التوبة

Le Repentir

Sourate 9 · 129 versets · Revelation medinoise

Verset 1

D'après les dires d'Al-Bara Ben Azeb, cette sourate figure parmi les dernières qui furent révélées à l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue -, et le dernier verset est le suivant: «On t'interroge. Dis-leur: «Voici la règle d'Allah sur les collatéraux...» [Coran IV, 176]. On remarque qu'elle ne commence pas par l'invocation du Miséricordieux, c'est que les compagnons, en transcrivant le Coran, ne l'ont pas citée en imitant le prince des croyants Othman Ben Affan -que Dieu l'agrée et le rende satisfait-. Les premiers versets de cette sourate furent descendus au Prophète - qu'Allah le bénisse et le salue -, lors de son retour de l'expédition de Tabouk où il chargea Abou Bakr de présider à la mission du pèlerinage en cette année, et afin d'apprendre aux hommes les rites de ce devoir, d'avertir les polythéistes qu'il leur sera interdit de faire le pèlerinage après cette année-ci et de réciter aux gens cette sourate: «Rupture par Allah et Son Prophète....» Abou Bakr fut suivi par Ali Ben Abi Taleb comme nous allons en parler plus loin. Cette «rupture» signifie un désaveu de la part de Dieu et de Son Prophète à l'égard des polythéistes avec lesquels ils ont conclu un pacte.

Verset 2

«Pendant quatre mois encore vous pouvez circuler dans le pays». Ce verset fut le sujet d'une controverse dans les opinions entre les exégètes: On a dit qu'il s'agit de ceux avec qui ont conclu un pacte permanent, ou un pacte dont la durée est inférieure à quatre mois, dans ce cas on lui accorde un temps complémentaire pour les compléter. Quant à ceux dont le pacte expire après un temps limité, en jouiront tant que la date n'a pas échu, en se référant à ce verset: «Exécutez les engagements que vous avez pris envers eux jusqu'au terme fixé» [Coran IX, 4]. Enfin quiconque avait conclu un pacte avec l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue -, en jouira jusqu'à l'écoulement de ce terme. Ibn Abbas a commenté cela en disant: «À ceux qui avaient conclu un pacte avec l'Envoyé de Dieu, Dieu leur fixa une période de quatre mois pendant laquelle ils voyageraient librement. Et à ceux qui ne jouissent pas d'un tel pacte, Il octroya une date qui échoira après l'écoulement des mois sacrés. Il ordonna à son Prophète qu'à la date échue, il devra combattre ces derniers jusqu'à ce qu'ils embrassent l'Islam. Quant à ceux qu'un pacte vous lie à eux, après l'écoulement de quatre mois, à partir du jour de sacrifice jusqu'au dixième jour de Rabi' deuxième, le Prophète - qu'Allah le bénisse et le salue - fut ordonné également de combattre ces gens-là tant qu'ils n'auront pas embrassé l'Islam.»

Verset 3

Ce fut donc une proclamation de la part de Dieu et de Son Prophète aux gens le jour «du pèlerinage solennel» c'est à dire le jour du sacrifice où l'on accomplit le rite le plus méritoire, cette proclamation consistait à faire connaître aux hommes «qu'Allah et Son Prophète sont déliés de tout pacte avec les idolâtres». Mais elle ne s'arrêta pas là, car «Il» appela ces idolâtres à revenir à Dieu repentants en reniant tout polythéisme et égarement, et cela «ne sera que profit pour eux» En cas où ils persévèrent dans leur incrédulité «qu'ils sachent qu'ils n'auront jamais raison d'Allah» en d'autres termes ils ne pourront plus rendre le Seigneur à l'impuissance car Il est capable d'eux à tout moment et ils sont sous Son autorité. «Annonce aux infidèles un châtiment rigoureux» qui consiste à l'humiliation et aux malheurs dans le bas monde, les chaînes, carcans et massues en fer dans l'autre. Il est cité dans le Sahih de Boukhari que Abou Houraira a rapporté: «Je fus parmi ceux qu'Abou Bakr avait envoyés à Mina le jour du sacrifice pour annoncer qu'après cette année aucun idolâtre ne pourra faire le pèlerinage, ni un homme en nudité totale de faire les tournées processionnelles. Le jour du pèlerinage solennel -ou le grand pèlerinage- est le jour du sacrifice. En cette année-là, Abou Bakr rejeta toute alliance avec les gens et l'année où L'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue -, fit le pèlerinage de l'adieu, aucun idolâtre n'y participa».

Verset 4

C'est une mesure exceptionnelle et ne s'applique qu'à ceux qui ont conclu avec les musulmans un pacte permanent. Une période de quatre mois leur est octroyée pour parcourir la terre et chercher un asile où ils trouveront leur salut. Quant à ceux qui jouissent d'un pacte à date limitée, ce pacte sera observé jusqu'au terme fixé. Mais de toute façon les uns et les autres doivent durant la validité du pacte respecter ses clauses sans aider quiconque contre les musulmans. C'est pourquoi il exhorte les fidèles à respecter leur engagement pris vis-à-vis de cette catégorie des polythéistes, «Allah aime les gens de bonne foi» ceux qui Le craignent.

Verset 5

Quels sont ces mois sacrés? Une question qui a suscité tant d'opinions: Ibn Jarir a dit qu'il s'agit des quatre mois cités dans ce verset: «Quatre de ces mois sont sacrés. Voilà la vérité» [Coran IX, 36]. Ibn Jarir a ajouté une autre fois que le dernier de ces mois est Mouharram; ceci est un sujet discutable. Ibn Abbas a précisé qu'ils sont la période octroyée aux idolâtres pour circuler dans le pays selon le verset. Puis Dieu a dit: «À l'expiration des quatre mois sacrés» c'est à dire: après l'écoulement des quatre mois désignés où tout combat est interdit, et pour permettre à ces gens-là de se décider de leur sort durant, partout où vous les trouvez, tuez-les. Après cette période déterminée, l'ordre de combattre les idolâtres fut donné «combattez les idolâtres partout où vous les trouverez» sans distinction entre un pays et un autre, toutefois il y a une exception qui est la Maison Sacrée selon ce verset: «Ne les combattez pas dans l'oratoire sacré à moins qu'ils ne vous y attaquent. S'ils vous y attaquent, tuez-les» [Coran II, 191]. Il a donné ensuite le choix aux fidèles qui pourront se contenter de capturer les idolâtres, ou de les cerner en les assiégeant et en leur dressant des embuscades: soit dans leurs forteresses, soit dans les routes qu'ils empruntent afin de les contraindre et opter ou bien pour la conversion, ou bien pour la mort. Une fois ces polythéistes soumis en traduisant cette soumission par des pratiques religieuses imposées: «S'ils observent la prière et paient la dîme, laissez-les en paix. Allah est miséricordieux et clément».

Verset 6

Si un idolâtre demande ta protection, accorde-la-lui pour lui permettre d'entendre la parole d'Allah. Puis, fais-le reconduire en lieu sûr. Cette mesure est justifiée par l'ignorance de ces gens. Si Dieu avait ordonné à Son Prophète de combattre les idolâtres partout où il les trouvera, Il l'exhorte, d'autre part, à accorder sa protection à quiconque la lui demande, dans le but d'entendre la parole de Dieu, c'est à dire le Coran, et afin que cela constitue un argument contre lui au jour de la résurrection. «Puis, fais-le reconduire en lieu sûr» et d'y rester la période nécessaire pour rentrer plus tard chez lui sain et sauf. Car ce sont des gens qui ne savent pas que cette mesure n'a été imposée que pour leur permettre d'avoir une idée de la religion de Dieu, de se convertir, et par la suite ce message sera propagé partout dans les quatre coins du monde.

Verset 7

Dieu montre pourquoi Il a désavoué les polythéistes et leur a accordé les quatre mois pour s'amender, sinon ils seront tués où on les trouvera. Après cela «comment concevoir que des idolâtres puissent pactiser avec Allah et Son Prophète» en leur donnant asile et sécurité du moment qu'ils renient Dieu et Son Messager? Exception faite pour ceux «de l'oratoire sacré» qui ont conclu un pacte le jour de Houdaibya. Ceux-là aussi longtemps qu'ils seront sincères avec vous et observeraient le pacte qu'il avaient conclu, sans qu'il y ait une hostilité de part et d'autre, soyez sincères avec eux car Dieu aime ceux qui Le craignent et qui ont la bonne foi. En effet, l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - et les musulmans respectèrent cet engagement pris vis-à-vis des idolâtres au mois de Doul-Qi'da en l'an 6 après l'Hégire. Mais plus tard, les idolâtres trahirent ce pacte et aidèrent leurs alliés Bani Bakr contre ceux du Prophète - qu'Allah le bénisse et le salue - les Banou Khouza'a, même ils les tuèrent à l'intérieur de l'enceinte sacrée.

Verset 8

Dans ce verset, Dieu exhorte les fidèles à être hostiles envers ces idolâtres et les désavouer, en montrant qu'ils ne méritent pas de jouir d'aucun pacte à cause de leur polythéisme et leur reniement du Prophète et de son Message. S'ils l'avaient emporté sur les musulmans, ils n'auraient respecté à leur égard ni alliance ni pacte, étant donné que la plupart d'entre eux sont des pervers.

Verset 9

Ils trafiquent à vil prix des enseignements d'Allah et détournent leurs prochains de Sa voie. Quelle détestable attitude. Ces gens-là, au lieu de suivre les enseignements de Dieu, ils s'adonnèrent aux plaisirs éphémères du bas monde et troquèrent à vil prix les Signes du Seigneur. En plus, ils «Détournent leurs prochains de Sa voie» en les écartant afin de ne plus suivre le chemin de la vérité. Leurs actes sont très mauvais.

Verset 10

S'agit-il d'un croyant, ils ne respectent ni les liens de sang ni la parole donnée. Ils sont intraitables.

Verset 11

S'ils se soumettent, s'ils observent la prière et s'ils paient la dîme, ce sont vos frères en religion. Nous commentons ainsi nos enseignements à ceux qui peuvent les comprendre.

Verset 12

Si après le pacte ils violent leurs serments et attaquent votre religion en la dénigrant, combattez-les. On a tiré de ce verset une sentence que celui qui insulte l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - et attaque l'Islam, devra être exécuté. «Combattez les suppôts de l'impiété» les chefs de l'infidélité et les meneurs de l'incrédulité tels que Abou Jahl, Chaîba et Oumaya Ben Khalaf, selon Qatada. Mais il s'avère que ce verset concerne tous les polythéistes de Qoraïch.

Verset 13

Il y en a là aussi une exhortation et une incitation à combattre les idolâtres qui ont cherché à expulser l'Envoyé de Dieu de La Mecque. Comme Dieu le montre aussi dans ce verset: «Les infidèles trament un complot contre toi pour te faire prisonnier te tuer ou te bannir» [Coran VIII, 30] et dans celui-ci: «Par leurs persécutions, ils ont été sur le point de te faire abandonner le pays» [Coran XVII, 76].

Verset 14

Puis Dieu montre que les idolâtres étaient les premiers à manifester leur hostilité soit le jour de Badr selon les dires de certains, soit, selon d'autres, quand ils ont violé le pacte et combattu à côté de Bani Bakr contre la tribu Khouza'a l'alliée du Prophète - qu'Allah le bénisse et le salue - Il se demande ensuite en parlant de ce peuple perfide: «Le craignez-vous? C'est Allah qu'il faut craindre si vous êtes croyants» Dieu mérite plus qu'eux d'être redouté. L'ordre du combat fut donné à la suite: «Combattez-les. Allah les châtiera par vos mains, Il les humiliera, vous donnera la victoire sur eux et apaisera les cœurs des croyants».

Verset 15

Un ordre qui concerne tous ceux qui ont la foi pour combattre les polythéistes. Dieu accueille de qui Il veut le repentir car Il connaît parfaitement ce qui convient à ses serviteurs, et Il est sage dans ses actes et paroles en les soumettant à ses lois.

Verset 16

Les hommes pensent-ils que Dieu leur fera relâche tant qu'Il ne les a pas éprouvés, a connu d'entre eux qui ont combattu pour Sa cause et ceux qui ne l'ont pas fait et a distingué entre ceux qui sont sincères et ceux qui sont menteurs, ainsi pour connaître ceux qui n'auront pas cherché d'alliés en dehors de Lui, de Son Prophète et des croyants? Cette épreuve est donc inévitable afin de connaître la fermeté de la foi car Il a dit: «Les hommes croient-ils qu'en se disant croyants, Allah leur évitera toute épreuve?» [Coran XXIX, 2] et: «Allah ne saurait laisser les fidèles dans l'état où ils sont» [Coran III, 179]. Donc lorsque Dieu a imposé le devoir de combattre pour Sa cause, Il a voulu connaître ceux qui se soumettent et ceux qui se rebellent, bien que cela ne lui serait nullement caché.

Verset 17

Il n'appartient pas aux idolâtres de fréquenter et peupler les mosquées de Dieu qui ne sont établies que pour proclamer Son unicité, alors qu'ils témoignent contre eux-mêmes de leur incrédulité en actes et paroles. Voilà ceux dont leurs œuvres s'échouent et ils demeureront immortels dans le Feu.

Verset 18

En vérité, rien d'autres ne fréquentent les mosquées de Dieu que «ceux qui croient à Allah et au jour dernier». À cet égard l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - a dit: «Lorsque vous voyez quelqu'un fréquenter souvent les mosquées, soyez témoins de sa foi». Anas, rapporte que l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - a dit: «Dieu dit: «Par Ma gloire et Ma puissance, Je pense parfois châtier les habitants de la terre, mais lorsque Je regarde ceux qui peuplent les mosquées, ceux qui s'aiment à cause de Moi et ceux qui implorent, dès l'aube Mon pardon, Je passe outre» (Ibn Assaker a jugé que ce hadith est étrange). À ce propos aussi Amr Ben Maïmoun Al-Awdi a dit: «Je vis du temps de quelques uns des compagnons de Mouhammad - qu'Allah le bénisse et le salue - qui disaient: «Les mosquées sont les maisons de Dieu sur terre, et il est du devoir de Dieu d'honorer qui y viennent Lui rendre visite». Ibn Abbas, quant à lui, a déclaré: Celui qui entend l'appel à la prière (adhane), n'y répond pas et ne se rend pas à la mosquée pour prier, sa prière, plus tard, ne sera plus agréée car par ce faire, il aura désobéi à Dieu et à Son Prophète, et Dieu a dit: «L'entretien du culte ne saurait être assuré que par ceux qui croient à Allah et au jour dernier». La prière est la pratique cultuelle accomplie par le corps, tandis que la zakat est la meilleure œuvre de charité dont son profit atteint les autres créatures. Ceux qui observent la prière et s'acquittent de la zakat ne craignent un autre que Dieu et ils «ont des chances de faire leur salut» et ils sont bien dirigés.

Verset 19

Ibn Abbas a dit que le premier verset fut révélé en réponse à Al-Abbas qui a déclaré aux musulmans: «Si vous nous avez précédés dans la foi, l'émigration et le combat pour la cause de Dieu, sachez que nous peuplons la mosquée sacrée, donnons à boire aux pèlerins et libérons les captifs» Dieu fit alors descendre ce verset: «Assimilerez-vous ceux qui distribuent l'eau aux pèlerins... jusqu'à la fin du verset. Il faut entendre par là que Dieu n'accepte aucune œuvre bonne ou de charité au moment où on est idolâtre. Quant à Al-Nou'man Ben Bachir Al-Ansari, il a raconté: «J'étais devant la chaire de l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - avec certains de ses compagnons quand l'un dit: «Je ne me soucierai pas de l'œuvre que je ferai après ma conversion à moins que ce ne soit l'abreuvage des pèlerins». Un autre déclara: «Plutôt le peuplement des mosquées est plus méritoire». Un troisième leur répondit: «Non, c'est le combat dans le sentier de Dieu». En les entendant, Omar Ben Al-Khattab les rabroua en leur disant: «Ne haussez pas vos voix devant la chaire de l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue -, c'est un jour de vendredi». Après la prière j'entrerai chez le Prophète - qu'Allah le bénisse et le salue - pour lui demander son avis au sujet de votre discussion. Omar accomplit sa mission, et Dieu à Lui la puissance et la gloire fit descendre ce verset: «Assimilerez-vous ceux qui distribuent l'eau aux pèlerins et entretiennent l'oratoire sacré... jusqu'à la fin du verset.

Verset 20

Ceux qui croient, qui ont émigré et mis leurs biens et leurs personnes au service d'Allah, ceux-là occuperont un rang plus élevé auprès d'Allah. Ils seront parmi les bienheureux. Leur Seigneur leur promet sa bénédiction et ses grâces et des jardins où ils connaîtront une félicité éternelle. Ils s'y délecteront sans fin. Allah dispose de récompenses merveilleuses.

Verset 21

Leur Seigneur leur promet sa bénédiction et ses grâces et des jardins où ils connaîtront une félicité éternelle

Verset 22

Ils s'y délecteront sans fin. Allah dispose de récompenses merveilleuses

Verset 23

Dieu ordonne aux croyants de s'écarter des incrédules même s'ils sont les pères, les frères et les enfants, et de ne plus prendre nul parmi eux pour ami et confident, car ces gens-là préfèrent l'incrédulité à la croyance. Il les avertit d'agir contrairement à ses enseignements comme Il a dit: «Ceux qui croient en Allah et au jour dernier ne sympathiseront jamais avec ceux qui combattent Dieu et Son Prophète, fussent-ils leur père, leur fils, leur frère ou leurs alliés» [Coran LVIII, 22].

Verset 24

Il demande ensuite à Son Messager de menacer ceux qui trouvent leurs pères, fils, épouses, clans, un négoce dont ils craignent le déclin et des demeures où ils se plaisent, leur sont plus chers que Dieu, Son Envoyé et le combat pour la cause de Dieu. Que ceux-là attendent donc à ce que vienne l'ordre de Dieu pour leur infliger le châtiment qu'ils méritent, car Dieu ne guide pas les méchants et les pervers. L'imam Ahmed rapporte d'après Zouhra Ben Ma'bad, que son grand-père a dit: «Nous tenions compagnie à l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - alors qu'il tenait Omar Ben Al-Khattab par la main quand celui-ci lui dit: «O Envoyé de Dieu, par Dieu, tu m'es plus cher que toute chose, mais je ne te préfère pas à moi-même» Il lui répondit: «Nul d'entre vous n'est un vrai croyant tant qu'il ne m'aime plus que soi-même. Et Omar de répliquer: «Tu m'es donc plus cher que moi-même». Le Prophète - qu'Allah le bénisse et le salue - rétorqua: «C'est maintenant ô Omar (que tu es un vrai croyant» (Rapporté par Abdal-Razzaq, Mouslim, Abou Daoud, Ibn Mardaweih, Ibn Hibban et Ibn Jarir). Ibn Omar, quant à lui, a rapporté qu'il a entendu l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - dire: «Si vous pratiquez la vente à terme (Al-'Ina), vous vous adonnez à la culture, vous vous contentez de la récolte en négligeant le combat dans la voie de Dieu, Dieu vous infligera une humiliation qui ne sera enlevée que lorsque vous retournerez à votre religion» (Rapporté par l'imam Ahmed et Abou Daoud).

Verset 25

Dieu rappelle aux fidèles, entre autres de Ses grâces, la victoire et le secours en plusieurs endroits surtout dans les expéditions en compagnie de l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue -. Cela n'était dû ni au nombre ni aux équipements, mais à une aide venue de Dieu. Le jour de Hounayn surtout quand les musulmans se sont complu à leur grand nombre, et malgré cela ils prirent la fuite à l'exception d'une minorité d'entre eux qui résista avec le Prophète - qu'Allah le bénisse et le salue - puis Dieu leur accorda la victoire afin qu'ils sachent qu'elle ne vient que de lui et avec Sa permission car «combien de fois n'a-t-on pas vu une petite troupe disperser une grande avec la permission d'Allah? Car Allah est avec les persévérants» [Coran II, 249].

Verset 26

«Puis Allah rendit confiance à Son Prophète et à ses partisans» en les tranquillisant et les affermissant. «Il envoya à leur secours des troupes invisibles» c'est à dire les anges, comme a dit Ibn Jarir d'après Abdul Rahman l'affranchi d'Ibn Barîhan qui a raconté: «Un homme qui combattait à côté des polythéistes le jour de Hounayn m'a dit: «Lorsque nous rencontrâmes les partisans de l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue -, ils ne purent résister devant nous fut-ce le temps de traire une brebis. Nous les poursuivîmes jusqu'à ce que nous fûmes devant un homme qui montait une mule blanche et nous sûmes qu'il était l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue -. A son approche, des hommes vêtus en blanc aux beaux visages nous dirent: «Que les visages soient enlaidis! Retournez». Ils nous mirent en déroute en montant sur nos épaules.

Verset 27

«Ensuite, Allah accepta dans sa religion qu'Il voulut. Allah est miséricordieux et clément» En effet Dieu accueillit le repentir des hommes de Hawazin qui survinrent après la bataille de Hounayn. Ils embrassèrent l'Islam et rejoignirent le Prophète près de Jou'rana en retournant à La Mecque, après vingt jour de la bataille. Il leur donna le choix de réclamer les captifs ou les biens. Ils optèrent pour leurs captifs qui étaient leurs femmes et enfants et qui comptaient 6000 environ. Puis il répartit le butin, en donnant une part aux combattants, une autre aux libérés afin de rallier leurs cœurs, qui s'éleva à 10.000 chameaux sans oublier Malek Ben Awf An-Nadir qui lui consacra une partie et lui confia le poste de chef de sa tribu.

Verset 28

Dieu ordonne à Ses serviteurs croyants, purs et qui ne pratiquent qu'un culte pur, de ne plus permettre aux idolâtres impurs de fréquenter la Mosquée Sacrée et même de ne plus l'approcher après la révélation de ce verset. Il leur interdit à jamais l'accès de l'oratoire sacré en cette année et dans toutes celles qui suivront. En effet, leur polythéisme les souille et les rend impurs moralement et spirituellement. Dieu ordonne à Ses serviteurs croyants, purs et qui ne pratiquent qu'un culte pur, de ne plus permettre aux idolâtres impurs de fréquenter la Mosquée Sacrée et même de ne plus l'approcher après la révélation de ce verset qui eut lieu en l'an 9 de l'Hégire. Et c'est pour cette raison que le Prophète - qu'Allah le bénisse et le salue - envoya Ali à la suite d'Abou Bakr d'annoncer qu'aucun polythéiste n'aura désormais le droit de faire le pèlerinage après cette année, et il ne sera plus permis à une personne nue de faire la circumambulation autour de la Ka'ba. Ainsi Dieu réalisa ce qu'Il a décrété et destiné. A cet égard Omar Ben Abdul Aziz ordonna par écrit qu'il faut défendre aux juifs et chrétiens d'entrer aux mosquées, car Dieu a dit: «les idolâtres sont impurs». Ata a précisé que toute l'enceinte sacrée est considérée comme mosquée, et par la suite «L'accès de l'oratoire sacré leur sera interdit à l'expiration de cette année». Il est cité dans le Sahih que l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - a dit: «Le croyant ne souille pas» à l'inverse de l'idolâtre. Quant à l'impureté du corps, elle n'est plus considérée comme souillure de sa propre personne, la preuve en est que Dieu a permis de manger de la nourriture des gens d'Écriture. Mais les «Zahirites» ont jugé qu'il ne faut plus serrer la main à un idolâtre, et Al-Hassan d'ajouter: «Quiconque serre la main à un idolâtre doit faire des ablutions». «Si vous redoutez que vos affaires n'en pâtissent, Allah y pourvoira par l'effet de Sa grâce» Car, selon les dires d'Ibn Ishaq, lorsque les idolâtres ne pouvaient désormais accéder à l'enceinte Sacrée, les hommes se plaignirent en redoutant la pénurie. Ibn Abi Hatem a rapporté que les polythéistes faisaient le commerce de la nourriture en l'apportant à la Maison. Lorsque le verset précité leur interdit de s'y approcher, les musulmans s'écrièrent: «D'où pourrons-nous procurer de la nourriture?» Dieu à cette occasion fit révéler la suite du verset. Dieu pourvoit aux besoins de qui Il veut et l'enrichit par Sa grâce. Si ces idolâtres cessent un tel commerce, le Seigneur montre aux fidèles qu'Il leur a assuré un autre moyen de revenu qui est le tribut imposé à ces idolâtres. «Combattez-les jusqu'à ce qu'ils paient le tribut de leurs propres mains, manifestement humiliés». Donc cette comparution a dissipé la peur de la pauvreté et du besoin, car Dieu est sage dans Ses décrets et sait ce qu'il convient à Ses sujets.

Verset 29

«Combattez ceux qui ne croient ni à Allah ni au jour dernier». Puisque ces gens-là renient Mouhammad - qu'Allah le bénisse et le salue - et son message, leur foi est incomplète voire nulle. Ceux là «n'admettent pas les prohibitions décrétées par Allah», ils ne font que suivre leurs passions et penchants et ce que pratiquaient leurs pères sans se soumettre ni se conformer aux enseignements, car s'ils s'y conformaient, ils auraient suivi Mouhammad - qu'Allah le bénisse et le salue - et appliqué la religion qu'il a apportée puisque tous les Prophètes qui lui ont précédé avaient annoncé à leurs peuples son avènement et leur ont ordonné de le suivre. Et l'ordre de combattre ces gens-là devient une obligation pour les fidèles. Une fois l'ordre établi dans la presqu'île arabique, les gens entrèrent en masse dans la religion de Dieu et Dieu ordonna aux musulmans de combattre ceux parmi les gens du Livre qui ne pratiquent pas la vraie religion. Pour cela, l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - voulant préparer, en l'an 9 de l'Hégire, une armée pour combattre les Byzantins, il appela les fidèles qui habitaient Médine et son entourage et put recruter environ trente mille hommes et seuls les hypocrites firent défection. Ce fut dans une année de disette et un jour de chaleur torride que l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - sortit de Médine à la tête de cette armée en se dirigeant vers le pays du Châm pour combattre les Byzantins. Arrivé à Tabouk, il fit halte et demeura vingt jours dans cette ville, puis fit une consultation du sort en demandant au Seigneur de le guider, et dut par la suite retourner à Médine à cause de la pénurie des ressources et la faiblesse des hommes, comme nous allons le montrer plus loin si Dieu le veut. «Jusqu'à ce qu'ils paient le tribut de leurs propres mains» S'ils ne se convertissent pas «manifestement humiliés». Les fidèles devaient donc combattre les gens du Livre jusqu'à ce qu'ils payent la capitation contraints et qu'ils se fassent petits. Ceux qui vivaient dans un pays musulman en toute sécurité en jouissant de la protection de fidèles devaient se trouver en cet état: humiliés et soumis à la capitation.

Verset 30

Comme juifs et chrétiens imputent à Dieu de s'être fait un enfant, ce fut une raison de plus pour que les fidèles les combattent. Qu'il soit exalté! Il les dément en disant: «Ils ressemblent à ceux que tentaient auparavant les infidèles» en répétant les mêmes propos des générations passées; que Dieu les maudisse! Comment ils préfèrent le chemin de l'égarement à celui de la vérité? «Ils ont délaissé Allah pour déifier leurs docteurs et leurs moines ainsi que le Messie, fils de Marie». A ce propos l'imam Ahmed et Tirmidhi rapportent que, après avoir eu connaissance du message du Prophète - qu'Allah le bénisse et le salue -, 'Adiy Ben Hatem s'enfuit au pays de Châm, à savoir qu'il s'est converti au christianisme du temps de la Jahilia. Sa sœur et quelques-uns de ses proches furent capturés. L'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - libéra la sœur et lui fit une donation. Elle se rendit chez son frère en le poussant à embrasser l'Islam et revenir au pays pour rencontrer l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue -. 'Adiy, qui était le chef de sa tribu Taiy' et son père illustre Hatem Taiy reconnu pour sa large générosité, revint à Médine et les hommes parlèrent de son retour. Il se rendit chez l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - portant au cou une croix en argent. Il l'entendit réciter: «Ils ont délaissé Allah pour déifier leurs docteurs et leurs moines». Il s'écria alors: «Non ils ne les ont pas adorés! Le Prophète - qu'Allah le bénisse et le salue - lui répondit: «Ils leur ont rendu l'illicite licite et vice versa. Voilà comment ils les ont adorés». Puis il poursuivit: «Ô 'Adiy, que penses-tu si tu proclames la grandeur de Dieu? Connais-tu un autre plus grand que Lui? Trouves-tu un mal d'attester qu'il n'y a d'autre divinité que Dieu? Existe-t-il un Seigneur en dehors de Lui?». Puis il l'appela à embrasser l'Islam et 'Adiy se convertit et prononça la profession de la foi. Le visage du Prophète - qu'Allah le bénisse et le salue - s'illumina de joie et lui dit: «Les juifs sont ceux qui ont encouru la colère de Dieu et les chrétiens sont les égarés». Telle fut l'interprétation d'autres exégètes concernant l'adoration des docteurs et moines en dehors de Dieu, en suivant leurs ordres relatifs au licite. Ces gens-là: «ont reçu l'ordre absolu de n'adorer qu'Allah seul» en mettant ses enseignements à exécution. Gloire à Dieu, à l'exclusion de ce qu'ils Lui associent, Il est loin d'avoir un associé un fils ou un égal...

Verset 31

Ils ont délaissé Allah pour déifier leurs docteurs et leurs moines ainsi que le Messie, fils de Marie. À ce propos l'imam Ahmed et Tirmidhi rapportent que, après avoir eu connaissance du message du Prophète - qu'Allah le bénisse et le salue -, 'Adiy Ben Hatem s'enfuit au pays de Châm, à savoir qu'il s'est converti au christianisme du temps de la Jahilia. Sa sœur et quelques-uns de ses proches furent capturés. L'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - libéra la sœur et lui fit une donation. Elle se rendit chez son frère en le poussant à embrasser l'Islam et revenir au pays pour rencontrer l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue -. 'Adiy, qui était le chef de sa tribu Taiy' et son père illustre Hatem Taiy reconnu pour sa large générosité, revint à Médine et les hommes parlèrent de son retour. Il se rendit chez l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - portant au cou une croix en argent. Il l'entendit réciter: «Ils ont délaissé Allah pour déifier leurs docteurs et leurs moines». Il s'écria alors: «Non ils ne les ont pas adorés!» Le Prophète - qu'Allah le bénisse et le salue - lui répondit: «Ils lui ont rendu l'illicite licite et vice versa. Voilà comment ils les ont adorés». Puis il poursuivit: «Ô 'Adiy, que penses-tu si tu proclames la grandeur de Dieu? Connais-tu un autre plus grand que Lui? Trouves-tu un mal d'attester qu'il n'y a d'autre divinité que Dieu? Existe-t-il un Seigneur en dehors de Lui?». Puis il l'appela à embrasser l'Islam et 'Adiy se convertit et prononça la profession de la foi. Le visage du Prophète - qu'Allah le bénisse et le salue - s'illumina de joie et lui dit: «Les juifs sont ceux qui ont encouru la colère de Dieu et les chrétiens sont les égarés». Telle fut l'interprétation d'autres exégètes concernant l'adoration des docteurs et moines en dehors de Dieu, en suivant leurs ordres relatifs au licite. Ces gens-là: «ont reçu l'ordre absolu de n'adorer qu'Allah seul» en mettant ses enseignements à exécution. Gloire à Dieu, à l'exclusion de ce qu'ils Lui associent, Il est loin d'avoir un associé un fils ou un égal...

Verset 32

Ils cherchent à ternir la lumière d'Allah avec leurs mensonges. Mais Allah est résolu à maintenir tout l'éclat de Sa lumière, en dépit de l'hostilité des infidèles. Les incrédules parmi les gens du Livre et les idolâtres veulent, par leurs bouches, éteindre la lumière de Dieu c'est à dire le message qu'apporte Mouhammad - qu'Allah le bénisse et le salue - qui dirige les hommes vers le chemin droit et la vérité, en créant les discussions et les mensonges. Ils ressemblent à ceux qui veulent éteindre, en soufflant, les rayons solaires ou la lueur de la lune, mais ils échouent certainement parce que tout ce que Dieu veut le communiquer au monde par l'intermédiaire de Ses Prophètes, nul ne pourra s'y opposer. Dieu n'entend que compléter Sa lumière quelque répulsion qu'en aient les infidèles.

Verset 33

C'est Lui qui a envoyé Son Prophète avec ses directives pour faire triompher la véritable religion sur toutes les autres, en dépit de l'hostilité des idolâtres. «C'est Lui qui a envoyé Son Prophète avec ses directives» qui renferment la foi, la religion vraie et la science utile. La Religion vraie signifie les bonnes œuvres qui n'apportent que le bien dans les deux mondes. Ceci dans le but de «faire triompher la véritable religion sur toutes les autres». À ce propos l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - a dit dans un hadith authentifié: «Dieu m'a plié la terre de sorte que j'ai pu apercevoir ses orients et ses occidents, le royaume de ma communauté serait la partie pliée». (Rapporté par Mouslim). Tamim Ad-Darimi -que Dieu l'agrée- a rapporté qu'il a entendu l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - dire: «Ce Message apparaîtra aux hommes comme ils sont la nuit et le jour. Dieu ne laissera ni une maison ni une tente sans qu'Il n'y fasse entrer cette religion pour fortifier tout croyant et humilier tout infidèle en rendant cette religion puissante et toute incrédulité humiliée».

Verset 34

O croyants, un grand nombre de docteurs et de moines dépouillent sans scrupule leurs semblables de leurs richesses et les détournent de la voie d'Allah. Annonce un châtiment exemplaire à ceux qui thésaurisent l'or et l'argent au lieu de les affecter à la cause d'Allah. As-Souddy a précisé que les docteurs sont des juifs et les moines des chrétiens. On doit donc se méfier d'eux parce qu'ils ne montrent que le chemin de l'égarement. Dans un hadith authentifié, le Prophète - qu'Allah le bénisse et le salue - a dit: «Vous suivrez méticuleusement les traditions de ceux qui vous ont précédés telles les plumes d'une flèche». On lui demanda: «Tu veux dire les juifs et les chrétiens?» Il répondit: «Qui alors?». L'essentiel consiste à ne plus imiter ces gens-là ni en paroles ni en comportement, car ils «dépouillent sans scrupule leurs semblables de leurs richesses et les détournent de la voie d'Allah» en abusant de leur poste et leur situation par rapport aux autres, comme les docteurs juifs qui, du temps de l'ignorance, recevaient les cadeaux et les impôts. Après la venue de l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue -, ils persistèrent dans leur égarement et leur mécréance s'attachant fortement à leur poste, car Dieu le leur a ôté par la lumière de la prophétie, les a exposés à l'humiliation en encourant Sa colère. Ces gens-là ne se sont pas contentés de manger en pure perte les biens des autres, mais ils les ont détournés de la voie droite en dissimulant la vérité sous le mensonge, faisant croire aux hommes qu'ils les appellent au bien mais en fait c'était autrement. Ils n'ont fait que convier les autres à l'enfer et le jour de la résurrection ils ne seront plus secourus. «Ceux qui thésaurisent l'or et l'argent au lieu de les affecter à la cause d'Allah» Ceux-ci constituent la troisième catégorie des «patrons» à côté des docteurs et des moines, car les hommes sont une charge aux savants (docteurs), aux moines et aux capitalistes. Une fois la situation de ces «patrons» est corrompue celle des autres hommes le sera aussi.

Verset 35

Un jour viendra où le feu de l'enfer embrasera ces métaux qui seront appliqués, tout brûlants, sur leurs fronts, sur leurs côtés et sur leurs reins. C'est bien le produit de vos thésaurisations, leur dira-t-on. Eh bien! Savourez ce que vous avez thésaurisé. Un jour viendra où ces métaux seront portés à incandescence dans le feu de la Géhenne pour cautériser leurs fronts, côtés et reins, et on leur dira: «C'est bien là le produit de vos thésaurisations, leur dira-t-on. Eh bien! Savourez ce que vous avez thésaurisé». De tels propos ne sont que réprimande, blâme et raillerie, c'est comme on leur dira: ceci est contre cela. Et c'est pourquoi qu'on a dit: Quiconque aime une chose et la préfère à l'obéissance de Dieu, il en sera châtié. En d'autres termes, ces métaux précieux qu'ils ont préférés à la satisfaction de Dieu, seront l'outil de leur châtiment dans l'au-delà, ils seront surchauffés sur le feu de la Géhenne pour être appliqués sur leurs fronts, sur leurs flancs et sur leurs dos. À cet égard, Abdullah Ben Mass'oud a dit: «Par celui qu'il n'y a d'autre divinité que Lui, tout homme qui aura thésaurisé l'or et l'argent ne sera pas cautérisé par les dirhams et les dinars tous à la fois et dans le même endroit mais sa peau sera élargie de sorte que chaque pièce monétaire sera placée à côté d'une autre. Abou Houraira a rapporté que l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - a dit: «Il n'y a pas un homme qui thésaurise l'or ou l'argent que ces deux métaux ne soient transformés au jour de la résurrection en plaques en feu pour être appliquées sur son flanc, son front et son dos. Cela durera en un jour dont la durée est de cinquante mille ans, jusqu'à ce que les comptes des hommes seraient réglés. Puis on montrera à cet homme son sort: au Paradis ou à l'Enfer» (Rapporté par Mouslim).

Verset 36

Abou Bakra rapporte que pendant le pèlerinage de l'adieu l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - a dit dans un long discours: «Le temps a accompli un cycle complet (et notre situation) sera qu'au jour où Dieu créa les cieux et la terre. L'année comporte douze mois dont quatre sont sacrés trois se succèdent qui sont: Zoul-Qa'da, Zoul-Hijja et Mouharram, puis viendra Rajab de Moudar qui se situe entre Jamada et Cha'bân» (Rapporté par Ahmed et Boukhari). Ces dires de l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - affirment que, depuis la création des cieux et de la terre, rien ne fut changé ni modifié ni avancé ni retardé et le monde restera ainsi jusqu'à la fin des temps. Ceci fut une réponse aux Arabes qui faisaient le pèlerinage en d'autres mois qui lui sont consacrés. «Voilà la vérité» ou suivant une autre interprétation: voilà la religion immuable ou droite, qui renferme les enseignements à suivre dans le but d'obtempérer aux ordres divins en respectant ces quatre mois déclarés sacrés comme ils l'ont étaient dans le passé. Pendant ces mois: «Évitez toute faute» et ne vous faites pas tort à vous-mêmes, plutôt observez le chemin de la vérité car une faute commise dans ce mois est considérée très grave surtout qu'elle est perpétrée dans une enceinte sacrée. Enfin Dieu ordonne aux fidèles sans exception «Combattez les idolâtres» totalement comme ils vous «combattent sans merci» et totalement, et sachez «qu'Allah est avec ceux qui le craignent».

Verset 37

Reporter la trêve des mois sacrés sur d'autres mois est un excès d'infidélité qui porte à son comble l'égarement des infidèles, une année, les mois sacrés sont respectés et, une autre année, c'est à observer seulement le nombre même fixé par Allah. Et ils rendent licite ce qui est illicite. Cette détestable pratique leur paraissait normale. Allah se désintéresse des incrédules. Dieu, dans ce verset déteste la conduite des idolâtres et montre leurs jugements erronés en rendant licite ce qu'il a interdit et déclarant illicite ce que Dieu a rendu licite. Ils étaient si fanatiques et si robustes qu'ils trouvaient trop longs ces trois mois sacrés qui les empêchaient de combattre les ennemis. Pour cela, ils avaient introduit une innovation, avant l'ère islamique, en retardant le mois sacré Mouharram à Safar en profanant ainsi le mois sacré et rendant sacré un autre, rien que pour se mettre d'accord sur le nombre de mois que Dieu a déclarés sacrés. Ibn Abbas rapporté: «Jinada Al-Kinani, surnommé Abou Thoumamma, assistait chaque année à la saison du pèlerinage et disait aux gens: «Or Abou Thoumamma est un homme qu'on ne lui reproche rien et on ne s'oppose pas à sa décision. Cette année le mois Safar est non sacré...», et les gens le considérant ainsi, puis l'année suivante il le déclara sacré. Voilà le sens des dires divins: «Reporter la trêve des mois sacrés sur d'autres mois est un excès d'infidélité» Ce fut dans le but de respecter «le nombre» des mois sacrés sans les respecter en eux-mêmes.

Verset 38

C'est le début du reproche adressé à ceux qui ont fait défection lors de l'expédition de Tabouk sans y participer avec l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue -. Ce fut dans un temps où la chaleur était torride, les fruits mûris et l'ombre tant désirée. Dieu leur dit: «O croyants, lorsqu'on vous appelle à combattre pour la cause d'Allah, pourquoi restez-vous cloués du sol?» sans vous élancer dans le sentier de Dieu. «Préférez-vous la vie de ce monde à la vie future?» Contentez-vous de jouir de la vie présente en vous en délectant sans penser au combat? Qu'est-ce donc la jouissance éphémère de la vie de ce bas monde comparée à celle de l'au-delà? Comme l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - a dit à cet égard: «(La durée et le bonheur) de ce bas monde, par rapport (à la durée et au bonheur) de la vie de l'au-delà, sont comparables à ce que l'un d'entre vous pourrait apporter son doigt quand il le plonge dans la mer. Qu'on considère donc ce qu'il en retire». Puis il montra son index. (Rapporté par Ahmed et Mouslim).

Verset 39

Abdul Aziz Ben Abi Hazem a rapporté que son père a dit: «Quand la mort se présenta à Abdul Aziz Ben Marwan, il dit aux siens: «Apportez-moi le linceul dans lequel je serai enseveli pour que je le regarde». En le lui donnant, il s'écria: «Ma part du bas monde ne sera que cette pièce de tissu!» puis il tourna le dos en pleurant et disant: «Hélas quelle vie mondaine! Tout ce que contient le bas monde est peu de chose et ce peu de chose n'est qu'éphémère, quant à nous, nous nous en sommes leurrés». Puis Dieu menace ceux qui s'abstiennent de lutter pour Sa cause et dit: «Si vous refusez de combattre, Allah vous infligera un châtiment exemplaire» Ibn Abbas raconte: «L'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - appela les hommes d'une tribu Arabe pour participer à un combat mais ils se furent appesantis vers la terre, et Dieu pour les punir ne leur envoya plus de la pluie. Dieu choisit: «Pour le servir un autre peuple» pour secourir Son Prophète et établir Sa religion, comme Il a dit: «Si vous hésitez, Il appellera un autre peuple que vous et qui ne vous ressemblera pas» [Coran XLVII, 38]. Les hommes, par leur abstention du combat ne pourraient nullement nuire à Dieu qui est tout-puissant pour vaincre seul Ses ennemis.

Verset 40

Ce verset se rapporte à l'événement de l'émigration qu'a accompli le Prophète - qu'Allah le bénisse et le salue - de la Mecque à Médine lorsque les idolâtres voulurent le tuer. Il les fuit en quittant la ville accompagné de son ami Abou Bakr pour se réfugier dans la grotte «Thawr» pendant trois jours. Après cette période ceux qui les recherchaient rebroussèrent chemin. À l'intérieur de la grotte, s'apercevant de la présence des polythéistes et de leur danger, Abou Bakr éprouva une grande peur, mais l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - le rassura. L'imam Ahmed rapporte qu'Abou Bakr a raconté à Anas: «Nous trouvant au fond de la grotte je dis au Prophète - qu'Allah le bénisse et le salue -: «Si l'un d'eux regarde là où il met ses pieds, il pourra nous apercevoir». Il me répondit: «O Abou Bakr! Que penses-tu (qu'il advient) à deux hommes dont Dieu est leur troisième (compagnon) (Rapporté aussi par Boukhari et Mouslim)». C'est pourquoi Dieu a dit: «Allah lui donna alors Sa protection» c'est à dire sa tranquillité «Il envoya à son secours des troupes invisibles» Il s'agit des anges. «Tandis que la parole des infidèles baissait, celle d'Allah montait» La parole des incrédules, d'après Ibn Abbas, signifie le polythéisme, et celle de Dieu «Il n'y a d'autre divinité que Dieu». Il est cité dans les deux Sahihs que l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue - a dit: «Celui qui combat pour que la parole de Dieu soit la plus élevée, est celui qui combat dans la voie de Dieu» (Rapporté par Boukhari et Mouslim). Dieu affirme ensuite qu'il est puissant dans sa vengeance et Sa victoire, secourt quiconque se réfugie auprès de Lui, et Il est en même temps sage dans ses actes et paroles.

Verset 41

Ce verset constitue un ordre adressé aux fidèles de s'élancer au combat avec l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - contre les incrédules parmi les gens du Livre. Les fidèles devaient participer à ce combat qui eut lieu à Tabouk sans tenir compte de leur état et de leur situation : aisés ou pauvres, forts ou faibles. Il leur dit : « Lourds ou légers, courez au combat » cela signifie d'après les dires des ulémas : Que vous soyez jeunes ou vieux. On a rapporté : « Après avoir lu ce verset : « Lourds ou légers, courez au combat et mettez vos biens et vos personnes au service d'Allah » Abou Talha s'écria : « Mes enfants, équipez-moi pour le combat ». Ils lui répondirent : « Que Dieu te fasse miséricorde, tu as combattu avec l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - jusqu'au dernier jour de sa vie, ainsi avec Abou Bakr et Omar. Nous allons combattre à ta place ». Abou Talha refusa et prit le large dans une expédition et trouva la mort. Ses compagnons ne trouvèrent une île pour l'y enterrer qu'après neuf jours. Et durant cette période le cadavre ne fut pas décomposé. D'après les dires des exégètes ce verset signifie : Élancez-vous, que vous soyez riches ou pauvres, vieux ou jeunes, occupés ou non, forts ou faibles... As-Souddy raconte qu'un homme corpulent et gras - qui était Al-Miqdad selon les dires de certains - vint trouver l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - pour l'exempter de cette obligation mais il refusa. Ce verset fut révélé à cette occasion. Comme les hommes incapables en éprouvèrent un certain désarroi et une peine, il fut abrogé ou modifié par celui-ci : « Les faibles, les malades, ceux qui manquent des moyens pour participer sont soustraits à l'obligation de combattre, à condition qu'ils se montrent dévoués à la cause d'Allah et de Son Prophète » [Coran IX, 91]. Dans le même sens Ibn Jarir rapporte que Zaïd Ach-Cha'abi a raconté : « Prenant part à un des combats sous le commandement de Safwan Ben Amr qui était gouverneur à Homs, je vis un vieillard dont ses sourcils couvraient les yeux arrivant de Damas sur une monture voulant combattre avec nous. Je lui dis : « O oncle, Dieu t'a exempté du combat ». Il me regarda et dit : « O fils de mon frère, Dieu nous a ordonné de s'élancer au combat lourds ou légers : Or celui que Dieu aime, Il l'éprouve, le rend sain et sauf et le laisse en vie. Dieu n'éprouve parmi Ses créatures que ceux qui sont reconnaissants, patients, dont leurs langues ne cessent de mentionner Dieu, et qui n'adorent que Lui à Lui la puissance et la gloire ». Puis Dieu exhorte les hommes à dépenser pour Sa cause et à lutter avec leurs personnes mêmes en recherchant Sa satisfaction et celle de Son Messager. Il dit : « Mettez vos biens et vos personnes au service d'Allah. C'est là votre intérêt, si vous le comprenez » En d'autres termes, si vous dépensez quoi que ce soit de vos biens dans ce bas monde, le peu que vous dépensez vous sera rendu multiplié en acquérant du butin après le combat, et dans l'au-delà une récompense magnifique et une haute considération vous seront réservées. À cet égard le Prophète - qu'Allah le bénisse et le salue - a dit : « Dieu s'est porté garant du sort de celui qui combat pour Sa cause qu'Il l'entrera au Paradis s'il meurt, ou de le rendre à sa demeure avec ce qu'il aura obtenu comme butin et récompense céleste ». (Rapporté par Boukhari et Mouslim). Tel est le sens des dires de Dieu : « Il vous est prescrit de combattre et c'est une obligation qui vous pèse. C'est ainsi qu'il vous arrive de détester ce qui vous convient » [Coran II, 216]. Et dans le même sens Anas rapporte que l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - dit à un homme : Convertis-toi à l'Islam ». Il lui répondit : « Ceci me pèse » - Même si cela te pèse, répliqua-t-il, convertis-toi ».

Verset 42

Dieu réprimande ceux qui ont obtenu l'autorisation du Prophète - qu'Allah le bénisse et le salue - de rester chez eux sans prendre part à l'expédition de Tabouk, en lui présentant différentes excuses non fondées. S'il s'était agi d'une affaire à la portée des hommes, facile et n'exigeant aucun effort, ou bien d'un court voyage, ils auraient suivi le Prophète - qu'Allah le bénisse et le salue -, mais la distance est trop longue pour arriver au pays de Cham. Ils se sont mis à jurer : « Ah, si nous le pouvions, nous sortirions avec vous » en présentant différents prétextes. Mais Dieu les dénonce car Il « n'est pas dupe de leurs mensonges ».

Verset 43

Allah te pardonne. Mais pourquoi leur as-tu permis de rester ? Tu aurais dû auparavant distinguer entre ceux dont les excuses étaient sincères et ceux qui mentaient. Aoun a commenté ce verset et dit : « Avez-vous jamais entendu un reproche meilleur que celui-ci ? Il lui promet le pardon avant le reproche ! « Allah te pardonne. Mais pourquoi leur as-tu permis de rester ? » À ce propos Ibn Jarir rapporte : « Deux choses l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - avait acceptées sans qu'il soit ordonné de le faire : l'autorisation donnée aux hypocrites de rester, et le rachat des captifs ». Mais plus tard, Dieu a octroyé le droit à Son Prophète - qu'Allah le bénisse et le salue -, d'après Qatada, d'accorder l'autorisation de rester à qui il voudra en lui disant : « S'ils te demandent une autorisation pour une affaire personnelle, accorde-la à qui tu voudras » [Coran XXIV, 62]. Moujahed, quant à lui, a dit que ce verset fut révélé au sujet des gens auxquels on a dit : Allez demander l'autorisation de l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue -, s'il vous l'accorde, restez, et s'il ne vous l'accorde pas, restez quand même. C'est pourquoi Dieu dit à la suite : « Tu aurais dû auparavant distinguer entre ceux dont les excuses étaient sincères et ceux qui mentaient ». Dieu voulut dire à Son Prophète : « Pourquoi tu les as dispensés du combat en leur donnant l'autorisation de rester, il fallait examiner leur cas afin que ceux qui sont sincères se manifestent à toi et les menteurs.

Verset 44

Certes, ceux qui croient en Allah et au jour dernier ne te demanderont jamais l'autorisation de ne pas se mettre, eux et leurs biens, au service d'Allah ! Allah connaît les véritables croyants. Par contre, ceux qui croient en Dieu, en Son Prophète et au jour dernier combattent avec leurs biens et leurs personnes parce qu'ils savent bien le mérite du combat et qu'il est un moyen de rapprochement du Seigneur.

Verset 45

Ceux qui te demandent une pareille autorisation, ce sont ceux qui ne croient ni en Allah ni au jour dernier et dont les cœurs sont emplis de doute. Leur doute les rend irrésolu. Ceux qui ne croient pas en Dieu et au jour dernier n'espèrent et ne recherchent pas la récompense divine dans les deux mondes, ils restent à balancer dans leur doute et leur foi n'est pas ferme quant à ton message. Ils hésitent en avançant un pied et retardant un autre sans prendre aucune résolution.

Verset 46

S'ils avaient vraiment désiré combattre, ils auraient fait leurs préparatifs. Mais Allah les en jugea indignes et les en empêcha. Il leur dit : « Restez avec ceux qui restent ». Si ces tergiversateurs avaient vraiment voulu partir au combat, ils s'y seraient préparés. Mais Dieu a répugné à leur départ en leur disant : « Restez avec ceux qui restent ».

Verset 47

S'ils étaient sortis avec vous, ils auraient jeté la confusion dans vos rangs. Ils se seraient faufilés parmi vous pour y jeter la discorde et pour vous espionner. Allah connaît les séditieux. Puis Il montre la raison de sa répugnance : « S'ils étaient sortis avec vous, ils auraient jeté la confusion dans vos rangs » parce qu'ils sont lâches et indignes, et en plus : « Ils se seraient faufilés parmi vous pour y jeter la discorde » en colportant la calomnie et la médisance afin de produire un trouble « et pour vous espionner » et conseiller en ignorant leur vraie attitude. Mouhammad Ben Ishaq a dit : « On m'a rapporté que parmi ceux qui avaient eu l'autorisation de rester, il y avait Abdullah Ben Oubay Ben Saloul et Al-Jad Ben Qais qui étaient les chefs de leurs tribus. Dieu les empêcha de partir avec les fidèles pour ne plus semer la défiance parmi eux, à savoir que d'entre les guerriers, il y avait ceux qui les respectaient et leur obéissaient. Dieu, connaissant bien les prévaricateurs, met Son Prophète - qu'Allah le bénisse et le salue - au courant de leur attitude s'ils auraient pris part à l'expédition comme Il l'affirme dans ce verset : « Si nous leur avions commandé de mourir pour notre cause ou de s'expatrier, bien peu d'entre eux l'auraient accepté. Et pourtant s'ils avaient suivi nos prescriptions, c'eût été préférable pour eux. Leur foi en eût été raffermie » [Coran IV, 66].

Verset 48

Dieu excite Son Prophète - qu'Allah le bénisse et le salue - contre les hypocrites en l'informant qu'ils voulaient auparavant semer le désordre, suscité la révolte, tramé les machinations contre toi et tes compagnons, faire avorter la religion afin que les hommes l'oublient pour une longue durée. En effet, lors de l'arrivée du Prophète - qu'Allah le bénisse et le salue - à Médine en faisant l'émigration, les arabes s'unirent pour le battre, les juifs et les hypocrites de cette ville lui déclarèrent leur hostilité. Après son triomphe à Badr accordé par Dieu afin que Sa parole soit la plus élevée, Abdullah Ben Oubay et ses compagnons dirent : « C'est une affaire qu'on ne peut plus affronter ». Ils se convertirent en apparence, et chaque fois que les musulmans réalisaient une victoire, cela ne faisait qu'accroître leur haine et leur rancune « jusqu'au jour où la vérité s'est manifestée et où la cause d'Allah a triomphé en dépit d'eux ».

Verset 49

Dieu s'adresse à Son Prophète - qu'Allah le bénisse et le salue - : « O Mouhammad, parmi ces hypocrites il y en a ceux qui te disent : « Dispense-nous du combat et ne nous mets pas en tentation. Permets-nous de rester car, une fois sortis avec toi, nous serons tentés par les femmes des Romains. Mais Dieu l'affirme qu'ils sont dans la tentation. On a rapporté : « Un jour, l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - ayant fait ses préparatifs pour la guerre, dit à Al-Jad Ben Qais : « O Jad, es-tu prêt à battre Bani Asfar (les Byzantins) ? » Il lui répondit : « O Envoyé de Dieu ! Dispense-moi et ne mets pas en tentation. Par Dieu, mes concitoyens ne connaissent pas un homme qui a un faible pour les femmes plus que moi. J'ai peur qu'en voyant les femmes des Byzantines de tomber amoureux et avide d'elles » L'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - se détourna de lui en disant : « Je te permets de rester ». C'est à cette occasion que ce verset fut descendu d'après les dires de Moujahed et Ibn Abbas. La crainte d'Al-Jad d'être attiré et tenté par les femmes Byzantines, en voilà la tentation dans laquelle il est tombé ; car faire défection à l'Envoyé de Dieu et ne chercher que son propre intérêt, cela constitue une tentation plus grave. La Géhenne, dans la vie future, enveloppera les incrédules.

Verset 50

Ces hypocrites-là sont toujours hostiles aux musulmans, surtout quand un bonheur quelconque arrive à ces derniers : soit une conquête, une victoire ou tout autre bien et faveur divins, et ils s'en affligent. Mais « si tu subis un revers, ils s'écrient : « Nous avons été bien inspirés de ne pas le suivre » Ils croient qu'ils ont pris d'avance leur précaution, et ils se détournent remplis de joie.

Verset 51

Dieu montre à Son Prophète - qu'Allah le bénisse et le salue - par quoi il devait répondre à leurs suppositions: «Dis: «Il ne vous arrivera que ce qu'Allah voudra» Car nous sommes soumis à Sa volonté «Il est notre Maître» auprès de Lui nous trouvons notre refuge et Il est notre secoureur. «C'est en Lui que les croyants mettent leur confiance» et Il nous suffit comme protecteur.

Verset 52

Dieu ordonne à Muhammad de leur dire aussi: «Qu'attendez-vous pour nous, sinon l'une de ces deux choses: la victoire ou le martyre, et chacune d'elles est un bien pour nous dans les deux mondes. Quant à nous, nous attendons pour vous que Dieu vous frappe d'un châtiment venu de Lui, ou par notre intermédiaire soit en vous tuant soit en vous prenant comme captifs.

Verset 53

Que vous dépensiez vos richesses pour la cause de Dieu de bon gré ou de mauvais gré, jamais ce ne sera reçu, parce que vous êtes des gens pervers. Leur perversité se manifeste par les faits suivants: ils ne croient ni en Dieu ni en Son Prophète, car la foi est à la base de toute œuvre, ils ne se rendent à la prière que paresseux sans aucune ferveur; ils ne dépensent quoi que ce soit qu'à contrecœur.

Verset 54

L'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - a dit à ce propos: «Dieu, par le fait de vous rétribuer tant que vous en lassiez de lui demander» et: «Dieu est bon et n'accepte que le bon». Donc comment accepterait-Il les œuvres et les dépenses de ceux-là? Sûrement Il ne les accepte que de ceux qui Le craignent.

Verset 55

Ne te laisse pas, ô Muhammad, séduire par leurs richesses et leurs enfants, comme Il lui dit dans un autre verset: «Ne porte pas tes yeux sur les biens matériels que nous avons accordés à certains, sur l'éclat des plaisirs du siècle» [Coran XX, 131]. Dieu veut par là les châtier dans la vie présente. Ce qui signifie, d'après Al-Hassan Al-Basri: en prélevant sur ces richesses la zakat imposée et en leur demandant d'en dépenser pour la cause de Dieu. Mais Qatada a dit qu'il faut intervertir l'ordre des mots qui sera comme celui-ci: Ne te laisse pas émerveiller par leurs biens et leurs enfants dans le bas monde car Dieu ne les leur accorde que pour les châtier dans la vie future. Mais le commentaire d'Al-Hassan s'avère être plus logique. En leur accordant ces richesses et ces enfants, Dieu veut par là les châtier dans ce bas monde en les laissant mourir en incrédules afin que leur châtiment dans l'au-delà soit plus atroce.

Verset 56

Ces gens-là, mus par leur peur, leur frayeur, jurent qu'ils sont des vôtres» en l'affirmant par ce serment, mais en réalité «ils ne le sont pas» car, par rapport à eux, «c'est la peur qui leur inspire ce propos».

Verset 57

Et pour fuir, s'ils trouvaient un asile, une caverne ou un souterrain, ils s'y précipiteraient en toute hâte.

Verset 58

Parmi ces hypocrites il y en a ceux qui te critiquent ô Muhammad au sujet des aumônes lorsque tu les répartis. S'ils en reçoivent leur part, ils sont satisfaits, mais «si on ne leur en distribue pas, ils maudissent le sort» et ils se fâchent. On a rapporté qu'un bédouin vint auprès du Prophète - qu'Allah le bénisse et le salue - alors qu'il distribuait les biens provenant des hommes. Ayant reçu sa part, ce bédouin s'écria: «O Muhammad, par Dieu tu n'es pas équitable comme Dieu t'a ordonné d'être Il lui répondit: «Malheur à toi, qui pourra être, après moi, équitable envers toi?». Cette histoire est pareille à celle qui est citée dans les deux Sahihs lorsque Dhoul-Khouwayssira critiqua l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - en départageant le butin de Hounayn. Il lui dit: «Sois équitable! Et le Prophète de lui répondre: Je serais déçu et perdu si je n'avais pas été équitable». Voyant l'homme s'éloigner, l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - dit à ses compagnons: «De la postérité de cet homme naîtront des gens avec lesquels vous répugnerez à prier et à jeûner. Ils sortiront de la religion telle une flèche qui perce un gibier. Là où vous les trouverez, tuez-les car ils seront les pires victimes sous le firmament» (Rapporté par Boukhari et Mouslim).

Verset 59

Puis Dieu les exhorte en disant que vraiment s'ils s'étaient satisfaits de ce que Dieu et son Prophète donnent ils diraient: «Dieu nous suffit, nous connaîtrons plus tard Ses bienfaits et ceux de Son Prophète. Oui, vers Dieu vont nos désirs».

Verset 60

Les aumônes sont affectées aux pauvres, aux nécessiteux, à ceux qui les recouvrent, à ceux dont les cœurs sont à gagner, au rachat des captifs et à l'affranchissement des esclaves, aux endettés, au combat dans la voie d'Allah et aux voyageurs. C'est là une répartition fixée par Allah. Allah est omniscient et sage. Pour répondre aux hypocrites qui ont critiqué la façon qu'utilisait le Prophète - qu'Allah le bénisse et le salue - pour répartir les biens des aumônes, dans ce verset, Il leur dit que c'est bien lui qui l'a imposée en la révélant à son Messager et nul n'a le droit de s'y opposer. La question qui a été suscitée est la suivante: Faut-il donner ces aumônes à tous les intéressés cités dans le verset ou une partie d'eux? La première opinion l'exige. Tels sont les dires de Chafe'i et une foule des ulémas. La deuxième permet de les donner aux uns ou certains d'eux, comme ont déclaré Malek et d'autres ulémas anciens et contemporains. Ibn Jarir a dit: ce sont les dires des ulémas mais il faut signaler que le pauvre est cité le premier puisqu'il est le plus besogneux parmi les autres. Mais Abou Hanifa répond que le cas du nécessiteux est plus exigeant, ainsi fut l'avis de l'imam Ahmed. Et pour préciser le cas de chacun d'eux, Ibn Abbas, Moujahed, Al-Hassan, Ibn Jarir, ont dit que le pauvre ne paraît pas comme tel à cause de son attitude réservée, tandis que le nécessiteux quémande et demande avec importunité.

Verset 61

Parmi ces hypocrites, il y en a ceux qui attaquent le Prophète - qu'Allah le bénisse et le salue - par leurs paroles en disant qu'il est tout oreilles, une expression qui signifie qu'il croit à tout ce qu'on lui dit et si on lui jure il croit toujours. Mais Dieu leur répond: «Il est tout oreille au bien pour vous» et il connaît bien le menteur et le sincère. Il croit en Dieu et il a confiance aux croyants «Il est toute mansuétude pour ceux d'entre vous qui ont la foi» et un argument contre les incrédules. Ceux qui l'attaquent par leurs paroles subiront un châtiment sévère.

Verset 62

Qatada raconte qu'un hypocrite dit: «Par Dieu, ceux-là sont les meilleurs et les plus nobles d'entre nous. Si ce que Mouhammad avait dit est vrai ils seraient pires que les ânes». Un musulman, l'ayant entendu, s'écria: «Par Dieu, ce que Mouhammad a dit est vrai, et toi tu es pire qu'un âne». L'homme se rendit chez le Prophète - qu'Allah le bénisse et le salue - et le mit au courant. Il manda l'hypocrite et lui demanda: «Qu'est-ce qui t'a porté à tenir de tel propos?» Il renia ses dires en jurant par Dieu. Le musulman dit alors: «Mon Dieu, montre-nous le sincère et le menteur». C'est à cette occasion que fut descendu ce verset.

Verset 63

Ceux qui s'opposent à Dieu et à Son Prophète, subiront le châtiment éternel dans l'Enfer, humiliés et couverts d'opprobre.

Verset 64

Moujahed explique: «Ils échangent ces propos entre eux puis disent: «Peut-être Dieu les dissimule afin que les autres ne les sachent pas». Ce verset est pareil aux dires de Dieu: «Se présentent-ils à toi? Ils emploient des formules moins respectueuses qu'Allah quand Il te salue. En eux-mêmes, ils se disent: «Pourquoi Allah laisse-t-Il impunies de pareilles formules?» L'enfer sera leur punition. Ils y seront précipités. Quelle affreuse fin» [Coran LVIII, 8]. Dieu a dit dans un autre verset: «Moquez-vous! Allah divulguera ce que vous redoutez» qui signifie qu'il va révéler à Son Envoyé vos propos pour vous dénoncer, tout comme Il le montre dans ces paroles: «Ceux dont le cœur cache quelque infirmité, espèrent-ils qu'Allah ne divulguera pas leurs mauvaises pensées» [Coran XLVII, 29]. Qatada rapporte qu'on donnait à cette sourate le nom: «La scandaleuse» car elle a dénoncé les hypocrites.

Verset 65

Un groupe des hypocrites a dit parce que ces récitateurs du Coran ne sont que des gens qui cherchent à assouvir leur faim, forgent des mensonges mais lors de la mêlée ils sont des poltrons». On a transmis ces propos à l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue -. Ce même hypocrite vint auprès de l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - alors qu'il s'apprêtait au départ et après avoir enfourché sa chamelle. Il lui dit: «Ô Envoyé de Dieu, nous ne faisons que discuter et jouer!» Il lui répondit en citant les versets: «Est-ce d'Allah, de Son Prophète et de Ses signes... jusqu'à: Pour s'être montrée si rebelle». Les pieds de cet homme heurtaient aux pierres, s'accrochant au sabot de l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - alors que celui-ci montait sa chamelle qui marchait à grande enjambée.

Verset 66

Ibn Ishaq raconte: «Une foule des hypocrites dont Wadi'a Ben Thabet, un homme de Achj'a appelé Moukhchi Ben Hamir marchaient à côté de l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - qui, sur sa chamelle, se dirigeait vers Tabouk. Les uns disaient aux autres: «Croyez-vous que l'affrontement du Roi des Romains est pareil au combat des Arabes entre eux? Par Dieu nous vous imaginons demain enchaînés afin que vous serviez de leçon pour les fidèles». À ce moment-là l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - dit à 'Ammar Ben Yasser: «Va chez ces gens-là qui ont déjà subi le châtiment du feu et demande-leur qu'est-ce qu'ils venaient de dire. S'ils renient, dis-leur que vous avez proféré tel et tel propos». Ammar s'exécuta. Les hypocrites vinrent trouver l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - en lui présentant différentes excuses. Wadi'a Ben Thabet lui dit: «Nous badinions et nous plaisions». Moukhchi Ben Hamir, à son tour, avoua: «Ô Envoyé de Dieu, par Dieu c'est à cause de mon nom et de celui de mon père que je suis resté sans participer à cette expédition» (À savoir que son nom signifie: le peureux fils des ânes). Il fut le seul à être pardonné et son nom devint Abdul Rahman et il demanda à Dieu de le faire périr en martyr sans que personne sache où il sera tué. En effet il fut tué le jour de Yamama. Puis pour déterminer leur sort, Dieu a dit: «Si une partie d'entre vous est pardonnée, l'autre subira un châtiment pour s'être montrée rebelle». Une partie fut pardonnée mais l'autre subira le châtiment du feu parce qu'ils sont coupables en proférant de tels propos indignes.

Verset 67

Les hypocrites, à l'inverse des fidèles, s'ordonnent mutuellement ce qui est répréhensible et s'interdisent mutuellement le bien et ce qui est convenable. Et en plus, ils ferment leurs mains pour ne pas dépenser pour la cause de Dieu. Ces gens-là ne se rappellent plus de Dieu, et Dieu à Son tour, les traite de la même façon en les oubliant. Ils ne pensent guère au jour où ils rencontreront Dieu comme il est montré dans ce verset: «Aujourd'hui, nous les oublions comme ils ont oublié ce jour où ils devaient comparaître» [Coran VII, 51]. Les hypocrites sont certes les pervers qui se sont détournés de la voie droite pour emprunter le chemin de l'égarement.

Verset 68

Pour prix de leur comportement, Dieu leur a promis le feu de la Géhenne, ils y demeureront éternellement. Cela leur suffit comme châtiment parce que Dieu les a éloignés de Sa miséricorde.

Verset 69

Ces gens-là ont subi le même châtiment qu'avaient subi les générations passées qui tenaient les mêmes propos et menaient des discussions comme les leurs n'ayant mené qu'à l'erreur et au mensonge. Leurs œuvres étaient vaines, ils seront certes les perdants qui ne recevront aucune récompense dans l'au-delà. À cet égard, le Prophète - qu'Allah le bénisse et le salue - a dit: «Par celui qui tient mon âme dans Sa main, vous suivrez les traditions de ceux qui vous ont précédés empan par empan, coudée par coudée et brasse par brasse, de sorte que s'ils entrent dans le trou d'un lézard vous y seriez entrés». On lui demanda: «Qui sont-ils ô Envoyé de Dieu? Sont-ils les gens d'Écriture?» Il répondit: «Qui donc?». Abou Houraira a interprété le mot: «Khalaq» et dit qu'il s'agit de la foi, mentionné dans le verset sous l'appellation: bien-être. À propos du hadith précité, on demanda: «Ô Envoyé de Dieu, c'est-à-dire comme les Perses et les Romains avaient agi?» Et le Prophète de répondre: «S'agit-il d'autres peuples?».

Verset 70

Dieu avertit et exhorte ces hypocrites qui traitent les Prophètes de menteurs «Ont-ils ignoré l'histoire de leurs devanciers» qui ont agi de la sorte envers leurs Prophètes. Parmi eux sont cités: le peuple de Noé qui fut noyé à l'exception de ceux qui ont cru en Noé -que Dieu le salue- comme étant un envoyé de Dieu, le peuple de 'Ad qui fut péri par un vent dévastateur après avoir démenti Houd -que Dieu le salue-; le peuple de Thamoud qui fut saisi par le «Cri» ou «le cataclysme» après avoir traité Saleh -que Dieu le salue- de menteur et égorgé la chamelle (le signe de Dieu); le peuple d'Abraham, comment Dieu lui donna le pouvoir sur eux en l'appuyant par les miracles manifestes et fit périr Nemrod -que Dieu le maudisse; le peuple de Madiane, celui de Chou'aib -que Dieu le salue-; ce peuple qui fut péri par le tremblement inextinguible et le châtiment du «Jour de l'ombre»; et enfin le peuple des «cités renversées» c'est-à-dire le peuple de Loth qui habitait Mada'en, qui à l'instar des autres peuples, a traité Loth -que Dieu le salue- de menteur, et qui a commis une abomination que nul, avant eux parmi les mondes, n'a commis une chose pareille. À tous ces peuples, Dieu a envoyé des Prophètes apportant des preuves incontestables. «Ce n'est pas Allah qui a mal agi envers eux» où il a été injuste en les faisant périr par différents moyens de châtiments et avant de les avertir et les mettre en garde «Ce sont eux-mêmes qui ont provoqué leur perte» Et pour les punir de leur incrédulité, ils devaient subir ces châtiments.

Verset 71

Après que Dieu ait montré les caractères odieux des hypocrites, Il parle dans ce verset de ceux des croyants hommes et femmes qui encouragent au bien et interdisent le blâmable. Il est cité dans le Sahih que l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - a dit: «Le croyant doit être pour le croyant comme des pierres d'un édifice qui se renforcent l'une l'autre» et il entrecroisa ses doigts (Rapporté par Boukhari et Mouslim). Il a dit aussi: «Les croyants dans leur affection, leur miséricorde et leur sympathie les uns à l'égard des autres, sont comparables à un corps humain qui, si un membre est affecté, les autres membres ressentent la douleur et s'enfiévrent» (Rapporté par Boukhari et Mouslim). «Ils encouragent au bien et déconseillent le mal» des dires qui sont pareils à ceux-ci: «Que de vous naisse un peuple qui appelle au bien, qui ne commande que les bonnes actions et qui défendent les mauvaises» [Coran III, 104]. C'est à dire qui obéissent à Dieu et qui sont charitables envers les hommes, en outre, ils font le bien et s'interdisent de tout ce que Dieu a prohibé. Ces croyants-là, Dieu leur fera miséricorde car Il est puissant et accorde la puissance à ceux qui obtempèrent à ses ordres, et Il est sage en répartissant les bons caractères et qualités entre les fidèles et les mauvais entre hypocrites et incrédules. Tout cela dépend de Sa sagesse.

Verset 72

Dieu fait savoir à Ses serviteurs croyants ce qu'il leur a préparé comme belle récompense: Des excellentes demeures dans les jardins d'Eden où coulent les ruisseaux qui constituent leur séjour permanent. À ce propos il est cité dans les deux Sahihs que le Prophète - qu'Allah le bénisse et le salue - a dit: «Deux jardins dont leurs vases et ce qu'ils contiennent tous en or, deux autres dont leurs vases et ce qu'ils contiennent tous en argent, seul le voile de la Majesté qui empêche les croyants de regarder leur Seigneur au jardin d'Eden». Et dans un autre hadith il a dit: «Au Paradis il y a cent degrés que Dieu a préparés à ceux qui combattent dans Sa voie, entre deux degrés, il existe en espace équivalent à la distance qui sépare le ciel de la terre. Lorsque vous demandez à Dieu de vous rétribuer le Paradis, que ce soit le Firdaws car il est le meilleur et le plus élevé degré du Paradis au-dessus duquel se trouve le Trône du Miséricordieux, d'où prennent source les fleuves du Paradis» (Rapporté par Boukhari et Mouslim d'après Abou Houraira). «D'avoir été élus par Allah sera pour eux une récompense plus grande encore». En d'autres termes: La satisfaction de Dieu est plus grande encore que tous ces demeures et délices.

Verset 73

Dieu ordonne à Son Prophète - qu'Allah le bénisse et le salue - de combattre les incrédules et les hypocrites et de les traiter sévèrement, comme Il lui a ordonné d'abaisser l'aile vers les croyants qui le suivent. Il lui informe que leur refuge sera la Géhenne, la détestable fin dans la vie future. On a rapporté que le prince des croyants 'Ali Ben Abi Taleb a dit: «L'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - a décrété quatre ordres de combat: le premier contre les polythéistes: «À l'expiration des mois sacrés, combattez les idolâtres partout où vous les trouverez» [Coran IX, 5]; un deuxième contre les infidèles parmi les gens du Livre: «Combattez ceux qui ne croient ni à Allah ni au jour dernier» [Coran IX, 29]; un troisième contre les hypocrites: «combats les infidèles et les hypocrites» [Coran IX, 73] et un quatrième contre les rebelles: «Luttez contre celui qui se rebelle jusqu'à ce qu'il s'incline devant l'Ordre d'Allah» [Coran XLIX, 9]. Ceci implique à user de force contre ceux qui manifestent leur hypocrisie». Mais Ibn Abbas a dit: «Dieu ordonne de combattre les infidèles par l'épée, les hypocrites par la langue et de ne jamais se montrer clément à leur égard».

Verset 74

Ce verset: «Ils jurent qu'ils n'ont pas critiqué le Prophète. Ce n'est pas vrai. Ils ont proféré des paroles impies et se sont comportés en infidèles après s'être convertis» fut révélé à propos de Abdullah Ben Oubay, selon Qatada: Un Ansarien et un homme de la tribu Jouhayna se sont querellés et le Jouhany l'emporta sur l'Ansarien. Abdullah appela les Ansariens et leur dit: «Ne portez-vous pas aide à votre frère. Par Dieu, notre exemple avec Mouhammad est pareil à ce proverbe: «Élève ton chien et il finira pas te dévorer». Puis il dit: «Si jamais nous retournons à Médine, les plus forts en chasseront les plus faibles» [Coran LXIII, 8]. Ces propos furent parvenus par un musulman au Prophète - qu'Allah le bénisse et le salue - qui convoqua Abdullah Ben Oubay qui, en lui répétant ses propos, renia tout. Dieu alors fit descendre ce verset. «Ils ont ourdi des machinations qu'ils n'ont pu réaliser» ce verset fut révélé au sujet des hypocrites qui ont comploté à tuer l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - alors qu'il se dirigeait vers Tabouk. «Au surplus, de quoi peuvent-ils se plaindre sinon de ce qu'Allah et Son Prophète les aient comblés de leur grâce» Cela signifie qu'ils ne peuvent imputer à l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - une faute sinon la faveur que Dieu et Son Prophète ont bien voulu leur accorder.

Verset 75

Parmi les hypocrites, il en est qui ont fait un pacte avec Dieu promettant que si Dieu leur accorde des faveurs, ils feront sûrement l'aumône et seront parmi les justes. Mais ils n'ont ni respecté le pacte ni tenu la promesse malgré les faveurs et les biens reçus de Dieu. Ils se sont montrés avares. Quant à la circonstance de cette révélation, la plupart des exégètes ont dit qu'il s'agit de Tha'laba Ben Hateb le Médinois. Abou Oumama Al-Bahili raconte que Tha'laba avait dit un jour à l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue -: «Invoque-moi Dieu afin qu'Il m'accorde de Ses faveurs». L'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - leva alors ses mains et invoqua le Seigneur: «Grand Dieu, donne à Tha'laba de Tes faveurs». De quelques brebis qu'il possédait, Tha'laba eut un grand troupeau qui s'est accru à la façon de vers. Comme la ville fut devenue pour lui une place étroite, il la quitta et s'installa dans une de ses vallées. Il s'acquittait seulement des deux prières du midi et de l'asr avec d'autres gens en négligeant les autres prières. Puis son troupeau s'accrut considérablement, ce qui le porta à délaisser toutes les prières sauf celle du vendredi, et il ne tarda pas à négliger cette dernière en voyant son troupeau proliférer.

Verset 76

A ce moment Dieu fit révéler le verset de la zakat, l'aumône légale: «Prélève sur leurs biens un impôt pour les purifier» [Coran IX, 103]. L'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - chargea alors deux hommes pour collecter cet impôt de tous les musulmans. Il leur dit: «Passez chez Tha'laba et un tel de la tribu Soulaim et apportez leurs aumônes». Les deux hommes partirent et, arrivés chez Tha'laba, ils lui montrèrent la lettre de l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue -. Il s'écria: «Ce n'est qu'un impôt qui ne diffère plus du tribut. Je n'ai aucune idée comment m'exécuter! Allez. Acquittez-vous de votre mission puis revenez chez moi». Les deux hommes le quittèrent et se rendirent chez le Prophète - qu'Allah le bénisse et le salue - qui, en les recevant, dit: «Malheur à Tha'laba!» avant qu'il leur adresse la parole. Dieu à cette occasion fit cette révélation: «Il en est parmi eux qui avaient promis à Allah, au cas où celui-ci leur accorderait ses grâces, de se montrer généreux...» Tha'laba mourut sous le règne de 'Othman.

Verset 77

Dieu a suscité l'hypocrisie dans leurs cœurs et ils demeureront comme tels jusqu'au jour de la résurrection où ils rencontreront le Seigneur. Comme il était de leur habitude de mentir, Dieu a suscité l'hypocrisie dans leurs cœurs car Il connaît ce qui est caché et ce qui est apparent, et Il pénètre le tréfonds des cœurs.

Verset 78

Ne savent-ils pas qu'Allah connaît leurs pensées et leurs entretiens les plus secrets et qu'Il perce les mystères. Dieu connaît ce qui est caché et ce qui est apparent, et Il pénètre le tréfonds des cœurs.

Verset 79

Les hypocrites, mus par leur tempérament, ne cessent de critiquer et railler les autres, de sorte que lorsqu'un homme aisé paye l'aumône sur ses richesses comme il se doit, ils s'écrièrent: «C'est de l'ostentation!» Et lorsqu'un autre pauvre apporte le peu de biens pour s'acquitter de la zakat, ces hypocrites s'exclamèrent: «Dieu peut s'en passer». À ce propos Al-Boukhari rapporte d'après Ibn Mass'oud - que Dieu l'agrée -: «Après la révélation du verset qui imposa la zakat, nous portions cette aumône sur nos épaules - ou suivant une autre interprétation: nous chargions quelqu'un contre un salaire pour les porter - à leur destination. Un homme d'entre nous avait apporté une chose considérable, les hypocrites s'écrièrent: «C'est de l'ostentation». Un autre arriva n'apportant qu'un sa' de grains, ils ne tardèrent à dire: «Dieu peut s'en passer». Dieu fit alors cette révélation: «Ceux qui, au moment de la distribution des subsides, dénigrent...». Suivant d'autres récits racontés par Ibn Abbas, Abdul Rahman Ben Aouf a fait une aumône de pas de quatre mille dirhams, les hypocrites s'exclamèrent: «C'est de l'ostentation» et dénigrèrent son faire. Puis Assem Ben 'Ady apporta un Sa de dattes, les hypocrites le raillèrent et dirent que Dieu n'a pas besoin de cette aumône. Contre leur raillerie, Dieu se moquera de ces hypocrites, et pour venger les croyants et punir les infidèles, Il leur réserve un châtiment exemplaire dans l'au-delà.

Verset 80

Dieu fait savoir à Son Prophète - qu'Allah le bénisse et le salue - que ces hypocrites ne sont pas dignes d'être absous et ne méritent pas le pardon. Même si le Prophète - qu'Allah le bénisse et le salue - demande pardon pour eux soixante-dix fois, Dieu ne leur pardonnera plus. Le nombre «soixante-dix», selon les opinions des ulémas, ne constitue pas un chiffre bien précis car les arabes avaient l'habitude de le citer dans leurs propos comme un signe d'exagération. Après la révélation de ce verset l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - a dit: «Dieu m'a toléré de leur implorer le pardon soixante-dix fois. Par Dieu je le ferai plus que ça peut-être Dieu enfin leur pardonnera». Al-Cha'bi raconte: «Quand l'état de maladie de Abdullah Ben Oubay devint grave, son fils se rendit chez le Prophète - qu'Allah le bénisse et le salue - et lui dit: «Mon père est agonisant. J'aime que tu lui dictes la profession de foi et que tu fasses la prière funéraire sur lui». L'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - partit chez Abdullah, lui dicta la profession de foi et de témoigner qu'il n'y a d'autre divinité que Dieu, le vêtit de son manteau et, quand il a rendu l'âme, fit la prière sur lui. On lui demanda: «Fais-tu la prière funéraire sur lui?» Il répondit: «Dieu a dit: «Tu aurais beau l'implorer (le pardon) soixante-dix fois». Par Dieu je le leur implorerai soixante-dix fois, soixante-dix et encore soixante-dix».

Verset 81

Ceux qui sont restés dans leurs foyers et qui ont répugné à mettre leurs biens et leurs personnes au service d'Allah s'en félicitent. Ils disaient alors: «Ne vous mettez pas en campagne au moment des chaleurs». Réponds-leur: «Le feu de l'enfer est autrement brûlant». Ah s'ils le comprenaient.

Verset 82

Dieu critique et dénigre ceux qui sont restés en arrière et qui ont fait défection à l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - et à ses compagnons lors de l'expédition de Tabouk, et qui se sont réjouis de pouvoir rester chez eux. «qui ont répugné à mettre leurs biens et leurs personnes au service d'Allah et s'en félicitent». Comme il faisait une chaleur torride au moment de cette expédition: «ils disaient alors: «Ne vous mettez pas en campagne au moment des chaleurs». Dieu ordonna à Son Envoyé - qu'Allah le bénisse et le salue - de leur répondre: «Le feu de l'enfer est autrement brûlant» car il sera votre destination à cause de votre rébellion et votre défection. À propos de ce feu, l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - a dit: «Le feu qu'allument les fils d'Adam est une des soixante-dix parties du feu de la Géhenne». Dans un autre hadith rapporté par Abou Houraira le Prophète - qu'Allah le bénisse et le salue - a dit: «Ce feu que vous allumez est une des soixante-dix parties du feu de la Géhenne et fut refroidi deux fois par l'eau de la mer, sinon nul n'aurait tiré aucun profit» (Rapporté par Ahmed). Pour répondre à leur agissement, Dieu les avertit et dit: «Qu'ils rient un peu». Et Ibn Abbas de commenter: «La vie dans ce bas monde est très courte, qu'ils rient donc autant qu'ils voudront. Une fois rassemblés et comparús devant Dieu à Lui la puissance et la gloire, ils pleureront pour toujours». «Qu'ils rient un peu! Un jour viendra où ils pleureront beaucoup en punition de leurs actes».

Verset 83

Dieu ordonne à Son Prophète - qu'Allah le bénisse et le salue -: «Après ton retour de cette expédition - de Tabouk - et que ces gens-là qui étaient du nombre de douze, comme a précisé Qatada, «et s'ils te demandent à combattre avec toi» dans une autre expédition, réponds-leur: «Vous ne m'accompagnerez jamais et vous ne combattrez jamais avec moi» pour punition de leur comportement. Puis pour montrer la raison, Il a dit: «vous avez préféré rester à vos foyers la première fois» Donc on récompense la bonne action par le bien et la mauvaise par le mal. Cette partie du verset: «continuez à y rester» fut un sujet de controverse. Ibn Abbas a dit qu'il s'agit de ceux qui sont restés chez eux sans prendre part à l'expédition de Tabouk. Mais Qatada a dit qu'ils sont restés avec les femmes, un avis qu'Ibn Jarir ne l'a pas trouvé logique et adopta l'interprétation d'Ibn Abbas.

Verset 84

C'est un ordre catégorique de désavouer les hypocrites sans prier pour l'un d'entre eux qui meurt, ou visiter sa tombe, ou lui implorer le pardon de Dieu ou lui invoquer Dieu à cause de leur impiété. Ceci doit être appliqué à l'égard des hypocrites sans exception, même si ce verset fut révélé au sujet d'Abdullah Ben Oubay Ben Saloul, le chef des hypocrites. Al-Boukhari rapporte d'après Nafe' les propos d'Ibn Omar: «À la mort de Abdullah Ben Oubay, son fils vint trouver l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - et lui demanda de lui donner un manteau pour ensevelir son père. Il le lui donna. Puis il lui demanda de faire sur lui la prière funéraire: Lorsque l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - se leva pour faire cette prière, Omar le tint par le pan de son manteau et lui dit: «Ô Envoyé de Dieu! comptes-tu prier pour lui alors que ton Seigneur te l'a interdit?» Il lui répondit: «Dieu m'a donné le choix: «Que tu implores leur pardon auprès d'Allah ou non, peu importe! Tu aurais beau l'implorer soixante dix fois qu'Allah ne leur pardonnera pas» Quant à moi, je le leur implorerai soixante-dix fois encore». - Mais c'est un hypocrite, répliqua Omar! Mais l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - fit la prière funéraire sur Abdullah, et Dieu lui fit cette révélation: «Si l'un d'entre eux meurt, ne prie jamais pour lui et ne visite jamais sa tombe». Désormais, le Prophète - qu'Allah le bénisse et le salue - ne priait pour aucun des hypocrites.

Verset 85

Ne te laisse pas séduire par leurs richesses et par leurs enfants. Ces richesses et ces enfants, Allah ne les leur accorde que pour les faire souffrir au cours de cette vie périssable. Finalement, ils meurent en infidèles.

Verset 86

Dieu continue à réprimander et dénigrer ceux qui se sont abstenus de participer aux expéditions avec Son Prophète - qu'Allah le bénisse et le salue - et prendre part au combat dans Sa voie, surtout les hommes aisés qui, malgré leurs richesses, préféraient rester en arrière avec les femmes qui gardaient leurs foyers. Au temps de la guerre, ils se montraient poltrons et avaient la chair de poule, mais pendant la période de sécurité et de paix, ils avaient la langue acerbe comme Dieu le montre dans ce verset: «Mais sont-ils eux-mêmes en danger? leurs yeux se font suppliants et se retournent comme ceux d'un agonisant. Quand le danger est passé, ils laissent aller leur mauvaise langue....» [Coran XXXIII, 19] et dans ce verset: «Mais qu'une sourate impérative soit révélée dans ce sens et on verra les croyants au cœur fragile t'implorer d'un regard voilé de moribond! Mieux que de tels yeux conviennent aux fidèles» [Coran XLVII, 20].

Verset 87

À cause de leur abstention «leur cœur est fermé comme avec un sceau» et ne comprennent rien du mérite de ce combat pour en tirer bon parti.

Verset 88

Le Seigneur ne fera jamais perdre les bonnes actions et le sacrifice que font le Prophète - qu'Allah le bénisse et le salue - et les croyants, qui auront, à l'inverse des autres, des jardins où coulent des ruisseaux et un bonheur sans limites et pour l'éternité.

Verset 89

Dieu a préparé pour eux des jardins où coulent des ruisseaux où ils demeureront éternellement. C'est là le triomphe suprême.

Verset 90

Les bédouins qui habitaient aux alentours de Médine sont venus chez le Prophète - qu'Allah le bénisse et le salue - et ont allégué des excuses pour s'abstenir de combattre avec les fidèles. Ibn Ishaq a précisé qu'il s'agit de la tribu Ghifar dont ses hommes ont demandé d'être dispensés du combat. Étant de menteurs, Dieu les menace d'un châtiment très douloureux dans la vie future.

Verset 91

Les faibles, les malades, ceux qui manquent de moyens pour s'équiper sont soustraits à l'obligation de combattre, à condition qu'ils se montrent dévoués à la cause d'Allah et de Son Prophète. On ne peut rien contre ceux qui sont avec Allah. Allah est clément et miséricordieux (91). Ce verset montre ceux qui sont exemptés du combat tels que les malades, les aveugles, les boiteux, bref tous ceux dont leur participation s'avère inutile et leur cause un grand mal. Ajoutons à ceux-là les indigents qui sont incapables de s'équiper et de se procurer une monture, auxquels on ne reproche rien s'ils restent chez eux sans décourager les autres ni colporter des mensonges qui sèment la discorde. Ceux-là s'ils sont sincères envers Dieu et Son Prophète - qu'Allah le bénisse et le salue - il n'y a pas non plus de raison de s'en prendre et sont considérés parmi ceux qui font le bien.

Verset 92

On ne peut rien non plus contre ceux qui te demandèrent des montures pour combattre et auxquels tu répondis: «Je ne trouve pas de montures à mettre à votre disposition». Ils s'en retournèrent alors, les yeux gonflés de larmes, désolés de n'avoir pas les moyens pour s'en procurer eux-mêmes (92). Ibn Abbas a commenté: Comme l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - avait incité les hommes en les appelant au combat à ses côtés, un groupe d'hommes dont Abdullah Ben Moughaffal Al-Mouzni, vinrent lui demander: «Ô Envoyé de Dieu, assure-nous les montures» Il leur répondit: «Par Dieu, Je ne trouve aucune monture à vous donner». Les hommes repartirent les yeux débordants de larmes. En éprouvant une certaine angoisse de ne plus combattre faute de montures ou faute d'argent pour s'en procurer. Dieu, constatant leur foi sincère et leur amour pour Son Prophète - qu'Allah le bénisse et le salue - fit cette révélation qui marque leurs excuses. Moujahed précisa qu'il s'agit bien des hommes de Bani Mougren de Mouzayna qui étaient au nombre de sept.

Verset 93

Mais on peut quelque chose contre ceux qui, quoique riches, demandent à être exemptés et à rester avec les gens de l'arrière. Allah a fermé leurs cœurs comme avec un sceau et ils ne sont plus sensibles à rien (93). Puis Dieu blâme les hommes aisés et robustes qui viennent s'excuser préférant rester avec les femmes et les hommes infirmes «Allah a fermé leurs cœurs comme avec un sceau et ils ne sont plus sensibles à rien».

Verset 94

Ils ne se font pas faute de trouver des excuses, quand vous revenez du champ de bataille. Dis-leur: «Vous êtes sans excuse. Nous ne vous croyons pas. Allah nous a fixés sur votre compte. Allah et Son Prophète sont témoins de vos actes. Vous ferez retour à qui connaît l'invisible et le visible et qui vous expliquera le sens de vos actes». Dieu fait savoir à Son Prophète - qu'Allah le bénisse et le salue - que les hypocrites, une fois de retour à Médine, viendront présenter leurs excuses, «ne les croyez pas» telle fut la recommandation céleste et Dieu a déjà instruit les fidèles sur le compte de ces hypocrites qui, bientôt, Dieu et Son Prophète verront leurs actions et ils en seront rétribués.

Verset 95

Quand vous serez de retour parmi eux, ils prendront Allah à témoin de leur sincérité pour ne pas être inquiétés. Ne leur portez aucun intérêt. Ils sont vils. Ils exploreront dans la Géhenne leurs forfaits. Lorsque vous les rencontrerez ils feront des serments par Dieu, détournez-vous d'eux sans les réprimander et ce sera pour eux un mépris et un dénigrement. Ne les approchez pas parce qu'ils sont souillures à cause de leur mauvais tréfonds, leur sort sera la Géhenne dans la vie future pour expier leurs forfaits.

Verset 96

Ils vous adjureront de leur accorder votre bienveillance. Si vous la leur accordez, Allah n'accordera pas la sienne aux mécréants. Dieu avertit les fidèles de ne plus être satisfaits d'eux même s'ils font des serments plaisants, car «Allah n'accorde pas la sienne aux mécréants» donc la satisfaction de Dieu serait loin de ceux qui se sont montrés rebelles contre Dieu et Son Prophète - qu'Allah le bénisse et le salue -.

Verset 97

Les bédouins sont les plus obstinés des incrédules, ce sont les pires hypocrites. Ils sont les moins aptes à comprendre les commandements révélés par Allah à Son Prophète. Allah est omniscient et sage (97). Parmi les bédouins, il y a les croyants, les impies et les hypocrites, mais leur impiété et leur hypocrisie sont plus violentes des autres de sorte qu'ils sont les plus enclins à méconnaître les lois contenues dans le Livre révélé au Prophète de Dieu. Comme la rudesse et la grossièreté caractérisent les habitants des déserts, Dieu n'a jamais choisi parmi eux un Prophète, plutôt c'était parmi les habitants des cités qui jouissent de la tendresse et de la clémence. «Allah est omniscient» et connaît bien ceux qui sont dignes de la foi et de la science «et sage» en répartissant biens et caractères entre Ses créatures.

Verset 98

Il y a des bédouins qui regardent leurs contributions comme une corvée et qui ne souhaitent que votre échec. L'échec, c'est eux qui le subiront. Allah entend et sait tout (98). Puis Dieu montre qu'il y a parmi ces bédouins ceux «qui regardent leur contribution comme une corvée» et guettent vos revers attendant que vous seriez infligés par les échecs et le mauvais sort. Qu'ils sachent que «l'échec c'est eux qui le subiront» et que le malheur retombe sur eux. Dieu connaît bien qui Il écoute et ceux qui méritent d'être secourus pour les rendre victorieux.

Verset 99

Il y en a d'autres qui croient en Allah et au jour dernier et qui regardent leur contribution comme un moyen d'approcher Allah et d'obtenir la bénédiction du Prophète. Assurément, c'est un moyen d'approcher Allah. Allah les recevra dans le sein de sa miséricorde. Car Allah est clément et miséricordieux (99). A part cette catégorie des bédouins, il y a d'autres «qui croient en Allah et au jour dernier et qui regardent leur contribution comme un moyen d'approcher Allah et d'obtenir la bénédiction du Prophète». Cette catégorie de bédouins est la plus louée parce qu'ils considèrent que tout ce qu'ils dépensent pour le bien est un moyen d'approcher Dieu et une offrande qui leur sera comptée. Il les recevra dans le sein de Sa miséricorde, car Il est celui qui pardonne et Il est miséricordieux.

Verset 100

Dieu est satisfait des premiers parmi les Mouhadjirines et les Ansariens et de ceux qui les ont suivis dans le bien, Il leur a préparé les jardins de délices. Mais qui sont ces premiers? Une question qui a soulevé une controverse dans les opinions: Al-Cha'bi précise qu'ils sont ceux qui ont prêté serment d'allégeance à l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - le jour de Houdaybiya. Pour Al-Hassan et Qatada, ils sont les premiers convertis et qui ont fait la prière en se dirigeant tout d'abord vers Jérusalem puis vers la Maison Sacrée. Que ce soient les uns ou les autres, il incombe à tout fidèle de leur réserver un profond respect surtout à leur premier calife Abou Bakr As-Siddiq le compagnon intime de l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - et ce dernier n'a cessé de recommander aux musulmans leur disant: «N'injuriez plus mes compagnons».

Verset 101

Aussi bien à Médine que dans ses alentours, il y a des hypocrites obstinés et rebelles. "Tu ne les connais pas, mais, nous, nous les connaissons". Ces dires de Dieu ne contredisent pas ce verset: "Si nous le voulions, nous te les montrerions, ces gens, nous te les ferions connaître en personne" [Coran XLVII, 30] étant donné que ces hypocrites on peut les reconnaître grâce à leurs caractères et leur comportement. "Nous les châtierons deux fois" soit en les tuant et en les captivant, selon les dires de Moujahed, soit en les éprouvant par la faim et le tourment de la tombe d'après l'avis des autres. Quant au "supplice affreux" il s'agit, d'après Al-Hassan Al-Basri, du châtiment dans la vie présente et du supplice de la tombe. Mais Ibn Zaïd a dit: "Le châtiment dans le bas monde porte sur les biens et les enfants" et il récita: "Ne te laisse pas séduire par leurs richesses et par leurs enfants. Ces richesses et ces enfants, Allah ne les leur accorde que pour les faire souffrir au cours de cette vie périssable" [Coran IX, 55]. Cette souffrance est une récompense pour les croyants et un châtiment pour les autres, et l'autre châtiment dans l'au-delà sera le Feu.

Verset 102

D'autres confessent leurs fautes. Ils ont commis de bonnes ou de mauvaises actions. Allah leur laisse espérer son pardon, car Il est plein de mansuétude et de clémence. À côté de ces hypocrites qui ont fait défection lors de l'expédition de Tabouk et qui ont répandu le doute et les mensonges, il y a eu ceux qui n'ont pas pris part par indolence et paresse mais leur cœur témoigne de la foi et de la sincérité. Ils ont confessé leurs fautes et mêlé de bonnes actions à d'autres mauvaises. Ceux-là, leur sort dépendra du pardon de Dieu et sa clémence. Ce verset, bien qu'il fut révélé à propos des personnes connues, mais sa portée est générale et concerne tous les pécheurs. À cet égard Ibn Abbas rapporte qu'il fut descendu au sujet de Abou Loubaba et d'autres hommes qui étaient restés dans leurs foyers sans prendre part à l'expédition de Tabouk avec l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue -. Lorsque l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - retourna de cette expédition, ces gens-là s'attachèrent aux colonnes de la mosquée jurant que seul l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - aurait le droit de les détacher. À la suite de la révélation de ce verset, il les libéra.

Verset 103

Prélève sur leurs biens un impôt pour les purifier et anoblir leurs âmes. Prie pour eux, car tes prières apaisent leur conscience. Allah entend et sait tout. Dieu ordonne à Son Prophète - qu'Allah le bénisse et le salue - de prélever une aumône sur leurs biens pour les purifier et les rendre sans taches. Cette règle est générale malgré qu'elle concerne, en principe, une catégorie des hommes. (Il s'agit de Abou Loubaba et de ses amis qui se sont attachés aux colonnes de la mosquée et qui ont demandé à l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - de les détacher en acceptant de prendre de leurs biens une somme comme aumône pour les purifier et leur implorer le pardon). En se référant à cet événement, il en est parmi ceux qui refusent de s'acquitter de la zakat, qui considèrent que cette aumône légale était d'obligation du temps du Prophète - qu'Allah le bénisse et le salue -. Mais, plus tard, Abou Bakr les combattit jusqu'à ce qu'ils eussent payé la zakat de leurs biens. "Prie pour eux" une expression qui signifie: invoque Dieu en leur faveur et implore leur le pardon. Abdullah Ben Abi Awfa a dit: "Toutes les fois qu'on apportait au Prophète - qu'Allah le bénisse et le salue - une aumône de la part d'une tribu, il leur invoquait Dieu. Lorsque mon père s'acquitta de ce qu'il devait comme aumône, l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - dit: "Dieu prie pour la famille d'Abi Awfan". "Car tes prières apaisent leur conscience" ou selon Ibn Abbas elles sont une miséricorde pour eux.

Verset 104

Ne savent-ils pas que c'est Allah Lui-même qui agrée le repentir de ses serviteurs et qui reçoit leurs dons? Il est toute pitié et indulgence. On trouve là une incitation au repentir et à l'aumône car l'un et l'autre ont le mérite d'effacer les fautes et absoudre les péchés. Dieu fait connaître que tout pécheur qui se serait repenti, Dieu reviendrait vers lui, et quiconque aura fait une aumône de biens licitement acquis, Il l'acceptera, la prendra de Sa main droite et la fera accroître pour son auteur comme l'un d'entre vous qui élève son poulain, de sorte qu'une bouchée serait autant que le mont Ouhoud. Une chose confirmée par ce hadith authentifié: "Dieu accepte l'aumône, la prend de Sa main droite et la fera accroître pour son auteur comme l'un d'entre vous qui élève son poulain, de sorte qu'une bouchée serait autant que le mont Ouhoud".

Verset 105

Ceci constitue un avertissement adressé à tous ceux qui désobéissent à Dieu que leurs œuvres seront exposées devant Dieu, son Prophète et les croyants, qui aura lieu indubitablement au jour de la résurrection comme le montre ce verset: "Ce jour-là, vous défilerez devant Allah. Vous ne pourrez cacher aucune de vos pensées, même les plus secrètes" [Coran LXIX, 18]. D'autre part, Dieu pourra aussi montrer cela aux hommes dans le monde d'ici-bas selon ce hadith rapporté par l'imam Ahmed où l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - dit: "Même si l'un d'entre vous travaille sur un rocher lisse démuni de toute issue ou une cavité, Dieu aurait montré aux autres le travail de cet homme quel qu'il soit". Il a été rapporté aussi que les œuvres des vivants s'exposent devant les proches où les hommes seront retenus dans l'isthme. Le Prophète - qu'Allah le bénisse et le salue - a dit pour confirmer cette réalité: "Vos œuvres seront exposées à vos proches et à vos clans parmi les morts. Si elles étaient bonnes, réjouissez-vous, mais si elles sont autrement, ils s'écrieront: "Dieu, ne les fais pas mourir avant de les voir dirigés comme Tu nous as dirigés".

Verset 106

Ibn Abbas et Moujahed ont déclaré que ce verset concerne surtout les trois hommes qui sont restés dans leurs foyers sans prendre part à l'expédition de Tabouk à cause de leur paresse. Il s'agit de Mirara Ben Al-Rabi', Ka'b Ben Malek et Hilal Ben Oumayya qui ont fait défection au moment où les fruits avaient mûri et l'ombre était recherchée dans une période très chaleureuse. Ils ne doutaient plus et n'étaient point des hypocrites, mais ils ne s'étaient pas attachés aux colonnes de la mosquée à la façon de Abou Loubaba.... Mais le repentir de ces trois individus fut agréé et proclamé avec celui des autres selon ces paroles divines: "Allah a pardonné au Prophète, à ceux qui ont émigré avec lui... jusqu'à: "Allah a également pardonné aux trois individus qui n'ont pas suivi le Prophète..." Comme nous allons en parler en interprétant les versets 117 et 118 de cette sourate. "Soit qu'Il les punisse, soit qu'Il leur pardonne" La décision donc reviendra à Dieu, mais il ne faut pas oublier que la miséricorde de Dieu, en fin de compte, l'emportera. Il est omniscient et sage.

Verset 107

Comme raison de cette révélation on raconte le récit suivant: Avant l'arrivée de l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - à Médine en accomplissant l'hégire (émigration de La Mecque), il y avait un homme appelé Abou Amer Al-Raheb qui s'était converti au christianisme du temps de l'ignorance (Jahilia). Il avait étudié les Écritures et jouissait d'une grande dignité et était respecté par la tribu Al-Khazraj. Ce pervers, Abou Amer, avait envoyé des lettres aux hypocrites pour combattre le Prophète - qu'Allah le bénisse et le salue -, et leur ordonna de lui bâtir une sorte de forteresse qui sera sa demeure quand il viendra à leur secours ou la demeure de ses émissaires qui arriveront bientôt portant ses lettres et enseignements, et d'où ils pourraient guetter les musulmans. En effet, les hypocrites réussirent à construire une mosquée tout près de la mosquée Qouba, avant l'expédition de Tabouk menée par l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue -. Pour camoufler leur ruse et leur hypocrisie, ils demandèrent au Prophète - qu'Allah le bénisse et le salue - son approbation et dans le but de la "baptiser" comme une mosquée agréée du Prophète - qu'Allah le bénisse et le salue -. Ils lui présentèrent comme prétexte que la construction de cette mosquée n'avait pour but que de permettre aux faibles et aux malades d'y prier. Dieu l'inspira de ne plus s'y rendre, il leur répondit: "Nous comptons partir en expédition et dès notre retour, nous y viendrons si Dieu le veut". Avant son retour à Médine, une fois l'expédition de Tabouk terminée, d'une journée ou d'une fraction de journée, Gabriel descendit du ciel pour l'informer au sujet de cette mosquée qui n'est construite que dans le but de nuire aux musulmans, et de les diviser dont leur mosquée est la mosquée de Qouba qui fut bâtie dès les premiers jours sur la crainte révérencielle de Dieu. Alors l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue -, et avant son arrivée à Médine, chargea quelques fidèles pour démolir la "mosquée nuisible".

Verset 108

"N'y entre jamais" tel fut l'ordre catégorique de Dieu, et les musulmans devaient, par la suite, obtempérer à cet ordre et d'aller à la mosquée de Qouba pour adorer leur Seigneur. "Il y a une autre mosquée bâtie dès le premier jour sur la foi, qui est autrement digne d'être fréquentée", elle est bâtie sur la crainte révérencielle de Dieu, elle est le lieu de la réunion des fidèles où ils peuvent s'acquitter de leurs obligations cultuelles. Pour montrer l'importance de la mosquée Qouba l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - a dit: "Une prière faite dans la mosquée de Qouba équivaut, en mérite, à une visite pieuse". Dans un hadith authentifié il a été rapporté que la mosquée de l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - qui se trouve au centre de Médine est celle qui est bâtie sur la crainte révérencielle de Dieu. Ceci ne contredit pas les dires de Dieu: "Il y a une autre mosquée bâtie dès le premier jour sur la foi" c'est-à-dire la mosquée de Qouba car si cette dernière était comme telle, alors la mosquée du Prophète le serait à plus forte raison. "C'est le rendez-vous de ceux qui mettent la pureté au-dessus de tout. Allah aime les gens purs" sont une preuve qu'il est recommandé de faire souvent la prière dans les anciennes mosquées bâties sur la crainte révérencielle de Dieu, sur la foi et sur l'adoration d'un Dieu unique qui n'a ni égal ni associés.

Verset 109

Laquelle vaut mieux d'une mosquée bâtie sur le respect et l'amour d'Allah ou d'une mosquée construite sur le bord mouvant d'un précipice et prête à s'écrouler dans le feu de l'enfer? Allah abandonne les infidèles à leur sort. Dieu dit: "Peut-on traiter sur le même pied d'égalité celui qui a fondé son édifice sur la foi et la crainte révérencielle de Dieu pour obtenir Sa satisfaction et celui qui a fondé son édifice en vue de nuire aux fidèles et de les diviser, sur le bord d'une berge croulante, rongée par une eau, ou sur le bord d'un précipice de la Géhenne? Dieu certes ne dirige pas les prévaricateurs.

Verset 110

La mosquée qu'ils ont édifiée ne cessera d'être pour eux une source d'angoisse jusqu'au jour où leurs cœurs se briseront. Allah est savant et sage. À cause de leur agissement et leur manque de foi, la mosquée que les hypocrites ont édifiée ne cessera d'être pour eux une source d'angoisse jusqu'au jour où leurs cœurs se briseront" en éveillant toujours le doute en leurs cœurs. Dieu connaît parfaitement ses créatures et sage en leur rétribuant le prix de leurs actions. Jaber raconte: "Du temps de l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - j'ai vu la fumée sortir de la mosquée nuisible". Quant à Ibn Jouraij, il a dit: "On m'a raconté que des hommes avaient creusé dans cette mosquée et trouvé de la fumée qui en sortait".

Verset 111

Le grand sacrifice que présentent les croyants soit en biens soit en personnes pour la cause de Dieu sera compensé par la plus belle rétribution, telle est la promesse de Dieu citée dans tous les Livres célestes car le Seigneur par Sa générosité leur donnera le Paradis comme échange. C'est pourquoi Al-Hassan Al-Basri et Qatada ont dit: «Dieu a conclu un négoce avec ces croyants en estimant leur sacrifice à un prix très élevé». La veille de la nuit de 'Al-Aqaba, Abdullah Ben Rawaha -que Dieu l'agrée- a dit à l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue -: «Stipule pour ton Seigneur et pour toi-même ce que tu voudras». Il lui répondit: «Pour mon Seigneur, je vous demande de L'adorer sans rien lui associer. Pour moi-même, je demande que vous me défendiez de la même façon que vous défendez vos personnes et vos biens». Ils dirent: «Le Paradis». Ils s'exclamèrent alors: «Le négoce a donné son profit! nous ne reviendrons plus sur nos décisions» Dieu alors fit cette révélation: «Allah dispose des biens et des âmes des croyants». Que les croyants donc tuent en combattant dans la voie de Dieu ou qu'ils soient tués, c'est tout un, la récompense est la même. Il est cité dans les deux Sahihs que l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - a dit: «Dieu s'est porté garant du sort de celui qui part pour combattre dans le chemin de Dieu, n'ayant d'autre but que ce combat, croyant en Lui et en Ses Prophètes de le faire entrer au Paradis (s'il meurt) ou de le rendre à sa demeure qu'il a quittée avec ce qu'il a obtenu comme récompense (céleste) et butin» (Rapporté par Boukhari et Mouslim). «La promesse d'Allah est indéniable; elle est inscrite dans le Pentateuque» qu'il a révélé à Moïse, «l'Evangile» révélé à Jésus, «et le Coran» à Mouhammad - qu'Allah le bénisse et le salue -. Qui donc tient sa promesse mieux que Dieu? Une expression qu'on trouve ses semblables dans le Coran, comme ce verset: «Qui mieux qu'Allah voit ses propos réalisés» [Coran IV, 87] et cet autre: «Qui est plus sincère qu'Allah» [Coran IV, 122]. Que les croyants -combattants- se réjouissent donc de cet échange qu'ils ont conclu avec le Seigneur, voilà le bonheur sans limites.

Verset 112

Ces croyants auxquels Dieu a acheté leurs personnes et leurs biens, Il les décrit dans ce verset qui renferme leurs plus beaux épithètes: — ceux qui se repentent: en abandonnant tous les péchés et s'abstenant de toute turpitude. — qui L'adorent: en persévérant dans leurs pratiques cultuelles sans manquer à leurs obligations envers Dieu. — qui Le glorifient: ou suivant une autre interprétation: qui le louent en toute circonstance. — qui répandent Son nom en se livrant aux exercices de piété dont le jeûne constitue le meilleur. — qui se courbent devant Lui et se prosternent à ses pieds en accomplissant leurs prières quotidiennes et les autres surérogatoires sans se lasser. En plus ils ordonnent le bien et ce qui est convenable en dirigeant les autres vers la voie droite et à être obéissants à Dieu. D'autre part, ils interdisent tout ce qui est répréhensible, bref ils incitent les hommes à observer les lois de Dieu et Ses enseignements. «Annonce une bonne nouvelle aux croyants» car une fois la foi raffermie, elle ne procure au croyant que le bonheur, tout le bonheur dans les deux mondes. L'expression «qui répandent Son nom» qui signifie en d'autre terme: ceux qui se livrent aux exercices de piété, citée dans le verset: سَائِحُونَ (As-Sa'ihoun), ne veut pas dire s'isoler dans les cavernes ou sur les sommets des montagnes ou dans les déserts. Car cette solitude est recommandée pendant les troubles et les séditions. Mais dans un temps normal, il s'agit, comme le montre un hadith prophétique, du combat dans la voie de Dieu. Quant à la période de trouble, Abou Sa'îd Al-Khoudri rapporte que l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - a dit: «Il arrivera un temps où la meilleure fortune de l'homme sera de mener son troupeau paître sur les cimes des montagnes et dans les endroits arrosés par la pluie, en fuyant ainsi sa religion loin des troubles» (Rapporté par Boukhari).

Verset 113

Il ne sied pas au Prophète et aux croyants d'implorer le pardon d'Allah en faveur des idolâtres, fussent-ils leurs parents, lorsqu'ils les savent voués à l'enfer. On a rapporté que lorsque Abou Taleb fut à l'article de la mort, le Prophète - qu'Allah le bénisse et le salue - entra chez lui alors qu'il y avait Abou Jahl et Abdullah Ben Oumayya auprès de lui. Il lui dit: «Ô oncle! Dis: «Il n'y a d'autre divinité que Dieu,» une attestation dont je serai témoin en ta faveur devant Dieu à Lui la puissance et la gloire» Abou Jahl et Abdullah Ben Oumayya lui dirent: «O Abou Taleb! vas-tu éprouver de l'aversion pour la religion de Abdul Mouttaleb?» Il répondit: «En effet je suis la religion d'Abdul Mouttaleb». Le Prophète - qu'Allah le bénisse et le salue - lui dit alors: «Je ne cesserai de t'implorer le pardon de Dieu à moins de recevoir l'ordre de ne plus le faire» Dieu à cette occasion fit descendre ce verset: «Il ne sied pas au Prophète et aux croyants d'implorer le pardon d'Allah en faveur des idolâtres, fussent-ils leurs parents, lorsqu'ils les savent voués à l'enfer». Un autre verset fut révélé aussi au sujet de Abou Taleb: «Tu ne diriges pas qui tu veux. Tandis que Dieu dirige qui Il veut» [Coran XXVIII, 56].

Verset 114

Si Abraham implora le pardon d'Allah en faveur de son père, c'est qu'il le lui avait promis. Lorsqu'il se rendit compte que son père était l'ennemi d'Allah, il le désavoua. Et pourtant Abraham était compatissant et bon. Ibn Bouraïda rapporte d'après son père le récit suivant: «Etant dans une expédition avec le Prophète - qu'Allah le bénisse et le salue -, notre nombre était presque mille cavaliers, il descendit de sa monture, fit une prière de deux rak'ats, puis il nous regarda les yeux larmoyants. Omar Ben Al-Khattab se leva, lui fit la formule de rançon des père et mère et lui demanda: «Qu'as-tu ô Envoyé de Dieu?» Il lui répondit: «J'ai imploré le pardon de mon Seigneur à Lui la puissance et la gloire pour ma mère, mais il ne me l'a pas accordé. Alors mes yeux fondirent en larmes pour la préserver contre l'enfer. Je vous avais interdit de ces trois: de visiter les tombes, mais maintenant visitez-les cas dans leur visite, peut-être il y aura un bien pour vous; de consommer la viande des offrandes après trois jours de leur sacrifice, mangez-en et faites-en provision autant que vous voudrez; enfin de boire dans certains récipients, mais maintenant buvez comme vous voudrez et ne buvez plus de boissons enivrantes» (Rapporté par l'imam Ahmad). Abraham, selon Ibn Abbas, ne cessa d'implorer le pardon de Dieu pour son père, mais, après sa mort, quand il s'avéra qu'il était un ennemi de Dieu, Abraham mit fin à son imploration. Abraham de par sa nature était compatissant et bon malgré que son père lui nuisait par actes et paroles.

Verset 115

Dieu se présente comme étant généreux et équitable. Il n'est pas de Sa nature d'égarer un peuple après l'avoir dirigé en lui envoyant un Prophète et un message afin que cela soit un argument contre lui au jour du compte final. Et Ibn Jarir de commenter: «Dieu ne vous condamne pas pour l'imploration de Son pardon en faveur de vos morts idolâtres après vous avoir dirigés vers la foi en Lui et en Son Prophète, mais une fois qu'Il vous interdise cette imploration, cessez-là, et vous ne serez pas responsables de ce que vous avez fait auparavant pour vous juger et considérer comme égarés. Tant l'obéissance qu'à la désobéissance à Dieu ne seraient considérées comme telles s'il n'y avait pas les ordres et les interdictions.

Verset 116

«Allah est le maître des cieux et de la terre. Il donne la vie et la mort. Il n'y a ni aide ni soutien en dehors de Lui» D'après Ibn Jarîr, on trouve dans ce verset une exhortation aux serviteurs croyants à combattre les polythéistes et les chefs de l'incrédulité. Les croyants doivent avoir confiance en Dieu qui leur accorde la victoire sans craindre Ses ennemis, Lui, dont la royauté des cieux et de la terre Lui appartient. Ils ne trouvent pas en dehors de Lui ni maître ni défenseur. Hakim Ibn Hizam rapporta: «Tandis que l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - se trouvait parmi ses compagnons, il leur demanda: «Entendez-vous ce que j'entends moi-même?» - Qu'entends-tu, ô Envoyé de Dieu? répondirent-ils. Il répliqua: «J'entends le gémissement du ciel et il a droit de le faire. Il n'y a plus l'endroit d'un empan sans qu'il n'y ait un ange prosterné ou debout» (Rapporté par Ibn Abi Hatem).

Verset 117

Allah a pardonné au Prophète, à ceux qui ont émigré avec lui et à ceux qui l'ont accueilli à Médine. Ne sont-ce pas ceux qui l'ont soutenu aux heures difficiles après avoir été sur le point de faillir à leur devoir? Il leur a pardonné puisqu'Il est pour eux plein de mansuétude et de clémence. Ce verset fut descendu lors de l'expédition de Tabouk. A cette époque-là, une disette envahissait le pays, la chaleur était torride et les hommes ne trouvaient de quoi pour s'approvisionner. On demanda à Omar Ben Al-Khattab de raconter ce qu'il y a eu lieu pendant l'expédition de Tabouk? Il répondit: «Nous sortîmes avec l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - dans un temps très chaleureux. Nous arrivâmes à un endroit où nous éprouvâmes une soif intense au point où nous sentîmes nos têtes se séparer de nos corps. L'un d'entre nous s'en allait à la recherche de l'eau et revenait bredouille. Un autre égorgeait son chameau et pressait ses entrailles pour se procurer d'un liquide et se désaltérer. Abou Bakr dit à l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue -: «O Envoyé de Dieu! Dieu à Lui la puissance et la gloire a souvent exaucé tes prières. Invoque-Le en notre faveur» - Est-ce ton désir? lui répondit-il.Et Abou Bakr de s'écrier: «Certes oui». L'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - alors tendit les mains vers le ciel et ne les abaissa avant que le ciel ne nous eut envoyé une pluie puis cessa. Les hommes purent alors se désaltérer et remplir des récipients qu'ils possédaient. En regardant de l'autre côté du camp, nous constatâmes qu'il n'y a eu aucune goutte d'eau». Ibn Jarir commente le verset précité et dit: «aux heures difficiles» cela signifie que les hommes manquaient les montures, les dépenses, les provisions et l'eau. A ce moment les cœurs de plusieurs d'entre eux étaient sur le point de dévier de la vérité et douter de la religion de l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue -, vu les moments difficiles qu'ils ont vécus ensemble, ensuite vers eux en les excusant, car il est bon et miséricordieux envers les hommes.

Verset 118

Allah a également pardonné aux trois individus qui n'ont pas suivi le Prophète. Longtemps la terre leur parut étroite, toute vaste qu'elle est. Eux-mêmes se sentaient oppressés et éprouvaient qu'ils ne pourraient trouver d'autre appui qu'en Allah. Allah les accueillit dans le sein de sa miséricorde et les amena ainsi au repentir. Allah est plein de mansuétude et de clémence. L'imam Ahmed rapporte d'après Oubaidallah Ben Ka'b Ben Malek qui dirigeait Ka'b atteint de cécité, que ce dernier a raconté: «Je n'ai manqué à aucune des expéditions que fit le Prophète - qu'Allah le bénisse et le salue - à l'exception de celle de Tabouk...» Ces trois individus étaient quasiment isolés des autres pendant cinquante jours et nul ne leur adressait la parole. La terre, toute vaste qu'elle fût, leur paraissait exiguë, ils ne savaient quoi faire, comment se comporter, mais malgré tout, ils manifestèrent leur constance et leur repentir. Donc cette période de boycottage était pour eux une punition puis Dieu revint vers eux.

Verset 119

Ô croyants, craignez Allah et soyez du côté des justes. «Soyez du côté des justes» un ordre divin qui ne procurera à celui qui l'aura observé que des issues pour toute affaire et toute gêne. Abdullah Ben Mass'oud a dit: «Aucun profit à tirer du mensonge que ce soit sérieux ou une plaisanterie».

Verset 120

Il est indigne des habitants de Médine et des nomades d'alentour d'abandonner le Prophète ou de préférer leurs personnes à la sienne. En effet, il n'est ni soif, ni fatigue, ni privation qu'ils n'endurent au service d'Allah, de même qu'ils ne fouleront pas un pouce de territoire ennemi ou qu'ils ne remporteront sur l'ennemi aucun succès, sans que cela ne leur soit compté comme une bonne œuvre! Allah ne laisse rien perdre aux gens de bien de leurs œuvres. Dieu blâme les hommes qui étaient restés à l'arrière sans participer à l'expédition de Tabouk, parmi les habitants de Médine et les bédouins qui vivaient autour d'elle et qui préféraient leur propre vie à celle du Prophète - qu'Allah le bénisse et le salue -, car par ce faire ils se sont privés de la rétribution. S'ils l'avaient suivi et prit part à cette expédition, ils n'éprouveraient ni soif, ni faim, ni fatigue en combattant dans le chemin de Dieu. De même, ils ne fouleront pas un endroit qui puisse être foulé en provoquant la colère des mécréants et ne recevront aucun avantage sur un ennemi, sans que cela ne soit une bonne action qui passe à leur actif. Dieu comme on le sait, ne laisse pas perdre la bonne rétribution à ceux qui font le bien.

Verset 121

Ces combattants dans le sentier de Dieu ne feront aucune dépense, petite ou grande, «ne franchiront aucune vallée» pour aller à la rencontre de leur ennemi «sans que cela ne soit inscrit à leur compte». On rapporte à ce propos que le prince des croyants Othman Ben Affan -que Dieu l'agrée-, grâce à ce verset, avait une très belle récompense parce qu'il avait dépensé, pour réaliser cette expédition, des dépenses énormes. L'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - avait excité les hommes à dépenser pour cette expédition qui, comme on l'a montré, avait lieu dans des circonstances très difficiles. Othman s'écria: «Je prends à ma charge cent chameaux tout équipés. Puis à la deuxième exhortation du Prophète - qu'Allah le bénisse et le salue -; Othman ajouta encore cent chameaux. Avant de descendre de sa chaire, l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - encouragea les hommes à dépenser, et Othman de répondre sans aucune hésitation: «Je suis prêt à donner aussi cent chameaux équipés.» Le rapporteur de cet événement ajouta: «J'ai vu alors l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - faire un geste de sa main en disant: «Dieu ne demandera pas compte à Othman sur tout ce qu'il aura commis après cela». Suivant une autre version, Othman vint trouver le Prophète - qu'Allah le bénisse et le salue - et versa devant lui mille dinars. Il les prit, les tourna entre ses doigts en disant: «Dieu désormais absoudra à Othman tout péché» et il le répéta plusieurs fois.

Verset 122

Ibn Abbas a commenté ce verset de cette manière: «Les croyants n'ont pas à sortir tous en campagne en laissant le Prophète - qu'Allah le bénisse et le salue - seul. Il convient donc qu'un groupe d'entre eux- c'est-à-dire un régiment- aille en campagne selon l'ordre du Prophète - qu'Allah le bénisse et le salue - et, à leur retour, ils apprendront des fidèles qui sont restés les enseignements et les révélations descendus durant leur absence, et s'instruiront ainsi dans la religion. «Peut-être en viendront-ils à craindre Allah» ou suivant une autre interprétation: «Peut-être prendront-ils garde». A ce propos Moujahed a dit: «Ce verset fut révélé au sujet de certains compagnons du Prophète - qu'Allah le bénisse et le salue - qui sont sortis dans les déserts pour accomplir leur mission. Ils étaient accueillis aimablement par les autres qui leur ont fait du bien. Ils les ont appelés à Dieu et à suivre la voie droite, et eux de répondre: «Nous trouvons que vous avez quitté vos compatriotes pour vivre entre nous». A cette réponse, les fidèles éprouvèrent un certain embarras, ils quittèrent le désert et se rendirent chez le Prophète - qu'Allah le bénisse et le salue - Dieu à Lui la puissance et la gloire fit alors cette révélation: «Il suffit qu'un certain nombre d'entre eux» à la recherche du bien «viennent apprendre la religion» pour être au courant des dernières révélations «puis s'en retournent chez eux pour l'enseigner à leurs concitoyens». Al-Dahak, quant à lui, a dit: «Lorsque le Prophète - qu'Allah le bénisse et le salue - voulait être à la tête d'une expédition qui comptait entreprendre, il n'était plus permis à tout musulman de rester chez soi sans en prendre part à moins qu'il n'y ait des excuses valables. Quand il envoyait les régiments, ceux-ci ne partaient avant son autorisation. Si une certaine révélation fut descendue durant leur absence, à leur retour ils demandaient à ceux qui étaient restés de la réciter». Ikrima de sa part a commenté: «Après la révélation de ce verset: «Si vous refusez de combattre, Allah vous infligera un châtiment exemplaire» [Coran IX, 39] et ceci: «Il est indigne des habitants de Médine et des nomades d'alentour...» [Coran IX, 120] les hypocrites s'écrièrent: «Les nomades et ceux qui ont fait défection à Mouhammad sont perdus» alors qu'un certain nombre des compagnons du Prophète - qu'Allah le bénisse et le salue - étaient sortis vers les déserts pour instruire leurs concitoyens. Dieu à cette occasion fit descendre: «Il n'est pas souhaitable que tous les fidèles quittent leur pays».

Verset 123

Dieu ordonne aux fidèles de combattre d'abord les impies qui sont près d'eux. C'est pourquoi l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - a commencé à combattre les idolâtres qui vivaient dans la presqu'île arabique. Lorsque les gens entrèrent en masse dans la religion de Dieu et embrassèrent l'Islam, à savoir que les principales régions étaient conquises telles que La Mecque, Médine, Taëf et d'autres, l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - se prépara alors au combat des incrédules parmi les gens du Livre. En l'an 9 après l'hégire, il fit l'expédition de Tabouk où vivaient les Romains qui étaient des gens d'Écriture, puis à cause de la disette, la chaleur torride et les difficultés qu'avaient rencontrées les fidèles, il retourna à Médine. En l'an 10 de l'hégire, l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - s'occupa du pèlerinage de l'adieu, et après quatre-vingt et un jour de son accomplissement, la mort le surprit. Son successeur au pouvoir le calife Abou Bakr As-Siddîq prit à sa charge la mission de l'expansion de l'Islam. En effet, il envoya des troupes pour combattre les Romains qui adoraient la croix et les Perses adorateurs du feu. Leurs pays furent conquis, César et Cosroès furent vaincus et leurs trésors pillés et emportés aux pays des musulmans pour être dépensés dans le sentier de Dieu. Après Abou Bakr, Omar fut élu calife et put conquérir les royaumes tant à l'est qu'à l'ouest et triompher sur les impies. A la mort de Omar, Othman Ben Affan tint les rênes du pouvoir et put conquérir aussi d'autres régions, la Parole de Dieu fut la plus haute, la religion de l'Islam envahit les pays et ainsi les successeurs du Prophète - qu'Allah le bénisse et le salue - au pouvoir avaient obtempéré aux ordres divins en se conformant à ce verset: «O croyants, combattez vos voisins infidèles». «Qu'ils sentent votre rudesse» en les combattant, car un croyant fidèle est celui qui est compatissant envers son frère le croyant, et rude envers les incrédules selon les dires de Dieu: «Miséricordieux envers les incrédules, durs envers les infidèles» [Coran V, 54] et: «Mohammed est le Prophète de Dieu. Autant ses compagnons sont implacables envers les infidèles, autant ils sont compatissants entre eux» [Coran XLVIII, 29]. Que les croyants sachent que Dieu est toujours avec ceux qui Le craignent, qu'ils se fient donc à Lui et observent Ses enseignements.

Verset 124

Quand une nouvelle sourate est révélée, il en est qui disent: «Duquel d'entre vous, cette sourate a augmenté la foi?» Elle a augmenté la foi de tous les vrais croyants, qui s'en réjouissent.

Verset 125

Quant aux cœurs infirmes, elle n'a fait qu'augmenter leur acrimonie. Et au moment de la mort, ils sont encore infidèles. Toutes les fois qu'une nouvelle sourate fut révélée, certains parmi les hypocrites dirent les uns aux autres: «Duquel d'entre vous, cette sourate a augmenté la foi?» C'est une preuve, comme ont avancé les ulémas, que la foi peut augmenter comme elle peut diminuer. «Quant aux cœurs infirmes, elle n'a fait qu'augmenter leur acrimonie» c'est à dire elle ajoute souillure à la souillure de ceux qui doutent et dont les cœurs sont malades, comme Dieu le confirme dans ce verset: «Ce Coran est un guide et un baume pour les croyants. Il se heurte à la surdité et à l'aveuglement des incrédules» [Coran XLI, 44]. Ceci est encore un signe de leur misère et leur mauvais sort, car même ce Coran qui est une guérison pour les cœurs et une voie droite ne fait qu'aggraver leur égarement à cause de leur incrédulité et leur hypocrisie, tout comme on a dit: «Celui dont son humeur est mauvaise, tout ce qui le nourrit ne fera qu'augmenter son mauvais tempérament».

Verset 126

Ne voient-ils pas qu'Allah les éprouve une ou deux fois l'an? Malgré cela, ils ne se repentent et ne s'amendent. On reproche à ces hypocrites leur obstination car, malgré qu'ils sont éprouvés une ou deux fois l'an, ils ne se repentent pas de leurs péchés ni se rappellent de ce qui les attendra dans l'au-delà. Cette épreuve a été interprétée de manières différentes: Moujahed a dit qu'il s'agit de la disette et de la faim. Pour Qatada l'épreuve est la guerre ou la conquête une ou deux fois l'an.

Verset 127

Chaque fois qu'une sourate est révélée, ils se regardent les uns les autres, disant: «Quelqu'un vous voit?» Puis ils s'esquivent. Allah ferme les cœurs de gens aussi peu compréhensifs. Après la révélation d'une sourate, les hypocrites regardent les uns les autres, et même à droite, à gauche, et partout si quelqu'un les voit, puis ils se détournent sans prêter aucune attention. Tel est leur comportement dans le bas monde, ils tergiversent et n'acceptent aucune vérité ou essayent de la saisir. Dieu montre leur cas quand Il dit dans une autre sourate: «Pourquoi se dérobent-ils à nos avertissements? semblables à des ânes effarouchés» [Coran LXXIV, 49 - 50]. Dieu, de sa part, détourne leurs cœurs car ils sont des gens qui n'essayent pas de concevoir ni de comprendre les enseignements, plutôt ils préfèrent s'en détourner et se préoccuper d'autres affaires.

Verset 128

Un Prophète choisi parmi vous est venu, compatissant à vos peines, impatient de vous convaincre. Il est toute bonté et clémence pour les croyants. Dieu rappelle aux croyants qu'Il leur a envoyé un Prophète pris parmi eux, c'est à dire d'une même nature que la sienne et qui parle leur langue, comme le montre également ce verset: «Allah a marqué une extrême bienveillance aux fidèles en choisissant parmi eux un Prophète» [Coran III, 164] et ce qu'Abraham avait demandé à Dieu en disant: «Seigneur, fais naître parmi eux un envoyé...» [Coran II, 129]. Ce Prophète qui a été envoyé, le mal que vous faites lui pèse, il ne cherche pas à vous accabler par les pratiques excessives dont vous êtes incapables d'accomplir, plutôt la loi qu'il a apportée est facile à quiconque Dieu la lui rend comme telle. Il est aussi avide de votre bien en vous dirigeant vers la voie droite. A ce propos Abdullah Ben Massoud rapporte que l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - a dit: «Dieu n'a imposé une interdiction sans qu'Il ne sache que vous allez la transgresser. Or, je vous tiens par la tête de peur que vous ne vous précipitez dans le feu comme font les mouches et les papillons» (Rapporté par Ahmad). Ibn Abbas rapporte que l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - a raconté qu'il a vu en rêve deux anges venir à lui. L'un se tint auprès de sa tête et l'autre auprès de ses pieds. Ce dernier dit au premier: «Donne-moi la parabole de cet homme-là et de sa communauté». L'autre répondit: «Ils sont pareils à des gens qui ont entamé un voyage et, arrivés à un désert, constatèrent que leur provision ne leur permettra ni de franchir le désert ni de retourner chez eux». Étant ainsi, un homme portant un joli manteau se présenta à eux et dit: «Si je vous amène dans un verger où vous trouverez la verdure et l'eau, me suivrez-vous?». - Certainement, répondirent-ils. Il les amena vers ce verger où ils ont pu manger et se désaltérer et même ont gagné du poids. Puis il leur dit: «Ne vous ai-je pas trouvé dans un état lamentable et vous m'avez suivi pour vous amener à ce verger?» - Oui, répondirent-ils. - Que pensez-vous si je vous dis qu'il y a aussi devant vous un jardin qui est aussi meilleur que celui-là, me suivrez-vous?» Une partie s'écria: «Par Dieu, il ne dit que la vérité, suivons-le», mais l'autre riposta: «Nous nous contentons d'y rester car nous y sommes très bien». «Il est toute bonté et clémence pour les croyants» tel est le caractère du Prophète - qu'Allah le bénisse et le salue - à qui Dieu a dit aussi: «Sois d'un abord facile pour les croyants qui se donnent à toi» [Coran XXVI, 215].

Verset 129

S'ils restent insensibles, dis: «Allah me suffit. Il n'y a d'autre Allah que Lui. Je me fie à Lui. Il est le détenteur du trône sublime. S'ils se détournent de toi et de la religion grandiose et facile que vous avez apportée, réponds-leur: «Allah me suffit. Il n'y a d'autre Allah que Lui. Prends-le pour souverain» [Coran LXXIII, 9]. Il est le Maître du Trône immense, à qui tout appartient. Il est le créateur de tout ce qu'il se trouve dans les cieux et sur la terre, entre eux et sous le Trône. Ils sont soumis à Sa volonté. Sa science embrasse tout. Sa décision se réalise. Il est puissant sur toute chose. A cet égard Abou Ad-Darda a dit: «Quiconque aura dit sept fois matin et soir: «Dieu me suffit, il n'y a de Dieu que Lui. Je me fie à Lui. Il est le Seigneur du Trône immense» Cela le délivre de toute gêne».

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