الممتحنة

L'Eprouvee

Sourate 60 · 13 versets · Revelation medinoise

Verset 1

La raison pour laquelle les premiers versets furent révélés était la traîtrise de Hâtib Ben Abi Balta'a, en voici son résumé: «Hâtib était parmi ceux qui ont fait la hégire à Médine et participa à la bataille de Badr. Il n'était pas un Qoraîchite mais avait des biens et une famille qu'il avait laissés à La Mecque. Quand le Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- décida de conquérir cette ville après que ses habitants eussent violé le traité, Il donna ordre aux fidèles de faire leurs préparatifs pour les attaquer. Il invoqua Dieu par ces mots: «Grand Dieu, fais que notre intention ne parvienne pas aux Mecquois». Alors Hâtib écrivit une lettre et l'envoya aux Qoraîchites pour les avertir, voulant par cela rendre service aux habitants de La Mecque (dans le but de protéger ses biens et sa famille). Comme suite à ce récit, l'imam Ahmed rapporte que 'Ali a raconté: «Le Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- me chargea avec Az-Zubayr et Al-Miqdâd d'une mission en nous disant: «Partez et lorsque vous arrivez à «Rawdat Khâkh» (un certain endroit), vous trouverez une femme en route vers La Mecque qui porte une certaine lettre. Arrachez-la lui». Nous partîmes sur nos chevaux à grande vitesse et, arrivés au lieu indiqué, nous trouvâmes la femme. Nous lui demandâmes de nous remettre la lettre. Comme elle nia d'avoir cette lettre sur elle, nous la menaçâmes de la dévêtir. Elle la prit de ses cheveux et nous la remit». Cette lettre contenait un avertissement de Hâtib à certains Qoraîchites les prévenant de l'attaque que prépare le Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- contre la ville: «Le Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue-, ayant pris la lettre, manda Hâtib et l'interrogea: «Qu'est-ce que ceci ô Hâtib?» Il lui répondit: «Ne hâte pas ton jugement à mon égard. J'étais un homme très lié aux Qoraîchites bien que je ne sois pas l'un des leurs. Parmi les émigrés qui t'ont accompagné à Médine, il y en a certains qui ont des proches à La Mecque pour garder leurs familles. Quant à moi, ne profitant pas de ce privilège, j'ai voulu leur rendre service afin de protéger les miens. Je n'ai fait cela ni par incrédulité ni par apostasie ni même voulu redevenir idolâtre après ma conversion». Le Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- dit alors à ses compagnons: «Cet homme-là est sincère». Omar s'écria: «Laisse-moi trancher la tête de cet hypocrite». Mais le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- lui répliqua: «Non, il a pris part à la bataille de Badr. Qui vous dit, peut-être Dieu s'est présenté aux combattants de Badr et leur a dit: «Faites ce que vous voudrez, Je vous pardonne». C'est à cette occasion que ce verset fut descendu: «Ô croyants, ne vous alliez pas à mes ennemis et aux vôtres». (Ce récit a été rapporté par les auteurs des traditions à l'exception d'Ibn Mâja). Dans ce verset, Dieu interdit aux fidèles de prendre pour patrons et alliés ceux qui sont hostiles envers Lui et Son Prophète, comme Il leur a interdit de prendre les gens du Livre quand Il a dit: «Ô croyants, ne vous alliez pas aux Juifs et aux chrétiens. Les uns et les autres s'allient entre eux. Celui qui les prend pour alliés se confond avec eux» [Coran V, 51] et les menace et les avertit en leur disant: «Ô croyants, ne prenez pas pour alliés, parmi les gens d'Écriture et les idolâtres, ceux qui raillent votre religion...» [Coran V, 57]. Le Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- n'a accepté les excuses de Hâtib que parce qu'il a voulu par son acte protéger ses biens et les siens sans autre but. Les idolâtres avaient expulsé le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- et les fidèles de La Mecque rien que pour avoir cru en Dieu, en L'adorant seul et proclamé haut Son unicité. Comment les prendre donc pour alliés, sinon les combattre et leur être hostiles? Il a dit ailleurs: «Ils ne leur reprochaient pas autre chose que de croire à Allah tout-puissant» [Coran LXXXV, 8]. Puis Dieu dit aux croyants: «Quand vous avez quitté vos foyers pour servir ma cause et rechercher ma grâce» vous convient-il de les prendre pour alliés alors qu'ils vous ont chassés loin de vos biens et de vos familles par mépris, haine et dénigrement de votre religion, était-ce pour leur proposer votre amitié? en la leur témoignant secrètement? Quiconque parmi vous agit ainsi, il s'est bel et bien fourvoyé loin de la voie droite et s'égare.

Verset 2

«S'ils marquaient quelque succès sur vous, vous éprouveriez la rigueur de leur hostilité. Ils s'acharneraient sur vous de toute la force de leurs bras et de tout le fiel de leurs langues». S'ils vous prenaient en leur pouvoir, ils vous auraient nui par leurs actes et leurs paroles, et en plus, ce qu'ils désiraient c'est que vous reveniez à l'état d'incrédulité. Comme leur hostilité envers vous est apparente et cachée, comment les prenez-vous pour alliés?

Verset 3

Aussi bien vos liens familiaux que vos enfants ne vous seront utiles au jour de la résurrection si votre Seigneur voulait vous punir car vous aurez par cet acte obtenu leur satisfaction mais vous aurez courroucé Dieu contre vous. Quiconque cherche à satisfaire ses proches en mécroyant, sera perdu et déçu et aura rendu ses œuvres vaines. Un tel lien familial ne lui servira à rien auprès de Son Seigneur.

Verset 4

Suivez le bel exemple d'Abraham et de ses partisans lorsqu'ils dirent à leur peuple: «Nous sommes sans attache avec vous et les divinités que vous adorez en dehors d'Allah. Nous vous renions. L'inimitié et la haine nous sépareront pour toujours à moins que vous ne vous ralliiez à Allah l'unique.» Néanmoins, Abraham concéda à son père: «J'implorerai le pardon pour toi mais sans rien te garantir de sa part». Seigneur, nous mettons notre confiance en toi, nous revenons à Toi. C'est à Toi que tout aboutit. (4) Dieu ordonne à Ses serviteurs croyants de s'éloigner des incrédules et de désavouer leur religion en prenant Abraham -que la paix soit sur lui- et ses partisans comme bel exemple qui déclarèrent à leur peuple franchement: «Nous vous avons reniés, vous et ce que vous adorez en dehors de Dieu. L'animosité et la haine se sont à jamais montrées entre vous et nous tant que vous suivez ce culte erroné. Nous vous désavouons jusqu'à ce que vous croyiez en un Dieu unique sans rien Lui associer et que vous reniez vos fausses divinités». Dieu a excepté les paroles d'Abraham quand il a dit à son père: «J'implorerai le pardon d'Allah pour toi mais sans rien te garantir de sa part» Et ceci parce qu'Abraham ne demanda pardon pour son père qu'en vertu d'une promesse qu'il lui avait faite. Mais quand il vit clairement que son père était un ennemi de Dieu, il le désavoua. À savoir aussi que certains croyants imploraient le pardon de Dieu pour leurs pères qui mouraient incrédules en disant: «Nous faisons cela en imitant Abraham». Mais une fois séparés de leur peuple, Abraham et ceux qui étaient avec lui dirent: «Seigneur, nous mettons notre confiance en toi, nous revenons à Toi. C'est à Toi que tout aboutit». Nos affaires sont entre Tes mains en Te les confiant. C'est vers Toi que sera le retour au jour dernier.

Verset 5

Ils implorèrent aussi le Seigneur de ne plus faire d'eux un sujet de tentation pour les infidèles. «Ô notre Maître, fais que nous ne vivions pas en mauvaise intelligence avec les infidèles». Mujâhid l'a commenté comme suit: «Fais que nous ne soyons châtiés ni par leurs mains ni par un supplice venant de Toi, car ils diraient: si ceux-là étaient dans le vrai ils n'auraient pas subi un tel châtiment». «Seigneur, pardonne-nous. Tu es puissant et sage» dissimule nos péchés des autres et absous-nous car Tu es capable sur toute chose et sage dans Tes lois, actes et paroles.

Verset 6

Dieu ensuite, comme affirmation, cite l'exemple d'Abraham et de ses partisans pour être imités. «Abraham et ses partisans sont un bel exemple pour ceux qui espèrent en Allah et dans le jugement dernier». Il y a là une exhortation aux fidèles qui croient en Dieu et au jour dernier. Mais ceux qui se détournent de ses enseignements, qu'ils sachent que Dieu peut se passer d'eux car Il est riche, n'a besoin de quiconque et Il est digne de louanges, comme Il confirme cette réalité en disant: «Que vous soyez fidèles, que toute la terre le soit, qu'importe! Allah est toute puissance et toute gloire» [Coran XIV, 8].

Verset 7

Dieu montre à Ses serviteurs croyants qu'il est capable d'établir une amitié entre eux et ceux qui ne les ont pas combattus ni les ont expulsés de leurs foyers, car Il peut réunir des choses contradictoires comme Il peut rallier deux ennemis et créer une amitié après une animosité. Il a dit ailleurs: «Reconnaissez les bienfaits d'Allah sur vous, Lui qui d'ennemis que vous étiez, a fait l'union entre vos cœurs» [Coran III, 103]. Et dans le même sens, le Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit aux fidèles: «N'étiez-vous pas égarés et Dieu vous a dirigés par moi et étant divisés Il vous a réunis?» Dieu affirme cette réalité quand Il a dit en s'adressant à Son Prophète: «Quand bien même tu aurais dépensé toutes les richesses du monde, tu n'aurais pas réuni une pareille union» [Coran VIII, 63]. Et le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- d'exhorter les hommes: «Aime ton bien-aimé modérément car il se pourrait un jour que tu le haïsses, et hais ton mal-aimé modérément car il se pourrait un jour que tu l'aimes» (Rapporté par Tirmidhi). «Il est plein d'indulgence et de commisération» envers les impies s'ils reviennent à Lui repentants et se convertissent, car quiconque se repent sincèrement est pareil à celui qui n'a commis aucun péché. Ibn Chihâb rapporte que le Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- avait investi Abu Sufyân Sakhr Ben Harb de pouvoir sur une région du Yémen. Après la mort du premier, Abu Sufyân rentra à La Mecque. En route, il rencontra «Dhul-Khimâr» qui avait apostasié. Il le tua et fut le premier qui combattit les apostats pour défendre la religion de Dieu. Et Ibn Chihâb d'ajouter: Abu Sufyân était parmi les concernés par le verset: «Allah peut faire naître une amitié entre vous et vos ennemis».

Verset 8

Dieu ne défend pas les musulmans de fréquenter ceux qui ne les ont pas combattus et qui ne les ont pas chassés de leurs demeures. Il leur recommande d'être bons et équitables envers eux. À ce propos, Asmâ' la fille d'Abu Bakr raconte: «Ma mère, qui était encore polythéiste à l'époque où un pacte fut conclu avec les Qoraîchites, vint me rendre visite. Je me rendis chez le Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- pour lui demander si je peux la recevoir? Il me répondit: «Oui, sois bonne envers ta mère».» (Rapporté par Bukhârî, Muslim et Ahmed). Dans une autre version, l'imam Ahmed, d'après Abdullah Ben Az-Zubayr, la mère était venue apportant des cadeaux à sa fille. Dieu à cette occasion fit descendre ce verset: «Allah ne vous interdit pas d'être bons et justes envers ceux qui ne vous attaquent pas» Et par la suite, le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- ordonna à Asmâ' de recevoir sa mère et d'accepter ses cadeaux. «Il aime les justes». Il est cité dans un hadith authentique que le Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit: «Les justes seront sur des chaires en lumière à droite du Trône pour prix de leur équité envers leurs proches et envers ceux qui ont été sous leur pouvoir».

Verset 9

Dieu a interdit seulement aux croyants de prendre pour alliés ceux qui les ont combattus, expulsés de leurs demeures ou qui ont participé à cette expulsion. Il leur ordonne d'être hostiles envers eux en les menaçant: «Une telle alliance serait une iniquité» ne les prenez donc pas pour intimes autrement vous aurez commis une injustice.

Verset 10

Nous avons déjà mentionné le traité de paix conclu entre le Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- et les idolâtres Qoraîchites, en commentant la sourate de la Victoire [Coran XLVIII]. Ce traité renfermait la clause suivante: «... À condition que si un musulman fuit le camp des idolâtres pour rejoindre le Prophète, celui-ci doit le leur rendre». Quant aux femmes qui viennent aux fidèles immigrantes, Dieu ordonne aux hommes de les mettre à l'épreuve. S'il s'avère qu'elles sont croyantes ils ne doivent plus les rendre aux impies. On a rapporté que la circonstance de la révélation de ce verset est la suivante: «Umm Kulthûm la fille de 'Uqba Ben Abi Mu'ayt fit l'émigration à Médine avec les fidèles. Ses deux frères 'Imâra et Al-Walîd sortirent pour la chercher et se rendirent chez le Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- lui demandant de la leur rendre. Mais Dieu révéla à ce moment-là de violer le pacte conclu avec les polythéistes surtout parce que l'affaire concerne les femmes. Il lui ordonna de garder cette femme (et plus tard toutes les musulmanes) et de la mettre à l'épreuve pour constater sa foi». Abu Nasr Al-Asadî demanda à Ibn 'Abbâs: «Comment le Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- mettait-il les femmes à l'épreuve?» Il lui répondit: «Il éprouvait leurs cœurs (la foi en Dieu) qu'elles n'ont pas quitté par mépris de leurs maris, ni pour changer un domicile, ni à la recherche des biens de ce monde, mais par amour pour Dieu et pour Son Messager». Et Ibn 'Abbâs a ajouté dans une autre version: «Il les faisait témoigner qu'il n'y a d'autres divinités que Dieu et que Muhammad est le Messager de Dieu». Quant à Qatâda, il a dit: «On les éprouvait en les faisant jurer qu'elles n'ont pas quitté leurs maris par insubordination mais par amour pour l'Islam et les musulmans et d'être prêtes à garder toujours leur foi». «Si leur foi vous paraît sincère, ne les laissez pas retourner auprès des infidèles». Un verset qui montre que même la foi (qui est en principe dans le cœur) on peut encore la constater et la voir «Car, désormais, elles ne sont plus licites pour eux et eux pour elles». Un ordre qui interdit à une musulmane de se marier avec un polythéiste, car depuis que le mariage était répandu au début de l'ère islamique, la preuve fut le mariage de Zaynab, la fille du Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- avec Abul-'Âs Ben Ar-Rabî' le polythéiste. Quand celui-ci fut capturé le jour de Badr, sa femme Zaynab le racheta contre un collier d'ornement qui appartenait à sa mère Khadîja. En voyant agir ainsi, le cœur du Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- s'attendrit et dit aux fidèles: «Si vous trouvez (convenable) de libérer son prisonnier, faites-le». Ils s'exécutèrent. Le Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- le libéra en lui promettant de lui envoyer sa femme. Il tint sa promesse et envoya sa fille Zaynab avec Zayd Ben Hâritha. Elle demeura à Médine, en l'an deux après l'Hégire jusqu'à la conversion de son mari Abul-'Âs qui eut lieu en l'an huit. Il la rendit à la maison conjugale en vertu du premier mariage sans lui fixer une dot. Ce récit fut rapporté par Ahmed, Abu Dâwud, Tirmidhi et Ibn Mâja. Mais d'autres ulémas, et ce qui est de suivre dans nos jours, ont riposté qu'il y a eu une dot et un nouveau contrat de mariage. Ils ont jugé aussi que, si la période de viduité expire sans la conversion du mari, le premier contrat sera nul. Une autre opinion stipule que, après l'écoulement de la période de viduité, la femme aura le choix: ou bien elle se conformera au premier contrat du mariage, ou bien elle le considérera nul et pourra ainsi se remarier, et ceci en se référant à l'opinion d'Ibn 'Abbâs qui était la même que celle du premier groupe d'ulémas, c'est à dire: sans dot ni un nouveau contrat de mariage. «Toutefois, rendez leur dot à leurs époux» c'est à dire: «Donnez aux anciens maris polythéistes de ces femmes converties ce qu'ils ont dépensé comme dot. «Vous pouvez alors vous-mêmes les prendre pour épouses mais à condition de les doter» et aussi après l'écoulement de leur période de viduité et en présence du tuteur et des témoins etc. Dieu - à Lui la puissance et la gloire - défend également à Ses fidèles serviteurs d'épouser les femmes idolâtres ou de continuer leur vie conjugale si elles sont comme telles, en leur ordonnant: «Ne restez pas mariés à des femmes infidèles». À cet égard, il est cité dans le Sahîh que, après avoir conclu le traité de paix avec les idolâtres Qoraîchites le jour de Hudaybiya, le Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- reçut une foule de femmes musulmanes. Dieu alors lui fit cette révélation: «Ô croyants, lorsque des musulmanes se réfugient chez vous... jusqu'à: «Ne restez pas mariés à des femmes infidèles». 'Umar Ben Al-Khattâb répudia deux femmes dont l'une se maria avec Mu'âwiya Ben Abi Sufyân et l'autre avec Safwân Ben Umayya. Az-Zuhrî a dit: «Ce verset fut révélé au Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- alors qu'il se trouvait dans la vallée de Hudaybiya. Après avoir conclu ce traité de paix d'après lequel il devait leur rendre celui qui fuit leur camp. Quand fut le tour des femmes le verset fut descendu suivant lequel on doit rendre la dot de la femme musulmane à son mari polythéiste et de même chaque polythéiste doit rendre la dot de la femme musulmane si elle quitte son mari pour rejoindre le premier. Cet ordre divin est donné en vertu du traité conclu entre les deux partis. «Exigez d'elles le remboursement de votre dot, de même que les infidèles pourront l'exiger des croyantes qu'ils répudieront». Comme on l'a montré auparavant, chaque mari peut exiger la dot de sa femme qui le quitte pour rejoindre l'autre camp. «Telle est la loi qu'Allah vous impose» en concluant la paix avec les idolâtres et exceptant les femmes de ses clauses. Tout revient à Dieu qui tranche entre les hommes, car Il est Savant et Sage et connaît parfaitement ce qui leur convient pour assurer leur intérêt. «Si quelqu'une de vos femmes passe du côté des infidèles, et que vous fassiez sur eux un butin, remboursez leurs dots à ceux que leurs femmes ont abandonnés...» Mujâhid et Qatâda l'ont commenté en disant: «Ceci concerne les incrédules qu'aucun pacte ne lie aux fidèles. Si une femme apostasie et va rejoindre les mécréants sans que ceux-ci remboursent la dot à son mari, ainsi si une femme se convertit et passe au camp des musulmans on ne doit rien à son mari mécréant. Mais au cas où on paye au premier on doit le faire également au deuxième. Quant à Ibn 'Abbâs, il a dit: «Si une femme d'un émigré (musulman) apostasie et s'enfuit chez les idolâtres, le Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- donne à ce mari, en compensation, l'équivalent de la dot ou de ce qu'il a dépensé pour son entretien du butin acquis des idolâtres» Ce commentaire ne contredit pas le premier car, si l'on peut récupérer la dot ce sera parfait, sinon on peut en compenser le mari des biens du butin.

Verset 11

«Si quelqu'une de vos femmes passe du côté des infidèles, et que vous fassiez sur eux un butin, remboursez leurs dots à ceux que leurs femmes ont abandonnés...» Moujahed et Qatada l'ont commenté en disant: «Ceci concerne les incrédules qu'aucun pacte ne les lie aux fidèles. Si une femme apostasie et va rejoindre les mécréants sans que ceux-ci remboursent la dot à son mari, ainsi si une femme se convertit et passe au camp des musulmans on ne doit rien à son mari mécréant. Mais au cas où on paie au premier on doit le faire également au deuxième. Quant à Ibn Abbas, il a dit: «Si une femme d'un émigré (musulman) apostasie et s'enfuit chez les idolâtres, le Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- donne à ce mari, en compensation, l'équivalent de la dot ou de ce qu'il a dépensé pour son entretien du butin acquis des idolâtres» Ce commentaire ne contredit pas le premier car, si l'on peut récupérer la dot ce sera parfait, sinon on peut en compenser le mari des biens du butin. Par la suite cependant, cette stipulation fut abrogée.

Verset 12

«Ô Prophète! si des croyantes te demandent de se convertir en s'engageant à ne pas d'associer à Allah, à ne pas voler, à ne pas commettre l'adultère, à ne pas tuer leurs enfants ou à en reconnaître faussement et à ne transgresser aucun bon principe...» 'Ourwa rapporte que 'Aicha -que Dieu l'agrée- lui a raconté que le Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- éprouvait par ce verset toute femme immigrante qui venait à lui. Toute femme qui était prête à se conformer à ces principes, il lui répondait: «J'accepte ton serment d'allégeance sans la lui serrer la main. Et Aicha d'ajouter: «Le Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- n'a jamais serré la main à aucune femme». L'imam Ahmed rapporte que Oumayya Ben Raqîqa (la sœur de Khadija et la tante maternelle de Fatima) lui a raconté: «Je vins auprès du Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- en compagnie d'autres femmes pour lui prêter serment d'allégeance. Il nous stipula de nous conformer au contenu de ce verset. Il nous ajouta: «Dans la mesure de votre capacité». Nous lui répondîmes: «Dieu et Son Messager sont plus compatissants envers nous que nous le sommes envers nous-mêmes. O Messager de Dieu, ne vas-tu pas nous serrer la main?» Il répliqua: «Je ne donne une poignée de main à aucune femme. Mon comportement vis-à-vis d'une seule femme est le même vis-à-vis d'une centaine». Hind la fille de 'Outba Ben Rabi'a était déguisée parmi les autres femmes et interrogea chaque condition. À propos de «à ne plus tuer leurs enfants», cela fait référence aux pratiques de l'époque de la Jahiliah où les gens tuaient leurs enfants par crainte de la pauvreté. «À ne plus commettre une infamie ni avec leurs mains ni avec leurs pieds» signifie ne plus attribuer aux maris des enfants qui ne sont pas nés de leurs reins. «À ne transgresser aucun bon principe» c'est-à-dire à ne pas faire un acte inconvenable et à s'abstenir du répréhensible.

Verset 13

«Ne vous alliez pas au peuple qui a encouru la colère d'Allah» À la fin de cette sourate, Dieu réitère son ordre de ne plus prendre les incrédules pour amis ou pour patrons. Il s'agit des juifs, des chrétiens et de tous les impies qui ont encouru la colère de Dieu et, par la suite, ils ont mérité la malédiction et l'éloignement de Sa miséricorde. S'ils sont comme tels, pourquoi donc vous alliez-vous avec eux? «Ce peuple n'a plus d'espoir en la vie future» ou d'obtenir une quelconque récompense et le bonheur d'après le jugement de Dieu -à Lui la puissance et la gloire-, «tout comme les infidèles dans la résurrection des morts». Cette partie du verset fut interprétée de deux façons: 1 - Puisque les incrédules ne croient ni à la résurrection ni au rassemblement au jour dernier, ils désespèrent de se rencontrer avec leurs proches qui gisent dans leurs tombeaux. 2 - Les impies désespèrent de toute récompense dans la vie future tout comme ils désespèrent de tout bien des morts. Ils désespèrent véritablement de l'au-delà d'en obtenir la récompense - malgré qu'ils soient certains de sa vérité par obstination envers le Prophète bien qu'ils sachent qu'il est véridique - tout comme les...

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