Le Voyage Nocturne
Sourate 17 · 111 versets · Revelation mecquoise
Verset 1
Le Seigneur se glorifie d'avoir la puissance de faire ce qu'aucun n'en est capable. Il fit voyager Son serviteur Muhammad - qu'Allah le bénisse et le salue -, de nuit, de la Maison Sacrée - à La Mecque - à la mosquée très éloignée «Al-Aqsa» à Jérusalem ou Iliya, où vécut le père des prophètes Ibrahim - que le salut soit sur lui ! -. Comme nous allons le voir plus loin, ces Prophètes étaient réunis en cette nuit-là et notre Prophète - qu'Allah le bénisse et le salue - avait présidé leur prière, une preuve qu'il est le grand Imam et leur meilleur. «dont nous avons sanctifié les abords» et béni l'enceinte par l'abondance des fruits et récoltes, pour montrer à Muhammad certains de nos signes, comme Dieu a dit: «A n'en pas douter, il vit l'attribut le plus convaincant de la puissance d'Allah» [Coran LIII, 18]. Dieu, certes, est celui qui entend les paroles de ses serviteurs tout comme Il voit leurs actes pour les rétribuer. Des hadiths relatifs au voyage nocturne : N.B. Plusieurs récits ont été rapportés au sujet du voyage nocturne, quelques-uns ont été authentifiés et admis, les autres non. La partie principale de ces récits est presque la même dans tous les récits avec de légères différences, ainsi que des événements qui ont été omis dans les uns on les trouve dans les autres. De ces récits j'ai adopté celui qui fut rapporté par Al-Bukhari d'après Anas, et j'ai cité après les ajouts rapportés par d'autres. Le traducteur. Anas Ben Malek raconte: «La nuit où le Messager de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - fit le voyage nocturne de la mosquée sacrée à La Mecque, étant endormi dans son enceinte avec d'autres compagnons, trois individus vinrent vers lui. L'un d'eux demanda: «lequel est Muhammad?». Le deuxième lui répondit: «il est le meilleur d'entre eux». Le troisième s'écria: «Alors prenez-le». Rien ne fut signalé en cette nuit. La nuit suivante les mêmes individus arrivèrent. A savoir que les yeux du Prophète dorment mais son cœur voit et ne dort jamais, telle est l'habitude des autres Prophètes. Ces trois individus ne lui adressèrent aucune parole jusqu'à l'emporter et le mettre auprès du puits Zamzam où Gabriel le reçut, lui fendit la poitrine, fit sortir son cœur et le lava. Il apporta ensuite un vase en or plein de lumière, de foi et de sagesse, il y remplit son cœur puis le rendit à sa place. Gabriel et Muhammad montèrent au ciel inférieur et Gabriel demanda de leur ouvrir. Une voix se fit entendre: «Qui est là?» - Gabriel, répondit-il -. - Qui t'accompagne? - - Muhammad. - A-t-il été mandé?. - Oui. - Qu'il soit donc le bienvenu. Les habitants du ciel se réjouissent car ils ne connaissaient point ce que Dieu veut faire sur la terre par son entremise jusqu'à ce qu'Il les fasse savoir. Ils trouvèrent Adam et Gabriel de demander à Muhammad: «- Voici ton père, va le saluer». Il le salua et Adam lui rendit le salut et lui dit: «Sois le bienvenu ô mon fils, le meilleur des fils». Alors qu'ils sont toujours au ciel inférieur, Muhammad vit deux rivières qui coulaient à flots. Il demanda à Gabriel: «Quelles sont ces deux rivières» C'est le Nil et l'Euphrate, répondit-il. Poursuivant leur chemin, ils rencontrèrent une autre rivière au-dessus de laquelle fut érigé un palais en perles et topaze. En prenant de son eau et la trouvant dégager une senteur de musc, il demanda à Gabriel: «Quelle est cette rivière?» Il lui répondit: «C'est le Kawthar que ton Seigneur t'a réservée». Ils montèrent au deuxième ciel et les anges de leur demander: «Qui est là?» - Gabriel. - Qui t'accompagne?. - Muhammad. - A-t-il été mandé? - Oui, - Qu'il soit le bienvenu. Ainsi ils continuèrent leur ascension jusqu'au septième ciel. Le rapporteur ajouta: Dans chaque ciel ils rencontrèrent des Prophètes, de leurs noms je n'ai retenu que: Idris (Enoch) qui était au deuxième, Haroun (Aaron) au quatrième, un autre au cinquième, Ibrahim au sixième et Moïse au septième grâce aux paroles que le Seigneur lui a adressées. Moïse, en rencontrant Muhammad, dit à Dieu: «J'ai songé que Tu n'auras élevé un autre Prophète au-dessus de moi». En effet Dieu éleva Muhammad à une place que nul ne saurait la déterminer jusqu'à atteindre le jujubier de la limite auprès duquel se trouve le Jardin de la Demeure, à une distance de deux portées d'arc. Là Il lui a révélé ce qu'Il lui a révélé, entre autres choses révélées fut la prescription de cinquante prières de nuit et de jour à lui et sa communauté. En descendant, Moïse retint Muhammad et lui dit: «Que t'a-t-Il prescrit ton Seigneur?» Il lui répondit: «Cinquante prières quotidiennes de nuit et de jour». Moïse répliqua: «Retourne auprès de ton Seigneur et demande-Lui la réduction car ta communauté ne serait plus capable de s'en acquitter». Muhammad regarda Gabriel, comme voulant lui demander son avis, ce dernier lui fit signe de le faire s'il le veut, et il le ramena chez le Tout-Puissant le béni et que Son Nom soit sanctifié. Il lui supplia: «Seigneur! Allège la tâche à ma communauté car elle ne saurait supporter ce dont Tu m'as prescrite. Il lui remit dix prières. En retournant vers Moïse, il le retint chez lui puis, il le chargea de revoir son Seigneur qu'à la fin les prières furent réduites à cinq. Mais comme Moïse voulait encore le convaincre de demander à Dieu de les réduire, il lui dit: «O Muhammad, j'ai tenté les fils d'Israël ce qu'il était possible de tenter, d'observer moins que ça, mais ce fut en vain. Ta communauté, quant à elle est encore plus faible en corps, sens, cœurs, ...Retourne chez ton Seigneur et supplie-Le d'alléger ses prescriptions» Durant ce dialogue Muhammad regardait Gabriel comme pour demander son avis et l'ange ne disait mot en signe d'approbation. Le Prophète - qu'Allah le bénisse et le salue - se rendit enfin chez son Seigneur et lui dit: «Seigneur! Ma communauté est faible en corps, cœurs, sens, ouïe et vue. Je te supplie de réduire cette tâche. Le Tout-Puissant s'écria: «O Muhammad!» - Me voilà répondant à Ton appel ô Seigneur», et Dieu de poursuivre: «La parole, chez moi, ne change pas. Comme J'ai déjà signalé dans la Mère du Livre, chaque bonne action sera décuplée. Ces prières prescrites sont au nombre de cinq mais elles auront le mérite de cinquante». En retournant chez Moïse et en répondant à sa question, il lui dit: «Dieu nous a allégé la tâche en nous gratifiant d'une récompense de dix fois autant chaque bonne action». Comme Moïse insista, Muhammad trancha la question et dit: «O Moïse, j'ai honte maintenant, je me tiens pour satisfait et me résigne» - Descends donc avec paix, s'écria Moïse, et au nom de Dieu. Le Messager de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - se réveilla où il se trouvait à la Maison Sacrée. Telle était la version de Bukhari dans son Sahih (le livre de l'unicité de Dieu). Au sujet de la vue du Seigneur, une question qui a soulevé de polémique, Abu Dharr demanda au Prophète - qu'Allah le bénisse et le salue -: «As-tu vu ton Seigneur?» La réponse fut: «Je n'ai vu qu'une lumière». Une réalité qui a été soutenue par Aicha - que Dieu l'agrée - et par les compagnons. Dans la version d'Ahmad on trouve ce rajout: «Le Messager de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - a raconté: «On m'apporta le «Buraq» qui est une monture blanche plus grande que l'âne et plus petite que le mulet dont son pas atteint la limite de sa vue. Je le montai jusqu'à Jérusalem où je l'attachai à l'anneau où les Prophètes attachaient les leurs. J'entrai à la mosquée, fis deux rak'ats et, en sortant, Gabriel me présenta un vase de lait et un autre de vin, je pris celui du lait. Il me dit alors: «Tu es sur la «fitra» (l'islamisme), puis je montai avec lui au ciel...». D'après cette version il trouva Adam au premier ciel, au deuxième Jésus et Jean (Issa et Yahya) les deux cousins maternels, au troisième Yusuf (Joseph), au quatrième Idris (Enoch), au cinquième Haroun (Aaron), au sixième Moïse et au septième Ibrahim (Abraham) qui était adossé à la Maison peuplée où entraient chaque jour soixante-dix mille anges sans y retourner. Quelle fut la réaction de ce voyage nocturne et l'ascension au ciel? Abu Salama Ben Abdul Rahman rapporte: «Entendant ce récit les gens devinrent perplexes: devront-ils y croire ou le rejeter?. Les Quraychites allèrent trouver Abu Bakr qui n'était pas présent et lui demandèrent: «Ton compagnon (le Prophète) vient de raconter une histoire inconcevable? Il prétend avoir visité la nuit précédente, Jérusalem et être revenu à La Mecque». Il leur demanda: «A-t-il dit pareille chose?» - Oui, affirmèrent-ils. Et Abu Bakr de rétorquer: «Si vraiment il a raconté cela, je le tiens pour véridique». Ils objectèrent: «Vas-tu le croire qu'il a fait ce voyage en une seule nuit pour aller à Jérusalem et revenir à La Mecque avant la pointe du jour?» Abu Bakr s'écria alors: «Je le croirai même s'il racontait des choses plus extraordinaires». Abu Salama ajouta: «C'est pourquoi on a surnommé Abu Bakr le «Siddiq». Plus tard j'ai entendu Jaber Ben Abdullah rapporter que le Messager de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - a dit: «Lorsque les Quraychites m'ont traité de menteur, je me retirai au Hijr (l'intérieur de l'enceinte sacrée) et Dieu à ce moment me montra Jérusalem comme si je le voyais de mes propres yeux, et alors j'ai commencé à leur décrire les plus petits détails. Dans la version de Shaddad Ben Aws on trouve cet ajout: «... En retournant vers La Mecque, nous passâmes par tel endroit où nous vîmes une caravane appartenant à des Quraychites et les hommes recherchaient un chameau égaré qu'un homme avait rejoint. Je les saluai et ils rendirent le salut, et un homme d'entre eux s'écria: «C'est la voix de Muhammad!».... ... Après son entrevue avec Abu Bakr, le Messager de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - affirma aux Quraychites: «La caravane arrivera à tel jour précédée par un chameau noir portant sur le dos deux grands sacs noirs». A la date et à l'endroit fixés, les hommes se rendirent au milieu du jour pour, en effet, rencontrer la caravane tel comme le Messager de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - l'a décrite... Chapitre : De toutes les versions, Al-Zuhri a conclu que ce voyage eut lieu avant la Hégire. Le Messager de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - à l'état d'éveil, et jamais à l'état de sommeil, fit ce voyage de La Mecque à Jérusalem monté sur le «buraq». Arrivé à la porte de la mosquée à Jérusalem, il y attacha sa monture, y entra et pria deux rak'ats. On lui apporta comme un escalier, monta aux différents cieux jusqu'au septième en rencontrant dans chacun les Prophètes. Il le dépassa pour arriver en un lieu où il put entendre le crissement des plumes, celles qui inscrivent le «destin» c'est-à-dire tous les événements qui auront lieu jusqu'au jour de la résurrection. Il atteignit ensuite le jujubier qui marque les limites des cieux enveloppé, par la grâce de Dieu, de parure en or, d'ombres multicolores et entouré d'anges. Il vit Gabriel sous sa forme naturelle muni de six cent ailes, et de coussins verts qui bouchent l'horizon. Il vit également la Maison Peuplée et Ibrahim l'ami de Dieu et le constructeur de la Ka'ba terrestre appuyant son dos à la Ka'ba céleste. Chaque jour soixante-dix mille anges entrent à la Maison pour adorer et glorifier Dieu et n'y reviendront qu'au jour de la résurrection. Il vit aussi le Paradis et l'Enfer et en cette nuit, Dieu lui prescrit cinquante prières jour et nuit qui furent réduites à cinq par une grâce et une miséricorde du Seigneur: Donc la prière est l'acte d'adoration le plus noble et récompensé. Il descendit du ciel accompagné d'autres Prophètes à Jérusalem pour diriger leur prière qui fut celle de l'aube d'après les exégètes. D'autres ont prétendu qu'ils ont fait cette prière alors qu'ils se trouvaient au ciel, mais il s'avère qu'elle a été accomplie à Jérusalem. Bien que certains ulémas ont raconté qu'il a fait cette prière à Jérusalem lors de son arrivée de La Mecque, mais ce qui est vraisemblable, voire affirmé, qu'elle fut exécutée après sa descente du ciel accompagné des Prophètes qu'il rencontra dans les différents cieux en interrogeant Gabriel sur chacun d'eux. La supériorité de notre Prophète - qu'Allah le bénisse et le salue - par la grâce de Dieu, fut constatée quand il présida à la prière. La prière terminée, il quitta Jérusalem toujours monté sur le Buraq pour retourner de nuit à La Mecque. La majorité des ulémas affirment que le voyage eut lieu en âme et corps à l'état d'éveil et non en rêve. Ils n'ont pas nié que l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue -, avait fait une vision qui fut ensuite réalisée effectivement. La preuve en est le verset: «Gloire à celui qui a fait voyager de nuit Son serviteur...», car la glorification n'est constatée que lorsqu'il s'agit d'un événement très important. D'autre part si ce voyage était l'objet d'une vision, les Quraychites impies n'auraient pas démenti une chose pareille et une foule qui avait embrassé l'Islam n'aurait pas apostasié. D'autant plus le terme «serviteur» signifie l'homme: âme et corps, d'ailleurs ce qui est mentionné dans le verset. En interprétant ce verset: «Ton rêve, nous ne t'avons suggéré que pour éprouver les hommes et c'est dans le même dessein que nous avons introduit l'histoire de l'arbre maudit» [Coran XVII, 60] Ibn Abbas a dit: «Ce fut un rêve que le Messager de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - a réalisé la nuit de son voyage nocturne et a vu de ses propres yeux l'arbre maudit: «Al-Zaqqum». Dieu a dit ailleurs: «L'œil du Prophète ne fut abusé ni altéré» [Coran LIII, 17] or l'œil est un organe du corps et non de l'âme. Une autre preuve est la monture. «Al-Buraq» qui est une bête blanche qui fut mise au service du corps et non de l'âme car cette dernière n'a pas besoin d'une monture pour se déplacer. Une autre partie des ulémas ont prétendu que le voyage fut réalisé en âme seulement, une chose qui contraire le texte coranique. Pour montrer enfin la véracité de ce récit, notons que des hommes véridiques et dignes de confiance l'ont rapporté tels que: Umar Ben Al-Khattab, Ali, Ibn Mas'ud, Abu Dharr, Abu Hurayra et autres... Mais les impies et les athées n'ont fait que le nier et le démentir, et Dieu a dit d'eux: «Ils essaient d'éteindre la lumière d'Allah. Mais Allah fera briller sa lumière en dépit des infidèles» [Coran LXI, 8].
Verset 2
Dans plusieurs endroits du Coran on trouve le nom de Moïse joint à celui de Muhammad, et les deux Livres célestes le Pentateuque et le Coran. Ainsi au début de cette sourate après avoir parlé du Prophète - qu'Allah le bénisse et le salue -, il a mentionné Moïse - que Dieu le salue - à qui Il a révélé le Pentateuque - La Torah - pour être une Direction aux fils d'Israël en leur avertissant de ne plus prendre de protecteur en dehors de Lui. D'ailleurs ce qui fut l'objet de tous les Messages et la charge des Prophètes de n'adorer qu'un Dieu seul sans rien Lui associer.
Verset 3
Dieu rappelle aux fils d'Israël: «N'êtes-vous pas les descendants de ceux que nous avons sauvés avec Noé?» soyez donc comme votre père Noé qui fut un serviteur reconnaissant. Rappelez-vous aussi Ma grâce en envoyant vers vous Muhammad - qu'Allah le bénisse et le salue -. Noé fut nommé ainsi, d'après les traditions, parce qu'il louait toujours le Seigneur en mangeant, buvant, s'habillant et dans tous ses actes. Il est cité dans un hadith: «Dieu agréa de Son serviteur de Le louer après avoir mangé ou bu». Et dans un long hadith relatif à l'intercession il est cité: «... Puis les hommes se rendront chez Noé et lui diront: «O Noé, tu es le premier Messager envoyé vers les habitants de la terre et Dieu t'a surnommé le serviteur reconnaissant, intercède en notre faveur auprès de ton Seigneur.»
Verset 4
Nous avons prédit dans le Livre que les fils d'Israël commettraient des iniquités deux fois et qu'ils feraient montre d'un orgueil insupportable. Dieu a décrété dans le Livre révélé aux fils d'Israël, qu'ils allaient commettre par deux fois le désordre sur terre et s'élever avec un grand orgueil en opprimant les gens et en s'enorgueillissant.
Verset 5
«Quand viendra le terme du premier châtiment» après qu'ils aient semé le scandale sur terre. «nous lâcherons contre eux nos troupes les plus féroces» des serviteurs doués d'une force terrible et pleins de dure rigueur: «Ils envahiront leurs maisons» en occupant leur territoire et pénétrant même à l'intérieur de leurs demeures sans craindre personne. «Et ainsi s'accomplira notre menace». Les exégètes se sont divergés quand à l'identité de ces troupes? qui sont-elles?: - Ibn Abbas et Qatada ont déclaré qu'ils étaient Goliath et son armée, mais celui-ci fut tué plus tard par David, tel est le sens des dires de Dieu: «Puis nous favoriserons votre revanche». - Sa'id Ben Jubayr et d'autres ont précisé qu'il s'agit de Bakhtanassar le roi de Babylone, après que les fils d'Israël aient semé la corruption, l'injustice et tout acte de désordre sur terre. Il les a vaincus, humiliés et maltraités car ils furent des gens rebelles en tuant leurs Prophètes et savants. A cet égard Sa'id Ben Al-Musayyib raconte: Quand Bakhtanassar fit apparition au pays du Sham et l'envahit, il détruisit le Temple de Jérusalem et massacra les fils d'Israël. Retournant à Damas, il vit du sang bouillir sur un morceau d'étoffe sans s'arrêter. En interrogeant les habitants à son sujet, ils lui répondirent que c'était un phénomène qui datait de l'époque de leurs ancêtres sans pouvoir connaître le secret. Il dut alors tuer soixante-dix mille hommes soumis et autres pour que le sang cesse de s'écouler, en effet tel fut le résultat. Et Sa'id raconta aussi que Bakhtanassar avait tué les chefs et docteurs des juifs au point de n'en laisser aucun qui connaissait la Torah par cœur. Il fut également des autres des captifs de guerre dont une partie qui formait les fils des Prophètes et autres, puis plusieurs événements se succédèrent qu'on trouve dans les livres d'histoire et de tradition.
Verset 6
«Si vous faites le bien, vous vous ferez du bien à vous-mêmes; si vous faites du mal, vous vous ferez du mal à vous-mêmes» D'ailleurs c'est là la règle fondamentale de la rétribution car celui qui fait du bien le fait pour lui-même, et celui qui agit mal, le fait à son propre détriment.
Verset 7
«Quand viendra le terme du deuxième châtiment» en commettant le désordre pour la deuxième fois et le retour de vos ennemis, «vos visages se crispèrent» car vous serez humiliés et vaincus. Comme pour la première fois «vos ennemis profaneront le Temple» et le détruiront. «Peut-être Allah vous fera-t-il grâce?» en les détournant de vous. «Mais toute nouvelle faute entraînera une nouvelle répression» Si vous recommencez votre désordre et votre corruption, nous reviendrons vous infliger nos punitions et en plus, le châtiment qui vous attend dans l'au-delà. «L'Enfer sera le séjour des infidèles» Comme une prison pour les incrédules. Et Qatada de le commenter en disant: «Les fils d'Israël ont récidivé et, pour les punir, Il leur envoya Muhammad - qu'Allah le bénisse et le salue - et ses compagnons pour leur imposer le tribut qu'ils devront payer humiliés et couverts d'opprobre.
Verset 8
Ce Coran est le meilleur guide. Il annonce aux croyants qui pratiquent les bonnes œuvres une belle récompense.
Verset 9
Il annonce aux croyants qui pratiquent les bonnes œuvres une belle récompense. Certes, le Coran que Dieu a révélé à Son Prophète - qu'Allah le bénisse et le salue - conduit vers une voie très droite et donne bonne nouvelle aux croyants qui font le bien en se conformant à ses prescriptions qu'ils auront la belle récompense au jour de la résurrection.
Verset 10
Il annonce à ceux qui ne croient pas à la vie future un affreux châtiment. Quant aux incrédules qui ne croient pas au Jour Dernier et à la vie future, ils subiront le plus dur châtiment.
Verset 11
Parfois l'homme se montre pressé, vu sa nature. Il arrive qu'il appelle le mal soit pour lui, soit pour ses enfants, tout comme il appelle le bien. Si Dieu voulait exaucer son vœu, il l'aurait fait périr par l'effet de sa supplication comme Il le montre dans ce verset: si Allah prodiguait le mal avec la même facilité qu'il prodiguait le bien, les hommes auraient tôt fait d'arriver à la fin de leurs jours [Coran X, 11]. Ainsi était l'interprétation d'Ibn Abbas, Moujahed et Qatada. Il est cité dans un hadith que le Prophète a dit: «N'appelez pas le mal ni pour vous-mêmes ni pour vos biens car il arrive que cela tombe sur une heure où toute invocation serait exaucée» (Rapporté par Abou Daoud).
Verset 12
Entre autres signes divins, Dieu cite la nuit et le jour qui sont deux phénomènes opposés, la nuit pour le repos et le jour pour travailler et chercher une grâce du Seigneur, ainsi pour connaître les années, mois et jours et calculer le temps. Si le temps était composé de périodes homogènes, où il n'y avait ni changement ni différence, on n'en aurait rien retenu ni connu. Une réalité qu'on déduit des dires de Dieu: «Dis: «Qu'en pensez-vous? Si Allah vous avait plongés dans une nuit sans fin jusqu'au jugement dernier, quel autre que Lui pourrait vous donner la lumière? Quand vous déciderez-vous à comprendre?» [Coran XXVIII, 71], aussi ce verset: «Il fait se succéder la nuit et le jour pour donner plus de marge à ceux qui veulent adorer Allah et Lui rendre des actions de grâce» [Coran XXV, 62] et encore: «Il fait luire les matins; Il a institué la nuit pour le repos, le soleil et la lune comme mesures du temps. Tel est l'ordre conçu par le Tout-Puissant et le docte» [Coran VI, 96]. Chacun de ces deux phénomènes a de signes: l'obscurité de la nuit qui est parfois éclairée faiblement par la lune; la clarté du jour et le lever du soleil et sa lumière éclatante. Entre le clair de la lune et la lumière du soleil il y a une différence énorme afin que les hommes puissent les discriminer. A cet égard Dieu a dit: «C'est lui qui a créé le soleil qui brille et la lune qui éclaire. C'est Lui qui a fixé les phases de celle-ci pour vous permettre de calculer les années et de mesurer le temps. Ce n'est pas sans but qu'Allah a créé tout cela. Nous multiplions nos signes pour ceux qui comprennent» [Coran X, 5].
Verset 13
Chaque homme a le compte de ses bonnes et mauvaises actions attaché à son cou. Au jour du jugement dernier, nous lui présenterons un livre ouvert. Après que Dieu ait mentionné la nuit et le jour comme étant deux signes, ils sont aussi des périodes où tout homme y commet ses œuvres soit-elles bonnes ou mauvaises et leur compte est attaché à son cou dont il sera responsable. Toute bonne ou mauvaise action sera rétribuée: «Celui qui aura fait le plus petit atome de bien, le verra. Celui qui aura fait le plus petit atome de mal le verra» [Coran XCIX, 7-8]. Des anges gardiens veillent sur chaque homme, de nobles anges scribes inscrivent ses œuvres jour et nuit. L'homme ne profère aucune parole ou fait une œuvre sans avoir auprès de lui un observateur prêt à l'inscrire. Bref toute œuvre est inscrite dans un livre et: «Au jour du jugement dernier, nous lui présenterons un livre ouvert». Si ce livre lui sera donné dans la main droite, il sera parmi les bienheureux, par contre s'il le recevra de la main gauche, il sera parmi les damnés. Donc ce livre est le sommier des œuvres de chaque individu où il pourra lui-même lire tout ce qu'il a commis dans le bas monde: «Ce jour-là l'homme sera informé de tout ce qu'il aura fait» [Coran LXXV, 13]. Nul ne sera lésé ni opprimé et supportera la responsabilité. Le compte sera rendu au cou, car le cou est une partie très importante du corps humain, pour cela Dieu l'a mentionné et montré que le destin de chaque homme est attaché à son cou.
Verset 14
Lis dans ton livre, lui sera-t-il dit. Tu peux faire toi-même ton compte. Chacun est tenu de s'acquitter d'une obligation quelconque surtout les obligations envers Dieu qui sont Ses prescriptions. Si l'homme est habitué à faire des œuvres étant capable de les faire, lorsqu'il tombe malade, ces œuvres lui seraient prescrites comme s'il les avait faites. A cet égard le Prophète - qu'Allah le bénisse et le salue - a dit: Toutes les œuvres du fils d'Adam seront scellées. Quand il tombe malade, les anges s'écrient: «Seigneur, ton serviteur tel Tu l'as retenu?» Et le Seigneur à Lui la puissance et la gloire de leur répondre: «Inscrivez les (bonnes) actions que Mon serviteur avait l'habitude de faire, scellez-les lui jusqu'à mourir ou guérir» (Rapporté par Ahmed). Al-Hassan Al-Basri récita ce verset: «Deux anges se tiennent à la droite et à la gauche de l'homme pour recueillir ses paroles» [Coran L, 17] et dit: «Dieu dira à l'homme au jour du jugement dernier: «O fils d'Adam! Voilà ton livre que j'étale devant toi. Deux anges ont été chargés d'écrire toutes les actions: Celui qui se tenait à ta droite avait inscrit les bonnes, quant à celui de la gauche il avait inscrit les mauvaises. Une fois mort, ton livre fut plié et attaché à ton cou, et le voilà, au jour de la résurrection, étalé devant toi afin que tu puisses lire toutes les actions que tu as commises dans le bas monde» Dieu est équitable et ne lèse personne.
Verset 15
Le verset est très clair: quiconque est bien dirigé, ne se guide que pour lui-même. Quiconque est égaré ne s'égare que contre lui-même, et en supportera les conséquences. Nul ne portera les fardeaux (des péchés) d'un autre. Dieu l'a affirmé en disant: «Si une âme demande à une autre, fût-elle une de ses proches, de la soulager de son fardeau, ce sera en vain» [Coran XXXV, 18]. Ceci ne contredit pas le sens de ce verset: «Ils porteront sûrement leurs fardeaux et d'autres fardeaux encore avec leurs propres fardeaux» [Coran XXIX, 13] et celui-ci encore: «Ils auront à répondre de leurs propres péchés et ceux des ignorants qu'ils auront égarés» [Coran XVI, 25] car ceux qui appellent à un égarement supporteront les conséquences de leurs propres péchés et celles des autres qu'ils ont égarés. Telle est la justice idéale de Dieu. De par Sa miséricorde, Il ne châtiera personne sans l'avoir averti et sans lui montrer le chemin droit: «Nous ne sévissons pas sans lui montrer le chemin droit: «Nous ne sévissons pas sans que nous ayons envoyé un Prophète». Au jour du jugement Il présentera à chaque individu son propre livre et fera avouer chaque homme sans laisser à aucun un argument quelconque. Ce verset en est une preuve claire: «Les gardiens leur diront: «Ne vous a-t-on pas envoyé des Prophètes choisis parmi vous pour vous faire connaître les enseignements de votre Seigneur et vous prévenir de l'arrivée de ce jour-là?» «Oui, répondront-ils, mais la menace prédite sera déjà en voie d'exécution contre les infidèles» [Coran XXXIX, 71]. On trouve dans le Coran plusieurs versets qui donnent tous le même sens.
Verset 16
Le terme «nous prévenons» cité dans le verset, ou «nous ordonnons» ou encore «nous prédisons» qu'on trouve dans d'autres traductions, était sujet de discussion entre les exégètes et ulémas qui avait abouti à une grande divergence dans les opinions: L'homme est-il dirigé par le destin? d'où le principe du «fatalisme», ou bien il est responsable de ses actes et paroles en lui reconnaissant la faculté du «libre arbitre»?. Ce qu'il faut retenir consiste à admettre, et ceci est un principe fondamental, que Dieu «n'ordonne jamais de mauvaises actions» [Coran VII, 28] ou commande les turpitudes. Il ordonne à Ses serviteurs de s'acquitter des prescriptions qu'Il a imposées et ne faire que de bonnes actions. Mais une fois les hommes et surtout ceux vivant dans l'aisance et le bien-être, sont livrés à leur iniquité et leurs turpitudes, Dieu les punit. On peut donc interpréter ce verset de la façon suivante: «Dieu laisse les hommes aisés et les mauvais sévir dans une cité quelconque en Lui désobéissant, alors Il les fait périr, comme le montre ce verset: «C'est ainsi que nous laissons dans chaque cité les pires criminels pour y perpétuer le mal» [Coran VI, 123].
Verset 17
Dieu dans ce verset menace et en même temps rappelle aux Qoraïchites qui ont traité Mouhammad - qu'Allah le bénisse et le salue - de menteur, qu'il a détruit depuis Noé des générations qui avaient agi de même à l'égard de leurs Prophètes. Donc les générations existant entre Adam et Noé étaient sur l'islamisme comme a précisé Ibn Abbas et étaient au nombre de dix. Dieu avertit: O vous qui traitez vos Prophètes d'imposteurs, vous n'êtes pas plus considérés au regard de Dieu qu'eux mais c'est tout à fait le contraire, ces Prophètes sont les élus de Dieu, quant à vous, vous ne méritez que le châtiment car: «Allah voit et connaît les péchés de ses serviteurs» et rien ne lui est caché ni de vos paroles ni de vos actions.
Verset 18
Quiconque veut et recherche ce qui passe promptement, c'est à dire les plaisirs d'ici-bas, Dieu les accorde à qui Il veut. Mais dans l'au-delà, Dieu lui a préservé l'Enfer comme séjour pour l'éternité où il sera méprisé et réprouvé pour prix de ses mauvaises actions, ayant préféré les jouissances éphémères à ce qui dure éternellement sans être épuisé.
Verset 19
Il est cité d'après Aicha -que Dieu l'agrée- que le Prophète - qu'Allah le bénisse et le salue - a dit: Le bas-monde est la demeure de celui qui n'aura pas une autre (dans la vie future), la richesse de celui qui en sera privé, et c'est pour ce bas monde qu'un insensé amasse ses biens» (Rapporté par Ahmed). Par contre, ceux qui croient et recherchent les plaisirs intarissables de l'au-delà et font leurs efforts pour y tendre, en suivant le Prophète et se conformant à ses enseignements, ceux-là en seront récompensés et leur zèle reconnu.
Verset 20
Ceux qui recherchent la vie future aussi bien que ceux qui recherchent la vie d'ici-bas sont pourvus de Dieu qui donne, même largement, à qui Il veut car: «Nos bienfaits ne sont pas limités» et nul ne saura repousser ce que Dieu donne.
Verset 21
«Considère comment nous avantageons les uns par rapport aux autres» dans ce bas monde : il y en a l'aisé et l'indigent, les beaux et les laids, ceux qui meurent en bas âge et ceux qui atteignent l'âge de décrépitude, à savoir qu'il y en a aussi qui sont au milieu de tout cela. Mais «il y aura des différences plus marquées encore dans la vie future» tout comme il y en a dans la vie d'ici-bas : il y aura ceux qui seront précipités dans les abîmes du feu et ceux qui seront au Paradis et occuperont des rangs différents. Car entre deux degrés au Paradis il y a une distance comme celle existant entre ciel et terre, à savoir qu'il y a cent degrés. À cet égard il est cité dans les deux Sahihs que le Prophète - qu'Allah le bénisse et le salue - a dit : «Ceux qui seront dans les degrés supérieurs verront ceux qui seront à «Illyyîne» comme vous voyez l'étoile filante à l'horizon.»
Verset 22
C'est un avertissement adressé surtout à la communauté musulmane de n'adorer avec Dieu aucune autre divinité ni la reconnaître, sinon l'homme sera méprisé pour son association et abandonné de Dieu qui ne lui accorde aucun secours. Abdullah Ben Mass'oud rapporte que le Messager de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - a dit : «Celui qui, atteint d'une indigence, l'impute aux hommes, il n'en sera plus délivré, et celui qui l'impute à Dieu, peut s'en faut que Dieu ne lui comble ses besoins tôt ou tard» (Rapporté par Ahmed, Abou Daoud et Tirmidhi).
Verset 23
Ton Seigneur ordonne de n'adorer que Lui, de bien se conduire avec ses père et mère, encore plus dans leur vieil âge. Garde-toi de tout écart de langage ou de les contredire. Parle-leur avec respect.
Verset 24
Montre-toi humble et tendre envers eux. Dis : Seigneur, reçois-les dans le sein de Ta miséricorde pour m'avoir élevé. Dieu a décrété ou ordonné ou recommandé d'être bienveillant à l'égard des père et mère, «encore plus dans leur vieil âge» ou suivant d'autre traduction : «Si l'un d'entre eux ou bien tous les deux ont atteint la vieillesse près de toi, ne leur dis pas : «Fi», c'est-à-dire «Garde-toi de tout écart de langage». Car ce mot «Fi» est la parole la moins méprisée qu'on se permette de leur adresser. Ne les repousse pas en se conduisant mal envers eux en actes et paroles. «Parle-leur avec respect» en usant un langage doux et des paroles douces et polies. «Montre-toi humble et tendre envers eux» ou suivant une autre interprétation : «baisse sur eux l'aile de la tendresse» et dis : «Seigneur, reçois-les dans le sein de ta miséricorde» soit quand ils atteindront un âge avancé, soit quand ils mourront.
Verset 25
Nul mieux que votre Seigneur pénètre vos consciences. Si vous êtes bons, Il le sait. Il accepte toujours les repentirs sincères. Sa'id Ben Joubaïr l'a commenté en disant : «Il s'agit de l'homme qui prend l'initiative pour rendre un service quelconque à ses parents sans que, plus tard, on lui reproche son acte, ou ne voulant que leur faire du bien». Qatada et Ibn Abbas ont précisé que ceci concerne les hommes soumis qui font la prière ou un acte de charité. Mais Ibn Al-Moussaiab a répondu qu'il s'agit de l'homme qui, une fois commet un péché, s'en repent. Ibn Jarir a déclaré : c'est bien l'homme qui se repent et ne revient plus à son péché, il se soumet à l'obéissance après avoir désobéi aux enseignements de Dieu, et d'éviter ce qui encourt la colère de Dieu pour accomplir ce qu'il lui procure Sa satisfaction. Et l'auteur de conclure : la dernière opinion est la plus correcte.
Verset 26
Après la piété filiale, Dieu rappelle aux hommes leurs obligations de charité envers les proches dans le but de maintenir le lien du sang comme il a été dit dans un hadith que l'homme doit être bienveillant d'abord envers sa mère, puis envers son père, ensuite envers les proches parents. Et dans un autre hadith, il a été dit : «Quiconque veut que Dieu lui accorde des biens et une longévité, doit maintenir le lien de parenté». «Ne sois point prodigue». En ordonnant la dépense, Dieu interdit la prodigalité et exhorte l'homme à garder le juste milieu entre le gaspillage et l'avarice. Il a dit dans un autre verset : «Ceux qui ne se montrent dans leurs dépenses ni trop prodigues ni trop avares» [Coran XXV, 67].
Verset 27
Il met en garde contre la prodigalité et accuse les prodigues d'être les frères des démons, c'est-à-dire leurs semblables. Mais la prodigalité est-elle toujours répugnée ? À cet égard Moujahed a avancé : Lorsque l'homme dépense tout son argent pour la cause de la vérité il n'est plus considéré comme prodigue, mais une autre dépense, fût-ce une certaine mesure de quoi que ce soit sans une juste raison, il sera considéré en tant que prodigue. Et Qatada de préciser : Toute dépense faite en dehors du sentier de Dieu sera une désobéissance et une corruption, car Dieu a dit : «Les prodigues sont les frères de Satan. Satan a renié son maître» car Satan est toujours méconnaissant envers Dieu et lui est insoumis.
Verset 28
«Si tu t'éloignes de tes semblables pour vaquer à tes affaires» en quête d'une miséricorde du Seigneur, en d'autres termes : si tes proches et ceux dont Dieu a ordonné de dépenser pour eux te demandent et que tu ne possèdes rien pour leur donner «aie pour eux un mot aimable» promets-leur en leur adressant une parole convenable que lorsque tu recevras des biens tu leur en feras part si Dieu le veut.
Verset 29
N'aie pas la main collée au cou, ni ne donne à pleines mains, si tu ne veux pas être blâmé ou éprouver des regrets. Dieu ordonne la modération dans les dépenses en méprisant l'avarice et interdisant la prodigalité. Il dit : «N'aie pas la main collée au cou» ne sois plus avare en refusant de donner aux autres quand ils demandent, comme les juifs - que Dieu les maudisse - qui ont imputé la parcimonie à Dieu en disant : «La main d'Allah est fermée» Qu'il soit élevé au-dessus de ce qu'ils lui décrivent. Plutôt Il est le Généreux et le Dispensateur par excellence. «ni ne donne à pleines mains» en dépensant sans compter et peut-être cela dépasse la capacité en t'en privant de ce que tu as acquis pour toi-même «si tu ne veux pas être blâmé ou éprouver des regrets». Dans ce cas les hommes te reprochent la prodigalité, tu deviendras honni et misérable en dépensant ce qui dépasse la capacité.
Verset 30
Ton Seigneur comble de ses bienfaits qui Il veut ou les distribue avec parcimonie. Il connaît les hommes. Il lit dans leurs cœurs. Dieu le Dispensateur qui pourvoit aux besoins de Ses serviteurs, dépense largement à qui Il veut et mesure ses dons à qui Il veut. Il dispose à Sa guise des richesses et de ses serviteurs. Il n'agit que d'après une sagesse qui émane de Sa science car «Il connaît les hommes. Il lit dans les cœurs». Il est cité dans une tradition que Dieu a dit : «Il en est parmi Mes serviteurs celui que seule la pauvreté lui convient. Si Je lui avais prodigué une fortune, celle-ci aurait gâté sa foi. Par contre, il en est celui dont la richesse lui convient. Si Je l'avais privé, J'aurais gâté sa foi».
Verset 31
Dieu est beaucoup plus compatissant envers Ses serviteurs qu'un père ne l'est envers son enfant. Pour cela Il a interdit de tuer les enfants par crainte de la pauvreté et Il leur a imposé la part de l'héritage. Du temps de l'ignorance (la période préislamique) les hommes ne réservaient aucune part de la succession aux filles, même certains d'entre eux tuaient la fille de peur qu'elle ne rende la famille nombreuse. Dieu interdit donc de tuer les enfants par crainte de pénurie. «Nous leur donnerons de quoi vivre ainsi qu'à vous». Car ce genre abominable de meurtre «est un horrible forfait». À cet égard Abdullah Ben Mass'oud demanda à l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue -: «Quel est le péché le plus grave?». Il lui répondit: «De Lui reconnaître un égal alors que c'est Lui qui t'a créé». - Puis après, redemanda-t-il. - De tuer ton enfant de peur qu'il mange avec toi, répliqua-t-il. Et à la troisième question: «Et après?» le Prophète de répondre: «De forniquer avec la femme de ton voisin» (Rapporté par Boukhâri et Mouslim).
Verset 32
Dieu interdit aux hommes de pratiquer l'adultère et même les actes qui y conduisent tels les attouchements ou autres car «C'est une abomination; c'est une voie pleine d'embûches». Il est compté comme un péché très grave. L'imam Ahmed raconte d'après Abou Oumama qu'un jeune homme vint chez le Prophète - qu'Allah le bénisse et le salue - lui demandant la permission de forniquer. Les hommes le réprimandèrent. Mais le Prophète - qu'Allah le bénisse et le salue - lui ordonna de s'asseoir et lui demanda: «Permets-tu à ta mère de le faire?» - Non, répondit le jeune homme, que je me sacrifie pour toi père et mère. Et le Prophète - qu'Allah le bénisse et le salue - de répliquer: Ainsi tous les hommes ne le permettent plus ni le souhaitent à leurs mères. Veux-tu que ta fille le fasse? - Jamais, rétorqua le jeune homme, que je me sacrifie pour toi père et mère. Il lui répondit: «Ainsi les hommes ne le permettent point à leurs filles. Laisses-tu ta sœur le pratiquer?». Le jeune homme rétorqua: «Non par Dieu, que je me sacrifie pour toi». Et le Prophète - qu'Allah le bénisse et le salue - lui demanda s'il laisse ses tantes paternelles et maternelles le faire et le jeune de répondre par une négation. Alors l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - mit sa main sur le jeune homme et dit: «Mon Dieu, pardonne-lui, purifie son cœur et rends-le chaste». Dès lors ce jeune homme ne pensait plus à ce péché. On a rapporté que le Prophète - qu'Allah le bénisse et le salue - a dit: «Après le polythéisme un homme ne commet un péché plus grave qu'une goutte de sperme qu'il éjacule dans un utérus d'une femme qui lui est interdite».
Verset 33
Dieu interdit de tuer un homme sinon pour une juste raison. Il est cité dans les deux Sahihs que l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - a dit: «Il n'est plus permis de tuer un homme qui témoigne qu'il n'y a d'autre divinité que Dieu et que Muhammad est l'Envoyé de Dieu, à l'exception de ces trois: Un homme marié qui a commis l'adultère, un meurtrier sans motif valable et l'homme qui apostasie et se sépare de la communauté (musulmane)» (Rapporté par Boukhâri et Mouslim). Et dans un autre hadith, il est dit: «L'évanescence du bas monde aux regards de Dieu est plus facile que le meurtre d'un musulman». (Nous n'avons pas laissé sans recours les parents de celui qui est tué injustement) Ce recours qui est de droit au proche parent de la victime peut être représenté par l'une des trois solutions: Soit en payant la composition légale (diya), soit en pardonnant sans aucune indemnité, soit en exécutant le meurtrier. Dieu ensuite exhorte les hommes à ne plus commettre d'excès dans le meurtre «Qu'ils ne se hâtent pas de se faire justice eux-mêmes» et ceci en se vengeant par exemple - avant jugement - du meurtrier ou de l'un de ses proches en appliquant la vendetta «Car il y a une justice». Les parents de la victime peuvent demander justice selon les formalités connues.
Verset 34
Ne donnez vos soins aux biens de l'orphelin qu'autant qu'ils lui seront profitables et seulement jusqu'à ce qu'il devienne capable de les gérer. Un tuteur, ou celui qui a pris à sa charge un orphelin, ne doit toucher aux biens de l'orphelin que pour le meilleur usage, jusqu'à ce qu'il ait atteint sa majorité et ses pleines forces, comme Dieu l'exige dans ce verset: «Ne vous hâtez pas de les dilapider avant qu'ils ne deviennent majeurs» [Coran IV, 6]. Mouslim a cité dans son Sahih que l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - avait dit à Abou Dzarr: «Ô Abou Dzarr, pourquoi te vois-je si faible? Je désire pour toi ce que je désire pour moi-même. Je t'exhorte à ne plus commander deux hommes ni de te charger des biens d'un orphelin». «Remplissez vos engagements» que vous avez pris à l'égard des hommes car vous y serez interrogés.
Verset 35
«Si vous mesurez, donnez bonne mesure» sans léser les hommes de leurs droits et de leur causer préjudices, et pesez avec la balance la plus exacte afin d'éviter la fraude. Ce sera un bien pour vous dans votre vie ici-bas et le résultat de cet acte sera la meilleure chose qui vous rendra satisfaits et vous garantira un bon refuge. À ce propos Ibn Abbas disait souvent aux hommes: «Vous êtes chargés de deux choses qui avaient causé le périssement de ceux qui vous ont précédés: la balance et la mesure».
Verset 36
Ne raconte pas des choses que tu n'as ni vues ni entendues, et ne diffame personne et ne l'accuse pas ce dont tu n'as aucune connaissance, car tu y seras interrogé. Observe ce que Dieu a dit: «... Évitez autant que possible le soupçon. Il y a des soupçons qui sont des péchés» [Coran XLIX, 12]. Le Prophète - qu'Allah le bénisse et le salue - à son tour avait exhorté les hommes en leur disant: «Évitez le soupçon car il est la parole la plus mensongère». Il a dit aussi: «Le plus grand mensonge c'est qu'un homme fait voir à ses yeux des choses, qu'en réalité ils ne les ont pas vues». Au jour de la résurrection, tout individu sera sûrement demandé compte de l'ouïe, de la vue et du cœur.
Verset 37
Dieu défend aux hommes de marcher sur la terre avec insolence et orgueil à la façon des tyrans et puissants. Quelque soit la force de l'homme et sa façon de fouler la terre il ne pourra ni déchirer la terre ni atteindre les cimes des montagnes. Mouslim rapporte dans son Sahih que l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - a dit: «Tandis qu'un homme marchait, vêtu d'un habit somptueux et bien peigné, il fut englouti par la terre dans laquelle il s'enfoncera jusqu'au jour de la résurrection». Dieu raconte aussi dans le Coran l'histoire de Coré (Qaroun) qui sortit vers son peuple avec tout son faste. Le Seigneur l'a fait engloutir par la terre ainsi que sa maison. D'après Ibn Abî Ad-Dunia, l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - a dit: «Lorsque les hommes de ma communauté fouleront la terre avec orgueil et que Perses et Romains seront à leur service, Dieu donnera le pouvoir à certains d'entre eux sur les autres».
Verset 38
Tout ce que Dieu a commandé à partir de la piété filiale jusqu'à ce verset, si l'homme enfreint ces enseignements, il aura commis un acte qui est détestable devant Dieu.
Verset 39
Dieu ordonne à Son Prophète de suivre et mettre à exécution les préceptes dans les versets précités, et de les communiquer aux hommes pour s'y conformer. «Ne reconnais pas d'autre Allah que Lui si tu ne veux pas être précipité dans la géhenne» Car ainsi tu ne blâmeras que toi-même, et les gens te reprocheront cette injustice commise envers Dieu, tu seras par la suite méprisé et réprouvé. Bien que cet avertissement est adressé à Muhammad - qu'Allah le bénisse et le salue - mais il concerne tous les hommes sans exception, étant donné qu'il est préservé de tout péché.
Verset 40
Ceci est une réponse aux idolâtres qui avaient prétendu que les anges sont les filles de Dieu, qu'il soit exalté, puis ils ont affirmé que les anges sont de sexe féminin, enfin ils les ont adorés. Cet agissement constitue un triple péché. Dieu le leur reproche en disant: Votre Seigneur aurait-Il choisi pour vous les fils et adopté des femelles parmi les anges? Vraiment vous proférez une parole mensongère en dédaignant d'avoir de telles créatures et même si vous les aviez vous les auriez enterrées vivantes! C'est un partage inique! Dieu dément leur présomption et leur avertit: «Ils disent: «Le Miséricordieux s'est donné un enfant». «Vous avez proféré là un blasphème monstrueux». À ces mots, les cieux ont failli s'entrouvrir, la terre se fendre, les montagnes crouler. Oser attribuer un fils au Miséricordieux? Le Miséricordieux ne saurait avoir un fils. Tout ce qui existe dans le cieux et sur la terre est asservi au Miséricordieux. Il a tout répertorié, Il a tout recensé. Chaque créature comparaîtra séparément devant Lui au jour du jugement dernier» [Coran XIX, 88-95].
Verset 41
Dieu n'a exposé cela dans le Coran que pour les hommes réfléchissent, tiennent au sérieux ces avertissements et ces preuves éclatantes, et cessent de s'enfoncer dans leur idolâtrie. Mais malheureusement cela ne fait qu'augmenter leur répulsion et leur éloignement de la vérité.
Verset 42
Si ce que vous prétendez ô idolâtres est vrai et que d'autres divinités existaient avec Dieu, chacun d'entre vous les aurait adorées et demandé leur intercession par tous les moyens. Quant à vous ô croyants, n'adorez que Dieu seul sans rien Lui associer et vous n'aurez plus besoin d'un intercesseur pour vous rapprocher de Dieu et de lui présenter les requêtes. Dieu n'a jamais agréé un tel comportement, et c'est bien à quoi les Prophètes et les Envoyés ont appelé les peuples. Dieu se tient au-dessus de ce qu'ils lui attribuent. Gloire à Lui, Il est élevé à une grande hauteur au-dessus de ce qu'ils disent. Il est le seul Dieu, l'Impénétrable, qui n'engendre pas et n'a pas été engendré.
Verset 43
Gloire à Lui, Il est élevé à une grande hauteur au-dessus de ce qu'ils disent. Il est le seul Dieu, l'Impénétrable, qui n'engendre pas et n'a pas été engendré.
Verset 44
Les cieux, la terre et tout ce qui s'y trouve, chantent pureté de Dieu et célèbrent ses louanges en réfutant les dires des idolâtres. Un poète a résumé cela dans ce vers: "En toute chose il y a un signe. Qui affirme qu'il est le Dieu unique." Dieu avait montré dans d'autres versets que peu s'en faut que les cieux ne se fendent à cause des paroles des idolâtres, que la terre ne s'entrouvre et que les montagnes ne s'écroulent, de ce qu'ils imputent à Dieu en lui attribuant un fils! "Il n'est pas une chose qui ne bénisse Son œuvre. Mais vous n'entendez pas ce murmure d'adoration". En d'autres termes, il n'y a rien qui ne glorifie Dieu et célèbre ses louanges en usant un langage que les humains ne le comprennent pas, s'agit-il d'un animal, d'une chose inerte ou d'une plante. À ce propos Ibn Masoud a dit: "Nous entendions la glorification de la nourriture que nous mangions". Et dans un hadith rapporté par Abou Dharr, le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- avait pris en main des cailloux desquels surgissait une glorification pareille au bourdonnement des abeilles. Jaber Ben Abdullah rapporte que l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit à ses compagnons: "Vous dirai-je quel fut l'ordre que Noé avait adressé à son fils? Noé -que la paix soit sur lui- a dit à son fils: "Fils! Je t'ordonne de répéter souvent: "Gloire à Dieu" car elle est la prière des créatures, leur glorification et grâce à laquelle Dieu dispense ses bienfaits". "Il n'est pas une chose qui ne bénisse Son œuvre". Ikrima l'a commenté en disant: "Toute chose célèbre les louanges du Seigneur s'agit-il d'une chose inanimée comme la colonne, la pierre, ou un arbre etc..." Même certains se sont allés plus loin en disant que le grincement de la porte et le bruissement d'eau sont une glorification. "Il est toute magnanimité et toute miséricorde". Cela signifie que Dieu ne hâte pas le châtiment de l'insoumis, plutôt Il lui accorde un répit afin qu'il se repente et revienne à Dieu, mais au cas où il s'obstine, Il le saisit à la façon d'un Tout-Puissant. Il est cité dans les deux Sahihs que l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit: "Dieu accorde un délai à l'injuste, mais quand Il le saisit Il ne le relâche plus" Puis il récita: "Que de cités j'ai favorisées malgré leurs fautes. Puis j'ai sévi" [Coran XXII, 48]. Dieu de par Sa générosité et Sa mansuétude reviendra toujours vers le pécheur repentant en le confirmant quand Il a dit: "Quiconque aura commis une mauvaise action ou se portera tort à soi-même trouvera Allah miséricordieux et indulgent, s'il l'implore" [Coran IV, 110].
Verset 45
Ibn Chéhab a dit: "Lorsque l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- récitait du Coran aux polythéistes de Qoraïch et les appelait à y croire, ils le tournaient en dérision et lui répondaient: "Nos cœurs sont enveloppés d'un voile épais qui nous cache ce vers quoi tu nous appelles et nos oreilles sont atteintes de surdité". Dieu dit à Son Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- "Quand tu lis le Coran, il semble qu'un rideau tombe pour t'isoler". Cela constitue comme un certain écran qui les sépare de la bonne direction pour prix de leur incrédulité et leur opiniâtreté.
Verset 46
Asma la fille d'Abou Bakr -que Dieu les agrée- a raconté que lorsque ce verset fut révélé: "Maudites soient les mains d'Abou Lahab et maudit soit lui-même" [Coran CXI, 1] Al-'Awra Oum Jamil vint trouver le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- en hurlant, tenant à la main un petit pilon en pierre et disant: "Nous le réprimandons, nous refusons sa religion et nous lui désobéissons". Abou Bakr qui se trouvait à côté de l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- dit à ce dernier: "Cette femme est arrivée et je crains qu'elle te voie". Il lui rassura: "Elle ne me verra plus". Puis il récita quelques versets précisément: "Quand tu lis le Coran, il semble qu'un rideau tombe pour l'isoler de ceux qui ne croient pas à la vie future". Alors cette femme se tint devant Abou Bakr sans observer le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue-, et lui dit: "Ô Abou Bakr, on m'a fait savoir que ton compagnon m'a dénigrée" Il lui répondit: "Non, il ne l'a pas fait et je jure par le Seigneur de la Ka'ba". Elle partit ensuite en disant: "Tous les Qoraïchites savent bien que je suis la fille de leur maître". Lorsque le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- récitait du Coran, Dieu plaçait un voile épais entre lui et les idolâtres, et un autre sur leurs cœurs en rendant leurs oreilles pesantes pour rien entendre les empêchant ainsi de retrouver la voie droite. "Quand tu mentionnes l'unité d'Allah dans le Coran" en témoignant qu'il est le Dieu unique, ils tournent le dos avec répulsion comme Il l'a montré dans ce verset: "Quand l'unité d'Allah est affirmée devant eux, ceux qui ne croient pas à la vie future ricanent de dépit" [Coran XXXIX, 45]. Et Qatada de commenter: "Lorsque les musulmans proclamaient l'unicité de Dieu, les polythéistes la reniaient et s'en détournaient avec aversion en se soumettant à Satan et à sa cohorte, alors que Dieu ne veut que faire retentir cette proclamation en dépit des incrédules. En effet cela ne tarda pas à être répandu dans toute la presqu'île arabique où l'Islam a régné.
Verset 47
Rien ne nous échappe. Nous savons avec quelle intention certains viennent t'écouter, et les propos qu'ils tiennent dans leurs conciliabules. Nous n'ignorons pas qu'ils se disent entre eux: "Mais, voyons, nous suivons là un homme possédé". Quand les idolâtres sont en conciliabules, les injustes disent: "Vous ne suivez qu'un homme possédé". Cette conversation, Dieu la révéla à son Prophète en lui disant: "vois tout ce à quoi ils te comparent" ces idolâtres ne peuvent trouver aucun chemin pour l'emprunter. Car ils ne recherchent plus la voie de la vérité et n'y trouvent aucun moyen pour y accéder. Dans la "Biographie du Prophète" Ibn Ishaq raconte: "Abou Soufian Ben Harb, Abou Jahl Ben Hicham et Al-Akhnas Ben Chouraiq sortirent une nuit pour se rendre auprès de la demeure de l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- et l'écouter en faisant sa prière: chacun d'eux prit une place à part à cette fin ne s'apercevant plus de la présence des deux autres. Ils restèrent ainsi écouter la prière jusqu'à la pointe du jour. Sur le chemin du retour, ils se rencontrèrent et se blâmèrent. Ils s'accordèrent à ne plus y revenir de peur qu'un homme idiot ou insensé ne les rencontre dans cet état et alors il pourrait se convertir. La nuit suivante chacun de ces trois individus agit comme la nuit précédente et s'isola dans un endroit pour ne plus être vu de ses compagnons. À l'aube ils se dispersèrent et se retrouvèrent encore une fois sur le même chemin et jurèrent de ne plus y revenir. La scène se reproduisit à la troisième nuit et après avoir écouté l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- faire sa prière, ils se rencontrèrent de nouveau sur le chemin du retour. Ils dirent: "Que chacun de nous s'engage à ne plus y revenir" et ce fut fait et ils se dispersèrent. Al-Akhnas Ben Chouraiq prit son bâton et se rendit chez Abou Soufian Ben Harb et lui dit: "Ô Abou Handhala! Donne-moi ton avis après ce que tu as entendu du Prophète". Il lui répondit: "Ô Abou Tha'laba! Par Dieu, j'ai entendu des choses dont j'ai eu connaissance auparavant et je peux facilement les interpréter. Ainsi j'ai entendu des choses que je ne les ai ni entendues ni connu le sens." Al-Akhnas de répliquer: "Et c'est bien mon cas, par celui que tu as juré par son nom". Il le quitta pour se diriger vers Abou Jahl. Il entra et lui demanda: "Que penses-tu de Muhammad après ce que tu l'as entendu dire dans ses prières, ô Abou Al-Hakam?" Il lui rétorqua: "Nous et Banou Abd Manaf avons disputé tant de dignité: ils ont donné à manger et nous avons fait de même, ils ont secouru les leurs et nous les nôtres, ils ont dépensé en charité et nous avons agi de même, à tel point que nous sommes devenus égaux comme de chevaux de course. Ils ont dit enfin: Nous avons un Prophète qui reçoit la révélation du ciel! Quant à nous, quand est-ce que nous aurons le nôtre? Par Dieu nous ne croyons jamais ni en lui ni en son message". Sur ce, Al-Akhnas se leva et le quitta.
Verset 48
Vois tout ce à quoi ils te comparent! Ils sont égarés. Ils ne savent plus dans quel sens s'orienter.
Verset 49
Comment est-ce possible, disent-ils, qu'une fois réduits à notre squelette ou tombés en poussière, nous puissions être appelés à une nouvelle vie? Les incrédules qui ont rejeté tout principe de la résurrection et du rassemblement se sont exclamés: "Est-ce possible qu'une fois réduits à notre squelette ou tombés en poussière, nous puissions être appelés à une nouvelle vie?" La même interrogation qu'ils ont répétée en disant (dans une autre sourate): "Allons-nous retourner sur la terre de misère" disent-ils. "Après que nos os auront pourri dans son sein. Un pareil retour serait vraiment démoralisants" [Coran LXXIX, 10-12].
Verset 50
Pour leur répondre, Dieu ordonne à Son Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- de dire: "Oui, vous serez ressuscités quand bien même vous seriez de pierre ou de fer" ces deux matières étant les plus solides qu'ils puissent imaginer "ou de quelque autre matière que vous ne sauriez imaginer". En interprétant ce verset, Ibn Omar a dit: Même si vous étiez des morts, vous seriez ressuscités et c'est Dieu qui en sera capable de le réaliser s'Il le voudra, car rien ne pourrait le rendre à l'impuissance si telle sera sa volonté. Moujahed, en commentant les termes: "de quelque autre matière" a dit qu'il s'agit du ciel, de la terre et des montagnes. Et à leur demande "Qui donc nous fera revenir" la réponse fut: Celui qui vous a créés la première fois alors que vous n'étiez rien et puis vous êtes devenus des hommes répandus dans les quatre coins du monde. Sachez aussi que votre création sera une chose plus facile à Dieu que la première fois. Les incrédules alors "hocheront la tête et t'interrogeront: "Mais quand cela aura-t-il lieu?" Une question qui surgit de leur impiété en reniant toute résurrection qui sera à leurs regards une chose impossible; et même ils "sont impatients de la voir venir" [Coran XLII, 18]. "Réponds: "Peut-être est-ce proche". En leur répondant, le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- les met en garde contre son avènement qui est inéluctable. "Quand Il vous ordonnera de sortir de la terre, vous en sortirez" [Coran XXX, 25]. Ce jour-là personne ne sera que ressuscité pour comparaître devant le Seigneur car: "Notre ordre tient en un seul mot aussi prompt qu'un clignement d'œil" [Coran LIV, 50]. Tous les hommes occuperont la surface de la terre en quittant son sein "en célébrant ses louanges". À ce propos il est rapporté que le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit: "Ceux qui auront témoigné qu'il n'y a d'autre divinité que Dieu n'appréhenderont plus la solitude dans la tombe. Il me semble les voir sortir de leurs sépultures époussètant la tête proclamant: Il n'y a d'autre divinité que Dieu". Dans une variante on trouve cet ajout: "Disant: Louange à Dieu qui a écarté de nous la tristesse" (Rapporté par At-Tabarani d'après Ibn Omar). "Vous constaterez alors que votre séjour sur terre a été de courte durée". En sortant de leurs tombes, les hommes penseront n'être restés que peu de temps dans leurs sépulcres, car lorsque l'Heure sonnera "ils auront le sentiment de n'avoir passé sur terre qu'un soir ou un matin" [Coran LXXIX, 46].
Verset 51
Réponds: Oui, vous serez ressuscités quand bien même vous seriez de pierre ou de fer, (50) ou de quelque autre matière que vous ne sauriez imaginer. «Et qui va nous ressusciter?» opposent-ils. Dis: «Celui qui vous a donné la vie la première fois». Ils hocheront alors la tête et t'interrogeront: «Mais quand cela aura-t-il lieu?» Réponds: «Peut-être est-ce proche» (51). Pour leur répondre, Dieu ordonne à Son Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- de dire: «Oui, vous serez ressuscités quand bien même vous seriez de pierre ou de fer» ces deux matières étant les plus solides qu'ils puissent imaginer «ou de quelque autre matière que vous ne sauriez imaginer». En interprétant ce verset, Ibn Omar a dit: Même si vous étiez des morts, vous seriez ressuscités et c'est Dieu qui en sera capable de le réaliser s'Il le voudra, car rien ne pourrait le rendre impuissant si telle sera sa volonté. Moujahed, en commentant les termes: «de quelque autre matière» a dit qu'il s'agit du ciel, de la terre et des montagnes. Et à leur demande «Qui donc nous fera revenir» la réponse fut: Celui qui vous a créés la première fois alors que vous n'étiez rien et puis vous êtes devenus des hommes répandus dans les quatre coins du monde. Sachez aussi que votre création sera une chose plus facile à Dieu que la première fois. Les incrédules alors «hocheront la tête et t'interrogeront: «Mais quand cela aura-t-il lieu?» Une question qui surgit de leur impiété en reniant toute résurrection qui sera à leurs regards une chose impossible; et même ils «sont impatients de la voir venir» [Coran XLII, 18]. «Réponds: «Peut-être est-ce proche». En leur répondant, le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- les met en garde contre son avènement qui est inéluctable.
Verset 52
Le jour où Allah vous rappellera à Lui, vous vous présenterez en célébrant ses louanges et vous constaterez alors que votre séjour sur terre a été de courte durée» (52). «Quand Il vous ordonnera de sortir de la terre, vous en sortirez» [Coran XXX, 25]. Ce jour-là personne ne sera que ressuscité pour comparaître devant le Seigneur car: «Notre ordre tient en un seul mot aussi prompt qu'un clignement d'œil» [Coran LIV, 50]. Tous les hommes occuperont la surface de la terre en quittant son sein «en célébrant ses louanges». A ce propos il est rapporté que le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit: Ceux qui auront témoigné qu'il n'y a d'autre divinité que Dieu n'appréhenderont plus la solitude dans la tombe. Il me semble les voir sortir de leurs sépultures époussètant la tête proclamant: Il n'y a d'autre divinité que Dieu». Dans une variante on trouve cet ajout: «Distant: Louange à Dieu qui a écarté de nous la tristesse» (Rapporté par At-Tabarani d'après Ibn Omar). «Vous constaterez alors que votre séjour sur terre a été de courte durée». En sortant de leurs tombes, les hommes penseront n'être restés que peu de temps dans leurs sépulcres, car lorsque l'Heure sonnera «ils auront le sentiment de n'avoir passé sur terre qu'un soir ou un matin» [Coran LXXIX, 46].
Verset 53
Les croyants sont tenus de prononcer de bonnes paroles et d'avoir un langage conciliant avec les autres, sinon le démon se glisse entre eux pour semer la discorde et alors, les mauvaises paroles se traduiront en actes méchants et inimitié. Son aversion pour Adam est déjà connue lors de l'ordre qu'il avait reçu de se prosterner devant lui et il s'était refusé. Pour cela il est interdit à l'homme de pointer un morceau de fer ou autre contre son coreligionnaire pour éviter un mal imprévu qui pourrait arriver. Le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit: «Que l'un de vous ne pointe son arme contre son frère, car il ne sait pas si le démon ne fera pas échapper l'arme de sa main et (tuera son frère), et alors il sera précipité dans un abîme de l'Enfer» (Rapporté par Ahmed, Boukhâri et Mouslim).
Verset 54
Dieu certes connaît parfaitement les hommes. Il accorde la bonne voie à qui Il veut et lui fait miséricorde en le poussant à suivre ses enseignements et retourner vers lui, comme Il peut aussi châtier qui Il veut, ceux qui lui seront rebelles et insoumis, quant à toi ô Muhammad, tu n'es le protecteur d'aucun d'entre les hommes, mais un avertisseur. Quiconque t'aura suivi entrera au Paradis. Par contre, quiconque t'aura désobéi, l'Enfer sera sa demeure éternelle.
Verset 55
Dieu connaît parfaitement ce qui est dans les cieux et sur la terre, et les œuvres de ceux-ci les feront occuper des degrés différents. «Nous avons établi une hiérarchie entre les Prophètes» comme Il a dit ailleurs: «Nous avons élevé certains Prophètes au-dessus des autres» [Coran II, 253]. Ceci ne contredit pas les propos du Messager de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue- qui a dit: «Ne faites aucune différence entre les Prophètes» qui signifient: Ne préférez pas les uns aux autres poussés par vos désirs et votre sectarisme sans aucune preuve, car si cette preuve s'avère justifiée, on aura droit à recourir à cette préférence. Mais ce n'est pas le cas bien que les Envoyés sont les plus considérés parmi les Prophètes, surtout ceux qui jouissaient de la forte résolution cités dans ce verset: «Nous avons reçu des engagements de tous les Prophètes, de toi, de Noé, d'Abraham, de Moïse et de Jésus» [Coran XXXIII, 7] et dans cet autre: «Il vous a donné la même religion que celle qu'Il avait déjà recommandée à Noé. C'est elle-même qu'Il t'a révélée, celle-là même qu'Il avait recommandée avant à Abraham, à Moïse et à Jésus. Observez-la bien et ne vous divisez pas, a-t-il été prescrit à tous» [Coran XLII, 13]. Il est incontestable que Muhammad est le meilleur d'entre eux, viendra ensuite Abraham, puis Moïse, puis Jésus -que Dieu les salue tous-. «A David, nous avons donné les psaumes» qui est un signe de sa haute considération et de ses mérites. A son sujet le Prophète - qu'Allah le bénisse et le salue- a dit: «La récitation a été facilitée pour David. Il donnait l'ordre de seller son cheval et, avant que l'animal fût sellé, il avait achevé de réciter, c'est à dire le Coran».
Verset 56
Dieu ordonne à Son Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue-: Dis, ô Muhammad, à ces idolâtres qui adorent un autre en dehors de Lui d'invoquer ces divinités telles les idoles et les statues et de se rapprocher d'elles, qu'ils constatent enfin: Peuvent-elles repousser un mal totalement ou le modifier et l'envoyer à un autre? Qu'ils sachent que Dieu est le seul qui dispose de toutes Ses créatures et l'ordre, enfin, ne dépend que de sa volonté. Ibn Abbas a dit à cet égard que les idolâtres parmi les juifs et les chrétiens disaient: Nous adorons les anges, Jésus et 'Ouzaïr.
Verset 57
En interprétant ce verset: «Ces divinités cherchent elles-mêmes à qui mieux le moyen de se rapprocher d'Allah» Ibn Mass'oud a dit: Ce verset fut révélé au sujet de certains Arabes qui adoraient les djinns, et ceux-ci se sont convertis, mais les humains, leurs adorateurs, ne le savaient pas et persévéraient dans leur adoration. Ces «divinités» furent le sujet de controverse parmi les exégètes, certains ont déclaré qu'il s'agit de: Jésus, 'Ozaïr, le soleil et la lune, d'autres ont précisé: ce sont Jésus, 'Ozaïr et les anges etc... «Elles espèrent dans sa miséricorde et redoutent son châtiment» Ayant joint la crainte à l'espérance, Dieu montre que ce sont les bases de l'adoration, car en redoutant le châtiment les hommes s'abstiennent des interdictions, et grâce à l'espérance ils multiplient leurs pratiques cultuelles et les œuvres surérogatoires. «La répression de ton Seigneur est, en effet, effrayante» Tel est l'avertissement qu'on peut déduire de ce qui précède.
Verset 58
Tout ce que Dieu a prédestiné et écrit dans la Tablette Gardée, Il le réalise. Toute cité dont les habitants avaient désobéi à Dieu, ont été anéantis ou châtiés soit par le meurtre, soit par d'autres épreuves; et ce ne fut qu'à cause de leurs péchés et des enseignements qu'ils ont enfreints. Pour ce qui est des générations passées, Dieu a dit à leur propos: «Ce n'était pas à nous qu'ils avaient nui mais à eux-mêmes» [Coran II, 57]. Il a dit ailleurs: «Combien de cités ont méprisé les ordres de leur Seigneur et de Ses Envoyés. Nous avons réglé leur compte sévèrement et leur avons infligé un dur châtiment» [Coran LXV, 8].
Verset 59
Ibn Abbas raconte: «Les habitants de La Mecque avaient demandé au Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- de leur transformer le mont As-Safa en une masse d'or et d'écarter les montagnes qui entourent la ville afin d'avoir des plaines pour les semer. On révéla alors au Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue-: Si tu veux on les fera attendre, ou si tu veux nous les exauçons. Mais une fois qu'ils redeviennent incrédules, nous les ferons périr comme nous avons anéanti les peuples qui les ont précédés. Et le Prophète de répondre: «Plutôt on les fera attendre». Dieu à cette occasion fit descendre ce verset: «Si nous ne faisons plus de miracles, c'est que les générations passées n'y ont pas cru». Suivant une variante, toujours d'après Ibn Abbas, et à la même demande des Mecquois, Gabriel descendit et dit au Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue-: «Dieu te salue et te dit: Si tu le veux bien, Je leur transformerai le mont As-Safa en une masse d'or. Mais une fois revenant à leur incrédulité, Je les châtierai d'un châtiment dont Je n'ai encore châtié personne dans l'univers. Et si tu veux, Je leur ouvrirai les portes du repentir et de la miséricorde» Il répondit: «Plutôt je préfère qu'on leur ouvre les portes du repentir et de la miséricorde». Ainsi, en ce qui concerne la chamelle que les Thémoudites avaient demandé sa création, Dieu les a mis en garde contre son meurtre, mais ils lui ont désobéi. Il leur dit: «Continuez à vous prélasser dans vos demeures, pendant trois jours. Mon avertissement ne sera pas démenti» [Coran XI, 65]. Et dans cette sourate Il parle de ce miracle qui n'a servi en rien à ce peuple injuste et mécréant: «A quoi a servi que nous ayons envoyé aux Thémoudites une véritable chamelle? Ils n'en persistèrent pas moins dans leurs erreurs». Ce miracle prodigieux dénote de l'unicité et du pouvoir du Créateur, le peuple de Thémoud l'a renié en interdisant à la chamelle - créée d'un rocher - de boire et l'égorgeant après. Dieu les a anéantis et s'est vengé d'eux. «Nous n'envoyons des miracles que pour avertir» Donc Dieu n'envoie de miracles qu'à titre de menace, peut-être que les hommes y croient en tirant une leçon et reviennent à Lui.
Verset 60
En l'exhortant à communiquer le message dont il fut chargé, Dieu rassure Son Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- qu'Il le préservera contre la méchanceté des hommes. Ils sont tous sous Son pouvoir. La vision qu'Il lui a montrée la nuit du voyage nocturne et l'ascension au ciel, ainsi que l'arbre maudit dit Zaqoum, mentionné dans le Coran, ne forment qu'une épreuve et une tentation pour les hommes. En racontant ce voyage-miracle aux hommes, le Prophète - qu'Allah le bénisse et le salue- leur dit qu'il a vu le Paradis et l'Enfer, ainsi que l'arbre maudit. Ils le traitèrent de menteur. Abou Jahl -que Dieu le maudisse- se leva et dit: «Hommes! Apportez-nous du beurre et des dattes». Il en prit et dit: «Mangez-y, car pour nous, le Zaqoum n'est autre que ceci». L'arbre maudit constitue donc une menace pour les gens surtout les incrédules, mais, malheureusement, cela ne fait qu'accroître leur égarement, rébellion et impiété.
Verset 61
Lorsque Dieu créa Adam de Sa propre main, Il ordonna aux anges de se prosterner devant lui, mais Iblis s'enfla d'orgueil et refusa de le faire. Dieu, dans ce verset, rappelle aux hommes l'adversité qui existe entre eux et Iblis le démon maudit depuis la création de leur père Adam.
Verset 62
Iblis, une fois reçu l'ordre de se prosterner, s'exclama: «Me prosternerai-je devant celui que Tu as créé d'argile alors que moi, je fus créé de feu, je suis donc meilleur que lui». Ainsi il osa à se montrer rebelle en désobéissant à son Seigneur. Dans ce verset, il s'adresse à Dieu: «C'est bien celui-là auquel tu donnes le pas sur moi?» en lui accordant cette noblesse? Si tu me laisses subsister jusqu'au jour de la résurrection, je le dominerai lui et sa descendance à l'exception d'un petit nombre d'entre eux.
Verset 63
Lorsque Iblis demanda à Dieu de lui accorder un délai, Il lui répondit: «Soit, tu vivras jusqu'au délai convenu» [Coran XV, 37-38]. Il le menaça ainsi ceux qui le suivront d'entre la postérité d'Adam «Fuis. Toi et ceux qui pactiseront avec toi, aurez l'enfer pour récompense» La Géhenne sera votre rétribution qui ne sera diminuée en rien.
Verset 64
«Circonviens en paroles ceux d'entre eux que tu pourras» et excite-les par ta voix et «lâche sur eux tes cavaliers et tes fantassins» sous-entendant: rassemble contre eux ta cohorte et tes suppôts, ceux qui forment ton armée. Les exégètes ont déclaré que cette campagne que Satan a déclenchée depuis l'éternité n'est qu'une chose que Dieu avait prédestinée, la preuve en sont Ses paroles contenues dans ce verset: «Ne vois-tu pas que nous envoyons des démons auprès des incrédules pour attiser leur révolte» [Coran XIX, 83] C'est à dire qu'ils pousseront avec violence pour commettre les péchés. «Partage avec eux leurs richesses et leurs enfants» qui signifie: ordonne-leur les actes qui enfreignent les ordres divins. 'Ata de commenter: c'est l'usure. Mais pour Al-Hassan: il s'agit de l'argent acquis illicitement. Quand à «leurs enfants» ils ne sont que les adultérins comme ont précisé Ibn Abbas, Moujahed et Ad-Dahak. Suivant un autre commentaire d'Ibn Abbas: ce sont les enfants que les pères tuent dans leur folie et leur ignorance. Al-Hassan Al-Basri a précisé: Le démon, par Dieu, a bien partagé avec les hommes leurs enfants qui ont fait d'eux des mazdéens, des juifs, des chrétiens, ceux qui ne suivent pas la religion de l'Islam. Quant à leurs richesses, ils en ont réservé une partie pour le démon en la dépensant inconvenablement. Ibn Abbas a déclaré aussi que les hommes donnaient à leurs enfants des noms tels que Abd Al-Hareth, Abd Chams, Abd d'un tel (le serviteur du démon, le serviteur du soleil, le serviteur d'un tel...). Et Ibn Jarir de conclure: Il s'agit de tout enfant qu'une femme l'a enfanté en lui donnant un nom que Dieu répugne, ou en l'adhérant à une religion autre que celle de Dieu, ou en forniquant avec sa mère, ou en le tuant, ou l'enterrant vivant ou autre chose. Tous ces actes que Dieu a interdits constituent un partage avec le démon. Il est cité dans les deux Sahihs que l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit: «Si quelqu'un, quand il veut avoir des rapports avec sa femme, dit: «Au nom de Dieu. Grand Dieu, écarte-nous du démon, et écarte le démon de ce que Tu vas nous accorder», si un enfant naîtra de cette copulation, le démon ne lui causera aucun mal» (Rapporté par Boukhari et Mouslim). «Fais-leur des promesses. Les promesses de Satan ne sont autre chose que mensonges». Lorsque la vérité éclatera et les hommes seront jugés équitablement, Dieu fait connaître aux hommes que Satan leur dira: «En vérité, Allah vous avait fait de sûres promesses. Moi aussi je vous ai fait des promesses, mais je ne les ai pas tenues» [Coran XIV, 22].
Verset 65
Dieu défie satan et lui dit: «Mais tu n'auras aucune prise sur mes fidèles» Car Dieu les préserve contre le démon maudit et lapidé. Le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit à cet égard: «Le fidèle tient le démon par le toupet comme l'un d'entre vous qui tient sa monture par la bride quand il voyage».
Verset 66
Dieu met les mers aux services des hommes ainsi que les vaisseaux qui voguent sur leur surface à la recherche de Ses bienfaits, en se déplaçant, dans leur commerce, d'un pays à un autre. Car Dieu, en vérité, est miséricordieux pour Ses serviteurs.
Verset 67
Dieu montre la nature faible et ingrate de l'homme qui, une fois exposé à un malheur sur mer, invoque Dieu pour le sauver. Quant à ceux qu'il invoquait en dehors de lui ne font qu'égarer. A cet égard on a raconté l'histoire de 'Ikrima le fils de Abou Jahl qui quitta La Mecque lors de la conquête fuyant l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue-. Il prit le large pour se réfugier en Abyssinie. Un vent impétueux fit balancer le vaisseau et les hommes déclarèrent: Rien ne vous sauve que Dieu si vous l'invoquez. Ikrima se dit: «Par Dieu! Si Dieu est le seul qui nous secourt et sauve sur mer, Il est certes qui le fait sur terre. Grand Dieu! Je m'engage vis-à-vis de Toi, si Tu me sauves, j'irai donner une poignée de main à Muhammad pour me convertir et certes il est compatissant et clément. Lorsqu'ils arrivèrent sur la rive, Ikrima retourna chez l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- se convertit et fut un musulman loyal et dévot. «Mais une fois qu'Allah vous a ramenés sains et saufs sur la rive, vous vous détournez de Lui» en feignant d'ignorer tout ce qu'il y a eu lieu et oubliant le Seigneur que vous venez d'invoquer en Lui reconnaissant des égaux. Telle est la nature ingrate de l'homme qui méconnaît les bienfaits de Dieu, à part d'un petit nombre d'hommes que le Seigneur a préservés de toute idolâtrie.
Verset 68
Ces hommes, une fois se trouvant sur la rive sauvés du péril de la mer, croient-ils qu'ils seront à l'abri du châtiment de Dieu et sa vengeance en les faisant engloutir dans une crevasse, ou en leur envoyant un ouragan ou une pluie qui fera tomber de cailloux, comme Dieu a dit ailleurs en parlant du peuple de Loth: «Nous déchaînâmes contre lui une pluie de pierres. Nous ne sauvâmes que la famille de Loth. Le jour n'avait pas encore lui» [Coran LIV, 34]. Et alors les hommes infidèles ne trouveront aucun protecteur qui pourrait repousser ce châtiment.
Verset 69
Les hommes qui ont invoqué Dieu seul pour les sauver du péril quand ils se trouvaient la première fois sur mer, croiront-ils qu'ils seront sûrs, une fois qu'ils prennent le large une autre fois, que Dieu ne leur envoie une tornade qui fera noyer le vaisseau et ils trouveront la mort? Cela ne sera qu'à cause de leur impiété et leur détournement de Dieu et de ses enseignements. «Et alors vous n'aurez aucun recours contre nous» Personne ne vous défendra et la vengeance de Dieu sera ainsi réalisée.
Verset 70
Nous avons honoré les fils d'Adam. Nous avons facilité leur circulation sur terre et sur mer. Nous leurs avons procuré d'agréables nourritures. Nous nous sommes montrés pour eux d'une générosité exceptionnelle par rapport à la majeure partie de la création. (70). Dieu a ennobli l'homme en lui donnant un aspect et une forme meilleurs que toutes les autres créatures. Il a dit: «Oui, nous avons créé l'homme dans la forme la plus parfaite» [Coran XCV, 4]. Il marche droit sur ses pieds et mange en se servant de ses deux mains à l'inverse des animaux qui marchent sur leurs quatre pattes et mangent avec leurs bouches. Il lui a accordé la vue, l'ouïe et le cœur afin qu'il s'instruise et jouisse de toutes ses facultés, en discernant le vrai du faux, ce qui lui est utile de ce qui lui nuit pour sa vie d'ici-bas et celle de l'au-delà. «Nous avons facilité leur circulation sur terre» en mettant à leur service les différentes montures telles que les chevaux, les chameaux et autres pour circuler sur la terre, comme les vaisseaux pour se déplacer sur les mers. «Nous leur avons procuré d'agréables nourritures» telles que: les plantes, les légumes, les fruits, la chair des animaux et leur lait, qui constituent d'excellentes nourritures. Dieu ainsi a accordé aux hommes de vêtements différents de tissus, de couleurs et d'usage variés. «Nous nous sommes montrés pour eux d'une générosité exceptionnelle par rapport à la majeure partie de la création» Ce verset est une preuve évidente que l'homme est la créature qui jouit de tant de privilèges même il est meilleur que l'ange. A ce propos Abdullah Ben Amr rapporte que le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit: «Les anges s'écrièrent: «Seigneur! Tu as accordé le bas monde aux hommes pour y manger, boire et se vêtir, alors nous, nous ne faisons que célébrer Tes louanges sans manger ni boire ni nous divertir. Comme Tu leur as donné le bas monde, réserve pour nous la vie future». Il leur répondit: «Je ne traite pas sur le même pied d'égalité la postérité pieuse de celui que J'ai créé de Ma main et ceux à qui J'ai dit: «Soyez» et ils ont été» (Rapporté par Tabarani).
Verset 71
Au jour de la résurrection chaque groupement d'hommes seront appelés par leur chef (leur Imam)! Les opinions se sont controversées quant à la nature de ce chef comme nous allons voir: - Pour Mujahid et Qatada, il s'agit de leur Prophète en citant à l'appui ce verset: «Tous les peuples ont un Prophète. Allah les jugera chacun à leur tour en présence de leurs Prophètes» [Coran X,47] Certains ont commenté cela en disant que les musulmans fidèles jouiront de cette grande considération car leur chef sera en ce jour-là le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue-. - Ibn Ziad a précisé que cela signifie le livre que Dieu a révélé à leur Prophète, une opinion qui est soutenue par Ibn Jarir. - Mujahid, suivant une autre version, a dit le chef est le livre qui renferme toutes les actions. Comme a déclaré aussi Ibn Abbas cette opinion s'avère être la plus correcte car Dieu a dit ailleurs: «Nous dénombrons tout dans le livre de l'évidence» [Coran XXXVI, 12] et aussi: «Le compte de chacun sera apporté. En lisant le leur, les coupables seront saisis d'effroi» [Coran XVIII, 49]. - D'autres ont précisé qu'il s'agit de ceux que les hommes ont pris comme imams et l'ont suivi. Les fidèles suivaient leurs Prophètes et les incrédules suivaient leurs chefs. Cette opinion est corroborée par ce hadith cité dans les deux Sahihs que l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit: «... Que chaque peuple suive ce qu'il adorait dans le bas monde. Il y aura ceux qui suivront les idoles.... jusqu'à la fin du hadith». Dieu a dit ailleurs: «Voilà notre Livre. Il témoignera envers vous en toute justice. Nous avons pris acte par écrit de toutes vos œuvres» [Coran XLV, 29] Tout ceci ne contredit pas que le Prophète ne soit le témoin contre son peuple et qui sera présent lors du jugement, comme le montre ce verset: «La lumière d'Allah éclairera la terre, le Livre sera déposé, les Prophètes et les témoins appelés» [Coran XXXIX, 69]. On peut donc affirmer que ce «Chef» ou cet «imam» signifie bien le livre des œuvres de chaque individu. Le fidèle qui aura fait les bonnes actions dans le bas monde sera réjoui quand il recevra son livre dans la main droite et le lira avec toute quiétude et allégresse. Alors les hommes, en ce jour-là, ne seront lésés pas même d'un fil ou quoi que ce soit, ou la pellicule d'une datte. Au sujet du verset précité, Abu Hurayra a rapporté que le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit: «On appellera le fidèle et on lui donnera son livre dans la main droite. On lui accordera une grande stature, blanchira le visage, et on mettra sur la tête une couronne de perles. Il partira vers ses compagnons qui, à sa vue, s'écrieront: «Grand Dieu, donne-nous une chose pareille, et bénis-la pour nous». Arrivé auprès d'eux, ce fidèle leur rassurera: «Réjouissez-vous, chacun d'entre vous recevra la même chose». Quant aux impies, le visage de chacun d'eux sera noirci en lui accordant une grande stature. A sa vue de loin, ses compagnons hurleront: «Nous nous réfugions auprès de Dieu contre un sort pareil. Grand Dieu, ne nous traite plus de la sorte». Dès l'arrivée de leur compagnon, ils diront: «Dieu, humilie-le» ,et lui de répondre: «Que Dieu vous éloigne (de sa miséricorde), chacun d'entre vous sera traité ainsi» (Rapporté par Al-Bazzar).
Verset 72
Et celui qui a été aveugle dans cette vie sera aveugle dans l'au-delà et encore plus égaré du droit chemin.
Verset 73
Les versets suivants furent révélés au sujet de la tribu de Thaqif qui avait demandé au Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- de déclarer leur vallée inviolable et l'avaient imploré de leur accorder cette requête.
Verset 74
Dieu rassure Son Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- qu'Il le soutient, le secourt et le préserve contre les méfaits des idolâtres qui ont essayé de le détourner de son message. Et Il ne cessera de le soutenir contre ceux qui lui déclareront leur hostilité, tant à l'orient, qu'à l'occident, jusqu'au jour de la résurrection.
Verset 75
Si tu avais penché vers eux, Nous t'aurions fait goûter un double châtiment dans cette vie et un double châtiment après la mort. En d'autres termes, tu aurais reçu le double du châtiment que toute autre personne aurait reçu. Alors tu n'aurais trouvé pour toi aucun secoureur contre Nous, personne pour te protéger.
Verset 76
On a dit que ces versets furent révélés à propos des juifs qui vinrent trouver le Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- et lui dirent: «O Abu Qasim! Si tu es vraiment un Prophète sincère, rends-toi au pays de Sham, car c'est là que ce sera le lieu du rassemblement et la rencontre des Prophètes». Alors il fit l'expédition de Tabuk voulant ainsi qu'elle soit une étape pour la conquête de Sham. Arrivé à Tabuk, Dieu lui révéla: «Par leurs persécutions, ils ont été sur le point de te faire abandonner le pays». Dieu alors lui ordonna de regagner Médine car c'est là qu'il vivra, y mourra et y sera ressuscité. (Telle est la version de Bayhaqi d'après Abdullah Ibn Ghanam. Mais l'auteur l'a commenté et dit: c'est un sujet à discussion car lorsque l'Envoyé de Dieu fit ses préparatifs pour faire l'expédition de Tabuk, il avait reçu l'ordre de Dieu et non pas des juifs). Selon un autre commentaire, ces versets furent descendus au sujet des idolâtres Quraychites qui contraignirent le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- pour quitter La Mecque. Dieu alors les a menacés et si, en effet, ils avaient réussi à le faire sortir de cette ville à cette époque, ils n'y seraient restés que peu de temps. L'histoire nous révèle qu'il resta à La Mecque environ un an et demi vivant parmi les impies en endurant leurs méfaits, et devait enfin faire son émigration vers Médine pour éviter leur méchanceté. Plus tard, ce fut à la bataille de Badr que les deux parties se rencontrèrent sans un rendez-vous préalable, et il eut le pas sur les idolâtres en rapportant une grande victoire sur eux. Il tua leurs notables et captiva une partie.
Verset 77
Voilà bien le sens des paroles divines: «Tel est le sort des Prophètes...» En d'autres termes: Telle est la coutume du Seigneur de châtier ceux qui persécutent leurs Prophètes et leur nuisent les contraignant ainsi à quitter leur propre pays. En vérité, si l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- n'était pas le Messager de la miséricorde, Dieu se serait vengé d'eux en leur faisant goûter un supplice qu'aucun peuple n'avait subi auparavant. En confirmant ce fait Dieu a dit ailleurs: «Allah ne saurait punir les hommes pendant que tu es parmi eux» [Coran VIII, 33].
Verset 78
Dieu ordonne à Son Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- de s'acquitter des prières prescrites à leurs heures marquées si on se conforme au sens propre du verset: «du déclin du soleil jusqu'à nuit noire» une période qui couvre les prières du midi, de l'asr, du coucher du soleil et du soir (isha). «Récite le Coran à l'aube» qui ne signifie autre que la prière de l'aube. Voilà bien auquel l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue- s'est conformé en accomplissant ces cinq prières ainsi que tous les musulmans après lui un siècle après un autre sans en rien changer. La récitation du Coran à l'aube signifie sans aucune contestation la prière en ce moment-là et qui aura ses témoins qui sont les anges de la nuit et ceux du jour qui se succèdent. A ce propos Abu Hurayra -que Dieu l'agrée- a rapporté que le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit: «La prière faite en commun surpasse de vingt cinq degrés celle faite par un individu seul. Les anges de la nuit et ceux du jour se réunirent à la prière de l'aube» Abu Hurayra d'ajouter: «Récitez si vous voulez: «Fais aussi une lecture à l'aube: la lecture de l'aube a des témoins» (Rapporté par Bukhari). Il est cité aussi dans les deux Sahihs d'après Abu Hurayra que le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit: «Les anges de la nuit et ceux du jour se succèdent parmi vous et ils se réunissent au moment de la prière de l'aube et celle de l'asr. Ceux qui ont passé la nuit parmi vous montent au ciel et Dieu leur demande, bien qu'Il le sache mieux que quiconque: «Comment avez-vous laissé Mes serviteurs? Ils répondent: «- Nous les avons trouvé en train de prier et nous les avons laissés en train de prier» ( Rapporté par Bukhari et Muslim).
Verset 79
«Lis le Coran la nuit. C'est là une œuvre pie» On a commenté cela comme étant une recommandation de faire la prière nocturne en dehors de la canonique, comme il a été rapporté qu'on a demandé à l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue-: «Quelle est la prière la plus méritoire après celle prescrite?». Il répondit: «C'est la prière nocturne». La question qui se pose est la suivante: Cette «œuvre pie» est-elle exclusivement consacrée au Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue-? Et Ibn Abbas et Ibn Jarir de répondre: La prière nocturne fut recommandée au Prophète puisque Dieu lui a pardonné ses fautes antérieures et ultérieures, et devait par la suite être reconnaissant en s'acquittant de telle prière. Les ulémas ont déduit qu'il est aussi recommandé à tout musulman de la faire comme étant un acte surérogatoire grâce auquel ses péchés lui seront pardonnés. «Peut-être obtiendras-tu ainsi un rang privilégié dans la vie future». C'est à dire: acquitte-toi de ce que Je t'ai ordonné de faire afin que tu sois ressuscité dans un état glorieux dont chaque homme t'en louera. Ibn Jarir a ajouté: Ce poste glorieux dont jouira Muhammad -qu'Allah le bénisse et le salue- au jour de la résurrection sera l'intercession en faveur des hommes afin qu'elle mettra fin à ce qu'ils éprouveront de la frayeur en ce jour-là.
Verset 80
Ibn Abbas a dit que ce verset fut révélé lorsque Dieu avait ordonné à Son Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- de sortir de La Mecque et d'émigrer vers Médine. Et Qatada a ajouté: Le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- avait demandé au Seigneur une entrée conforme à la justice, c'est à dire à Médine, et une sortie pareille de La Mecque.
Verset 81
Quant à «l'appui efficace» Al-Hassan Al-Basri l'a commenté en disant: «Dieu lui a promis de s'emparer des trésors et des royaumes de la Perse et des Romains». Mais le commentaire de Qatada était quasi différent en disant: Lorsque le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- sut que cela ne sera réalisé qu'avec une certaine autorité, il demanda au Seigneur un secoureur au Livre de Dieu, à ses peines prescrites et à Ses obligations afin d'établir Sa Religion, car un tel secoureur serait une miséricorde divine, étant donné que s'il n'y avait pas ce secoureur les hommes auraient attaqué et dévoré les uns les autres. Ibn Jarir, quant à lui, a précisé qu'il doit y avoir un certain pouvoir avec la présence de la loi. On a dit dans une certaine tradition: «La force met fin à ce que le Coran -seul- ne pourra le faire». Donc pour empêcher les gens de commettre les turpitudes et les péchés, malgré l'application des enseignements du Coran, il faut qu'une certaine force coercitive existe pour appliquer la loi. «Dis: Que la vérité triomphe et que l'erreur disparaisse» C'est un avertissement et une menace lancés contre les idolâtres de Qoraïch qui devaient connaître enfin que la vérité est venue de Dieu sans aucun doute qu'on trouve dans le Coran et le Messager du Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue-, comme il y en a aussi la science nécessaire et utile aux gens. L'erreur doit disparaître à jamais et qui est représentée par l'adoration des idoles. À cet égard Abdullah Ben Mass'oud raconte: «Quand le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- entra à La Mecque (après sa conquête), il y avait autour de la Maison 360 pierres dressées et idoles. Il les fit tomber l'une après l'autre à l'aide d'un bâton qu'il tenait à la main et disait: «La vérité est venue; l'erreur a disparu. L'erreur doit disparaître. La vérité est venue: ce qui est faux ne peut donner un commencement à rien, ni rien renouveler» (Rapporté par Boukhari, Mouslim Tirmidhi et Nassaï).
Verset 82
Ce livre que le Seigneur a révélé à Mouhammad -qu'Allah le bénisse et le salue- est à la fois guérison et miséricorde. Il est une guérison car il purifie les cœurs du doute, de l'hypocrisie, de l'aberration et du détournement de Dieu. En tant que miséricorde, il procure la foi, la sagesse, le vouloir du bien... Nul ne peut acquérir de telles faveurs qu'en suivant ses enseignements et prescriptions. Quant à l'infidèle il est bien loin de tout cela. En entendant la récitation du Coran, il ne fait que de s'écarter de plus en plus du droit chemin car l'incrédule de par sa nature n'a plus l'intention d'être dirigé. Dieu a dit: (La sourate) a augmenté la foi de tous les vrais croyants, qui s'en réjouissent. Quant aux cœurs infirmes, elle n'a fait qu'augmenter leur scrimonie. Et au moment de la mort, ils sont encore infidèles» [Coran IX, 124-125]. Donc l'infidèle qui ne récite pas le Coran, ni le retient, ni médite sur le sens de ses versets, n'en tire aucun profit et cela est toujours à son détriment. C'est pourquoi le Coran accroît la perte des prévaricateurs.
Verset 83
L'homme est de par sa nature plein de défauts à moins que Dieu l'en purifie. Il montre son comportement dans l'aisance et dans la gêne: Quand il le comble de bienfaits, de la bonne santé, de son secours et lui donne le pouvoir, obtenant ainsi tout ce qu'il désire, le voilà cet homme qui se montre ingrat en se détournant de l'adoration du Seigneur et s'éloigne de Lui. Mais quand un malheur le touche, il est désespéré comme n'attendant à aucun bienfait à l'avenir et ne pouvant récupérer quoi que ce soit de ce qu'il aura perdu. Ces versets affirment le comportement de l'homme: «Si nous accordons à l'homme notre bénédiction et que nous la lui retirons, le voilà en proie au désespoir et au ressentiment le plus vif. (9) Le faisons-nous bénéficier d'un bienfait après une période d'adversité, il s'écrie: «Enfin, c'en est fini de mes malheurs». Car, il est inconséquent et prompt à s'enorgueillir» [Coran XI, 9-10].
Verset 84
Dieu enfin, selon les dires des exégètes, met en garde les idolâtres et infidèles «Que chacun agisse à sa guise», libre à eux qu'ils fassent, ce qu'ils veulent car Dieu connaît parfaitement ceux qui sont dirigés vers la voie droite et ceux qui s'en écartent, car en fin de compte, chacun sera rétribué selon ses œuvres.
Verset 85
Abdullah Ben Mass'oud -que Dieu l'agrée- raconte: «Je marchais avec le Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue-, dans une terre cultivée à Médine, qui s'appuyait sur une queue de palmier sans feuilles quand nous passâmes auprès d'une foule de juifs. Les uns d'entre eux dirent aux autres: «Interrogeons-le sur l'âme?». Les autres ripostèrent: «Non, ne l'interrogez pas». Ils se décidèrent enfin à l'interroger. On lui dit: «O Mouhammad! Qu'est-ce que l'âme?». Le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- s'appuyait toujours sur son bâton, sans leur répondre, je me suis dit alors: «Peut-être il reçoit une révélation. En effet, il leur récita ce verset: «Ils t'interrogent sur l'âme. Dis: «L'âme est le secret d'Allah. Il ne vous a livré que bien peu de connaissances». Alors ceux qui s'opposaient à l'interrogation blâmèrent les autres: «Ne vous a-t-on pas interdit de le questionner?». Cet événement montre que ce verset fut révélé à Médine où les juifs vivaient, bien que la sourate, dans l'ensemble, fut descendue à La Mecque. À ceux qui en doutaient, quelques exégètes ont répondu: Il se peut que cela lui a été révélé deux fois, une à La Mecque et une à Médine, ou bien Dieu lui a révélé ce verset afin de répondre aux juifs. Ce qui confirme aussi que ce verset fut révélé à La Mecque est ce hadith rapporté par Ibn Abbas: «Les Qoraïchites avaient dit aux juifs: «Proposez-nous un sujet sur lequel on interroge cet homme (le Prophète)» - Interrogez-le sur l'âme, avaient-ils répondu. Alors ce verset fut révélé, et les juifs de dire: «Nous avons obtenu tant de connaissances, nous avons reçu le Pentateuque et celui auquel le Pentateuque a été donné bénéfice d'un grand bien. Le Seigneur fit descendre à la suite ce verset: «Dis: Si l'eau de la mer était muée en encre pour écrire les paroles de mon Seigneur, elle se tarirait avant de les avoir toutes écrites...» [Coran XVIII, 109]. Dans un autre hadith rapporté par Ibn Jarir d'après Ikrima, Dieu aurait descendu ce verset en réponse aux juifs: «Quand bien même tous les arbres de la terre se changeraient en roseaux pour écrire, quand bien même l'océan serait un océan d'encre où conflueraient sept autres océans, qu'Allah aurait encore à écrire» [Coran XXXI, 27]. Que ce soit l'un ou l'autre la réponse fut très claire, bien que d'autres ulémas aient avancé plusieurs interprétations mais elles étaient presque toutes les mêmes. Qu'est-ce que l'âme? Un sujet qui a créé des divergences dans les opinions. Nous nous limitons à ce que Ibn Abbas a dit: Les juifs ont demandé au Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue-: «Parle-nous de l'âme et comment elle peut être torturée alors qu'elle se trouve encore dans le corps?» Gabriel descendit avec ce verset: «Ils t'interrogent sur l'âme...» Ayant communiqué cette réponse aux juifs, ils s'écrièrent: «Qui te l'a apportée?» - C'est l'ange Gabriel, répliqua le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue-, qui m'est venu de la part du Seigneur. Ils ripostèrent: «Par Dieu, c'est notre ennemi qui te l'a communiquée» Alors Dieu fit cette révélation: «Dis à qui se déclare l'adversaire de Gabriel que c'est lui qui, d'ordre d'Allah, a déposé dans ton cœur le Livre qui confirme les Écritures Saintes...» [Coran II, 97]. «Dis: L'âme est le secret d'Allah» elle est Son affaire. Il s'est approprié de cette science sans vous faire connaître aucune partie d'elle. Et de toutes les branches de la science, Il ne vous a donné que le peu. Nul n'embrasse de Sa science que ce qu'Il veut. Donc l'âme - ou l'esprit- procède du commandement de Dieu. «Il ne vous a livré que bien peu de connaissances». En le commentant, As-Souhayli a dit que le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- n'a pas répondu aux juifs à cause de leur obstination. Puis As-Souhayli a ajouté: Les savants ont confondu entre l'âme et l'esprit et certains ont affirmé que les deux sont les mêmes. Il a déduit enfin que l'âme est une substance subtile tel le vent, qui circule dans le corps comme l'eau dans les racines et les branches d'un arbre. Et l'auteur de préciser: L'esprit est à la base de l'âme et sa matière constitutive et c'est cette dernière qui est incorporée au corps humain. C'est Dieu qui est le plus savant.
Verset 86
Si nous le voulions, nous retirerions ce que nous t'avons révélé. Et tu n'aurais personne pour te défendre. (86) Si Allah s'en abstenait, c'est pure grâce de sa part. Sa grâce pour toi est, en effet, sans limites. (87). Dis: Les hommes et les génies auraient beau se concerter respectivement pour produire un pareil Coran, qu'ils n'y parviendraient pas. S'associeraient-ils même? qu'ils ne le pourraient pas non plus. (88) Nous avons eu beau multiplier les exemples dans ce Coran, la plupart des hommes sont demeurés incrédules. (89). Dieu rappelle Ses grâces à Son Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- dont le Coran, ce Livre glorieux, où l'erreur ne s'y glisse de nulle part car c'est une révélation d'un Seigneur sage et digne de louanges.
Verset 87
Ce Coran, étant un grand miracle, Dieu affirme que si les hommes et les génies s'unissaient pour produire quelque chose de semblable à lui, ils seraient incapables de le faire et leur tâche s'avèrerait impossible et irréalisable. Les paroles divines sont tout à fait différentes de celles des hommes.
Verset 88
Dieu a présenté dans ce Livre toutes sortes d'exemples, ainsi que les preuves évidentes et irréfutables, Il a montré toute claire la vérité, mais «malheureusement, «la plupart des hommes sont demeurés incrédules». Ils ont méconnu tous les droits et repoussé la vérité.
Verset 89
Ils disent: Nous ne t'accorderons notre confiance que le jour où tu feras jaillir du sol une source. (90) Ou que, possédant toi-même un jardin de palmiers et de vignes, tu y feras surgir de nombreux cours d'eau. (91) Ou que, réalisant ta menace, tu détacheras sur nous un pan du ciel, ou que tu pourras montrer à tes côtés Allah et les anges. (92) Ou que tu posséderas un magnifique palais, ou que tu t'élèveras dans les cieux. Et encore ne croirons-nous à ton ascension que si tu nous rapportes des cieux un livre accessible à tous? Réponds-leur: Béni soit mon Seigneur! Suis-je autre chose qu'un homme envoyé par Allah! (93). Ibn Abbas raconte: «Outba et Chaïba les fils de Rabi'a, Abou Soufian Ben Harb, Abou Al-Boukhtouri, Al-Walid Ben Al-Moughira, Abou Jahl Ben Hicham, Abdullah Ben Abi Oumayya, Ben Khalaf et Al-'As Ben Waël se sont réunis au crépuscule auprès du toit de la Ka'ba. Les uns dirent aux autres: «Entretenez-vous avec Mouhammad, disputez avec lui et effrontez-le afin qu'il sache que vous ne lui avez laissé aucune excuse pour se défendre». Ils lui envoyèrent un messager lui dire que les notables parmi ton peuple veulent te parler. Il répondit à leur invitation croyant qu'ils ont commencé déjà à suivre le chemin de la vérité dont il était tellement avide de les y mettre et trouvait pénible leur obstination. Arrivé chez eux, ils lui dirent: «O Mouhammad! Nous voulons te parler afin que plus tard nous serions excusés. Par Dieu, nous ne savons aucun arabe qui a apporté à son peuple une telle offense: tu as injurié nos pères, dénigré notre religion, effronté notre culte, insulté nos divinités et semé la discorde entre les hommes. Tu ne nous a épargnés d'aucun de tes méfaits. Si, par ton message, tu désires faire une fortune, nous te donnerons tout ce que tu veux pour te rendre l'homme le plus riche parmi nous. Si tu convoites le commandement et l'honneur, nous ferons de toi notre chef. Si tu désires la royauté, nous te couronnerons un roi. Enfin si ce que tu reçois (comme révélations et visions) te provient du démon qui t'a rendu comme un possédé, nous sommes prêts à dépenser la somme nécessaire pour te faire guérir, qu'à la fin de tout cela nous serons excusés vis-à-vis de toi». Le Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- leur répondit: «Je ne suis pas un possédé. Par mon message je ne désire ni un honneur, ni une fortune ni un pouvoir, et je n'ai jamais voulu être couronné. Mais Dieu m'a envoyé comme un Prophète, m'a révélé le Livre, m'a ordonné d'être pour vous en tant qu'un annonciateur et un avertisseur. Je vous ai transmis les enseignements de mon Seigneur et je vous ai prodigué tant de conseils. Si vous acceptez ce dont je suis chargé de communiquer, ce sera votre part de la vie d'ici-bas et celle de l'au-delà. Si vous le refusez, je me patiente jusqu'à ce que Dieu tranche nos différends». Ils répliquèrent: «O Mouhammad! Si tu rejettes notre proposition tu connais mieux que quiconque que notre pays n'est pas tellement vaste, que nous sommes des gens pauvres et notre vie est austère. Invoque-nous Dieu qui t'a envoyé par ce message afin de déplacer ces montagnes et ainsi notre pays deviendra plus étendu, de nous faire jaillir des rivières comme celles qui se trouvent aux pays de Châm et de l'Irak, qu'il ressuscite quelques-uns de nos morts et surtout Qussy Ben Kalab car il était un homme sincère et véridique. Comme ça nous aurons la certitude que ce que tu viens communiquer aux gens n'est pas une erreur. Si nos morts une fois ressuscités croient en toi, nous ferons de même et nous saurons ainsi le rang que tu occupes auprès de Dieu, et tu es un vrai messager comme tu prétends». Il leur dit: «Ce n'est pas pour ce but que j'ai été envoyé, sinon pour vous transmettre le message dont je vous ai communiqué. Si vous l'acceptez, ce sera votre part de bas monde et de la vie future, et si vous le rejetez, je n'aurai qu'à me patienter jusqu'à ce que Dieu tranche notre différend». Ils lui demandèrent ensuite qu'un ange du ciel descende afin de confirmer le message, et que Dieu lui donne de palais, de trésors et de châteaux, comblés d'or et d'argent et que le ciel tombe en morceaux sur eux, et le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- de leur donner la même réponse. Ils lui dirent enfin: «Ton Seigneur sait-il que nous te tenons compagnie, ce que nous venons de te demander, et peut-il venir te voir pour t'enseigner ce par quoi tu réponds à nos demandes et te fera savoir ce qu'Il va faire de nous si nous refusons tes propositions? Or, sache ô Mouhammad, nous sommes bien au courant qu'un homme à Yamama appelé Al-Rahman t'a enseigné tout cela. Par Dieu nous ne croyons plus en Al-Rahman (Dieu le Miséricordieux) et nous nous sommes excusés vis-à-vis de toi. Par Dieu nous ne te laisserons plus agir à ta guise après ce que tu as fait de nous ou nous avons fait de toi jusqu'à ce que l'un de nous périsse». L'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- se leva pour les quitter, Abdullah Ben Abi Oumayya Ben Al-Moughira, le fils de sa tante 'Atika Bint Abdul Muttaleb se leva à son tour, l'accompagna et essaya de le dissuader: Ô Mouhammad, lui dit-il, tes concitoyens t'ont proposé tant de choses qui te sont bénéfiques, puis ils t'ont demandé d'autres choses pour savoir l'importance du rang que tu jouis auprès de Dieu, mais tu n'a répondu à aucune demande. Quant à moi, je ne crois en toi que lorsque tu prends une échelle, que tu la montes marche après marche alors que je te regarde faire pour monter au ciel et m'apporter un feuillet déployé et que tu reviennes accompagné de quatre anges pour témoigner de la véracité de ton message.... Les deux hommes se séparèrent et l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- entra chez lui triste, le cœur brisé car il attendait autre chose de ses concitoyens au lieu de leur opiniâtreté et leurs demandes illogiques. Il était convaincu que si Dieu était sûr de leur conversion, Il l'aurait exaucé s'il lui avait demandé de réaliser leurs vœux. Mais le Seigneur savait qu'ils n'ont proposé ces demandes que par obstination et incrédulité. Une voix céleste dit au Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue-: «Si tu veux, j'exauce leurs demandes mais s'ils persistent dans leur obstination, je leur infligerai un châtiment dont je n'ai encore châtié personne dans l'univers. Et si tu veux, je leur ouvrirai les portes de la miséricorde et du repentir. Et le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- de répondre: Plutôt les portes de la miséricorde et du repentir.
Verset 90
«... où tu feras jaillir du sol une source» qui sera comme une rivière qui coule en Hijaz et en d'autres régions, et ce fut une de leur demande qui, si elle était exaucée, ils ne seraient que des incrédules obstinés car Dieu savait mieux que quiconque ce qu'ils couvaient dans leur for intérieur. D'ailleurs Il l'a montré dans d'autres versets quand Il a dit: «Ceux qui ont encouru la colère de ton Maître ne croiront, quels que soient les signes qui leur parviendront, que lorsqu'ils éprouveront les tortures de leur châtiment» (Coran X, 96-97). Ils ont demandé aussi: «Ou que, réalisant ta menace, tu détacheras sur nous un pan du ciel». Tu nous a dit qu'au jour de la résurrection le ciel se fendillera et ses extrémités envelopperont le bas monde; si tu es sincère, demande à ton Seigneur de hâter ce phénomène. Ils ont avancé la même demande du peuple de Chou'aib quand ils lui ont dit: «Fais tomber sur nous un pan de ciel si tu dis la vérité» [Coran XXVI, 187]. Dieu les a punis par le jour de l'ombre et les a anéantis. Mais le Prophète de la miséricorde avait une attitude toute différente. Il demanda à son Maître d'accorder un répit à ces idolâtres, peut-être de leurs reins naîtront des gens qui n'associeront rien à Dieu. Et ce fut fait. En effet, parmi ces hommes-là, il y a eu ceux qui se sont convertis et devenus des musulmans fervents même Abdullah Ben Oumayya qui avait accompagné le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- pour le dissuader.... «Ou que tu posséderas un magnifique palais» Ibn Abbas et Moujahed ont précisé qu'il soit fait en or. «Ou que tu t'élèveras dans les cieux» sur une échelle et nous te regarderons faire. «Et encore ne croirons-nous à ton ascension que si tu nous rapportes des cieux un livre accessible à nous». Moujahed l'a commenté en disant: «À chacun de nous un livre où son nom est mentionné intitulé ainsi: Voilà un livre de Dieu à un tel.. Le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- de leur répondre avec toute compassion: «Béni soit mon Seigneur! Suis-je autre chose qu'un homme envoyé par Allah?» Gloire à Lui et que Son nom soit sanctifié! Que nul n'ose demander une chose qui émane de Son pouvoir et de sa science, comment peut-on exiger une telle chose alors que c'est Lui qui fait ce qu'il veut! Quant à moi, je ne suis qu'un homme envoyé par Lui pour vous transmettre Son message et ses enseignements, pour vous prodiguer de bons conseils et pour vous ordonner de suivre ce qu'il vous a prescrit. À ce propos Abou Oumama a rapporté que le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit: «Mon Seigneur m'a proposé de réduire le désert de la Mecque en or, je Lui répondis: «Non, Seigneur, je préfère me rassasier un jour et crever de faim un autre. Car lorsque j'aurai faim, je T'implorerai et Te mentionnerai, et lorsque je me rassasierai, je Te louerai et Te remercierai.» (Rapporté par Ahmed et Tirmidhi).
Verset 91
« Ou que, possédant toi-même un jardin de palmiers et de vignes, tu y feras surgir de nombreux cours d'eau. » où tu feras jaillir du sol une source qui sera comme une rivière qui coule en Hijaz et en d'autres régions, et ce fut une de leur demande qui, si elle était exaucée, ils ne seraient que des incrédules obstinés car Dieu savait mieux que quiconque ce qu'ils couvaient dans leur for intérieur.
Verset 92
« Ou que, réalisant ta menace, tu détacheras sur nous un pan du ciel, ou que tu pourras montrer à tes côtés Allah et les anges. » Tu nous a dit qu'au jour de la résurrection le ciel se fendillera et ses extrémités envelopperont le bas monde; si tu es sincère, demande à ton Seigneur de hâter ce phénomène. Ils ont avancé la même demande du peuple de Chou'aib quand ils lui ont dit: « Fais tomber sur nous un pan de ciel si tu dis la vérité » [Coran XXVI, 187]. Dieu les a punis par le jour de l'ombre et les a anéantis. Mais le Prophète de la miséricorde avait une attitude toute différente. Il demanda à son Maître d'accorder un répit à ces idolâtres, peut-être de leurs reins naîtront des gens qui n'associeront rien à Dieu. Et ce fut fait.
Verset 93
« Ou que tu posséderas un magnifique palais, ou que tu t'élèveras dans les cieux. Et encore ne croirons-nous à ton ascension que si tu nous rapportes des cieux un livre accessible à tous? Réponds-leur: Béni soit mon Seigneur! Suis-je autre chose qu'un homme envoyé par Allah! » Ibn Abbas et Moujahed ont précisé qu'il soit fait en or. « Ou que tu t'élèveras dans les cieux » sur une échelle et nous te regarderons faire. « Et encore ne croirons-nous à ton ascension que si tu nous rapportes des cieux un livre accessible à nous ». Moujahed l'a commenté en disant: « À chacun de nous un livre où son nom est mentionné intitulé ainsi: Voilà un livre de Dieu à un tel ». Le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- de leur répondre avec toute compassion: « Béni soit mon Seigneur! Suis-je autre chose qu'un homme envoyé par Allah? » Gloire à Lui et que Son nom soit sanctifié! Que nul n'ose demander une chose qui émane de Son pouvoir et de sa science, comment peut-on exiger une telle chose alors que c'est Lui qui fait ce qu'il veut! Quant à moi, je ne suis qu'un homme envoyé par Lui pour vous transmettre Son message et ses enseignements, pour vous prodiguer de bons conseils et pour vous ordonner de suivre ce qu'il vous a prescrit.
Verset 94
Ce qui a empêché la plupart des hommes de croire aux Prophètes et de les suivre, fut leur étonnement. Comment des hommes comme eux sont des envoyés par Dieu?. Dieu n'a-t-Il pas dit ailleurs: « Qu'y a-t-il d'étonnant à ce que nous ayons donné mission à l'un d'entre vous d'avertir ses semblables » [Coran X, 2], et aussi: lorsque les Prophètes vinrent à eux avec des signes évidents, ils les accueillirent par ces mots: « Comment, un homme comme nous nous indiquerait la bonne voie? » [Coran LXIV, 6] ou bien encore comme Pharaon et les siens ont dit: « Allons-nous croire, dirent-ils, à deux hommes comme nous et dont le peuple nous est asservi? » [Coran XXIII, 47].
Verset 95
Dieu a répondu à ces gens-là et à ceux qui leur ont précédés parmi les autres peuples, que, de par Sa miséricorde, Sa générosité et Sa compassion envers eux, Il n'a envoyé que des hommes afin qu'ils s'instruisent et comprennent ce qu'ils ont apporté. S'Il leur avait envoyé des anges, ils seraient incapables de les accueillir et de concevoir ce qu'ils leur auraient rapporté. Dieu n'a-t-il pas montré cela clairement quand Il dit: « C'est ainsi que nous vous avons envoyé un Prophète, élu parmi vous, qui vous lit nos enseignements, qui vous purifie, qui vous apprend le Livre et la Sagesse et qui vous divulgue ce que vous ne savez pas » [Coran II, 151]. Dans cette sourate, Dieu leur répond que s'il y avait sur la terre des anges qui marchent en paix, nous aurions certainement fait descendre du ciel, sur ces gens-là, un ange comme Prophète. Donc Dieu n'envoie à Ses créatures que des créatures de la même nature et qui leur sont semblables.
Verset 96
Dieu ordonne à Son Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- de répondre aux idolâtres: Dieu suffit comme témoin entre vous et moi. Ce que je vous rapporte n'est que la vérité venue de Lui et c'est bien Lui qui est témoin de la véracité du message. Si je mentais, Il m'aurait infligé un châtiment douloureux et se serait vengé de moi. Le Seigneur connaît parfaitement Ses sujets: ceux qui méritent d'être dirigés et ceux dont leur situation est désespérée et qui méritent par la suite le mauvais sort, l'égarement et l'aberration, comme Il le montre dans le verset suivant.
Verset 97
Seul, celui qu'Allah guide peut prétendre être dans la bonne voie. Celui qu'Il égare ne peut, plus trouver d'autre protection que Lui. Au jour de la résurrection, nous réunirons tous les égarés, face contre terre, aveugles, sourds et muets. L'enfer sera leur séjour. À peine le feu baissera-t-il, qu'il sera ranimé. Dieu traite Ses serviteurs comme Il veut et nul ne s'oppose à ses décrets. Il égare qui Il veut et dirige qui Il veut, et tu ne trouveras pas de maître pour celui qu'Il égare. « Au jour de la résurrection, nous réunirons tous les égarés, face contre terre ». À ce propos Anas rapporte qu'on demanda: « Ô Envoyé de Dieu, comment seront-ils traînés sur leurs visages? » Il répondit: « Celui qui les a fait marcher sur leurs pieds, serait-il incapable de les traîner sur leurs visages? ». « ... aveugles, sourds et muets » ils ne verront rien, ne proféreront aucun mot et n'entendront rien, pour prix de leur impiété. Dans le bas monde ils n'ont voulu rien comprendre de la vérité et seront ainsi dans leur rassemblement. Leur ultime séjour sera la Géhenne qui, chaque fois que le feu s'éteindra, il sera ranimé et attisé et les flammes brûlantes les envelopperont de toutes parts.
Verset 98
Dieu a frappé ceux qui ont nié Ses signes par la cécité, le mutisme et la surdité comme prix de leur incrédulité. Ils ont renié aussi la résurrection en s'exclamant: Quand nous serons ossements et poussière, serons-nous ressuscités en une nouvelle création?.
Verset 99
Dieu leur répondit en leur rappelant qu'Il est le créateur des cieux et de la terre. C'est lui qui donne un commencement à la création puis Il la renouvellera. Cela Lui est facile. Que les impies sachent que « la création des cieux et de la terre est une œuvre autrement considérable que celle du genre humain » [Coran XL, 57]. Ces gens-là « ne voient-ils pas qu'Allah qui a créé sans la moindre peine le ciel et la terre est à plus forte raison capable de ressusciter les morts? Il est tout-puissant » [Coran XLVI, 33]. Au jour de la résurrection les âmes seront rendues aux corps et ce sera pour les hommes une autre création tout comme Il les a créés pour la première fois. Il a fixé à cette résurrection un terme qui aura lieu sans aucun doute. Mais « les méchants ne croient à rien si ce n'est à leur incrédulité » à cause de leur obstination et leur égarement.
Verset 100
Dieu ordonne à Son Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- de dire aux hommes: Si vous étiez les maîtres des trésors de la miséricorde de mon Seigneur, vous les serreriez certes de peur de les dépenser, bien que ces trésors sont inépuisables. L'homme est de par sa nature avare et parcimonieux. Dieu en a parlé ailleurs en disant: « Viendraient-ils à acquérir un peu de pouvoir qu'ils ne donneraient même pas une pelure de datte » [Coran IV, 53]. Dieu décrit l'homme comme étant un être avare, timide et versatile: « L'homme est inconstant de nature. Accablé quand un mal l'atteint. La fortune le rend égoïste. Seuls font exception les gens pieux » [Coran LXX, 19-22]. Quant au Seigneur, Il est de nature tout à fait différente: Il est le Généreux par excellence. À cet égard il est cité dans les deux Sahihs que l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit: « La main de Dieu est pleine, aucune dépense, durât-elle nuit et jour, ne saurait l'épuiser. Voyez ce que Dieu a dépensé depuis qu'Il a créé les cieux et la terre, et cependant ce qu'Il a dans Sa main ne s'est pas épuisé » (Rapporté par Boukhari et Mouslim).
Verset 101
En envoyant Moïse à Pharaon, Dieu l'avait appuyé par neuf signes manifestes et indiscutables qui témoignent de sa prophétie. D'après les exégètes, ils sont: le bâton, la main, les années de disette, le déluge, les sauterelles, les vermines, les grenouilles, le sang et le fendillement de la mer. Mais les gens incrédules, Pharaon et son peuple, «s'obstinèrent dans leur superbe, étant de l'engeance des rebelles» [Coran VII, 133]. Malgré qu'ils ont vu de leurs propres yeux tous ces signes se produire devant eux. Dieu fait connaître à Son Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- que, comme le peuple de Pharaon qui persévéra dans l'incrédulité, si nous avions répondu aux exigences de ceux qui l'ont demandé entre autres choses de faire jaillir de la terre une source, ils n'auraient jamais cru à moins que Dieu ne le veuille.
Verset 102
Moïse, en présentant les signes à Pharaon, le menaça de sa perte en lui affirmant que tout ce qu'il en a vu ne peut émaner que du Maître des cieux et de la terre.
Verset 103
Quelle fut la réaction de Pharaon? Il voulut chasser les enfants d'Israël du pays. Nous l'engloutîmes sous les eaux, ainsi que ses partisans.
Verset 104
Dieu a donné ensuite en héritage aux fils d'Israël qui avaient été opprimés, les contrées orientales et occidentales de la terre, ainsi que tout ce qui appartenait aux Pharaons comme pays, biens, récoltes etc... Ainsi Dieu a donné à Muhammad -qu'Allah le bénisse et le salue- La Mecque en héritage qu'il pénétra et conquit par la force en soumettant ses habitants qui l'avaient forcé à quitter cette ville bénie. Puis il les libéra par sa générosité et sa clémence.
Verset 105
Dieu a fait descendre le Coran avec la vérité, et il est descendu avec la vérité, c'est à dire renfermant toute la vérité. Il a dit ailleurs: «Allah est témoin Lui-même de ce qu'il t'a révélé. Il te l'a révélé avec intention. Et les anges en témoignent» [Coran IV,166]. Il contient tous les enseignements que Dieu a voulu que les hommes les sachent, s'agit-il des prescriptions, des sentences, des interdictions... Ce Livre est gardé et préservé contre toute altération ou modification et ne subira ni rajout ni soustraction. Ce Coran l'a fait descendre l'ange fort et puissant, obéi autant que fidèle. Quant à toi ô Muhammad, Nous ne t'avons envoyé que comme un annonciateur à ceux qui auront cru en toi, et comme un avertisseur aux incrédules et rebelles. Telle est donc la mission.
Verset 106
«Nous avons révélé le Livre verset par verset» c'est à dire fragmenté. Il fut descendu de la «demeure de la puissance» au ciel inférieur, de la «Tablette gardée», révélé et réparti dont la révélation complète dura presque vingt trois ans. «Pour que tu le récites au fur et à mesure» et que tu le communiques aux hommes afin qu'ils puissent le retenir et méditent sur son sens.
Verset 107
Dieu ordonne à Son Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- de dire aux mécréants: «Croyez au Livre ou n'y croyez pas» libre à vous, il est la vérité venue du Seigneur qui en a fait allusion dans les autres Livres célestes révélés à d'autres Prophètes-messagers. Les gens d'Écriture qui se sont attachés aux enseignements de leur Livre demeuré sans altération ni modification, une fois que ce Coran leur fut récité, ils se prosternent face contre terre devant le Seigneur à Lui la puissance et la gloire, en signe de reconnaissance envers Lui pour Ses grâces et ses bienfaits.
Verset 108
C'est pourquoi ils s'écrient: «Gloire à notre Seigneur!» en proclamant Sa grandeur et Sa puissance, Lui qui ne manque jamais à ses promesses. «Voici que les prédictions de notre Seigneur sont réalisées».
Verset 109
En manifestant leur foi et leur croyance en Son Livre et en Son Messager, ils se prosternent en pleurant et leur humilité augmente.
Verset 110
«Que le ton de ta prière ne soit ni trop élevé ni trop bas» Ibn Abbas l'a commenté en disant: «Au début de l'ère islamique durant la période où le Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- faisait son adoration discrètement en compagnie des premiers musulmans, s'il haussait la récitation les idolâtres injuriaient le Coran et celui qui l'a révélé. Dieu ordonna à Son Prophète à cette époque d'user d'un ton modéré de sorte de faire entendre la récitation du Coran à ses compagnons. «Qu'il se tienne dans un juste milieu». Pour être ni haut ni bas». D'après Ibn Abbas, l'idolâtre venait au moment de la prière entendre la récitation du Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue-. Il baissait la voix mais ceux qui priaient avec lui n'entendaient par conséquent rien de la récitation. Il fut ordonné, à cette époque comme on l'a dit, de chercher un ton intermédiaire. Muhammad Ibn Sirine raconte: On m'a rapporté qu'Abou Bakr baissait sa voix en récitant dans la prière, tandis qu'Omar la haussait. En demandant à l'un et à l'autre, Abou Bakr répondit: «Je m'entretiens avec mon Seigneur qui connaît bien mon besoin». Et Omar de répliquer: Je ne fais que chasser le démon et éveiller l'assommé. Après la révélation de ce verset, Abou Bakr fut ordonné de hausser un peu le ton et Omar de le baisser un peu.
Verset 111
«Que le ton de ta prière ne soit ni trop élevé ni trop bas» Ibn Abbas l'a commenté en disant: «Au début de l'ère islamique durant la période où le Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- faisait son adoration discrètement en compagnie des premiers musulmans, s'il haussait la récitation les idolâtres injuriaient le Coran et celui qui l'a révélé. Dieu ordonna à Son Prophète à cette époque d'user d'un ton modéré de sorte de faire entendre la récitation du Coran à ses compagnons. «Qu'il se tienne dans un juste milieu». Pour être ni haut ni bas». D'après Ibn Abbas, l'idolâtre venait au moment de la prière entendre la récitation du Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue-. Il baissait la voix mais ceux qui priaient avec lui n'entendaient par conséquent rien de la récitation. Il fut ordonné, à cette époque comme on l'a dit, de chercher un ton intermédiaire. Muhammad Ibn Sirine raconte: On m'a rapporté qu'Abou Bakr baissait sa voix en récitant dans la prière, tandis qu'Omar la haussait. En demandant à l'un et à l'autre, Abou Bakr répondit: «Je m'entretiens avec mon Seigneur qui connaît bien mon besoin». Et Omar de répliquer: Je ne fais que chasser le démon et éveiller l'assommé. Après la révélation de ce verset, Abou Bakr fut ordonné de hausser un peu le ton et Omar de le baisser un peu. «Proclame: Gloire à Allah qui n'a pas de descendance» Qu'il soit exalté! Il n'a jamais engendré, n'a pas été engendré non plus. Il est plutôt le Dieu Absolu. Il n'a pas d'égal. «Et au pouvoir duquel personne ne participe» Ou suivant une autre traduction qui donne un sens plus correct: «Il n'a pas besoin de protecteur pour le défendre contre l'humiliation» Car Il est bien le seul au pouvoir, n'a besoin ni d'un conseiller, d'un protecteur ou d'un associé. Il est le seul créateur qui gère tout l'Univers, qui dispose de tout ce qu'Il a créé sans être interrogé sur son agissement. Son vouloir et son pouvoir sont absolus. Le fidèle doit toujours proclamer sa grandeur et son unicité en dépit des idolâtres et mécréants.