L'Adherence
Sourate 96 · 19 versets · Revelation mecquoise
Verset 1
Aïcha, la mère des croyants - que Dieu l'agrée - raconte: «Les visions pieuses furent au début de la révélation. Le Messager de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - ne voyait l'une d'elles sans qu'elle ne soit comme la clarté de l'aube. Puis il aimait la retraite, se retirait dans une grotte appelée Hira' où il s'adonnait à des pratiques cultuelles (selon la religion d'Ibrahim) pour passer un nombre de jours à la suite après avoir emporté avec lui de quoi vivre avant de retourner chez sa femme. Ensuite, il retournait chez Khadija pour s'approvisionner de vivres en vue de passer des nuits semblables, jusqu'à ce que la vérité lui fut apportée dans la grotte de Hira'. Un jour, l'ange vint lui dire: «Lis» - Je ne sais pas lire, lui répondit le Prophète, qui racontait ce récit. Il m'étreignit au point de me faire perdre toute force, puis il me relâcha en me disant: «Lis». - Je ne suis pas de ceux qui lisent, répondis-je. Il m'étreignit pour la deuxième fois au point de me faire perdre toute force puis me relâcha en me disant: «Lis», et moi de répondre: «Je ne sais pas lire». À la troisième fois il m'étreignit au point de me faire perdre toute force, puis il me relâcha en me disant: «Lis au nom de ton Maître, le Créateur...»
Verset 2
Après avoir créé l'homme à partir d'une goutte de sperme puis d'un caillot de sang.
Verset 3
Il l'a favorisé par un grand honneur qui est la science qui caractérise les fils d'Adam en leur donnant l'ascendant sur toutes les autres créatures.
Verset 4
La science peut être parfois retenue dans les mémoires, parfois répandue par la langue et parfois écrite. N.B. Certains ulémas contemporains ont interprété le terme «la plume» qui signifie «le calame», comme étant la science en elle-même et non d'un outil pour écrire tout simplement.
Verset 5
Ces versets mentionnés dans ce hadith furent les premiers du Coran, la première miséricorde que Dieu envoya aux hommes et le premier bienfait divin dans ce domaine.
Verset 6
Et néanmoins l'homme devient arrogant. L'homme, de par sa nature, est enclin à l'arrogance et à l'injustice. Quand il se voit dans l'aisance, comblé de richesses, il ne tarde pas à s'enorgueillir.
Verset 7
Dès qu'il se sent assez fort pour se passer des autres. Dieu le menace et l'exhorte en lui rappelant: «Comme si tout ne faisait pas retour à ton Seigneur» qui jugera l'homme, lui demandera compte et comment il a acquis ses richesses. Abdullah Ben Mass'oud a dit: «Il en est deux genres d'hommes qui sont toujours avides: Celui qui cherche la science et celui qui cherche le bas monde, et ne sont plus égaux. L'homme de la science ne fait qu'accroître davantage la satisfaction du Miséricordieux, quant à l'homme du monde il ne fait que persévérer dans sa tyrannie». Puis Abdullah récita: «Et néanmoins l'homme devient arrogant, dès qu'il se sent assez fort pour se passer des autres». Dieu dit à l'homme de science dans un autre verset: «Parmi les hommes, seuls les savants craignent vraiment Allah» [Coran XXXV, 28].
Verset 8
Comme si tout ne faisait pas retour à ton Seigneur qui jugera l'homme, lui demandera compte de ses actes.
Verset 9
«Que dire de celui qui empêche» On a dit que ce verset fut révélé au sujet d'Abou Jahl - que Dieu le maudisse - quand il a menacé le Prophète - qu'Allah le bénisse et le salue - et l'a empêché de prier auprès de la Ka'ba.
Verset 10
Les fidèles de prier? Dieu, dans ce verset, l'exhorte et commença à user d'une parole douce: «Qu'en dire s'ils sont dans la bonne voie?» C'est à dire: «Que penses-tu de cet homme s'il était dans la bonne voie et s'il ordonnait la piété et appelait les autres à faire le bien? alors que tu l'empêches de prier et d'exercer ses pratiques.
Verset 11
«Qu'en dire s'ils sont dans la bonne voie?» C'est à dire: «Que penses-tu de cet homme s'il était dans la bonne voie et s'il ordonnait la piété et appelait les autres à faire le bien? alors que tu l'empêches de prier et d'exercer ses pratiques cultuelles».
Verset 12
«et propagent le bien?» Il s'agit de la continuation de l'exhortation divine concernant celui qui ordonne la piété et appelle les autres à faire le bien.
Verset 13
«Que dire de lui qui renie et repousse nos signes?» Puis Il le menace en évoquant son comportement de déni et de rejet des signes divins.
Verset 14
«Ignore-t-il qu'Allah le voit?» et entend ses paroles, et qu'il lui infligera son châtiment pour prix de ses méfaits.
Verset 15
«Qu'il le sache: s'il ne cesse, Je le saisirai par les cheveux» s'il ne change pas son comportement vis-à-vis du Prophète et des fidèles et met fin à ses agressions et sa rébellion.
Verset 16
«Ses cheveux de menteur et d'impudent» il s'agit du toupet d'Abou Jahl, ce menteur et ce pécheur.
Verset 17
«Qu'il appelle les siens à son secours» ses partisans et même sa tribu pour lui venir en aide. À ce propos Ibn Abbas rapporte: «Abou Jahl a dit: «Si je vois Mohammed prier auprès de la Ka'ba je lui foule le cou». En faisant part de ces propos au Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue-, il dit: «S'il l'avait fait, les anges l'auraient saisi». Dans un autre hadith rapporté aussi par Ibn Abbas, il a raconté: «Le Messager de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue- priait devant la station d'Ibrahim quand Abou Jahl Ben Hicham passa auprès de lui et dit: «O Mohammed, ne t'ai-je pas interdit de prier ici?», puis il le menaça. Le Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- l'avertit et lui tint un langage grossier. Abou Jahl répliqua: «O Mohammed, par quoi me menaces-tu? Par Dieu, je suis l'homme le plus puissant dans cette vallée et mes partisans sont les plus nombreux». Dieu à cette occasion fit descendre ces versets: «Qu'il appelle les siens à son secours! Nous appellerons, nous, nos gardes». Ibn Abbas a ajouté: «Si Abou Jahl avait appelé les siens, les anges du châtiment l'auraient saisi à ce moment-même»» (- Rapporté par Ahmed et Tirmidhi).
Verset 18
«Nous appellerons, nous, nos gardes» c'est à dire les anges du supplice afin qu'il sache qui aura le dessus: Dieu et Ses anges, ou Abou Jahl et ses partisans. Quant à Abou Houraira, il a rapporté le récit suivant: «Abou Jahl avait dit: «Mohammed se permet-il de se prosterner (prier) alors que vous êtes là?» - Oui, il l'a fait, répondirent-ils. Il s'écria alors: «Je jure par Al-Lât et Al-'Ouzza, si je le vois prier ici encore une fois, je lui foulerai le cou et le roulerai dans la poussière». Plus tard, Abou Jahl arriva à la Ka'ba alors que le Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- priait. Voulant approcher pour lui piétiner le cou, soudain, il recula en couvrant le visage de ses deux mains». On lui demanda: «Qu'as-tu?» Il répondit: «Un fossé en flammes me sépara de lui ainsi je vis des ailes et des choses effrayantes!» Le Messager de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue- dit alors à ses compagnons: «S'il s'était approché de moi, les anges l'auraient saisi en l'attirant par tous ses membres». Dieu à ce moment fit cette révélation» (Rapporté par Ahmed, et Nassaï).
Verset 19
«Non, en vérité, n'écoute pas cet impie». O Mohammed, lui dit Dieu, ne lui obéis pas en l'écoutant pour cesser toute adoration, mais plutôt, prie là où tu voudras sans te soucier de ses menaces, car Dieu te garde et te préserve contre lui. «Mais adorez Allah et approchez-vous de Lui». Car il est cité dans le Sahih, d'après Abou Houraira, que le Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit: «La prosternation est la position où l'homme sera très proche de Dieu. Multipliez-y donc vos invocations» (Rapporté par Mouslim).