Le Secours
Sourate 110 · 3 versets · Revelation medinoise
Verset 1
Ibn Abbas a dit: «Omar Ben Al-Khattab me recevait chez lui avec les hommes âgés qui avaient assisté à la bataille de Badr, ce qui irrita certains d'entre eux. Il fit cette remarque à Omar: «Pourquoi reçois-tu celui-ci avec nous, nous avons des fils de son âge?» Omar lui répondit: «Il est apparenté à qui vous le savez bien» Un jour que Omar avait convoqué ces vieillards, raconte Ibn Abbas, Il me fit entrer chez lui avec eux. Je pensai bien qu'il ne m'avait convoqué que pour leur montrer mon degré du savoir. Il s'adressa à ces vieillards: «Qu'est-ce que vous entendez par ces dires de Dieu -à Lui la puissance et la gloire-: «Lorsque la victoire d'Allah et Son triomphe éclateront» Certains d'entre eux répondirent: «Nous sommes ordonnés de louer Dieu et d'implorer Son pardon lorsqu'Il nous accorde Son secours et Sa victoire». D'autres gardèrent le silence sans rien dire. Alors Omar s'adressa à moi et me dit: «Est-ce là ton avis ô Ibn Abbas?» - Non, répondis-je.» Comment interprètes-tu alors ces propos, répliqua-t-il. Je rétorquai: «C'est le terme de sa vie que l'on faisait connaître au Messager de Dieu. Dieu lui disait: «Lorsque viennent le secours de Dieu et la victoire, ce qui sera l'annonce de ta mort, proclame la gloire de ton Seigneur et demande-Lui pardon» Et Omar de s'écrier: «Je ne sais là-dessus autre chose que ce que tu viens de dire» (Rapporté par Boukhari). Le mot «triomphe» cité dans le verset, signifie d'après l'avis unanime des ulémas la prise de La Mecque.
Verset 2
On a rapporté qu'après la révélation de cette sourate, le Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit: «La victoire et le triomphe sont réalisés, et voilà les gens de Yémen qui arrivent». Un homme lui demanda: «Qui sont ces gens de Yémen, ô Messager de Dieu?» Il lui répondit: «Ce sont des gens au cœur tendre et au caractère très doux». Aussi bien la foi que l'instruction dans la religion sont yéménites» (Rapporté par Tabarani et Nassai). Et dans un hadith authentifié, le Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue-, lors de la prise de La Mecque, a dit: «Désormais, il n'y aura plus une émigration mais un combat dans la voie de Dieu et une bonne intention. Quand on vous appelle au Jihad, élancez-vous» (Rapporté par Boukhari et Mouslim). Amr Ben Salama raconte: «Nous étions dans un endroit que les gens fréquentaient souvent, nous demandions aux cavaliers qui passaient: «Qu'ont-ils ces gens! Qui est cet homme?» On nous répondit: «Il prétend que Dieu l'a envoyé en lui révélant telle et telle chose». Je retenais ces paroles qui furent gravées dans ma poitrine. Les Arabes, pour embrasser l'Islam, attendaient la prise de La Mecque en disant: «Laissez-le, lui et son peuple, s'il aura le dessus sur eux, c'est qu'il est un Prophète véridique». Quand les habitants de La Mecque subirent la défaite, chaque tribu se hâta pour se convertir à l'Islam...» (Une partie d'un hadith cité dans le Sahih de Boukhari). L'Imam Ahmed rapporte qu'un homme, un voisin de Jaber Ben Abdullah lui a raconté: «Rentrant d'un voyage, Jaber vint me saluer. Je me plaignis auprès de lui des gens qui se sont éloignés de l'Islam et qu'ils ont introduit à cette religion des choses qui lui sont étrangères (des innovations). Il se mit à pleurer et me dit: «J'ai entendu le Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- dire: «Les gens sont entrés en masse dans la religion de Dieu, mais ils ne tarderont pas à en sortir en masse».
Verset 3
D'après le hadith raconté déjà par Ibn Abbas, les compagnons de Omar avaient interprété les dires de Dieu -cette sourate- en disant qu'il faut louer Dieu, Lui être reconnaissant et Le glorifier, c'est à dire: faire des prières, chaque fois qu'Il nous accorde Sa victoire en conquérant les cités et les forteresses. Ce qui appuie cette interprétation est le fait du Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- quand il a pris La Mecque au moment de Ad-Douha, il fit une prière surérogatoire de huit rak'ats. Il est donc recommandé au commandant de l'armée musulmane de faire une telle prière quand il fait la conquête d'un pays quelconque et le prend. Selon les dires d'Ibn Abbas, on entend cela de cette façon: Ce fut d'abord l'annonce de la mort prochaine du Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- et Dieu voulut lui dire: «Sache que, après la prise de La Mecque dont ses habitants t'avaient contraint à la quitter, et que les gens entrent en masse dans la religion de Dieu, ta mission en ce bas monde a pris fin. Apprête-toi donc à te rencontrer avec Moi car la vie future est beaucoup plus meilleure pour toi que le bas monde. Dieu te donnera jusqu'à ce que tu sois satisfait». Tel est le sens des dires de Dieu: «Chante la gloire de ton Seigneur et implore Son pardon, car Il est toute mansuétude». Aicha -que Dieu l'agrée- rapporte que le Messager de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue- invoquait son Seigneur, vers la fin de sa vie, par ces mots: «Grand Dieu, gloire et louange à Toi, j'implore Ton pardon, et je reviens vers Toi repentant». Dieu m'a fait connaître que je verrai un tel signe qui se manifestera parmi ma communauté, et m'a ordonné, à la vue de ce signe, de chanter sa gloire et de demander Son pardon. Or je viens de voir ce signe. Il est cette sourate: «Lorsque la victoire d'Allah et Son triomphe éclateront» (Rapporté par Ahmed et Mouslim).