النحل

Les Abeilles

Sourate 16 · 128 versets · Revelation mecquoise

Verset 1

Le règne d'Allah est proche. Ne le hâtez pas. Gloire et louange à Allah qui n'a pas d'associés. Le règne d'Allah signifie l'Heure Suprême qui surviendra bientôt et sans aucun doute. Dieu met en garde Ses serviteurs contre Sa survenue où ils ne l'attendaient pas quand Il dit: «Proche est l'heure des comptes pour les hommes: mais, insouciants, ils ne s'y préparent pas» [Coran XXI, 1]. «Ne le hâtez pas» c'est à dire ne cherchez pas à hâter la venue du châtiment comme ce verset le confirme: «Ils te demandent de hâter leur supplice. Ils ignorent qu'un terme fixe l'heure de leur châtiment. Sans quoi, ce dernier les aurait déjà atteints sans qu'ils s'en doutent» [Coran XXIX, 53]. Les impies avaient demandé la venue du châtiment en doutant qu'une telle punition les atteindrait à cause de leur incrédulité. Dans le reste du verset, Dieu désavoue l'acte des impies qui Lui associent d'autres divinités. Gloire à Lui, Il est très élevé au-dessus de ce qu'on Lui associe.

Verset 2

L'esprit cité dans le verset signifie la révélation comme il est dit dans ce verset: «C'est ainsi que nous t'avons révélé l'esprit de notre règle» [Coran XLII, 52]. Cette révélation n'est descendue que sur qui Il veut, c'est à dire les Prophètes car Il sait mieux que quiconque à qui il convient de donner la mission de Prophète, comme Il choisit aussi des Envoyés parmi les anges et les mortels. Ces Prophètes n'ont pour mission exclusive que d'appeler les hommes à attester qu'il n'y a d'autre divinité que Dieu, de Le craindre comme il se doit et d'appréhender la vengeance et le châtiment qui sont réservés aux incrédules.

Verset 3

Il a créé le ciel et la terre à dessein. Qu'Il soit glorifié de ne pas avoir d'associé. Dieu a créé les cieux et la terre en toute vérité, Il est le seul créateur. Que les hommes sachent et croient, L'adorent sans rien Lui associer, Gloire à Lui qu'Il soit élevé au-dessus que les mécréants Lui reconnaissent des égaux par incrédulité, ignorance et égarement.

Verset 4

Il a créé l'homme d'une goutte de sperme. Aussitôt, il devient son adversaire déclaré. Puis Il parle de la création de l'homme: «d'une goutte de sperme» D'une eau vile, puis Il l'a placée dans un réceptacle solide pour une durée déterminée. Une fois cet homme atteint sa maturité et devenu sensé, il se montre querelleur, en mécréant en son Seigneur, combattant Ses Prophètes et les traitant d'imposteurs, au lieu d'être un serviteur reconnaissant et soumis, Il adore en dehors de Dieu des divinités inertes qui ne peuvent ni lui être utiles, ni lui nuire et devient ainsi un auxiliaire des ennemis du Seigneur. À cet égard Bichr Ben Jihach rapporte: «L'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - cracha dans la paume de ses mains et dit: «Dieu Très-Haut dit: «O fils d'Adam! Comment oses-tu Me rendre à l'impuissance alors que Je t'ai créé d'une substance comme celle-ci. Après que Je t'ai modelé et constitué harmonieusement, te voilà marcher somptueusement habillé sur la terre en produisant une voix retentissante. Tu as amassé (une fortune) mais tu refuses d'en donner en aumône. Mais une fois à l'article de la mort tu t'écries: «Je vais maintenant faire l'aumône!». Mais hélas, c'est trop tard» (Rapporté par Ahmed et les auteurs des Sunans).

Verset 5

Dieu rappelle à Ses serviteurs ce qu'Il leur a donné de bienfaits. Entre autres Il mentionne les bestiaux, les chameaux, les vaches et les moutons dont ils en retirent tant d'avantages: Soit qu'ils utilisent la laine, le poil et le crin pour en fabriquer les vêtements et des objets d'un usage précaire, soit qu'ils se nourrissent de leur lait et de leur chair, soit qu'ils les prennent pour l'apparât.

Verset 6

«Ils sont votre fierté, soit qu'ils se trouvent au repos» en les voyant le soir quand ils reviennent le ventre plein et les pis gonflés de lait, «soit qu'ils s'ébattent dans les pâturages» quand ils partent le matin pour brouter l'herbe dans les pâturages.

Verset 7

Au surcroît «ils transportent vos bagages» ce dont vous en serez incapables de porter vous-mêmes «dans les pays que vous ne pourriez atteindre qu'au prix de difficultés insurmontables sans eux» soit dans le but de faire le pèlerinage et la visite pieuse, soit pour entamer les expéditions, soit pour le commerce, soit pour d'autres usages. Dieu a parlé aussi de l'utilité des bestiaux dans ce verset: «C'est Allah qui a créé les animaux que vous utilisez comme montures ou comme aliments. Ils présentent pour vous d'autres utilités. Ils vous permettent de réaliser certains désirs. Comme les navires, ils servent à vous transporter» [Coran XL, 79 - 80]. Après avoir énuméré les avantages de ces animaux, Dieu rappelle aux hommes qu'Il est bon envers eux et miséricordieux. On trouve ce rappel dans plusieurs versets, on cite ces quelques-uns à titre d'exemple: «Nous les leurs avons assujettis» les uns leur servent de montures, les autres d'aliments» [Coran XXXVI, 72] et: «Qui a créé les navires et les animaux pour vous transporter» [Coran XLIII, 12].

Verset 8

En voilà aussi d'autres espèces d'animaux que Dieu met au service des hommes: les chevaux, les mulets et les ânes pour être montés et pour l'apparât. La question qui se pose est la suivante: «Pourquoi ces espèces d'animaux ont été indépendants les uns des autres en les énumérant dans deux versets séparés? La réponse en est que certains des ulémas ont déclaré que la viande des chevaux est illicite, comme Abou Hanifa et d'autres, étant cités avec les mulets et les ânes. À cet égard, il a été rapporté qu'Ibn Abbas répugnait, voire interdisait la viande des chevaux, des mulets et des ânes et tirait argument des dires de Dieu: «Il a créé pour vous les animaux, vous en tirez vos vêtements, votre nourriture» cette espèce est donc pour la subsistance, et «Il a créé les chevaux, les mulets, et les ânes pour vous servir de monture» ceux-là pour être montés sans aucun autre avantage. Un hadith, qui confirme les dires d'Ibn Abbas, a été rapporté par l'imam Ahmed d'après Khaled Ben Al-Walid que l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - a interdit la viande des chevaux, des mulets et des ânes. Mais un autre hadith rapporté par Jaber Ben Abdullah et cité dans les deux Sahihs, contredit le premier où l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - a interdit la consommation de la viande des ânes domestiques et toléré celle des chevaux. Jaber raconte aussi: «Le jour de l'expédition de Khaibar nous égorgeâmes les chevaux, les mulets et les ânes. L'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - nous interdit la viande des mulets et des ânes sans les chevaux». Par ailleurs on rapporte ce hadith d'après Asma la fille d'Abou Bakr «Que Dieu les agrée» où elle a dit « Du temps de l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - alors que nous nous trouvions à Médine, nous égorgeâmes un cheval et mangeâmes de sa viande» (Rapporté par Mouslim). L'opinion des imams Malek, Chafe'i et Ahmed de leurs adeptes et de la majorité des ulémas fut basée sur les hadiths précités, ainsi fut celle des ulémas contemporains.

Verset 9

Indiquer la voie droite est une affaire qui incombe à Dieu et les hommes sont tenus de la suivre sans s'en détacher, car Il l'ordonne en disant: «Voilà la voie droite. Suivez-la et ne suivez pas les sentiers qui l'avoisinent, car ils vous éloigneraient d'elle» [Coran VI, 153]. La voie de Dieu est celle de la vérité comme a déclaré Moujahed, ou celle de l'Islam d'après As-Souddy, ou enfin celle qui discerne la bonne direction de l'égarement comme a précisé Ibn Abbas. Mais il s'avère que l'opinion de Moujahed l'emporte car Dieu a fait connaître aux hommes qu'Il y a tant de chemins qu'ils puissent les emprunter mais il n'y a qu'un seul qui les conduit vers Lui c'est celui de la vérité qu'Il a agréé pour eux et tous les autres ne sont que des impasses. «Il y a des voies divergentes et qui s'éloignent de la vérité, qui sont d'après Ibn Abbas, basées sur les passions et les opinions différentes telles que le judaïsme, le christianisme et le mazdéisme. Tout dépend enfin de la volonté de Dieu qui, s'Il le voulait, «Il mettrait tous les hommes dans la bonne voie» comme Il l'affirme dans d'autres versets: «Si ton Maître l'avait voulu, l'univers entier aurait embrassé Sa foi» [Coran X, 99] et: «Si ton Seigneur l'avait voulu, Il n'aurait fait des hommes qu'un seul peuple» [Coran XI, 118].

Verset 10

C'est lui qui envoie du ciel l'eau que vous buvez et qui féconde les pâturages où paissent vos troupeaux. Et Dieu de continuer à dénombrer Ses bienfaits en parlant maintenant de la pluie grâce à laquelle les hommes se désaltèrent quand elle est potable et douce du moment qu'il est capable de la rendre saumâtre. Il fait encore croître les plantes dont se nourrissent leurs troupeaux.

Verset 11

L'eau qui fait croître le blé, l'olivier, le palmier, la vigne et toutes sortes de plantes. Cela est plein d'enseignements pour qui réfléchit. Et Dieu de continuer à dénombrer Ses bienfaits en parlant maintenant de la pluie grâce à laquelle les hommes se désaltèrent quand elle est potable et douce du moment qu'il est capable de la rendre saumâtre. Il fait encore croître les plantes dont se nourrissent leurs troupeaux. Toujours grâce à cette eau Dieu fait pousser une variété d'arbres et de céréales: l'olivier, la vigne et le blé... Ces arbres malgré qu'ils sont arrosés par la même source d'eau donnent des fruits de différentes formes, couleurs et saveurs. N'est-ce pas qu'il y a là des signes pour ceux qui réfléchissent? Dieu a dit aussi: «Celui qui a créé les cieux et la terre, celui qui fait tomber l'eau du ciel et s'en sert pour faire croître de riants bosquets, (ce n'est pas vous qui pourriez faire pousser des arbres?) est-ce une autre divinité qu'Allah? Et cependant le peuple Lui donne des égaux» [Coran XXVII, 60].

Verset 12

Parmi Ses signes éclatants il y a la nuit et le jour qui se succèdent, le soleil et la lune mis au service des hommes ainsi que les autres astres, étoiles et planètes qui parcourent les cieux dont chacune vogue dans son orbite et le tout soumis au pouvoir de Dieu et à Ses ordres: «C'est Lui qui a soumis à Ses lois le soleil, la lune et les étoiles. N'est-ce pas à Lui seul qu'appartient le don de créer et de gouverner toutes choses? Béni soit Allah, le maître de l'Univers!» [Coran VII, 54]. Voilà bien là des signes, vraiment, pour des gens qui comprennent.

Verset 13

Dans le ciel aussi bien que sur la terre, il y a des choses répandues et étonnantes de couleurs variées: les animaux, les métaux, les plantes et les choses inertes dont chaque espèce est créée pour un usage déterminé. Voilà bien là des signes pour ceux qui se rappellent.

Verset 14

Dieu a mis aussi la mer au service de Ses serviteurs d'où ils peuvent procurer une viande fraîche et retirer les joyaux pour leur parure, et prendre le large sur des vaisseaux qui voguent partout en traversant les mers et les océans à la recherche des bienfaits de Dieu. A cet égard on signale que Noé -que Dieu l'agrée- était le premier à fabriquer le vaisseau, son arche célèbre, et les hommes ont hérité cette industrie de lui.

Verset 15

Que les hommes donc soient reconnaissants envers leur Seigneur. Qu'ils se rappellent aussi qu'Il a jeté des montagnes sur la terre comme des piliers afin qu'elle ne branle pas sinon la vie y aurait été inconfortable et les hommes ne sauraient comment s'y déplacer ou assurer une vie stable. Qais Ben Sa'd a dit à ce propos: Lorsque Dieu a créé la terre celle-ci commença à bouger et les anges de s'écrier: Aucune âme n'y vivra. Mais le matin les montagnes y ont été placées pour l'empêcher de vaciller. «Il a créé routes et fleuves» Ces dernières traversent les pays en prenant leurs sources de l'un pour terminer dans un autre, les unes ont un cours très court les autres un cours plus long et circulent dans tous les côtés en formant des lacs ou autres, afin que les hommes s'en servent pour différents usages.

Verset 16

Quant aux routes, les hommes les empruntent en franchissant les différents territoires et même les cols et les vallées afin que les montagnes n'y constituent aucune entrave devant eux et empêchent leur déplacement. Les montagnes soient-elles hautes ou basses servent aussi comme points de repère une fois les hommes en se déplaçant ne perdent pas le chemin. Les étoiles également indiquent le chemin aux hommes quand ils voyagent la nuit.

Verset 17

Après tout cela «peut-on mettre sur le même pied celui qui crée» qui est Dieu le seul créateur «et celui qui ne crée pas?» les divinités que les hommes ont inventées.

Verset 18

Si les hommes veulent dénombrer les bienfaits de Dieu, ils ne pourraient plus le faire à cause de leur multitude. Et malgré tout Dieu pardonne l'ingratitude des hommes, car Il voulait leur demander de reconnaître chacun de Ses bienfaits, ils s'en seraient incapables; s'Il leur avait ordonné de le faire, ils s'en seraient impuissants et auraient délaissé cette charge; enfin s'Il voulait les châtier, Il l'aurait fait sans les léser ou être injuste à leur égard. Mais Il est le Pardonneur par excellence et le Clément qui récompense pour le peu des bonnes actions.

Verset 19

Dieu sait tout ce que les hommes cachent et divulguent et pénètre dans le tréfonds des cœurs, pour que, au jour de la résurrection, Il rétribue chaque individu selon ses actions.

Verset 20

Les idoles qu'adorent les polythéistes et invoquent en dehors de Dieu, ne sont que des êtres morts qui ne créent rien et sont elles-mêmes créées. A ce propos Abraham l'ami de Dieu -que Dieu le salue- a dit à son peuple: «Comment vous adorez les statues que vous avez vous-mêmes sculptées? N'est-ce pas Allah qui vous a créés ainsi que tout ce que vous façonnez?» [Coran XXXVII, 95 - 96]. Ce ne sont que des objets inanimés qui n'entendent, ni voient, ni réfléchissent «et qui ne savent même pas quand ils seront ressuscités» Comment espère-t-on d'elles un bien ou une récompense? Il ne faut attendre cela que de Dieu l'omniscient et le créateur de toute chose.

Verset 21

Les idoles qu'adorent les polythéistes et invoquent en dehors de Dieu, ne sont que des êtres morts qui ne créent rien et sont elles-mêmes créées. À ce propos Abraham l'ami de Dieu - que Dieu le salue - a dit à son peuple : « Comment adorez-vous les statues que vous avez vous-mêmes sculptées ? N'est-ce pas Allah qui vous a créés ainsi que tout ce que vous façonnez ? » [Coran XXXVII, 95 - 96]. Ce ne sont que des objets inanimés qui n'entendent, ni voient, ni réfléchissent « et qui ne savent même pas quand ils seront ressuscités ». Comment espère-t-on d'elles un bien ou une récompense ? Il ne faut attendre cela que de Dieu l'omniscient et le créateur de toute chose.

Verset 22

Dieu affirme aux hommes qu'Il est le Dieu Unique, mais les incrédules nient cette vérité en leurs cœurs et s'enorgueillissent en s'exclamant : « Comment il prétend réunir toutes les divinités en une seule ? C'est vraiment là quelque chose d'extravagant » [Coran XXXVIII, 5]. Lorsque le Prophète appelle les idolâtres à un Dieu Unique, Dieu montre leur comportement en disant : « Quand l'unité de Dieu est affirmée devant eux, ceux qui ne croient pas à la vie future ricanent de dépit » [Coran XXXIX, 45]. Car ces gens-là « sont pourvus d'orgueil » mais qu'ils sachent que Dieu les menace en disant : « Ceux qui refusent de Me servir par orgueil entreront tête basse en enfer » [Coran XL, 60].

Verset 23

Il leur rappelle qu'Il sait ce qu'ils cachent et ce qu'ils divulguent, Il les rétribuera pour cela, mais qu'ils n'oublient pas qu'il n'aime point les orgueilleux.

Verset 24

À ceux qui renient les révélations on demande : Qu'est-ce que votre Seigneur a fait descendre ? Ils répondent : « Vieilles fables que tout cela » c'est à dire des histoires qu'on trouve dans les anciennes Écritures, comme Dieu le montre dans ce verset : « Ce ne sont que vieux contes recueillis par lui, ajoutent-ils, qu'on lui dicte matin et soir » [Coran XXV, 5] Ils considèrent que tout ce que le Prophète - qu'Allah le bénisse et le salue - leur rapporte n'est que mensonges en inventant des réponses contradictoires qui sont des futilités à cause de leur égarement : « Vois tout ce à quoi ils te comparent ? Ils sont égarés. Ils ne savent plus dans quel sens s'orienter » [Coran XVII, 48]. Car quiconque se dévie du chemin de la vérité, ses paroles sont vaines et non fondées.

Verset 25

Ils disaient du Prophète - qu'Allah le bénisse et le salue - : « C'est un devin, ou poète, ou magicien ou aliéné », enfin ils ont adopté ce que leur chef Al-Walid Ben Al-Moughira leur dit après tant de réflexions. « Ah ! il suppute et ourdit des complots. Eh bien ! qu'il soit pris à ses propres pièges. Oui, qu'il soit pris à ses propres pièges. Un moment, il porta ses regards sur le Prophète. Puis, il se renfrogna et s'assombrit : il se détourna et s'enfla de dédain. « Le Coran n'est qu'une magie imitée » dit-il » [Coran LXXIV, 18 - 24]. Ils s'accordèrent enfin sur tout cela et : « Au jour du jugement dernier, ils auront à répondre de leurs propres péchés et de ceux des ignorants qu'ils auront égarés. » Dieu a destiné tout cela et inspiré à ces impies de dire de tels propos et d'adopter la situation de leur chef, afin que ce dernier supporte son propre péché qui lui sera un grand fardeau et le péché de ceux qu'il a égarés et de ceux qui les auront suivis.

Verset 26

Leurs prédécesseurs avaient été non moins perfides. Allah ébranla les fondements de leurs édifices. Les toits s'écroulèrent sur leurs têtes et leur perte fut consommée d'une manière qu'ils n'avaient pas prévue. D'après les commentaires d'une bonne partie des exégètes, Nimrod fut le premier tyran sur terre qui avait bâti son édifice et avait usé de stratagèmes pour égarer ses sujets. Noé avait dit en parlant de son peuple : « Ils emploient des moyens d'une basse perfidie » [Coran LXXI, 22] en stratagèmant pour détourner les hommes de la voie droite par tous les moyens possibles et en les appelant à leur idolâtrie. Dieu est venu sur les bases de leur édifice et l'a sapé, le toit s'écroula sur leurs têtes, le châtiment les atteignit sans le pressentir.

Verset 27

Au jour du jugement dernier, Il les confondra et les interrogera : « Où sont les associés à qui vous prétiez une part de mes attributs ». Les initiés s'écrieront : « ce jour apporte confusion et supplices aux infidèles ». Au jour du compte final ils seront couverts d'opprobre et humiliés. Dieu dénoncera leur félonie et leurs stratagèmes en dévoilant leurs secrets. Ibn Omar rapporte que l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - a dit : « Au jour de la résurrection, à chaque perfide on hissera un étendard derrière lui en fonction de sa perfidie en déclarant : « C'est la perfidie d'un tel... » » (Rapporté par Boukhâri et Muslim). C'est ainsi que les hommes seront comparés devant le Seigneur qui dévoilera tous leurs secrets et les couvrira d'opprobre devant toutes les créatures. Il leur dira : « Où sont les associés à qui vous prétiez une part de mes attributs » qui vous défendiez et combattiez pour eux pour leur satisfaire, qu'ils viennent donc vous sauver du supplice qui vous attend « Peuvent-elles (les divinités) vous défendre ou se défendre elles-mêmes » [Coran XXVI, 93]. Une fois se trouvant incapables à répondre par manque d'excuses et de preuves, la parole du Seigneur se réalise. Ceux qui auront reçu la science, les initiés et les chefs s'écrieront : « Ce jour apporte confusion et supplices aux infidèles » et seront couverts d'ignominie et de honte et subiront le supplice qui est réservé aux mécréants.

Verset 28

Les idolâtres qui se sont manqués à eux-mêmes, lorsque les anges les achèvent recueillant leurs âmes, offriront la paix et se montreront prêts à croire et à être soumis et diront : « Quel mal avons-nous fait ? » comme ils diront aussi « Par Allah, notre Seigneur, nous n'avons jamais donné d'associés à Allah » [Coran VI, 23]. Dieu les démentira alors et leur répondra : « Si, Allah sait le mal que vous avez fait. Passez les portes de l'enfer » qui sera le séjour détestable et la demeure de l'ignominie pour ceux qui s'enorgueillissaient, niaient les signes de Dieu et refusaient de suivre les Prophètes. À leur mort, leurs âmes seraient touchées par les flammes de la Géhenne ainsi que leurs corps dans les tombes. Au jour de la résurrection les âmes seront ramenées aux corps pour demeurer à la Géhenne pour l'éternité « La mort ne mettra jamais un terme à leur supplice et celui-ci ne connaîtra pas d'adoucissement » [Coran XXXV, 36].

Verset 29

« Si, Allah sait le mal que vous avez fait. Passez les portes de l'enfer » qui sera le séjour détestable et la demeure de l'ignominie pour ceux qui s'enorgueillissaient, niaient les signes de Dieu et refusaient de suivre les Prophètes.

Verset 30

À l'inverse des mécréants qui nient les révélations ou disent qu'elles sont de vieux contes, les crédules avouent : « Elles nous ont apporté le bonheur » et le bien, elles sont une bénédiction et une miséricorde pour ceux qui y croient et s'y conforment. Ceux-là « trouvent une récompense » dans le bas monde car Dieu l'affirme dans ce verset : « Quiconque, mâle ou femelle, fait le bien tandis qu'il est croyant, sûrement Nous le ferons vivre une excellente vie » [Coran XVI, 97], et dans la vie future ils recevront une récompense plus belle encore. Une excellente rétribution promise qu'on trouve dans plusieurs versets, et Dieu ne trahit jamais Sa promesse. Il a dit à Son Prophète - qu'Allah le bénisse et le salue - : « La vie future te réserve plus de joie que la présente » [Coran XCIII, 4].

Verset 31

Ce sera le jardin de l'Eden qui est la demeure de la félicité où coulent les ruisseaux parmi ses palais et ses arbres : « et où les moindres désirs sont satisfaits ». Dans un hadith authentique, l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - a dit : « Le nuage passe au-dessus les élus du Paradis alors qu'ils sont en train de prendre leur boisson. Aucun d'entre eux ne souhaite une chose sans que ce nuage ne la lui donne, même s'il demande qu'il pleuve des jeunes filles d'un âge égal ». C'est ainsi qu'Allah récompense ceux qui Le craignent.

Verset 32

Lors de leur mort, ces croyants sont bons et purifiés de tout acte d'impiété, les anges se présentent à eux pour recueillir leurs âmes en leur annonçant le Paradis : « Ceux qui disent : « Notre maître est Allah » et se conduisent avec droiture recevront des anges cette assurance : « Ne craignez rien et ne vous tourmentez pas. Vous irez au Paradis comme on vous l'a promis » [Coran XLI, 30]. Nous avons montré auparavant comment les anges recueillent l'âme du croyant et celle de l'incrédule. Ceux qui se présentent aux anges en état de pureté au moment de leur mort : « Que la paix soit sur vous, leur diront les anges, entrez dans l'Eden en récompense de vos œuvres ».

Verset 33

Qu'attendent-ils pour se convertir ? que des anges se présentent à eux ou que s'exécutent les ordres d'Allah ? Ce fut l'attitude de leurs prédécesseurs. Ce n'est pas Allah qui leur a voulu du mal, ce sont eux qui se sont fait du mal à eux-mêmes. Dieu menace les mécréants qui persévèrent dans leur incrédulité et dont le bas monde les trompe. Qu'attendent-ils pour croire que les anges viennent à eux pour les achever ou que l'ordre de Dieu survient pour subir le châtiment. « Ce fut l'attitude de leurs prédécesseurs » qui se sont comportés comme eux jusqu'au moment où ils ont goûté la rigueur de Dieu et l'atrocité de Son supplice. Dieu ne les a pas lésés car Il leur a envoyé des Prophètes pour leur transmettre les enseignements et les révélations. Mais ils se sont fait du mal à eux-mêmes en s'opposant aux Prophètes et en les traitant d'imposteurs.

Verset 34

Le mal qu'ils avaient fait rejaillit sur eux et ils subirent le châtiment qu'ils avaient tourné en dérision. « Le mal qu'ils avaient fait rejaillit sur eux ». Au jour du jugement dernier « ils subiront le châtiment qu'ils avaient tourné en dérision » que Dieu leur a destiné.

Verset 35

Ceux qui associent d'autres divinités à Allah disent : « Si Allah l'avait voulu, nous n'aurions adoré que Lui, nous et nos pères, et nous n'aurions prononcé d'autres interdictions que les siennes » C'est ainsi qu'ont agi ceux qui les ont précédés. Les Prophètes ont-ils autre mission que de transmettre ? Ils disent : « Si Dieu avait voulu, nous n'aurions rien adoré en dehors de Lui ni Lui associé d'autres divinités, nous et nos pères ! nous n'aurions rien interdit en dehors de ses prescriptions » comme les animaux du troupeau appelés : Bahira, Saïba, Ouassila et Ham ou autres de nous-mêmes à qui Dieu n'a donné aucun pouvoir. On peut déduire de leurs propos que si Dieu répugnait ce que nous faisions, Il nous aurait interdit en nous infligeant une punition et en nous forçant à ne plus persévérer dans notre incrédulité. Dieu réfute leurs arguments et leur répond : « Les Prophètes ont-ils une autre mission que celle d'avertir ? ».

Verset 36

Nous avons envoyé des Prophètes à chaque peuple. « Adorez Allah et évitez Taghoût » était leur mot d'ordre. Certains de ces peuples ont suivi la bonne voie, d'autres, ont précipité leur perte. Parcourez le monde et considérez quelle a été la fin de ceux qui ont méconnu les Prophètes. Ce n'est pas comme vous le prétendez et qu'il n'a pas désavoué votre agissement, plutôt Il vous l'a interdit formellement en envoyant à chaque peuple des Prophètes au fil des jours et des générations. Il n'a cessé d'avertir les hommes du jour où les fils d'Adam ont reconnu d'autres que Lui du temps de Noé qui fut le premier Prophète envoyé aux habitants de la terre, jusqu'à Mouhammad - qu'Allah le bénisse et le salue - qui fut leur dernier dont le message est adressé à tous les peuples tant à l'est qu'à l'ouest. Leur mission était d'avertir et dire aux hommes : « Adorez Allah et évitez Taghoût ». D'autre part, Il a désavoué l'agissement des impies en les menaçant par la bouche de Ses Prophètes, et c'est pour cela Il leur dit : « Parcourez le monde et considérez quelle a été la fin de ceux qui ont méconnu les Prophètes ». Qu'ils interrogent sur la fin triste des autres peuples mécréants qui les ont précédés « Allah les a exterminés et réserve un pareil sort aux infidèles » [Coran XLVII, 10]. Il a dit aussi : « Avant eux, d'autres peuples ont repoussé Mes messages. Quelle a été ma répression » [Coran LXVII, 18].

Verset 37

Tu t'efforces de les mettre dans la bonne voie ? Mais sache que nul ne saurait guider ceux qu'Allah a voués à l'erreur. Ceux-là ne trouveront aucune assistance. Puis Dieu montre à Son Prophète - qu'Allah le bénisse et le salue - que ses efforts pour attirer ces idolâtres sont vains s'Il avait voulu les égarer comme Il a dit : « Tu ne pourras rien pour ceux qu'Allah veut perdre » [Coran V, 41] ou lorsque Noé a dit à son peuple : « Malgré toute ma bonne volonté, mes conseils ne vous serviront à rien s'il est dans les desseins d'Allah de vous perdre » [Coran XI, 34]. Diriger et égarer dépendent de la volonté de Dieu qui ne guide pas ceux qui s'égarent. « Ceux-là ne trouveront aucune assistance ».

Verset 38

Les impies ont juré par Dieu en prononçant les serments les plus solennels que Dieu ne ressuscitera pas les morts ! Mais Il leur répond en affirmant « Bien au contraire », mais qu'attendons-nous des gens ignorants ? Car à cause de leur incrédulité ils tombent dans l'ignorance et l'erreur en traitant les avertissements et les enseignements de mensonge. Dieu rassemblera les hommes pour le jugement dernier afin de trancher le sujet de leur dissension et de leur prouver qu'ils étaient des menteurs en tant que mécréants intérieurement et extérieurement.

Verset 39

Dieu rassemblera les hommes pour le jugement dernier afin de trancher le sujet de leur dissension et de leur prouver qu'ils étaient des menteurs en tant que mécréants intérieurement et extérieurement plus ressuscités.

Verset 40

Lorsque Dieu décrète une chose Sa parole suffit pour la réaliser. Il lui dit : « Soit » et elle est. La résurrection se fera promptement en un seul mot car Dieu a dit à ce propos : « Notre ordre tient en un seul mot aussi prompt qu'un clignement d'œil » [Coran LIV, 50] et aussi : « Vous créer et vous ressusciter, c'est pour Lui comme créer et ressusciter une seule âme » [Coran XXXI, 28] Donc il suffit que Dieu ordonne et tout sera réalisé et rien ne pourrait repousser ou empêcher Son ordre, car Il est l'Unique, le Dominateur Suprême et le Tout-Puissant.

Verset 41

Dieu promet à ceux qui ont été forcés à quitter leur pays -La Mecque- à la recherche de Sa satisfaction en laissant derrière eux biens et familles, la meilleure des récompenses dans les deux mondes. Quant à «l'installation convenable» elle est la Médine d'après Ibn Abbas, ou les biens licites selon Mojahed. Aucune contradiction ne s'avère entre les deux opinions car les Mouhagériens avaient reçu de la part de leur Seigneur une cité hospitalière et tant de bienfaits bons et licites en compensation de ce qu'ils avaient délaissé à La Mecque. Il a fait d'eux des commandants et des imams et furent par la suite des modèles d'hommes vertueux à être imités. Leur récompense dans la vie future sera encore plus belle.

Verset 42

Si ceux qui sont restés en arrière et ont refusé d'émigrer savaient ce que Dieu avait réservé aux Mouhagériens, personne n'aurait manqué l'émigration. A ce propos, lorsque Omar donnait au Mohagérien sa part du butin ou d'autre il lui disait: «Prends ceci que Dieu te le bénisse, c'est ce que Dieu t'a promis dans ce monde et ce qu'Il t'a réservé dans l'autre est encore meilleur.» Ils sont ceux que Dieu a décrits dans le verset en disant qu'ils sont ceux qui furent constants en supportant à La Mecque les méfaits des idolâtres et confièrent leur sort à Dieu qui leur a assuré la bonne fin dans les deux mondes.

Verset 43

Ibn Abbas a commenté: Lorsque Dieu envoya Mouhammad - qu'Allah le bénisse et le salue - comme un Prophète, les arabes ou une partie d'eux le renièrent et dirent: «Dieu est plus grand que d'envoyer un mortel» Dieu fit descendre alors ce verset: «Qu'y a-t-il d'étonnant à ce que nous avons donné mission à l'un d'entre vous d'avertir ses semblables?» [Coran X, 2]. Puis Il l'affirme par cet autre en confirmation du message: «Nous n'avons envoyé avant toi que des hommes à qui nous avons confié nos révélations». Interrogez les gens du Livre, les Prophètes étaient-ils des anges ou des mortels? S'ils étaient des anges, vous auriez droit à renier, mais s'ils étaient des hommes vous ne devriez plus renier Mouhammad - qu'Allah le bénisse et le salue. En d'autres termes les Prophètes envoyés avant lui n'étaient que des mortels comme on le voit dans les autres Écritures et Dieu l'indique dans ce verset: «Réponds-leur: Béni soit mon Seigneur! Suis-je autre chose qu'un homme envoyé par Allah?» [Coran XVII, 93] et dans celui-ci: «Dis: Je ne suis qu'un mortel comme vous, à qui il a été révélé» [Coran XVIII, 110].

Verset 44

Tous les Prophètes envoyés étaient appuyés par les Écritures qui contenaient les enseignements, et qui étaient également comme preuves de la mission, dont le dernier fut le Coran: «Pour que tu expliques aux hommes ce qui leur a été révélé» et tu leur exposes clairement ce que Dieu a fait descendre vers eux. Peut-être réfléchiront-ils pour se diriger et assurer leur salut.

Verset 45

Dieu fait connaître aux hommes qu'il est clément et accorde un répit aux rebelles qui font le mal et trompent les autres en les appelant à les imiter, alors qu'il est capable de les faire engloutir par la terre ou de leur infliger un supplice d'où ils ne l'attendaient pas et à l'improviste: «Ne craignez-vous pas que le maître des cieux n'entrouvre la terre sous vos pas? Elle oscillerait alors» [Coran LXVII, 16], ou bien «qu'une calamité ne les frappe» dans leur subsistance ou dans leur voyage pour acquérir les biens ou autre.

Verset 46

«Ou ne les surprenne malgré leur vigilance» C'est-à-dire qu'Il ne les saisisse en plein effort et dans ce cas ça serait plus dur pour eux car ils ne l'attendent pas!

Verset 47

Mais Dieu est bon envers Ses sujets et indulgent et ne leur hâte pas Son châtiment avant qu'ils ne s'amendent et reviennent à Lui s'ils veulent se repentir. À cet égard, il est cité dans les deux Sahihs que l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - a dit: «Nul être n'est plus patient que Dieu en entendant ce qui Lui nuit soit en Lui attribuant un enfant, et malgré cela, Il leur pardonne et accorde les bienfaits» (Rapporté par Boukhâri et Mouslim).

Verset 48

Toutes les créatures dans les cieux et sur la terre, même les animaux et les objets inanimés, les hommes et les djinns, sont tous soumis à Dieu. Les ombres de toutes choses que Dieu a créées s'allongent à droite et à gauche, ou suivant une autre interprétation de l'orient à l'occident, en se prosternant devant Lui matin et soir. Et Mojahed de commenter: Lorsque le soleil disparaît -la nuit- tout se prosterne devant Dieu à Lui la puissance et la gloire. Comme il a dit aussi: L'ombre de toute chose est sa prosternation; les ondes de la mer sont ses prières, si Dieu voulait que tout cela soit comme des êtres animés raisonnables, ils se seraient prosternés de la sorte. Il a dit dans un autre verset: «Tout ce qui palpite dans les cieux et la terre glorifie Allah de gré ou de force. Jusqu'à leurs ombres qui s'inclinent matin et soir» [Coran XIII, 15].

Verset 49

Même les anges dans les cieux se prosternent devant Dieu sans s'enorgueillir, plutôt ils redoutent Celui qui se trouve au-dessus d'eux, exécutent Ses ordres et persévèrent dans leur soumission à Lui. Les hommes doivent adorer Dieu seul car aucune autre divinité n'existe en dehors de Lui. Il est le Maître de l'univers et de ce que les cieux et la terre contiennent. Tout est tenu de Lui rendre un culte pur et Lui être reconnaissant pour les bienfaits qu'Il accorde.

Verset 50

Comme Il est l'Utile, Il est aussi le Pernicieux. C'est vers Lui que les hommes doivent s'adresser en implorant Son secours et Le priant avec ferveur. Par exemple «Si un péril sur mer vous menace, c'est en vain que vous invoquez d'autres divinités qu'Allah» [Coran XVII, 67]. Mais lorsqu'Il vous a sauvés du danger vous vous détournez. L'homme n'est qu'un ingrat. «Vous délivre-t-Il du mal? nombreux sont ceux qui Lui reconnaissent des associés» Jouissez donc, pour un temps, des biens éphémères de ce bas monde, bientôt vous saurez le sort qui vous est réservé et le supplice qui vous attend pour prix de votre ingratitude et impiété.

Verset 51

Dieu a dit : «Ne prenez pas deux divinités. Il n'y a qu'un Dieu unique.» C'est à dire ne vous donnez pas deux dieux à adorer, car en vérité il n'y a qu'un Dieu unique - Il a ajouté cette affirmation pour confirmer Sa divinité et Son unicité - alors craignez-Moi seul, redoutez-Moi à l'exclusion de tout autre.

Verset 52

À Lui appartient ce qui est dans les cieux et sur la terre comme possessions, créatures et serviteurs. La religion Lui est entièrement vouée pour toujours. Adorerez-vous donc un autre que Dieu, alors qu'Il est le Vrai Dieu en dehors duquel il n'y a point de divinité ? Cette interrogation est un rejet et un blâme.

Verset 53

Quelque grâce que vous ayez, elle vient de Dieu, nul autre que Lui ne l'apporte. Le terme «quelque» peut être conditionnel ou relatif. Puis quand le malheur, la pauvreté ou la maladie vous atteint, c'est vers Lui que vous criez au secours, c'est vers Lui que vous élevez vos voix avec des supplications et vous n'invoquez nul autre que Lui.

Verset 54

Puis quand Il vous a débarrassés du malheur, voilà qu'un groupe d'entre vous attribue des associés à leur Seigneur.

Verset 55

afin de nier cette grâce que Nous leur avons accordée. Jouissez donc de votre consentement à adorer les idoles - un impératif qui constitue une menace - car bientôt vous saurez les conséquences de cela.

Verset 56

Ils réservent une partie des biens que Nous leur accordons à des divinités qu'ils ignorent - à savoir les idoles - une portion de ce que Nous leur avons fourni en cultures et bétail. Par Allah, vous serez interrogés - un questionnement de blâme - sur ce que vous inventiez contre Dieu, comme prétendre qu'Il commande cela.

Verset 57

Et ils attribuent à Dieu des filles en prétendant que les anges sont les filles de Dieu - Qu'Il soit glorifié ! - et ils s'attribuent à eux le sexe qu'ils préfèrent.

Verset 58

Annonce-t-on à quelqu'un la naissance d'une fille ? son visage s'assombrit, transformé comme celui de quelqu'un frappé soudainement par le chagrin, et il suffoque intérieurement, empli d'angoisse.

Verset 59

Il se cache, disparaissant des gens, c'est-à-dire de son peuple, par détresse de la nouvelle qui lui a été donnée, craignant la moquerie, ne sachant que faire de ce nouveau-né : doit-il le garder - s'abstenir de le tuer - malgré l'ignominie ou l'enfouir dans la terre ? Vraiment détestable est ce qu'ils jugent, mauvais est ce jugement par lequel ils attribuent à leur Créateur ces filles qui ont un si bas statut à leurs yeux.

Verset 60

Pour ceux qui ne croient pas à la vie future, c'est-à-dire pour les mécréants, il y a une mauvaise description, en d'autres termes, leur est l'attribut le plus mauvais, c'est-à-dire le plus vil, qui consiste à enterrer vivantes leurs filles. Et Il est le Puissant dans Son royaume, le Sage dans Sa création.

Verset 61

Dieu le Clément montre toujours Sa mansuétude à l'égard de Ses serviteurs malgré leur injustice. S'Il voulait s'en prendre aux hommes à cause de péchés qu'ils commettent, Il aurait anéanti toutes les bêtes de la terre et avec elles les fils d'Adam. Mais le Seigneur que Sa Majesté soit vénérée, fait preuve de Sa clémence et Son indulgence en leur accordant un répit jusqu'au terme fixé pour chacun sans hâter Sa punition, peut-être s'amenderaient-ils. Abou Ad-Darda rapporte à ce propos que l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - a dit: «Dieu ne retardera aucune chose une fois son terme échu. La longévité qu'Il accorde à Son serviteur consiste à lui accorder une bonne postérité qui lui invoquera Dieu après sa mort, et leur invocation lui parviendra même dans sa tombe. Telle est la longévité» (Rapporté par Ibn Abi Hatem).

Verset 62

«Ils imputent à Allah ce qu'ils méprisent» en lui attribuant les filles d'une part, et d'autre part des associés qui sont ses serviteurs alors que l'un d'entre eux méprise qu'un autre lui soit un associé dans ses biens. «Ils mentent quand ils se disent dignes de récompense» Dieu désavoue ce que leurs langues proférent comme mensonges après tout cela. Dieu montre le comportement mensonger de l'un d'eux en disant: «Si nous le faisons bénéficier de notre grâce après un malheur, il dit: «Cela m'est dû. Je ne crois pas que l'heure vienne. Et à supposer que je retourne à mon Seigneur, je trouverai auprès de Lui la félicité la plus entière» [Coran XLI, 50]. Il a dit aussi: «Tu n'es pas sans avoir rencontré ces gens qui, ayant nié nos signes, disent: «J'aurai malgré tout richesses et enfants» [Coran XIX, 77]. Comment l'un d'eux espère-t-il recevoir la récompense au moment où il ne commet que des actes d'incrédulité et de mauvaises actions? Dieu répond à ces gens-là: «Au contraire, ils finiront dans le feu» au jour du jugement dernier en les y poussant durement et seront les premiers à y pénétrer.

Verset 63

Avant toi ô Mohamed, Dieu a envoyé des Prophètes aux autres communautés qui les ont traités de menteurs. Tu as dans ces Prophètes un exemple, peu t'importe leur reniement. Quant aux incrédules qui n'ont pas cru, le démon a embelli à leurs yeux leurs propres actions. Il est aujourd'hui leur patron qui ne pourrait ni les aider ni leur procurer un moyen de salut, bien au contraire, ils subiront un châtiment terrible.

Verset 64

Puis Dieu dit à Son Prophète qu'Il lui a révélé le Coran pour expliquer aux hommes les motifs de leurs dissensions. Ce Coran tranche tous leurs différends, il est en même temps une guidée pour les cœurs et une miséricorde à ceux qui se conforment à ses prescriptions et s'attachent à ses enseignements, à ceux qui croient. Comme ce Livre redonne la vie aux cœurs morts à cause de l'impiété, ainsi Dieu fait vivifier les terres mortes. Il y a vraiment là un signe pour ceux qui prêtent attention.

Verset 65

Dieu fait descendre du ciel une eau avec laquelle Il fait revivre la terre après sa mort. Il y a vraiment là un signe pour ceux qui prêtent attention.

Verset 66

Les animaux du troupeau qui sont les chameaux, les vaches et les moutons s'offrent aux méditations des hommes pour en tirer un enseignement et une preuve de la grandeur, de la sagesse et du pouvoir du créateur. Les hommes peuvent obtenir des ventres de ces animaux le lait qui est une boisson exquise parmi l'excrément et le sang: une fois l'aliment digéré plusieurs matières se produisent: le sang passe dans les veines, le lait aux pis, l'urine aux vessies et l'excrément aux derrières. Chacune de ces matières ne saurait altérer l'autre ni se mélanger une fois séparée.

Verset 67

À côté du lait, Il mentionne aussi une autre boisson enivrante tirée des fruits du palmier et de la vigne que les gens fabriquaient avant l'interdiction des boissons alcooliques. Ibn Abbas de commenter: «De ces deux fruits, le palmier et la vigne, la boisson enivrante est illicite, mais en tant que nourritures, ils sont licites». «Cela n'est-il pas un indice pour qui réfléchit?» On ne peut réfléchir si on n'est pas lucide et on a l'esprit sain. Pour cela Dieu a interdit à cette communauté toute boisson enivrante pour garder leur raison saine. Dieu indique aux hommes comment profiter de ces fruits en disant: «Nous les avons recouvertes de dattiers et de vignes et nous y avons fait surgir des sources, pour que les hommes mangent leurs fruits. Ce n'est pas leurs mains qui les ont fabriquées. Consentiront-ils à reconnaître nos bienfaits?» [Coran XXXVI, 34-35].

Verset 68

Dieu suggère à l'abeille de prendre une maison dans les montagnes, les arbres et les ruches; de se nourrir, avec sa permission, de toutes les fleurs et les fruits, d'emprunter différents chemins qui lui sont faciles là où elle veut dans ce vaste atmosphère, ces jardins, ces prairies, et ces hautes montagnes. L'abeille retourne ensuite à la ruche où elle a laissé miel et petits. À l'aide de ses ailes elle produit la cire et sécrète le miel de sa bouche. Et cela se répète chaque jour.

Verset 69

«Le corps des abeilles sécrète une liqueur de nuance variée» qui est le miel présenté sous trois couleurs principales: le blanc, le jaune et le rouge, ces couleurs qui dépendent des fruits et fleurs qu'elles butinent. «Qui sert de remède aux hommes» pour guérir de tant de maladies. À ce propos Abou Sa'id Al-Khoudri rapporte qu'un homme vint trouver l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - et lui dit: «Mon frère se plaint d'une diarrhée» Il lui répondit: «Donne-lui une gorgée de miel» L'homme s'exécuta. Il revint une deuxième fois et dit: «Ô Envoyé de Dieu, je lui ai donné du miel mais sa maladie s'aggrave. Il lui ordonna: «Donne-lui une gorgée de miel» L'homme s'exécuta de nouveau, mais retourna chez l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - lui dire: «Le miel n'a fait qu'aggraver sa diarrhée» Il lui prescrivit de nouveau: «Dieu a dit vrai et le ventre de ton frère a menti. Va lui donner une potion de miel» L'homme donna du miel à son frère qui fut guéri (Rapporté par Boukhari et Mouslim). Il y a dans le faire de l'abeille qui est un insecte petit et faible un signe pour ceux qui y méditent. Car cet insecte est guidé par le Seigneur pour faire un parcours déterminé pour butiner sur les fleurs et transformer cette nourriture infime en une boisson qui constitue une guérison. C'est donc une preuve de Dieu le sage, l'Omnipotent, le Généreux et le Miséricordieux.

Verset 70

Comme Dieu a créé les hommes du néant, il fait mourir certains et laisse d'autres vivre jusqu'à un âge avancé pour atteindre la décrépitude. À ce stade l'homme subira une faiblesse de force, du langage, un manque de compréhension, de retenue et de science. Après avoir appris quelque chose, il l'oublie. À ce propos Anas Ben Malek rapporte que l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - invoquait souvent par ces mots: «Je me réfugie auprès de Toi contre l'avarice, la paresse, la décrépitude, le plus vil de l'âge, le tourment de la tombe, la tentation de l'Antéchrist, de la vie et de la mort» (Rapporté par Boukhari).

Verset 71

A cause de leur incrédulité et de leur ignorance, les idolâtres reconnaissaient des associés à Dieu et que ceux-ci sont aussi Ses esclaves. Pendant leur pèlerinage et lors de leur talbia, ils disaient: «Nous voici répondre à Ton appel, Tu n'as d'associés que celui dont Tu es son patron et de ce qu'il possède». Dieu leur répond: «Puisque vous ne consentez pas que vos esclaves soient vos partenaires en ce que Dieu vous a accordé comme richesses, comment Dieu consent-Il que d'autres soient Ses associés dans la déité et la vénération?». Ibn Abbas de commenter: Ils ne reversaient pas à leurs esclaves ce que Dieu leur a accordé de biens ou les laissaient cohabiter avec leurs femmes, comment les associeront-ils à Dieu? Voilà comment ils reniaient les bienfaits de Dieu». Al-Hassan Al-Basri rapporte qu'Omar Ben Al-Khattab avait écrit à Abou Moussa Al-Ach'ari: «Contente-toi de ce que Dieu t'a accordé, car le Miséricordieux a favorisé certains de Ses serviteurs et cela leur sera une épreuve pour connaître ceux qui Lui sont reconnaissants, qui s'acquittent des droits qu'Il leur a imposés»

Verset 72

Dieu rappelle à Ses serviteurs qu'Il leur a créé des épouses tirées d'eux-mêmes (allusion à Eve qui fut créée d'une côte d'Adam) de la même espèce et de la même nature. Si les femmes étaient créées autrement il n'y aurait ni amitié entre les deux sexes ni miséricorde. Mais, de par Sa clémence, Dieu a créé des fils d'Adam des mâles et des femelles et ces derniers comme épouses pour les premiers. «Il vous fait avoir des fils et des petits-fils» Le terme «petits-fils» qui signifie en Arabe «Hafada» veut dire, d'après Moujahed, des serviteurs, ainsi fut l'opinion de 'Ikrima, et Ad-Dahak, car fils et petits-fils servent l'homme. Mais Ibn Abbas a précisé qu'ils sont les beaux-fils. Que ce soit les uns ou les autres, tous ceux-ci rendent service à l'homme. Dieu accorde aussi à l'homme des bons aliments et les choses excellentes, comment, après tout, cet homme Lui soit ingrat en Lui associant des égaux. L'homme va-t-il croire le faux et méconnaître les bienfaits de Seigneur?

Verset 73

Dieu, étant le seul bienfaiteur et dispensateur, s'étonne comment ces polythéistes adorent d'autres divinités qui ne peuvent leur procurer aucune nourriture ni descendre la pluie du ciel, soit pour eux, soit pour elles, et, du reste, elles sont incapables de rien faire. N'attribuez donc pas des égaux à Dieu en Le prenant comme point de comparaison. Dieu sait tout, tandis que vous, vous ne savez pas.

Verset 74

N'attribuez donc pas des égaux à Dieu en Le prenant comme point de comparaison. Dieu sait tout, tandis que vous, vous ne savez pas.

Verset 75

Allah cite l'exemple de deux hommes, l'un est un esclave dépourvu de toute autorité, l'autre est un homme libre comblé de bienfaits et faisant secrètement et publiquement l'aumône. Est-il possible de mettre ces deux hommes sur le même pied? Non, par Allah, mais la majorité des hommes manque de jugement. Ibn Abbas a commenté: «C'est la parabole du croyant et de l'infidèle que propose Dieu. Ainsi fut l'opinion de Qatada et Ibn Jarir: L'esclave ressemble à l'infidèle incapable, et le croyant est l'homme que Dieu lui a accordé d'amples ressources et qui en dépense en aumône secrètement et publiquement. Comme la différence entre les deux est claire, seul l'idiot l'ignore. Louange à Dieu! La plupart d'entre les hommes ne savent pas.

Verset 76

Moujahed a commenté: L'homme muet est l'idole qui ne profère aucun mot de bien, impuissant, et cependant il est à la charge de son propriétaire qui l'entretient. Quelque lieu il l'envoie, cet homme muet ne lui apporte aucun bien et ses efforts sont vains. Peut-on le comparer (cet homme ou cette idole) à celui qui ordonne l'équité et l'applique dans ses actes et paroles et qui suit une voie droite? On a rapporté que ce verset fut révélé au sujet de 'Othman Ben 'Affan qui était un homme de bien et son domestique muet qui était à sa charge et qui refusait de se convertir.

Verset 77

Dieu seul connaît les mystères des cieux et de la terre et ne montre à personne le secret de son mystère sauf à celui qu'il agrée. Nul ne peut s'opposer à sa décision ou repousser son décret. Lorsqu'il veut créer une chose, il lui dit: «Sois» et elle est. L'ordre concernant l'Heure sera comme un clin d'œil ou plus bref encore.

Verset 78

Puis Il rappelle aux hommes qu'Il les a tirés des seins de leurs mères. Ils ne savaient rien. Il leur donne l'ouïe pour entendre les voix, la vue pour distinguer et voir les choses, l'intelligence. Ces sens s'élaborent progressivement chez l'homme au fur et à mesure qu'il grandisse et une fois devenu pubère et sensé doit user ses sens et ses organes pour se soumettre aux enseignements de Dieu. Abou Houraira rapporte que l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - a dit: «Dieu le Très-Haut dit: «Quiconque sera hostile à l'un de Mes élus Je lui déclarerai la guerre. Tout ce par quoi Mon adorateur se rapprochera de Moi, me sera plus agréable que l'accomplissement des devoirs que Je lui ai prescrits. Mon adorateur ne cesse de se rapprocher de Moi par des prières surérogatoires en sorte que Je l'aime, et quand Je l'aime, Je serai son oreille par laquelle il entendra, son œil avec lequel il verra, sa main avec laquelle il frappera, son pied avec lequel il marchera. Quand il Me demandera une chose Je la lui accorderai. S'il m'appellera Je lui répondrai. S'il se réfugiera auprès de Moi, Je le protégerai. Je ne retarde pas une chose que Je dois faire comme Je retarde pour le croyant la mort qui lui serait pénible, car Je répugne à lui faire du mal, mais la mort est inévitable» (Rapporté par Mouslim). Dieu a donné l'ouïe, la vue et l'intelligence à l'homme pour Lui être reconnaissant.

Verset 79

Puis Il lui demande de regarder l'oiseau qui voltige entre ciel et terre en usant ses deux ailes par le pouvoir de Dieu qui lui a accordé cette capacité comme Il le montre également dans ce verset: «Ne voient-ils pas les oiseaux voler et planer au-dessus de leurs têtes? Qui les maintient en suspens, si ce n'est le Miséricordieux. Il a tout prévu» [Coran LXVII, 19] Il y a là vraiment des signes pour ceux qui croient.

Verset 80

Allah vous a donné des matériaux pour construire vos demeures, des peaux de bêtes pour fabriquer des tentes légères que vous transportez et montez facilement. Avec la laine, le poil et les crins du bétail, vous fabriquez des objets et des ustensiles. Allah vous fait profiter des ombrages de la création, des retraites qu'offrent les montagnes. Il vous procure aussi des vêtements pour vous défendre contre la chaleur des armures pour vous protéger contre les coups. Ainsi Il porte au comble ses bienfaits. Peut-être vous convertirez-vous? Dieu énumère entre autres bienfaits qu'a accordés à Ses serviteurs ceux-ci: Les demeures pour s'y abriter et s'en servir pour d'autres usages; les peaux de bêtes pour en faire de tentes qu'ils trouvent légères à transporter là où ils se déplacent: le poil, la laine et les crins du bétail pour en fabriquer des objets d'un usage précaire comme les ustensiles, les tapis et les vêtements. Dieu a créé les arbres afin que les hommes s'abritent sous leurs ombrages au moment de la chaleur, les montagnes comme abris et forteresses, les fibres textiles comme la laine, le coton et le lin pour en confectionner des vêtements soit contre les coups soit contre la chaleur ou le froid: Ainsi Il parachève ses bienfaits envers les hommes en pourvoyant à leurs besoins, peut-être convertiront-ils, se soumettront-ils à Ses ordres et Lui seront-ils reconnaissants.

Verset 81

Dieu énumère entre autres bienfaits qu'Il a accordés à Ses serviteurs ceux-ci : Les demeures pour s'y abriter et s'en servir pour d'autres usages ; les peaux de bêtes pour en faire des tentes qu'ils trouvent légères à transporter là où ils se déplacent ; le poil, la laine et les crins du bétail pour en fabriquer des objets d'un usage précaire comme les ustensiles, les tapis et les vêtements. Dieu a créé les arbres afin que les hommes s'abritent sous leurs ombrages au moment de la chaleur, les montagnes comme abris et forteresses, les fibres textiles comme la laine, le coton et le lin pour en confectionner des vêtements soit contre les coups soit contre la chaleur ou le froid : Ainsi Il parachève ses bienfaits envers les hommes en pourvoyant à leurs besoins, peut-être se convertiront-ils, se soumettront-ils à Ses ordres et Lui seront-ils reconnaissants.

Verset 82

Moujahed rapporte qu'un bédouin vint trouver le Prophète - qu'Allah le bénisse et le salue - et lui posa des questions. Il lui récita : « Allah vous a donné des matériaux pour construire vos demeures ». Le bédouin répondit : C'est entendu. Le Prophète poursuivit : « des peaux de bêtes pour fabriquer des tentes légères ». Entendu, s'écria le bédouin. En lui récitant le reste des versets, et arrivant à ces paroles divines : « Ainsi Il porte au comble Ses bienfaits. Peut-être vous convertirez-vous ? » À ces mots le bédouin montra les talons. Dieu fit descendre à la suite ce verset : « Les hommes n'ignorent pas tous ces bienfaits. Et pourtant ils les nient » (Rapporté par Ibn Abi Hatem).

Verset 83

Mais hélas ! Les hommes reconnaissent ces bienfaits mais ne tardent pas à les nier en adorant d'autres divinités que Lui.

Verset 84

Au jour du jugement dernier tous les hommes comparaîtront devant Dieu. Ce jour-là Il ressuscitera de chaque peuple un témoin qui sera le Prophète qui leur a été envoyé, qui témoignera de l'incrédulité des idolâtres qui présenteront des excuses mais Dieu ne les acceptera point.

Verset 85

« Ce jour-là, les hommes seront muets de terreur, leurs excuses ne seront pas admises » [Coran LXXVII, 35-36]. Leur supplice ne sera pas allégé fût-ce pour une heure et ils n'auront point de répit.

Verset 86

Lorsque les idolâtres verront les divinités qu'ils ont associées à Dieu, ils s'écrieront : « Notre Seigneur, voilà les divinités que nous avons adorées et invoquées en dehors de Toi ». Celles-ci leur répondront : « Vous mentez, ce n'est pas nous qui vous avons ordonné de nous adorer. » Voilà le sens de ces dires de Dieu : « Quel plus grand égaré que celui qui prie en dehors de Dieu une idole muette jusqu'au jour de la résurrection ! une idole indifférente à ses suppliques » [Coran XLVI, 5].

Verset 87

Ils offriront alors à Dieu leur soumission « C'est alors qu'ils entendront bien et verront bien le jour où ils comparaîtront devant nous » [Coran XIX, 38]. Les coupables seront dans une attitude humiliée et invoqueront en vain les faux dieux qu'ils auront inventés.

Verset 88

Dieu alors infligera supplice sur supplice à ceux qui sont incrédules et à ceux qui écartent les hommes de la foi et du chemin de Dieu. Comme en ce jour-là les croyants occuperont des rangs différents au Paradis en fonction de leur foi et leurs bonnes actions, ainsi les infidèles subiront différents châtiments dont la gravité dépendra aussi du degré de leur incrédulité et de leurs mauvaises actions comme le montre ce verset : « Le supplice sera doublé pour tous. Mais vous ne savez pas ce qui vous attend » [Coran VII, 38].

Verset 89

Dieu fait connaître à Son Prophète Mohammed - qu'Allah le bénisse et le salue - qu'il sera appelé à témoigner contre sa communauté tout comme les autres Prophètes qui témoigneront contre les leurs. En ce jour-là notre maître (Mohammed - qu'Allah le bénisse et le salue -) jouira d'une très haute considération et d'un grand honneur et occupera le poste glorieux qui lui est réservé. « Nous t'avons envoyé un Livre qui donne l'explication de toute chose ». Moujahed a limité cette explication au licite et à l'illicite, mais Ibn Masud, dont l'opinion s'avère être plus logique, a dit que le Coran renferme toute science utile, les événements passés et les autres à venir, le licite et l'illicite, et tout ce dont les hommes ont besoin de savoir pour leur foi, leur subsistance et leur rassemblement. Ce Livre est aussi une Direction pour les cœurs, une miséricorde et une bonne nouvelle pour les croyants.

Verset 90

Dieu ordonne à Ses serviteurs d'être justes et charitables. La justice comme l'a expliquée Ibn Abbas consiste à attester qu'il n'y a d'autre divinité que Dieu. Quant à Soufian Ben Ouyayna, il a précisé : La justice citée dans ce verset signifie que tout homme qui fait une œuvre en vue de Dieu secrètement ou publiquement doit avoir la même intention sans préférer l'une à l'autre, et la charité (ihsan) implique que ce qu'il fait secrètement soit meilleur que ce qu'il fait publiquement tant que cela est fait pour Dieu. « Il réprouve l'indécence, le despotisme et l'iniquité ». L'indécence est tout ce qui est turpitude apparente ou cachée, ainsi que tous les actes répréhensibles. Quant à l'iniquité, elle est le fait de traiter les autres avec injustice. À ce propos l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - a dit : « Les péchés que commettent les gens et qui méritent le prompt châtiment dans ce bas monde et un autre réservé dans l'au-delà sont : l'injustice, la rupture du lien du sang... » (Rapporté par Tabarani). « Vous voilà prévenus » Dieu vous exhorte à faire le bien peut-être les hommes réfléchiront-ils ! Et Ibn Masud de commenter : « Le verset le plus exhaustif dans le Coran est celui-ci : « Allah commande la justice et la philanthropie » ». Qatada, quant à lui, a dit : « Toute bonne conduite et tout bon caractère que les hommes pratiquaient du temps de l'ignorance (Jahilia), Dieu les a commandés. D'autre part, Dieu a interdit tout ce qui était mauvais caractère et acte blâmable ». À cet égard 'Oumayr rapporte d'après son père le récit suivant : « Aktham Ben Saffi eut vent de la venue du Prophète - qu'Allah le bénisse et le salue -. Voulant se rendre chez lui, ses concitoyens l'en interdirent en lui disant : « Tu es notre chef, il ne te sied pas d'aller le voir ». Il leur répondit : « Alors que certains d'entre vous se chargent de m'apporter de ses nouvelles et de lui faire connaître les miennes ». Il choisit deux hommes pour remplir cette mission. Les deux hommes vinrent trouver le Prophète - qu'Allah le bénisse et le salue - et lui dirent : « Nous sommes les émissaires d'Aktham Ben Saffi. Il nous a chargés de te demander : « Qui es-tu et quelle est ta mission ? » Il leur répondit : « Je suis Mohammed Ben Abdullah, et je suis le serviteur de Dieu et Son Envoyé ». Puis il leur récita : « Allah commande la justice et la philanthropie ». Ils lui demandèrent de leur répéter le verset. Il s'exécuta et les deux hommes le retinrent par cœur. En retournant chez Aktham ils lui dirent : « Il est si modeste et n'a pas voulu se vanter de sa généalogie, mais, en vérité, il est issu d'une souche très honorable parmi les tribus de Moudar. Il nous a récité ce verset que nous avons retenu. » En entendant le verset Aktham s'écria : « Je vois qu'il ordonne la bonne morale et interdit la mauvaise. Conformez-vous-y, soyez les pionniers et ne soyez pas les derniers ». 'Othman Ben Abi Al-'As raconte : « J'étais chez l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - quand il fixa ses regards quelque part puis il me dit : « Je viens de recevoir Gabriel qui m'a ordonné de placer ce verset dans cette sourate : « Allah commande la justice et la philanthropie » ».

Verset 91

Soyez fidèles aux engagements que vous avez pris au nom d'Allah. Ne violez pas les serments devenus définitifs. N'oubliez pas, en effet, que vous en avez appelé au témoignage d'Allah. Il est informé de tout ce que vous faites. Dieu ordonne aux hommes de tenir et respecter leurs engagements et les serments solennellement prêtés. Il n'y a aucune contradiction entre ce verset: «Ne violez pas les serments devenus définitifs» et ces dires de Dieu: «N'usez pas du nom d'Allah dans vos serments» [Coran II, 224]. Car en les trahissant, les hommes doivent faire une expiation mais il vaut mieux qu'ils les respectent: «Telles sont les peines attachées à la violation de vos serments. Respectez vos serments» [Coran V, 89]. Même l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue -, dans un hadith cité dans les deux Sahihs, a dit: «Quant à moi, si Dieu le veut, je ne fais un serment au nom de Dieu et je trouve qu'il y a mieux à faire, j'expie mon serment et je fais ce qu'il y a mieux à faire». Les serments qui entrent dans le verset: «Ne violez pas les serments devenus définitifs» concernent les engagements et les pactes et non ceux qui sont les sujets d'un acte à faire ou un autre à s'en abstenir. Et Moujahed a précisé qu'il s'agit d'un pacte conclu du temps de la Jahilia. À cet égard l'imam Ahmed rapporte d'après Joubaïr Ben Mot'em que l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - a dit: «Pas de pacte dans l'Islam. Mais tout pacte conclu du temps de la Jahilia, l'Islam ne fait que le consolider» (Rapporté par Ahmed et Mouslim). Cela signifie que l'Islam n'a besoin d'aucun pacte comme on le faisait du temps de la période préislamique, et le fait de s'attacher à l'Islam est amplement suffisant. En interprétant ces dires de Dieu: «Soyez fidèles aux engagements que vous avez pris au nom d'Allah» Bouraïda a dit: «Ce verset fut descendu au sujet de l'allégeance sur l'Islam. Le verset leur ordonne d'être fidèles à ce serment sans le trahir, et que le nombre faible des musulmans par rapport à la multitude des polythéistes ne doit pas les porter à la violation de ce serment». Dieu certes voit toutes les actions des hommes.

Verset 92

N'imitez pas cette femme qui brouille tout à coup la laine qu'elle a soigneusement filée. Ne trahissez pas la parole donnée du fait qu'un clan l'emporte sur l'autre. C'est là une occasion pour Allah de vous éprouver. Il vous expliquera, au jour de la résurrection, ce qui faisait l'objet de vos différends. À ceux qui violent leurs serments, Dieu propose la parabole d'une femme qui défait le fil de sa quenouille brin par brin après l'avoir solidement tordu, en prenant de leurs serments un sujet d'intrigue et de tromperie entre eux, et en estimant qu'une communauté l'emportera sur une autre. En d'autres termes: vous faites un serment à une partie de gens pour les rassurer, et une fois devenus capables d'eux vous les trahissez. Dieu vous a interdit un tel agissement. Quant à l'interprétation de Moujahed, elle est la suivante: «Ils concluaient un pacte avec des gens qu'ils trouvaient plus puissants qu'eux. Mais s'ils constataient que d'autres étaient plus forts que les premiers, ils trahissaient leur pacte pour conclure un autre avec ces derniers». «C'est là une occasion pour Allah de vous éprouver» Cela signifie, d'après Ibn Jarir, que les gens doivent respecter leurs serments et pactes sans les trahir ou les violer, car «Il vous expliquera, au jour de la résurrection, ce qui faisait l'objet de vos différends» et les raisons de vos dissensions pour vous juger selon vos actions.

Verset 93

Si Dieu l'avait voulu, certes, Il aurait fait des hommes une communauté unique sans qu'une inimitié ou une hostilité ne les divise. Mais Il dirige qui Il veut et égare qui Il veut, et au jour du jugement dernier, Il les interrogera sur toutes leurs actions sans omettre aucune.

Verset 94

Ne vous servez pas des serments pour vous tromper les uns les autres. C'est comme si le sol se dérobait sous un pied qui vient de se poser. Vous subirez un châtiment pour vous être écartés de la voie d'Allah. Et ce châtiment sera implacable. Puis Il met Ses serviteurs en garde de faire de leurs serments un sujet de tromperie et d'intrigue, et alors le pied broncherait après avoir été ferme. C'est un exemple que Dieu leur donne de celui qui, une fois se trouvant dans la voie droite, il s'en écarte à cause de la violation de ses serments et qui portent sur le détournement de la voie de Dieu. En d'autres termes, lorsque l'infidèle s'assure que le croyant a pris un engagement vis-à-vis de lui, puis le trahit, alors l'infidèle n'aurait aucune confiance en la religion et le croyant l'aurait, par ce fait, détourné de la foi et de se convertir. Voilà le sens des paroles divines: «Vous subirez un châtiment pour vous être écartés de la voie d'Allah».

Verset 95

Ne trahissez pas la parole d'Allah pour un vil profit. Ce qu'Allah vous réserve est plus profitable, si vous réfléchissez. «Ne trahissez pas la parole d'Allah pour un vil profit» C'est-à-dire ne troquez pas à vil prix le pacte que vous avez conclu avec Dieu en vous contentant des biens éphémères de ce monde, car même si l'homme aura possédé de richesses, autant que le bas monde puisse contenir, ce que Dieu lui réserve auprès de Lui est encore plus supérieur, et ceci ne sera que pour ceux qui auront cru, respecté leur pacte et espéré la récompense céleste.

Verset 96

Vos biens sont périssables, les biens d'Allah sont éternels. Les persévérants recevront une récompense supérieure à leurs œuvres. «Vos biens sont périssables» quelle que soit leur valeur car ils ne cessent de s'épuiser, mais «les biens d'Allah sont éternels» et demeurent pour toujours. «Les persévérants recevront une récompense supérieure à leurs œuvres» Cela constitue comme un serment de Dieu qu'il accordera la belle récompense et le Paradis à ceux qui auront été constants en fonction de leurs meilleures œuvres.

Verset 97

Dieu promet à tout croyant mâle ou femelle, qui fait des œuvres pies en se conformant aux enseignements contenus dans le Coran et à la sunna du Prophète - qu'Allah le bénisse et le salue -, tandis que son cœur croit en Dieu et en Son Envoyé, celui-là Dieu le rétribuera de la plus belle récompense et le fera vivre une excellente vie. Que signifie l'excellente vie? Ibn Abbas et d'autres ont dit qu'elle est celle qui lui procure les biens licites et bons. Ali Ben Abi Taleb a précisé qu'elle est la sobriété. Al-Hassan, Moujahed et Qatada ont déclaré qu'elle est le Paradis. Quant à Al-Dahak, il a dit qu'elle est l'adoration dans le bas monde et les biens licites. En vérité, la vie excellente renferme tout cela, la preuve en est ce hadith rapporté par l'imam Ahmed d'après Abdullah Ibn Omar où l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - a dit: «Réussira quiconque s'est converti à l'Islam, a reçu des biens qui lui suffisent et s'est contenté de ce que Dieu lui a accordé». L'imam Ahmed cite également le hadith rapporté par Anas Ben Malek que l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - a dit: «Dieu ne fera pas tort à un croyant pour une bonne action qu'il a faite. Il lui donnera des biens de ce monde et le rétribuera dans la vie future. Quant à l'incrédule, Il lui accordera des biens pour ses bonnes actions qu'il a commises en vue de Dieu dans le bas monde de sorte que, dans la vie future, il n'aura aucune bonne action pour en être rétribué» (Rapporté par Ahmed et Mouslim).

Verset 98

La majorité des ulémas ont jugé que la demande du refuge auprès de Dieu contre Satan avant la lecture du Coran est une recommandation et non plus une obligation. Nous avons parlé de cela en commentant la Fatiha, la première sourate du Coran.

Verset 99

Satan n'a aucun pouvoir sur les croyants ni sur ceux qui se confient à Dieu. Et Al-Thawri de commenter: Le démon est démuni de toute autorité sur des gens qui commettent une faute mais ne tardent pas à s'en repentir. Son autorité s'étend seulement sur les infidèles qui l'ont pris pour patron.

Verset 100

Son autorité s'étend seulement sur les infidèles qui l'ont pris pour patron en lui obéissant et en associant des partenaires à Dieu.

Verset 101

Si nous substituons une révélation à une autre - et qui mieux qu'Allah connaît ce qu'Il révèle - ils les traitent de menteur. Hélas! ils forment une masse ignorante. Dieu montre la faiblesse d'esprit chez les idolâtres et le manque de leur foi même sa perte. Car chaque fois qu'un verset abroge un autre, ils dirent à l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue -: «Tu n'es qu'un faussaire» mais ils ignorèrent que Dieu fait ce qu'Il veut. En commentant l'expression: «Si nous substituons une révélation à une autre» Moujahed a dit: «Cela signifie que Dieu ôte un verset pour affermir un autre à sa place, ce qui est pareil aux dires de Dieu: «Toute révélation abrogée ou devenue caduque sera remplacée par une autre» [Coran II, 106].

Verset 102

Réponds que l'Esprit Saint l'a transmis la nouvelle révélation de la part de ton Seigneur et qu'elle constitue la vérité. Allah a voulu ainsi affermir les croyants, leur apporter une direction et une bonne nouvelle. Dieu ordonne à Son Prophète - qu'Allah le bénisse et le salue - de répondre aux infidèles que c'est bien Gabriel, l'Esprit Saint, qui fait descendre ces révélations avec la vérité, pour «affermir les croyants, leur apporter une direction et une bonne nouvelle» afin qu'ils y croient et leurs cœurs s'humilient.

Verset 103

Ils prétendent, nous le savons, que c'est un homme qui te divulgue tes révélations. Et pourtant l'homme qu'ils visent ainsi parle une langue étrangère. Alors que tes révélations sont faites dans un pur arabe. Entre autres prétentions que les infidèles propageaient, ils disaient qu'un homme étranger apprenait le Coran à Mohammed - qu'Allah le bénisse et le salue -, un domestique qui travaillait chez des Qoraïchites et vendait des choses dans une boutique près du mont As-Safa. Ils prétendaient aussi que le Prophète - qu'Allah le bénisse et le salue - le fréquentait souvent pour s'entretenir avec lui, sachant que cet homme ne connaissait pas la langue arabe. Dieu réfute leur mensonge et leur répond: «Et pourtant l'homme qu'ils visent ainsi parle une langue étrangère. Alors que tes révélations sont faites dans un pur arabe» Comment peut-il apprendre le Coran avec son éloquence et ses versets diserts d'un homme étranger, alors qu'il est révélé en langue arabe et qui surpasse par sa perfection et par son contenu tous les Livres qui étaient révélés aux fils d'Israël? Qui était cet homme? Mohammed Ben Ishaq répond: C'est un domestique chrétien appelé Jaber qui travaillait chez des hommes de Bani Hadrami. D'après Ikrima et Qatada, il s'appelait Ya'ich. Enfin Ibn Jarir rapporte qu'Ibn Abbas a dit: «L'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - enseignait à La Mecque un esclave appelé Bel'am qui ne connaissait pas l'arabe. Le voyant souvent aller et venir chez lui les idolâtres disaient: Bel'am enseigne le Coran à Mohammed» Dieu leur répond en faisant descendre le verset précité.

Verset 104

Dieu ne dirige pas ceux qui se détournent de Son Rappel et ne croient pas aux révélations descendues à Mohammed - qu'Allah le bénisse et le salue - en les réfutant et les traitant de mensonge rien que pour rejeter les enseignements. Ceux-là subiront un châtiment terrible dans l'au-delà.

Verset 105

Mohammed - qu'Allah le bénisse et le salue - n'était ni un inventeur ni un menteur, ceux qui le traitaient ainsi sont les pires créatures aux regards de Dieu. Bien au contraire, il était le plus sincère, le plus véridique, l'homme le plus parfait, le plus fidèle et connu comme tel parmi ses concitoyens. Dans l'entretien qui eut lieu entre Abou Soufian et Héraclius le roi des Romains, ce dernier a conclu: «Il n'est pas logique qu'il mente aux hommes et en même temps à Dieu».

Verset 106

Celui qui tombe dans l'erreur, après avoir cru, et retrouve avec joie l'infidélité, encourra la colère et la répression d'Allah à moins que son apostasie ne lui ait été imposée et qu'il ne soit demeuré fidèle dans son for intérieur. Celui qui renie Dieu et le mécroît après avoir cru, dont le cœur reste paisible dans l'incrédulité, encourra la colère de Dieu et un châtiment implacable l'attend dans la vie future. Car il aura par son faire préféré le bas monde à l'autre et apostasié pour obtenir des biens de la vie présente. «À moins que son apostasie ne lui ait été imposée et qu'il ne soit demeuré fidèle dans son for intérieur» Une exception faite de ceux qui sont contraints à apostasier verbalement à cause d'une torture ou d'un supplice, mais leurs cœurs demeureront tranquilles en la foi. Au sujet de cette révélation Ibn Abbas raconte qu'il s'agit bien de Ammar Ben Yasser que les idolâtres l'avaient torturé pour renier Mohammed, peut se montrer comme tel pour sauvegarder son âme, de même il peut résister comme a fait Bilal -que Dieu l'agrée- malgré les tortures et les méfaits des idolâtres. Ils mettaient un grand rocher sur sa poitrine dans un temps très chaleureux en lui ordonnant d'apostasier, mais il refusait et leur répondait: «Unique! Unique» (c.à.d Dieu est Unique). Il disait aussi: «Si je savais d'autres propos qui les irritaient plus, je n'aurais plus hésité à les leur dire». On a rapporté également que Moussailama le menteur, en torturant Habib Ben Zaïd Al-Ansari, lui disait: «Attestes-tu que Mohammed est l'Envoyé de Dieu?» - Oui, répondait-il. - Attestes-tu que je suis l'Envoyé de Dieu? - Il lui répliquait: «Je n'entends rien de ce que tu dis» Moussailama le déchiquetait et Habib restait ferme dans sa foi.

Verset 107

Ils seront châtiés pour avoir préféré la vie de ce monde à l'autre. Allah abandonne les infidèles. Dieu ne dirige pas son cœur et ne l'affermit pas sur la religion véritable.

Verset 108

Allah a posé son sceau sur leurs cœurs, leurs ouïes et leurs yeux. Il les prive ainsi de conscience. Il scelle son cœur pour ne rien comprendre, sa vue et son ouïe pour n'en rien profiter.

Verset 109

Pas de doute qu'ils ne soient réprouvés dans l'autre monde. Les gens qui sont comme tels auront perdu leurs personnes, leurs biens et leurs familles au jour de la résurrection.

Verset 110

La sollicitude de ton Allah est acquise à ceux qui sont exilés et ont été persécutés et, malgré tout, ont combattu et souffert pour Lui. Une telle constance a appelé sa bénédiction et sa miséricorde. Il y avait une autre catégorie d'hommes qui étaient opprimés et persécutés à La Mecque qui répondaient à la demande des idolâtres. À ceux-là Dieu leur trouve une issue en leur ordonnant d'émigrer vers Médine en laissant biens et famille en vue de Lui satisfaire. À Médine, ils s'adhérèrent aux fidèles et combattirent à leur côté contre les incrédules et firent preuve de constance. Ceux-là comme Dieu leur a promis, bénéficieront au jour du jugement de Sa satisfaction et Sa miséricorde.

Verset 111

Un jour viendra où toute âme plaidera sa propre cause et recevra le juste prix de ses œuvres. Il y avait une autre catégorie d'hommes qui étaient opprimés et persécutés à La Mecque qui répondaient à la demande des idolâtres. À ceux-là Dieu leur trouve une issue en leur ordonnant d'émigrer vers Médine en laissant biens et famille en vue de Lui satisfaire. À Médine, ils s'adhérèrent aux fidèles et combattirent à leur côté contre les incrédules et firent preuve de constance. Ceux-là comme Dieu leur a promis, bénéficieront au jour du jugement de Sa satisfaction et Sa miséricorde. En ce jour-là « toute âme plaidera sa propre cause » ni la cause d'un père, ni d'un fils, ni d'un frère ou d'autre, et chaque personne sera rétribuée pour ce qu'elle aura fait sans être lésée en quoi que ce soit fut-ce une pellicule de datte.

Verset 112

Cette cité est La Mecque. Elle était paisible et tranquille et les richesses lui venaient en abondance de toutes parts ; alors que tout autour des gens sont enlevés, tandis que ceux qui y pénétraient furent en sécurité totale, comme Dieu le montre dans ce verset : « Comme si nous ne les avions pas installés dans une enceinte inviolable et sûre, où, par un effet de notre grâce, affluent toutes les richesses » [Coran XXVIII, 57]. Les habitants de cette ville ont méconnu les bienfaits de Dieu qui renié Ses signes dont le plus grandiose fut la mission de Mouhammad - qu'Allah le bénisse et le salue -. Dieu en parle d'eux en disant : « Songe à ces hommes qui ont répondu par des blasphèmes aux bienfaits d'Allah et qui ont causé la perdition de leurs peuples. Ils brûleront dans l'enfer, l'horrible demeure » [Coran XIV, 28 - 29]. Pour prix de leur incrédulité, Dieu a fait goûter aux habitants de cette ville deux violences : La faim, car après qu'ils vivaient dans l'aisance et l'opulence et recevaient les fruits et les récoltes de toutes parts, et parce qu'ils ont désobéi à Dieu et à Son Prophète et méconnu tous les bienfaits, ils furent atteints par sept années de sécheresse grâce à l'imprécation de l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue -. Puis la peur en l'échangeant contre la sécurité. Ils craignirent l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - et ses compagnons après leur émigration car ils attendaient toujours à des attaques qu'à la fin La Mecque fut conquise.

Verset 113

Tout cela était dû à leur mécréance et leur rébellion contre le Prophète - qu'Allah le bénisse et le salue - qui le traitèrent d'imposteur. Sa Hauteur qui était sûrement toujours avec et Dieu rappela cela aux croyants en leur disant : « Allah a marqué une extrême bienveillance aux fidèles en choisissant parmi eux un Prophète » [Coran III, 164].

Verset 114

Nourrissez-vous des aliments comestibles et licites qu'Allah met à votre disposition. Reconnaissez les bienfaits d'Allah si vraiment vous l'adorez. Dieu ordonne à Ses serviteurs de manger la nourriture bonne et licite et Il le fait être reconnaissants car Il est le seul qui pourvoit à leurs besoins et le Dispensateur par excellence.

Verset 115

Il vous a interdit la chair des bêtes mortes, le sang, la viande de porc ainsi que toute autre viande consacrée à un autre qu'à Lui. Celui qui transgresserait cette interdiction par nécessité et non par esprit de rébellion et de malveillance obtiendrait le pardon d'Allah. D'autre part, Il leur interdit de consommer tout ce qui pourrait nuire à leur santé tel que le sang, la bête étouffée et la chair de porc et « toute autre viande consacrée à un autre qu'à Dieu » C'est à dire que tout ce qui est sacrifié au nom d'autres divinités. « Celui qui transgresserait cette interdiction par nécessité » et ne serait ni rebelle ni transgresseur « obtiendrait le pardon d'Allah » Une affaire que nous avons traitée auparavant. (voir le verset n° 173 de la sourate de la vache).

Verset 116

Ne dites pas arbitrairement : Ceci est licite ou illicite en tenant compte seulement de vos goûts. Vous imputeriez ainsi un mensonge à Allah. Or, ceux qui imputent un mensonge à Allah ne prospèrent pas. « Ne dites pas arbitrairement : Ceci est licite ou illicite en tenant compte seulement de vos goûts. Vous imputeriez ainsi un mensonge à Allah » Il s'agit de toute innovation en matière de religion qui n'est pas fondée sur une loi, car les idolâtres, du temps de l'ère préislamique, avaient inventé tant de règles qui n'avaient aucune relation avec la religion en rendant des aliments licites et d'autres illicites à leur gré, prétendant que Dieu les a rendus ainsi en forgeant des mensonges. Dieu les menace et les avertit : « Or ceux qui imputent un mensonge à Allah ne prospèrent pas » dans les deux mondes.

Verset 117

Pour un profit dérisoire, ils encourent un châtiment exemplaire. Dans la vie présente ils jouissent des biens éphémères, mais dans l'autre ils subiront un châtiment terrible comme Il a dit : « Nous les laissons se divertir un temps, puis nous leur infligeons un supplice atroce » [Coran XXXI, 24]. Ils jouiront momentanément de ce monde et ils retourneront ensuite vers leur Seigneur qui leur fera goûter un dur châtiment pour prix de leur incrédulité.

Verset 118

Nous t'avons déjà révélé les interdictions qui frappent les israélites. Après avoir montré les choses interdites aux fidèles, Dieu parle des choses qui étaient défendues à ceux qui suivaient le Judaïsme avant que leur religion ne fût abrogée. Ces interdictions on les trouve dans la sourate du Bétail, parce que les fils d'Israël se sont fait tort à eux-mêmes et par la suite, ils ont mérité ces restrictions, quand Il a dit : « C'est pour les punir de leur iniquité que nous avons interdit l'usage d'aliment autrefois autorisé. Pour les punir aussi de l'acharnement qu'ils ont montré à écarter de la voie d'Allah » [Coran IV, 160].

Verset 119

À ceux qui ont fait le mal par ignorance, puis se sont repentis et se sont amendés, Dieu promet le pardon et l'indulgence à condition de cesser de commettre tout péché et de pratiquer les œuvres pies et de s'acquitter de leurs obligations.

Verset 120

Abraham fut un patriarche dévoué à Allah, inaccessible à toute compromission avec les idolâtres. Il sut reconnaître les bienfaits d'Allah. Pour l'en récompenser, Celui-ci le prit sous sa protection et le dirigea dans la bonne voie. Nous lui accordâmes une heureuse vie dans ce monde. Il sera parmi les élus dans l'autre. Nous t'avons donné pour direction de suivre le culte d'Abraham, modèle de droiture, et qui ne s'est jamais compromis avec les idolâtres. Dieu fait l'éloge de Son ami Abraham et Son Envoyé, qui fut l'imam des fidèles et le père des Prophètes. Il l'innocente d'avoir suivi l'idolâtrie, le judaïsme et le christianisme. Il représenta tout un modèle d'homme docile, obéissant à Dieu et ne fut point l'un des idolâtres. Abraham reconnut les bienfaits que Dieu lui a accordés. Il s'est acquitté de toutes ses obligations envers Lui. Dieu l'a choisi de préférence à tous les hommes, fit de lui un confident et le dirigea dans la bonne voie qui consiste à ne reconnaître que Lui comme un Dieu et à l'adorer avec ferveur. Dieu demande à Mouhammad - qu'Allah le bénisse et le salue -, en lui révélant, de suivre la religion d'Abraham qui était parfaite et la plus véritable, et d'avouer en lui ordonnant de dire : « Dis : Mon Seigneur m'a mis dans la voie droite. M'a mis dans la vraie religion, le culte d'Abraham, modèle de droiture, et qui ne s'est jamais compromis avec les idolâtres » [Coran VI, 161].

Verset 121

Il sut reconnaître les bienfaits d'Allah. Pour l'en récompenser, Celui-ci le prit sous sa protection et le dirigea dans la bonne voie. Abraham reconnut les bienfaits que Dieu lui a accordés. Il s'est acquitté de toutes ses obligations envers Lui. Dieu l'a choisi de préférence à tous les hommes, fit de lui un confident et le dirigea dans la bonne voie qui consiste à ne reconnaître que Lui comme un Dieu et à l'adorer avec ferveur.

Verset 122

Nous lui accordâmes une heureuse vie dans ce monde. Il sera parmi les élus dans l'autre.

Verset 123

Nous t'avons donné pour direction de suivre le culte d'Abraham, modèle de droiture, et qui ne s'est jamais compromis avec les idolâtres. Dieu demande à Muhammad - qu'Allah le bénisse et le salue -, en lui révélant, de suivre la religion d'Abraham qui était parfaite et la plus véritable, et d'avouer en lui ordonnant de dire: «Dis: Mon Seigneur m'a mis dans la voie droite. M'a mis dans la vraie religion, le culte d'Abraham, modèle de droiture, et qui ne s'est jamais compromis avec les idolâtres» [Coran VI, 161].

Verset 124

Dieu sans doute prescrit à chaque communauté un jour où les hommes le consacrent à Son adoration. Le vendredi fut le jour des musulmans, le sixième de la semaine où le Seigneur acheva la création et paracheva Ses bienfaits. On a dit que ce jour-même fut prescrit par la bouche de Moïse aux fils d'Israël mais ils le substituèrent par le Samedi durant lequel Dieu n'a rien créé. Dieu, par la suite, le leur imposa selon la loi du Pentateuque, leur recommanda de l'observer et leur ordonna de suivre la religion de Muhammad - qu'Allah le bénisse et le salue - en prenant d'eux les engagements et les pactes. C'est pour cela qu'Il a dit: «Le sabbat a été institué pour ceux qui ont été en désaccord». À ce propos, il est cité dans les deux Sahih d'après Abou Houraira -que Dieu l'agrée- que l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - a dit: «Nous les derniers venus serons les premiers au jour de la résurrection. Néanmoins ils ont reçu le Livre avant nous. Ce jour (le vendredi) que Dieu leur avait prescrit, ils se sont divisés à son sujet; mais Il nous a guidés vers ce jour. Les gens viennent par la suite: les juifs le lendemain et les chrétiens le surlendemain» (Rapporté par Boukhâri et Mouslim).

Verset 125

Dieu ordonne à Son Prophète - qu'Allah le bénisse et le salue - d'appeler les hommes dans son chemin par la sagesse et la belle exhortation selon les enseignements qu'il a reçus par les révélations, en leur indiquant et expliquant, d'après les dires d'Ibn Jarîr, les prescriptions, les interdictions et la menace de Dieu au cas où ils enfreignent Ses lois. Quant à ceux qui veulent discuter, Il lui demande de discuter avec eux de la meilleure façon, avec modération et bienveillance, tout comme Il lui a ordonné de le faire avec les gens d'Écriture en disant: «Ne discutez avec les gens d'Écriture que d'une manière courtoise, si ce n'est quand ils sont malintentionnés» [Coran XXIX, 46]. Les mêmes ordres furent donnés auparavant à Moïse et Aaron (Haroun) quand Dieu leur dit: «Tenez-lui un langage conciliant. Peut-être l'amènerez-vous à réfléchir et à Me craindre» [Coran XX, 44]. «Allah connaît mieux que quiconque ceux qui cherchent à s'écarter de Lui» c'est à dire Il connaît ceux qui seront heureux et ceux qui seront malheureux d'après le Sommier qui se trouve auprès de Lui. Que l'âme du Prophète - qu'Allah le bénisse et le salue - ne se répande pas en regrets sur eux, car sa mission se limite à les avertir et Dieu les jugera au jour de la résurrection. Quand le Prophète - qu'Allah le bénisse et le salue - appelait son oncle à se convertir et l'autre de refuser, Dieu lui dit: «Tu ne diriges pas qui tu veux» [Coran XXVIII, 56]. Dieu connaît aussi mieux que quiconque ceux qui cherchent à se rapprocher de Lui car c'est Lui qui dirige.

Verset 126

Dieu ordonne aux hommes d'être justes dans les punitions et en s'acquittant de leurs droits. Ibn Sîrîn de commenter: Si quelqu'un prend de vous une chose, récupérez de lui une chose qui lui soit pareille. Ibn Zaïd rapporte: «Les fidèles furent ordonnés de pardonner aux polythéistes. Certains parmi ces derniers qui étaient puissants et influents se convertirent et dirent à l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue -: «Si Dieu nous le permettait, nous aurions chassé ces chiens (les idolâtres)». Dieu à cette occasion fit cette révélation mais, plus tard elle fut abrogée par celle qui oblige les croyants à combattre dans la voie de Dieu. La sourate de l'Abeille fut révélée à La Mecque à l'exception des trois derniers versets cités là-haut, qui furent révélés à Médine après l'assassinat de Hamza -que Dieu l'agrée- que les idolâtres l'ont mutilé. L'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - dit alors: «Si je prends le dessus, je mutilerai les corps de trente hommes d'entre eux». Les musulmans, ayant entendu les propos du Prophète - qu'Allah le bénisse et le salue - s'écrièrent: «Par Dieu si nous les vainçons, nous les mutilerons d'une façon que nul parmi les arabes l'avait fait». Ce verset alors fut descendu: «Si vous êtes appelés à châtier...». À propos du meurtre de Hamza, Abou Houraira raconte: «Après le martyre de Hamza, l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - se tint auprès de son cadavre, le regarda et fut très peiné et chagriné, surtout en le voyant mutilé. Il dit: «Que Dieu le fasse miséricorde. Je ne l'ai connu qu'un homme qui maintenait le lien du sang et faisait le bien. Par Dieu, si ce n'était à cause de mon chagrin sur lui, j'aurais aimé le laisser jusqu'à ce que Dieu le ressuscite des ventres des bêtes fauves le jour du rassemblement. Par Dieu, je mutilerai les corps de soixante hommes d'entre eux». Gabriel descendit alors et lui communiqua cette révélation: «Si vous êtes appelés à châtier, faites-le dans la mesure où vous avez été châtiés» L'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - expia son serment et s'abstint de toute mutilation.

Verset 127

Ce verset a d'autres qui lui sont pareils et qu'on trouve dans le Coran, et tous appellent à agir avec équité et justice. Comme par exemple quand le Seigneur dit: «La punition du mal est un mal identique» [Coran XLII, 40] et mieux encore: «Celui qui pardonne et cherche à se concilier sera récompensé par Allah» [Coran XLII, 40]. Donc les hommes sont tenus de châtier comme ils ont été châtiés, mais Dieu les exhorte à être patients en l'affirmant «Tu ne patienteras qu'avec l'aide de Dieu», car que ce soit le châtiment réciproque ou la patience, tout dépend de la volonté de Dieu, de Son aide et de Sa puissance. Il lui dit enfin: Ne t'afflige pas sur ceux qui te contredisent et s'opposent à toi, et ne sois plus angoissé à cause de leurs intrigues, qu'ils ne veulent que te causer du mal, mais sache que Dieu te suffit contre eux. Il te donnera la victoire sur eux et tu auras le dessus car «Allah est avec ceux qui Le craignent et les gens de bien».

Verset 128

«Allah est avec ceux qui Le craignent et les gens de bien».

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