivante: Dieu a éprouvé les fidèles par les impies pour les combattre en destinant aux derniers de dépenser leurs richesses, pour qu'il sépare le mauvais du bon. Il entasse les mauvais les uns sur les autres, les amoncelle tous ensemble, et les précipite en enfer. Voilà le sort des perdants dans les deux mondes.
Verset 38
Dieu ordonne à Son Prophète - qu'Allah le bénisse et le salue - de dire aux incrédules que s'ils cessent toute obstination et impiété, et s'ils se convertissent, reviennent à Lui repentants, tous leurs péchés commis auparavant à cause de leur incrédulité lui seront absous, comme il est dit dans un hadith authentifié: «Quiconque devient un bon musulman ne sera plus interrogé sur ce qu'il a fait dans le temps de l'ignorance (Jahiliah). Mais s'il nuit à l'Islam après sa conversion, on lui demandera compte de ce qu'il aura commis de péchés avant et après sa conversion. Et dans un autre hadith, l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - a dit: «L'Islam abroge toutes les religions précédentes, et le repentir efface tous les péchés commis». Contre cette promesse, il y a cette menace: «S'ils s'obstinent» et persévèrent dans leur incrédulité, ou bien recommencent leurs méfaits, qu'ils se rappellent alors l'exemple des peuples qui les ont précédés, ils avaient traité les Prophètes de menteurs et persistaient dans leur égarement, nous avons sévi contre eux et les avons châtiés.
Verset 39
«Combattez-les jusqu'à ce que vous ayez étouffé la guerre civile et qu'il n'y ait plus qu'une religion, celle d'Allah». Al-Boukhari rapporte d'après Ibn Omar qu'un homme vint lui dire: «O Abou Abdul Rahman, n'entends-tu pas ce que Dieu a dit dans Son Livre: «Lorsque deux groupes de croyants se combattent, conciliez-les...» jusqu'à la fin du verset [Coran XLIX, 9], qui donc l'empêche de combattre comme Dieu le prescrit dans ce verset?» Il lui répondit: «O fils de mon frère, qu'on me reproche pour n'avoir pas combattu m'est plus préféré de me reprocher, si je combats, grâce à ce verset: «Celui qui tue volontairement un musulman...» jusqu'à la fin du verset. [Coran IV, 93]. Et l'homme de répliquer: «Mais Dieu a dit: «Combattez-les jusqu'à ce que vous ayez étouffé la guerre civile» Ibn Omar rétorqua: «Nous nous sommes déjà conformés à cet ordre du temps de l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - alors que les musulmans étaient peu nombreux. On éprouvait l'un d'eux dans sa religion et le résultat ou bien on le tuait, ou on faisait de lui un prisonnier. Mais toute tentation avait cessé lorsque les musulmans sont devenus plus nombreux. Cet homme, constatant qu'il n'a pas obtenu le résultat qu'il voulait, redemanda à Ibn Omar: «Que penses-tu alors de 'Othman et de 'Ali?» Et Ibn Omar de répondre: «Dieu avait pardonné à 'Othman, mais vous avez répugné cette grâce de Dieu. Quant à 'Ali, il est le cousin et le beau-fils de l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue -, et voilà sa fille là où vous la voyez». L'expression «guerre civile» citée dans le verset signifie, d'après Ibn Abbas «Le polythéisme» ou «l'épreuve dans la religion» selon Ourwa Ben Az-Zoubayr. «Et qu'il n'y ait plus qu'une religion, celle d'Allah» cette religion qui est basée sur l'unicité de Dieu d'après Ibn Abbas, ou l'attestation qu'il n'y a de divinité autre que Dieu selon qu'il y ait du polythéisme et de renier toute autre divinité, selon Al-Hassan et Qatada. Ce qui renforce cette opinion est ce hadith cité dans les deux Sahihs où l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - a dit: «J'ai reçu l'ordre de combattre les gens jusqu'à ce qu'ils témoignent qu'il n'y a d'autre divinité que Dieu et que Muhammad est l'Envoyé de Dieu. S'ils font cela, leur sang et leurs biens seront préservés à moins qu'ils ne soient coupables, et Dieu réglera leur compte» (Rapporté par Boukhari et Mouslim). «S'ils désarment» c'est à dire: s'ils cessent le combat, ou bien selon une autre interprétation: s'ils renoncent à leur incrédulité, et comme vous ne pouvez plus scruter leur for intérieur «Allah voit tout». Ceci est pareil aux dires de Dieu: «S'ils se soumettent, s'ils observent la prière et paient la dîme, laissez-les en paix» [Coran IX, 5]. Et dans un autre verset Il a dit à leur sujet: «... ce sont vos frères en religion» [Coran IX, 11] et aussi: S'ils cessent le combat, abstenez-vous de toutes représailles si ce n'est contre les méchants» [Coran II, 193]. Dans un hadith authentifié, l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - fut mis au courant que Oussama (Ben Zaïd) a tué un polythéiste de son sabre après avoir attesté qu'il n'y a d'autre divinité que Dieu. Il dit à Oussama: «L'as-tu tué après avoir témoigné qu'il n'y a d'autre divinité que Dieu? Quel argument auras-tu au jour de la résurrection contre cette profession de foi?» Il lui répondit: «O Envoyé de Dieu, il ne l'a prononcée que pour se sauver!» Et le Prophète - qu'Allah le bénisse et le salue - de répliquer: «As-tu fendu son cœur?», et il ne cessa de lui reprocher son faux agissement à tel point, ajouta Oussama, que j'aurais souhaité ne pas être musulman avant ce jour-là» (Rapporté par Boukhari et Mouslim).
Verset 40
«S'ils s'obstinent» en persévérant dans leur hostilité contre vous, «souvenez-vous qu'Allah est votre Maître» qui vous secourra contre vos ennemis car Il est «le plus ferme des protecteurs».
Verset 41
Parmi les faveurs que Dieu a octroyées à la communauté de Mouhammd - qu'Allah le bénisse et le salue - figure le butin qui leur a rendu licite. Ce butin constitue tous les biens pris aux ennemis pendant les guerres en utilisant chevaux, montures et combattants, c'est à dire par la force. Il y a aussi les prises à la suite des transactions, sans faire la guerre, qui comprennent les tributs, les impôts fonciers et les biens laissés par un mort sans qu'il y ait des héritiers. Parmi les oulémas, il en est ceux qui ne distinguent pas entre ces deux sources et considèrent que tout cela constitue un butin. «Sachez que sur le butin le cinquième revient à Allah» C'est une obligation légitime de prélever le cinquième sur le butin acquis pour être dépensé comme il est montré dans le verset, quelle que soit la valeur de ce butin. Cependant, il y a eu différentes opinions concernant la part réservée à Dieu. Certains ont dit qu'on la dépense pour la Ka'ba. D'autres ont trouvé que le nom de Dieu a été cité dans le verset pour acquérir la bénédiction. Quant à la part du cinquième qui revient à l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue -, Ibn Abbas a dit: «Tout butin acquis par un régiment envoyé par le Prophète - qu'Allah le bénisse et le salue -, était partagé en cinq parts. Ce qui était destiné à Dieu et à Son Envoyé ne formait qu'un cinquième de tout le butin». Cette opinion fut soutenue par Al-Baihaqi qui a rapporté d'après Abdullah Ibn Atiq qu'un homme vint trouver le Prophète - qu'Allah le bénisse et le salue - à Wadi Al-Qoura en exposant un cheval. Il lui dit: «O Envoyé de Dieu, comment doit-on partager un butin?» Il répondit: «Un cinquième revient à Dieu et les quatre autres à l'armée» Et l'homme de répliquer: «Y aura-t-il une distinction entre un combattant et un autre?» - Non, rétorqua-t-il même pour la flèche que tu donnes de tes propres biens, tu n'en auras plus de droit que les autres». 'Ata a dit: «L'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - peut disposer de ce cinquième qui lui est réservé comme il veut, et même il pourra le rendre à sa communauté de la façon qui lui conviendra. A cet égard l'imam Ahmed rapporte que Al-Miqdam Ben Ma'd Yakreb Al-Kindi tint compagnie à Oubada Ben As-Samet, Abou Ad-Darda' et Al-Hareth Ben Mou'awiah Al-Kindi, et ils se rappelèrent un hadith particulier. Abou Ad-Darda' dit à Oubada: «O Oubada, te souviens-tu des propos de l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - au sujet des cinq parties du butin dans telle et telle expéditions?» Oubada répondit: «Je me rappelle que dans une des expéditions, après avoir accompli une prière en commun avec les fidèles, l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - prit un poil entre deux doigts et dit: «Ce poil fait aussi partie de vos prises, dont le cinquième me revient, et même ce cinquième sera de votre droit. Présentez donc (tout ce que vous gagnez) soit-il le fil ou le tissu, qu'il soit plus valeureux ou moins valeureux et ne fraudez jamais le butin, car la fraude ne procurera à son auteur que la honte dans le bas monde et l'enfer dans l'autre. Appliquez les prescriptions de Dieu soit que vous voyagez, soit que vous êtes résidents. Combattez pour la cause de Dieu car ce combat est une grande porte pour y accéder au Paradis et Dieu en délivre de la peine et de l'angoisse». On a rapporté que le Prophète - qu'Allah le bénisse et le salue - choisissait pour lui-même parfois un esclave, une esclave, un cheval, un sabre ou autre chose qu'on appelle la part du chef (qui ne fait pas partie du cinquième), tel que le sabre qu'il avait choisi en partageant le butin acquis le jour de Badr, d'après Ibn Abbas, ce sabre qu'on appelait: «Zoul-Fiqar». A savoir aussi que Safia, son épouse, était sa part du butin selon les dires de 'Aicha. Yazid Ben Abdullah raconte: «Nous étions dans un endroit appelé Al-Mirbad quand un homme vint vers nous portant à la main un morceau de cuir où fut écrit ce qui suit: «De Mouhammd l'Envoyé de Dieu à Bani Zouhayr Ben Aqich. Si vous attestez qu'il n'y a d'autre divinité que Dieu et que Mouhammd est l'Envoyé de Dieu, observez la prière, acquittez la zakat et versez le cinquième du butin ainsi que la part qui revient au Prophète et la part du chef, vous jouirez de la sécurité de Dieu et de Son Envoyé». On demanda à l'homme: «Qui a écrit cela?» - L'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - répondit-il. (c.à.d. selon ses ordres). (Rapporté par Abou Daoud et Nassaï). On peut conclure que l'Imam -ou le gouverneur- pourra disposer des biens du butin selon les mêmes enseignements et des autres biens qui forment la capitation et l'impôt foncier. La question qui se pose est la suivante: «Que sera le sort du cinquième qui était réservé au Prophète - qu'Allah le bénisse et le salue - après sa mort?». Une opinion dit qu'il sera de droit de son successeur (c.à.d. les califes). Une autre dit qu'ils sera consacré aux intérêts des musulmans. Une troisième stipule qu'il sera dépensé en faveur de ceux qui sont cités dans le verset: Les proches, les orphelins, les pauvres et les voyageurs. Une quatrième précise que la part du Prophète - qu'Allah le bénisse et le salue - et celle des proches reviendront aux orphelins, pauvres et voyageurs. Enfin une cinquième qui donne tout le cinquième aux proches. Une autre question découle de la première: que faire de ces deux parts? Certains ont dit: La part du Prophète - qu'Allah le bénisse et le salue - sera du droit de son calife. Selon d'autres: elle reviendra aux proches du Prophète - qu'Allah le bénisse et le salue - ou à ceux du calife. Puis ils se sont mis d'accord à consacrer ces deux parts pour l'équipement de l'armée en montures et armes, ce qui fut appliqué du temps des deux califats Abou Bakr et 'Omar -que Dieu les agrée-, selon les dires de Al-A'mach d'après Ibrahim. Al-'A'mach demanda à Ibrahim: «Quel était l'avis de 'Ali à ce propos?» Il répondit: «Il l'appuyait avec force». Quant à la part de ses proches, elle est de droit de Bani Hachem et Bani Al-Muttaleb car ces derniers ont secouru les premiers du temps de l'ignorance (Jahilia) et au début de l'ère islamique, puis ils furent renfermés avec le Prophète - qu'Allah le bénisse et le salue - dans un des quartiers de La Mecque pour manifester leur consentement contre les Qoraïchites idolâtres lors du blocus, et pour le défendre. Parmi eux il y avait des musulmans qui obtempérèrent à Dieu et à Son Prophète, et des idolâtres poussés par le sentiment tribal, orgueil et soumission aux ordres d'Abou Taleb l'oncle paternel du Prophète - qu'Allah le bénisse et le salue - Quant à Bani Abd Chams et Bani Nawfal, bien qu'ils étaient leurs cousins, ils n'approuvèrent point leur agissement, même ils leur déclarèrent la guerre et incitèrent les autres tribus à combattre l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - Selon les différents dires des chroniqueurs et oulémas on peut conclure que les Bani Hachem et les Bani Al-Muttaleb formaient une seule partie. Et d'après Moujahed, il leur était indigne d'accepter les aumônes, étant les proches du Prophète - qu'Allah le bénisse et le salue - et comme il y avait parmi eux les pauvres et les misérables, on leur a consacré le cinquième du butin qui tenait lieu des aumônes, et qui gardait leur dignité car, selon les dires de l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue -: «Ces aumônes sont la lavure des gens» (On a assimilé cette aumône qui purifie les biens de l'homme à la lavure de son corps ou sa lessive). «Les orphelins» sont certes ceux des musulmans. Deux opinions ont été données à leur sujet. La première ne distingue pas entre les riches et les pauvres. La deuxième concerne les indigents qui ne trouvent pas de quoi subsister ou combler leur besoin. «Les voyageurs» il s'agit de ceux qui se déplacent de leur propre pays pour différents buts et se trouvent à un moment donné dans un état de besoin pour rentrer, ce que nous allons le détailler dans la sourate «Le repentir». «Si vous croyez en Allah et à ce que nous avons révélé à notre serviteur» une expression qui signifie: Appliquez les ordres divins en ce qui concerne le cinquième du butin si vraiment vous croyez à Dieu, au jour dernier et ce qui a été révélé à l'Envoyé de Dieu. A cet égard il est cité dans les deux Sahîhs d'après Ibn Abbas que l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - a dit à la députation de Abd Al-Qais: «... Et je vous ordonne de faire quatre choses et de vous abstenir de quatre. Je vous ordonne de: Croire en Dieu, s'acquitter des prières, payer la zakat et verser le cinquième du butin...» (Rapporté par Boukhari et Mouslim). «Le jour où l'on discerna la vérité de l'erreur, le jour où les deux partis s'étaient rencontrés» En ce jour-là Dieu a octroyé aux hommes une grande faveur en leur montrant clairement la vérité et l'erreur et les dirigeant vers la première et où Dieu a élevé la parole de la foi. C'était le jour de Badr d'après les dires d'Ibn Abbas et Qurwa Ben Az-Zoubayr. Le jour de Badr fut le premier combat auquel participa l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - à la tête de trois cent et quelques fidèles alors que les polythéistes comptaient entre mille et neuf cent dirigés par Outba Ben Rabi'a. Dieu, en ce jour-là, mit les idolâtres en déroute dont soixante-dix parmi eux furent tués et un nombre égal de prisonniers. C'était un vendredi le 17 de Ramadan. Dieu a le pouvoir sur toutes choses et peut vous donner la victoire malgré votre petit nombre et la supériorité numérique de vos ennemis.
Verset 42
Vous étiez sur le versant le plus proche, vos ennemis sur le versant le plus éloigné. La caravane se trouvait en contrebas. En auriez-vous convenu que cette rencontre eût été moins précise? Mais Allah veillait à l'accomplissement de l'ordre qu'Il avait décrété. Désormais ceux qui périront, périront avertis et ceux qui vivront, vivront avertis. Allah entend et sait tout. Le jour de la rencontre des deux parties, les fidèles se trouvaient sur le versant proche de Médine, les idolâtres sur le versant éloigné (de Médine) vers La Mecque, et la caravane d'Abou Soufian plus bas que les musulmans du côté du littoral. Si musulmans et idolâtres s'étaient fixé les conditions du combat, ils n'auraient pas été d'accord. Car d'après Ibn Ishaq, le nombre de combattants n'était pas équivalent «mais Allah veillait à l'accomplissement de l'ordre qu'Il avait décrété» et une décision qui devait être exécutée en rendant puissants ceux qui avaient cru, et humiliant les impies. C'était donc dû à la Sagesse de Dieu. A savoir que l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - et les fidèles ne sont sortis, en principe, que pour s'emparer de la caravane d'Abou Soufian, mais Dieu avait réuni les deux partis sans qu'ils aient l'intention d'affronter l'un l'autre. Ibn Jarir raconte: «Abou Soufian revenait de Châm à la tête de la caravane et Abou Jahl devait sortir de la Mecque avec les Qoraïchites pour les défendre contre l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - et ses compagnons. Les deux partis se rencontrèrent à Badr sans qu'aucun d'eux ait eu la présence de l'autre, mais ceux qui étaient venus pour puiser de l'eau les avaient mis au courant. Ibn Ishaq rapporte: «Abou Soufian envoya quelqu'un annoncer aux Qoraïchites que Dieu a sauvegardé la caravane: hommes, montures et biens, retournez chez vous». Mais Abou Jahl déclara: «Non par Dieu, nous ne retournons pas avant de nous rendre à Badr -qui était une des foires des Arabes- y demeurer trois jours pour donner à manger en égorgeant les chameaux, à boire du vin, demander aux esclaves de chanter afin que tous les Arabes aient constaté qui sommes nous, et par la suite ils auront peur de notre puissance. «L'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - dit alors aux fidèles: «Voilà La Mecque qui vous envoie les meilleurs de ses hommes». Sa'd Ben Mou'adz dit à l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue -: «Nous allons te construire une tonnelle où tu t'installes en mettant à ton service de montures pour que nous allions affronter notre ennemi. Si Dieu nous accorde la victoire et nous rend plus puissants, ce sera un bien ce que nous cherchons. Si un revers quelconque nous arrive tu pourras alors te servir de ces montures afin de rejoindre ceux que nous avons laissés derrière nous à Médine. Car il en est de gens qui nous ont fait défection, mais par Dieu ils te gardent un amour aussi intense que le nôtre. S'ils savaient qu'il y aura un combat, ils ne se seraient plus restés chez eux sans venir à ton aide». Le Prophète - qu'Allah le bénisse et le salue - le remercia et lui souhaita le bien. On fit construire la tonnelle où le Prophète - qu'Allah le bénisse et le salue - et Abou Bakr seuls s'y installèrent. Quant aux Qoraïchites, ils arrivèrent au lieu de combat. A leur vue, le Prophète - qu'Allah le bénisse et le salue - s'écria: «Mon Dieu! Voilà les Qoraïchites qui sont venus pleins de défi et de gloriole et en traitant Ton Messager de menteur. Mon Dieu, mets-les en déroute demain matin». «Désormais ceux qui périront, périront avertis, et ceux qui vivront, vivront avertis» Ceci signifie en d'autres termes: que celui qui veut mécroire après ces preuves irréfutables, le fasse, et que celui qui veut croire le fasse pour la même raison. Dieu veut montrer aux hommes qu'Il les a réunis, fidèles et impies, sans un rendez-vous fixé à l'avance afin d'accorder la victoire aux fidèles, de mettre au clair la vérité et l'erreur, la preuve irréfutable, et pour ne pas laisser un argument à quiconque. Alors pour que celui qui devait mourir, périsse pour une raison évidente, et pour que celui qui demeurerait en vie, survive comme témoin d'une preuve irréfutable, car la foi est la vie du cœur. Enfin Dieu affirme qu'il entend les invocations et les implorations des fidèles et sait qu'il va leur accorder la victoire sur les rebelles et les idolâtres.
Verset 43
Moujahed a dit: «Dieu fit voir en songe à Son Prophète ses ennemis peu nombreux qui, de sa part, le fit connaître aux fidèles pour les affermir. «S'Il te l'avait montrée plus forte,vous vous seriez démoralisés» en éprouvant une certaine frayeur et vous divisant au sujet de leur combat. Mais Dieu a préservé les fidèles d'une telle discorde car Il connaît le contenu des cœurs «Il surprend les regards et les secrets des cœurs» [Coran XL, 19].
Verset 44
Ainsi en montrant l'ennemi peu nombreux aux yeux des musulmans, ce fut pour les encourager. Ibn Mass'oud a dit à cet égard: «Le jour de Badr les idolâtres m'apparurent si peu nombreux au point que je dis à un homme qui se trouvait à mes côtés: «Crois-tu que leur nombre dépasse les 70?» - Non, me répondit-il, ils forment une centaine». En faisant l'un d'eux comme captif, il nous dit qu'ils étaient mille combattants. «Allah exécuta ainsi l'ordre qu'Il avait décrété» tel était le but qui consistait à se venger des impies et à parachever Ses grâces sur ceux qui ont cru en Lui. Il fit apparaître chaque parti peu nombreux aux yeux de l'autre afin que, en s'affrontant, ait le sentiment de le vaincre facilement. Mais lors de la mêlée, Il fortifia et appuya les fidèles par mille anges en file ininterrompue, et de cette façon les idolâtres crurent que leur nombre était la moitié de l'autre; comme Dieu le montre dans ce verset: «Vous avez l'exemple de ces deux armées qui se sont affrontées, l'une en combattant pour la cause d'Allah, l'autre incrédule. Cette dernière paraissait à vos yeux deux fois plus nombreuse que l'autre» [Coran III, 13]. Voilà ce qui est commun entre ce verset et l'autre sus-mentionné, et chacun des deux est une vérité.
Verset 45
Ceci constitue une exhortation de Dieu à Ses croyants serviteurs d'être fermes lors de la rencontre de l'ennemi et qui est en même temps une des règles du combat. A ce propos il est cité dans les deux Sahihs que l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - a dit: «Hommes! ne souhaitez pas la rencontre de l'ennemi, demandez plutôt à Dieu le salut. Mais lorsque vous rencontrez l'ennemi, soyez patients et sachez que le Paradis est à l'ombre de l'épée». Puis l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - se leva et invoqua Dieu: «Mon Dieu, Toi qui a révélé le Livre, qui a fait circuler les nuages, qui a mis les factions en déroute, combats-les et donne-nous la victoire sur eux» (Rapporté par Boukhari et Mouslim). Dans un autre hadith, le Prophète - qu'Allah le bénisse et le salue - a dit: «Dieu aime qu'on garde le silence dans ces trois cas: lors de la récitation du Coran, lors du combat et en suivant le convoi funèbre». Ka'b Al-Ahbar rapporte que l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - a dit: «Rien n'est préféré à Dieu plus que la récitation du Coran et Sa mention, car si c'était autrement Il n'aurait pas ordonné aux hommes de prier et de combattre. Ne voyez-vous pas que, lors de la mêlée, Il leur a ordonné de Le mentionner en leur disant: «Ô croyants, lorsque vous rencontrez une armée ennemie, soyez fermes et invoquez sans cesse le nom d'Allah. Votre succès est à ce prix». Cet ordre consiste donc à être ferme en affrontant l'ennemi, à endurer leur rencontre, sans fuir, ni retourner sur leurs pas, ni éprouver aucune crainte, et à mentionner et invoquer Dieu en de telle circonstance sans L'oublier, mais ils doivent implorer son secours, se fier à Lui, Lui demander de leur accorder la victoire et sans s'opposer les uns aux autres pour ne pas lâcher pied et perdre toute puissance. Les compagnons, après le départ du Prophète - qu'Allah le bénisse et le salue -, firent montre de courage et de consultation selon ses ordres, ce qui n'était pas le cas des peuples qui les ont précédés et ne sera nullement celui des autres à l'avenir, ce par quoi ils ont pu conquérir les pays tant à l'est qu'à l'ouest malgré la multitude des armées ennemies. Ainsi la parole de Dieu fut élevée, Sa religion victorieuse et l'Islam dominant dans les quatre coins du monde.
Verset 46
Dieu ordonne l'obéissance à Lui et à Son Prophète et interdit aux croyants de se disputer entre eux car cela affaiblirait leur force et leur courage dans le combat. Il leur ordonne aussi d'être patients car Dieu est avec les patients et leur accorde la victoire et l'assistance.
Verset 47
Dieu ordonne à Ses serviteurs de combattre dans son chemin avec sincérité et dévouement sans être semblables à ceux qui sortirent de leurs demeures avec insolence et pour être vus des autres «Pour détourner leurs semblables de la voie d'Allah» à la façon d'Abou Jahl quand il a dit: «Non par Dieu, nous ne retournerons pas à nos foyers avant d'atteindre la source d'eau de Badr, d'égorger les chameaux, de boire le vin et de demander à nos esclaves de chanter. Il ne rencontra, après cette obstination et cette gloriole, que la mort et la fin dans un puits où il fut enterré et subira un châtiment pour l'éternité.
Verset 48
«Aucun de leurs gestes n'a échappé à Allah» Car Sa science s'étend à tout ce que les hommes font comme Il en fut des idolâtres qui sont sortis pour combattre l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - à Badr. A ce propos Mouhammd Ben Ka'b raconte qu'en ce jour-là les Qoraïchites hommes et femmes quittèrent La Mecque avec leurs esclaves chanteuses en jouant du tambour, voilà le sens du verset: «N'imitez pas les gens qui quittèrent leurs foyers pleins de morgue et de gloriole» Le démon, en ce jour-là, embellit aux yeux de ces idolâtres leurs propres actions en leur disant: «Aujourd'hui, vous êtes invincibles. Du reste, je suis là pour vous soutenir». Il les a incités à de tel agissement en les encourageant. Mais les hommes oublient que Satan «Leur fait de promesses, il stimule leurs désirs. Les promesses de Satan sont trompeuses» [Coran IV, 120]. Le jour de Badr, comme raconte Ibn Abbas, Satan sortit à la tête de sa cohorte avec les polythéistes en leur suggérant que personne au monde ne pourrait les vaincre. Mais voyant les anges devant lui venus secourir les fidèles «il tourna sur ses talons en disant: «Je me désolidarise de vous. Je vois ce que vous ne voyez pas». Dans un autre commentaire Ibn Abbas aurait raconté: «Le jour de Badr le démon Iblis arriva en hissant son étendard à la tête de ses suppôts sous la forme humaine en prenant les traits d'un homme de Bani Medlej appelé Souraqa Ben Malek Ben Medlej. Il dit aux polythéistes: «Aujourd'hui vous êtes invincibles. Du reste, je suis là pour vous secourir». «Quand les hommes, de part et d'autre, se mirent en rangs de combat, l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - prit une poignée de sable et le jeta dans la direction des idolâtres qui prirent la fuite. A ce moment Gabriel se dirigea vers Iblis, et celui-ci, en le voyant alors que sa main était dans la main d'un polythéiste, tira subitement sa main et prit la fuite avec sa cohorte. Le polythéiste s'écria: «O Souraqa! Tu as prétendu que tu vas nous soutenir?» Il lui répondit: «Je vois ce que vous ne voyez pas. Je redoute Dieu qui est terrible dans Son châtiment. Ce fut alors à la vue de Gabriel et les siens. La réponse de Satan est pareille à ces dires: «Ils rappellent Satan disant à l'homme: «Ne crois pas», puis s'écriant quand l'homme a perdu la foi: «Je ne suis pas responsable de ton incrédulité. Quant à moi, je crains Allah le maître de l'univers» [Coran LIX, 16] et aussi à ces dires: «Une fois le sort jeté, Satan dit: «Certes, Allah vous avait fait de sûres promesses. Moi aussi je vous ai fait des promesses, mais je ne les ai pas tenues» [Coran XIV, 22].
Verset 49
En se préparant au combat, et quand les deux partis: fidèles et impies furent tout près les uns des autres, selon les dires d'Ibn Abbas, Dieu à ce moment fit apparaître chaque partie peu nombreuse aux yeux de l'autre, «Les hypocrites et ceux qui avaient un cœur débile disaient: «Leur religion les a trompés» croyant qu'ils allaient les vaincre. Mais ceux qui ont la foi et se fient à Dieu savent que Dieu est puissant et juste. De plusieurs commentaires concernant ces hypocrites, on se contente de citer celui-ci qui s'avère être le plus logique d'après Moujahed et Mouhammd Ben Ishaq Ben Yassar: «Ces hypocrites formaient une partie de Qoraïchites qui étaient sceptiques et furent obsédés par leur scepticisme car, en voyant le petit nombre des musulmans, s'écrièrent: «Ceux-là se sont trompés dans leur religion». A la fin ils subirent la même défaite des idolâtres». Dieu certes rend puissants et sages ceux qui se confient à Lui.
Verset 50
Dieu s'adresse à Son Prophète: «O Mouhammd! si tu voyais les anges emporter les infidèles, tu aurais assisté à un spectacle très affreux «comment les anges ravissent la vie aux infidèles! ils les frappent au visage et au dos». Goûtez la peine du feu; leur crient-ils.» Et Ibn Abbas de commenter cela en disant: «Lorsque les infidèles faisaient face aux croyants, ceux-ci les frappèrent au visage, et en les fuyant les anges les frappèrent au dos. Dieu a montré encore leur situation quand Il a dit: «Ah! si tu pouvais les voir ces coupables quand ils entrent dans les affres de la mort et que les anges, tendant leurs mains vers eux, les pressent de rendre leurs âmes» [Coran VI, 93]. Car l'âme de l'incrédule ne sort pas facilement redoutant son destin qui ne sera que le feu de la Géhenne. A ce propos Al-Bara' rapporte que l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - a dit: «Lorsque l'ange de la mort se présente, sous son aspect le plus hideux à l'incrédule pour recueillir son âme, il dit: «O âme méchante, sors à un souffle brûlant, à une eau bouillante et à une ombre de fumée chaude». Alors son âme se disperse dans le corps et les anges la retirent comme une tige en fer qui sort après son entrée dans une masse de laine mouillée, les nerfs et les veines en sortent également du corps». Les anges, en recueillant l'âme et en obéissant aux ordres divins, disent aux incrédules: «Goûtez la peine du feu». Ce châtiment, c'est vous qui l'avez préparé de vos propres mains» Voilà la récompense pour prix de vos mauvaises actions dans le bas monde. «Allah ne lèse jamais Ses créatures» et n'est plus injuste envers les hommes. A cet égard, il est cité dans un hadith divin (Qoudousi) que Dieu a dit: «O Mes serviteurs! je me suis interdit l'injustice et Je vous l'interdis, ne soyez donc pas injustes les uns envers les autres. O Mes serviteurs! Ce sont vos œuvres seulement dont Je tiendrais compte. Donc celui qui trouve du bien qu'il loue Dieu, et celui qui trouve autre chose qu'il ne se prenne qu'à lui-même» (Rapporté par Mouslim, Nassaï et Ibn Maja).
Verset 51
Ce châtiment, c'est vous qui l'avez préparé de vos propres mains. Voilà la récompense pour prix de vos mauvaises actions dans le bas monde. Allah ne lèse jamais Ses créatures et n'est plus injuste envers les hommes. À cet égard, il est cité dans un hadith divin (Qoudousi) que Dieu a dit: «Ô Mes serviteurs! je me suis interdit l'injustice et Je vous l'interdis, ne soyez donc pas injustes les uns envers les autres. Ô Mes serviteurs! Ce sont vos œuvres seulement dont Je tiendrais compte. Donc celui qui trouve du bien qu'il loue Dieu, et celui qui trouve autre chose qu'il ne se prenne qu'à lui-même» (Rapporté par Mouslim, Nassaï et Ibn Maja).
Verset 52
Ceux qui ont traité le message de Mouhammad - qu'Allah le bénisse et le salue - de mensonge ont agi à la façon des peuples précédents, Dieu les a châtiés comme Il a puni les gens de Pharaon en les faisant périr à cause de leurs péchés. Dieu est terrible dans Son châtiment et nul pourra s'esquiver de Son jugement.
Verset 53
C'est l'habitude d'Allah de n'enlever à un peuple les grâces dont Il l'a comblé qu'autant qu'en déméritant, ce peuple se les enlève à lui-même. Allah entend et sait tout.
Verset 54
Dieu montre encore une fois le sort des gens de Pharaon qui furent engloutis dans les eaux, en affirmant qu'Il ne prendrait personne que pour les péchés qu'il avait commis. Aussi Il ne modifie pas un péché, à savoir que: «Allah ne modifie l'état d'un peuple en bien ou en mal qu'autant que ses sujets se sont transformés eux-mêmes» [Coran XIII, 11]. Il donne comme exemple le peuple de Pharaon qui les a privés, en les faisant périr, de jardins, de sources et de délices au sein desquels ils se réjouissaient. Ils n'ont pas lésé Dieu mais ils se sont fait tort à eux-mêmes.
Verset 55
Les plus viles créatures aux yeux d'Allah sont les incrédules qui se montrent réfractaires à la foi.
Verset 56
Les incrédules avec qui tu pactises, qui dénoncent leurs pactes à tout instant et qui manquent de scrupule.
Verset 57
Si tu les captures au cours d'un combat, inflige-leur un châtiment qui serve d'exemple à leurs partisans. Peut-être ceux-ci réfléchiront-ils. Les pires des êtres aux yeux de Dieu sur la terre sont les impies qui ne croient pas, qui trahissent tout engagement et tout pacte conclu et qui, s'ils le confirment par un serment, le violent. Ils ne craignent pas Dieu en commettant leurs péchés. «Si tu les captures au cours d'un combat» en triomphant sur eux «inflige-leur un châtiment qui serve d'exemple à leurs partisans», tue-les afin que ceux qui se trouvent derrière eux et les autres arabes prennent ceci comme exemple, peut-être ils s'en rappelleront et réfléchiront avant d'oser de se rebeller.
Verset 58
Dieu met en garde Son Prophète - qu'Allah le bénisse et le salue - contre ceux qui trahissent leur pacte et leur engagement en lui disant: «Si tu crains une telle trahison rejette à ce peuple son alliance pour pouvoir lui rendre la pareille, et fais-lui connaître qu'il n'y aura plus de pacte entre vous et qu'il n'y aura que la guerre. «Car Allah n'aime pas les félons» même s'il s'agit des incrédules.
Verset 59
Dieu dit à Son Prophète - qu'Allah le bénisse et le salue -: «Ô Mouhammad «ne crois pas que les infidèles l'emportent», non, ils sont toujours en notre possession et sous notre pouvoir. Ils ne sauraient jamais nous rendre à l'impuissance. Il a dit d'eux dans un autre verset: «Les méchants croient-ils échapper à notre châtiment? Ils se trompent» [Coran XXIX, 4] et dans un autre aussi: «Ne croyez pas que les infidèles puissent tenir Allah en échec sur terre, eux qui auront l'enfer pour séjour. Affreux destin» [Coran XXIV, 57] et dans un quatrième: «Ne sois pas impressionné de voir les infidèles parcourir à leur aise le pays. Leur bien-être est éphémère. Ils sont voués à l'enfer. Et quel triste séjour» [Coran III, 196-197].
Verset 60
Puis Dieu ordonne aux croyants de préparer la machine de la guerre afin de pouvoir affronter les ennemis selon leur capacité en leur disant: «Équipez toutes les troupes et toute la cavalerie que vous pourrez» Oqba Ben Amer rapporte qu'il a entendu l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - dire sur chaire «Préparez, pour lutter contre eux, tout ce que vous trouverez de force. Or la force est dans le tir! Or la force est dans le tir». L'imam Ahmed et les auteurs des sunans rapportent que l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - a dit: «Tirez et montez. Bien tirer vaut mieux que de monter». Grâce à la multitude de la cavalerie et des troupes, les fidèles pourront effrayer les ennemis de Dieu et les leurs qui sont les impies de Qouraïch et autres. Quant à l'expression «et d'autres encore que vous ne connaissez pas et qu'Allah connaît» Moujahed a dit qu'il s'agit de Bani Qouraïdha (les juifs) ou les Perses selon As-Souddy, ou encore les hypocrites d'après Mouqatel. Enfin pour inciter les hommes à dépenser pour Sa cause, Dieu promet aux fidèles: «Tous les sacrifices que vous aurez consentis à la cause d'Allah vous seront largement rétribués. Vous ne subirez pas le moindre préjudice»
Verset 61
Dieu avait ordonné à Son Prophète de combattre les incrédules tant qu'ils lui sont hostiles, mais «s'ils te proposent la paix» en s'inclinant au pacifisme, à la conciliation et à la trêve «accepte-la». On rapporte à cet égard que pendant l'an de Houdaybiya lorsque les idolâtres demandèrent à l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - la conciliation et de mettre fin à la guerre entre eux pour une période de neuf ans, il accepta leur proposition et conclut une trêve. Quant à Ibn Abbas et Moujahed, ils ont précisé que ce verset fut abrogé par celui de l'ordre du combat: «Combattez ceux qui ne croient ni à Allah ni au jour dernier» [Coran IX, 29]. Mais cette opinion est sujet à discussion car l'ordre de combattre n'est pas catégorique car on peut, en cas où l'ennemi possède une grande armée, conclure une trêve comme l'affirme le verset précité et comme s'est comporté le Prophète - qu'Allah le bénisse et le salue - le jour de Houdaybiya. Donc il n'y a ni abrogation, ni contradiction et c'est Dieu qui est le plus savant. «Confie-toi à Allah» est une exhortation à se fier à Dieu à tout moment et une acceptation de la paix.
Verset 62
Même si les idolâtres, dans leur proposition voulaient le tromper en se donnant le temps nécessaire afin qu'ils puissent préparer une armée plus puissante, et la demande de la paix n'est qu'une ruse. Dieu rassure Son Prophète en lui disant: «Allah te suffit». Puis Il lui rappelle les bienfaits qu'Il lui a accordés en mettant à sa disposition les croyants parmi les Mouhagériens et les Ansariens «C'est Lui qui t'a donné son assistance et celle des fidèles».
Verset 63
Quant aux dires de Dieu: «Quand bien même tu aurais dépensé toutes les richesses du monde, tu n'aurais pas réussi une pareille union», Il a voulu lui montrer que, dans le temps de l'ignorance, il y avait entre eux tant de guerres surtout entre les deux tribus Aws et Khazraj qui habitaient à Médine. Mais une fois convertis, Dieu mit fin à cette guerre grâce à la lumière de la foi qui les a rendus frères comme le montre ce verset: «Reconnaissez les bienfaits d'Allah pour vous, Lui qui d'ennemis que vous étiez, a fait l'union entre vos cœurs, Lui qui par Sa grâce, vous a rendus frères» [Coran III, 103]. Il est cité dans les deux Sahihs que lorsque le Prophète - qu'Allah le bénisse et le salue - partagea le butin acquis pendant l'expédition de Hounayn, et comme les Ansariens étaient mécontents, il leur sermonna: «Ô Ansariens! Ne vous ai-je pas trouvés égarés et Dieu ne vous a-t-Il pas dirigés grâce à moi? Vous étiez pauvres et Dieu vous a enrichis grâce à moi? Vous étiez divisés et Dieu vous a unis grâce à moi?» Après chaque parole les Ansariens s'écriaient: «Dieu et Son Envoyé nous ont comblés de faveurs» (Rapporté par Boukhari et Mouslim). Donc Dieu a suscité entre eux cette affection car Il est Sage dans ses agissements et décrets.
Verset 64
Dieu encourage Son Prophète et les fidèles à combattre leurs ennemis en les rassurant qu'Il est leur soutien contre eux quelque soit leur multitude ou leur puissance, même si le nombre des croyants leur est inférieur. Il dit à Son Prophète «Ô Prophète, Allah et les croyants qui te sont attachés te suffisent». Donc il ne te reste qu'à exciter les croyants au combat.
Verset 65
C'est pourquoi l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - encourageait les fidèles à combattre leurs ennemis une fois se trouvant face à face, comme il l'a fait le jour de Badr lorsque les polythéistes se sont avancés vers eux pour les combattre. Il dit à ses compagnons: «Préparez-vous pour obtenir (comme récompense) un Paradis dont la largeur est équivalente à celle des cieux et de la terre». Oumayr Ben Al-Hamam lui demanda: «Sa largeur est équivalente à celle des cieux et de la terre? - Oui, répondit le Prophète - qu'Allah le bénisse et le salue -, - Comme c'est merveilleux! Comme c'est merveilleux!», répliqua-t-il. Il lui dit: «Qu'est-ce qui te porte à dire «C'est merveilleux»? - J'espère être l'un de ses habitants» - Et tu es l'un d'eux». Oumayr alors brisa le fourreau de son sabre, prit des dattes dans sa main, mangea quelques-unes, jeta le reste et dit: «Ce sera une longue vie pour en finir avec ces dattes». Puis il s'élança contre les incrédules et combattit jusqu'à ce qu'il fût tué. Puis Dieu annonce la bonne nouvelle aux fidèles en leur ordonnant: «Vingt d'entre vous, s'ils sont fermes, doivent avoir raison de deux cents infidèles. Et cent doivent avoir raison de mille». Donc un fidèle devait affronter dix impies. Mais ceci fut abrogé plus tard et la bonne annonce existe toujours.
Verset 66
Ibn Abbas rapporte que quand ce verset fut révélé et que chacun des croyants devait combattre dix incrédules sans penser jamais à les fuir, les fidèles éprouvèrent une grande peine. Puis la tâche fut allégée en mettant cent croyants contre deux cents infidèles en imposant la même condition d'être fermes sans s'esquiver si leur nombre est la moitié de celui des ennemis. Mais s'il est inférieur à la moitié, ils ont le droit aux manœuvres pour éviter l'affrontement.
Verset 67
Le jour de Badr et après la défaite des polythéistes, l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - consulta ses compagnons au sujet des prisonniers. Abou Bakr lui dit: «Ô Envoyé de Dieu, ils sont tes proches et concitoyens. Ne les exécute pas et demande-leur de se repentir; peut-être Dieu reviendra vers eux». Quant à Omar, il lui dit: «Ô Envoyé de Dieu, ils t'ont traité de menteur et t'ont expulsé de ton propre pays. Amène-les et tue-les». Abdullah Ben Rawaha lui dit: «Ô Envoyé de Dieu, tu te trouves actuellement dans une vallée pleine de bois. Allume-y le feu et jette-les dedans». Mais l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - garda le silence sans proférer un mot. Il se leva et entra dans sa tente. Certains dirent: «Il acceptera l'opinion d'Abou Bakr», d'autres de dire: «Non, il sera du côté d'Omar» et d'autres encore déclarèrent: «Plutôt il appuyera celle d'Abdullah Ben Rawaha». Puis il sortit et déclara aux hommes: «Parfois Dieu ramollit les cœurs des hommes au point de les rendre plus mous que le lait. Tantôt Il les endurcit de sorte qu'ils deviennent plus durs que les pierres. Toi Abou Bakr, tu t'es montré clément comme était Abraham - que Dieu le salue - quand il a dit à Dieu: «Quiconque me suivra sera solidaire de moi. Celui qui me désobéira... Seigneur Tu es clément et miséricordieux» [Coran XIV, 36]. Tu es aussi pareil à Jésus - que Dieu le salue - quand il a dit: «Si tu les châties, ce sont Tes sujets. Si Tu leur pardonnes, Tu es auguste et sage» [Coran V, 118]. Quant à toi ô Omar, tu ressembles à Moïse - que Dieu le salue - en demandant au Seigneur: «Seigneur, anéantis leurs richesses, endurcis leurs cœurs. Fais qu'ils ne croient qu'en expiant un châtiment terrible» [Coran X, 88]. Et toi Abdullah tu proposes ce que Noé avait demandé à Dieu: «Seigneur, ne laisse subsister sur terre aucun infidèle» [Coran LXXI, 26]. Puisque vous êtes des indigents, qu'aucun de ces prisonniers ne soit libéré que contre une rançon ou qu'on lui tranche la tête».
Verset 68
En commentant ce verset, Ibn Abbas précise qu'il s'agit du butin acquis le jour de Badr avant que Dieu ne le rende licite. C'est comme si Dieu voulait dire aux musulmans: «Comme Je ne châtie pas celui qui me désobéit avant de lui montrer Mes ordres, un châtiment douloureux vous aurait atteints à cause de ce dont vous vous êtes emparés». Ainsi fut l'avis de Moujahed. Mais Al-A'mach a dit: «Cela signifie que Dieu a promis de ne châtier aucune personne qui a participé à la bataille de Badr parmi les croyants». Ibn Abbas a dit: «N'était-ce une prescription intervenue d'Allah» - Cela signifie qu'il est cité dans le sommier du premier Livre que le butin et les prisonniers sont pour vous. «Un douloureux châtiment vous aurait touchés pour ce que vous avez capturé arbitrairement» - ce qui corrobore cette opinion le hadith cité dans les deux Sahihs où le Prophète - qu'Allah le bénisse et le salue - a dit: «On m'a accordé cinq (faveurs) qu'aucun autre Prophète n'avait reçues avant moi: La victoire (sur mon ennemi) à une distance d'un mois de marche en lui inspirant la terreur; toute la terre m'a été faite comme un lieu pour la prière et son sable est un moyen de purification; les butins sont devenus comme des biens licites pour moi, alors qu'ils ne l'étaient pas à aucun avant moi; on m'accorde le droit d'intercession; enfin Dieu envoyait chaque Prophète à son peuple, tandis que moi, j'ai été envoyé au monde entier» (Rapporté par Boukhari et Mouslim).
Verset 69
L'imam Abou Daoud rapporte dans ses sunans, d'après Ibn Abbas que, après la bataille de Badr, l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - fixa le montant de la rançon de chaque idolâtre à 400 (dirhams). Selon la majorité des ulémas l'imam - ou le gouverneur - a le choix: il a le droit de tuer les prisonniers comme était le sort de Bani Qouraidha, ou il accepte la rançon comme celui des prisonniers de Badr, ou bien encore il les libère contre le relâchement des prisonniers musulmans, comme l'agir de l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - à propos d'une femme captive et sa fille qui étaient la part du butin accordée à Salama Ben Al-Akwa'. Il les a rendues aux polythéistes contre des prisonniers musulmans, ou enfin il peut les rendre à l'esclavage. Telle fut l'opinion de Chafé'i, Malek et une foule des ulémas.
Verset 70
Mouhammad Ben Ishaq rapporte d'après Ibn Abbas que l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - a dit au jour de Badr: «Je sais que quelques-uns de Bani Hachem et d'autres ont été contraints de sortir et qui n'ont aucune intention de nous combattre. Lorsque l'un d'entre vous rencontre un de ces hommes, qu'il ne le tue pas. Celui qui rencontre Al-Boukhtouri Ben Hicham, qu'il ne le tue pas. Celui qui rencontre Al-Abbas Ben Abdul Muttaleb, qu'il ne le tue pas, car il a été forcé de quitter son foyer». On a rapporté qu'Al-Abbas dit: «Ô Envoyé de Dieu, j'ai été musulman». Il lui répondit: «Dieu seul connaît bien ta conversion. Si vraiment tu l'étais, Il te récompensera, et nous autres, nous ne devons juger que ton apparence. Paie ta propre rançon et celles de tes deux neveux Nawfal et Aqil, et ton allié Outba Ben Amr». - «Mais je ne possède pas tout cela», répondit Al-Abbas. Et le Prophète - qu'Allah le bénisse et le salue - de répliquer: «Où est donc l'argent que tu as enfoui avec Oum Al-Fadl? Et en plus tu lui as dit: «Si un malheur m'atteignait dans mon voyage cet argent reviendrait à mes fils Al-Fadl, Abdullah et Qacham?»». Il s'écria: «Par Dieu, ô Envoyé de Dieu, j'atteste que tu es l'Envoyé de Dieu, car personne n'est au courant de cela à part moi et ma femme Oum Al-Fadl. Fais donc le compte en prenant en considération les vingt onces que je portais sur moi». - «Non, répliqua l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue -, cette somme confisquée est un bien que Dieu nous a accordée». Al-Abbas paya alors sa propre rançon et celles de ses deux neveux et son allié. Dieu à cette occasion fit cette révélation: «Ô Prophète, dis aux captifs qui sont entre vos mains: «Si Allah découvre dans vos cœurs de bons sentiments, Il vous accordera plus de biens qu'il ne vous en a été pris et Il effacera vos péchés. Allah est miséricordieux et clément»». Al-Abbas déclara, plus tard: «Contre les vingt onces d'or confisquées que je portais sur moi lors de ma conversion, Dieu m'a accordé vingt esclaves dont chacun possédait un capital et travaillait pour mon compte. Tout ce que je demande, est le pardon de Dieu à Lui la puissance et la gloire». Il a ajouté: «C'est à mon sujet que Dieu a fait descendre ce verset». Al-Abbas disait souvent: «Comme ce verset fut révélé à notre sujet, je ne l'échangerai même pas contre les richesses du monde». Il a dit: «Il vous accordera plus de biens qu'il ne vous en a été pris» et j'avoue qu'Il m'a donné cent multiples, et j'espère aussi qu'Il m'a pardonné».
Verset 71
«S'ils méditent de te trahir, sache qu'ils ont trahi Allah avant toi» en te déclarant autre chose, ils ont déjà trahi Allah le jour de Badr en Le reniant. «Mais Allah a permis leur capture» en faisant d'eux plusieurs prisonniers car «Allah est savant et sage». Qatada a dit que ce verset fut révélé à propos d'Abdullah Ben Abi Sarh, le commis qui a apostasié et rejoint les idolâtres. Mais d'autres ont répondu que ce verset peut s'appliquer à tous les hommes.
Verset 72
Selon ce verset, les croyants furent classés à cette époque en plusieurs catégories: - Les Mouhagériens (émigrés) qui ont quitté leurs foyers et leurs biens pour secourir l'Envoyé de Dieu et soutenir sa religion en consacrant âmes et biens. - Les Ansariens (les Médinois) qui ont cru au Prophète - qu'Allah le bénisse et le salue -, donné refuge aux Mouhagériens, mis à leur disposition leurs biens, et sont venus en aide à l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - en combattant à ses côtés. Mouhagériens et Ansariens «sont solidaires les uns des autres». Pour cela le Prophète - qu'Allah le bénisse et le salue - a établi la fraternité entre eux en choisisant un homme d'une catégorie et faisant de lui un frère choisi de l'autre. Ils héritaient les uns des autres avant la révélation du verset qui a imposé les règles de la succession. Il est cité dans le Sahih de Boukhari d'après Ibn Abbas, que l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - a dit: «Les Mouhagériens et les Ansariens sont amis les uns des autres, ainsi que les hommes libres de Qoraich et les affranchis de Thaqif, jusqu'au jour de la résurrection». Dieu a fait aussi l'éloge de ces deux catégories dans plusieurs versets. «Ceux qui croient et qui n'ont pas émigré n'acquerront ces liens de solidarité avec vous que lorsqu'ils auront émigré». Ceux-là forment la troisième catégorie des croyants qui ont la foi, n'ont pas émigré et sont restés dans leurs demeures. Ils n'auront aucune part au butin même pas une partie du cinquième tant qu'ils n'auront pas combattu. Quant à ces paroles divines: «S'ils implorent votre aide pour la défense de leur religion, vous devez la leur donner» elles signifient que si ces bédouins qui n'ont pas émigré vous demandent votre aide au nom de la religion pour la défendre, vous devez les secourir car ils sont vos frères coreligionnaires, à moins qu'il ne soit question d'un combat contre un peuple incrédule avec lequel vous avez conclu une alliance jusqu'à un temps déterminé. Dans ce cas vous ne devez ni violer ce pacte ni trahir votre engagement vis-à-vis de ce peuple.
Verset 73
Après que Dieu ait montré que les fidèles sont amis les uns des autres, Il a rompu tout lien entre eux et les incrédules. À ce propos Al-Hakem rapporte d'après Oussama que le Prophète - qu'Allah le bénisse et le salue - a dit: «Les membres de deux communautés différentes n'héritent pas les uns des autres, ainsi qu'un musulman n'hérite pas d'un impie ni un impie d'un musulman». Puis il récita: «Si vous n'en faites pas autant, le monde sera en proie au désordre et à des troubles profonds». Donc si les fidèles n'agissent pas ainsi et se conforment à ces recommandations, il y aura sur terre des rébellions et de la corruption. Ceci aura lieu lorsque les croyants ne s'éloignent pas des incrédules et ne cessent pas toute liaison cordiale avec eux.
Verset 74
Telle est la situation des croyants dans le bas monde et les faveurs dont ils jouissent, et la belle récompense qu'ils obtiendront dans l'autre. Leurs péchés seront effacés, ils vivront dans des jardins de délices permanents, n'éprouveront ni ennui, ni gêne. Ceux qui étaient leurs amis dans la vie présente, seront avec eux dans l'au-delà grâce à leurs bonnes actions, selon les dires de Dieu: «Quant à ceux qui sont venus les premiers parmi les émigrés et les auxiliaires du Prophète...». À ce propos l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - a dit: «L'homme sera avec ceux qu'il aime», et dans un autre hadith: «Celui qui aime des gens, il fait partie des leurs» ou selon une variante: «sera rassemblé avec eux».
Verset 75
«Mais ceux qui sont unis par les liens du sang sont plus solidaires les uns des autres. Ceci est inscrit dans le Livre d'Allah». Ce lien du sang cité dans le verset ne se limite pas, d'après les exégètes, à ceux qui auront droit à la succession, mais il concerne tous les proches quel que soit ce lien. Ibn Abbas, Moujahed, Ikrima et d'autres ont précisé que ce verset a, en principe, aboli la coutume et la tradition suivant lesquelles les hommes héritaient l'un de l'autre grâce à l'alliance ou à la fraternité. Et c'est Dieu qui est le plus savant.