الأحزاب

Les Coalises

Sourate 33 · 73 versets · Revelation medinoise

Verset 1

Talq Ben Habib a dit: «La crainte de Dieu consiste en l'obéissance à Dieu, espérant Sa récompense, délaissant toute transgression à Ses ordres, bénéficiant de Sa lumière par crainte de Son châtiment.» «Évite les infidèles et les hypocrites» qui signifie: Ne leur obéis pas et ne leur demande aucune consultation. «Allah est savant et sage». C'est à Lui que tu dois obéir, de suivre Ses enseignements car Il connaît les conséquences de toutes les œuvres. Il est sage en actes et paroles.

Verset 2

«Observe les révélations» en te conformant à ce qui t'est révélé du Coran. «Allah connaît toutes vos actions» Car rien ne Lui est caché des œuvres de Ses serviteurs.

Verset 3

«Fie-toi à Allah» dans toutes tes affaires et dans toutes les circonstances. «L'aide d'Allah suffit» à quiconque met sa confiance en Lui et retourne à Lui repentant.

Verset 4

Allah n'a pas donné deux cœurs à l'homme. Il n'a pas assimilé vos mères à vos épouses que vous pouvez, elles, répudier. Il n'a pas assimilé vos enfants adoptifs à vos enfants légitimes. Une telle assimilation n'est osée que dans vos propos. Allah seul dit la vérité et dirige dans le droit chemin. Comme il est constaté d'après la structure de l'homme, celui-ci ne pourra avoir deux cœurs, ainsi sa femme ne serait considérée comme étant sa mère en lui disant: «Sois pour moi comme le dos de ma mère» (une expression signifiant la répudiation), tout comme l'enfant adoptif ne pourrait être l'enfant légitime de l'homme. Dieu a dit ailleurs: «Non, en vérité ce ne sont pas leurs mères; leurs mères sont celles qui les ont mis au monde» [Coran LVIII, 2]. «Il n'a pas assimilé vos enfants adoptifs à vos enfants légitimes» Ce verset fut révélé au sujet de Zaid Ben Haritha l'affranchi du Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue-. Il l'avait adopté avant de recevoir le message et la révélation. On l'appelait: «Zaid Ben Mouhammad». Dieu a voulu mettre fin à cette filiation, tout comme Il a dit dans un autre verset: «Non, Mohammad n'est plus le père d'aucun d'entre vous. Il est le Prophète d'Allah et le dernier des Prophètes» [Coran XXXIII, 40]. Donc cette adoption n'est qu'une parole dans la bouche des hommes, et l'enfant adoptif est né des reins d'un autre père. Comment donc peut-il avoir deux pères à la fois? tout comme l'homme ne pourrait avoir deux cœurs dans son corps. «Allah seul dit la vérité et dirige dans le droit chemin» et que les hommes cessent de prétendre cette filiation et qu'ils nomment chaque enfant par le nom de son véritable père.

Verset 5

«Conservez à vos enfants adoptifs le nom de leurs pères. Ce sera plus régulier auprès d'Allah. S'ils sont de père inconnu, qu'ils soient vos frères en religion et vos protégés. Vous n'encourez pas de responsabilité quand vous vous trompez. Mais votre responsabilité est engagée quand votre erreur est consciente. Allah est plein de mansuétude et de bonté.» Il y a donc une abrogation de toute prétention, et ceci est la pure vérité et l'équité. Abdullah Ben Omar a dit: «Nous n'avions cessé d'appeler Zaid Ben Haritha, l'esclave affranchi du Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- jusqu'à la révélation de ce verset». À cette époque les hommes traitaient les fils adoptifs comme des vrais enfants légitimes, même ils les laissaient seuls avec leurs femmes. Après l'abrogation de cette filiation, Dieu a permis à son Messager -qu'Allah le bénisse et le salue- de se marier avec Zainab Bent Jahch, la femme répudiée de Zaid Ben Haritha, et ceci «pour qu'il ne soit plus interdit aux musulmans d'épouser les femmes abandonnées par leurs fils adoptifs» [Coran XXXIII, 37]. Dieu ordonne de réfuter les présomptions de ceux qui donnent leurs noms aux enfants adoptifs si les pères de ceux-ci sont connus, sinon, qu'ils les considèrent comme des frères coreligionnaires. Il a dit: «S'ils sont de père inconnu, qu'ils soient vos frères en religion et vos protégés». Le Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- avait dit à Ali: «Tu es des miens et je suis des tiens», et à Jafar: «Tu me ressembles en apparence et en caractère». À Zaïd, il a dit: «Tu es notre frère et un de nos protégés». Dans un hadith authentifié, le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit: «Quiconque s'apparente à un autre que son vrai père, tout en le sachant, aura mécru» (Rapporté par Boukhari et Mouslim). On trouve dans ce hadith un avertissement et une menace pour quiconque désavoue son propre origine et sa parenté. «Vous n'encourez pas de responsabilité quand vous vous trompez» Cela veut dire: Il n'y a pas de faute à reprocher aux hommes s'ils font une chose pareille par erreur, surtout après qu'ils aient déployé leur effort à la recherche de la vérité. À ce propos, le Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit: «Quand un juge, d'après ses propres lumières, donne le verdict exact, aura une récompense double, et s'il se trompe, il aura quand même une seule». Et dans un autre hadith, il a dit: «Allah m'a accordé qu'il fera preuve de mansuétude à l'égard de ma communauté lorsqu'elle pèche par erreur, oubli ou contrainte» (Rapporté par Ibn Maja et Al-Baihaqi). Il n'y a péché que lorsque l'homme le commet de propos délibéré, «Mais votre responsabilité est engagée quand votre erreur est consciente» L'imam Ahmed rapporte que Omar -que Dieu l'agrée- a dit: «Dieu le Très Haut a envoyé Mouhammad -qu'Allah le bénisse et le salue- avec la vérité en lui révélant le Livre. Entre autres versets que nous récitons, il y avait le verset concernant la lapidation des fornicateurs, il a lapidé et nous avons fait de même, et celui-ci: «N'éprouvez pas de l'aversion pour vos pères, car ce sera de l'incrédulité». Le messager de Dieu a dit: «Il y a trois choses qui sont de l'impiété que les hommes font: La diffamation de la généalogie, les lamentations sur le mort et la demande de la pluie en invoquant les étoiles».

Verset 6

Les désirs du Prophète doivent préoccuper les croyants plus que les leurs. Les épouses du Prophète sont les mères des croyants. Les parents par le sang, d'après le Livre d'Allah, ont la priorité sur les autres croyants et ceux qui ont suivi le Prophète dans sa fuite. Tout au plus pouvez-vous faire des dons à vos protégés. Ainsi le décrète le Livre. Le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- avait de la compassion envers sa communauté et était avide de leur prodiguer des conseils. Dieu l'a fait le plus proche des croyants que leurs propres personnes et plus digne d'amour. Ses sentences furent avancées sur celles que préféraient les croyants. Dieu a dit à cet égard: «Non, par ton Maître, ces gens-là ne pourront se dire des croyants que lorsqu'ils t'auront fait juge de leurs différends et auront accepté tes sentences» [Coran IV, 65]. Il est cité dans les deux sahih que Omar a dit: «Ô Envoyé de Dieu par Dieu je t'aime plus que toute autre chose dans le monde sauf ma propre personne». Il lui répondit: «Non, ô Omar, jusqu'à ce que je sois aimé plus que ta propre personne». Et Omar de répliquer: «Ô Envoyé de Dieu, par Dieu, je t'aime plus que toute autre chose dans le monde, même plus que ma propre personne». Le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- lui répondit: «Maintenant ô Omar tu es un vrai croyant» (Rapporté par Boukhari). Au sujet de ce verset, Abou Houraïra rapporte que le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit: «Je suis en vérité le plus proche de chaque croyant que les autres hommes. Lisez si vous voulez: «Les désirs du Prophète doivent préoccuper les croyants plus que les leurs». Tout bien laissé par un croyant, ses agnats l'héritent, et s'il laisse une dette ou des orphelins, je m'en chargerai» (Rapporté par Boukhari et Ahmed). «Les épouses du Prophète sont les mères des croyants» en les vénérant, honorant, leur gardant une grande considération et en les estimant. On ne doit donc pas être tête à tête avec l'une d'elles, mais cette interdiction ne comporte pas leurs filles et leurs sœurs par l'allaitement. «Les parents par le sang, d'après le Livre d'Allah, ont la priorité sur les autres croyants et ceux qui ont suivi le Prophète dans sa fuite» Cela signifie les parents liés par le sang sont plus dignes d'hériter les uns des autres que ceux qui n'ont d'autre lien que leur qualité de croyants tels que les Émigrés (Mouhajirines) et les Ansars (les Médinois). Ce verset abroge ce qui a été suivi entre eux, s'agit-il de l'héritage, de pacte de fraternité. À cet égard, Ibn Abbas a dit: «Le Mouhajer héritait de l'Ansar en dehors de ceux qui étaient proches du défunt par le lien de sang, ou par la fraternité qu'a établi le Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- entre eux. Ibn Az-Zoubaïr Ben Al-Awam a dit: «C'est à notre sujet, nous les Qoraïchites Mouhajirines et les Médinois, que ce verset fut révélé. Nous, les Qoraichites, fîmes l'émigration de La Mecque à Médine et n'avions rien de nos biens. Nous trouvâmes dans les Ansars (Médinois) les meilleurs frères et soutiens. Nous établîmes une fraternité entre nous et nous héritâmes d'eux. Abou Bakr fut le frère de Kharija Ben Zaïd, Omar le frère d'un autre, Othman le frère d'un homme de Bani Zouraiq. Quant à moi, ajouta Az-Zoubair, je fus le frère de Kab Ben Malek qui répudia une de ses femmes pour me la donner en mariage. Je le trouvai aussi très faible à cause des expéditions qu'il avait faites. Par Dieu, s'il venait à mourir en ce moment-là, nul ne serait héritier que moi. Puis Dieu fit cette révélation à notre sujet les Qoraichites et les Ansars. Nous dûmes alors appliquer la loi de la succession». «Tout au plus pourrez-vous faire des dons à vos protégés» qui signifie que la succession sera la part des agnats et ayants-droit selon la règle, et il ne reste que le secours, la piété, l'amitié, l'œuvre de la charité et le testament. «Ainsi le décrète le Livre» et on doit appliquer la loi successorale telle qu'elle fut révélée. La parenté a la priorité sur les autres liens, une décision décrétée par Dieu dans le Coran qui ne sera changée ou modifiée, même si Dieu avait toléré autre tradition dans un moment donné avant cela. Cette loi restera en vigueur autant que le Seigneur le voudra et jusqu'à l'éternité.

Verset 7

Dieu cite dans ce verset les Prophètes qui étaient doués de ferme résolution (les cinq) et les autres en général desquels Il a reçu les engagements et les alliances qui consistaient à établir la religion de Dieu, à communiquer les messages, à consolider le lien avec les gens à ces fins. Dieu a dit à cet égard: «Allah reçut des Prophètes l'engagement suivant sous la foi du Livre et de la sagesse qui leur étaient été révélés: «Si un nouveau Prophète apparaît et vous confirme ce que vous savez déjà, faites-lui confiance et prêtez-lui votre entier concours» [Coran III, 81]. Ces engagements et cette alliance avaient été reçus après leur Prophétie, ainsi que celui de ce verset, en citant les cinq parmi ceux qui étaient doués de ferme résolution, comme il est montré dans ce verset: «Il vous a donné la même religion que celle qu'Il avait déjà recommandée à Noé. C'est celle-là même qu'Il t'a révélée, celle-là qu'Il avait recommandée à Abraham, à Moïse et à Jésus. Observez-la bien et ne vous divisez pas, a-t-il été prescrit à tous» [Coran XLII, 13]. C'est cette recommandation qui a été le sujet de ces engagements. On a rapporté que cela a été reçu quand ils furent sortis sous forme de minimes créatures (comme des atomes) des reins d'Adam -que Dieu le salue-. À cet égard, Oubay Ben Kab a avancé: Une fois sortis, Adam les regarda, trouva qu'il y avait parmi eux le riche et le pauvre, le beau et le laid. Il s'écria alors: «Seigneur, si seulement Tu as créé Tes serviteurs égaux en toute chose!». Il lui répondit: «J'ai aimé qu'ils Me soient reconnaissants». Adam vit aussi parmi eux des Prophètes qui étaient tels des cierges en toute lumière, ceux-là ont été favorisés par un autre engagement que la prophétie et le message.

Verset 8

«Ainsi Allah pourra interroger les hommes sincères sur leurs œuvres» Il s'agit, comme a avancé Moujahed, des hommes qui ont été chargés de divulguer les enseignements après les Prophètes. «Il a réservé un châtiment terrible aux impies». À notre tour, nous attestons que tous les Prophètes ont communiqué les messages de leur Seigneur et prodigué les bons conseils à leurs peuples, même si les incrédules les ont démentis et se sont rebellés contre eux.

Verset 9

Dieu rappelle à Ses serviteurs croyants, Ses bienfaits surtout le jour de la bataille du fossé «Al-Khandaq» lorsqu'il a mis les coalisés en déroute. La raison de cette bataille était la suivante: Quelques-uns des notables juifs de Bani AN-Nadir que le Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- avait expulsés de Médine à Khaïbar, parmi eux il y avait Salam Ben Abi-Al-Haqiq, Salam Ben Michkam et Kinana Ben Al-Rabi partirent à La Mecque pour rencontrer les notables Qoraïchites et les inciter à combattre le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- Ils leur promirent de les secourir et être à leur côté dans cette guerre. Les Qoraïchites répondirent à leur demande. Il en fut de même avec la tribu de Ghatafan. Les Qoraïchites commandés par Abou Soufian, et les Ghatafanites commandés par Ouyayna Ben Hisn, ainsi que les autres tribus et impies, dont le nombre était près de dix mille combattants, sortirent pour combattre le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- et ses partisans.

Verset 10

Ayant eu vent de leur approche, le Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- ordonna qu'on creuse un fossé tout autour de Médine, d'après un conseil présenté par Salman Al-Farisi. Les polythéistes assiégèrent Médine, une partie campa à l'est de la ville près du mont Ouhod, une autre aux hauteurs de Médine. Dieu les a décrits dans ce verset: «Les ennemis vous attaquent en haut et en bas de la vallée». Quant au Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue-, il les affronta à la tête d'une armée dont le nombre ne dépassait pas les trois milles. Ils tournèrent le dos au mont Sal et leur visage contre l'ennemi, le fossé qui ne contenait pas d'eau les sépara, mais il pouvait quand même empêcher les cavaliers d'attaquer les fidèles en même temps que l'infanterie. Les femmes et les enfants furent dans des habitations fortifiées. Les Banou Qouraidha, une tribu juive qui habitait Médine, avaient une forteresse à l'est de Médine et jouissaient d'un pacte de non-agression conclu avec les musulmans. Ils comptaient presque huit cents guerriers. Mais Houyay Ben Akhtab se rendit chez eux et ne cessa de les soulever contre les fidèles, qu'à la fin ils violèrent le pacte sus-dit, et soutinrent les polythéistes contre le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue-. L'affaire prit alors une tournure très grave par rapport aux musulmans, ils éprouvèrent une grande peur et une adversité, «En cette circonstance, les croyants subirent une rude épreuve. Ils tremblaient de tous leurs membres». Ils demeurèrent assiégés pendant presque un mois, mais les polythéistes ne purent les atteindre et nul combat ne fut déclenché entre eux. Puis Dieu envoya un vent impétueux sur les coalisés qui arracha leurs tentes, éteignit leur feu et les laissa sans abri ni nourriture. Les polythéistes coalisés durent enfin lever le camp et quittèrent le lieu déçus et humiliés. Voilà le sens des dires de Dieu: «Lorsque vous étiez assaillis; n'a-t-il pas envoyé à votre secours un vent et des troupes invisibles». Ces troupes invisibles furent les anges qui semèrent la peur dans les cœurs des idolâtres de sorte que chaque chef d'une tribu disait à ses hommes: «Ô Bani un tel, réunissez-vous à moi, demandons le salut pour nos âmes». Ibrahim At-Taimi rapporte d'après son père le récit suivant: «Nous étions chez Houdzaifa quand un homme se leva et dit: «Si j'avais vécu au temps du Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue-, j'aurais combattu à ses côtés en brave sur le champ de bataille». Houdzaifa lui répondit: «Tu aurais fait cela? La nuit de la bataille des coalisés (du fossé), étant avec le Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue-, un vent glacial nous prit. Il nous dit: «Y a-t-il un homme parmi vous qui puisse me fournir des nouvelles des polythéistes et qui sera avec moi au jour de la résurrection?». Nous gardâmes le silence et nul d'entre nous ne répondit. Il réitéra sa demande et dit: «Y a-t-il un homme parmi vous qui puisse me fournir des nouvelles des polythéistes et qui sera avec moi au jour de la résurrection» Nous gardâmes le silence toujours et nul d'entre nous ne répondit. Puis pour la troisième fois il répéta les mêmes propos. Il dit à la fin: «Lève-toi, ô Houdzaïfa! Va et apporte-moi des nouvelles des polythéistes». En me désignant, je dus alors me lever, et il me dit: «Apporte-moi des nouvelles des polythéistes et surtout ne les excite pas contre moi». Chemin faisant, je sentis une chaleur excessive jusqu'à mon arrivée près d'eux. Je vis Abou Soufian tourner son dos au feu afin qu'il se réchauffe. Je pris une flèche voulant la tirer, mais alors je me souvins des paroles du Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue-: «Surtout ne les excite pas contre moi». Si j'avais tiré sûrement je l'aurais tué. Je revins sur mes pas ressentant la même chaleur, et quand je fus auprès du Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- je lui fournis les nouvelles et, accomplissant ma mission, je ressentis un froid dans mon for intérieur. Le Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- me donna son manteau sur lequel il priait pour m'en calfeutrer et je restai endormi jusqu'au matin. Il m'éveilla ensuite en me disant: «Lève-toi, toi qui fais la grasse matinée» (Rapporté par Mouslim). Abdul-Aziz, le neveu de Houdzaïfa a raconté: «Houdzaïfa nous racontait les batailles qu'il menait avec le Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- quand les hommes qui étaient avec nous dirent: «Par Dieu, si nous étions avec lui, nous aurions fait telle et telle chose». Houdzaïfa répliqua: «Ne souhaitez plus cela. Je me vis la nuit de la bataille des coalisés avec les fidèles assis en rang, alors qu'Abou Soufian était dans les hauteurs de Médine avec les idolâtres et les juifs de Bani Qouraidha dans les parties inférieures (de la vallée) et nous redoutions qu'ils n'attaquassent nos familles. Nous n'avions jamais vécu une nuit aussi sombre que celle-là où nul d'entre nous ne pouvait voir même pas son doigt, et nous entendions le vent souffler tel une tempête. Les hypocrites commencèrent, pour fuir, à demander au Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- de leur permettre de retourner chez leurs familles prétendant qu'elles étaient sans défense. Il leur permit, et seule une troupe de trois cents fidèles demeura avec lui. Il fit le tour pour nous voir en causant avec chacun d'entre nous. Arrivé près de moi alors que rien ne me défendait contre l'ennemi et le froid qu'un habit que j'avais pris de ma femme et qui était tellement court qu'il ne couvrait qu'une partie de mon corps. Il me vit agenouillé et me demanda: «Qui es-tu?». -Houdzaïfa, répondis-je. Il reprit: «Houdzaïfa?». Je restai assis et lui répliquai: «Si, ô Messager de Dieu, Houdzaïfa». Le Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- me dit: «-Quelque chose devait se produire dans le camp des polythéistes, va pour me fournir de leurs nouvelles» À ce moment, j'éprouvai une grande peur et ressentis un froid glacial. Avant de me retirer, il m'invoqua Dieu: «Grand Dieu, protège-le de devant, de derrière, à sa gauche, à sa droite, d'en haut et d'en bas». À ce moment, par Dieu, toute peur et tout froid sortirent de mon corps en sorte que je ne ressentais ni peur ni froid. Puis il me recommanda: «Ô Houdzaïfa, ne laisse pas l'ennemi s'apercevoir de ta présence, mais apporte-moi de ses nouvelles». Je me rendis au camp ennemi et je vis les idolâtres autour du feu qu'ils avaient allumé. J'aperçus un homme de grande stature qui réchauffait les mains puis les passait sur ses flancs en disant aux autres: «Levez le camp! Levez le camp!». Je sus alors qu'il était Abou Soufian. Je pris une flèche de mon carquois et voulant le tuer, je me rappelai alors ces propos du Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue-. Je dus rendre la flèche au carquois, et ayant éprouvé un certain courage je m'avançai vers le camp ennemi, et j'entendis alors les hommes de Bani Amer dire l'un à l'autre: «Partons, cette place ne nous convient plus». J'entendis encore le vent souffler sur leur camp et les pierres qui s'abattaient sur leurs tentes et leurs bâts. Je retournai vers le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue-, et à mi-chemin, je vis une troupe de vingt cavaliers (des anges) couverts de turbans qui me dirent: «Va informer ton compagnon (le Prophète) que Dieu lui a suffi le mal des idolâtres». Je trouvai le Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- en train de prier. Par Dieu, à ce moment-là le froid me fit trembler. Le Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- me fit signe de sa main de m'approcher; il me donna alors une pièce d'étoffe et je m'y calfeutrai. Chaque fois qu'une affaire grave le tracassait, le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- recourait à la prière. Je lui fis un compte rendu en lui disant que les ennemis sont en train de s'apprêter à quitter le lieu. À cette occasion, Dieu fit cette révélation: «O croyants, proclamez les bienfaits d'Allah pour vous. Lorsque vous êtes assaillis, n'a-t-il pas envoyé à votre secours un vent et des troupes invisibles? Allah vous regardait alors agir». «Vos yeux étaient hagards. L'émotion étranglait vos gorges. Vous faites sur Allah toutes sortes de suppositions» Les fidèles ce jour-là, avaient tellement peur qu'ils ressentaient que leurs yeux se détournaient et les cœurs remontaient dans la gorge, et il y avait ceux qui imaginaient des choses à propos de Dieu, et que les croyants allaient subir un grand revers. Citons à titre d'exemple Mouattab Ben Qouchaïr qui disait: «Mouhammad nous a promis de s'emparer des trésors de Cosroës et César, alors que nul parmi nous ne peut quitter le lieu pour aller satisfaire ses besoins naturels». Mais les fidèles étaient toujours convaincus que la promesse faite par le Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- se réalisera et ils auront la victoire sur les idolâtres. Abou Saïd Al-Khidri rapporte: «Lors de la bataille du fossé (Al-Khandaq) nous dîmes: «Ô Envoyé de Dieu, y a-t-il une certaine invocation à dire alors que les cœurs sont remontés aux gosiers?». Il répondit: «Dites: «Grand Dieu, dissimule nos défauts et assure-nous contre la terreur.» Dieu alors envoya un vent impétueux qui frappa l'ennemi et le mit en déroute».

Verset 11

En cette circonstance, les croyants subirent une rude épreuve. Ils tremblaient de tous leurs membres.

Verset 12

Les hypocrites et ceux qui manquaient de courage disaient alors: «Allah et son Prophète nous ont fait de fausses promesses». Alors que les coalisés idolâtres assaillaient Médine de toutes parts, et les musulmans éprouvaient une dure épreuve du moment que le Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- se trouvait parmi eux, ébranlés et peureux, les hypocrites jouèrent un grand rôle et firent circuler ces propos: «Allah et son Prophète nous ont fait de fausses promesses». Car étant avec le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- ils crurent qu'ils vont courir un certain danger de la part des polythéistes.

Verset 13

Une partie des compagnons du Prophète gémissaient: «O Médinois, vous êtes en péril. Rentrons chez nous». Quelques-uns demandèrent l'autorisation au Prophète de partir en disant: «Nos maisons sont sans défense». Ce n'était pas vrai que leurs maisons étaient sans défense mais ils voulaient fuir. Il s'agit des Bani Haritha, d'après Ibn Abbas, qui avaient peur que leurs maisons soient exposées au vol et au pillage, car personne ne les défendait. Mais Dieu leur répondit: «Ce n'était pas vrai que leurs maisons étaient sans défense, mais ils voulaient fuir».

Verset 14

Si l'ennemi avait envahi Médine et qu'ils avaient été sollicités de pactiser avec lui, ils n'auraient pas hésité longtemps. Ceux qui prétendaient que leurs maisons étaient sans défense et qu'ils devaient rentrer pour les protéger, si l'ennemi avait envahi la ville de tous les côtés, puis qu'on leur eût demandé de renier leur foi, ils n'auraient pas tardé à le faire, et si l'ennemi leur avait sollicité de combattre à son côté contre le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- ils auraient répondu à son appel tant était faible leur foi.

Verset 15

Cependant ils avaient promis à Allah de ne pas fuir. Il est demandé compte de toute promesse faite à Allah. Dieu leur rappelle aussi le pacte qu'ils avaient conclu avec Lui qu'ils affronteraient l'ennemi quelles que soient les circonstances, et Il leur dit qu'il sera demandé compte du pacte de Dieu.

Verset 16

Dis: Il est inutile de fuir la mort ou le combat. Si on les évite, c'est pour bien peu de temps. Puis Il leur fait savoir que leur fuite du combat ne pourrait en aucun cas retarder leur mort, mais plutôt il se peut que ce soit une raison pour les prendre à l'improviste. Et si cette mort sera retardée pour un certain temps, c'est pour les laisser jouir pour une courte durée après leur fuite et leur désertement.

Verset 17

Dis: Qui pourrait empêcher Allah de vous nuire ou de vous manifester sa grâce? En dehors d'Allah, point de protecteur ou d'allié pour l'homme.

Verset 18

Allah connaît ceux d'entre vous qui prêchent la défection, qui disent à leurs frères: «Restez avec nous», et qui évitent d'aller au combat. Ceux qui ne voulaient pas combattre dirent aux autres de les rejoindre pour jouir de l'ombre et des fruits en délaissant tout combat.

Verset 19

Ils sont avares de leur concours. Mais sont-ils eux-mêmes en danger? leurs yeux se font suppliants et se retournent comme ceux d'un agonisant. Quand le danger est passé, ils laissent aller leur mauvaise langue, inaccessibles qu'ils sont à tout sentiment de bonté. Ces gens-là manquent vraiment de foi. Allah les privera du bénéfice de leurs œuvres. Ça lui est facile. «Ils sont avares de leur concours» ne leur prodiguent ni bien ni compassion, ou d'après As-Souddy, ils ne donnent guère de leur butin de guerre. «Mais sont-ils eux-mêmes en danger? leurs yeux se font suppliants et se retournent comme ceux d'un agonisant» tellement étaient peureux et craintifs, les yeux révulsés comme ceux d'un moribond de peur de mourir. «Quand le danger est passé, ils laissent aller leur langue», c'est à dire: Une fois se trouvant en sécurité et la peur les abandonne, ils vous blessent avec des langues acérées en usant un style éloquent et une voix haute, prétendant être les plus vaillants et les plus aptes à accomplir les œuvres de bien, alors qu'en vérité, ils ne sont que menteurs. D'après Qatada, lors du partage du butin, ils se montrent avares et ne donnent que le peu de ce qu'il leur a été acquis alors que nous étions avec eux dans une même tranchée. Mais lors du combat et du danger, ils ne sont que des poltrons et n'accordent aucun secours, et en tout cas ils sont inaccessibles à tout sentiment de bonté, ils se montrent avares, menteurs et peureux, tout comme le poète a dit: En temps de paix, ils sont tels des ânes. En temps de guerre, ils sont tels des femmes à leurs menstrues. «Ces gens-là manquent vraiment de foi. Allah les privera du bénéfice de leurs œuvres» en les rendant vaines «Ça Lui est facile».

Verset 20

A cause de leur poltronnerie et leur peur «Ils croyaient que les coalisés n'étaient pas partis. Ces derniers seraient-ils revenus? qu'ils auraient préféré être au loin dans la campagne, ne s'intéressant à vous que pour quérir de vos nouvelles. S'ils s'étaient trouvés au combat avec vous, tiède eût été leur ardeur. A cause de leur poltronnerie et leur peur «Ils croyaient que les coalisés n'étaient pas partis» mais ils sont tout près d'eux. «Ces derniers seraient-ils revenus? qu'ils auraient préféré être au loin dans la campagne». S'ils pensent que les factions ne sont pas partis et s'ils revenaient, ils aimeraient être loin de vous au désert à la quête de vos nouvelles et ce qu'il y a eu entre vous et votre ennemi. «S'ils s'étaient trouvés au combat avec vous, très dit été leur foi», et n'auraient combattu que très peu avec vous à cause de la faiblesse de leur foi, et Dieu connaît leur intention et le degré de leur foi.

Verset 21

Le Prophète d'Allah est le plus bel exemple qu'il soit pour qui espère en Allah et dans le jour du jugement dernier et qui prie Allah avec dévotion. Ce verset incite et appelle les hommes à prendre le Prophète - qu'Allah le bénisse et le salue- comme exemple et de l'imiter en actes, paroles et agirs. Il est le bel exemple de patience, du militantisme, de vaillance etc... Ce verset fut adressé à ceux qui furent ébranlés et violemment éprouvés le jour du fossé. Il leur dit: Pourquoi n'avez-vous pas pris le Prophète comme exemple si vous recherchez la rencontre avec Dieu au jour de la résurrection en invoquant le Seigneur souvent?.

Verset 22

En revanche, quand les croyants virent les coalisés, ils s'écrièrent: «Voici que se réalise la promesse d'Allah et de son Prophète. Allah et son Prophète ont dit la vérité». Et ils redoublèrent de foi et de fidélité. Quant à ceux qui avaient la foi et espéraient la belle récompense au jour dernier, ils s'écrièrent: «Voici que se réalise la promesse d'Allah et de son Prophète. Allah et son Prophète ont dit la vérité». D'après Ibn Abbas, les croyants font allusion aux dires de Dieu: «La privation et les maladies ne les épargneront pas. Et ils furent ébranlés au point que le Prophète et ses compagnons s'écrièrent: Quand donc viendra le secours d'Allah? Courage; le secours d'Allah est proche» [Coran II, 214]. Cela signifie qu'après toute épreuve et tout revers, la victoire promise de Dieu ne tarderait pas à venir. «Et ils redoublèrent de foi et de fidélité» en se soumettant à la décision de Dieu et obtempérant à ses ordres et à l'obéissance au Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue-.

Verset 23

Après que les hypocrites aient trahi leur pacte conclu avec Dieu, il parle des croyants qui se sont persévérés dans le respect de ce pacte et de cet engagement envers Lui. Parmi ces derniers il y avait ceux qui ont atteint le terme de leur vie, et «d'autres attendent le même sort. Leur vaillance est restée intacte» tandis que leur attitude ne change pas ainsi que leur engagement est toujours respecté.

Verset 24

Quant aux circonstances de la révélation de ce verset, Thabet rapporte: «Anas Ben An-Nadar, mon oncle n'a pas pris part au combat de Badr avec le Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue-, et ceci lui pesa beaucoup en disant: «Je regrette bien mon absence le jour où le Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a livré bataille aux impies à Badr. Mais si Dieu me fera assister à un combat à côté au Prophète - qu'Allah le bénisse et le salue -, il verra certes que je serai ardent à la lutte». Or, il assista au combat de Uhud et voyant les musulmans prendre la fuite. Il s'avança alors le sabre en main et rencontra Sa'd Ben Mu'adh (Un des fuyards) et lui dit: «O Abu 'Amr, où vas-tu? moi je trouve qu'à Uhud on sent le parfum du Paradis». Puis il marcha au combat et fut tué». Il avait reçu quatre-vingt et quelques coups de lance, de sabre et de flèche, son cadavre ne fut reconnu que par sa sœur (ma tante Al-Rabi' Ben An-Nadar). C'est à son sujet que ce verset fut révélé: «Il y a des croyants qui ont tenu leurs engagements envers Allah. Certains sont morts au combat, d'autres attendent le même sort. Leur vaillance est restée intacte» (Rapporté par Ahmed, Muslim, Tirmidhi et An-Nasa'i). Ces hommes désignés par le verset, une partie d'entre eux ont été tués en martyrs, une autre attendant le même sort, et dont la plupart n'ont pas trahi le pacte conclu avec Dieu et avec son Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- comme ont agi les hypocrites. Dieu a dit à ce propos: «Allah récompensera les sincères pour leur sincérité. Il punira les hypocrites ou leur pardonnera». Il a éprouvé ses serviteurs par la peur et par l'ébranlement, afin de distinguer les croyants des hypocrites, les bons des mauvais, pour prix de leur sincérité après cette épreuve. Cette discrimination, bien qu'elle soit faite après épreuve, Dieu la connaît d'avance étant l'omniscient. Donc tout homme recevra sa rétribution selon son intention et son agir lors de ces épreuves. Et pourtant, Dieu est toujours le Miséricordieux et le Clément.

Verset 25

Après le vent impétueux que Dieu avait envoyé sur les coalisés qui avait arraché leurs tentes et éteint leur feu, ils durent mettre fin au blocus de Médine. Ce même vent n'a pas atteint les fidèles, car s'il les avait atteints, il aurait pu être plus fort que celui qui a été envoyé au peuple de 'Ad, mais Dieu a fait de la présence de son Prophète - qu'Allah le bénisse et le salue- parmi les croyants une miséricorde venue de Lui, comme Il a dit ailleurs: «Allah ne saurait punir les hommes pendant que tu es parmi eux» [Coran VIII, 33]. Dieu a rendu les idolâtres déçus et perdants sans tirer profit de ce qu'ils attendaient, ils n'ont pu ni réaliser une victoire sur les fidèles, ni retourner avec un butin de quoi que ce soit, et au jour du jugement dernier, ils subiront le châtiment qui leur est réservé à cause de leur rébellion contre le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- et leur lutte contre lui. «Allah épargna la lutte aux croyants», ils n'avaient plus besoin d'affronter les impies jusqu'à leur rentrée chez eux. Le Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- invoquait Dieu souvent par ces mots: «Il n'y a d'autre divinité que Lui, Il a réalisé sa promesse, secouru son serviteur, rendu ses soldats puissants et mis seul en déroute les factions. Rien n'existera après Lui». On a donné une autre interprétation à ce verset: «Allah épargna la lutte aux croyants» en disant: «C'était la fin de toute guerre entre les Qurayshites et les musulmans, et ceux-ci étaient ceux qui ont fait les expéditions et les conquêtes des autres pays. D'après l'histoire, le Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- attaquait les Qurayshites jusqu'à la conquête de La Mecque. «Allah est souverainement puissant» en donnant la victoire aux fidèles et mettant les idolâtres en déroute.

Verset 26

Nous avons déjà montré que lorsque les coalisés assiégèrent Médine, les Juifs de Bani Qurayza trahirent le pacte conclu avec le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue-. Huyayy Ben Akhtab fut à la tête de cette perfidie. Il alla trouver leur maître Ka'b Ben Asad et réussit après un long entretien à le convaincre de trahir le pacte. Ce dernier lui dit: «Malheur à toi! Je t'apporte le pouvoir absolu! voilà les Qurayshites qui sont venus, les notables et les rassemblements parmi eux, la tribu Ghatafan et autres. Ils ne quitteront ce lieu avant qu'ils ne tuent Muhammad et ses compagnons». Ka'b lui répondit: «Tu ne m'as apporté que l'humiliation de l'époque». Mais Huyayy ne désespéra pas, et cette réponse ne le détourna pas de son dessein et put à la fin arriver à son but.

Verset 27

Cette trahison fut dure pour le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- et les musulmans. Après la défaite des coalisés et la victoire accordée aux fidèles, le Messager entra à Médine plein de triomphe et de gloire, et les hommes posèrent les armes. Se trouvant chez sa femme Umm Salama pour faire une lotion après cette bataille. Gabriel vint le trouver, portant à la tête un turban de brocart, monté sur une mule dont les selles étaient de velours, et lui dit: «O Envoyé de Dieu! As-tu posé les armes?» -Oui, répondit-il. Et Gabriel de rétorquer: «- Mais les anges n'ont pas posé les siennes. Je viens de cesser à cet instant la poursuite des coalisés. Dieu t'ordonne d'aller attaquer les Bani Qurayza». Le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- se leva et ordonna aux fidèles de poursuivre les juifs de Qurayza qui étaient à quelques miles de Médine, après que les musulmans eurent fait la prière du midi. Il leur dit: «Que nul parmi vous ne fasse la prière de l'asr qu'après avoir atteint les habitations de Bani Qurayza». Chemin faisant, l'heure de la prière de l'asr sonna, quelques-uns l'accomplirent en disant: «Le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- n'a voulu de sa recommandation que de hâter le pas pour atteindre ces gens-là». D'autres dirent: «Nous ne l'accomplirons qu'après notre arrivée à la destination désignée». Le Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- n'a adressé aucun reproche ni aux uns ni aux autres, et il les suivit. Avant son départ, le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- avait confié Médine à Ibn Umm Maktum et donné l'étendard à Ali Ben Abi Talib. Les musulmans assiégèrent les Bani Qurayza pendant vingt-cinq nuits. Ceux-ci, éprouvant une grande peine à supporter cet état de siège, firent connaître au Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- qu'ils sont prêts à accepter la décision de Sa'd Ben Mu'adh, le maître de la tribu Aws, à leur égard. A savoir que les Aws étaient les alliés des Bani Qurayza du temps de la Jahilia. Le Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- convoqua Sa'd pour décider du sort des juifs, et Sa'd arriva de Médine, monté sur son âne. Ses concitoyens le suppliaient d'être clément à l'égard des Bani Qurayza en lui disant: «O Sa'd, sois clément envers eux, ils ne sont que tes alliés et protégés». Sa'd garda toujours le silence, mais vu l'insistance des siens, il leur répondit: «Il est temps que Sa'd ne craigne pour Dieu le blâme de celui qui blâme». Les gens constatèrent alors qu'il prononcera pour l'extermination des juifs. Etant tout près de la tente du Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue-, celui-ci dit aux hommes; «Levez-vous pour votre maître». Les hommes se levèrent et lui cédèrent la place qui lui est digne par respect et vénération et dans le but que sa décision soit plus considérée et plus dure. Après avoir gagné sa place, le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- lui dit: «Ces gens-là (les juifs) acceptent ta décision que tu vas prendre à leur égard. C'est à toi de décider». Et Sa'd de répondre: «Ma décision sera-t-elle acceptée?» Oui, répondit le Prophète. Sa'd de rétorquer: «Ainsi par rapport à celui qui occupe cette tente? (sous-entendant le Prophète)». -Oui. - Et aussi par rapport à tous ceux qui sont là?. -Oui. Sa'd prononça alors son verdict: «J'ordonne de tuer les hommes et de prendre en captivité leurs familles et de s'emparer de leurs biens». Et le Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- de s'écrier: «Tu as prononcé le verdict de Dieu du dessus des sept cieux». Le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- ordonna alors de creuser des tranchées où les hommes de Bani Qurayza furent enterrés après leur exécution. Leur nombre variait entre sept cents et huit cents, leurs familles furent prises en captivité et leurs biens confisqués. Les juifs à cette époque s'étaient réfugiés dans leurs citadelles et forteresses, et Dieu dit à leur égard: «Allah chassa de leurs citadelles les gens d'Ecriture venus en aide aux coalisés». Il s'agit ici de Bani Qurayza qui faisaient partie des juifs dont leurs ancêtres avaient habité le Hijaz, voulant par leur présence obéir au Prophète qui fut mentionné dans leur Pentateuque. Mais ceux-là ont agi autrement en secourant les coalisés contre les musulmans et violant le pacte conclu avec le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue-. Leur sort fut tel qu'il est cité dans ce verset: «Vous en avez tué une partie et vous en avez capturé une autre. Allah vous envoya en possession de leurs pays, de leurs maisons et de leurs richesses et de territoires où vous n'aviez jamais abordé.» Ces territoires signifient Khaybar ou La Mecque ou les pays de Perse et des Romains, selon les différents dires des exégètes. «Allah est tout-puissant» et fait ce qu'Il veut.

Verset 28

Dieu ordonne à Son Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- de proposer à ses femmes ou bien la séparation à l'amiable ou de vivre avec lui une vie ascétique se privant de tout le luxe du siècle et alors elles auront la belle récompense dans la vie future. Elles furent toutes unanimes à opter pour la deuxième proposition. Dieu alors leur rassembla les biens des deux mondes. A cet égard 'Aicha -que Dieu l'agrée- rapporte: «Lorsque le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- reçut l'ordre d'offrir à ses épouses le choix, il vint me dire: «Je vais t'entretenir d'une affaire, mais ne te hâte pas de me répondre avant que tu n'aies consulté tes père et mère». Or il savait bien que ni mon père ni ma mère ne m'ordonneraient de me séparer de lui. Il ajouta: «- Dieu a dit: «O Prophète, dis à tes épouses: «Si vous recherchez les plaisirs et l'éclat du monde...». Je lui répondis: «A quoi bon de consulter mon père et ma mère, puisque ce que je désire c'est Dieu, Son Envoyé et la vie future?». Puis ce fut de même avec les autres épouses.

Verset 29

Dans une autre version rapportée par Ahmed, Jaber raconte: «- Abu Bakr vint demander l'autorisation d'entrer chez le Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- alors que les fidèles étaient assis à sa porte. Cette autorisation ne lui fut pas accordée. Et ce fut de même avec 'Umar qui vint pour le même but. Plus tard, il fut permis à Abu Bakr et à 'Umar d'entrer et ils trouvèrent le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- entouré de ses femmes. Remarquant le Prophète - qu'Allah le bénisse et le salue- qui gardait le silence, 'Umar se dit: «Par Dieu, je vais lui parler afin de le faire rire». Il lui dit: «O Messager de Dieu, si ma femme - la fille de Zayd- m'avait demandé les dépenses d'entretien, je lui aurais tranché la tête». Le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- rit alors à pleine gorge et répondit: «celles qui m'entourent m'avaient demandé la même chose». Abu Bakr se leva alors pour punir 'Aicha, et Umar de même pour corriger Hafsa, en leur disant: «Vous demandez les dépenses d'entretien du Prophète - qu'Allah le bénisse et le salue- alors qu'il ne possède rien de ce qu'il va donner?» Mais le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- empêcha l'un et l'autre de punir leurs filles. Celles-ci s'écrièrent alors: «Par Dieu, nous ne lui demanderons quoi que ce soit s'il ne le possède après ces réprimandes». Dieu fit descendre à cette occasion le verset qui consiste à proposer aux épouses du Prophète de choisir entre la vie austère et ascétique qu'il menait et la séparation. Il commença par proposer cela à 'Aicha (...) Le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- dit à la fin: «Dieu m'a envoyé comme maître qui facilite les choses et non comme un rabroueur. Par Dieu, si l'une d'elles m'avait fait savoir ce qu'elle avait choisi, je lui aurais répondu». «... Venez, je vous paierai une indemnité et je vous répudierai dignement» en vous donnant vos droits que je vous dois. Ikrima, à ce propos, a avancé que le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- vivait à cette époque avec neuf femmes dont cinq étaient des Qurayshites: ('Aicha, Hafsa, Umm Habiba, Sawda et Umm Salama) -que Dieu les agrée- et les quatre autres étaient: Safiyya Bint Huyayy de la tribu An-Nadir (une juive d'origine) Maymuna Bint Al-Harith de la tribu Hilal, Zaynab Bint Jahsh de la tribu Asad et Juwayriyya Bint Al-Harith de la tribu al-Mustaliq (une juive), -que Dieu les agrée toutes et les satisfasse.

Verset 30

Dieu dans ce verset exhorte les femmes du Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- qui avaient préféré la vie conjugale avec lui, à ne plus commettre un acte immoral, qui signifie, d'après Ibn Abbas, l'insubordination et le mauvais caractère. Cette condition n'implique pas la réalisation de cet acte, tout comme Dieu a dit dans l'autre verset, à titre d'exemple: «Si tu es polythéiste, tes actions sont vaines, tu seras certainement perdant» [Coran XXXIX, 65], en s'adressant au Prophète. Mais comme leur place est distinguée par rapport aux autres femmes, le châtiment dut être de la même importance, c'est pourquoi Dieu a dit: «Si quelqu'une d'entre vous commet un péché, Allah doublera sa peine», c'est à dire dans les deux mondes. «Ça Lui est facile».

Verset 31

Puis Dieu parle de sa générosité et de son équité, Il a dit: «Celle d'entre vous qui se soumettra à Allah et à son Prophète» en obéissant à ses ordres «nous doublerons sa récompense. Nous lui réserverons une bienheureuse existence», car elles seront avec le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- dans la place la plus élevée au Paradis, au-dessus des demeures des autres fidèles, et cette place est la plus rapprochée du trône.

Verset 32

Dieu ordonne aux femmes du Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- de Le craindre comme il se doit, car elles ne sont plus comparables aux autres tant qu'à leur place, et grâce à leur vertu et leur savoir. «Ne vous montrez pas trop complaisantes dans vos propos» une expression qui signifie d'après As-Souddy: Ne parlez pas aux hommes sur un ton aimable en vous rabaissant dans vos propos, car cela pourrait susciter la convoitise de celui dont le cœur est malade. «soyez décentes dans vos propos». Ce qui signifie d'après Ibn Zaid: dites des choses qui incitent au bien et sur un ton franc et net, car vous vous entretenez avec des étrangers et ne les traitez pas comme une femme qui parle avec son mari.

Verset 33

«Restez dans vos foyers» et ne les quittez que pour un besoin pressant tel que la prière dans la mosquée en observant les conditions de la vertu. A ce propos, le Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit: «N'empêchez pas les servantes de Dieu de se rendre à la mosquée, et qu'elles s'y rendent sans être en parfaite toilette ni parfumées». Anas rapporte que des femmes vinrent trouver le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- et lui dirent: «O Messager de Dieu, les hommes se sont emparés (de la récompense) du Jihad et de la supériorité (sur les femmes). Devrons-nous accomplir un autre devoir pour avoir les mérites de ceux qui combattent dans la voie de Dieu?» Il leur répondit: «Celle d'entre vous qui garde- ou un mot semblable- sa maison aura atteint le degré des combattants dans la voie de Dieu». (Rapporté par Al-Bazzar). Dans un autre hadith, le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit: «La prière que fait une femme dans son alcôve est meilleure que celle qu'elle fait dans son appartement, et celle faite dans son appartement est meilleure que celle faite dans sa demeure». «Rompez avec les coquetteries du temps de l'Ignorance». En commentant ce verset, Moujahid a dit: «Du temps de la Jahilia - l'ignorance, la femme marchait devant les hommes - pour être vue-, voilà le sens du mot coquetterie». Quant à Mouqatel, il a dit: «La coquetterie consiste à ôter le voile ou le laisser flotter sur sa tête sans le bien attacher, et alors il laisse voir ses colliers, ses boucles d'oreille et autres parures». A l'origine, cet ordre désignait les femmes du Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue-, mais plus tard, il concerne toutes les musulmanes quant à la façon de leur parure. «Observez la prière, faites l'aumône et obéissez à Allah et à son Prophète». Dans la première partie du verset, «Rompez avec les coquetteries...», Dieu exhorte les femmes à éviter tout mal, et dans la deuxième, Il leur ordonne de faire le bien qui consiste à s'acquitter des prières, en adorant le Seigneur seul, à faire les actes de charité tel que l'aumône aux pauvres, et à être soumises au Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue-. «Allah n'a pas d'autre dessein que de préserver sa famille des souillures du monde et de lui assurer une pureté parfaite». Allah est secourable et sait tout» C'est à dire: Les femmes du Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- n'ont atteint cette place remarquable que grâce à Ses bienfaits et générosité.

Verset 34

«Conformez-vous aux versets qu'on récite dans vos maisons ainsi qu'aux préceptes de sagesse» Cela signifie: Retenez tout ce que Dieu révèle à son Prophète du Coran et conformez-vous à ses gestes et paroles qui constituent la sunna. Rappelez-vous toujours de ce bienfait dont vous êtes gratifiées en dehors des autres femmes. On a rapporté que 'Aicha -que Dieu l'agrée- fut désignée en particulier, car le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- ne recevait souvent la révélation que lorsqu'il se trouvait chez elle. Et 'Aicha fut pour les futurs savants de l'Islam une source pour la connaissance du Coran, des hadiths et des pratiques de l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue-. «Allah est secourable et sait tout» C'est à dire: Les femmes du Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- n'ont atteint cette place remarquable que grâce à Ses bienfaits et générosité. Ibn Jarir a confirmé cela en disant: Rappelez-vous les bienfaits de Dieu en faisant de vous des épouses où les versets et la sagesse ne furent révélés que dans vos maisons. Soyez donc reconnaissantes envers Lui, car Il est subtil et bien informé de tout.

Verset 35

Oum Salama avait dit au Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue-: «Pourquoi les hommes sont les seuls qui sont mentionnés dans le Coran en dehors des femmes». Dieu à cette occasion fit descendre ce verset. On peut déduire de ce verset que la foi est différente de la soumission (à savoir que: musulman signifie le soumis à Dieu), car la première est plus spécialisée comme on le trouve dans ce verset: «Les bédouins disent: «Nous croyons». Réponds: «Vous ne croyez pas. Dites plutôt: Nous sommes soumis» [Coran XLIX, 14]. Il est cité dans le Sahih que le Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit: «L'homme ne commet pas l'adultère quand il est croyant», car ce grand péché le prive de la foi sans qu'il soit incrédule d'après l'avis unanime des ulémas. La dévotion signifie l'obéissance à Dieu en toute humilité. Elle signifie aussi la piété qui est un stade d'où on arrive à être soumis, et qui vient après la foi. La sincérité n'est qu'une qualité très appréciée et louée, elle est aussi un signe de la foi, tandis que l'hypocrisie ne provient que du mensonge. Il est dit dans un hadith: «soyez sincères, car la sincérité mène à la piété». La patience, quant à elle, consiste à supporter les malheurs et endurer avec constance, d'être convaincu que la destinée sera réalisée sans aucun pouvoir de la repousser. Car la patience consiste à supporter le mal au premier choc, dont son début est le plus difficile, puis il commence à rétrograder. L'humilité est la sérénité, la tranquillité, la dignité et la modestie, dans la crainte de Dieu. Il est dit dans un hadith: «Adore Dieu c'est comme tu le vois, si tu ne Le vois pas, certes, Lui te voit». La charité c'est de donner aux pauvres et nécessiteux qui sont privés des moyens de subsistance. Parmi les sept que Dieu les protégera sous son ombre au jour de la résurrection, d'après un hadith authentifié, il y a ceux qui font l'aumône, et dans un autre, il est dit: «L'aumône éteint, le péché, comme l'eau éteint le feu». Le jeûne (ou comme il est cité dans la traduction du verset: l'abstinence) est la purification du corps de tout ce qui le nuit comme déchets organiques. D'après Ibn Joubayr: «Ceux qui jeûnent le mois de Ramadan et trois jours de chaque mois, seront de cette catégorie.» Comme le jeûne est le facteur de rompre le désir, le Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit: «Ô jeunes gens, celui parmi vous qui peut assurer le ménage, doit se marier, car le mariage éteint les regards lascifs et préserve la chasteté. Celui qui n'est pas apte au mariage, qu'il jeûne car le jeûne lui sera un calmant.» (Rapporté par Boukhâri et Mouslim). La chasteté est l'interdiction de tout ce que Dieu a prohibé comme relations charnelles. Il a dit dans un autre verset: «Ceux qui sont chastes, et qui n'ont de rapports qu'avec leurs femmes et leurs esclaves, rapports non blâmables» [Coran LXX, 29, 30]. Enfin «ceux qui ne cessent d'invoquer le nom d'Allah». A cet égard Mou'adh Ben Jabal rapporte que le Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit: «Vous dirai-je quelles sont vos œuvres les meilleures, les plus pures au regard de Dieu et qui assurent le plus haut degré, qui sont pour vous meilleures que le négoce de l'or et l'argent et l'affrontement de votre ennemi pour le tuer ou pour qu'il vous tue?». Les compagnons répondirent: «Si ô Envoyé de Dieu». Il répliqua: «En bien c'est la mention de Dieu à Lui la puissance et la gloire» (Rapporté par Ahmed). Dans un autre hadith, il est dit: «Celui qui éveille sa femme la nuit et font tous deux une prière de deux rak'ates, seront parmi ceux et celles qui invoquent souvent Dieu». Et dans un troisième hadith, il est rapporté qu'un homme demanda au Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue-: «Quel est parmi les combattants dans la voie de Dieu qui aura la plus grande récompense?». Il lui répondit: «C'est celui qui invoque souvent Dieu». Il lui redemanda: «Et parmi les jeûneurs?». - Celui qui invoque souvent Dieu. Puis il a mentionné la prière, la zakat, le pèlerinage et l'aumône, et le Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- répondit toujours: «Celui qui invoque souvent Dieu». Abou Bakr dit alors à 'Omar: «Ceux qui invoquent Dieu et Le mentionnent se sont emparés de la récompense». Et le Prophète de rétorquer: «Certes».

Verset 36

Il ne convient pas aux croyants et aux croyantes, quand Allah et son Prophète ont pris un parti, de suivre leur propre impulsion. Quiconque désobéit à Allah et à son Prophète est dans une erreur manifeste. (36). Ibn Abbas raconte que le Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- donna en mariage Zaïnab Bent Jahch à Zaïd Ben Haritha, mais elle répugna cela prétendant qu'elle jouit d'une lignée meilleure que la sienne. Dieu alors fit cette révélation. (A savoir que Zaïnab était la fille de la tante maternelle du Prophète, et Zaïd son esclave affranchi). Quant à Abdul-Rahman Ben Aslam, il a dit qu'il fut révélé au sujet de Oum Koultoum la fille de 'Ouqba Ben Abi Mou'ait. Elle était la première femme qui a fait l'hégire à Médine après le pacte de Houdaybya. Elle s'est offerte au Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- qui accepta sa proposition en la donnant en mariage à Zaïd Ben Haritha après sa séparation de Zaïnab. Elle et son frère furent très irrités à cause de cette décision en disant: «Nous voulions le Messager de Dieu, mais il nous donne en mariage à son esclave». Dans une troisième version, l'Imam Ahmed rapporte que Anas a raconté: «Le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- demanda à un homme des Ansars (Médinois) de donner sa fille en mariage à Joulaïbib, il lui répondit qu'il va consulter d'abord sa mère. L'homme se rendit chez sa femme et l'informa de la proposition du Messager de Dieu, mais celle-ci refusa catégoriquement en s'écriant: «Non, par Dieu, le Messager De Dieu n'a-t-il pas trouvé un autre que Joulaïbib pour notre fille, du moment que nous avons refusé tel et tel». La fille était alors dans son alcôve écoutant cette conversation. Comme le père voulait retourner chez le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- pour le mettre au courant de leur refus, la fille l'arrêta et lui dit: «Voulez-vous refuter une telle proposition faite par l'Envoyé de Dieu? non, s'il désire que cela soit fait, alors ne refusez pas sa demande». La fille a agi de sorte qu'elle décline toute responsabilité de ses parents. Son père lui répondit: «Tu as raison», et il se rendit chez l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- pour lui faire connaître leur consentement en lui disant: «si telle est ta décision, nous l'avons acceptée». Il lui répliqua: «Certes, c'est mon désir». Le mariage fut conclu. A la suite d'une attaque contre Médine, Joulaïbib monta son cheval pour repousser les ennemis et fut tué, alors que certains parmi eux furent tués à leur tour par lui». Taous avait demandé Ibn Abbas au sujet de deux rak'ates qu'on prie après celle prescrite de l'asr, Il lui répondit par la négative en récitant ce verset: «Il ne convient pas aux croyants et aux croyantes...» jusqu'à la fin. Que ce soit l'une ou l'autre raison, ce verset a une portée générale qui consiste à accepter tout choix dans une affaire pris par Dieu et son Prophète, et nul ne doit le refuter. Dieu a dit à cet égard: «Non, par ton Maître, ces gens-là ne pourront se dire croyants que lorsqu'ils t'auront fait juge de leurs différends et auront accepté sans ressentiment tes sentences, et s'y seront entièrement soumis» [Coran IV, 65]. Et il est dit dans un hadith: «Par celui dont mon âme est entre ses mains, nul d'entre vous n'est croyant que lorsque sa passion soit conforme à ce que j'ai apporté». Celui qui désobéit à Dieu et à Son Envoyé s'égare totalement, et pour le mettre en garde, Dieu a dit: «Que ceux qui contreviennent à ses ordres se méfient! Un malheur ou un châtiment terrible peuvent les frapper» [Coran XXIV, 62].

Verset 37

Dieu ordonne à son Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- de dire à son protégé et affranchi Zaïd Ben Haritha, que c'est Lui qui lui a accordé le bienfait de l'Islam qu'il a embrassé en suivant le Messager, et ce dernier l'a comblé de son bienfait qui était son affranchissement, car Zaïd fut un homme remarquable à cette époque et le bien-aimé du Prophète. A ce propos 'Aicha -que Dieu l'agrée- a rapporté: «Le Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- n'a envoyé une troupe sans mettre à sa tête Zaïd. Si ce dernier avait vécu après le Prophète, il aurait été désigné comme son calife». Le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- avait donné en mariage Zaïnab Bent Jahch, la fille de sa tante paternelle et lui a donné comme dot une somme de dix dinars, de soixante dirhams, un voile, une couverture et un bouclier. Ils vécurent ensemble une année ou plus, puis un malentendu surgit entre les deux conjoints, et Zaïd se dirigea chez le Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- pour se plaindre auprès de lui. Il lui ordonna: «Garde ton épouse et crains Dieu». Dieu le blâma en lui disant: «Tu caches dans ton cœur ce qu'Allah tient à divulguer. Tu redoutes l'opinion publique, tu ferais mieux de redouter Allah». Ibn Abi Hatem rapporte d'après 'Ali Ben Zaid Ben Jad'an, que 'Ali Ben Al-Houssein lui demanda de lui interpréter le dire de Dieu: «Tu caches dans ton cœur ce qu'Allah tient à divulguer». Je lui donnai mon avis. Il répliqua: «Non, ce n'est pas la vraie interprétation; Dieu le Très Haut voulut informer son Prophète que Zaïnab sera l'une de ses épouses avant qu'il ne se marie avec elle. Quand Zaïd vint se plaindre, il lui répondit: «Garde ta femme et crains Dieu». C'est comme Dieu voulut le blâmer en lui disant: «Je t'ai informé que tu vas la prendre comme épouse et tu caches en toi-même ce que J'allais rendre public». «Quand Zaïd fut las de sa femme, nous te l'avons donnée en mariage». Cela signifie: Lorsque Zaïd eut assez d'elle, cessa tout rapport conjugal, et se sépara d'elle, Dieu lui la donna en mariage. On a avancé que Le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- se maria avec elle par une inspiration de Dieu sans qu'il y ait eu dot, ni tuteur, ni contrat, ni témoins parmi les humains. A ce propos, Anas - que Dieu l'agrée- a rapporté: «Après l'écoulement de la période de viduité de Zaïnab, le Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- dit à Zaïd: «Va chez elle et mentionne-moi auprès d'elle». Zaïd partit chez elle et la trouva en train de pétrir le pain. Il raconta: «En la voyant, elle devint très chère à moi à tel point que mes regards ne pouvaient la voir et de la mettre au courant du désir de l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue-». Je lui tournai le dos et lui dis: «O Zaïnab, aie cette bonne nouvelle. Le Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- m'envoya te dire qu'il ne cesse de t'évoquer». Elle me répondit: «Je ne ferai rien tant que je n'ai pas reçu l'ordre de Dieu». Elle se leva ensuite pour gagner son sanctuaire. Après la révélation du verset précité, le Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- se rendit chez elle et entra sans demander d'autorisation. Lors de la cérémonie des noces, le Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- prépara un repas auquel il invita les hommes en leur offrant le pain et la viande. Ils demeurèrent à la maison du Prophète s'entretenir. Le Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- les quitta et sortit, quant à moi je le suivis. Il fit le tour des appartements de ses autres épouses pour les saluer. Celles-ci lui demandèrent: «O Messager de Dieu, comment tu as trouvé ta nouvelle épouse?». Je ne me rappelle plus ce que fut sa réponse, et je l'informai que les hommes viennent de quitter la maison. Il se rendit alors chez Zaïnab, et comme je voulus entrer avec lui, un rideau fut interposé entre nous. Le verset concernant le voile fut descendu et les gens reçurent cette recommandation: «O croyants, n'entrez chez la demeure du Prophète que s'il vous a invités» [Coran XXXIII, 53]. Zaïnab Bent Jahch, comme a rapporté Anas, s'enorgueillissait sur les autres épouses du Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- en disant: «Ce sont vos parents qui vous ont données en mariage, quant à moi c'est Dieu qui m'a donné cela du dessus de sept cieux». «... Pour qu'il ne soit plus interdit aux musulmans d'épouser les femmes abandonnées par leurs fils adoptifs». Dieu a donc permis d'épouser les femmes des fils que les hommes avaient adoptés sans aucun empêchement, car le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- avait adopté avant la prophétie Zaïd Ben Haritha, et on l'appelait: Zaïd le fils de Mouhammad. Lorsque Dieu a mis fin à cette adoption en disant: «Il n'a pas assimilé vos enfants adoptifs à vos enfants légitimes» le mariage conclu entre le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- et Zaïnab Bent Jahch après sa répudiation de Zaïd fut plus que confirmé. Et dans une autre sourate, Il a dit: «Il vous est également interdit d'épouser les femmes de vos fils» [Coran IV, 25] en parlant des interdictions, pour permettre le mariage avec les femmes des fils adoptifs. «Les arrêts d'Allah sont inéluctables». Cette affaire qui a eu lieu fut décrétée par Dieu dont les ordres sont toujours réalisés.

Verset 38

Le Prophète ne doit pas éprouver de scrupules quand Allah a décidé une chose. C'est la règle imposée par Allah à tes prédécesseurs. Les arrêts d'Allah sont calculés d'avance (38). Nul grief n'est fait au Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- en obtempérant aux ordres de son Seigneur en se mariant avec Zaïnab la femme répudiée de son fils adoptif Zaïd, car ceci a été réalisé conformément à la coutume instituée par Dieu pour ceux qui vécurent autrefois. Les Prophètes auparavant n'avaient qu'à obéir à Dieu en exécutant Ses ordres. Ceci fut en réponse aux hypocrites qui trouvaient dans ce mariage une atteinte à la dignité du Prophète - qu'Allah le bénisse et le salue-. Car tout ce que Dieu décide arrivera sûrement et rien ne l'empêchera.

Verset 39

Dieu fait l'éloge des Prophètes qui ont transmis fidèlement les messages et n'ont craint que le Seigneur seul, sans être empêchés par d'autres hommes très puissants. Dieu suffit comme secoureur et défenseur. Quant à notre Prophète Mouhammad -qu'Allah le bénisse et le salue-, il a transmis le message de Dieu à la perfection aux hommes dans les quatre coins du monde, ainsi ses compagnons -que Dieu les agrée- ont accompli la tâche après lui, en rapportant aux hommes ce qu'étaient ses actes, ses paroles et son comportement les jours et les nuits, dans ses voyages et dans sa résidence, en cachette et en public. Les hommes d'aujourd'hui ne font que suivre cette lumière propagée par ces derniers. Et ils sont tenus de suivre cette lumière pour être bien dirigés. Le Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit: «Que l'un d'entre vous ne méprise pas soi-même quand il s'agit d'un ordre divin en s'abstenant de donner son avis, car Dieu lui dira: «qu'est-ce qui t'a empêché de donner ton avis?» Il lui répondra: «O Seigneur, j'ai redouté les gens». Et Dieu de lui répliquer: «C'est Moi plutôt que tu devais craindre et redouter».

Verset 40

«Non, Mouhammad n'est le père d'aucun d'entre vous», en mettant fin aux dires des hommes que Zaïd est le fils de Mouhammad. A savoir qu'aucun des fils du Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- n'a survécu pour atteindre l'âge de puberté. Il a eu de Khadija: Al-Qassem; Al-Tayyeb et Al-Taher qui moururent en bas âge. Il a eu également Ibrahim de Marie la copte qui mourut aussi étant nourrisson. Quant à ses filles, il a eu quatre de Khadija qui sont: Zaïnab, Rouqaya, Oum Koultoum et Fatima -que Dieu les agrée tous. De son vivant, trois filles trépassèrent, et seule Fatima survécut mais elle ne tarda à mourir six mois après son père. «Il est le Prophète d'Allah et le dernier des Prophètes. Allah sait tout». Ce verset montre clairement qu'il n'y aura aucun Prophète après lui. Dans la tradition, on trouve plusieurs hadiths relatifs à ce sujet en voici quelques-uns à titre d'exemple: - Oubay Ben Ka'b rapporte que le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit: «Les Prophètes qui m'ont précédé et moi nous ressemblons à un homme qui a bâti une demeure, l'a embellie et parée, à l'exception d'une place d'une tuile qu'il a laissée vide. Les gens sont venus tourner autour de cette demeure qui l'ont admirée en disant: «Pourquoi n'a-t-on pas placé cette tuile?» Or c'est moi la tuile» (Rapporté par Ahmed et Tirmidzi). Anas Ben Malek - que Dieu l'agrée- rapporte que le Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit: «Le message et la prophétie ont cessé, et, après moi, il n'y aura ni Messager ni Prophète». Comme ces propos eurent un mauvais effet sur les hommes, il poursuivit:«Mais il n'y aura que les «moubachchirates». Ils lui demandèrent: «Qu'est-ce que les moubachchirates, ô Envoyé de Dieu?». Il répondit: «C'est la vision (pieuse) qu'un musulman puisse voir et elle est une partie de la prophétie» (- Rapporté par Ahmed et Tirmidzi). - Joubayr Ben Mout'im rapporte avoir entendu le Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- dire: «J'ai d'autres noms: Je suis Mouhammad, Ahmed, Al-Mahi par qui Dieu efface l'incrédulité, Al-Hacher au pied de qui les hommes seront rassemblés et Al-'Aqeb qu'aucun Prophète ne viendra après moi» (Rapporté par Boukhari, Mouslim et Tirmidzi). Ce fut une grâce divine d'envoyer notre Messager Mouhammad comme une miséricorde pour les hommes en faisant de lui le dernier des Prophètes et parfaisant la religion droite. Dieu a montré dans le Coran qu'aucun Prophète ne viendra après lui, et quiconque prétendra l'être ne sera qu'un imposteur.

Verset 41

Dieu ordonne à Ses serviteurs de L'invoquer et Le mentionner en toutes circonstances, car c'est bien Lui qui leur a accordé ses bienfaits, et ils auront, contre cette louange et cette glorification, une belle récompense.

Verset 42

Abdullah Ben Bichr rapporte que deux bédouins vinrent trouver le Messager de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - et l'un d'eux lui dit: «O Messager de Dieu, quel est le meilleur des hommes?». Il lui répondit: «C'est celui qui jouit d'une longévité et fait des bonnes œuvres». Le deuxième lui demanda à son tour: «O Messager de Dieu, les lois de l'Islam sont devenues très nombreuses. Indique-moi une à laquelle je m'attacherai». Il lui répliqua: «Que ta langue ne cesse d'invoquer le nom de Dieu» (Rapporté par Ahmed, Tirmidzi et Ibn Maja).

Verset 43

Dans un autre hadith, le Messager de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - a dit: «Des hommes ne se réunissent dans une assemblée sans invoquer le nom de Dieu, sans que cela ne leur soit une source de regret au jour de la résurrection. Dieu n'a imposé à Ses serviteurs un devoir prescrit sans qu'il ne soit limité, même Il excuse ceux qui ne s'en acquittent pas pour des raisons quelconques sauf la mention et l'invocation dont Dieu n'a fixé aucune limite et nul n'aura une excuse pour l'avoir négligé. Il a dit: «mentionnez le nom d'Allah, debout, assis ou couché» [Coran IV, 103] aussi bien pendant le jour que la nuit en voyage et en résidence, à l'état de gêne et d'aisance, étant sain ou malade, en cachette et en public et en toutes circonstances. Une fois que les hommes ont invoqué le nom de Dieu, Dieu et ses anges prient pour eux. Le Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit: «Dieu le Très Haut a dit: «Celui qui m'invoque dans son for intérieur, je le mentionnerai dans Mon for intérieur, et celui qui Me mentionne dans un public, Je le mentionnerai dans un public aussi bien meilleur». La prière de Dieu pour son serviteur est un éloge auprès de ses anges. D'autres ont dit que la prière est une miséricorde divine. Quant à celle des anges, elle signifie les invocations et la demande du pardon pour eux, tout comme Dieu a dit ailleurs: «Ceux qui portent le trône et l'entourent exaltent les louanges de leur Seigneur, croient en Lui et implorent le pardon pour tous les croyants; «Seigneur, disent-ils, ta miséricorde et ta science s'étendent à toutes choses. Pardonne à ceux qui se repentent et suivent ton enseignement. Préserve-les du supplice de l'Enfer» [Coran XL, 7]. «Ils prient pour vous tirer des ténèbres à la lumière», grâce à Sa miséricorde, à Son éloge et aux invocations des anges en votre faveur, Il vous fait sortir des ténèbres de l'égarement et la perdition vers la lumière de la bonne voie et la certitude dans les deux mondes. «Allah est plein d'indulgence pour les croyants». Dans le bas monde, Il leur a montré le chemin de la vérité plein de lumière, duquel Il a égaré les incrédules. Quant à Sa miséricorde dans l'au-delà, ce sera leur assurance contre la grande frayeur au jour de la résurrection, en ordonnant à Ses anges d'accueillir les croyants par le mot: «Paix» et leur annonçant le Paradis Comme récompense. Omar Ben AL-Khattab rapporte que le Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- vit une femme des captives de guerre serrer son fils contre sa poitrine pour l'allaiter. Il dit à ses compagnons: «Pensez-vous que cette femme va jeter son fils dans le feu? Alors qu'elle en est capable de le faire?». Ils répondirent: «Certes non, ô Messager de Dieu». Il reprit: «Par Dieu, Dieu est plus clément envers ses serviteurs que cette femme envers son fils» (Rapporté par Boukhari).

Verset 44

«Ils seront accueillis par le mot: Paix». Dieu les saluera par le mot: «paix» quand Il les rencontrera, comme Il a dit: «Paix sera le mot de bienvenue de votre Maître miséricordieux» [Coran XXXVI, 58]. Quant au commentaire de Qatada, il est le suivant: «Le jour où les croyants rencontreront Dieu, les uns salueront les autres par le mot: Paix, et ceci fut soutenu par Ibn Jarir. «Il leur prépare une belle récompense», qui sera le Paradis et ce que Dieu leur y a préparé comme: nourriture, boisson, vêtements, demeures, femmes pures, délices et paysages, ce qu'un œil n'a jamais vu, oreille n'a entendu et esprit humain n'a imaginé.

Verset 45

O Prophète, nous t'avons envoyé comme témoin, annonciateur de la bonne nouvelle et prédicateur.

Verset 46

Nous t'avons envoyé pour gagner les hommes à Allah avec son aide. Tu es la lumière qui brille.

Verset 47

Annonce aux croyants qu'ils trouveront auprès d'Allah d'abondantes faveurs.

Verset 48

N'écoute pas les infidèles et les hypocrites. Dédaigne leurs injures. Fie-toi à Allah, qu'Allah te suffise comme protecteur. Ata ben Yassar raconte: «Je rencontrai Abdullah Ben Amr Ben Al-As et lui dis: «Informe-moi au sujet de la description du Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- telle qu'elle est mentionnée dans le Pentateuque». Il répondit: «Sûrement. Sa description dans le Pentateuque est telle qu'une partie mentionnée dans le Coran selon ce verset: «O Prophète, nous t'avons envoyé comme témoin, annonciateur de la bonne nouvelle et prédicateur», et un refuge pour les illettrés. Tu es Mon serviteur et Mon Messager, je t'ai appelé Al-Moutawaqel (qui se fie à Dieu), ni dur, ni grossier ni vociférateur dans le marché. Tu ne repousses pas le mal par le mal, mais tu pardonnes et tu es clément. Dieu ne le rappelle à Lui avant qu'il ne redresse la religion déformée, et jusqu'à ce que les hommes témoignent qu'il n'y a d'autres divinités que Dieu. Grâce à lui, Dieu ouvre des yeux fermés, des oreilles sourdes et des cœurs scellés». Wahb Ben Mounabbah a dit: «Dieu le Très Haut inspira à l'un des Prophètes de Bani Israël, appelé Chéya (Josué) de haranguer les fils d'Israël, car: Je te ferai dire des révélations, que Je vais envoyer un Messager illettré parmi les illettrés. Il n'est ni rude, ni grossier ni vociférateur dans le marché. En vertu de sa clémence s'il passe par un cierge il ne saurait l'éteindre. S'il marche sur les roseaux aucun bruit ne se fera entendre. Je l'envoie en tant qu'annonciateur de la bonne nouvelle et comme avertisseur. Il ne prononce aucune futilité. Grâce à lui, J'ouvrirai des yeux fermés, des oreilles bouchées et des cœurs scellés. Je le dirige vers toute bonne affaire, lui offre tout bon caractère et la tranquillité comme un vêtement, la piété comme emblème, la crainte de Dieu comme conscience, la sagesse comme paroles, la sincérité et la loyauté comme nature, le pardon comme qualité, la vérité comme loi, l'équité comme comportement, la bonne voie comme chemin, l'Islam comme religion. Il se nomme Ahmed, par lequel je dirige après égarement, enseigne après ignorance, élève après paresse, pour être reconnu après reniement, augmente après pénurie, enrichis après indigence, réunis après séparation, console l'entente après dispersion, rallie des cœurs après animosité, sauve de la perdition une grande partie des hommes, fais de sa communauté la meilleure suscitée parmi les autres pour ordonner le bien et déconseiller le répréhensible, en tant que monothéistes sincères et fidèles, croyant en tout ce que mes Prophètes ont apporté, en leur inspirant la glorification, les louanges et la proclamation de Mon Unicité dans les mosquées comme dans leurs assemblées, prient debout et assis, combattent dans mon sentier en rangs et en rampant, quittent leurs pays à la recherche de Ma satisfaction, purifient leurs visages et leurs membres (dans leurs ablutions), font don de leur sang, leur évangile conservé dans leur cœur, moines la nuit et lions le jour. Je fais des membres de sa famille et de leurs progénitures les premiers parmi les hommes, les martyrs et les bons serviteurs. Sa communauté après lui guidera les autres vers la voie droite et jugera d'après la loi. Je rendrai puissant quiconque les secourra et j'appuierai ceux qui M'invoqueront en leur faveur, je ferai le sort douloureux contre ceux qui s'opposeront à eux ou seront injustes à leur égard, ou ceux qui s'empareront d'eux quoi que ce soit. Je ferai d'eux les successeurs des Prophètes, qui appelleront à leur Seigneur, qui ordonneront le bien et interdiront le répréhensible, qui feront la prière et s'acquitteront de la zakat, qui respecteront leurs pactes et engagements, et grâce à eux J'achèverai le bien comme Je l'ai débuté. Telles sont Mes grâces que Je donne à qui Je veux, et c'est Moi qui accorde les grandes grâces». Ibn Abbas rapporte: «Après la révélation de ce verset: «Ô Prophète, nous t'avons envoyé...» Le Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- envoya Ali et Mouadz au Yemen et leur recommanda: «Partez! annoncez de bonnes nouvelles et ne laissez pas les gens vous fuir, rendez les choses faciles et ne créez pas des difficultés. Dieu m'a révélé: «Ô Prophète nous t'avons envoyé comme témoin, annonciateur de la bonne nouvelle et prédicateur». Le terme «comme témoin» signifie: attestant de l'unicité de Dieu et il n'y a d'autre Dieu hormis Lui, et comme témoin contre les hommes et de leurs œuvres, comme Dieu a dit: «Lorsque toi-même tu te dresseras contre eux comme témoin» [Coran IV, 41]. Tu annonces aux hommes qu'ils auront le Paradis comme récompense, et comme avertisseur pour les mettre en garde contre le châtiment terrible de Dieu. «Nous t'avons envoyé pour gagner les hommes à Allah» en les appellant à l'adoration de Dieu seul. «Tu es la lumière qui brille» qui signifie que ton appel est tellement clair comme le soleil qui brille où nul ne pourrait le renier à l'exception des rebelles et des impies. «N'écoute pas les infidèles et les hypocrites. Dédaigne leurs injures» ne leur obéissez pas et ne prête pas attention à leur méchanceté, plutôt pardonne-leur et passe outre de tout ce qu'ils complotent contre toi, et fie-toi à Allah qui les jugera.

Verset 49

Ce verset comporte plusieurs sentences et règles, entre autres on cite: La considération du contrat seul comme étant un vrai mariage, et on ne trouve pas dans tout le Coran un autre verset qui soit plus clair que celui-ci, en se basant sur les dires de Dieu: «avant de consommer le mariage». En vertu de ce verset on peut répudier les femmes avant de consommer le mariage. Bien que Dieu a mentionné la femme croyante, il ne faut pas distinguer entre une femme de condition libre musulmane et une autre des gens du Livre d'après l'avis unanime des ulémas. Selon Ibn Abbas et une foule des exégètes, il n'y a répudiation s'il n'y a mariage, car Dieu a dit: «si vous concluez une union et que vous répudiez votre femme avant de consommer le mariage». Donc tout divorce doit être toujours précédé par un mariage, d'après Ach-Chafei et Ahmed Ben Hanbal. Quant à Malek et Abou Hanifa, ils ont avancé qu'un divorce pourrait précéder un mariage, tel le cas d'un homme qui dit par exemple: «Si je me marie d'avec une telle elle est répudiée». Dans ce cas s'il se marie d'avec elle, elle sera considérée comme répudiée ipso facto en se basant sur son vœu. Mais la majorité des ulémas ont riposté que cela n'est plus agréé en se référant au verset précité. Ibn Abbas a répondu aux derniers en disant: «Lorsque l'homme dit que toute femme que je me marie d'avec elle est répudiée, ses paroles n'ont aucun effet, car Dieu a dit: «O croyants, si vous concluez une union et que vous répudiez votre femme avant de consommer...» Ne voyez-vous pas que la répudiation n'aura lieu qu'après mariage?» Et dans le même sens, Amr Ben Chouaîb rapporte d'après son grand père que le Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit: «Le fils d'Adam n'a pas le droit de répudier celle qui ne possède pas». «Vous n'avez pas le droit de lui imposer une retraite» d'après l'avis unanime des ulémas, toute femme répudiée avant la consommation du mariage n'est pas tenue de passer une période de viduité pour pouvoir se remarier, toutefois il y a une exception à cette règle qui concerne la femme qui a perdu son mari (la veuve) qui doit passer cette période même si son mariage n'a pas été consommé. «Consolez-la en lui faisant un don» Le don cité dans ce verset n'est pas limité à la moitié de la dot si celle-ci ne lui a pas été fixée. Dieu a dit à cet égard: «Il vous est permis de répudier les femmes avec qui vous n'aurez pas consommé le mariage et à qui vous n'aurez pas fixé la dot. Mais adoucissez leur déception par un présent, dont l'importance variera suivant que vous serez riche ou pauvre. C'est là une obligation morale pour les gens de noble caractère» [Coran II, 236]. Il est cité dans le Sahih de Boukhari d'après Sahl Ben Sad que le Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- avait épousé Ournaima Bent Charahbil. La nuit des noces, il lui tendit la main mais elle le repoussa en éprouvant une certaine aversion. Il ordonna alors à Abou Oussaïd de lui donner le trousseau et deux vêtements, et il la répudia. En commentant le verset précité, Ali ben Abi Talha a dit: «Si l'homme avait fixé la dot à sa femme répudiée, il devra lui donner la moitié si le mariage n'est pas consommé. Au cas où cette dot n'a pas été fixée, il lui désigne une certaine somme suivant sa capacité».

Verset 50

Dieu a rendu à Son Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- licites les femmes auxquelles a fixé une dot, à savoir que celle-ci n'a pas dépassé les douze onces et demie d'argent, sauf Oum Habiba que le roi de l'Éthiopie, Négus, la dota de quatre cent dinars, et Safia Bent Houyay qui était une femme parmi les captives, il lui a rendu sa liberté en l'affranchissant, et ceci constituait sa dot. Quant à Jouwaïrya Bent Al-Hareth de Bani Al-Moustafaq, qui était une affranchie contractuelle, il a payé le prix de son affranchissement qui fut sa dot, et l'épousa. «... Et les captives qu'Allah t'a livrées». Dieu a permis au Prophète d'avoir des esclaves prises des captives de guerre pour en faire des concubines. Parmi elles figuraient Safia et Jouwaïrya, comme il a été cité auparavant, puis Rayhana Bent Chamoun de Bani An-Nadir et Marie la copte. «Nous te permettons d'épouser les filles de tes oncles et de tes tantes paternels et maternels...» À cette époque, les chrétiens ne se mariaient qu'avec les femmes dont une parenté remontant à sept pères et plus les séparait. Quant aux juifs, il était permis à l'un d'entre eux d'épouser la fille de son frère ou de sa sœur. La loi musulmane vient abroger les lois suivies par les uns et les autres, en permettant d'épouser les filles des oncles et tantes paternels, pour abroger le degré de parenté et abolir les habitudes des chrétiens, ainsi que la loi juive qui permettait une chose odieuse. Ibn Abi Hatem rapporte que Oum Hane a dit: «Le Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue-, voulant se fiancer à moi, je m'excusai et il accepta mes excuses. Dieu à cette occasion fit descendre ce verset: «Ô Prophète, nous déclarons licites les unions... jusqu'à la fin». Puis elle ajouta: Je ne lui étais pas licite étant donné que je n'avais pas fait la hégire avec lui, mais j'étais des libérés». La hégire signifie l'émigration de La Mecque à Médine. «... Et si tu le désires, toute croyante qui t'aura donné son cœur. C'est là un privilège que nous te conférons à l'exception des autres croyants». Cela signifie qu'il était permis au Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- de prendre comme épouse toute croyante si elle s'offrait à lui sans lui donner une dot, s'il le voulait. À cet égard, Sahl Ben Sad As-Saïdi raconte: «Une femme vint trouver le Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- et lui dit: «Ô Messager de Dieu, je t'offre ma personne». Elle demeura longtemps sans recevoir sa réponse. Un homme se leva alors et dit: «Ô Messager de Dieu, si tu ne veux pas l'avoir comme épouse, donne-la à moi en mariage». Il lui demanda: «As-tu quelque chose pour lui donner comme dot?». - Non, répondit l'homme, je n'ai que mon izar que voici. Le Messager de Dieu répliqua: «Si tu le lui donnes, tu restes sans izar, essaye de trouver autre chose». Et l'homme de rétorquer: «Je ne possède rien». - Essaye d'en trouver ne serait-ce qu'une bague en fer». Comme l'homme n'en fut lui assurer quoi que ce soit, le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- lui dit: «Retiens-tu quelques sourates du Coran?». -Oui, dit l'homme, je retiens telle et telle sourate et telle. Il lui cita les sourates qu'il connaît par cœur. Et le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- de lui dire enfin: «Je te la donne en mariage contre ce que tu connais du Coran» (Rapporté par Boukhari, Mouslim et Ahmed). Aicha -que Dieu l'agrée- a dit que Khawla Bent Hakim était la femme qui s'est offerte au Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue-, et elle était une femme vertueuse. Mais d'autres ont rapporté que plusieurs étaient celles qui avaient donné leur cœur au Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue-. Et Ibn Abbas d'affirmer: «Le Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- ne s'est marié d'avec aucune de ces femmes-là, même si cela lui était permis, car tout dépendait de sa volonté». En commentant les paroles divines: «C'est là un privilège que nous te conférons à l'exception des autres croyants», Ikrima a dit: «La femme qui donne son cœur au Prophète, n'est plus permise à un autre que lui. Lorsqu'une femme s'offre à un homme, elle ne lui est permise tant qu'il ne lui donne pas la dot après la consommation du mariage». Quant à l'interprétation de Qatada, elle est la suivante: «Il n'est pas permis à une femme qui donne son cœur à un homme sans qu'il y ait un tuteur légal et une dot, exception faite pour le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue-». «Nous n'oublions pas les règles que nous leur avons prescrites à l'égard de leurs épouses et de leurs esclaves». On entend par cela que l'homme ne peut avoir plus que quatre femmes à la fois en dehors des esclaves dont leur nombre est illimité. Dans chaque mariage, il doit y avoir un tuteur légal, une dot fixée et des témoins. Mais le Prophète - qu'Allah le bénisse et le salue- en était exempt, et ceci afin qu'il n'y ait sur lui aucune charge embarrassante.

Verset 51

Dieu a donné le choix au Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- d'épouser celle qu'il voulait parmi les femmes qui s'étaient offertes à lui, ou de la faire attendre. Il pouvait aussi reprendre celle qu'il a délaissée pour l'héberger, et il n'y a là aucun reproche à lui adresser. Ach-Cha'bi a dit: «Il s'agit des femmes qui s'étaient offertes au Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue-. Il a épousé une partie d'elles et fait attendre d'autres qui demeuraient sans mariage après lui, et Oum Charik était l'une d'elles. Mais d'autres exégètes ont avancé que ce verset a donné la liberté au Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue-, sans aucun reproche, de se marier avec qui il veut, faire attendre qui il veut, d'avoir des rapports avec qui il veut etc... Quant à lui, il consacrait à chacune de ses femmes un jour déterminé afin d'être équitable. Les Chaféites et autres ont répondu que ce partage ne lui était pas d'obligation en vertu de ce verset. A ce propos, Boukhari rapporte que 'Aicha a dit: «Le Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- demandait l'autorisation de chacune de ses femmes pour se rendre chez une autre après la révélation de ce verset: «Tu laisseras celle que tu voudras et tu prendras celle que tu voudras...» On dit à Aicha: «Que disais-tu à cet égard?» Elle répondit: «Si cela dépendait de moi, j'aurais voulu que le Messager de Dieu demeure avec moi tout le temps sans cohabiter avec aucune des autres épouses». «Ainsi tes femmes accepteront mieux leur destin, ne récrimineront pas et seront satisfaites de ce que tu leur accordes». C'est à dire: Lorsque les femmes sont au courant que Dieu ne te reproche rien une fois ce partage fait selon ton désir, qui est une option et non une obligation, elles seront satisfaites, ne ressentiront aucun chagrin et reconnaîtront ton équité à leur égard. Car Dieu sait ce qui est dans les cœurs des hommes en préférant des femmes à d'autres étant charmés par la beauté ou autre cause. 'Aicha rapporte: «Le Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- partageait les nuits entre ses épouses avec équité et disait: «Grand Dieu, voilà mon comportement vis-à-vis de ce que je possède, ne me reproche pas à cause de ce que Tu possèdes et je ne le possède pas». Il s'agit du cœur.

Verset 52

Il ne t'est plus permis désormais de prendre d'autres femmes, ni d'échanger celles que tu as, même si tu étais attiré par la grâce de certaines d'entre elles. Tu peux avoir d'autres captives. Allah veille à tout. Ce verset constitue une grande considération que Dieu avait conférée aux femmes du Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- pour avoir opté pour son Messager et la vie future. Car on a avancé auparavant que le Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a donné le choix à ses femmes de rester avec lui en supportant la vie austère ou de demander le divorce, et elles ont toutes à l'unanimité opté pour demeurer avec lui. Et pour parachever Sa grâce envers elles, Dieu a interdit au Prophète d'épouser d'autres ou de changer l'une d'elles. Mais plus tard, cette interdiction fut levée, et le Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- de sa part n'en a pas abusé afin que ses femmes restassent reconnaissantes envers lui. A cet égard, 'Aicha a rapporté: «Dieu a permis au Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- d'épouser la femme qu'il voulait, jusqu'à sa mort». Ibn Abi Hatem rapporte que Oum Salama a dit: «Le Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- ne mourut avant que Dieu ne lui ait rendues licites toutes les femmes sauf celles dont la loi l'interdisait. Tel est le sens des dires de Dieu: «Tu laisseras celle que tu voudras...». Ce verset abroge celui qui s'ensuit. D'autres ont dit: «Il faut interpréter ce verset: «Il ne t'est plus permis désormais de prendre d'autres femmes» de la façon suivante: Il ne t'est plus permis d'épouser d'autres femmes que celles que nous avons déjà montrées, à savoir: tes femmes auxquelles tu as donné leur douaire, les captives que Dieu t'a destinées, les filles de tes oncles et tantes paternels et maternels, et celles qui se sont offertes à toi. Ibn Jarir apporte d'après Ziad qu'un homme des Ansars demanda à Oubay Ben Ka'b: «Que penses-tu si toutes les femmes du Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- étaient mortes, n'aurait-il pas le droit de se remarier?». Il lui répondit: «Et qu'est-ce qu'il l'en empêche?». L'Ansarien répliqua: «Les dires de Dieu: «Il ne t'est plus permis désormais de prendre les femmes...» Oubay rétorqua: «Dieu lui a permis de se marier d'avec certaines femmes en lui disant: «O Prophète, nous déclarons licites tes unions avec les femmes que tu as dotées...», puis il lui dit: «Il ne t'est plus permis...» De sa part, Ibn Abbas a commenté le verset sus-mentionné et a précisé que Dieu a ordonné au Prophète de n'épouser que le croyantes, c'est à dire les musulmanes. Puis il a récité: «Celui qui nie les commandements de la foi perd le bénéfice de sa bonne conduite» [Coran V, 5].

Verset 53

Ô croyants, n'entrez pas dans la demeure du Prophète que s'il vous a invités à partager sa nourriture. Évitez de vous y trouver à l'heure du repas. Lorsque vous êtes invités, présentez-vous et, après avoir mangé, retirez-vous, sans vous livrer à des conversations familières. Car cela pèse au Prophète. Il n'ose pas vous le dire, mais Allah n'hésite pas à dire la vérité. Si vous demandez quelque chose à ses femmes, isolez-vous d'elles par un voile. Vos cœurs et les leurs se conserveront plus purs. Évitez d'offenser l'Envoyé d'Allah. N'épousez pas les femmes qui auront partagé sa couche. Ce serait un péché impardonnable aux yeux d'Allah. Ce verset, d'après les exégètes, est celui qui impose aux femmes du Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- de porter le voile, et il y a là des règles et de sentences de politesse légale. Dans ce verset, Dieu avertit les hommes d'entrer dans les demeures du Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- sans son autorisation, comme ils faisaient du temps de l'ignorance et au début de l'Islam, afin de respecter le caractère sacré des maisons. Puis Dieu fait exception à cela en ajoutant: «que s'il vous a invités à partager sa nourriture». Dans une autre traduction du verset, il est dit: «sans être là à attendre sa cuisson» qui veut dire: N'attendez pas que le repas soit préparé pour saisir cette occasion et entrer, car Dieu répugne cela. «Lorsque vous êtes invités, présentez-vous et, après avoir mangé, retirez-vous». Il est cité dans un hadith authentifié que le Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit: «si on m'invitait à prendre un bras d'un mouton (rôti), j'aurais répondu à cette invitation. Et si on m'offrait un pied de mouton, je l'aurais accepté. Lorsque vous terminez le repas dispersez-vous, car votre présence pourrait gêner votre hôte. C'est pourquoi Dieu a dit ensuite: «sans vous livrer à des conversations familières», comme il en fut de ceux qui sont demeurés chez le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- lors du repas des noces. «Car cela pèse au Prophète. Il n'ose pas vous le dire» en vous chassant de chez lui à cause de sa pudeur, et il répugna à vous le demander. «Mais Allah n'hésite pas à dire la vérité», c'est pourquoi il vous interdit d'agir ainsi. Ibn Abbas a dit que ce verset fut révélé au sujet d'un homme qui pensait à épouser une des femmes du Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- après sa mort. Les ulémas s'accordent que toute femme qui avait partagé la couche du Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- sera interdite à quiconque après lui, car elles seront ses épouses dans la vie future comme elles l'étaient dans le bas monde, et en plus elles sont considérées comme étant les mères des croyants. Dieu montre la gravité de ce faire en disant: «Ce serait un péché impardonnable».

Verset 54

Ce que vous laissez paraître au grand jour et ce que vous cachez, Allah le sait. C'est à dire, ce que vous faites en public et ce que vous dissimulez dans votre for intérieur, Dieu le sait, car «Allah surprend les regards indiscrets et les secrets des cœurs» [Coran XL, 19].

Verset 55

Dieu, après avoir imposé aux femmes du Prophète - qu'Allah le bénisse et le salue - de se voiler devant les hommes, a fait exception de certains qu'Il a énumérés dans le verset précité, tout comme Il a dit ailleurs en parlant de la parure des femmes en général: «... de ne laisser voir les parties découvertes de leur corps qu'à leurs époux, à leurs père et mère, aux père et mère de leur époux etc...» [Coran XXIV, 31]. «Leurs amies» qui sont les femmes musulmanes croyantes» «et leurs esclaves» femelles et non les mâles, comme on l'a commenté auparavant. «Qu'elles craignent Allah! Allah est témoin de tout» de ce qu'elles font en cachette et en public, car Il voit tout.

Verset 56

Abou Al-'Alya, comme a rapporté Boukhari, a dit que la prière de Dieu pour son Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- signifie l'éloge, et celle des anges est leur invocation en sa faveur. Pour Ibn Abbas cette prière est leur bénédiction. Et Soufian de dire à son tour: La prière de Dieu est sa miséricorde, et celle des anges la demande du pardon pour lui. Que ce soit l'un ou l'autre, Dieu fait savoir à Ses serviteurs la place qu'Il réserve à Son Prophète auprès de Lui, qui sera la plus élevée dans «L'Illiyine». Il fait son éloge devant les anges les plus rapprochés de Lui, et ceux-ci à leur tour prient pour lui. Il ordonne également aux habitants de la terre de prier pour lui et de le saluer, afin que cela lui soit fait dans les deux mondes: céleste et terrestre. Ibn Abbas rapporte: «Les fils d'Israël avaient demandé à Moïse que Dieu le salue-: «Ton Seigneur prie-t-Il?». Dieu à ce moment l'interpella: «O Moïse, ils viennent de te demander si Je prie? réponds-leur: «Oui. Mes anges et Moi, prions pour les Prophètes et les Messagers», Dieu fit descendre sur Son Prophète: «Allah et ses anges prient pour le Prophète. O croyants, priez pour lui et louez-le».

Verset 57

Dieu menace ceux qui font tort à Lui et à Son Prophète, en commettant toute interdiction à Ses prescriptions, ou en nuisant au Prophète soit en paroles soit en actes. Il est cité dans les deux Sahih d'après Abou Houraira, que le Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit: «Dieu - à Lui la puissance et la gloire- dit: «Le fils d'Adam Me nuit, il injurie le temps, or le temps c'est Moi, Je fais succéder les nuits aux jours» (Rapporté par Boukhari, Mouslim et Nassaï). Du temps de la Jahilia (l'ignorance) les hommes disaient souvent: «Quel mauvais destin» ou «que ce temps soit maudit». Ils imputaient tout cela au temps et l'injuriaient, ignorant que l'auteur de ces événements est Dieu -à lui la puissance et la, gloire-. Bien que Ibn Abbas précise que le verset précité fut révélé au sujet de ceux qui ont critiqué le mariage du Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- d'avec Safia Bent Houyay Ben Akhtab, mais il s'avère qu'il a une portée plus générale et touche quiconque nuit au Prophète en quoi que ce soit. Car obéir au Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- c'est obéir à Dieu.

Verset 58

«Ceux qui offensent sans motif les croyants ou les croyantes» en leur attribuant des choses qu'ils ne les ont pas faites«endossent une lourde responsabilité et subiront un châtiment atroce» Pour commettre un tel péché, il suffit à un homme de leur imputer ce qu'ils n'ont pas commis en forgeant de mensonges sur eux pour les dénigrer. Entrent dans cette catégorie, ceux qui mésestiment les compagnons de l'Envoyé de Dieu en leur imputant des choses dont ils en sont innocents. Ils les décrivent autrement que Dieu en a parlé d'eux. Dieu dit de leur puissance et la gloire- a fait savoir qu'il est satisfait des Mouhajirines et des Ansariens et les a loués. Mais ces ignorants les ont insultés et dénigrés en racontant d'eux des choses qu'ils n'ont pas commises. En vérité, ces hommes-là, les ignorants, louent ceux qui sont méprisés et méprisent ceux qui sont loués. 'Aicha -que Dieu l'agrée- rapporte que le Messager de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue- a dit à ses compagnons: «Quelle est la plus grave usure aux yeux de Dieu?». Ils répondirent: «Dieu et Son Messager sont les plus savants». Il répliqua: «La plus grave usure est l'attentat à la pudeur d'un musulman», puis il récita: «Ceux qui offensent sans motif les croyants ou les croyantes endossent une lourde responsabilité et commettent un énorme péché» (Rapporté par Ibn Abi Hatem)

Verset 59

Dieu ordonne à son Prophète - qu'Allah le bénisse et le salue - de demander aux croyantes, surtout ses femmes et ses filles, en vertu de leur place, de se couvrir de leurs voiles, car cela est plus à même de les faire reconnaître des autres femmes impies (ou selon une autre interprétation: de rapprocher un pan de leur vêtement, qui est comme un izar, de leur visage). Ibn Abbas a dit: «A celles qui sortent de leurs maisons, parmi les musulmanes, Dieu ordonne de se couvrir les visages par leurs «jalabibs» (qui est un vêtement long et large tel un abaya) et de ne laisser montrer qu'un seul œil». Une interprétation soutenue par Mouhammad Ben Sirine. Oum Salama, de sa part, a dit: «Lorsque ce verset fut révélé, les femmes Ansariennes sortirent de chez elles telles de corbeaux à cause de leur jilbab qu'elles portaient sur leurs têtes». Soufian Al-Thawri a commenté cela en disant: «Il n'y a aucun mal à regarder une femme et sa parure parmi les gens du Livre, mais cela fut interdit aux croyants de peur de la séduction et de la tentation, et non pas à l'égard de leur caractère sacré, en se basant sur les dires de Dieu «et aux croyantes». As-Souddy a dit: «Parmi les pervers de Médine, il y avait des hommes qui sortaient la nuit une fois l'obscurité enveloppant la ville, pour se montrer devant les habitantes de Médine. Comme les sentes de cette ville sont étroites, les femmes de Médine sortaient pour satisfaire leur besoin, et étaient contraintes à le faire dans des lieux proches. Ces pervers les guettaient, et quand ils apercevaient des femmes qui portaient des jilbabs, ils savaient qu'elles sont des femmes libres de condition et les laissaient. Quant à l'esclave qui ne portait pas le jilbab, ils l'attaquaient. Dieu a pardonné à ceux-là car ils vivaient dans l'ignorance et n'avaient aucune mention de tout cela.

Verset 60

Mais il menace les hypocrites qui montraient leur foi et dissimulaient l'incrédulité et les «sceptiques», qui sont, d'après Ikrima et d'autres, fornicateurs. «Les alarmistes de Médine» signifient les hommes qui disaient aux habitants de Médine: l'ennemi fait son apparition, ou la guerre est proche, rien que pour les effrayer, alors ce qu'ils racontaient n'était que mensonge. Tous ces hommes-là s'ils ne se tiennent pas tranquilles «nous te lâcherons contre eux» en te donnant sur eux pleins pouvoirs, «et les jours qu'il reste à passer près de toi sont comptés» C'est à dire: ils ne demeureront à Médine qu'une courte durée, puis ils seront chassés de cette ville. Ils seront pris et massacrés sans merci. Telle fut la règle de Dieu à l'égard de ceux qui vécurent autrefois et qui furent hypocrites et incrédules sans revenir sur leur rébellion. Les croyants auront le pas sur eux, car de cette façon Dieu a agi à leur égard.

Verset 61

Dieu a pardonné à ceux-là car ils vivaient dans l'ignorance et n'avaient aucune mention de tout cela. Mais il menace les hypocrites qui montraient leur foi et dissimulaient l'incrédulité et les « sceptiques », qui sont, d'après Ikrima et d'autres, fornicateurs. « Les alarmistes de Médine » signifient les hommes qui disaient aux habitants de Médine : l'ennemi fait son apparition, ou la guerre est proche, rien que pour les effrayer, alors ce qu'ils racontaient n'était que mensonge. Tous ces hommes-là s'ils ne se tiennent pas tranquilles « nous te lâcherons contre eux » en te donnant sur eux pleins pouvoirs, « et les jours qu'il reste à passer près de toi sont comptés » C'est à dire : ils ne demeureront à Médine qu'une courte durée, puis ils seront chassés de cette ville. Ils seront « maudits », bannis de la miséricorde, où qu'ils se trouvent, ils seront pris et massacrés sans merci.

Verset 62

Telle fut la règle de Dieu à l'égard de ceux qui vécurent autrefois et qui furent hypocrites et incrédules sans revenir sur leur rébellion. Les croyants auront le pas sur eux, car de cette façon Dieu a agi à leur égard. C'est la précédente pratique de Dieu dans les communautés passées à l'égard des hypocrites qui effrayaient les croyants avec leurs calomnies.

Verset 63

Dieu ordonne à Son Prophète, une fois demandé au sujet de l'Heure, de rendre sa science à Lui, mais Il l'a fait savoir, d'autre part, que sa survenue est proche « Il est possible qu'elle soit proche », tout comme Il a dit : « L'Heure du jugement dernier approche où la lune volera en éclats » [Coran LIV, 1] et aussi : « Proche est l'heure des comptes pour les hommes ; mais, insouciants, ils ne s'y préparent pas » [Coran XXI, 1]. Que les hommes donc ne hâtent pas l'arrivée de l'ordre de Dieu.

Verset 64

« Allah maudit les infidèles » en les éloignant de Sa miséricorde « et leur destine l'Enfer » dans la vie future où ils demeureront éternellement sans en pouvoir sortir.

Verset 65

Ils y demeureront éternellement. Ils ne trouveront « ni patrons ni sauveurs ». Personne ne serait capable de les secourir ou les délivrer de la Géhenne.

Verset 66

« Le jour où les flammes lècheront leur visage, ils s'écrieront : « - Quel regret de n'avoir pas obéi à Allah et à Son Prophète » ». Ils seront entraînés au feu sur leurs visages et seront retournés de tous les côtés dans le Feu, en s'écriant : « Malheur à nous ! Si seulement nous avions obéi à Dieu dans le bas monde » souhaitant être de vrais musulmans soumis à Dieu.

Verset 67

« Le jour où ils seront jugés, ils répondront : Ô Seigneur, nous avons obéi à nos princes et à nos dignitaires et ce sont eux qui nous ont détournés de la bonne direction ». Nos chefs et nos grands savants qui nous ont égarés.

Verset 68

Ils demanderont alors à Dieu d'infliger un double châtiment à ces gens-là et de les maudire. « Ô Seigneur, donne-leur un double châtiment » c'est-à-dire deux fois comme notre châtiment « et maudis-les d'une grande malédiction » avec de nombreuses malédictions équivalant au nombre de châtiments.

Verset 69

En interprétant ce verset, Abou Houraira rapporte que le Messager de Dieu a dit : « Moïse -que Dieu le salue- était un homme très pudique et qui aimait toujours se couvrir le corps. Un jour se trouvant seul, il se dévêtit, mit ses habits sur une pierre et se lava. Quand il eut achevé et qu'il s'avança vers ses vêtements pour les prendre, la pierre se mit à courir en les emportant jusqu'à arriver tout près de quelques-uns de Bani Israël qui purent le voir nu et constatèrent qu'il est le plus beau des êtres créés par Dieu. C'est ainsi que Dieu le justifia des calomnies répandues contre lui. La pierre s'arrêta, Moïse récupéra ses vêtements, s'habilla et commença à frapper la pierre. Par Dieu, à la suite de ces coups, on peut trouver sur elle trois ou quatre ou même cinq traces. Tel est le sens des dires de Dieu : « Ô croyants, n'imitez pas ceux qui ont calomnié Moïse. Allah l'a lavé de leurs injures. Moïse était apprécié par Allah ». » À savoir que les fils d'Israël avaient dit que Moïse était atteint d'un varicocèle (une sorte de hernie ombilicale). Abdullah Ben Mass'oud rapporte : « Un jour le Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- partagea le butin. Un homme des Ansariens se leva et dit : « Voilà un partage qui est fait sans vouloir la satisfaction de Dieu ». Je lui dis : « Ô ennemi de Dieu, je vais transmettre tes propos au Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- ». Une fois le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- mis au courant, son visage s'empourpra et dit : « Que Dieu fasse miséricorde à Moïse, on l'a calomnié par des propos plus durs que cela et il patienta ». » « Moïse était apprécié par Allah ». Cela signifie qu'il est plein de considération auprès de Dieu. D'après Al-Hassan, ses invocations étaient toujours exaucées. D'autres ont soutenu cette opinion et ont ajouté : « Grâce au rang qu'il occupait auprès de Dieu, il Lui demanda de faire de son frère Aaron un Prophète, et Dieu l'exauça ». Dieu a dit à cet égard : « Par un effet de notre grâce, nous lui adjoignîmes son frère Aaron comme Prophète » [Coran XIX, 53].

Verset 70

Dieu ordonne à Ses serviteurs de Le craindre et de L'adorer comme s'ils Le voient, et de parler avec droiture sans déviation. Il leur promet de les récompenser, d'amender leur situation et de leur accorder la réussite dans toutes leurs œuvres pies, et de leur pardonner tous leurs péchés précédents. « Celui qui obéit à Allah et à Son Prophète, s'assurera une félicité sans mélange ». Il sera à l'abri de la Géhenne et entrera à un Paradis où il trouvera un bonheur permanent. À ce propos, Abou Moussa Al-Ach'ari a dit : « Un jour, ayant fait la prière du midi en compagnie du Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue-, il nous dit de garder nos places en faisant signe de sa main. Puis il revint vers nous et dit : « - Dieu m'a ordonné de vous dire qu'il faut Le craindre et de parler avec droiture ». Ensuite il se dirigea vers les femmes et leur dit : « Dieu m'a ordonné de vous dire qu'il faut Le craindre et de parler avec droiture ». » Ikrima a dit qu'en prononçant : « qu'il n'y a d'autres divinités que Dieu », voilà comment on est droit dans ses propos.

Verset 71

Dieu ordonne à Ses serviteurs de Le craindre et de L'adorer comme s'ils Le voient, et de parler avec droiture sans déviation. Il leur promet de les récompenser, d'amender leur situation et de leur accorder la réussite dans toutes leurs œuvres pies, et de leur pardonner tous leurs péchés précédents. «Celui qui obéit à Allah et à son Prophète, s'assurera une félicité sans mélange». Il sera à l'abri de la Géhenne et entrera au Paradis où il trouvera un bonheur permanent. À ce propos, Abou Moussa Al-Ach'ari a dit: «Un jour, après avoir fait la prière du midi en compagnie du Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue-, il nous dit de garder nos places en faisant signe de sa main. Puis il revint vers nous et dit: «Dieu m'a ordonné de vous dire qu'il faut Le craindre et de parler avec droiture». Ensuite il se dirigea vers les femmes et leur dit: «Dieu m'a ordonné de vous dire qu'il faut Le craindre et de parler avec droiture». 'Ikrima a dit qu'en prononçant: «qu'il n'y a d'autres divinités que Dieu», voilà comment on est droit dans ses propos.

Verset 72

Nous avons sollicité les cieux, la terre et les montagnes de prendre la foi en dépôt. Ces éléments se sont refusés en tremblant. L'homme l'a acceptée par méprise et par ignorance. L'expression: «Prendre la foi en dépôt» signifie, d'après Ibn Abbas, l'obéissance que Dieu avait présentée aux cieux, à la terre et aux montagnes avant de la présenter à Adam, mais ils refusèrent de s'en charger. Dieu dit ensuite à Adam: «Je viens de proposer la foi en dépôt aux cieux, à la terre et aux montagnes, mais ils refusèrent de s'en charger, es-tu prêt pour cela?». -Seigneur, dit Adam, qu'en sera ma récompense? Dieu répliqua: «si tu la gardes comme il faut, je te rétribuerai, mais si tu la trahis, je te punirai». Adam s'en chargea. Tel est le sens des dires de Dieu: «L'homme l'a acceptée par mépris et par ignorance». Suivant une autre interprétation d'Ibn Abbas, il a dit que le dépôt de la foi signifie les prescriptions divines que Dieu avait proposées aux cieux, à la terre et aux montagnes qui refusèrent de l'accepter non par désobéissance mais parce qu'ils en ont été effrayés. Qatada, quant à lui, a précisé qu'il est la foi, les prescriptions et les peines. Zaid Ben Aslam, de sa part, a dit: «Le dépôt de la foi consiste en l'observance de ces trois: La prière, le jeûne et la lotion à la suite d'une impureté majeure». Que ce soit l'un ou l'autre, il n'y a aucune contradiction dans tout cela, comme a déduit l'auteur de cet ouvrage, car le dépôt de la foi consiste à s'acquitter de toutes les obligations cultuelles et à s'interdire de tout ce que Dieu a prohibé. Si l'homme observe cela avec zèle, il sera récompensé, et s'il les enfreint ou les délaisse sciemment, il sera puni et châtié.

Verset 73

Allah punira les hypocrites et les idolâtres, hommes et femmes. Il pardonnera aux croyants et aux croyantes. Il est indulgent et miséricordieux. Car les fils d'Adam s'étant chargés du dépôt, qui sont les obligations religieuses, certains manifestent la foi du moment qu'ils couvrent l'incrédulité, qui sont les hypocrites, et d'autres sont plongés dans l'incrédulité en s'opposant aux Prophètes. «Il pardonnera aux croyants et aux croyantes» et leur fera miséricorde, car ils ont cru en Dieu, en ses anges, en ses Livres et en ses Prophètes: Dieu est absolument Absoluteur et Miséricordieux.

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