La Discussion
Sourate 58 · 22 versets · Revelation medinoise
Verset 1
Aicha - que Dieu l'agrée - a dit : « Béni soit celui qui entend tout. Je ne cesse d'entendre les paroles de Khawla Bent Tha'laba, bien qu'une partie m'a échappée, qui est venue se plaindre de son mari auprès du Messager de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue -, en lui disant : « Il a gaspillé mon argent, réduit ma jeunesse à la vieillesse en lui donnant une nombreuse descendance. Mais une fois devenue vieille et je me suis trouvée dans la ménopause, il vient de me répudier en me disant : « Sois pour moi comme le dos de ma mère ». Grand Dieu, je me plains de lui auprès de Toi ». Elle demeura jusqu'à ce que Jibrîl ait descendu apportant ce verset : « Allah a entendu la plainte que t'a adressée cette femme contre son mari ». À savoir que son mari était Aws Ben Al-Çamit. En voici une autre version rapportée également par Ibn Abi Hatem d'après Abou Yazid qui a raconté : « Une femme appelée Khawla Bent Tha'laba intercepta Omar alors qu'il marchait en compagnie d'autres hommes. Il s'arrêta, s'approcha d'elle, mit ses mains sur les épaules de la femme en abaissant la tête pour entendre ce qu'elle va lui dire. Une fois la conversation achevée, elle partit. Un homme de sa compagnie le blâma en lui disant : « Tu as retenu - sur ton chemin - des notables de Qoraïch pour écouter cette vieille dame ? » Il lui répondit : « Malheur à toi ! connais-tu cette femme ? » - Non, répliqua l'homme. Et Omar de poursuivre : « C'est une femme que Dieu a entendu sa plainte du dessus de sept cieux. C'est Khawla Bent Tha'laba. Par Dieu si elle m'avait retenu (pour l'écouter) jusqu'à la nuit, je ne l'aurais pas quittée avant de lui combler son besoin, à moins qu'une prière ne me sépare d'elle et, après l'avoir accomplie, je reviendrais vers cette femme pour lui répondre ».
Verset 2
Certains d'entre vous assimilent leurs femmes à leurs mères pour les répudier. Non, en vérité, ce ne sont pas leurs mères, leurs mères sont celles qui les ont mis au monde. Ils tiennent ainsi des propos coupables et erronés. Mais Allah est tout pardon et toute bienveillance. « Non, en vérité, ce ne sont pas leurs mères ; leurs mères sont celles qui les ont mis au monde ». En d'autres termes, celui qui dit à sa femme qu'elle lui est interdite comme il lui est interdit le dos de sa mère, cette femme ne lui est pas, en vérité, sa propre mère, il ne fait que prononcer une parole blâmable et erronée. Pour ce qui en fut du temps de l'ignorance, Dieu le pardonne car Il est infiniment Absoluteur, tout comme Il pardonne à celui dont la langue profère des choses futiles et des bêtises. À ce propos, on a raconté que le Messager de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - entendit un homme dire à sa femme : « Ô ma sœur ! ». Il lui demanda : « Est-elle vraiment ta sœur ? ». Il a désavoué cela sans la lui rendre interdite car ceci fut dit bêtement sans le vouloir, autrement il lui aurait interdit de la toucher.
Verset 3
Ceux qui prononcent une telle répudiation contre leurs femmes puis reviennent sur leur parole, affranchiront un esclave avant de reprendre leurs rapports avec elles. C'est là une prescription. Allah connaît tous vos actes. « Ceux qui prononcent une telle répudiation contre leurs femmes, puis reviennent sur leur parole ». Ce verset fut interprété de plusieurs façons : - Certains ont dit : Il répète à sa femme la formule de répudiation, comme a dit Ibn Hazm. Et l'auteur de préciser : C'est une interprétation erronée. - Quant à Al-Chaféi, il a avancé : Ceci consiste à répudier mais effectivement il ne la répudie pas. - Le commentaire d'Ahmed Ben Hanbal est le suivant : Il revient sur sa parole et cohabite avec sa femme ou il compte avoir de tels rapports. Ceci lui est interdit avant l'expiation. Malek fut de cet avis. - Abou Hanifa, de sa part, a dit que l'homme prononce une telle formule après son interdiction en abrogeant ce qui était suivi du temps de l'ignorance. Une fois que l'homme adresse à sa femme une telle formule, il la lui rend interdite et par la suite il n'a le droit de l'approcher qu'après expiation. - D'autres ont limité ceci à la cohabitation qui est strictement interdite et même certains ont interdit le baiser par exemple ou autre attouchement avant l'expiation. « ... affranchiront un esclave » sans préciser s'il devait être un musulman ou non à l'inverse de l'expiation d'un homicide qui stipule que l'esclave doit être musulman. « C'est là une prescription » afin que vous cessiez de prononcer une telle formule. « Allah connaît tous vos actes » et connaît également ce qui vous convient pour vous amender.
Verset 4
Celui qui n'a pas d'esclave jeûnera deux mois consécutifs avant de reprendre ses rapports avec sa femme. S'il ne peut jeûner, il nourrira soixante pauvres. Ces commandements tendent à affermir votre foi en Allah et en Son Prophète. Ils émanent d'Allah. Ceux qui les transgressent subiront un châtiment cruel. « Celui qui n'a pas d'esclave jeûnera deux mois consécutifs ». Son cas est pareil à celui qui a des rapports charnels avec sa femme le jour en jeûnant. « S'il ne peut jeûner, il nourrira soixante pauvres » une expiation qui s'applique aussi au cas précédent. Les hadiths relatifs à ce sujet stipulent que l'homme doit respecter cet ordre et non pas d'expiation selon sa capacité. « Ces commandements tendent à affermir votre foi en Allah et en Son Prophète ». Dieu vous exhorte à agir ainsi sans enfreindre Ses lois car les incrédules subiront un châtiment douloureux. Conformez-vous à ces prescriptions et que nul ne pense qu'il serait à l'abri de la vengeance de Dieu et de son supplice dans les deux mondes.
Verset 5
Ceux qui s'opposent à Dieu et à Son Messager soit en enfreignant les lois, soit en combattant contre eux, seront vaincus et culbutés avec humiliation comme l'ont été ceux qui vécurent avant eux. « Nous avons donné jusqu'ici assez d'avertissements clairs » et des signes évidents que nul qu'un mécréant ou un pervers les traite de mensonge. « Nous infligerons un supplice infamant aux infidèles » pour prix de leur incrédulité et leur rébellion.
Verset 6
« Le jour où Allah ressuscitera les hommes » et les rassemblera du premier au dernier sur une même terre. « Il leur rappellera leurs actions » aussi bien les bonnes actions que les mauvaises sans en rien omettre. « Si les hommes les ont oubliées, lui les a toutes comptées ». Dieu, certes, est témoin de toutes choses. Rien ne lui est caché et Il n'oublie jamais.
Verset 7
Dieu parle ensuite que Sa science embrasse tout et Il connaît parfaitement ce que font les hommes, entend ce qu'ils disent et voit leur place là où qu'ils se trouvent. Il leur rappelle : « Ne voyez-vous pas qu'Allah sait tout ce qui se passe dans les cieux et sur la terre ? Trois hommes ne confèrent pas entre eux qu'Il ne soit le quatrième, ou cinq qu'Il ne soit le sixième ». Car les anges scribes inscrivent les paroles des hommes et leurs actions comme Il a dit ailleurs : « Ne savent-ils pas qu'Allah connaît leurs pensées et leurs entretiens les plus secrets.. » [Coran IX, 78] et aussi : « Croient-ils que nous n'entendons pas leurs propos secrets et leurs conciliabules ? Erreur. Et nos messagers écrivent tout ce qu'ils font » [Coran XLIII, 80]. Étant au courant sempiternellement des actes et paroles de Ses serviteurs en les observant là où qu'ils soient, Il leur rappellera tout ce qu'ils ont dit et proféré. En vérité, Dieu est le parfait Sachant. L'imam Ahmed a dit : « Dieu a débuté ce verset par Sa connaissance comme Il l'en a terminée ».
Verset 8
Il y avait entre les juifs et le Prophète - qu'Allah le bénisse et le salue - une certaine trêve. Quand ils voyaient un de ses compagnons, ils tenaient entre eux une conversation secrète de sorte que le fidèle croyait qu'ils complotaient contre le Prophète ou faire quelque chose qui nuise à tout musulman, alors il les laissait et poursuivait son chemin. Pour éviter tout malentendu, le Prophète - qu'Allah le bénisse et le salue - leur interdit de tenir tout conciliabule mais ils refusèrent et persistèrent dans leur mauvais comportement. Dieu, à cette occasion fit descendre ces versets : « Que dire de ceux qui se réunissent en secret, bien que ce leur soit interdit ». On a rapporté cela d'après Moujahed et Mouqatel Ben Hayyan. « ... trament quelque mauvais coup ou quelque vengeance ou encore quelque intrigue contre le Prophète ? » Tantôt ils pensent à commettre un péché, tantôt ils comptent faire une nuisance aux autres en commettant une certaine transgression et même ils la recommandèrent mutuellement. « Se présentent-ils à toi ? Ils emploient des formules moins respectueuses qu'Allah quand Il te salue ». À cet égard, Aïcha - que Dieu l'agrée - rapporte : « Des juifs entrèrent chez le Messager de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - le saluèrent en lui disant : « Que le « Sam » (la mort) - soit sur toi ô Aboul Qassem. » Aïcha leur répondit : « Et sur vous (le Sa'm) ». Le Messager de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - dit alors à Aïcha : « Ô Aïcha, Dieu n'aime ni les paroles inconvenables ni les propos obscènes ». Aïcha poursuivit : « Ne les as-tu pas entendu dire : « Que le Sa'm soit sur toi ? ». Il me répondit : « Et toi n'as-tu pas entendu ce que fut ma réponse ? » Dieu à cette occasion fit cette révélation : « Se présentent-ils à toi ? Ils emploient des formules moins respectueuses qu'Allah quand Il te salue » (Rapporté par Ibn Abi Hatem). « En eux-mêmes, ils se disent : « Pourquoi Allah laisse-t-Il impunies de pareilles formules ? ». Ceux qui sont concernés par les versets précités font cela puis disent en eux-mêmes : « Que Dieu ne nous châtie pas pour ce que nous disons ! Si vraiment Mouhammad était un Prophète, Dieu nous aurait punis car Il connaît parfaitement ce que nous proférons dans nos entretiens secrets. Pourquoi donc Dieu ne hâte-t-Il pas Son supplice dans le bas monde ? ». Dieu leur répond : « L'enfer sera leur punition dans l'autre, il leur suffira comme séjour affreux.
Verset 9
Puis Dieu enseigne aux croyants les règles de politesse vis-à-vis de Son Messager sans imiter les incrédules et les juifs. Il leur recommande : « Ô croyants, chassez de vos conversations le mal, la haine et la désobéissance au Prophète » sans être comme les autres parmi les ignorants des gens du Livre et ceux qui les suivent dans leur égarement comme les hypocrites. « Prenez plutôt pour objet de vos entretiens la vertu et la piété. Craignez Allah devant qui vous serez tous rassemblés » pour vous rappeler vos actes et vos paroles qu'Il a comptées et Il vous en rétribuera.
Verset 10
« C'est Satan qui inspire vos entretiens pour vous susciter des ennuis, ô croyants » afin qu'il vous cause du chagrin en vous suggérant le mal. Mais Satan ne peut en rien vous nuire sans la permission de Dieu. Quiconque, parmi les croyants, en ressent quelque chose de cela, qu'il demande refuge auprès de Dieu contre ces suggestions et qu'il se fie à Lui. Et par la suite aucun mal ne lui arrivera avec l'autorisation de Dieu. Même ces entretiens secrets sont interdits quand il s'agit aussi d'un fidèle qui, peut-être, en sera affligé. Le Messager de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue -, rapporte Ibn Mass'oud, a recommandé aux croyants : « Quand vous êtes trois, deux d'entre vous ne doivent pas s'entretenir en aparté laissant le troisième, car cela pourra lui causer de la peine ». (Rapporté par Boukhâri et Mouslim).
Verset 11
Ô croyants ! Si l'on vous dit de faire de la place dans vos assemblées, faites-le. Allah vous ménagera une place au paradis. Si l'on vous dit de vous lever, levez-vous. Allah élèvera de plusieurs rangs ceux qui croient et auront reçu la science. Allah connaît toutes vos actions. Dieu ordonne à Ses serviteurs de bien traiter les uns les autres dans les assemblées sans que les uns privent les autres de l'intérêt qu'ils pourraient en tirer. Qatada a dit : « Les hommes qui se trouvaient assis autour du Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue-, en voyant quelqu'un s'approcher, ne lui cédaient plus une place. Dieu dans ce verset leur ordonne de se comporter autrement. » Le commentaire de Mouqatel Ben Hayyan est le suivant : « Ce verset fut révélé un certain vendredi alors que le Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- se trouvait dans la « Souffa » (un certain parvis annexé à la mosquée). La place était très étroite et il était en train d'honorer ceux qui ont pris part à la bataille de Badr parmi les Mecquois (Mouhâjirin) et les Médinois (Ansar). D'autres hommes arrivèrent, se tinrent autour du Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- et le saluèrent : « Que la paix soit sur toi ô le Prophète ainsi que la miséricorde de Dieu et Sa bénédiction ». Il leur répondit le salut. Ils saluèrent aussi ceux qui étaient assis et ils leur rendirent le salut. Ils restèrent debout attendant de leur faire place mais ce fut en vain. Remarquant cela, le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- ressentit une certaine peine. Il demanda alors à ceux qui étaient assis mais n'avaient pas pris part au combat le jour de Badr : « Ô un tel lève-toi, et toi aussi un tel » qu'à la fin il put assurer une place aux autres (combattants). Mais ce comportement déplut aux premiers et le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- put remarquer ceci sur leurs visages. Plus tard, les hypocrites dirent aux fidèles : « Ne prétendez-vous pas que votre compagnon (le Prophète) traite les hommes avec équité ? Par Dieu, nous ne l'avons pas vu agir avec justice avec ceux-là qui ont voulu être tout près de leur Prophète, mais il les fit lever pour donner la place aux autres les nouveaux-venus qui arrivèrent en retard ». Mis au courant de ces propos, le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- s'écria : « Que Dieu fasse miséricorde à quiconque cède la place à son coreligionnaire ». Les hommes, après cela, se levèrent pour céder la place aux autres. » (Rapporté par Ibn Abi Hatem). Abou Houraira rapporte que le Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit : « Qu'un homme ne demande pas à un autre de se lever pour lui donner sa place, mais plutôt faites place aux autres et Dieu vous ménagera une place » (Rapporté par Ahmad). « Allah élèvera de plusieurs rangs ceux qui croient et auront reçu la science. Allah connaît toutes vos actions ». On a commenté ce verset comme suit : « Ne croyez pas que si l'un d'entre vous se lève pour donner sa place à son frère que ceci constitue un manque de respect à son égard, bien au contraire, Dieu le placera sur des degrés élevés et fera de lui un modèle à imiter. Car Dieu connaît parfaitement l'intention de chacun d'entre vous pour le récompenser. » L'imam Ahmad rapporte, d'après Abou At-Toufahyl qu'il a dit : « Nâfé Ben Abdul Harith rencontra Omar Ben Al-Khattab à Osfan. À savoir que Omar avait désigné cet homme comme gouverneur à la Mecque. Il lui demanda : « À qui as-tu confié ce pouvoir en ton absence ? » Et Nâfé de répondre : « Je l'ai confié à Ibn Abza, il est un de nos esclaves affranchis ». Omar s'écria alors : « À un affranchi ? » - « Oui, ô prince des croyants, c'est un récitateur du Livre de Dieu, il est très savant en matière de succession et un juge ». Omar de conclure : « Or votre Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit : « Grâce à ce Livre (le Coran) Dieu élève le rang de certains et abaisse celui des autres ».
Verset 12
Ô croyants, quand vous désirez une audience du Prophète, faites une aumône. Vous n'en serez que meilleurs et plus purs. Si vous n'en avez pas les moyens, sachez qu'Allah est toute indulgence et bonté. Dieu ordonne à Ses serviteurs de faire une aumône lorsqu'ils veulent avoir un entretien privé avec le Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- pour le purifier et le rendre digne de ce privilège. Mais au cas où ils ne trouvent pas les moyens, à cause de la pauvreté, Dieu pardonne à ceux-là car Il ne l'a imposée qu'à celui qui en est capable.
Verset 13
Vous pèserait-il de faire quelque aumône avant de vous entretenir avec le Prophète ? Si vous vous en dispensez qu'Allah vous pardonne, observez du moins la prière et payez la dîme. Obéissez à Allah et à Son Prophète. Allah connaît toutes vos actions. « Vous pèserait-il de faire quelque aumône avant de vous entretenir avec le Prophète ? » En d'autre terme : Avez-vous craint de vous appauvrir en donnant quelques aumônes avant votre entretien ? « Si vous vous en dispensez qu'Allah vous pardonne, observez du moins la prière et payez la dîme. Obéissez à Allah et à Son Prophète. Allah connaît toutes vos actions ». Ainsi cette obligation fut abrogée. On a rapporté à cet égard que seul Ali Ben Abi Taleb qui s'est conformé à cette obligation avant son abrogation. Moujahed de sa part a dit : « Ali avait présenté un dinar comme aumône, puis il eut un entretien tête à tête avec le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- lui demandant de lui recommander dix vertus ; puis la dispense fut tolérée. » Ali a dit : « Il y a dans le Livre de Dieu un verset auquel je fus le seul à m'en conformer et nul après moi ne l'a fait. J'avais un dinar dont j'ai échangé contre dix dirhams. Chaque fois que j'ai eu un entretien privé avec le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- je dépensais un dirham, puis cette obligation fut abrogée ». Il récita ensuite le verset : « Ô croyants, quand vous désirez une audience du Prophète... ». Quant au commentaire d'Ibn Abbas, il est le suivant : « Les musulmans accablaient le Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- avec leurs questions au point de lui causer de la peine. Dieu voulut alléger cet excès de questions en imposant l'aumône, après quoi les musulmans ne posaient que la question qui était digne d'être posée. Dieu leur dit alors : « Vous pèserait-il de faire quelque aumône avant de vous entretenir avec le Prophète ». Si vous en êtes incapable et renoncez à faire cette aumône : « Observez du moins la prière et payez la dîme » la Zakat, ainsi Dieu leur a facilité leur tâche sans les contraindre. Dieu est celui qui pardonne et Il est toute miséricorde envers Ses sujets.
Verset 14
Ne voyez-vous pas ceux qui prennent pour amis des gens contre qui Dieu s'est courroucé ? Ils ne sont ni des vôtres ni des leurs et ils jurent mensongèrement en pleine connaissance de cause. Dieu désavoue le comportement des hypocrites qui ont pris le parti des incrédules clandestinement et ils n'étaient en même temps, ni pour ni contre les fidèles, comme Dieu montre leur cas dans ce verset : « Oscillant de l'un à l'autre ils ne prennent parti ni pour ceux-ci ni pour ceux-là » [Coran IV, 143]. « Ne voyez-vous pas ceux qui prennent pour amis des gens contre qui Dieu s'est courroucé ? ». Ceux-là sont les juifs que les hypocrites ont pris, clandestinement, pour maîtres. En réalité, ils ne sont ni des fidèles ni des juifs, et pourtant « ils jurent mensongèrement en pleine connaissance de cause ». Dans leur cas présent, ils jurèrent aux fidèles qu'ils sont des leurs et quand ils rencontrèrent le Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- ils jurèrent également qu'ils sont des croyants. Ils jurèrent sur le mensonge alors qu'ils savaient la vérité sans y croire. Dieu témoigne de leurs mensonges et leur promet un terrible châtiment en les introduisant à l'Enfer pour prix de leur faux serment, leur alliance avec les impies et leur animosité contre les fidèles.
Verset 15
Allah leur a préparé un châtiment sévère. Que leurs actions sont donc mauvaises ! Allah leur prépare un affreux châtiment en punition de leurs mauvaises actions.
Verset 16
Ils prennent leurs serments pour bouclier et détournent autrui du chemin d'Allah. Un châtiment avilissant les attend. Ils se servent de leurs serments comme d'un bouclier et éloignent les autres de la voie d'Allah. Ils subiront un supplice infamant. Dieu dénonce ces gens-là et dit : « Ils se servent de leurs serments comme d'un bouclier et éloignent les autres de la voie d'Allah ». Ils déclarent être croyants au moment où ils couvent l'incrédulité et prennent leurs serments pour un abri et une sauvegarde. La plupart des fidèles les prenaient pour des vrais croyants sans connaître leur réalité. En trompant ainsi les fidèles ils ont réussi à détourner certains d'entre eux de la voie de Dieu. Ces gens-là, les hypocrites, subiront le châtiment le plus terrible.
Verset 17
Ni leurs biens ni leurs enfants ne les préserveront d'Allah. Ceux-là sont voués au Feu où ils demeureront éternellement. « Leurs richesses et leurs enfants ne leur seront d'aucune aide auprès d'Allah » et ne repousseront d'eux quoi que ce soit du supplice qui les attend. Ils seront les gens du Brasier et ils y demeureront pour l'éternité.
Verset 18
Le jour où Allah les ressuscitera tous, ils Lui jureront comme ils vous jurent maintenant et s'imagineront être dans le vrai. En vérité, ce sont eux les menteurs. Au jour du jugement dernier, Dieu les ressuscitera tous sans exception et « ils Lui feront les mêmes serments qu'à vous » et qu'ils étaient, dans le bas monde, sur la voie droite tout comme ils avaient, auparavant, dit aux fidèles. Ils croiront que leurs serments devant Dieu les sauveront du supplice. Non. « Ce sont des imposteurs ». Sa'id Ben Joubayr rapporte qu'Ibn Abbas lui a raconté que le Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- était dans un de ses appartements (ceux de ses femmes) en compagnie de quelques compagnons alors que l'ombre commençait à décroître. Il leur dit : « Un homme aux yeux sataniques viendra vous parler, ne lui répondez pas ». En effet un homme, qui était un ennemi juré du Prophète, arriva. Le Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- le manda et lui dit : « Pourquoi m'injuriez-vous toi, un tel et un tel », et il lui cita le nom de ses complices. L'homme partit puis revint avec ces hommes-là qui s'excusèrent en formulant les serments. À cette occasion Dieu fit descendre ce verset : « Ils Lui feront les mêmes serments qu'à vous. Ils croient être dans la vérité. Non, ce ne sont que des imposteurs. » (Rapporté par Ibn Hatem, Ahmad et Ibn Jarir).
Verset 19
Satan s'est emparé d'eux et leur a fait oublier le rappel d'Allah. Ceux-là sont le parti de Satan et c'est le parti de Satan qui sera perdant. « Satan les domine et leur a fait oublier jusqu'au nom d'Allah » Satan a dominé leurs cœurs et leurs esprits au point de leur faire oublier toute évocation de Dieu, ainsi il fera de ceux qui les domine. C'est pourquoi le Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit : « Trois hommes ne se trouvent dans un village ou dans un désert et ne s'acquittent de la prière sans que Satan ne les domine. Essayez donc de ne plus vous séparer de la communauté car le loup n'attaque que le mouton esseulé » (Rapporté par Abou Daoud d'après Abou Ad-Darda'). Ces gens-là et leurs semblables forment le parti de Satan en leur faisant oublier le Rappel de Dieu. Les partisans du démon seront certes les perdants et les perdus.
Verset 20
Ceux qui s'opposent à Allah et à Son Messager seront assurément au nombre des plus vils. Les incrédules rebelles qui s'opposent à Dieu et à Son Prophète et les combattent en s'éloignant de la vérité pour suivre le faux, ceux-là seront parmi les plus humiliés dans les deux mondes. « Allah a écrit : « moi et mes Prophètes vaincrons » et ceci dans le sommier de la création depuis l'éternité. On ne peut ni s'opposer à ce que Dieu avait décrété, ni le repousser, ni le changer, c'est que la victoire appartient à lui, à Ses Prophètes et aux croyants dans la vie d'ici-bas et dans l'au-delà, car la bonne fin est réservée à ceux qui auront craint Dieu, comme Il l'affirme dans ce verset : « Nous ferons triompher nos Prophètes et les croyants en ce monde et au jour du jugement dernier » [Coran XL, 51]. Ceci est une vérité irréfutable et décisive.
Verset 21
Allah a écrit : « moi et mes Prophètes vaincrons » soit dans la Table préservée, soit Il a décrété cela depuis l'éternité. On ne peut ni s'opposer à ce que Dieu avait décrété, ni le repousser, ni le changer, c'est que la victoire appartient à Lui, à Ses Prophètes et aux croyants dans la vie d'ici-bas et dans l'au-delà, car la bonne fin est réservée à ceux qui auront craint Dieu, comme Il l'affirme dans ce verset : « Nous ferons triompher nos Prophètes et les croyants en ce monde et au jour du jugement dernier » [Coran XL, 51]. Ceci est une vérité irréfutable et décisive. Certes Allah est Fort et Puissant.
Verset 22
Tu ne trouveras pas des gens qui croient en Dieu et au jour dernier se liant d'amitié avec ceux qui combattent Dieu et Son Prophète quand même ce seraient leurs pères, leurs fils, leurs frères ou les gens de leur clan. D'ailleurs Dieu a dit dans ce sens : « Si vos pères, vos enfants, vos frères, vos femmes, vos familles, vos biens, vos commerces dont la marche vous rend anxieux, vos souriantes demeures ont pour vous plus de prix que l'amour d'Allah, de son Prophète et de sa cause, redoutez la réaction d'Allah. Car Allah se désintéresse des mécréants » [Coran IX, 24]. On a rapporté que le verset précité fut révélé au sujet de Abou Oubayda Ben Al-Jarrah quand son père fut tué à la bataille de Badr. Ce qui porta Omar Ben Al-Khattab -que Dieu l'agrée-, quand il a chargé les six compagnons de délibérer en commun sur leurs affaires, à dire : « Si Abou Oubayda était vivant je l'aurais nommé mon calife ». « Fussent-ils leur père » celui de Abou Oubayda « leurs fils » d'Abou Bakr qui pensait un jour à tuer son fils Abdul Rahman, « leur frère » car Mis'ab Ben Oumayr avait tué son frère Oubayd en ce jour-là « ou leurs alliés ». Il s'agit de Omar Ben Al-Khattab qui avait tué un de ses proches, et de Hamza, Ali et Oubayda Ben Al-Hareth qui avaient tué Outba, Chayba et Al-Walid Ben Outba, toujours le jour de Badr. « Allah a inscrit la foi dans leurs cœurs. Il les anime de son propre souffle ». Ceux qui n'ont pas voulu se lier d'une amitié agissante avec ceux qui ont combattu Dieu et Son Prophète, Dieu a affermi leur foi dans leurs cœurs en y gravant le bonheur et les fortifiant par un esprit émanant de Lui. Ceux-là seront admis dans un paradis où coulent les ruisseaux et y demeureront éternellement. « Il les agrée et eux l'agréent » quand ces gens-là se sont soulevés contre leurs propres pères, fils et frères... afin d'obtenir la satisfaction du Seigneur. Il les agrée en leur donnant le Paradis comme récompense et les délices permanents. Tels sont les partisans de Dieu qui sont toujours les gagnants. Il est dit dans un hadith : « Dieu aime les hommes purs, innocents et pieux qui, une fois absents, nul ne se souvient d'eux. Ils se présentent sans être convoqués. Leurs cœurs sont les lanternes de la bonne direction, qui sortiront toujours sains et saufs de toute tentation quelle que soit obscure. Ceux-là sont les amis de Dieu qui a dit d'eux : « Ils sont les partisans d'Allah. Les partisans d'Allah triomphent » (Rapporté par Ibn Abi Hatem). Al-Hassan rapporte que le Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit : « Grand Dieu, ne fais pas que je doive une certaine aide ou un certain bienfait à un pervers ou à un dévergondé. Car j'ai trouvé la vérité dans ce verset que Tu m'as révélé : « Ceux qui croient en Allah et au jour dernier ne sympathiseront jamais avec ceux qui combattent Allah et Son Prophète » (Rapporté par Abou Ahmed Al-Askari). Certes, les partisans d'Allah sont les gagnants.